Sun 10 Sep 2006
visitors
Thu 31 Aug 2006
Du haut de sa branche Nougatine perchée me demande:
- Tu crois que si je grimpe encore plus haut, je pourrais voir Miss Lulu?
- Hum, je sais pas ma Nougat, Miss Lulu, elle habite très haut dans les nuages. Et Grandbled, tu sais, c’est pas la porte à coté…
- Et ses chats aussi ils habitent là-bas?
- Ben oui, elles habitent toutes ensemble…
- Mais ses chats, c’est des filles comme moi?
- Oui, je crois bien…
- Et tu crois qu’elles grimpent dans les nuages? Ça doit être drôle de pouvoir chevaucher un nuage, ça me plairait bien…
- Ah! Ça c’est certain…
Sat 26 Aug 2006
J’ai une petite histoire à raconter, il ya 2 semaines environ je suis allé rendre visite à une femme que j’ai connu il y a 30 ans et dont j’étais eperduement amoureux. Nous avons gardé des contacts episodiques, une lettre ici ou là, un e mail de temps en temps. Bref j’ai toujours su ou elle était. Elle a eu plusieurs aventures depuis et elle est mariée depuis une vingtaine d’années maintenant. Il y a 3 ou 4 mois j’ai eu envie de l’appeler au téléphone un matin, la communication a duré 3 heures. Depuis les lettres et les e mails se sont multipliés, nous avons échangé des photos, et nous avons décidé de nous revoir pour une fin de semaine. Après 9 heures d’autoroute, j’ai débarqué dans son bled, nous nous étions donné rendez-vous sur une petite plage devant le petit hotel que j’avais reservé. Je ne voulais pas necessairement rencontrer son mari en allant chez elle. J’étais allongé sur la plage depuis une demi heure deja quand j’ai entendu sa voix derrière moi. Elle était là, comme je l’imaginais dans mes rèves les plus fous. Nous nous sommes tombés dans les bras. Nous ne nous étions pas vus depuis 18 ans. Pendant 2 jours nous nous sommes raconté nos vies, nous n’avons pas arreté de parler. Elle était la petite fille que j’avais connu quand nous étions au début de la vingtaine. Nous avons passé une bonne partie de la journée sur la plage presque deserte. Elle avait préparé un pique-nique, j’avais amené une bonne boutteille de vin. Le soir nous avons choisi un petit resto dans le port. Elle est retournée bien sagement chez elle après diner, et le lendemain matin, nous nous sommes retrouvés au petit dejeuner à mon hotel et nous avons passé encore une mémorable journée avant que je reprenne le chemin du retour. Depuis j’ai l’impression d’avoir ajouté 20 ans à ma vie, j’ai envie de changer de voiture, de changer de garde robe, de repeindre la cuisine, de refaire le sous-sol, bref je pensais que ça n’arrivait qu’au cinéma ou dans les romans, mais non ça m’arrive à moi aussi. Bon il ya bien des obstacles à cette histoire, elle aurait beaucoup à perdre en quittant son mari, lui qui la trompe avec d’anciennes amies, sa part sur la maison, une maison et un coin qu’elle adore, mais depuis des années que son mari ne la regarde plus, elle aussi à l’ìmpression de revivre. Elle n’a jamais eu d’enfants. De mon coté je suis libre comme l’air, je ne me suis jamais marié. Il faut prendre cela un jour à la fois, je comprends qu’il faut doucement l’habituer à ma présence dans son esprit et ses pensées. Mais je suis un peu perdu, je ne sais pas trop quoi faire maintenant pour faire que les choses se passent. guizee, (montréal)
Fri 25 Aug 2006
Tue 8 Aug 2006
Depuis que je suis arrivée à Granbled il y a quelques semaines, j’ai souvent souhaité avoir un enregistreur attaché au cou 24 heures sur 24 pour réussir à me souvenir de tous ces “moments bloggables” et surtout de tous ces moments géniaux, difficiles, hilarants, tristes, et tellement uniques dont j’aurais tant voulu me souvenir.
Les deux semaines avec mon petit frère sont passées trop vite! On a tellement travaillé, acheté, monté, démonté, roulé, sué, mangé, visité, cherché, papoté, argumenté, et rigolé, qu’on ne peut résumer tout ça qu’avec ces mots: tu nous manques, Nils, à moi et aux chatounes et à mon appartement et à Ikéa
Notre retour aux Etats Unis jeudi soir a été plutôt difficile à cause des embouteillages terribles (même sur la Lake Shore Avenue qui ne voulait plus nous laisser rentrer sur l’autoroute) et les averses dignes de Noé. D’accord, on n’avait pas une Calinette qui faisait la gueule, pleurait non-stop, et jouait au tyran avec Sosso, ni une Sosso terrorisée dans mes bras, cette fois-ci, mais quand même, six heures pour arriver à Ann Arbor c’était beaucoup! Heureusement que le douanier ne s’est pas demandé pourquoi deux personnes du même nom de famille et n’habitant pas du tout dans le même pays pouvaient être de deux nationalités différentes.
Bref, tout ça pour dire qu’il était bien décevant de ne pas trouver à notre arrivée un petit nouveau-né… Mais cela nous a sûrement permis de dormir quelques heures, c’est déjà ça de gagné!
Repartis à 7 heures du mat’ d’Ann Arbor, la suite du voyage jusqu’à Lafayette a aussi été longue et pénible, mais sans aucune raison, cette fois, à part notre ennui. A l’arrivée, nous sommes directement allés manger à Khana Khasana, mon restaurant indien favorit, pour nous reposer l’esprit et nous remplir l’estomac avant d’entreprendre de nouvelles aventures! Ah que ce restaurant va me manquer!
