US of A


Alors, suis-je amoureuse des Etats Unis ou du Canada, comme postscriptum le demande dans le post précédent? Est-ce que je préfère vivre ici ou est-ce que la vie de là-bas me manque mortellement? Est-ce que je vais retourner vivre le rêve américain le plus vite possible? Est-ce que le Canada est un pays aussi archaïque et déprimant que je l’ai décrit?

Bonnes questions. Avant d’y répondre, je dois encore expliquer trois points importants.

1. Oui, la vie est beaucoup plus facile aux Etats Unis pour quelqu’un qui a mon niveau d’éducation, mon soutient familial, mon travail, mon argent, ou plus. Il n’y a aucun doute là-dessus! Mais je crois que cette vie facile est le résultat d’un capitalisme sauvage où on sacrifie simplement les pauvres pour donner une meilleure vie aux riches. C’est très clair au niveau des assurances maladies, de la retraite, et de l’éducation, entr’autres. Au Canada, on ne court pas aussi férocement vers la belle vie américaine parce qu’on aime moins l’idée de laisser des cadavres et des fantômes derrière soit. C’est un concepte complètement anti-américain, anti-”the survival of the fittest,” anti-rêve américain. Le rêve américain dit que “je peux arriver à faire tout seul ce que je veux dans ma vie, personne ne me doit rien, et je ne dois rien à personne.” Le rêve canadien dit que “ça va pas être facile mais si on se serre les coude, on peut à peu près tous y arriver.” TRES grosse différence.

Et c’est bien agréable de profiter de la belle vie américaine, mais au bout d’un moment, on se sent quand’même vachement coupable… moi, en tous les cas (et j’en connais qui ne le sont pas du tout).

2. A part cette différence de mentalité et de vision du monde, il y a une autre très grosse différence entre les deux pays: l’économie. Il n’y a aucun doute que le marché économique est beaucoup plus limité au Canada (à cause du nombre d’habitants, des températures moyennes de plusieurs provinces, etc.) qu’aux US. Le résutat, c’est que la concurrence est pratiquement innexistante au Canada, et le gouvernement peut dicter sa loi beaucoup plus facilement (puisqu’il y a moins de privatisation). Au niveau des banques ou de LA compagnie aérienne, par exemple, il y a beaucoup moins ou aucune compétition et les prix sont donc plus élevés, le service à la clientele est moins bon (mais toujours meilleurs qu’en France, ouf), il y a plus de paperasserie et moins de changements, et tout est moins efficace. C’est comme ça et on y peut pas grand’chose!

3. Mon troisième point concerne les immigrants et l’image qu’ils ont du Canada. J’ai sûrement eu une vision plus négative du Canada que quelqu’un qui vient de France. Je dirais que le Canada est, sur une échelle de 1 (France) à 10 (Etats Unis)*, à 6 ou 7 (ça dépend dans quel domaine). Par exemple, au Canada, il est beaucoup plus facile (et immaginable) qu’en France de changer de carrière à 40 ans, de recommencer des études à 50 ans, de faire des emprûnts importants à 30 ans, de créer sa propre boîte, de trouver du boulot, de déménager dans un état à l’autre bout du pays… Aux Etats Unis, tout ça devient tellement facile que c’en est presque dangereux. Au Canada, le service à la clientèle est meilleur qu’en France parce qu’il existe! Au US, il est tellement bon que n’importe qui peut faire n’importe quoi pour n’importe quelle raison et ça en devient ridicule (au niveau des procès, par exemple). C’est pareil dans beaucoup d’autres domaines, et je pense que c’est pour ça que mon point de vue est très différent de ce qu’on entend souvent raconter en France par les français qui ont immigré au Québec, par exemple.

