Pour détendre l’atmosphère et vous démontrer que tout n’est pas rose noir au Canada, laissez-moi vous raconter une petite histoire. Quand je suis arrivée ici, on m’a dit qu’il fallait que je change ma plaque de voiture américaine en une plaque ontarienne et échanger mon permis de conduire avant 60 jours après mon arrivée. Comme une grande fille, je suis donc allée au département des transports pour y faire tout ça et là, on m’a dit qu’on ne pouvait rien faire parce que les ordinateurs de l’Indiana, qui gardaient secrètement mon « historique de conductrice » nécessaire pour avoir un permis de conduire canadien, étaient en panne. En attendant que les ordinateurs remarchent, m’a-t-on dit, je pouvais aller faire vérifier ma voiture pour la sécurité et la pollution, vérification nécessaire pour avoir les plaques. Bon…

Comme une grande fille, je suis donc tout de suis allée faire ces vérifications de pollution et de sécurité ($160) et j’ai attendu que les ordinateurs de l’Indiana remarchent… Un peu plus d’un mois plus tard, j’ai reçu un coup de téléphone du département des transports me disant qu’ils avaient enfin reçu les informations nécessaires de l’Indiana et que je pouvais venir chercher mes plaques et mon permis. Là-bas, j’ai effectivement reçu mon permis mais pour avoir les plaques, il fallait que j’aie une assurance canadienne pour la voiture… et petit détail navrant, le teste de pollution que j’avais fait pour la voiture n’était valable qu’un mois donc je devais aller le refaire (celui de sécurité était valable un an… ou le contraire…)! Bon…

Comme une grande fille, je suis allée me trouver un assureur chez la même assurance que j’avais aux Etats Unis comme ça j’avais déjà un historique de conductrice et je ne payais pas comme si je venais d’avoir mon permis… mais ça me coûte quand’même $150 par mois alors qu’aux US, ça ne me coûtait que $40 par mois, vive le Canada! Et là, je me suis souvenue que je devais refaire le teste de pollution… et pour la première fois, j’ai béni l’archaïsme canadien qui veut qu’on écrive encore plein de papiers officiels à la main… et j’ai transformé le 7 (de juillet) en 8 (d’août). Comme ça. C’était la première fois (et probablement pas la dernière fois) que je trompais honteusement le gouvernement canadien. Honte sur moi jusqu’à la troisième génération (ça m’a quand’même fait économiser $105)! Pour me faire pardonner, j’ai choisi l’option « chère » pour la vignette et je l’ai payée d’un coup d’un seul jusqu’en janvier 2008! (Et finalement ils n’ont même pas regardé ces papiers…).

Bref, je vous avais bien dit que j’étais une fille immorale et que vous devriez brûler ce blog…

A part ça, que raconter sur les voitures au Canada? D’abord, comme il y a seulement un petit nombre de provinces différentes (et pas beaucoup de voitures dans certaines de ces provinces, j’imagine), on voit rarement des plaques d’immatriculation d’autres provinces comme aux Etats Unis. Et ces plaques sont moins différentes les unes des autres, moins jolies, c’est dommage. Quand je pense aux dixaines de plaques différentes qu’il y avait rien qu’en Indiana! Donc ici c’est un peu « platte » comme disent les Québecois ;)

Un truc différent de l’Indiana et de l’Utah (et je ne sais pas comment c’est dans les autres provinces et états), c’est qu’en Ontario, on paye les taxes de voiture (la vignette) à son anniversaire, pas à celui de la voiture ou à l’année, c’est pour ça que ma vignette est bonne jusqu’en janvier (mon anniversaire, hint, hint ;) ) alors qu’en Indiana, je payais la vignette en juillet de chaque année parce que j’étais arrivée en Indiana en juillet.

Quelque chose qui m’a surpris mais que j’ai trouvé bien pratique, c’est que l’assureur de la voiture est venu lui-même chez moi vérifier le numéro de ma voiture. Il m’a dit que c’est une nouvelle loi en Ontario pour limiter le nombre de voiture volées qu’ils assurent. Moi, ça m’a évité un déplacement, parce que c’est pas mon assureur américain qui se serait bougé les fesses!

En ce qui concerne les limites de vitesses, c’est ridicule: 100 kil/heure sur les autoroutes au maximum, excusez-moi mais c’est presque dangereux de rouler si lentement et il n’y a pas moins d’accidents ici qu’en France ou aux US où on roule plus vite! D’ailleurs en Ontario tout le monde roule plus vite (et plus dangereusement parce qu’il faut tout le temps vérifier que la police ne nous suit pas…). Par contre, en plein centre ville, la limite est entre 70 et 90 kil/heure pour les grandes artères! Ridicule! (Bon, c’est pas souvent que les bouchons perpetuels de mon bled permettent de faire du nonente à l’heure, à vrai dire…). Il y a un système de point sur le permis, comme en France, mais ça n’existait pas aux US. A part ça, les règles de la circulation sont pratiquement les mêmes qu’aux US (ouf!) sauf qu’ici on compte en kilomètres et mètres et pas en pieds et miles. Par contre, pour le parking, ici c’est la grande rigolade (je ferai tout un post là-dessus bientôt, ça vaut le détour!).

On m’avait dit que les piétons canadiens étaient célèbres pour attendre que le feu passe au vert pour eux avant de traverser la rue… sauf à Granbled, je peux vous dire (enfin, la plupart des gens attendent effectivement, et j’ai la vague impression que ceux qui ne le font pas sont des sales français étrangers)! Par contre il est vrai que les Canadiens font la queue aussi sagement que les Américains (contrairement aux français, hum hum) pour attendre le bus, à la poste, etc.. Et puis bon, j’ai gueulé sur la TTC, mais en gros, il y a un bon système de transports publics à Granbled, entre les bus, le métro (il n’y a que deux lignes, c’est vrai, mais c’est mieux que rien), et les streetcars, surtout que les billets pour les uns sont valables pour les autres, c’est pratique, et même si sur un trajet je prends le métro ET le streetcar ET le bus, je ne paye qu’un billet. Il y a parfois des problèmes (accidents, suicides dans le métro, etc.) mais j’imagine qu’il y en a autant ici qu’ailleurs. En tous les cas, on n’a vraiment pas besoin d’avoir une voiture pour vivre correctement dans cette ville! Et comme le prix de l’essence est trois fois plus élevé qu’aux US (alors que le Canada produit beaucoup plus de pétrol que les Etat Unis, mais taxe aussi ce pétrol beaucoup plus), c’est bien d’avoir des bons transports en commun!

Une dernière chose qui peut vous être utile si vous passez par ici. Le feu vert signifie: on roule vite; le feu orange signifie: on roule encore plus vite; et le feu rouge signifie: on ne se laisse pas intimider et on continue, mais après reflection, on s’arrête au milieu de l’intersection! Bienvenue au Canada :)

PS. J’ai oublié le chwal, boudjou! La police se balade à chwal dans la ville, c’est très rigolo! Mais ils n’ont pas le bel uniforme rouge que la police montée canadienne avait toujours à la télé de mon temps… Pfff, le Canada n’est plus c’qu’il était ma brave dame!

Si la médaille d’argent de la chiantise revient à la TTC, la médaille d’or revient sans conteste au système banquaire canadien! (Désolée, post très long parce que moi très fâchée!)

Parlons du système américain d’abord: il y a des centaines de banques différentes, aux US, et donc une compétition serrée pour s’approprier les clients. Ma banque en Indiana, par exemple, « offrait » des tas de cadeaux si on ouvrait tel ou tel compte chez eux (je dis « offrait » parce qu’en fait, on devait payer des impôts sur ces cadeaux à la fin de l’année). Comme je recevais un salaire régulier de Purdue University, je ne payais absolument aucun frais, ni pour garder les comptes courant et épargne ouverts, ni pour les transactions que je faisais à la banque même, sur internet, avec ma carde de « débit » ou mes chèques, ou bien aux distributeurs de sous (ATMs). Les seuls frais que j’aurais pu payer étaient si j’avais eu un compte négatif (ce qui n’est que rarement arrivé puisque j’avais aussi des cartes de crédit). Aujourd’hui, j’ai toujours un compte aux US mais comme je n’ai pas de salaire régulier qui tombe dessus, je paye $1.5 par mois, mais chaque transaction est toujours gratuite.

Avec ce compte américain, j’avais une carte de « débit » gratuite que je pouvais utiliser dans tous les magasins/restos, etc. (et sans minimum, du genre je pouvais payer un timbre à $0.52 avec ma carte), par téléphone (pour acheter une pizza à livrer à domicile, par exemple) et ausi aux ATMs, soit avec une signature, soit avec un code secret (PIN). Quand j’utilisais le PIN, je pouvais aussi bénéficier du système « cash-back, » c’est-à-dire que si mon total était de disons $15.55, je pouvais payer ça et en même temps, « retirer » autant de liquide que je voulais et gratuitement (comme si j’étais à un ATM). Mais en gros, je n’ai jamais eu besoin d’avoir de liquide avec moi pour vivre sans problème puisque qu’on peut payer pratiquement partout avec les cartes banquaire, aux US. Je suis passée par quatre banques différentes dans deux états différents, et leur façon de fonctionner était la même partout, à part pour quelques détails (par exemple une des banques avait un « compte de découvert » spécial attaché au compte courant et qui « offrait » (sans frais si on les repayait en un mois) une possibilité de découverts jusqu’à une certaine limite).

Enfin, les premiers 50 chèques étaient gratuits (et je les utilisais rarement de toutes les manières puisque qu’on pouvait très facilement et gratuitement payer toutes ses factures avec internet) et on pouvait choisir parmis des centaines de designs différents. Sur internet, je pouvais voir toutes les informations à propos de la personne/compagnie à qui j’avais fait des payements, et je pouvais même voir une copie scannée des chèques que j’avais utilisés (le devant et le dos de chaque chèque). Un dernier truc: si par le plus grand des hasard une âme généreuse voulait déposer de l’argent sur mon compte, il/elle pouvait simplement aller à ma banque et dire « je voudrais mettre $6000 sur le compte de miss lulu » et paf, ils trouvaient mon nom, mon numéro de compte, et c’était fait! Bref, tout était clair, simple, et fait pour simplifier les dépenses (on était aux Etats Unis après tout, n’oublions pas!).

Au Canada, ooohhhhhh, c’est une toute autre histoire et une histoire très douloureuse! Déjà, il y a seulement six banques principales et environ une quinzaine de petites banques locales. La compétition est donc très limitée et ces saligauds le savent et en profitent. Là, je n’ai vu qu’une offre de « cadeau » pour l’ouverture d’un compte (un iPod), et les frais sont différents dans chaque banque mais démentiels partout. Par exemple, ma banque ne demande pas de frais mensuel ni de frais de transactions si j’ai au moins $2000 sur mon compte en tout temps mais dès que je tombe à $1999.99 ou en-dessous, alors là ils prennent $4.00 juste comme ça, et en plus, $0.63 par transaction (chèque, ATM, magasin/resto, banquier, etc.). Une autre banque propose des transactions gratuites et illimitées même sans minimum sur le compte mais par contre, les frais mensuels sont de $35!

Les chèques sont hors de prix (et il y a environ cinq designs différents) et acceptés très rarement, et leur carte ATM est très différente de l’américaine. Ici, on ne peut que l’utiliser avec un PIN, et donc c’est impossible de payer avec elle dans beaucoup de restos et magasins et en particulier par téléphone. Donc comme je n’ai pas de carte de crédit canadienne (sauc une AmEx mais elle ne s’utilise pas partout), je ne peux partiquement rien acheter par téléphone (pizza, etc.) ou bien avec du liquide seulement. Et le système « cash-back » marche, mais rarement, et seulement si le montant des achats s’élève à plus de $10, en général.

Un autre truc canadien, c’est les payements par internet. On ne peut payer ses factures par internet qu’à des compagnies qui ont un « deal » avec la banque en question. Par exemple, je peux payer mon loyer par internet si ma régie s’est mise d’accord avec ma banque pour que ce soit possible. Et chaque mois, il faut recommencer les vérifications (impossible de faire des payements mensuels automatiques comme aux US). Donc si la compagnie que je veux payer n’a pas d’accord avec ma banque, je suis screwed, comme on dit.