Le reste de l’après-midi s’est passé sur le campus à aller à la pharmacie pour profiter une dernière fois de l’assurance de Purdue, visiter le Elliot Hall of Music où allait se passer la cérémonie du lendemain, chercher un permis spécial pour se garer, louer et essayer la robe noire avec la longue cape bleue et jaune et le chapeau carré, acheter des “wipes” et autres trucs qui me manquent déjà tellement au Canada à mon Target préféré (et aussi un joli rideau de douche pour Nat qui s’est occupé des chatounes pendant mon absence), prendre possession de notre petite chambre d’hôtel où le pauvre Nils allait devoir dormir illégalement sur son lit gonflable, et surtout, surtout, retrouver les parents bronzés mais piqués et que je n’avais pas vus depuis plus d’un an! Manger ensemble (un blooming onion et des cheese fries, miam!!) à Outback comme nous l’avions fait lors de ma graduation en Utah six ans plus tôt était un moment très spécial, sauf qu’il manquait Cath et Annie, cette fois, et surtout mon Papy et ma Mamie chéris qui nous font bien du soucis en ce moment et à qui on a beaucoup pensé.
Ecouter ma radio préférée dans la voiture, faire un tour de la ville et du campus avec la famille, leur faire visiter mon petit champ de maïs, revoir la Wabash, pouvoir enfin respirer sans cette humidité horrible de Granbled, et revoir quelques amies a aussi été vraiment agréable… et un peu triste aussi…
Samedi? Je dois avouer que c’était en même temps très spécial et un peu décevant. Déjà, j’avais oublié d’acheter des épingles à cheveux pour faire tenir mon chapeau donc on a dû se lever très tôt pour aller en acheter en vitesse. Ensuite, alors que j’aurai aimé aller faire une photo “officielle,” Nils s’est rendu compte qu’on avait oublié le permis spécial qui me permettait de me garer juste à côté du Elliot Hall of Music, et on a dû retourner à l’hôtel. Bref, on a juste réussi à faire quelques photos (sans la jolie cape, domage) avant que Nils me conduise à l’endroit où je devais me rendre pour rejoindre la procession d’élèves graduants et que la cérémonie ne commence.

La cérémonie elle-même était sympa mais un peu nunuche et de loin pas aussi chouette que ce que ça avait été en Utah. Il n’y avait pas de discours offert par une célebrité (à BYU on avait eu Jehan Sadat (femme de feu Anwar al-Sadat) et Roderick Paige (secretary of Education), quand même), et le président de Purdue n’est pas quelqu’un que j’aime beaucoup (heureusement, je viens d’apprendre qu’il prendra bientôt sa retraite). Mais bon, de monter sur la scène avec tous les doctorants, d’entendre mon nom (bien prononcé, bravo, et je ne savais pas qu’on disait Mahéilia Jackson), de recevoir ma cape et mon (moche) diplôme, c’était quand même un moment spécial et rempli d’émotions.

Les doctorants, en robes noires et velour étaient appelés par leurs noms et recevaient leur cape (toutes de la même couleur) et leur vrai diplôme avec plein de serrements de mains de gens importants (dont le président de l’université); les “masterants” (MA, MS, MBA), en robe noire avec des longues manches et une petite écharpe aux couleurs de leur “faculty,” étaient aussi appelés par leurs noms et recevaient un “diploma cover” (truc pour mettre leur diplôme mais vide (ils recevraient leur diplôme par courrier quelques semaines plus tard) avec un serrement de main de quelqu’un d’un peu important; et les “bachelorants” (BA, BS), en robe noire toute simple (seule la couleur du petit pompon du chapeau indiquait leur spécialisation) voyaient leurs noms défiler sur un grand écran et défilaient sur la scène pour recevoir leur “diploma cover” en serrant la main de quelqu’un de pas très important.

Ce qui était sympa, c’est que l’audience n’avait pas le “droit” d’applaudir à l’annonce de chaque nom, mais la famille et les amis de ceux qui étaient appelés criaient quand même souvent un petit quelque chose à chaque fois et j’ai eu droit moi aussi aux applaudissements de quelques personnes, dont mon pôpa, ma môman, et mon petit frangin en costard-pas cravate-baskets! C’était chouette

Après la cérémonie, on a pris quelques photos pas géniales du tout (sorry, j’ai même dû en trafiquer quelques unes) et puis il a fallu rendre la robe, la cape, et le chapeau avant d’aller faire une longue sieste à l’hôtel (dont la clim faisait un boucant d’enfer) avant d’aller dîner à Khana Khasana pour que les parents fassent la connaissance de mon restau préféré.

Le retour de Nils et moi le lendemain jusqu’à Ann Arbor a de nouveau été pénible, surtout que la radio de ma voiture semblait mal marcher et la cassette qui me permettait d’écouter mon iPod semblait foutue… et en plus, aucun nouveau-né ne nous attendait… Après avoir déposé Nils et bu un double cappuccino, je suis repartie, seule cette fois, pour Granbled, et là, tout c’est bien passé, d’autant plus que j’ai capté une station de radio sympa pendant plus d’une heure, qu’ensuite, la cassette de mon iPod a bien remarché, et qu’il n’y a eu aucun embouteillage ni pluie diluviene! En quatre heures, j’étais dans mon nouveau chez-moi, seule avec mes chatounes (heureuses de me revoir!!) pour la première fois!
Demain, le travail recommence et les parents débarquent… Pfiou, quel été plein d’aventures!
Sun 9 Jul 2006
Conseil pour les chats des pays froids
Ecrit par visiteursympa dans chatounes, visitors et oh CanadaThu 6 Jul 2006
Il faut que je vous avoue quelque chose: j’ai soudain envie de vous voir! Si si, de vous voir, là, en face de moi, en train de me sourire bêtement l’air de dire “ahhh c’est toi miss lulu!? Ben si j’avais sû…”
Mais l’affaire dans tout ça, c’est que je veux vous voir sans vos noms, et comme je ne pense pas pouvoir vous payer le billet d’avion pour venir me voir en vrai, je me contenterai d’une photo.
Vous pouvez tricher et m’envoyer une photo de votre chat voisine, je ne le saurai jamais, mais c’est moins drôle quand même. Vous pouvez m’envoyer une photo de vous il y a 15 ans, une photo de vous déguisés en cactus, ou même une photo de vous en train de danser la polka avec votre iguane! La photo que vous m’enverrez peut être petite, récente, grande, moche, drôle, entière, vieille, en couleur, mignone, triste, en noir et blanc, rigolotte, mais pas trop choquante quand même, hein, ma grand’mère lit ce blog (voir le string de Jid ça m’a suffit une fois, merci, huhuh), et vous pouvez même faire la gueule sur votre photo. En gros, il n’y a aucune règle sur le genre de photo que vous pouvez m’envoyer!