Alors oui, je suis amoureuse du Canada, et oui, je veux y rester. Et oui, j’ai aimé et j’aime toujours les Etats Unis mais je n’irai jamais y revivre. On me dit “oui mais bientôt un certain buisson maudit ne sera plus au pouvoir” mais ça ne changera rien, la société américaine a toujours été excessive en bien et en mal et le restera toujours, que son président soit Républicain ou Démocrate. Aux Etats Unis, tout va toujours tellement rapidement et efficacement qu’on finit par oublier qu’il y a des êtres humains derrière tout ça, qui payent de leur santé mentale et physique pour nous offrir cette rapidité. Quand je suis arrivée ici, je gueulais contre la lenteur et l’inéficacité des employés (banques, magasins, etc.), et mon frangin m’a dit “oui mais c’est sûrement plus agréable et meilleur pour la santé de ces gens de pouvoir bosser à un rythme normal et sans se dire qu’à la première gaffe ils se retrouveront à la rue ou avec un procès sur le dos.” Je gueule toujours, mais je pense qu’il n’avait pas entièrement tort. On n’a rien sans rien. La “perfection” apparente des Etats Unis coûte cher, et sous sa lisse surface, on trouve beaucoup plus de problèmes sérieux (qui existent au Canada mais à des niveaux bien moins alarmants) comme le racisme, le fondamentalisme, l’excès, le puritanisme, l’orgueil, la corruption, l’obésité, l’ignorance, la bêtise, la peur, la haine, l’abrutissement, la xénophobie, la manipulation…

Alors oui, ma vie américaine me manque terriblement mais je lui préfère quand’même ma vie canadienne. Quant au rêve américain, les français en manquent sérieusement, mais les canadiens n’en ont pas besoin, la société change bien assez vite d’elle-même pour qu’on en rajoute. Et non, malgré mes médisances répétées que mes amis canadiens ont endurées patiemment, le Canada n’est pas un pays archaïque et déprimant, bien au contraire, et je ne peux raisonnablement que me plaindre du manque d’accessibilité, de la difficulté à trouver des médecins, et du système banquaire (et d’un certain harpagon, bien qu’à côté du buisson maudit, il soit un vrai enfant de coeur). Pour le reste, on s’y fait, et les changements empêchent de vieillir trop vite, pas vrai?

Alors vive le Canada, pays qu’on ne peut s’empêcher d’adorer malgré ses défauts :) Moi je l’ai, mon rêve canadien, et je le garde!

* Ca veut pas dire que la France est nulle, putainborderldemerde! Mon échelle mesure tout en général, la bouffe, la violence, le prix de la vie, la culture… parfois c’est positif, parfois c’est négatif, et peut-êtr que mon échelle va de -10 à + 10, hein?! C’est marrant, très peu de canadiens me sont tombés dessus quand j’ai critiqué sans vergogne leur pays dans nombreux de mes posts, mais là, je dis trois mots sur la France, et la France au complet est prête à me passer à la guillotine! A chaque fois c’est la même chose

Pour détendre l’atmosphère et vous démontrer que tout n’est pas rose noir au Canada, laissez-moi vous raconter une petite histoire. Quand je suis arrivée ici, on m’a dit qu’il fallait que je change ma plaque de voiture américaine en une plaque ontarienne et échanger mon permis de conduire avant 60 jours après mon arrivée. Comme une grande fille, je suis donc allée au département des transports pour y faire tout ça et là, on m’a dit qu’on ne pouvait rien faire parce que les ordinateurs de l’Indiana, qui gardaient secrètement mon “historique de conductrice” nécessaire pour avoir un permis de conduire canadien, étaient en panne. En attendant que les ordinateurs remarchent, m’a-t-on dit, je pouvais aller faire vérifier ma voiture pour la sécurité et la pollution, vérification nécessaire pour avoir les plaques. Bon…

Comme une grande fille, je suis donc tout de suis allée faire ces vérifications de pollution et de sécurité ($160) et j’ai attendu que les ordinateurs de l’Indiana remarchent… Un peu plus d’un mois plus tard, j’ai reçu un coup de téléphone du département des transports me disant qu’ils avaient enfin reçu les informations nécessaires de l’Indiana et que je pouvais venir chercher mes plaques et mon permis. Là-bas, j’ai effectivement reçu mon permis mais pour avoir les plaques, il fallait que j’aie une assurance canadienne pour la voiture… et petit détail navrant, le teste de pollution que j’avais fait pour la voiture n’était valable qu’un mois donc je devais aller le refaire (celui de sécurité était valable un an… ou le contraire…)! Bon…

Comme une grande fille, je suis allée me trouver un assureur chez la même assurance que j’avais aux Etats Unis comme ça j’avais déjà un historique de conductrice et je ne payais pas comme si je venais d’avoir mon permis… mais ça me coûte quand’même $150 par mois alors qu’aux US, ça ne me coûtait que $40 par mois, vive le Canada! Et là, je me suis souvenue que je devais refaire le teste de pollution… et pour la première fois, j’ai béni l’archaïsme canadien qui veut qu’on écrive encore plein de papiers officiels à la main… et j’ai transformé le 7 (de juillet) en 8 (d’août). Comme ça. C’était la première fois (et probablement pas la dernière fois) que je trompais honteusement le gouvernement canadien. Honte sur moi jusqu’à la troisième génération (ça m’a quand’même fait économiser $105)! Pour me faire pardonner, j’ai choisi l’option “chère” pour la vignette et je l’ai payée d’un coup d’un seul jusqu’en janvier 2008! (Et finalement ils n’ont même pas regardé ces papiers…).