Les cartes de crédits sont aussi beaucoup plus difficiles à obtenir au Canada qu’aux US. Dans ma banque, ils ne donnent de cartes de crédits qu’aux canadiens et aux résidents permanents (donc pas aux gens qui, comme moi, ont seulement un permis de travail). Heureusement, j’avais une Américan Express aux US et eux ont donc été d’accord de me filer une AmEx (avec un maximum très bas mais qui peut augmenter au fil des temps si je fais mais remboursement régulièrement). Sans mon AmEx, je n’aurais encore ni lit ni bureau ni commodes!) Je n’ai pas investigué le coup de la « credit history » mais d’après ce que je comprends, c’est pareil qu’aux US. Par contre, le truc rigolo (enfin, pas trop) avec AmEx, c’est qu’ils ne me laissent pas les payer avec une autre carte de débit/crédit (genre la carte de mon compte en France ou aux US). Il faut que je demande à ma banque s’ils peuvent avoir un accord avec AmEx pour qu’ils envoient depuis mon compte canadien des sous pour payer mon AmEx. Bizarre. En plus, utiliser le « online banking » (gérer mes comptes sur internet) est très nul aussi parce qu’on voit seulement un bout du nom de la compagnie à qui on a fait le payement et aucun autre détail (donc parfois c’est impossible de deviner ce que c’était), le total du payement, et la date du payement. Oh, et un truc que j’ai encore du mal à croire: parfois, je reçois des reçus écrits à la MAIN, quand je dépose de l’argent sur mon compte! Et quand mes parents ont voulu déposer de l’argent sur mon compte quand ils étaient au Canada, ils n’ont pas pu parce qu’ils avaient SEULEMENT mon nom ET ma carte banquaire ET mon numéro de compte (qui n’est pas écrit sur ma carte), mais il leur manquait mon PIN! On est encore au Moyen-Âge ou quoi?!.

Un autre truc con, ici, c’est le coup des chèques: l’autre jour, j’ai reçu un chèque de remboursement de frais professionels pour $150 de mon université. Je suis donc allée à ma banque, dans ma « branche » (succursale?), là où ils reçoivent mon salaire tous les mois de mon université et où je garde (j’essaye de garder, plutôt) $2000 sur mon compte en tout temps, et j’ai dit « est-ce que je peux vous filer mon chèque et recevoir les $150 siouplait? » et on m’a dit que non. Non, ils gardaient le chèque « gelé » pendant cinq jours pour vérifier que ce n’était pas un faux et ensuite seulement je pouvais recevoir l’argent sur mon compte directement. $150! De mon employeur! Dans MA BRANCHE! Alors que j’ai « cashé » (reçu tout de suite et en liquide) des chèques de $2000 dans mes banques américaines sans problème, même quand c’était des chèques de n’importe qui et que j’allais dans n’importe quelle branche! Ma fin de mois est super serrée mais je reçois enfin $150 de remboursement de frais professionels et $350 de frais de lentilles de contact + occuliste mais non, je n’aurai cet argent que cinq jours plus tard, quand j’aurai été obligée de piocher sur les $2000 de minimum que je dois garder en tout temps sur mon compte et que donc je devrai en plus payer $15 de frais sur toutes les transactions que j’ai faites AVANT ça (même quand j’avais encore $2000 sur mon compte, c’est rétroactif, les abrutis!). Hystérique, je suis, avec ma banque!

Je pense que la plus grosse différence entre le système banquaire aux Etats Unis et au Canada c’est qu’aux US, les banques se font un blé fou avec les cartes de crédit mais les comptes courants et d’épargnes sont pratiquement gratuits (bon, les comptes d’épargne ne rapportent pratiquement rien là-bas, soyons honnête), alors qu’au Canada, les banques se font un blé fou sur tout, absolument tout, et tout est compliqué pour qu’on se fasse avoir le plus possible.

Voyons, qu’oubliais-je à propos de ce &£%#$@&£&$ de système banquaire? Ah, une seule et dernière choses: ce système est archaïque, malhonnête, et honteux, et y’a rien à dire de plus!

Vous savez combien c’est agréable, quand on visite un pays étranger (disons la Finlande), de rencontrer quelqu’un qui parle sa langue maternelle! Alors qu’on ne serait même pas donné l’heure si on s’était rencontrés dans l’ascenseur dans son pays d’origine, soudain, ce compatriote devient notre meilleur ami en Finlande! C’est un peu ce qui s’est passé ces derniers jours pour moi. Non, je n’ai pas rencontré de français (ouf ;) ) mais plutôt des gens qui parlaient enfin ma langue… une langue que je parle depuis seulement sept ans mais que je n’ai pratiquement pas pu utiliser depuis mon arrivée au Canada…

Avant de vous expliquer ce qui s’est passé ces derniers jours de si important, il faut que j’explique ce qui s’est passé à mon boulot depuis quelques mois. D’abord, je n’ai pas été engagée pour faire le travail pour lequel j’ai été préparée pendant ces longues années d’études, mais c’était quand’même dans un domaine qui m’intéressait. En plus, lors de mon entretient d’embauche, on m’a fait beaucoup de promesses qui m’ont parues alléchantes. Je me suis dit qu’on m’offrait la chance de créer un peu mon job idéal et qu’au fil du temps, mon job se rapprocherait de plus en plus de ce que je voulais vraiment faire. Donc j’ai accepté (sinon ça aurait été Chicoutimi ou Tallahassee).

Dès le départ, je me suis trouvée face à des gens vraiment sympas mais qui ne connaissaient rien à ce que je faisais. Je me serais retrouvée dans le département de physique que ça aurait été pareil! Dans mon département, personne ne connait rien à la linguistique, ni à la linguistique appliquée, ni à mon domaine précis (teacher education), mais pire encore, personne ne connait rien au domaine dans lequel je dois travailler au jour le jour. Je dois changer l’organisation de certains cours alors que je ne connais pratiquement rien sur ce genre de cours, et les gens qui enseignent ces cours et que je dois « guider » n’ont aucune connaissances théoriques du chmilblick!

Donc depuis quelques mois, je lis avidement tout ce que je peux trouver sur le sujet pour savoir ce que je dois faire pour améliorer ces cours et c’est passionnant mais ce n’est pas « mon truc. » Le problème avec ça, c’est que je suis devenue une experte avec « mon truc, » le sujet de ma recherche de thèse de maîtrise et de doctorat (sept ans d’études là-dessus!), que je suis connue par beaucoup de monde grace à ces projets de recherche, et qu’on ne devient pas experte dans un nouveau domaine en lisant trois bouquins sur le sujet.

La question brûlante et qui m’a vallue beaucoup de nuits d’insomnie, était donc: est-ce que je continue à faire des projets de recherche dans MON domaine, ou bien est-ce que je me lance dans un sujet complètement nouveau pour moi (très intéressant mais auquel je ne connais rien)?

Les avantages et inconvénients de continuer dans mon domaine sont: 1) c’est très « distant » de mon travail et c’est donc difficile de rester en contact avec les autres experts dans le même domaine; 2) je dois quand’même continuer à faire mon travail et donc devenir une semi-experte dans ce domaine aussi ce qui fait que j’ai moins de temps pour ma recherche; 3) je n’ai pas besoin de recommencer à zéro pour faire ces projets puisque je connais la théorie et les gens qui vont avec; 4) si un jour je veux changer de boulot et retourner dans « mon domaine, » je n’aurai pas perdu le contact avec les autres experts et j’aurai continué à publier dans ce domaine.

Les avantages et inconvénients de commencer à faire de la recherche sur un nouveau sujet sont: 1) je ne connais rien à rien et avant de pouvoir faire des projets de recherche qui soient valables et publiables, ça va prendre un moment; 2) ça serait difficile de faire « demi-tour » si un jour je change de boulot puisque les gens dans « mon domaine » n’auront plus entendu parler de moi depuis un moment; 3) c’est un sujet très « nouveau » et qui ouvre la porte à beaucoup de projets intéressants et vraiment uniques.

Finalement, au boulot, les belles promesses faites lors de mon entretient d’embauche n’étaient que ça, des belles promesses, et je me sens coincée dans une trappe à rats. Je ne vois pas d’ouverture possible, de changements à l’horizon, de possibilité de faire un jour ce que je veux vraiment faire… Et après de longues discussions ces derniers jours avec des gens qui SONT, eux, dans mon domaine, qui savent de quoi je parle, qui connaissent bien mon travail et ma recherche, (des profs dans d’autres universités canadiennes et américaines), j’ai pris deux décisions importantes pour mon futur professionel:

1) Je continue dans ma recherche, parce que peu de choses ont été faites à ce sujet au Canada et que donc j’ai encore des tas de projets possibles et intéressants devant moi;

2) Je me donne encore un an, au travail, pour voir si la situation s’améliore ou reste la même, et si non, je cherche un nouveau boulot. J’ai bien vérifié si de changer de boulot ça donnerait une mauvaise image de moi, mais visiblement, pas du tout, la plupart des gens prennent le boulot qu’on leur offre à la fin de leurs études parce qu’ils ont besoin d’un boulot et trouvent (encore) mieux au bout d’un an ou deux.

Mon job est intéressant et sympa, je ne me plains pas. Ce qui est vraiment difficile, c’est de n’avoir personne avec qui pouvoir en parler pour être sûre que je ne fais pas n’importe quoi, et ça va être doublement difficile de faire de la recherche dans un domaine encore plus inconnu au bataillon et puis de naviguer en même temps sur deux océans différents… Mais le jeu en vaut la chandelle, parce que merde, après tout, je suis une célebrité dans le monde entier (dans mon domaine, hein) et je n’ai pas envie de laisser tomber tout ça!

Ouf, je vais enfin pouvoir dormir tranquillement!

Je suis là (et oh mon Dieu, oh mon Dieu, oh mon Dieu!!! Va falloir que je vous raconte tout (pas tout de suite, je suis ultra naze et c’est pas fini!) parce que je sens que ces 76 heures sont en train de changer ma vie…)…

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PS. Calinette a de la chance, elle vient de recevoir son cadeau de Noël en avance: $189 de médicaments et de visite chez un très gentil (et très mignon!) véto pour soigner une vilaine infection urinaire! Joyeux Noël ma Calinette…

Je le reredis: mes OBSERVATIONS sont SEULEMENT des GENERALITES qui me sont venues à l’esprit après SEULEMENT QUATRE MOIS dans UNE SEULE VILLE CANADIENNE et 10 ans dans SEULEMENT DEUX ETATS aux USA. Il est donc ABSLUMENT CERTAIN que ce que je raconte ne concernent QUE MOI. JE M’EXCUSE auprès de tous ceux que j’offusque en GENERALISANT ainsi sur des pays aussi grands et diversifiés que le Canada et les Etats Unis.

Dans la série « Canada vs. USA, » parlons aujourd’hui des petites choses de tous les jours…

- Les magasins sont fermés tôt le soir (enfin, c’est pas aussi pire qu’en Suisse, quand’même), très souvent le dimanche, et très souvent le lundi au Canada alors qu’ils sont pratiquement ouvert 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, 364 jours sur 365 aux US (le seul vrai jour férié pour les magasins américains est Thanksgiving). Et le truc auquel je n’arrive pas à m’habituer est que les restaurants n’ouvrent que vers 11:30 ou midi et sont parfois fermés l’après-midi. Aux US, tout est ouvert à 11 heure du matin et le reste jusqu’à tard le soir (enfin, 10 heures du soir dans mon champ de maïs, il faut bien l’avouer, alors qu’à Granbled c’est encore souvent ouvert beaucoup plus tard);

- Les gens au Canada sont sympas en général, je dirais autant qu’aux US, mais ma copine Karibou me dit que les Canadiens sont plus exigeants et même un peu chiants parfois…. Ce qui est sûr, c’est qu’aux US les gens ne sont pas casse-pieds, ils vous collent simplement des procès au cul tout de suite…

- Les Canadiens sont définitivement moins propres que les Américains (au niveau du nombre de douches par jours là je sais pas, mais c’est difficile d’être plus obsédé par la propreté que les Américains): il y a des journaux, des papiers, et des tasses en papier (café) partout sur les trottoires et dans le métro, et les toilettes publiques sont de loins moins propres (mais c’est quand’même le paradis comparé à la France!). Par contre, comme aux US, il n’y a pas de crottes de chien, jamais, nulle part! (bon d’accord, il y en a une en bas de chez moi, c’est vrai, mais c’est la première que je vois en quatre mois!);

- Le système de pourboires partout (restos, coiffeurs, taxis, etc.) est le même qu’aux US, c’est pratique;

- Le numéro de sécurité sociale (SS# aux US), n’est pas utilisé au Canada comme vérification de sécurité (banque, etc.). Par contre, on utilise plus la date de naissance, ce que je n’ai jamais vu aux US. Dans les deux pays, on utilise aussi le nom de jeune fille de la mère (donc de ma mère) pour vérifier qu’on est bien la bonne personne;

- Les cartes (permis, carte de santé, carte de numéro social) sont plus jolies, avec des jolies fleurs et tout, huhuh) (admirez la sale tronche que je fais sur la première carte, après avoir dû revenir QUATRE FOIS à leur bureau pour leur rapporter des tas de papiers différents à chaque fois! Et en plus, au Canada on doit attendre 3-5 semaines avant de recevoir sa carte de permis de conduire, alors qu’aux US on la reçoit tout de suite après avoir réussi son permis. (Par contre, le numéro d’assurence sociale, je l’ai eu en 1,5 minute!);

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- Un truc marrant: beaucoup de bijouteries sont fermées à clé et il faut sonner pour y entrer pendant la journée. Pendant la nuit, tout est rangé dans des coffres et les vitrines et le magasin entier sont vides, ça fait bizarre, je n’avais jamais vu ça ailleurs (au début je croyais que c’était des magasins qui avaient fait faillite);

- La frontière pour rentrer au Canada est de loin plus cool que la frontière pour rentrer aux Etats Unis. Pour rentrer aux US, ça me prend entre 30 minutes et une heure et je suis fouillée, questionnée, on me prend mes empreintes digitales et ma photo à chaque fois, et ça me coûte $6 à chaque fois. Pour rentrer au Canada, je montre mon passeport, mon permis de travail, et basta, à la prochaine! Vive le Canada!