Je mettrai toutes les photos reçues sur une page exprès, mais sans vos noms, sauf si vous le demandez expressement, et sans liens vers vos blogs (si vous en avez un), sauf si vous le désirez, bien sûr. Avec cette collection, je pourrai regarder ces photos pendant mes longues nuits d’hivers glanbledois et me demander si ce grand brun n’est pas par hasard Dorian, cette grande rousse Llyn, ce petit chauve Ze Minimousse (ohhh, je trouve ça tellement sexy les crânes chauves
), ce bel ours Moukmouk, cette adorable brunette Krysalia, ou cette jolie blonde Cloporte.
Cette collection n’a pas de date limite et vous pouvez m’envoyer vos photos quand vous voulez, je les mettrai au fur et à mesure sur la page spéciale. Vous n’avez pas besoin d’avoir un blog pour participer, ni d’être un lecteur régulier, ni d’être vieux, ni d’être beau, ni d’être jeune, ni d’être moche, ni d’être chauve, ni d’être un zèbre, ni d’aimer les chats. Le but est simplement de faire une collection de gens qui passent par ici.
Si vous voulez savoir qui je veux VRAIMENT avoir dans ma collection, cliquez sur tous les liens dans mes blogs préférés, et puis ensuite allez lire tous les commentaires écrits sur ce blog par ceux qui ne sont pas liés ici (mais sûrement dans mon aggrégateur) et ceux qui n’ont pas de blog. Finalement, si vous passez de temps en temps mais jouez aux timides, sachez que j’ai quand même très envie de vous connaître un tout petit peu mieux et que vous connaissez ma tronche de cake alors il serait très injuste que je ne connaisse point la votre
Allez, un p’tit cadeau de “graduation” pour la miss lulu! (Quoi je fais du chantage? C’est marqué que c’est interdit dans la charte des bloggeurs?) Mon adresse est toujours la même: lmoussu arabesque verizon point net (c’est joli arabesque, non? et plus facile à écrire que l’autre machin impossible…).
Allez, pour vous donner le bon exemple, je vous affiche même une photo de moi qui fait trop sérieuse parce qu’il faut que je m’habitue à avoir une tête sérieuse de docteure, mouahahah!

Mirci
Rajoutage: Attention au .NET de mon adresse! Et je n’arrive pas à créer de jolie page avec vos photos, mais ce soir ça devrait marcher (je pioche sur la connection sans fil de mon voisin, alors quand il est pas sur internet, c’est plus difficile…).
Mon 29 May 2006
Dans mon champ de pissenlits, je cherche docteur Lulu! Est-ce que quelqu’un l’a vue?
Je regarde à droite, à gauche, en diagonale. Je regarde dans les arbres, sous l’herbe. “Mais c’est où grandbled?” Je demande à la fourmi qui travaille, au maringouin qui pique, à la fée des bois qui s’agite: “As-tu vu Miss Lulu?”. Chanelle renifle sa trace qui mène jusqu’ici.
” Miss Lulu es-tu là?” demande un petit soleil bambin qui tend la main et se fend la poire. Bon lundi…
Sun 28 May 2006
Voici la raison pour laquelle les chinois ont des yeux différents ?
Essaye de lire le texte ci-après
Si tu n’y comprends rien, essaye de le relire en tirant sur le bord extérieur de tes yeux pour les brider comme un chinois.
Alors la lumière apparaîtra et tu sauras ce qu’il te reste à faire pour avoir une bonne vue …..

de la part de Lancelot
Fri 26 May 2006
Ce que vous voyez pas, c’est le bruit et l’odeur (et les goûts!) de cet endroit magique… les citroniers en fleur, les mouettes, les vagues sur les rochers, les crevettes et le tiramisù au citron. Tout ça dégusté au rythme des lacets de la route et du ronronnement de la vespa.
Même après 30 millions de touristes qui y sont passés, cette région reste magique.
Fri 26 May 2006

Les derniers jours ça n’est certainement pas facile, un peu comme si tu portais ta thèse sur ta tête en permanence, comme les femmes africaines qui portent 3000 bouteilles d’eau sur un coussinet … Alors que dire de plus que ” bon courage ” , et te dire qu’on est avec toi dans cette fin de parcours
Fri 26 May 2006
Marguerite, 82 ans et passionnément amoureuse… de son premier amour
Ecrit par visiteursympa dans visitorsL’amour n’a pas d’âge et la passion ne compte pas le nombre des années. Marguerite, 82 ans, a retrouvé son premier amour. “Les deux vieux amants vivent une passion physique intense, délicieuse.” C’est un beau reportage à deux, avec Marguerite qui en parle à l’une de ses petites-nièces de 26 ans. Petites et grande histoire d’une vie où le coeur n’a pas de raison à écouter sur ARTE Radio : Marguerite donne-moi ton coeur sur fond de jardinage, de soupe partagée et de bonheur ; oui, de bonheur!
Jean-Luc R. et son blog sur la solidarité numérique.
Thu 25 May 2006
Je refais un petit essai pour commencer! Puisque tu nous as donné l’autorisation de marcher sur les mains, et bien nous nous genons pas!

Wed 24 May 2006
Les parcs d’attraction attirent-ils particulièrement les personnes en surpoids ?
Ecrit par visiteursympa dans visitorsVoilà la question que je vais poser à miss lulu quand je la verrai, me dis-je en quittant le parc d’attraction “Port Aventura”, situé aux environs de Barcelone, en Espagne, où m’avait conduit un voyage de classe.
C’était la première fois que je me rendais dans ce genre d’endroit, j’avais trouvé les décors soignés et reposants. Une sorte de petit monde artificiel où les clichés se succèdent. Tout est comme dans les images que je collectionnais étant enfant…
Mais une chose m’a particulièrement frappé : ce parc d’attraction était rempli de personnes en surpoids, d’ailleurs la plupart mangeaient des glaces, sandwiches, friandises.
Y-a-t-il un rapport entre le besoin compulsif d’ingurgiter des kilos et des kilos de nourriture, jusqu’à se faire une carapace de graisse, et l’envie de se réfugier dans un monde douillet, enfantin, réservé aux jeux, aux manèges, aux loisirs, un monde sans contraintes, propre, inoffensif ?