Bref, je vous avais bien dit que j’étais une fille immorale et que vous devriez brûler ce blog…

A part ça, que raconter sur les voitures au Canada? D’abord, comme il y a seulement un petit nombre de provinces différentes (et pas beaucoup de voitures dans certaines de ces provinces, j’imagine), on voit rarement des plaques d’immatriculation d’autres provinces comme aux Etats Unis. Et ces plaques sont moins différentes les unes des autres, moins jolies, c’est dommage. Quand je pense aux dixaines de plaques différentes qu’il y avait rien qu’en Indiana! Donc ici c’est un peu “platte” comme disent les Québecois ;)

Un truc différent de l’Indiana et de l’Utah (et je ne sais pas comment c’est dans les autres provinces et états), c’est qu’en Ontario, on paye les taxes de voiture (la vignette) à son anniversaire, pas à celui de la voiture ou à l’année, c’est pour ça que ma vignette est bonne jusqu’en janvier (mon anniversaire, hint, hint ;) ) alors qu’en Indiana, je payais la vignette en juillet de chaque année parce que j’étais arrivée en Indiana en juillet.

Quelque chose qui m’a surpris mais que j’ai trouvé bien pratique, c’est que l’assureur de la voiture est venu lui-même chez moi vérifier le numéro de ma voiture. Il m’a dit que c’est une nouvelle loi en Ontario pour limiter le nombre de voiture volées qu’ils assurent. Moi, ça m’a évité un déplacement, parce que c’est pas mon assureur américain qui se serait bougé les fesses!

En ce qui concerne les limites de vitesses, c’est ridicule: 100 kil/heure sur les autoroutes au maximum, excusez-moi mais c’est presque dangereux de rouler si lentement et il n’y a pas moins d’accidents ici qu’en France ou aux US où on roule plus vite! D’ailleurs en Ontario tout le monde roule plus vite (et plus dangereusement parce qu’il faut tout le temps vérifier que la police ne nous suit pas…). Par contre, en plein centre ville, la limite est entre 70 et 90 kil/heure pour les grandes artères! Ridicule! (Bon, c’est pas souvent que les bouchons perpetuels de mon bled permettent de faire du nonente à l’heure, à vrai dire…). Il y a un système de point sur le permis, comme en France, mais ça n’existait pas aux US. A part ça, les règles de la circulation sont pratiquement les mêmes qu’aux US (ouf!) sauf qu’ici on compte en kilomètres et mètres et pas en pieds et miles. Par contre, pour le parking, ici c’est la grande rigolade (je ferai tout un post là-dessus bientôt, ça vaut le détour!).

On m’avait dit que les piétons canadiens étaient célèbres pour attendre que le feu passe au vert pour eux avant de traverser la rue… sauf à Granbled, je peux vous dire (enfin, la plupart des gens attendent effectivement, et j’ai la vague impression que ceux qui ne le font pas sont des sales français étrangers)! Par contre il est vrai que les Canadiens font la queue aussi sagement que les Américains (contrairement aux français, hum hum) pour attendre le bus, à la poste, etc.. Et puis bon, j’ai gueulé sur la TTC, mais en gros, il y a un bon système de transports publics à Granbled, entre les bus, le métro (il n’y a que deux lignes, c’est vrai, mais c’est mieux que rien), et les streetcars, surtout que les billets pour les uns sont valables pour les autres, c’est pratique, et même si sur un trajet je prends le métro ET le streetcar ET le bus, je ne paye qu’un billet. Il y a parfois des problèmes (accidents, suicides dans le métro, etc.) mais j’imagine qu’il y en a autant ici qu’ailleurs. En tous les cas, on n’a vraiment pas besoin d’avoir une voiture pour vivre correctement dans cette ville! Et comme le prix de l’essence est trois fois plus élevé qu’aux US (alors que le Canada produit beaucoup plus de pétrol que les Etat Unis, mais taxe aussi ce pétrol beaucoup plus), c’est bien d’avoir des bons transports en commun!