- Autre truc marrant: il y a de la publicité par-terre, surtout dans le métro, des affiches immenses (3-5 mètre de long) sur lesquelles les gens marchent…

- Au Canada, il n’y a pas de courrier le samedi et c’est chiant. Les postes et les banques sont aussi fermées le samedi, c’est super pas pratique!

- Au Canada, on recycle beaucoup beaucoup beaucoup plus qu’aux Etats Unis. Tout doit être séparé tout le temps, le verre, le papier, le plastique… Alors qu’aux Etats Unis, le gens ne croyaient pas que le recyclage était utile. A chaque fois que j’apportais mes piles usées à un magasin de piles pour qu’ils les recyclent, ils les jetaient à la poubelle devant mes yeux en rigolant, comme si je venais d’une autre planète;

- Le cinéma se passe comme aux USA. Il n’y a pas de pause au milieu (comme en Suisse, tuez-les!!) ni au début (comme en France). Les sacs de pop-corn sont énormes au Canada mais un peu moins qu’aux US (d’ailleurs il y a beaucoup moins de gens qui ont des problèmes de poids, ici, c’est frappant).

- Internet et le téléphone sont chers et assez nuls (en tous les cas chez Rogers). Enfin, pour internet on a plus de choix de rapidités de connections. Mais le téléphone est terriblement basic, et chaque option est hors de prix (répondeur, caller ID, call waiting, etc.). Mon répondeur (on a UNE option gratuite) ne me dit ni quel numéro m’a laissé un message ni quand l’appel a eu lieu (date, jour, etc.) et je ne peux pas garder les messages après les avoir écoutés. Les options d’appels internationaux sont aussi beaucoup plus limitées au Canada qu’aux Etats Unis (je reviendrai sur le problème de la concurrence un de ces jours).

Voili voilà, quelques petites différences de plus, de mieux ou de moins bien, ce n’est pas ça l’important. L’important c’est que c’est différent :)

Chers lecteurs, chers amis, chère famille,

Vous en voulez des comparaisons entre le Canada et les Etats Unis?? Je vais vous dire la pire, celle qui me gâche la vie quotidiennement, celle qui me rend folle matin et soir, celle qui me pourrit la santé: l’accessibilité! Aux US, tout, et je dis bien TOUT, est prévu pour les personnes aveugles, sourdes, en fauteuils roulants, âgées, enceintes, etc. Tout. Il y a des rampes partout, des ascenceurs, des menus en braille, des bruits spéciaux aux feux, des trottoires abaissés, des portes larges, des autobus qui se baissent avec des passerelles, des citoyens responsables qui ne se garent jamais sur les multiples places handicapées, et des gens qui font couper les files aux personnes qui ne peuvent pas attendre debout longtemps. Et je ne parle pas seulement de mon ex-champ de maïs mais de Chicago, de New York, de Los Angeles, de Washington DC, de San Franciso, de Salt Lake City, de Las Vegas… Au Canada: pratiquement rien. Ni dans le petit bouiboui perdu au milieu de la toundra, ni dans la plus grande ville du Canada. On se croirait presqu’en France…

J’ai failli tuer un agent de la TTC (commission des transpors de mon bled) aujourd’hui. Je n’en peux plus, je suis épuisée et sur les rotules, j’ai mal aux jambes, et je ne comprends pas pourquoi il n’y a pas de bancs aux arrêts de streetcar et seulement QUATRE sièges à la plupart des arrêts de métro (il faut donc faire 4 kilomètres pour les trouver). C’est honteux, dans une ville aussi grande que celle-ci, dans une société qui se veut moderne et exceptionelle au niveau social (voir mon avant-dernier post) de se trouver dans une situation aussi déplorable et moyennageuse.

J’ai écrit aux TTC quatre fois pour les implorer d’essayer de changer les choses. J’ai reçu une seule réponse, qui m’expliquait que les arrêts de streetcars avaient été construits dans les années 70 et qu’à l’époque, les législations interdisaient de mettre des sièges à ces endroits-là. C’était leur seule excuse. Je la trouve lamentable et même insultante.

Je vous propose donc aujourd’hui d’écrire à ces braves gens et d’expliquer que ça ne va plus, qu’il faut se bouger le popotin parce qu’il y a des centaines de personnes (et je les vois tous les jours, les personnes âges, les femmes enceintes, les mères avec trois marmots dans les bras, les gens qui ont du mal à marcher…) qui ont du mal à rester debout longtemps et qui ont désespéremment besoin de ces sièges (et je ne parle même pas des ascenceurs innexistants, des portes plus larges pour les poussettes au lieu des tourniquets, etc.). Peut-être qu’une centaines d’emails en même temps, de pays différents, qui demandent tous la même chose, pourra faire bouger les choses. Vous pouvez écrire dans n’importe quelle langue, le TTC dépense une fortune pour se vanter qu’on peut leur écrire dans plus de 160 langues différentes et qu’ils les comprennent toutes (ça me fait une belle jambe). Vous pouvez même vous adresser directement au Transportation Services Supervisor qui s’appelle Kypros Perikleous, son adresse email c’est kperikle@granbled.ca (vous changez granbled par le nom de la ville), et son numéro de téléphone c’est le 416-392-1799. Je vous mets l’adresse où vous pouvez écrire des emails au TTC (pas besoin de remplir les informations à propos du jour, du lieu, etc., ni de mettre votre adresse email à la fin) (je mets l’adresse sur une image pour ne pas que le nom de la ville soit trouvable par notre ami Google):

ttc.gif

(Si le lien ne marche pas (attention, c’est httpS), aller à http://ttc.ca ->TTC Information -> Contact Us -> On-line comment form -> Online Form -> Complaint / Suggestion? -> TTC Service?)

Allez-y, harassez-les, parce que je suis fatiguée de le faire. Moi, demain, je téléphone à un avocat (j’aurai le temps, je ne vais pas au boulot, j’ai trop mal aux jambes)!

PS. Pour ceux qui n’auraient pas encore remarqué, je marche avec des béquilles, ben oui. J’ai aussi deux chatounes hystériques, une bagnole de bientôt 10 ans, deux soeurs et un frère, des comptes en banque dans quatre pays différents, et une bosse sur le nez, c’est pas ma faute.

PPS. Si vous écrivez à la TTC et ne mettez pas votre adresse email à la fin de votre message, ils vont croire que tous ces messages viennent de la même personne qui les spamme… Oups…

PPPS. Visiblement, je ne suis pas la seule à pense que leur système est vraiment nul:

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Y sont fous ces canadiens: ils écrivent maple leafs au lieu de leaves, centre au lieu de center, et ils disent « zèd » au lieu de « zii » pour la lettre Z. En plus, ils utilisent programme, cheque, tap, cutlery, railway, et colour (british), mais gas, truck, tire, et chips (américain). Les québecois se disent anti-anglais (on dit « arrêt » au lieu de « stop » et « magasinage » au lieu de « shopping, ») mais ils disent tomber en amour (fall in love), appliquer pour une job (apply for a job), appointment (rendez-vous), badlucké (malchanceux, de bad luck), bosser (donner des ordres tout le temps, de boss), catcher quelque chose (comprendre, to catch), matcher (les pantalons avec chemise, de match), et tant d’autres (allez-y, ne vous gênez pas pour compléter la liste ;) )!

Autres trucs qui me rendent la vie compliquée: on dit « grade 10″ au Canada au lieu de « 10th grade » aux US (pour les niveaux à l’école), marks au lieu de grades (pour les notes d’examens), on « write an exam » au Canada mais on « take an exam » aux Etats Unis, on utilise un calendar au lieu d’un catalog (gros bottin qui donne la description de tous les cours offerts par l’université et autres informations importantes), on utilise très rarement freshman et sophomore (alors qu’on l’utilise très souvent aux US, pour décrire les étudiants universitaires de première et deuxième années), on dit « going to university » au lieu de « going to the university, » et « going to hospital » au lieu de « going to the hospital. » « Going to college » ne veut pas dire « going to university » (alors que c’est à peu près l’équivalent aux US) puisque le « college » au Canada est très différent de l’université (c’est plutôt une école professionelle).

Oh, et le « bacon » au Canada c’est ce qu’on appelle du « Canadian bacon » aux Etats Unis, et le « bacon » aux Etats Unis c’est du « peameal bacon » au Canada (ou quelque chose comme ça, cette histoire n’est pas encore très claire comme je ne mange d’aucun des deux…). « Pissed » veut dire fâché aux US et soûl au Canada, et « rubbers » veut dire condoms aux US et bottes d’hiver au Canada!

En ce qui concerne les stéréotypes sur les Canadiens de différences régions: sur la côte ouest (Colombie Britanique), ce sont tous des végétariens, des hippies, des « tree huggers, » et ils protègent les baleines, mais sont les plus gros consommateurs de café et de SUV (4×4) du Canada. A l’ouest (Alberta, Saskatchewan, Manitoba), il n’y a que des red necks, des fermiers, et des fondamentalistes, (l’Alberta est au Canada ce que le Texas est aux Etats Unis). En Ontario (en fait, en Ontario, il n’y a que Trana qui compte) ce sont tous des snobs qui se croient plus intelligents et cultivés que le reste du Canada. Les Québecois sont des séparatistes, des maudits français, et ils détestent le reste du Canada. A l’est (Nouvelle-Ecosse, Nouveau-Brunswick, Ile du Prince Edouard), on trouve des pequenaus et des marins inclultes dans le brouillard et la pluie éternelle. Au nord (Yukon, Territoire du Nord-Ouest, Terre-Neuve-et-Labrador, Nunavut) ce sont des eskimos qui vivent dans des igloos et mangent de l’ours. Et vous, vous en connaissez des autres, des stéréotypes sur les Canadiens?

Ma question est la suivante: y a-t-il un sentiment anti-Américain au Canada? C’est sûr, les Canadiens aiment se démarquer des Américains et font tout pour bien montrer qu’ils ne sont PAS comme leurs voisins du sud… mais cela veut-ils dire qu’ils détestent les Américains? Parfois j’ai l’impression que c’est assez prestigieux d’être Américain, ici (un peu comme partout dans le monde, finalement, parce que même si on dit qu’on déteste les Etats Unis, on admire (et on envie?) malgré tout beaucoup des bons côtés de ce pays…). Alors qu’aux Etats Unis, l’opinion est quand’même très divisée entre 1) ceux qui pensent que leur pays est le seul pays vivable au monde (le Canada est un pays où il neige tout le temps et où on bouffe du caribou au sirop d’érable) et 2) ceux qui pensent que l’assurance maladie au Canada c’est génial (c’est les bons stéréotypes américains sur le Canada, ça!).

PS. Ah j’ai oublié un truc qui me fait toujours rigoler: bilingue se dit « bilingual » en anglais et se prononce « baï-lin-gwel » aux US et « baï-lin-guïü-wel » au Canada :lol: (le e de « wel » devrait être à l’envers, ce n’est pas wèl ni weul, c’est le fameux shwa anglais).

Il semblerait que mon « disclaimer » au début du dernier post n’ait pas été lu ou compris par certaines personnes et en particulier mes lecteurs canadiens que j’adore et que je comprends qu’ils s’énervent en lisant mes conneries parce que s’ils osaient faire des GENERALITES à la con sur la Suisse ou la France, je serais aussi fâchée à mort. Alors je le redis plus clairement: mes OBSERVATIONS sont SEULEMENT des GENERALITES qui me sont venues à l’esprit après SEULEMENT QUATRE MOIS dans UNE SEULE VILLE CANADIENNE. Il est donc ABSLUMENT CERTAIN que ce que je raconte n’est que des idioties GENERALISEES qui ne concernent QUE MOI. JE M’EXCUSE auprès de tous les canadiens du monde que j’offusque en GENERALISANT ainsi sur un pays aussi grand et diversifié que le Canada. Et pour que tout le monde se sente mieux, les suisses sont tous des banquiers et des voleurs d’or juif, et les français puent et sont arrogants. (Et je parle même pas des belges!) Tout le monde est fâché? Je peux continuer?