Les parcs d’attraction sont typiquement américains, non ?

(samantdi pour sa petite miss lulu, en lui souhaitant plein de courage)
Wed 24 May 2006
Il avait été longtemps seul dans cette ville, après avoir quitté son pays. Il avait longtemps attendu le moment où ils seraient à nouveau réunis, et elle n’avait pas manqué à sa promesse. Il était pourtant déjà âgé, courbé et ridé par la vie. Il allait à petits pas économes et se plaisait dans les couleurs ternes et les les habitudes immuables….Et elle, c’était une jeune fille. Une jeune fille. Et elle était enfin là.
C’était hier au soir qu’il l’avait retrouvée à la gare.
Au matin elle ouvrit en grand les fenêtres de la chambre qui donnaient sur le parc. Le soleil brillait aussi fort dans ses yeux que dans son coeur. Elle resta un moment, les bras en croix, les mains posées sur le bois de la fenêtre ouverte, elle semblait accueillir dans son regard toute le vie de cette ville encore inconnue pour elle.
Un petit oiseau chantait sur une branche.
Un petit oiseau bleu.
Bien qu’il chantât dans une langue qu’elle ne connaissait pas, elle le comprit, et de son coeur aimant et débordant naquit un petit oiseau mauve. L’oiseau s’envola, et le bleu et le mauve se tenaient là, tous les deux sur la même branche, dans le parc, leurs mignonnes petites têtes tournées l’une vers l’autre. Et le matin entier, la ville entière, le monde entier, parlaient à nouveau sa langue, par les petits gosiers des deux oiseaux, et le ciel était rose, l’air était pur, les hommes étaient bons.
Le jardinier du parc commençait sa journée de travail.
Attiré par le chant des oiseaux, il les aperçut, le bleu et le mauve, ainsi que la jeune fille les bras en croix. Alors celle-ci s’arrêta de sourire, ses yeux s’immobilisèrent comme s’ils fixaient une vision intérieure. De la chambre il s’en aperçut et lui en demanda la cause.
” Je viens d’apercevoir une tache rouge sur ton coeur! ”
” Allons, la rassura-t-il, je sors chercher le pain .”
Mais le jardinier laissait pousser en son coeur la fleur de la jalousie et de l’inquiétude. L’oiseau mauve, il ne comprenait pas sa langue, et il n’aimait pas que les oiseaux de son parc se réjouissent ainsi, sans qu’il sache pourquoi. Il suivit l’homme qui sortait pendant un moment. Puis il sortit de sa poche un petit poignard terminé par un manche blanc, et le lança en direction de l’homme.
J’ai vu ce dernier essayer de rassembler encore une fois dans une seule conscience tous les morceaux de son corps, mais il n’arriva même pas à comprendre où le coup l’avait atteint avant de mourir.
L’attroupement sur le trottoir révéla à la jeune fille que c’était arrivé.
L’oiseau mauve enrichit la faune du pays.
Tue 23 May 2006
Puisqu’on en est aux devinettes visuelles, je vous en ressers trois. Ne me maudissez pas, elles ne sont pas de moi
… elles étaient très populaires aux USA il y a quelques années. Le dessin est réduit à son strict minimum, et le jeu est de trouver l’interprétation la plus farfelue possible tout en correspondant quand même au dessin. Alors vous y êtes? Commentez! J’afficherai mes réponses jeudi
Tue 23 May 2006
Des kiwis ? Des fruits de la passion ? Des figues ? Des anones ? Des mangoustans ? Du nopal ? Des tomates ?
Mais qu’est ce que c’est que ce truc ?

Et bien ce sont des tomatillos, les amis ! Ces fruits, que l’on surnomme également “tomates vertes”, ne sont pourtant pas des tomates récoltées avant maturité, mais une variété de physalis. D’un beau vert vif, ces fruits sont emprisonnés dans des feuilles parcheminées qu’il faut bien entendu retirer avant préparation ! (et c’est ça qui colle, et qui d’ailleurs pue aussi un peu).
Les tomatillos sont énormement utilisés au Mexique. On en trouve aussi aux Etats-Unis, et au Canada. Hors Amerique du Nord, vous aurez un peu de mal à mettre la main dessus. Si vous habitez en Europe, faîtes un petit tour dans votre épicerie exotique préférée : il y a tout de même de grandes chances pour que vous en trouviez en conserve.
Comment ça se cuisine ? En sauce, le plus souvent ! (J’ai hâte de voir quelles idées extravagantes Miss Lulu a bien pu avoir).
Voici deux recettes, qui accompagnent à merveilles les tacos, les enchiladas, les chilaquiles, les quesadillas, les poissons, les viandes, et… le camembert ! (Si si, je vous assure, c’est super bon aussi avec du camembert).
Salsa verde cruda
Mixez :
300g de tomates vertes fraîches débarrassées des feuilles qui les entourent et coupées grossièrement
3 piments serranos émincés grossièrement (je n’en ai utilisé qu’un seul), à défaut quelques gouttes de sauce pimentée
1/2 oignon émincé
1 gousse d’ail pelée
1 petit bouquet de coriandre (environ 20g)
le jus d’un citron vert
1 cuillère à café de sel, ou plus selon les goûts
1/2 avocat sans la peau
200ml d’eau
Vous devez obtenir une sauce lisse et épaisse. Laissez-la reposer une heure avant de la déguster. Vous pouvez conserver la salsa verde cruda jusqu’à trois jours au réfrigérateur.
Salsa verde cocida
300g de tomates vertes fraîches sans les feuilles qui les entourent, ou en conserve
2 piments serranos, à défaut quelques gouttes de sauce pimentée
750ml d’eau
1 oignon
1 gousse d’ail pelée
1 petit bouquet de coriandre (environ 20g)
1/2 cuillère à café de sel, ou plus selon les goûts
Faîtes bouillir l’eau dans une casserole. Ajoutez les tomates vertes et les piments et laissez-les cuire pendant 20mn. Si vous utilisez des tomates vertes en conserve, ne faîtes cuire que les piments. Egouttez et conservez l’eau de cuisson. Mixez les tomates vertes, les piments, l’oignon, l’ail, la coriandre et le sel avec un peu d’eau de cuisson. Vous devez obtenir une sauce lisse et épaisse. Vous pouvez conserver la salsa verde cocida jusqu’à trois jours au réfrigérateur. La sauce aura cependant tendance à se figer et à devenir gélatineuse en refroidissant. Il vous suffira alors de la réchauffer quelques instants à feu très doux, avant de la servir à température ambiante.