Une dernière chose qui peut vous être utile si vous passez par ici. Le feu vert signifie: on roule vite; le feu orange signifie: on roule encore plus vite; et le feu rouge signifie: on ne se laisse pas intimider et on continue, mais après reflection, on s’arrête au milieu de l’intersection! Bienvenue au Canada :)

PS. J’ai oublié le chwal, boudjou! La police se balade à chwal dans la ville, c’est très rigolo! Mais ils n’ont pas le bel uniforme rouge que la police montée canadienne avait toujours à la télé de mon temps… Pfff, le Canada n’est plus c’qu’il était ma brave dame!

Si la médaille d’argent de la chiantise revient à la TTC, la médaille d’or revient sans conteste au système banquaire canadien! (Désolée, post très long parce que moi très fâchée!)

Parlons du système américain d’abord: il y a des centaines de banques différentes, aux US, et donc une compétition serrée pour s’approprier les clients. Ma banque en Indiana, par exemple, “offrait” des tas de cadeaux si on ouvrait tel ou tel compte chez eux (je dis “offrait” parce qu’en fait, on devait payer des impôts sur ces cadeaux à la fin de l’année). Comme je recevais un salaire régulier de Purdue University, je ne payais absolument aucun frais, ni pour garder les comptes courant et épargne ouverts, ni pour les transactions que je faisais à la banque même, sur internet, avec ma carde de “débit” ou mes chèques, ou bien aux distributeurs de sous (ATMs). Les seuls frais que j’aurais pu payer étaient si j’avais eu un compte négatif (ce qui n’est que rarement arrivé puisque j’avais aussi des cartes de crédit). Aujourd’hui, j’ai toujours un compte aux US mais comme je n’ai pas de salaire régulier qui tombe dessus, je paye $1.5 par mois, mais chaque transaction est toujours gratuite.

Avec ce compte américain, j’avais une carte de “débit” gratuite que je pouvais utiliser dans tous les magasins/restos, etc. (et sans minimum, du genre je pouvais payer un timbre à $0.52 avec ma carte), par téléphone (pour acheter une pizza à livrer à domicile, par exemple) et ausi aux ATMs, soit avec une signature, soit avec un code secret (PIN). Quand j’utilisais le PIN, je pouvais aussi bénéficier du système “cash-back,” c’est-à-dire que si mon total était de disons $15.55, je pouvais payer ça et en même temps, “retirer” autant de liquide que je voulais et gratuitement (comme si j’étais à un ATM). Mais en gros, je n’ai jamais eu besoin d’avoir de liquide avec moi pour vivre sans problème puisque qu’on peut payer pratiquement partout avec les cartes banquaire, aux US. Je suis passée par quatre banques différentes dans deux états différents, et leur façon de fonctionner était la même partout, à part pour quelques détails (par exemple une des banques avait un “compte de découvert” spécial attaché au compte courant et qui “offrait” (sans frais si on les repayait en un mois) une possibilité de découverts jusqu’à une certaine limite).

Enfin, les premiers 50 chèques étaient gratuits (et je les utilisais rarement de toutes les manières puisque qu’on pouvait très facilement et gratuitement payer toutes ses factures avec internet) et on pouvait choisir parmis des centaines de designs différents. Sur internet, je pouvais voir toutes les informations à propos de la personne/compagnie à qui j’avais fait des payements, et je pouvais même voir une copie scannée des chèques que j’avais utilisés (le devant et le dos de chaque chèque). Un dernier truc: si par le plus grand des hasard une âme généreuse voulait déposer de l’argent sur mon compte, il/elle pouvait simplement aller à ma banque et dire “je voudrais mettre $6000 sur le compte de miss lulu” et paf, ils trouvaient mon nom, mon numéro de compte, et c’était fait! Bref, tout était clair, simple, et fait pour simplifier les dépenses (on était aux Etats Unis après tout, n’oublions pas!).

Au Canada, ooohhhhhh, c’est une toute autre histoire et une histoire très douloureuse! Déjà, il y a seulement six banques principales et environ une quinzaine de petites banques locales. La compétition est donc très limitée et ces saligauds le savent et en profitent. Là, je n’ai vu qu’une offre de “cadeau” pour l’ouverture d’un compte (un iPod), et les frais sont différents dans chaque banque mais démentiels partout. Par exemple, ma banque ne demande pas de frais mensuel ni de frais de transactions si j’ai au moins $2000 sur mon compte en tout temps mais dès que je tombe à $1999.99 ou en-dessous, alors là ils prennent $4.00 juste comme ça, et en plus, $0.63 par transaction (chèque, ATM, magasin/resto, banquier, etc.). Une autre banque propose des transactions gratuites et illimitées même sans minimum sur le compte mais par contre, les frais mensuels sont de $35!