Thème du jour: la santé. Parlons d’abord de mon amie (que nous appellerons Karibou): Karibou, étant tombée dans les escaliers, elle ressentit une douleur terrible au pied et décida d’aller voir un médecin. Clopinant et souffrant le martyre, elle prit le métro et se rendit dans la première clinique qu’elle trouva sur son chemin. Hélas, cette clinique ne prenait pas de nouveaux clients et on l’envoya dans une deuxième clinique. Clopin clopant, elle prit le bus et se retrouva devant une clinique qui la renvoya illico, cette fois parce qu’elle se spécialisait dans les problèmes de drogués seulement. Bien mal en point et au bord de l’évanouissement, notre amie Karibou se rendit donc dans une troisième clinique et là, miracle, on l’accepta. Par contre, le médecin qui la vit pendant exactement deux minutes lui expliqua qu’elle s’était probablement bousillé l’orteil, qu’elle devait payer $50 pour la visite, et qu’elle devait se rendre dans une QUATRIEME clinique pour se faire faire des radios. Une semaine plus tard, le médecin lui dit de repasser par la troisième clinique parce qu’il avait reçu les resultats de ses radios. Là, une infirmière expliqua en deux minutes à Karibou qu’elle s’était cassé le gros orteil, qu’elle devait se mettre du scotch pour tenir ses deux orteils immobiles, et qu’elle devait payer $50 pour la visite. Aux US, Karibou aurait vu un médecin dans la première clinique où elle aurait débarqué, ses radios auraient été prises au même endroit, et elles auraient été interprétées immédiatement (OK, peut-être au bout d’une heure ou deux). La facture aurait été beaucoup plus salée (probablement de $400 de plus) mais l’assurence de Karibou aurait tout couvert sauf les « deductibles » (en général $20-$50). Il est a noter que Karibou n’avait à l’époque pas droit à l’OHIP (assurance maladie de l’Ontario) et que c’est peut-être pour ça qu’elle a dû payer les $100 (plus le coût des radios) de sa poche. C’est à voir.

Quand je suis arrivée au Canada, on m’a prévenue qu’il me fallait urgemment un « médecin de famille » que j’irais voir en cas de pépins et qui me « réfèrerait » à d’autres médecins (orthopédistes, neurologistes, etc.) si nécessaire. Une amie m’ayant recommendé un médecin, j’ai téléphoné là-bas pour me faire dire (on était fin juillet) que je pouvais retéléphoner en JANVIER pour mettre mon nom sur leur LISTE D’ATTENTE.

Il me semble que le système social du Canada est réputé de part le monde pour être excellent… et je ne dis pas qu’il est nul. Je dirais plutôt qu’il est très moyen pour tout le monde au lieu d’être, aux US, excellent pour les gens qui peuvent se l’offrir et pratiquement inexistant pour ceux qui ne le peuvent pas. Aux US, beaucoup d’employeurs offrent une couverture à leurs employés à plein temps (une couverture qui est donc excellente par rapport au Canada), mais les employés à mi-temps ne sont que rarement couverts et ceux sans travail ne le sont que par Medicare et Medicaid, des couvertures médicales à faire pleurer tout ce qui ne se dit pas Républicain. Au Canada, tout le monde est couvert par les assurences de l’état, mais le service est dangereusement lent et inéficace. Certains employeurs offrent des couvertures privées à leurs employés (avec déductions mensuelles sur le salaire, bien sûr), comme c’est le cas pour moi, mais même ainsi, avec l’OHIP plus un assurance privée, je dois payer DE MA POCHE tous les frais médicaux dont je peux avoir besoin et ENSUITE me les faire rembourser (à part le dentiste que je ne paye pas du tout). Payer $329 de ma poche pour des nouvelles lentilles de contacte ça passe, mais imaginez si j’étais allée voir un neurologiste, que j’avais eu des radios, des médicaments à acheter, etc.!

On dit que les médecins sont sous-payés et débordés, au Canada, mais je ne sais pas pourquoi. Beaucoup de cabinets de médecins ne prennent pas de nouveaux clients ou ont des listes d’attentes démentielles. En plus, pour aller voir un spécialiste il faut d’abord passer par son médecin de famille qui vous permet ou non d’aller voir le spécialiste en question (avec donc un rendez-vous six mois plus tard chez ce spécialiste si vous avez de la chance).

Enfin, en Ontario, au Québec (sauf pour les français), au Nouveau-Brunswick, et en Colombie-Britanique, les nouveaux immigrants ne sont pas couverts par l’OHIP (ou l’équivalent de chaque province) pendant leurs trois premiers mois au Canada. Mais même après trois mois et pour tous les habitants de ces provinces, les médicaments, lunettes/lentilles, soins dentaires, et services d’ambulances ne sont pas couverts. Je ne sais pas exactement si un même système existe aux Etats Unis, en ce qui concerne les immigrants, puisque moi j’ai tout de suite été couverte par l’assurance de mon université.

Alors… le Canada possède-t-il le meilleur programme d’assurance maladie au monde? Certainement pas! Comparé à la France, le système est déplorable (et ne me dites pas que la Sécu est au bord de la faillite, elle l’a toujours été). Comparé aux Etats Unis, le système est tout simplement différent, mais je dirais que pour environ 1/3 de la population, le système américain est de très loin meilleur. Bien sûr, je ne sais pas si ça serait possible d’avoir un système aussi efficace que le bon côté des Etats Unis pour tout le monde…

Un dernier petit truc: au Canada comme aux US, on appelle le 911 en cas d’urgence.

Oye oye, les textes qui suivent ne sont le fruit que de 10 ans passés dans seulement 2 états des Etats Unis (avec plusieurs voyages et séjours dans d’autres états c’est certain) et de seulement 4 mois passés dans une seule grande ville du Canada (mais de nombreuses (quoi que pas toutes récentes) visites à, entr’autre, Vancouver, Montréal, Québec, Antigonish, Moncton, Rimouski, Guelph, et Penetanguishene). Mes observations sont donc parfois erronées, ironiques, énervées, sérieuses, ou même (mais il faut bien chercher) parfois objectives à seulement 99%.. OK, 98%!

Donc voili voilà, j’ai décidé d’essayer de comparer les Etats Unis au Canada, puisque le premier me manque terriblement mais je n’y revivrais pour rien au monde, et j’adore le deuxième mais il m’énerve terriblement. Pour ceux qui se posent la question, non, la Suisse ne me manque pas et la France encore moins. La famille et la bonne bouffe si, par contre, et les paysages aussi…

Aujourd’hui, je vais vous parler d’un sujet qui n’est pas inconnu à ce blog: la bouffe! La bouffe canadienne est-elle meilleure que la bouffe américaine? C’est difficile à dire. Je pense que la bonne bouffe est plus facilement accessible et moins chère au Canada qu’aux US. Même dans une grande ville comme Chicago, ce n’est pas facile de trouver un bon petit truc de bonne qualité sans débourser une fortune, et la fast-food américaine est rarement bouffable. Par contre, ici, on trouve des trucs vraiment bons pour pas trop cher (genre super repas chinois ou indien ou grec pour $5, alors que le macdo et les autres chaînes de fast-food américain sont hors de prix).

A part ça, la vie en général est quand’même relativement plus chère ici qu’aux US. Encore une fois, je pense que Granbled est beaucoup plus chère que Chicago. Il y a non seulement 15% de taxes sur tout mais en plus des taxes de plus sur l’alcool (et le pourboire au restaurant est pareil qu’aux US: 15%). Ce qui est pratique que c’est plus facile de calculer le pourboire qu’il faut laisser au Canada qu’aux US: il suffit d’additionner les taxes de la facture totale et de laisser la même somme comme pourboire (puisque les taxes ET le pourboire sont de 15%, alors que les taxes aux US sont entre 0% et 7% suivant les états).

A part ça, le pain qu’on trouve dans les grandes surfaces est très nul en général et il faut aller dans des boulangeries spécialisées pour en trouver du mangeable (alors que j’en trouvais du très bon à Target au milieu de l’Indiana, snif…). Les restos français sont relativement décevants en général, pas mauvais, mais pas réellement autentiques, ou alors je n’ai pas encore trouvé la perle rare. Par contre, les serveurs de restaurants sont plus relax qu’aux US et ne viennent pas toutes les trois secondes vous demander si tout va bien et si vous avez fini. C’est super agréable. La bouffe qu’on trouve est aussi plus variée, en général, en tous les cas à Granbled (et toujours comparé à Chicago (et encore plus par rapport à mon champ de maïs!)) grâce aux immigrants du monde entiers qui habitent ici.

Un truc marrant ici c’est que tout se vend en quantités différentes dans les magasins et les restaurants, et c’est surprenant: le lait se vent au litre et non pas au gallon (ou bien 3 litres dans des sacs en plastique!), le beurre est une grosse motte au lieu des 4 petites « barres » pratiques, on trouve plus facilement 6 oeufs que 12 (dans une boîte très marrante avec deux couvercles), etc.. Il y a aussi beaucoup moins de glaces dans les rayonnages (et seulement 3 sortes d’Haägen Dazs, Dieu merci, ni celle au caramel, ni celle à la pistache, ni celle à la mangue).

Et saviez-vous que les canadiens ont inventé les petits pois surgelés? Aux USA, on mange beaucoup de: macdo (et autres KFCs, Burger Kings, etc.), Starbucks, pizza (repas d’étudiants par excellence), et BBQ (à la plage, l’été, dans le « backyard, » avec les amis, le 4 juillet, etc.). Au Canada, on mange beaucoup de: macdo, Tim Horton (chaîne comme Starbucks), pizza, BBQ, sirop d’érable, et POUTINE! Les canadiens boivent aussi beaucoup, beaucoup, beaucoup plus de bière que les américains! Finalement, après un bon repas, le français bois un café, l’américain ne boit rien (ou un coca), et le canadien boit un thé (chaud ou glacé) (d’ailleurs, le « thé froid » canadien est sucré comme le français, mais le thé froid américain est du thé, froid, sans rien d’autre dedans!). Et malheureusement pour moi, les « pecan pies » canadiennes (tartes à la noix de pécan que j’adore aux US) ont des cacahuettes dedans, misère!

Un dernier truc dans le rayon bouffe: aux US, il y a des « liquor stores » un peu partout qui vendent uniquement de l’alcool. Dans certains états, il est interdit de vendre de l’alcool ailleurs qu’au liquor store. Dans d’autres états, on peut aussi vendre de l’alcool dans les supermachés mais il faut fermer le rayonnage le dimanche et les jours où on vote (et les jeunes de moins de 21 ans qui bossent aux caisses n’ont jamais le droit de toucher à cet alcool, (c’est-à-dire qu’ils doivent demander à un autre vendeur de passer la bouteille au-dessus du bidule qui lit le code-barre)). Au Canada (enfin, en Ontario), pour le moment, j’ai vu beaucoup moins de jeunes travailler dans les supermarchés, et je n’ai jamais vu d’alcool dans les supermarchés non plus. Le seul magasin qui en vend est le LCBO (liquor control board of Ontario) et les restaurants qui ont une license pour l’alcool portent un petit signe distinctif sur leurs enseignes et leurs menus: LLBO (liquor licence board of Ontario). L’âge minimum pour acheter de l’alcool est de 19 ans au Canada et de 21 aux US, mais dans les deux pays il est interdit de boire en public (sauf dans les restaurants/bars).

Dernier truc qui me désole: les haricots verts des restaurants de Granbled sont aussi crus que ceux des plats offerts aux Etats Unis. C’est lamentable!

C’est tout pour le moment. Si je pense à autre chose, je le rajouterai dans les postes qui suivent… parce qu’il y a encore des tas de choses à raconter :) Et si vous avez des questions, n’hésitez pas à les poser et j’essayerai d’y répondre (mais je ne fais aucune promesse, hein, parce que je suis pas Madame Soleil).

  CANADA USA
Area 9,987,670 kilomètres carrés 9,632,420 kil. carrés
Population 33,098,932 en juillet dernier 298,444,215
Life expctancy males: 76.86, females: 83.74 males: 75.02, females: 80.82
Immigration 5.9 immigrants/1000 3.2 immigrants/1000
Contains 10 provinces, 3 territoires 50 états, 1 district, et plein d’états dépendants
(Guam, Puerto Rico, etc.)
GDP per capita $33,900 $41,600
Budget revenues: $159.6 billions; expenditures: $152.6 billions revenues: $2.119 trillion; expenditures: $2.466 trillion
Oil production 2.4 billion bbl/day (2004) 7.61 million bbl/day
Public debt 69.6% of GDP 64.7% of GDP
Airports 1,337 14,858
Military expenditures 1.1% of GDP 4.06% of GDP

Demain, je commence une série de posts sur un sujet qui me tient très à coeur… Qui trouvera ce que c’est? Suspens, suspens… celui qui trouve aura droit à une carte de Granbled (et ça vaut de l’or ces p’tits trucs, vu le prix du timbre poste canadien, si c’est pas honteux d’escroquer ainsi les pauvres immigrants…). Y’aura environ cinq posts sur le sujet… et plein de détails croustillants…

(merdum cacum bibendum, je suis en retard pour le boulot, à la prochaine Etienne!)