Sun 21 May 2006
Mais bon, comme on le sait tous, miss lulu, bien qu’elle soit très heureuse de mettre un point final à sa thèse, elle en a par dessus la tête. Tellement qu’on peut se demander si elle se rappelle qu’on est au joli mois de mai. Alors, simplement pour lui rappeler, avec un bisou sur chaque joue, un brin de muguet de mon jardin un peu au nord de Grandbled, de Lou:)
Sun 21 May 2006
Mais combien de temps peut-on rester éloigné des montagnes qu’on aime ? Aussi, quand un poste de professeur de jardinage dans une école suisse est proposé au papa de Lulu dans une école suisse, nous n’hésitons pas. Une partie de la famille paternelle habite en Suisse, aussi sommes-nous accueillis à bras ouverts. Nous nous installons face au Léman, que le Mont Blanc est beau, éclairé par le soleil couchant ! La petite ville fut crée par Louis de Savoie, nous nous y sentons tout de suite chez nous.
Le français fédéral est surprenant : la migros, le rampon, le séré, reuiller, sicler, les cuissettes, la mise à ban, le carnotzet, le rösti, les riverains….mais il n’y a pas le feu au lac, nous sommes tiptops et pour le reste, plutôt déçus en bien. L’insulte familiale passe de “moule à gauffres” à “fer à bricelets”, de “gros lard” à “taillé aux greubons” !
Lulu découvre le piano, et y excellera vite. Gràce à sa professeuse qui est Suédoise, toute le famille vit bientôt dans le monde enchané du folklore suédois. Jeanne quant à elle sort des sons magnifiques des profondeurs de son violoncelle, et Anaïs choisit le violon, le chat Bandit se précipite, quand elle joue, pour faire une sieste dans la boite de velours et de soie de l’instrument. Et Nils ? ” Quand je serais grand, moi, je veux jouer de la perceuse ! ” Il ne savait pas encore dire hautbois, je pense. La famille chante beaucoup, et quand c’est enfin le tour d’Anaïs, on ne comprend pas toujours les paroles :
” La nuit s’avance souffle le vent
Pas une étoile au firpapa..”
Lulu est une enfant sérieuse, un peu triste, secrète, belle, autonome, affectueuse, généreuse ! Pour la visite de ses cousines Rim et Leïla, elle a préparé des cadeaux, elle écrit sur des étiquettes Rim, Rim, Rim. Et Leïla, elle n’a pas de cadeau ? Oh, je ne sais pas écrire son nom…. Elle a le génie de la mise en scène, déguise les enfants, écrit les scénarios, et même Nils trouve toujours un rôle à la mesure de ses interventions intempestives . C’est une grande artiste de l’impro ! Un jour je trouve Nils assis dans le couloir, bien sage, vingt minutes plus tard il est toujours là, je n’en crois pas mes yeux. Lulu, que fait donc ton frère ? Eh bien on joue au docteur et pour qu’il ne nous dérange pas, je lui ai dit qu’il était un malade qui devait attendre son tour dans la salle d’attente.
Plus grande, avec ses copines, elle passera des heures à hurler de rire en lisant des pièces de théatre, chacune dans un livret différent, le tout avec grandiloquence et mimiques ad hoc.
Et puis voilà que Lulu est une jeune fille, elle obtient sa matu, son permis, sa voiture, s’inscrit à l’Uni, a sa majorité, et la suite de sa vie, c’est à elle de l’écrire. Mais ce sentiment de complétude que nous éprouvions, son père et moi, gràce à sa présence, nous ne le retrouvons que lors de ses trop rares visites. L’ainée d’une famille, ce n’est pas seulement notre fille, c’est notre amie d’enfance la plus chère, la mémoire précieuse de la famile , la fidèle ancienne combattante des premiers jours, notre ange gardien, elle sait tout de nous, et elle nous aime quand même. Merci, Lulu.
Sun 21 May 2006
…Et la soleil a rendez-vous avec le lune … Une fois n’est pas coutume … inversons les sexes des corps célestes … arbitrairement imposés par les langues anthropomorphes … ( à cet égard , nous devons rendre hommage à la langue anglaise pour sa sage neutralité à l’égard des formes inanimées … the sun … the moon … the star … ) … si en français soleil est masculin et lune féminine … en arabe c’est l’inverse exactement … : soleil est féminine comme … étoile ( ce qui , tout en étant arbitraire , est plus ” logique ” qu’en français puisque la (le ) soleil est une étoile ! ) … de même que … si nous restons dans l’espace céleste … un phénomène comme … ” éclipse ” … est lui aussi non seulement définitivement masculin … un éclipse … mais de plus n’est pas exprimé de la même manière selon qu’il s’agisse d’un(e) éclipse de lune ou d’un(e) éclipse de soleil … et ce n’est là je crois que justice linguistique rendue à la réalité cosmique car … éclipse de lune et éclipse de soleil sont bien il me semble , deux phénomènes de natures différentes …
Ainsi … l’éclipse de soleil s’appelle ( en transcription phonétique bien entendu … ): kousoûf ( nan ! … rien à voir avec le couscous … ) … KouSoûF …de la racine trilitère : KaSaFa … signifiant : s’assombrir , être occulté … et inutile d’ajouter l’équivalent arabe : ” de soleil ” , le terme en lui-même ne désignant QUE l’éclipse de soleil … Cette racine a aussi un sens figuré qui est : faire honte , humilier , troubler … Autrement dit … le passage du ( de la ) lune devant l’éclatant(e) soleil représenterait-il pour celle (celui ) -çi une véritable humiliation ? ! … De cette racine KaSaFa est aussi dérivée l’expression suivante : ” Kâsef al wadjh ” … littéralement : ” assombri le visage ” … c’est -à -dire : être maussade , malheureux , sombre , triste …
Par contre … si l’on veut parler d’un(e) éclipse de lune … il faut alors dire : khousoûf … ( non chers amis … ce n’est pas pareil ! … le mot débute par un ” kh ” - très proche du ” r ” français … alors que le précédent mot débutait par un ” k” … exact équivalent du “ k ” français … ) … de la racine trilitère : KHaSaFa … signifiant : s’affaisser , s’effondrer , être englouti , disparaître … Est-ce que vous sentez combien la connotation est ici plus … dirais-je … dramatique … pesante … que la précédente ? … Il ne s’agit pas ici d’un simple assombrissement mais … d’une disparition … d’un affaissement … d’un effondrement … du ( de la ) lune … De cette seconde racine trilitère est dérivée : ” khâsef ” … qui signifie : être affaissé , effondré , diminué …