Les chèques sont hors de prix (et il y a environ cinq designs différents) et acceptés très rarement, et leur carte ATM est très différente de l’américaine. Ici, on ne peut que l’utiliser avec un PIN, et donc c’est impossible de payer avec elle dans beaucoup de restos et magasins et en particulier par téléphone. Donc comme je n’ai pas de carte de crédit canadienne (sauc une AmEx mais elle ne s’utilise pas partout), je ne peux partiquement rien acheter par téléphone (pizza, etc.) ou bien avec du liquide seulement. Et le système “cash-back” marche, mais rarement, et seulement si le montant des achats s’élève à plus de $10, en général.

Un autre truc canadien, c’est les payements par internet. On ne peut payer ses factures par internet qu’à des compagnies qui ont un “deal” avec la banque en question. Par exemple, je peux payer mon loyer par internet si ma régie s’est mise d’accord avec ma banque pour que ce soit possible. Et chaque mois, il faut recommencer les vérifications (impossible de faire des payements mensuels automatiques comme aux US). Donc si la compagnie que je veux payer n’a pas d’accord avec ma banque, je suis screwed, comme on dit.

Les cartes de crédits sont aussi beaucoup plus difficiles à obtenir au Canada qu’aux US. Dans ma banque, ils ne donnent de cartes de crédits qu’aux canadiens et aux résidents permanents (donc pas aux gens qui, comme moi, ont seulement un permis de travail). Heureusement, j’avais une Américan Express aux US et eux ont donc été d’accord de me filer une AmEx (avec un maximum très bas mais qui peut augmenter au fil des temps si je fais mais remboursement régulièrement). Sans mon AmEx, je n’aurais encore ni lit ni bureau ni commodes!) Je n’ai pas investigué le coup de la “credit history” mais d’après ce que je comprends, c’est pareil qu’aux US. Par contre, le truc rigolo (enfin, pas trop) avec AmEx, c’est qu’ils ne me laissent pas les payer avec une autre carte de débit/crédit (genre la carte de mon compte en France ou aux US). Il faut que je demande à ma banque s’ils peuvent avoir un accord avec AmEx pour qu’ils envoient depuis mon compte canadien des sous pour payer mon AmEx. Bizarre. En plus, utiliser le “online banking” (gérer mes comptes sur internet) est très nul aussi parce qu’on voit seulement un bout du nom de la compagnie à qui on a fait le payement et aucun autre détail (donc parfois c’est impossible de deviner ce que c’était), le total du payement, et la date du payement. Oh, et un truc que j’ai encore du mal à croire: parfois, je reçois des reçus écrits à la MAIN, quand je dépose de l’argent sur mon compte! Et quand mes parents ont voulu déposer de l’argent sur mon compte quand ils étaient au Canada, ils n’ont pas pu parce qu’ils avaient SEULEMENT mon nom ET ma carte banquaire ET mon numéro de compte (qui n’est pas écrit sur ma carte), mais il leur manquait mon PIN! On est encore au Moyen-Âge ou quoi?!.

Un autre truc con, ici, c’est le coup des chèques: l’autre jour, j’ai reçu un chèque de remboursement de frais professionels pour $150 de mon université. Je suis donc allée à ma banque, dans ma “branche” (succursale?), là où ils reçoivent mon salaire tous les mois de mon université et où je garde (j’essaye de garder, plutôt) $2000 sur mon compte en tout temps, et j’ai dit “est-ce que je peux vous filer mon chèque et recevoir les $150 siouplait?” et on m’a dit que non. Non, ils gardaient le chèque “gelé” pendant cinq jours pour vérifier que ce n’était pas un faux et ensuite seulement je pouvais recevoir l’argent sur mon compte directement. $150! De mon employeur! Dans MA BRANCHE! Alors que j’ai “cashé” (reçu tout de suite et en liquide) des chèques de $2000 dans mes banques américaines sans problème, même quand c’était des chèques de n’importe qui et que j’allais dans n’importe quelle branche! Ma fin de mois est super serrée mais je reçois enfin $150 de remboursement de frais professionels et $350 de frais de lentilles de contact + occuliste mais non, je n’aurai cet argent que cinq jours plus tard, quand j’aurai été obligée de piocher sur les $2000 de minimum que je dois garder en tout temps sur mon compte et que donc je devrai en plus payer $15 de frais sur toutes les transactions que j’ai faites AVANT ça (même quand j’avais encore $2000 sur mon compte, c’est rétroactif, les abrutis!). Hystérique, je suis, avec ma banque!