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Quand j’étais aux Etats Unis, je n’ai jamais ressenti que Veteran’s Day, le 11 novembre, s’addressait à moi. Je ne sais pas pourquoi, mais ce n’était qu’une cérémonie patriotique de plus, comme le 4 juillet ou Labor Day, un jour pour se souvenir des soldats américains morts « pour sauvegarder la liberté et la démocratie, » pour mettre des milliers de drapeaux américains partout, et pour se rappeler que les Etats Unis c’est le meilleur pays du monde. Donc bof.

Ici, je me demandais pourquoi, depuis quelques semaines, de plus en plus de personnes semblaient porter un coquelicot à la boutonnière. Je trouvais ça magnifique mais j’étais quand’même bien intriguée, jusqu’à ce que je vois une petite table au milieu de la station de métro avec quelques vieux soldats autour qui distribuaient ces coquelicots. Je leur ai demandé des explications et ils m’ont tout raconté (je vous mets l’histoire officielle ci-dessous).

En les écoutant, je me suis souvenue que mon Papi et mon Pépé, mes deux grands’pères bien-aimés, avaient fait la guerre. Mon Pépé a même été prisonnier en Allemagne, et mon Papi me raconte encore parfois ses souvenirs de certaines batailles. Mes grands’mères, même si elles n’étaient pas soldates, se sont aussi battues pour survivre pendant la guerre. Ma Mamie a même été traductrice pour les soldats américains en France (et elle a failli en épouser un, imaginez un peu où je serais aujourd’hui si elle l’avait fait ;) ). Et je me suis rendue compte que ces coquelicots, au Canada, c’était bien sûr pour se rappeler des soldats canadiens mais aussi de tous les soldats du monde qu’on aimait et qui se sont battus pour nous. Je suis à 300% pacifiste, mais ça ne m’empêche pas d’être reconnaissante envers ceux qui se sont battus quand il le fallait. Alors j’ai moi aussi mis un joli coquelicot à ma boutonnière (admirez les poils de chats qui complètent la décoration si parfaitement!).

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Ce joli coquelicot (il n’est pas super sur ma photo mais en vrai ils sont vraiment jolis) m’a rappelé un certain poème qui je trouve terriblement triste mais qui est aussi malheureusement parfaitement approprié à la situation: Le dormeur du Val, de Rimbaud (et je vous mets l’autre poème dont parle le texte ci-dessous en anglais et en français parce que les deux versions sont assez différentes).

C’est un trou de verdure où chante une rivière,
Accrochant follement aux herbes des haillons
D’argent ; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c’est un petit val qui mousse de rayons.

Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort ; il est étendu dans l’herbe, sous la nue,
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.

Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
Nature, berce-le chaudement : il a froid.

Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine,
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.

C’est au cours des guerres napoléoniennes que l’on commença à remarquer le coquelicot, cette fleur mystérieuse qui poussait sur les tombes des soldats morts au combat.

Le coquelicot fit une réapparition remarquée au cours du 20e siècle du fait que les sols de la France et de la Belgique étaient devenus riches en calcaire à cause des décombres de la Première Guerre mondiale. Les petites fleurs rouges fleurissaient autour des tombes des soldats comme elles l’avaient fait 100 ans auparavant.

En 1915, John McCrae, de Guelph, en Ontario, servit à titre de médecin dans l’Artillerie des Forces canadiennes, et immortalisa ce phénomène dans son célèbre poème In Flanders Fields (Au champ d’honneur, adaptation de Jean Pariseau).

Deux jours avant l’Armistice, Moina Michael, une Américaine d’Athens, en Géorgie, lut le poème de McCrae et eut l’idée de porter un coquelicot durant toute l’année en souvenir de ceux qui étaient morts à la guerre.

En 1920, une Française, Madame E. Guérin, se rendit aux États-Unis et rencontra Mademoiselle Michael qui était bénévole au YMCA, à l’Université Columbia. Elle décida de vendre des coquelicots faits à la main au cours de la période de l’anniversaire de l’Armistice afin d’amasser des fonds pour les enfants des pays qui avaient été ravagés par la guerre en Europe.

En 1921, le feld-maréchal Earl Haig, commandant des armées britanniques en France et en Belgique et principal fondateur de la Légion britannique, entendit parler de l’idée de madame Guérin et encouragea l’organisation du British Poppy Day Appeal par la Légion en vue d’amasser des fonds pour les anciens combattants pauvres et invalides.

La même année, madame Guérin fit un voyage au Canada, et convainquit l’Association des anciens combattants de la Grande Guerre (prédécesseur de la Légion royale canadienne) d’adopter le coquelicot comme symbole du souvenir à l’appui de la collecte de fonds.

Aujourd’hui, la campagne du coquelicot constitue l’un des programmes les plus importants de la Légion royale canadienne. Les fonds provenant des ventes de coquelicots permettent d’offrir une aide financière directe aux anciens membres des forces dans le besoin, et de subventionner l’achat d’appareils médicaux, la recherche, les services à domicile, les établissements de soins, etc.

In Flanders Fields

IN FLANDERS FIELDS the poppies blow
Between the crosses row on row,
That mark our place; and in the sky
The larks, still bravely singing, fly
Scarce heard amid the guns below.

We are the Dead. Short days ago
We lived, felt dawn, saw sunset glow,
Loved and were loved, and now we lie
In Flanders fields.

Take up our quarrel with the foe:
To you from failing hands we throw
The torch; be yours to hold it high.
If ye break faith with us who die
We shall not sleep, though poppies grow
In Flanders fields.

Au champ d’honneur

Au champ d’honneur, les coquelicots
Sont parsemés de lot en lot
Auprès des croix; et dans l’espace
Les alouettes devenues lasses
Mêlent leurs chants au sifflement
Des obusiers.

Nous sommes morts,
Nous qui songions la veille encor’
À nos parents, à nos amis,
C’est nous qui reposons ici,
Au champ d’honneur.

À vous jeunes désabusés,
À vous de porter l’oriflamme
Et de garder au fond de l’âme
Le goût de vivre en liberté.
Acceptez le défi, sinon
Les coquelicots se faneront
Au champ d’honneur.

Ces informations ont été trouvées ici. On peut trouver plus de détails sur cette page.

Alors merci à mon Papi et mon Pépé et à tous les autres. Et espérons que le massacre s’arrêtera un jour…

Hier, inspirée par la délicieuse recette de galette de pommes de terre au comté de Mijo, j’ai acheté des pommes de terre, du persil, des oeufs, et du gruyère (y’avait pas de comté, ça devrait marcher, non?) et j’ai passé la soirée dans ma cuisine à faire… des croquettes de poisson thaïlandaises à la farine de riz.

Ca faisait super longtemps que j’avais envie de les essayer, ces croquettes, et comme j’avais enfin des oeufs, j’en ai profité, et c’était super super délicieux! Je vous donne la recette pour 4 personnes mais moi divisé les proportions par deux et… j’ai tout mangé ;) Je pense que c’est super comme petite entrée, ou comme « finger food » pour un buffet ou une réception (bouffe qu’on mange avec ses doigts).

Mettre dans un mixeur: 450 gr de poisson blanc sans peau et sans arrêtes, 50 gr (1/4 de cup) de farine de riz ou de maïs (j’en ai mis un peu plus pour que ma pâte ne soit pas trop liquide), 2 oeufs, 1 cuillère à soupe de fish sauce (truc thaïlandais/chinois), 3 cuillères à soupe de coriandre fraîche (cilantro) hachée finement (j’aime pas ça alors j’ai mis du persil à la place), 3 petites cuillères de pâte de curry rouge (je n’avais que du vert), du sel, et 1 petit piment rouge haché finement (pas obligé) (j’en ai mis un vert). Mixer jusqu’à ce que ça fasse une pâte homogène.

Rajouter à la pâte 2 oignons de printemps (scallions) hachés très finement et 100 gr de haricots verts (une vingtaine de gros) hachés très finement aussi. En fait je pense qu’il faudrait presque passer les haricots à la vapeur (ou à l’eau bouillante) 3 minutes avant de les incorporer, et il faut vraiment que ce soit haché finement sinon ça ne cuit pas super bien.

Avec les mains humides, former des petites croquettes rondes et plattes avec la pâte. Croyez-en mon expérience, il ne faut pas qu’elles soient trop épaisses (1 centimètre de haut c’est pas mal, et environ 5-8 centimètres de diamètre), sinon ça ne cuit pas bien au milieu.

Faire cuire ces croquettes dans une poêle avec 125 ml (1/2 cup) d’huile jusqu’à ce qu’elles soient bien bien dorées des deux côtés. Servir avec de la « sweet chilli sauce » (sauce thailandaise qu’on utilise aussi pour les rouleaux de printemps). On peut mettre des cacahuettes hachées et/ou du concombre en tout petits morceaux dans la sauce, aussi. C’est miam, miam, miam!

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Comme vous pouvez le voir sur ma photo, j’ai rajouté du sel sur mes premières croquettes, parce que la recette n’en utilisait pas mais quand j’ai goûté ma première croquette, ça en manquait définitivement alors j’en ai rajouté dans la pâte qu’il me restait. C’est assez fort, à cause des piments et de la pâte de curry, mais ça n’arrache pas la gueule (et on est pas obligé de mettre le piment). En tous les cas, c’est une recette à refaire parce que c’était exquis (et le poisson c’est bon pour le cerveau)!

Bon ap’ :) (heu, on dit ça comment en thaïlandais?)

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Oh, il n’était pas de retour pour bien longtemps, mais j’en ai encore le goût sur la langue et le soleil dans les yeux!

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Paris aussi, était là, à Granbled, si si, je vous le promets, ses boulevards, la Seine, ses monuments, ses claxons, et son jazz…

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Comme il faisait presque beau et presque pas trop froid, c’est en flanant sur King Street (d’où les photos) que je suis allée écouter Un Americain à Paris de Gershwin, le concerto pour deux pianos de Poulenc (absolument magnifique, je connaissais même pas, la honte!), le Carnaval des animaux de Saint-Saëns (en fait, Saint-Saëns est super connu pour son Carnaval, mais ses autres pièces sont très belles aussi), et l’Ouvertude de Candide de Bernstein (version pour piano à quatre mains).

Roy Thompson Hall

Le tout était joué par deux pianistes extraordinaires (Scott Meek et William Eddins (ce dernier étant aussi le chef d’orchestre)) et l’Orchestre Symphonique de Granbled, hier après-midi, au Roy Thompson Hall.

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J’en ai vu des masses, des pianistes, et j’en ai entendu un certain nombre, des concerts, mais là j’étais sur le cul.

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C’était drôle, beau, vivant, charmant, pétillant, ça sentait le croissant au beurre, et j’avais l’impression de resentir à nouveau le soleil sur ma peau et dans ma tête, comme après un long hiver.

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Allez, je vais voir si iTunes vend Poulenc…

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Un jour, Nat m’a demandé si je voulais aller visiter Niagara-on-the-Lake avec des copains à elle que je connais aussi un peu… et j’ai dit OK, faut oser prendre des risques dans la vie ;)

En fait, je pensais qu’on allait voir les chutes du Niagara, mais pas du tout! J’avais même plutôt l’impression d’être en Californie (sauf qu’il faisait moche), soudain, après avoir longé le lac Ontario sur environ 150 kilomètres (150 kilomètres qui sont, il faut bien l’avouer, très gris, très pollués, très industriels, et très moches!).

Niagara-on-the-Lake, surnomée la ville la plus mignonne de l’Ontario, est une petite ville touristique à une trenteine de kilomètres des chutes et à deux pas, littéralement, de la frontière avec les Etats Unis, très riche, très « chou » (comme on dit en Suisse), très traditionelle, du style Victorien, et… très chère! C’est aussi une ville historique et on peut encore voir le fort et des remparts où se sont battus les Indiens, les Américains, et les Anglais (à mon avis, où que j’aille au Canada, j’entendrai la même histoire…). On s’est un peu baladé dans la ville, on a mangé des délicieuses glaces chez Cows et un déjeuné bon mais sans plus, et on a passé un après-midi très chouette avant de repartir juste au moment des premières gouttes.

Mais ce qui nous a pris le plus de temps, c’était la visite d’en endroit très spécial et qu’on ne s’attendrait pas à trouver si au nord… Mais quand on connaît leur spécialité, on comprend mieux :) Alors… on va visiter ça ensemble? Voici une première photo, essayez de deviner ce que c’est avant de cliquer dessus pour voir le reste de l’album :) Et bonne visite!

Merci à Nat pour une très chouette balade!