Maintenant … peut-on tenter d’expliquer ces fortes différences d’intensité sémantique et connotative des termes arabes qui désignent respectivement les éclipses de soleil et les éclipses de lune par la différence de réaction des populations anciennes à ces deux sortes de phénomènes cosmiques ? … Mettez-vous à leur place … Par une belle nuit de pleine lune … ( et Dieu sait comme ces nuits sont belles … ) dans les vastes étendues désertiques du centre de la péninsule arabique ou sur les hauts sommets montagneux du Royaume de Saba … l’incompréhensible , silencieux et inattendu assombrissement progressif de la ( du ) lune … conduisant à son occultation totale … et surtout parfaitement visible à l’oeil nu … a dû plonger dans l’effroi les hères qui en furent les témoins involontaires … avant que la nature de ce phénomène ne soit comprise ( comme elle a dû tétaniser d’autres peuples bien entendu qui ont peut-être laissé eux aussi des traces de cet effroi dans leurs langues … ) … mais l’éclipse de soleil … qui ne peut se voir à l’oeil nu … et qui dans beaucoup de cas passe même inaperçue … surtout quand elle est partielle … et qui , même quand elle est totale … provoque juste une pénombre et non un assombrissement total de la terre … ( à part cas exceptionnels ) a dû interpeller moins fortement les imaginations … ( ce n’est là qu’une interprétation n’engageant que moi … )
A vous maintenant d’intervenir … si vous le désirez … dans les différentes langues que vous connaissez ( je pense surtout aux langues non latines comme … le russe - Marlène es-tu là ? - … le japonais - Aca? - … le perse - si Anahita pouvait faire un saut ce serait sympa … - l’hébreu … l’urdu … le créole … les langues africaines … les différents dialectes du monde et de l’au-delà … les corps célestes ont-ils un sexe ? … et les éclipses de lune et de soleil sont-elles désignées par un même terme comme en français ou par deux termes comme en arabe ? …
Allez … sur ce … je m’éclipse … ( facile ! ! !) et vous cède la place …
Sat 20 May 2006
Pendant que Lulu bosse, les chats font mumuse avec l’ordinateur…

Peace,
Chicago
Fri 19 May 2006
Miss Lulu part bientôt pour grandbled…
En attendant la métropole canadienne, je lui offre un zeste de p’tit bled québécois. La forêt, les cabanes, le lac, et l’Univers nous entraîne…
Etolane.
Fri 19 May 2006
Je voudrais … par ce modeste billet … rendre un vibrant hommage à celle qui … depuis une dizaine de jours … nous accorde une gracieuse hospitalité sur les pages ouvertes de son blog … et qui chaque jour nous gratifie , tous autant que nous sommes , lors de ses brefs passages attendus avec fébrilité , de ses sourires et de ses délicates appréciations offrant l’impression à chaque rédacteur et rédactrice de ces multiples et divers billets que ce qu’il (elle) écrit a un intérêt certain … Je ne crois pas qu’une telle attention soit fréquente dans le milieu de la blogosphère … je serais même prête à croire que ce cas est unique … Depuis dix jours , sans sourciller , sans refuser qui ou quoi que ce soit , elle a accueilli à bras ouverts sur son blog … en vrac … les sympathiques membres de sa famille ( ce qui est dans l’ordre des choses ! ) … des chats ( ce qui est aussi dans l’ordre des choses ! ) mais aussi … une chèvre , un loup , des chiens , un chameau , une dromadaire , un dromacheau , un chamadaire , des oies , des canards , des souris ( en chair et en or ) , des ânes , des mulets … des balles perdues , des cannibales , des toxicos , des hommes d’affaires , des conseillers sentimentaux , un ministre de la justice cynique , des tenanciers roublards , un condamné à mort , une femme en pleur , une thésarde fatiguée et son époux dépité , des objets blog(ua)nts souvent non identifiés , des banquiers véreux , Villepin , Sarko et Chirac en coup de vent , des affaires douteuses , un palace japonais , une tour immense et un ascenseur , des bouquets de jonquilles et de renoncules , des gâteaux de riz au lait ou au chocolat , un déjeûner copieux sinon succulent , un parapluie , et j’en oublie encore sûrement …
Pour rendre hommage à ce bel accueil de notre bonne amie Lulu , je voudrais présenter un petit texte qui me tient à coeur et qui parle du concept d’hospitalité et surtout qui établit une différence fondamentale entre deux types d’hospitalité :
“ La tolérance est une hospitalité surveillée , sous surveillance , avare , jalouse de sa souverainété . Disons que , dans le meilleur des cas , elle relève de ce que j’appelle l’hospitalité conditionnelle , celle que pratiquent généralement les individus , les familles , les villes ou les Etats . On offre l’hospitalité à la condition que l’autre observe nos règles , nos normes de vie , notre culture , notre système politique ou de pensée , etc … C’est là le sens courant et la pratique commune de l’hospitalité , celle qui donne lieu , sous conditions , à des usages réglés , à des lois , à des conventions nationales et internationales ( … )
Mais l’hospitalité pure et inconditionnelle ne consiste pas en une telle invitation : “ je t’invite , je t’accueille chez moi à la condition que tu t’adaptes aux lois et normes sur mon territoire , selon ma langue , ma tradition , ma mémoire … ”
L’hospitalité pure et inconditionnelle , l’hospitalité elle-même s’ouvre , elle est d’avance ouverte à quiconque n’est ni attendu ni invité , à quiconque arrive en visiteur absolument étranger , en arrivant non identifiable et imprévisible , tout autre . Appelons cela ” hospitalilté de visitation ” et non d’invitation . La visite peut être très dangereuse , il ne faut pas se le dissimuler ; mais une hospitalité sans risque , une hospitalité garantie par une assurance , une hospitalité protégée par un système d’immunité contre le tout autre est-ce une véritable hospitalité ? ( Jacques Derrida )
Et bien moi je considère définitivement que l’hospitalité que nous accorde Lulu sur son blog est sans conteste la plus belle , la seule vraie … l’ hospitalité pure et inconditionnelle … Même s’il ne s’agit que d’une hospitalité virtuelle … qui n’implique pas véritablement le propriétaire du blog ouvrant ainsi les portes de son site … cela révèle une qualité fondamentale et réelle de lulu … son grand coeur … et son ouverture aux autres et à tout ce qui est différent d’elle … ( attention !… l’inhospitalité accordée aux spams n’entre pas en ligne de compte dans la définition de l’hospitalité ! … car il s’agit là d’une protection de survie !)