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Il y a un peu plus d’un an, j’ai reçu un courriel de l’éditeur d’un grand journal de linguistique. Ce monsieur m’expliquait qu’il avait lu ma thèse de maîtrise (ça doit bien être le seul) et qu’il voulait que j’écrive un « state-of-the-art article » sur le sujet. Un article « state-of-the-art » c’est un peu une bibliographie mais en plus détaillé, une sorte d’explication de tous les articles, livres, thèses, présentations de conférences, projects de recherche écrits sur le sujet dans le monde entier. Unutile de dire que j’ai dit « oh oui monsieur, je serais heureuse d’écrire votre machin! » et qu’ensuite je me suis rendue compte de ce que ça voulait dire et j’ai paniqué à mort.

J’ai donc envoyé un courriel à quelqu’un que je n’avais jamais rencontré mais qui venait d’écrire un gros bouquin sur le sujet et qui avait l’air sympa, et je lui ai demandé s’il voulait écrire le « state-of-the-art article » avec moi. Il a dit OK. Or, il se trouve que ce cher monsieur qui m’a sauvé la vie (enfin, pas encore tout à fait) habite en Espagne… et qu’on a jusqu’à l’été prochain pour finir (enfin, il faudrait peut-être le commencer d’abord) notre article et l’envoyer à l’éditeur du grand journal.

On a écrit un « proposal » détaillé de l’article, et il a été accepté, et après on s’est donnés des « deadlines, » des dates limites quand moi je devais avoir fini cette section et lui cette section et nous ce passage, etc…. Mais en fin de compte, on n’y arrive pas. C’est vraiment difficile de travailler comme ça, à distance, et c’est un article tellement gros (et différent des autres articles qu’on écrit en général) qu’on ne sait pas très bien comment s’y prendre.

J’ai donc eu une brillante idée: aller en Espagne bosser avec lui, tout simplement! C’est plus facile quand on se voit et qu’on peut se parler. C’est plus facile de se donner des limites de temps très courtes, du genre « on bosse sur ce passage jusqu’à trois heures de l’après-midi et après on va visiter Barcelone mais seulement si on a fini le passage en question! » Génial, non?

Alors hier je suis allée voir ma cheffe et je lui ai demandé quand je serai libre en été. Les cours finissent mi-avril, mais ensuite il y a les examens, les rapports, et plein d’autres trucs à faire avant de pouvoir aller en vacances. Elle m’a dit que je serai libre vers la mi-juin… mais que si je voulais aller en Espagne, je devrais prendre 10 jours de vacances en février plutôt, parce que c’est à ce moment-là qu’on a le plus besoin de soleil et de chaleur et que comme ça, en plus, je n’attendrais pas trop longtemps avant de pouvoir bosser sur mon article. Et comme on a une semaine de vacances en février, justement, ça tombe parfaitement bien! (Et elle m’a dit que tous les profs profitaient de cette semaine de vacances pour aller en Floride, au Mexique, en Espagne, dans n’importe quel endroit chaud et ensoleillé de la planête!) Elle a des bonnes idées parfois, ma cheffe, hein?

Alors voilà, j’ai enfin un petit projet à moi, quelque chose qui m’aidera à sortir ce matin alors qu’il fait -6 degrés et qu’on attend de la neige pour ce soir. Un petit rêve de soleil qui m’aidera à passer les vacances de Noël à bosser comme une folle à la maison parce que parfois j’ai des idées tordues et qu’il faut ensuite en payer le prix. Je n’ai pas encore le billet, je n’ai pas encore les détails (et je n’ai pas encore demandé à mon ami espagnol si ce moment de l’année lui convient bien, hum), mais je m’en fiche, parce que maintenant j’ai l’Espagne dans la cabeza, et Dieu que ça fait du bien!!!

Hola, me llamo doctor lulu y estoy muy feliz :D

Ce matin, j’étais en train d’aller au boulot, pas trop heureuse parce que ma journée commençait avec une réunion avec ma cheffe et je savais que je n’allais pas aimer ce qu’elle allait me dire, et en passant devant Richtree, une sorte de café-restaurant juste à la sortie du métro, j’ai craqué pour un chocolate chips muffin (y’a une image de muffins chez Estelle… ceux de Richtree sont beaucoup plus gros ;) )! Après tout, le chocolat c’est bon pour le moral, n’est-ce pas? Et leurs muffins sont frais, ils sortent du four devant nos yeux, et miam, j’ai décidé qu’il fallait me donner du courage pour ma réunion!

J’étais donc en train de payer mon muffin quand soudain, j’ai entendu quelque chose qui m’a rappelé beaucoup de bons souvenir et fait sourire: l’Amérique, de Joe Dassin! Déjà, c’était rigolo d’entendre une chanson française à cet endroit, mais en plus, c’est une chanson que j’aime particulièrement parce que je me rappelle l’avoir souvent écoutée avant mon départ pour les Etats Unis, il y a ONZE ANS de ça! Alors je me suis assise à une petite table ronde et j’ai regardé la foule sortir du métro en mangeant mon muffin et en repensant à tout ça, ma tristesse de quitter ma famille et mes amis, l’excitation du départ, la grande fête d’adieu avec tous les gens que j’aimais, les rêves, les espoirs, les peurs, et les dix ans et demi passés aux Etats Unis…

Ca fait drôle de se dire que je l’ai eue, mon Amérique, ce rêve fou s’est accompli pour de vrai, et pas juste dans une chanson! Ca fait drôle aussi de se dire que ça faisait 15 ans que je rêvais d’aller au Canada et que j’y suis enfin pour de vrai. Peut-être que c’est pour ça que je déprime un peu, parce que je n’ai pas encore de rêve pour la suite…

Allez, en attendant de me découvrir des envies de châteaux en Espagne (tiens, l’Espagne, c’est une bonne idée, ça), je vous mets les paroles de cette chanson qui illustre exactement l’un des plus grands rêves de ma vie. Et vous, quels sont vos rêves?

Mes amis, je dois m’en aller
Je n’ai plus qu’à jeter mes clés
Car elle m’attend depuis que je suis né
L’Amérique

J’abandonne sur mon chemin
Tant de choses que j’aimais bien
Cela commence par un peu de chagrin
L’Amérique

L’Amérique, l’Amérique, je veux l’avoir et je l’aurai
L’Amérique, l’Amérique, si c’est un rêve, je le saurai
Tous les sifflets des trains, toutes les sirènes des bateaux
M’ont chanté cent fois la chanson de l’Eldorado
De l’Amérique

Mes amis, je vous dis adieu
Je devrais vous pleurer un peu
Pardonnez-moi si je n’ai dans mes yeux
Que l’Amérique

Je reviendrai je ne sais pas quand
Cousu d’or et brodé d’argent
Ou sans un sou, mais plus riche qu’avant
De l’Amérique

L’Amérique, l’Amérique, je veux l’avoir et je l’aurai
L’Amérique, l’Amérique, si c’est un rêve, je le saurai
Tous les sifflets des trains, toutes les sirènes des bateaux
M’ont chanté cent fois la chanson de l’Eldorado
De l’Amérique

L’Amérique, l’Amérique, si c’est un rêve, je rêverai
L’Amérique, l’Amérique, si c’est un rêve, je veux rêver.

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C’est déprimant d’être déprimée sans avoir aucune raison de l’être! Je pourrais me dire « bon, j’ai le droit d’être déprimée parce que… » mais non, je ne trouve aucune bonne raison… alors ça me déprime encore plus! En temps normal, je me donne le droit d’être déprimée si je le suis pour une bonne raison, et grace à ça, je me sens beaucoup plus vite mieux. Je me dis « allez, déprime un bon coup ma vieille, vas-y à fond, et trouve quelque chose qui t’en sortira » et ça passe, après un bon repas, un bon bouquin, une bonne sieste, un bon film, un week-end à rien fiche, une sortie entre copines…

Mais là, non. Y’a aucune raison et en plus ça dure. J’ai un bon job, un super appartement, des chatounes adorables, un doctorat, ma santé, de l’argent, des amis supers, une famille géniale, de quoi manger, et je n’habite même pas en Laponie!

J’ai lu une fois un truc qui m’a fait peur: le niveau (la quantité? la fréquence?) de dépression des gens est proportionel au nombre d’années d’études qu’ils ont fait. C’est-à-dire que plus vous avez de diplômes et plus vous serez déprimé facilement. Pourquoi? Est-ce parce que plus on a de diplômes et moins on a l’occasion d’avoir des boulots physiques et tuants qui ne nous permettent même plus de réfléchir tellement on est épuisé et on ne pense qu’à survivre? Ou est-ce que c’est parce que plus on a de diplômes et plus on a dû refléchir à la condition humaine et que ça ne peut qu’être déprimant? C’est bizarre, hein, parce que plus on a de diplômes et plus on gagne d’argent, aussi, en général, ce qui prouve bien que l’argent ne fait pas le bonheur (sauf si on hérite du pognon et qu’on n’en profite pas pour faire des études, donc).

Bref… je déprime probablement parce que j’ai trop de temps pour y penser. En fait, j’ai des tones de choses à faire mais je ne les fais pas ce qui fait qu’en plus je culpabilise de ne pas les faire et donc je déprime encore plus et je les fais encore moins… C’est un cercle vicieux qui ressemble plutôt à un tir-bouchon, ça tourne vicieusement et en même temps ça s’enfonce…

J’ai envie que d’une chose, c’est de faire la cuisine, mais je n’ai pas envie de manger et je n’ai pas assez d’argent pour acheter de quoi cuisiner des trucs sympas (je suis payée tous les 15 du mois, enfer et putréfaction!). Hier soir, sur les conseils avisés de jojo (« va voir sur marmiton.org, banane! »), j’ai essayé de faire un far breton, le premier de ma vie. En fin de compte, j’avais 1/2 centimètre de pâte au fond du moule (pas mauvaise, d’ailleurs), les pruneaux au milieu, et 1 gros centimètre d’omelette par-dessus. Fulgurant, le succès… C’est ça qu’on appelle une omelette bretonne? (Et qu’est-ce que je vais en faire maintenant, hein?!)

A part ça on a eu une journée magnifique aujourd’hui, du soleil et 15 degrés celcius, on se croirait presqu’au printemps! Après la tempête de vent d’hier (celle qui a fait trois morts, entièrement détruit un immeuble en construction de Granbled, fait couler un grand nombre de bateaux, et privé d’électricité des milliers de gens en Ontario, au Québec, au Nouveau Brunswick, et au nord-est des Etats Unis), on le méritait bien…

Vous vous rappelez peut-être de mes déboirs avec le yaourt cuit… Ben j’ai abandonné! Mais j’avais tellement envie d’une recette indienne à base de yaourt que j’ai décidé de me faire, finalement, du poulet tandoori, qui doit mariner dans le yaourt mais pas cuire dedans! Et c’était une idée judicieuse parce que MIAM et c’était super facile à faire!

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Pour 4 personnes il faut:

- 4 gros morceaux de poulet (moi je n’avais que deux blancs que j’ai coupés en petits morceaux et j’ai ensuite divisé toutes les proportions qui suivent par deux)
- 3/4 de cup (175 ml) de yaourt nature
- 1 petite cuillère de garam marsala
- 1 petite cuillère de gingembre frais rapé (j’ai de la pulpe toute prête)
- 1 petite cuillère d’ail écrasé
- 1,5 petite cuillère de poudre de chili
- 1/4 de petite cuillère de turmeric (truc jaune qui ressemble à du curry mais qui n’en est pas)
- 1 petite cuillère de coriandre en poudre
- 1 petite cuillère de jus de citron (pas mise, j’avais pas envie de refaire tourner mon yaourt)
- 1 petite cuillère de sel
- 2 cuillères à soupe d’huile
- quelques gouttes de colorant rouge (pas mis, j’en avais pas).

1. Rincer et essuyer le poulet et faire des entailles dans la chair.
2. Mélanger le yaourt avec tous les autres ingrédients (épices etc.).
3. Mettre le poulet dans la mixture de yaourt et laisser mariner en retournant de temps en temps pendant trois heures au moins.
4. Préchauffer le four à 240 degrés celcius (475 degrés fahrenheit).
5. Mettre les bouts de poulet dans un plat qui va au four et laisser cuire pendant 25-30 minutes ou jusqu’à ce que le poulet soit bien grillé.
6. Transferer le poulet sur des assiettes garnies de salade, de tomates, de quartiers de citron, et de riz, bien sûr (basmati, cuit à l’autocuiseur)!

Bon appétit :)

PS. Mon (ex) blog sur le site de Purdue a été effacé… J’ai perdu des tones de photos téléchargées par les visiteurs sympas et deux ans et demi de commentaires, en gros tout ce que j’avais sur mon blog avant janvier 2006…. Si vous vous ennuyez, allez visiter mes archives (sur ce blog) et laissez des commentaires au hasard pour que ça ait l’air moins vide (et si vous avez posté des photos sur mon blog (avant 2006, donc) et que vous en avez encore une copie, je serai vraiment heureuse de les reposter moi-même si vous me les envoyez).

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PS. Mon (ex) blog sur le site de Purdue a été effacé… J’ai perdu toutes les photos téléchargées par les visiteurs sympas et deux ans et demi de commentaires…. Si vous voulez être sympas et que vous vous ennuyez, allez visiter mes archives (sur ce blog) et laissez des commentaires au hasard pour que ça ait l’air moins vide (et dites-moi au passage dans quel post il manque des photos, et si vous avez posté des photos sur mon site et que vous en avez encore une copie, je serai vraiment heureuse de les reposter moi-même) :)

PPS. Ptain les poignées d’amour :cry:

Et je sais même pas qui sont la plupart de ces femmes…

Isabella Rossellini deux fois quand’même, ça pourrait être pire!

Et vous?

C’est moi. Parfois. Non sérieux, y’a des jours où je suis tellement conne que je pourrais me donner des baffes. Y’a des jours où je me déçois vraiment d’arriver à être si méchante. Et y’a même des jours où je peux pas me voir dans un miroir. Y’a vraiment plein de jours comme ça, en fait.

Mais y’a aussi des jours pas comme ça. Y’a des jours où je suis fière de moi parce qu’un de mes articles a été accepté par un journal. Y’a des jours où les gens sont si sympas avec moi que je me dis que je ne dois pas être que méchante avec eux. Et y’a même des jours où j’aime bien jouer avec mes cheveux comme une gamine et me sourire dans le miroir, ou regarder des vieilles photos et me dire que j’ai mes heures photogéniques (comme par exemple ici ou ). Y’en a pas beaucoup mais y’en a des jours comme ça, en fait.

Je pense à ça parce que ça fait quelques jours que je vois ce petit spot publicitaire pour Dove (tourné par une agence à Granbled d’ailleurs) passer sur plein de blogs. C’est édifiant. C’est attristant. Mais ça ne veut pas dire que la vraie beauté n’existe pas. Je ne parle pas de la beauté intérieure, celle qu’on essaye de nous faire croire qu’elle peut remplacer l’autre. Non, je parle de la vraie beauté du visage, du corps. Je sais que les canons de la beauté changent avec le temps mais ça n’empêche pas que parfois, on ne peut pas détacher son regard de quelqu’un qui sort du commun, de quelqu’âge que ce soit. Pas besoin de Photoshop, certaines personnes sont exceptionellement belles (je ne parle pas de gros seins, je parle de beauté simple et entière).

Et puis je pense aussi que nous, les femmes, on a tendance à se photoshoper un peu (certaines plus que d’autres, bien sûr) tous les jours et cela depuis que la femme existe. On s’épile les sourcils et plein d’autres choses à grands cris, on se maquille, on porte des fringues et des chaussures inconfortables, on se troue les oreilles et ailleurs aussi, on se met du parfum, on passe des heures (et on dépense des fortunes) à s’occuper de nos cheveux, de nos ongles, de notre peau… Est-ce que c’est la faute à ce genre d’images fausses dont les campgnes publicitaires nous bombardent ou est-ce que c’est simplement parce qu’on ne peut pas aller au boulot en pyjama, les cheveux crades et en désordre, et la mine hagarde?

Je me demande: à la base, d’où nous vient ce besoin d’être belles? Est-ce une question de charactère typiquement féminin (donc génétique) ou bien une question de machisme (les hommes veulent montrer qu’ils ont la plus belle)? Est-ce acquis ou inné? Est-ce qu’on est obligées d’être présentables ou est-ce qu’on se l’inflige à soi-même? Est-ce que ce genre de publicité mensongère (les mannequins anorexiques photoshopées) est né de ce besoin qu’ont les femmes d’être parfaites ou est-ce que le besoin d’être parfaites est né de ce genre de publicité mensongère? Ou bien n’est-ce pas plutôt, depuis la nuit des temps, notre peur immémoriale de mourir (en passant donc par la vieillesse) qui ne nous donne ce besoin viscérable de cacher les jours qui passent (et les rides et les kilos qui s’accumulent)?

J’ai trois questions:

1. Quelqu’un pourrait-il m’expliquer pourquoi mon anti-spam, Akismet, me dit que j’ai par exemple 268 spams aujourd’hui mais sur la page où je vois les spams en question, je n’en vois qu’une cinquantaine? Est-ce qu’il a du mal à compter ou est-ce qu’il m’en cache certain, et lorsque je clique sur « erase all » j’efface plein de spams qui n’en sont peut-être pas?

2. Quelqu’un pourrait-il m’expliquer pourquoi la même paire de lentilles de contacte (même ordonnance, même marque) coûte exactement $40 aux Etats Unis et exactement $260 au Canada?? Je n’en reviens pas, est-ce parce que ce genre de chose se fait (partiellement) rembourser par les assurances maladie au Canada et pas aux Etats Unis qu’ils se permettent de demander autant pour deux petits bouts de plastique?

3. Quelqu’un pourrait-il m’expliquer pourquoi je suis tellement à bout de nerfs ces jours-ci? Je n’arrive plus rien à faire pour le boulot, tout m’énerve, je suis découragée, et je n’ai plus envie de rien…

J’ai une bonne et une mauvaise nouvelle. Laquelle voulez-vous en premier? Bon, je vous donne la bonne d’abord parce que la mauvaise a vu le jour à cause de la bonne. Donc, tenez-vous bien, j’ai enfin trouvé une femme de ménage! Oui je sais, je suis super flemmarde et tout, mais je ne pouvais plus faire face à la montagne de poils de chats qui s’accumulaient dans mon grand appartement. J’étais débordée. Alors j’ai cherché un bon moment et finalement j’ai trouvé quelqu’un de bien (que nous appellerons Cinderella) à travers une agence de nettoyage. Cinderella est venue cet après-midi et goodness gracious, que ça fait du bien d’être dans un appartement propre!

J’ai lu il n’y a pas longtemps un bouquin super intéressant qui s’appelle Nickel and Dimed, de Barnara Ehrenreich, une journaliste qui a passé un an à bosser dans les « petits jobs » de ceux qui n’ont pas de diplômes: serveuse, vendeuse (entr’autre à Wal-Mart, ça vaut le détour!), et femme de ménage. Elle raconte comment ces jobs payent si peu et n’offrent aucun « benefits » (assuances, etc.), et que finalement, il est impossible pour quelqu’un de vivre au-dessus du seuil de pauvreté même avec DEUX de ces jobs à plein temps, (super mauvais pour la santé à court terme, impossibilité de bosser longtemps pour la même boîte, impossibilité de louer un appartement décent, etc.). C’est édifiant comme bouquin et ça fiche la trouille.

Elle raconte aussi que les sociétés de nettoyage demandent par exemple $25 de l’heure aux clients mais ne payent les femmes de ménages elles-même que $9 de l’heure. Donc j’ai vraiment hésité à passer par une société de nettoyage mais comme je n’ai rien trouvé d’autre, j’ai finalement décidé d’essayer quand’même en me disant que le Canada était peut-être mieux de ce côté-là… Et ce qui m’a rendue bien triste c’est que Cinderella m’a raconté que c’était la même chose ici. Elle m’a dit que si je le voulais et que je ne disais rien à la société de nettoyage en question, elle viendrait « en privé » quand je voudrais et que je pouvais ne la payer que $15 de l’heure. En plus, la société en question me demandait 3 heures minimum par semaine (à $25/heure, donc, ce qui fait quand’même beaucoup), et Cinderella est d’accord de ne venir que pour deux heures par semaine. Sur un mois, ça me fait payer $120 au lieu de $300 et pour elle, ça lui fait gagner $120 au lieu de $108 et 4 heures de travail en moins (et moins d’impôts à payer aussi j’en suis sûre)! Tout le monde y gagne! Je sais, capitalistement parlant, ce n’est pas très honnête, mais humainement parlant, ça l’est. Et maintenant que j’ai avoué que j’ai une femme de ménage au noir, je ne pourrai plus jamais espérer devenir présidente, première ministre, ou sénateure. Tant pis…

La mauvaise nouvelle, c’est que Calinette avait joué avec l’un des couvercles de ma boîte de lentilles de contact et l’avait perdu, et que donc je gardais une lentille dans un récipient sans couvercle… et Cinderella n’a pas vu qu’il y avait une lentille dans le bidule avant de le rincer… donc byebye my lentille de contact, il va falloir que j’aille m’en refaire faire une paire très très vite! Bon, ça fait presque deux ans que j’avais les mêmes donc ça va (visiblement, mes changements de lentilles sont toujours dramatiques…). En plus, c’est bien, ça m’apprendra comment me faire rembourser ce genre de chose par mon assurance, espérons que ça marche aussi bien que le dentiste! Et comme en plus j’ai de la chance, je peux aller voir l’occuliste une fois tous les deux ans, mais comme une nouvelle « période de deux ans » commence en janvier 2006 pour mon assurance, en réalité je pourrai y retourner dans un an si je veux (ou si Cinderella refait des siennes).

Voili voilà, c’était les dernières aventures du docteur lulu en directe de son champs de maïs Granbled. Et vous, votre fin de semaine s’est bien passée?

Vous vous souvenez du film Groundhog Day (un jour sans fin, en français, ou quelque chose comme ça)? Bill Murry doit aller faire un reportage sur la marmotte de Punxsutawney qui doit prédire si l’hiver va bientôt finir ou continuer encore six semaine… J’ai toujours adoré le nom de Punxsutawney, qui est une vraie ville de Pennsylvanie, près de laquelle j’ai failli trouver un boulot!

Alors quand dimanche dernier j’ai décidé d’aller faire un peu de tourisme autour de Granbled pour admirer les couleurs de l’été indien, je n’ai pas hésité longtemps quand j’ai vu sur ma carte le nom de Penetanguishene, petite ville a environ 150 kilomètres de chez moi, au bord de la Georgian Bay du Lac Huron.

Alors j’y suis allée. J’ai conduit pépère pendant environ deux heures en m’arrêtant de temps en temps pour prendre des photos (moches parce qu’il faisait un temps de cochon), et je suis arrivée dans le joli petit village de Penetanguishene (prononcer Pénétangüichéné), perché en haut d’une coline qui descendait doucement vers le petit port. Je n’avais aucune carte ni rien, donc je me suis simplement avancé vers le port pour y prendre quelques photos, quand j’ai soudain vu un petit attroupement de personnes dont on voyait à peine le bout du nez sortir des manteaux d’hiver parquées près d’un bateau. Je me suis dit ah, ça doit être pour un tour en bateau ça, pourquoi ne pas y aller aussi?

Le temps que je me gare et que j’arrive près du bateau en question, les gens avaient disparus dans le bateau… mais finalement, le capitaine, qui vendait les billets, m’a dit qu’ils ne partaient qu’à 1 heure de l’après-midi… et il était exactement 12:57! Il m’a aussi dit que normalement, ils faisaient un tour de quatre heures dans les « 30000 îles » de la baie mais que là, il faisait trop mauvais et que ça serait trop dangereux, donc le tour ne serait que de deux heures. J’ai donc vite pris mon billet et un petit dépliant touristique et j’ai embarqué! Et c’est là que j’ai remarqué que les tours en bateaux (un par jour seulement!) commençaient le 15 avril et finissaient le 15 octobre… et on était exactement le 15 octobre!

Tout ce que je peux dire c’est que je me suis gelée! Les couleurs n’étaient pas extraordinaires parce que c’était déjà la fin de l’été indien (qui paraît-il n’était pas particulièrement génial cette année en plus), mais j’ai quand’même appris qu’il y avaient beaucoup de francophones qui habitaient là, que l’histoire de la Baie Georgienne est remplie de batailles entre les français, les américains, les canadiens et les indiens, qu’une rive est granitique est l’autre pas, que les hivers sont tellement rudes qu’ils faut emballer les bâteaux et même enlever les pontons au bord du lac sinon ils se font détruire par les glaces, que plein de gens très célèbres y ont des « cottages » qui valent des fortunes, et que la seule prison psychiatrique de l’Ontario s’y trouve aussi!