Bons baisers chère Lulu …
Fri 19 May 2006
Toutes les belles filles vont par trois, dit le proverbe. Aussi le numéro quatre est-il un garçon, à la stupéfaction générale. Chez nous on appelle ces enfants tardifs des raclions, c’est la petite boule de pâte à pain que l’on racle dans le pétrin après avoir façonné les miches.
Les filles voulaient une petite soeur, les garçons nous arrachent les bonnets à la récré, alors si c’est un frère on le met à la poubelle! Mais le jour de sa naissance, Lulu a les larmes aux yeux, d’émotion, j’espère, quand elle annonce la grande nouvelle autour d’elle. Jeanne la philosophe s’informe : comment on sait que c’est un garçon ?
Nils est un prématuré fragile, une quatrième césarienne en urgence, il sera malade souvent. Ma belle-soeur médecin pourra grâce à lui réviser tout son cours de pédiatrie. Il pleure beaucoup, sûrement pour faire sa place dans la famille. Un jour que je lui donne à têter, Anaïs l’encourage : alors, Nils, il est bon le lait de vache, hein ? Je lui explique que c’est la maman qui fabrique le lait, et qu’elle aussi a bu ce lait quand elle était bébé. Elle regarde alors Nils avec complicité : ah ben dis donc, Nils, heureusement que je t’en ai laissé !
Les trois soeurs aiment beaucoup leur frère, c’est un vrai petit gâtion. Il appelle indifféremment “maman” les cinq autres membres de la famille qui se précipitent à ses appels. Parfois il faut mettre de l’ordre pour le partager équitablement. Anaïs reste derrière la porte de sa chambre par solidarité, chaque fois qu’il pleure, elle le laisse démolir ses jeux et ses puzzles, tu sais, me dit-elle, j’aime mieux Nils que moi. Elle refuse de manger son gâteau d’anniversaire car Nils est trop petit pour en manger. Quand Jeanne doit le garder, elle s’assied auprès du berceau et lui chante le livre qu’elle est en train de lire (sa grande passion), et ses compositions musicales endorment le chérubin.
Il parle tard, comment le pourrait-il avec ses soeurs qui papotent toute la journée. Aussi Lulu lui fait-elle faire des exercices : Nils, dis gauffre ! Il dit gonffre. Dis gauauauauauffre ! Il répète gonffre. Dis bateau! Il dit bateau !!!! Alors dis gauffre ? GONFFRE!!!!!.
C’est un enfant inventif, alors que ses soeurs sont sages. Il s’en étonne lui-même : c’est drôle, les bêtises, je sais les faire tout seul, je n’ai pas besoin d’apprendre. Il est aussi gromoteur (il dit des gros mots) et toudeur (il fait tout), dit Lulu de lui. Et, comme les trois autres enfants, très courageux.
Lulu est la grande, déjà, elle participe de haut à cette nurserie, elle défend les petits contre nos abus d’autorité, elle critique aussi, elle trouve que Nils est plus gâté qu’elle ne l’a été, mais elle a la joie de profiter, au seuil de l’adolescence, d’une vie familiale encore fraîche et naïve. Et tout ce petit monde grandit vite, car comme dit Lulu : moi je sais ce qui fait grandir les enfants, ce sont les anniversaires!
Fri 19 May 2006
Il semble que la vie de Lulu devient de plus en plus énigmatique au pays du blé d’inde (habitue-toi Lulu, au Canada on ne dit pas maïs, et sois heureuse que j’ai pas écrit “dinde” quoique c’est pas à toi que je pensais, là) mais puisqu’il y a des indices indiquant (oui, c’est ça que ça fait des indices, ça indique) que ça lui déplaît pas trop, je poursuis sur la lancée des visiteursympa. Là c’est un problème aquatique, je dirais même aqueux puisqu’il en comporte deux sans compter votre humble serviteur.
Toujours est-il que vous détenez un loup, une chèvre et un chou. Vous voulez les amener au marché, mais il y a une rivière à traverser. Sur les rives, il y a un canot, mais il est trop petit pour contenir deux objets (en plus de vous-même), encore moins les trois. Or vous ne pouvez pas laisser le loup seul avec la chèvre car il la dévorera. Et vous ne pouvez pas laisser la chèvre seule avec le chou car elle le croquera. Saurez-vous sauver la chèvre et le chou?
La solution se trouve sur le blogue temporaire http://Chevrechou.canalblog.com
(N.B. ce blogue sera supprimé le 27 mai)
job rafle lard (pas plus fou que Jacques Saunière, moi)
Fri 19 May 2006
… je lui proposai donc, puisque nous étions tous deux en ville, de déjeuner dans un restaurant qui lui plaisait.
- J’arrête
- Tu arrêtes quoi ?
- … ma thèse, j’arrête.
- … fourchette suspendue …
- J’ai un autre projet.
- Je pèse mes mots : mais avoir travaillé 2 ans et demi et arrêter en arrivant au bout, n’est-ce pas un peu dommage ?