Bref, les photos ne sont pas géniales parce qu’il pleuvait, grêlait, et/ou neigeait la plupart du temps, mais tout ça m’a quand’même donné envie de m’acheter un petit cottage au bord du lac pour y passer l’été tranquille, loin de la ville, dans une nature magnifique et encore très sauvage. Alors attendez quelques années et je vous invite tous à venir faire du kayak à mon cottage de Penetanguishene :)

Ce petit voyage était court mais bref, mais je me suis bien amusée (et le couché de soleil sur Granbled à mon retour était magnifique)! Oh, et la marmotte m’a prédit un long, long, long hiver…

Ca fait exactement trois mois que j’habite au Canada. Je peux profiter, à partir de demain, de l’OHIP, Ontario Health Insurance Plan, auquel les immigrants n’ont droit qu’après trois mois, mais je m’en fiche parce que j’avais déjà l’assurance de mon boulot. Depuis mon arrivée, j’ai vu une bonne centaine d’embouteillages en direction de l’ouest et une bonne dixaine d’embouteillages en direction de l’est sur l’autoroute sous ma fenêtre. L’immeuble d’en face s’est rajouté 10 étages, et la température a diminué d’environ 30 degrés celcius. J’ai reçu un permis de conduire de l’Ontario et des plaques d’immatriculation de l’Ontario et mes chatounes ont découvert plein de bonnes planques dans la maison. J’ai pris quatre kilos et Sosso deux, et mes cheveux trois centimètres, mais Calinette a beaucoup maigri. J’achète des produits « President’s Choice » (ce qui est crétin parce qu’il n’y a pas de président ici) et je m’habitude à manger plus souvent thailandais qu’indien.

Mais tous les jours, quand je marche depuis le tram jusqu’à chez moi, quand je me balade dans les rues de Granbled, quand je regarde par la fenêtre, quand je regarde les plaques d’immatriculation sur les voitures, quand je voir les taxes qu’on rajoute à mes factures, quand j’entends « abOOt, » et quand je vois un drapeau canadien flotter dans le vent, je dois encore me rappeler à moi-même que je suis ici chez moi. Au Canada. Chez moi. Je ne suis pas une touriste en visite au Canada, y’a pas d’autre « chez moi » où je pourrai rentrer dans quelques jours.

Ca m’a pris environ quatre ans avant d’arrêter de me dire « c’est fou, j’habite vraiment aux Etats Unis » à chaque fois que je voyais un drapeau des Etats Unis, quand j’y étais. Je pense que j’ai vraiment commencé à me sentir chez moi aux Etats Unis après quatre-cinq ans… et puis il y a eu le 11 septembre et après c’était fichu, je n’ai plus jamais pu me sentir chez moi aux Etats Unis, même si maintenant je me sens plus américaine que suisse ou française.

Je suis heureuse ici, c’est certain. Mais je ne me suis pas encore habituée à la vie d’une grande ville, à la vie canadienne, et à la vie de prof d’université. Je découvre encore de nouvelles choses tous les jours sur les banques (absurdement ridicules), le boulot, la poste (qui ne distribue pas le courrier le samedi), la ville, le pays, les magasins (souvent fermés le dimanche), les gens, la façon de parler… Je pensais que le Canada serait beaucoup plus similaire aux Etats Unis qu’il ne l’est. En gros, je suis parfois déçue, parfois heureusement surprise, parfois contente, et parfois énervée, mais je pense que dans un an déjà je me sentirai un peu plus chez moi (enfin, si je survis à mon premier hiver, of course).

En attendant, tous les matins et tous les soirs je passe en tram devant la CN tower et je me dis « c’est fou, j’habite vraiment au Canada! »

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PS. Juste une petite anecdote pour vous montrer à quel point je ne suis pas encore adaptée au coin: l’autre jour je voulais prendre de l’essence et on ne pouvait payer qu’en billet. Les choix étaient en dollars canadiens et en litres alors que moi je sais qu’en général, je paye pour un plein environ US$30 pour 12 gallons d’essence, et j’ai été absolument incapable de savoir combien il me fallait pour remplir mon … heu… tank (c’est quoi en français?). J’ai mis CAD$20 au hasard pour ne pas risquer de faire déborder le truc et ça m’a à peine rempli 1/4 de tank! Tabernac’!

Je suis partie pour l’Italie en me répétant moultes fois et avec résignation que je n’y allais pas pour voir Venise mais pour le mariage de ma soeur. $1200 de billet pour quatre jours, dont un attérissage et un décolage à Venise, ce n’est pas grand’chose quand on aime sa soeur! Mais quand’même, le petit pincement au coeur était là… parce que ce n’est pas tous les jours qu’on va en Europe (ça faisait presqu’un an et demi que je n’y étais pas retournée) et encore moins en Italie!

Je crois que le seul moment où j’étais vraiment écoeurée, pendant ce voyage, était lors de l’attérissage sur Venise: je me suis dit que je n’aurais pas le temps de visiter Venise mais qu’au moins, lors de l’attérissage, je pourrais l’appercevoir… mais j’étais assise du mauvais côté, dans l’avion, et je n’ai vu qu’une zone industrielle immense et déprimante avant de tomber dans les bras de mes parents et mon petit frère (et bon, ça me faisait plaisir de les voir mais je les avais vus à peine un moins avant, alors bon ;) ).

En plus, tous les amis et la famille n’arrêtaient pas de me rabacher les oreilles (pendant trois jours) qu’après le mariage, ils allaient profiter de ce qu’ils étaient en Italie pour aller à Venise… Là, j’ai commencé à penser que c’était une conspiration du monde entier, que TOUT LE MONDE verrait Venise sauf moi, et que la vie était trop injuste!

Heureusement que mes parents connaissent bien leur fille et se sacrifient pour elle depuis des années (et des années), et ils ont bien deviné (ou c’est moi qui étais chiante?) que j’avais trop envie d’aller voir Venise, ne serait-ce que pour quelques minutes! On a essayé de coincer un petit voyage (deux heures pour y aller et deux heures pour le retour, quand’même) entre les déjeuners en famille, la mairie, les pizzas, les cérémonies, les petits déjeunés inclus dans le prix de la chambre, la villa, et les dîners dançants, mais ça n’a pas été facile, parce qu’on pouvait quand’même difficilement être en retard au mariage de notre propre fille/soeur!

Finalement, on a décidé de partir un peu plus tôt du « brunch » du dimanche matin et de passer l’après-midi à Venise. On était obligés de rentrer à l’hôtel le soir et de repartir pour Venise très tôt le lendemain matin pour attraper mon avion, ce qui était complètement con, mais moi je ne recule devant aucun sacrifice au nom de la culture et mes parents ne reculent devant aucun de mes caprices :)

Donc on est allés tous les trois à Venise dimanche après-midi, et malgré la recherche épique d’une place de parking pendant quelques heures, on a passé environ trois heures géniales, dans les bateaux et à la Place St Marc, et… et c’est des souvenirs innoubliables! On a eu de la chance parce qu’on est arrivés pépères, on s’est balladés, on a pris plein de photos, et puis on est allés dans la Basilique, la belle, la merveilleuse Basilique, et on en est ressortis… et c’est là qu’on s’est rendus compte qu’on était arrivés 15 minutes avant qu’elle ne ferme! Le pot! (ou le Pô?) En tous les cas, la gellato était délicieuse, le temps magnifique, et mon coeur chantant!

C’est sûr, en trois heures on ne voit pas tout Venise. Mais je m’en fiche. Maintenant, je peux dire que j’y suis allée, je ne suis plus jalouse à chaque fois que mes frangin(e)s en parlent, j’ai vu de mes propres yeux un chef-d’oeuvre d’architecture, de culture, et de beauté, je sais pourquoi je voudrai un jour y retourner, et en attendant, j’ai encore tout l’or de Venise dans les yeux!

Merci à jojo d’avoir fait son mariage dans un pays magique, et merci à mes parents de m’avoir offert ces souvenirs pleins de soleil :)

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Cliquez sur la photo pour voir tout l’album.

Et pour tous ceux qui ont deviné l’Italie et Venise (et Udine!) juste lors de mon petit concours: envoyez-moi vos adresses postales (misslulu chez rogers point com) et je vous enverrai des cartes postales ce week-end, PROMIS!

Y’a une de ces quantités de photos à trier, je vous raconte pas! Entre les cérémonies à droite et à gauche, ma petite escapade dans une jolie ville italienne (à venir), et ma petite escapade d’hier dans le Grand Nord (à venir aussi), ça me fait une belle quantité de photos à trier et améliorer. Vous croyiez que les photos étaient bien prises? Haha. Mon cousin (et mon pôpa, et moi, dans certains cas) a fait un excellent boulot, c’est certain, mais les photos sont quand’même pratiquement toutes coupées, traffiquées, passées à l’anti yeux-rouges, ajustées, recadrées, colorées, et changées de luminosité. Bon d’accord, le résultat n’est pas toujours à la hauteur, mais c’est mieux que rien croyez-moi!

Donc, voilà deux nouveaux albums de photos de mariage: nouméro uno, et nouméro doué. Il manque encore quelques photos que je rajouterai demain ou un de ces quatres sur ces pages (et je viens de remarquer que l’ordre des photos n’est pas toujours très logique) parce que là j’ai trop mal aux yeux pour passer plus de temps devant l’ordinateur.

La famille et les amis: vous pouvez bien sûr copier et imprimer toutes les photos que vous voulez, et aussi envoyer le lien de ces pages à tout le monde! Moi, je vais au cinoche (et c’est pas ça qui va me corriger la pile de copies qui m’attend, hum…).

Ladies and gentlemen, j’ai une grande nouvelle à vous annoncer: je déménage au Mexique dès demain! C’est pas possible autrement, j’ai fait une gaffe, j’m'ai trompé, y’a erreur, et d’ailleurs mon ordinateur vient de m’envoyer ce message:
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Si je restais ici, il me faudrait impérativement et urgemment aller dévaliser le Eaton Center (pardon, Centre, ce qui est canadien con parce qu’on dit entER et non ENTRE et lettER et non lettRE) pour y acheter: une combinaison lunaire une fourrure en lapin polaire albinos, des mounbouttes helvétiques aux noisettes, un bonnet à grelots harmoniques, des collants triple épaisseur en laine vierge de Trinidad & Tobago, des lunettes de ski hautes définitions, un masque à gaz (en espérant que ça fonctionne par -80 degrés celcius), des gants en peau de chèvres et soie sauvage, des raquettes en nylon anti-gèle, et des pantalons doublés de fourrure de cariboux blancs nourris au grain bio. PARCE QU’ON S’LES GELE!!!!!

Bon d’accord il y a 50 centimètres de neige qui sont tombés à deux heures de Granbled et nous n’avons vu que quelques flocons hier et aujourd’hui, donc relativement parlant, on a de la chance, mais je peux vous dire que j’ai rarement eu autant de mal à avancer et respirer et ne pas geler sur place que depuis deux jours tellement la bise est violente et les températures polaires.

Les lèvres? Interdit de se mettre du rouge à lèvres parce qu’on s’enfouit le visage dans une écharpe ou deux. Même le baume qui pourrait soulager nos lèvres gercées par le froid est interdit sous peine de poils-de-chats-et-d’écharpite intense. Les mains? On oublie, y’a pas de solution, on prie pour qu’elles ne se détachent pas cet hiver. Les oreilles? Il faut soit sacrifier les oreilles soit sacrifier le chignon (et avec lui son air civilisé), c’est un choix comme un autre. Les pieds? On ne les sent plus malgré les chaussettes de laine et les grosses godasses, ça fera moins mal si on se fait marcher dessus c’est déjà ça.

Et le pire dans tout ça? C’est que les stations de métros et les magasins et les bureaux sont surchauffés à mort et que dès qu’on est à l’intérieur, on étouffe, on sue comme des boeufs, et on a plus qu’une envie c’est de se mettre à poil! Vive le capitalisme!

Et on est seulement début octobre :cry:

Y’a pas à dire, ça me fait quand’même bizarre de me dire que mes deux petites soeurs sont mariées. Il reste encore le petit frère, qui je l’espère se mariera dans un endroit très exotique pour qu’en plus de nous forcer à retrouver toute la famille qu’on ne verrait jamais sans ces mariages, ça nous donne aussi au passage l’occasion de visiter un nouvel endroit aussi chouette que l’Italie.

Dans quelques années, j’aurai plein de neveux et de nièces, et dans quelques années, mes frangins seront grands’parents, et dans quelques années, on sera tous vieux. Quand on était jeune, ça n’arrivait qu’aux autres, ce genre d’histoire! Nous, on devait rester jeunes éternellement.

Ce passage à la mairie de San Daniele était très impressionant. La famille était assise devant, dans les hautes chaises en bois des dignitaires, et Madame la Maire était magnifique avec son joli ruban italien. En plus, elle parlait un excellent anglais quand elle a expliqué que le reste de la cérémonie se passerait en italien! Donc je n’ai pas compris grand’chose mais ça ne m’a pas empêché d’avoir les larmes aux yeux plus d’une fois!

Elle était magnifique, ma jojo, rayonnante de bonheur, et son momo aussi! Entre vous et moi, je pense qu’elle a fait un excellent choix et lui aussi. Elle est belle, intelligente, forte, drôle, têtue, créative, talentueuse, et excellente cuisinière. Lui n’est pas mal non plus. Je trouve qu’il devrait venir faire un post-doc au Canada mais ça n’a pas l’air d’être dans leurs plans… Croisez les doigts pour les Etats Unis ;)

Allez, j’arrête de barratiner et je vous laisse regarder les photos!

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