- Non, ce n’est pas le but à atteindre qui compte, c’est le chemin pour y arriver.
- Ouïe, je sens le message même pas subliminal là-dessous, ouïe, un truc du genre, enfin oui quoi, ce qui mène le monde …
- Quoiqu’on fasse, l’important c’est le chemin, non ?
- Je sens qu’il vaut mieux que je réponde oui … Oui, bien sûr ! (le bien sûr j’aurais pas du …)…Et … tes étudiants ?
- J’arrête aussi l’enseignement évidemment.
- Evidemment, quelle question idiote … Je suis décidémment bouché … Faire diversion car je me noie … Peux-tu me passer le pain s’il te plait ?
- …………………………………………… Regard de thésarde *
* regard concentré sur un point situé exactement au dessus de mon épaule accompagné d’une pensée automatique qui analyse les derniers mots que je viens de prononcer et les derniers gestes que je viens de faire et les met en perspective avec le questionnement sur lequel la thésarde travaille à en perdre le sommeil en ce moment
- Hé hé, si elle me regarde comme cela c’est qu’elle n’a pas encore complètement renoncé. Il est temps de porter l’estocade. Bon. …. Puisque tu en as décidé ainsi.
- ……………………………………………………
Atterrissage de la thésarde : le regard revient ici et maintenant. J’existe à nouveau en tant qu’être humain et plus comme alimenteur de thèse. Ne pas commettre l’erreur d’avoir un geste tendre qui pourrait être interprété comme celui d’un vainqueur. Au contraire, se nourrir ostensiblement, histoire de montrer que l’appétit est toujours là et que la vie réelle prend le dessus sur la vie intellectuelle. Ne pas avoir honte de passer pour un pauvre terre-à-terre : après tout un restau, c’est fait pour manger !
- La bouche pleine mais pas trop … Quel est donc ton projet ? d’un air extrêmement attentif et réellement interéssé
- Et bien voilà : c’est extraordinaire, figure-toi que °@~._ _ _ _ _
- Dix minutes, une démonstration très convaincante de l’utilité pour l’entreprise d’embaucher cette future-ex-thésarde et 20 superlatifs plus tard : C’est fou. Et comment as-tu su que ce poste se libérait ?
- ….. et je suis la seule à être au courant ! (plus maintenant). Tu te rends compte, ce poste extraordinaire, je suis sûre de l’avoir !
- Ah oui, si tu savais comme je me rends compte … d’ailleurs j’en mange froid … mais c’est que je travaille cet après-midi, le concret m’attend … Et pourtant, tu es tellement passionnée, je bois tes paroles …
- Oh. Déjà cette heure là ! Il faut que j’y aille, j’ai une réunion !
- …
- Tu vas dans quelle direction ? … je t’acccompagne un bout … Bises … A plus tard !
Je ne la regarde pas partir. L’air est frais, je marche droit devant.
C’était il y a quinze jours. Depuis, ma thésarde m’a déclaré qu’on l’avait convaincue de ne pas arrêter si près du but. Elle présentera sa thèse en automne et poursuivra son enseignement dès la rentrée. A moins que …
PS : toute ressemblance avec des personnes […..] ou ayant existé serait purement fortuite.
ArchiAddict
Thu 18 May 2006
Un autre casse-tête pour ceux qui en ont marre de chercher des trous là où il n’y en a pas. Surtout pour les linguistes et les bilingues.
Trouver deux mots de six lettres ayant la même racine latine et ayant le même sens; l’un en français, l’autre en anglais; chacun de ces mots n’ont aucune lettre en commun.
Peace,
Chicago
Thu 18 May 2006
Après le hameau savoyard, le choc avec la civilisation est plutôt rude ! La découverte des supermarchés (de l’époque !) en est un. Lulu, dans la grande sagesse de ses 6 ans, nous dit: ” Tu vois, ces magasins, quand je les vois, j’ai envie d’entrer dedans, mais quand je suis dedans, j’ai tout de suite envie d’en sortir. ” Le bébé de la famille c’est Anaïs, Lulu va à l’école du village, Jeanne au jardin d’enfants. Papa est devenu professeur. Lulu est inquiète : “Mais tu seras toujours notre papa?” La maison est sur la place d’un joli village aux maisons de briques rouges. La leur est minuscule, c’est un ancien atelier dans lequel on fabriquait des boutons avec la nacre de coquillages exotiques. Les petits chemins de la campagne alentour, les crinquelets, sont pavés de milliers de boutons ratés, c’est beau et brillant.
A l’école Lulu apprend l’Anglais (déjà !) , l’Allemand, le tricot, des chansons, des poésies, elle écoute de belles histoires, elle dessine beaucoup, nous avons gardé ses chefs d’oeuvre, elle joue de la flûte à cinq trous.. Elle découvre les garçons qui embêtent les filles, ah ce Jérome, et tous les jours elle rentre de l’école enthousiaste: ” Aujourd’hui j’ai eu anglais, j’ai eu gym, j’ai eu musique…” Jeanne écoute, et un jour qu’elle se trouve devant un cerisier en fleurs plein d’oiseaux chanteurs, elle demande: ” Ils ont chant ce matin les oiseaux ?”
Jeanne est la philosophe de la famille. Avant d’agir elle réfléchit longuement. De grands problèmes la tourmentent :”Pourquoi il ne tombe pas, le ciel, il est collé?” Lulu est dans l’action, elle fait tout avec aisance, coudre, tricoter, cuisiner, jouer du piano, du violon, dessiner….Anaïs est bien triste quand ses grandes soeurs sont à l’école. Elle guette leurs voix dans la cour et manifeste sa joie dès qu’elle entend une voix d’enfant. Si elle est déçue, elle se replonge dans une attente attentive.
Parmi toutes les histoires que lui raconte son maître de classe, Denis, Lulu a sa préférée, c’est celle de Saint François d’Assise, l’ami du loup, des oiseaux, des lépreux. A présent Lulu sait enfin ce qu’elle va devenir plus tard, et elle va le dire à son grand papa qui le lui demande :”Quand je serais grande, je veux devenir une pauvre !” Je ne crois pas que papy ne s’en soit jamais remis… ( à suivre)
Thu 18 May 2006