Je pense que la plus grosse différence entre le système banquaire aux Etats Unis et au Canada c’est qu’aux US, les banques se font un blé fou avec les cartes de crédit mais les comptes courants et d’épargnes sont pratiquement gratuits (bon, les comptes d’épargne ne rapportent pratiquement rien là-bas, soyons honnête), alors qu’au Canada, les banques se font un blé fou sur tout, absolument tout, et tout est compliqué pour qu’on se fasse avoir le plus possible.

Voyons, qu’oubliais-je à propos de ce &£%#$@&£&$ de système banquaire? Ah, une seule et dernière choses: ce système est archaïque, malhonnête, et honteux, et y’a rien à dire de plus!

Je le reredis: mes OBSERVATIONS sont SEULEMENT des GENERALITES qui me sont venues à l’esprit après SEULEMENT QUATRE MOIS dans UNE SEULE VILLE CANADIENNE et 10 ans dans SEULEMENT DEUX ETATS aux USA. Il est donc ABSLUMENT CERTAIN que ce que je raconte ne concernent QUE MOI. JE M’EXCUSE auprès de tous ceux que j’offusque en GENERALISANT ainsi sur des pays aussi grands et diversifiés que le Canada et les Etats Unis.

Dans la série “Canada vs. USA,” parlons aujourd’hui des petites choses de tous les jours…

- Les magasins sont fermés tôt le soir (enfin, c’est pas aussi pire qu’en Suisse, quand’même), très souvent le dimanche, et très souvent le lundi au Canada alors qu’ils sont pratiquement ouvert 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, 364 jours sur 365 aux US (le seul vrai jour férié pour les magasins américains est Thanksgiving). Et le truc auquel je n’arrive pas à m’habituer est que les restaurants n’ouvrent que vers 11:30 ou midi et sont parfois fermés l’après-midi. Aux US, tout est ouvert à 11 heure du matin et le reste jusqu’à tard le soir (enfin, 10 heures du soir dans mon champ de maïs, il faut bien l’avouer, alors qu’à Granbled c’est encore souvent ouvert beaucoup plus tard);

- Les gens au Canada sont sympas en général, je dirais autant qu’aux US, mais ma copine Karibou me dit que les Canadiens sont plus exigeants et même un peu chiants parfois…. Ce qui est sûr, c’est qu’aux US les gens ne sont pas casse-pieds, ils vous collent simplement des procès au cul tout de suite…

- Les Canadiens sont définitivement moins propres que les Américains (au niveau du nombre de douches par jours là je sais pas, mais c’est difficile d’être plus obsédé par la propreté que les Américains): il y a des journaux, des papiers, et des tasses en papier (café) partout sur les trottoires et dans le métro, et les toilettes publiques sont de loins moins propres (mais c’est quand’même le paradis comparé à la France!). Par contre, comme aux US, il n’y a pas de crottes de chien, jamais, nulle part! (bon d’accord, il y en a une en bas de chez moi, c’est vrai, mais c’est la première que je vois en quatre mois!);

- Le système de pourboires partout (restos, coiffeurs, taxis, etc.) est le même qu’aux US, c’est pratique;

- Le numéro de sécurité sociale (SS# aux US), n’est pas utilisé au Canada comme vérification de sécurité (banque, etc.). Par contre, on utilise plus la date de naissance, ce que je n’ai jamais vu aux US. Dans les deux pays, on utilise aussi le nom de jeune fille de la mère (donc de ma mère) pour vérifier qu’on est bien la bonne personne;

- Les cartes (permis, carte de santé, carte de numéro social) sont plus jolies, avec des jolies fleurs et tout, huhuh) (admirez la sale tronche que je fais sur la première carte, après avoir dû revenir QUATRE FOIS à leur bureau pour leur rapporter des tas de papiers différents à chaque fois! Et en plus, au Canada on doit attendre 3-5 semaines avant de recevoir sa carte de permis de conduire, alors qu’aux US on la reçoit tout de suite après avoir réussi son permis. (Par contre, le numéro d’assurence sociale, je l’ai eu en 1,5 minute!);

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- Un truc marrant: beaucoup de bijouteries sont fermées à clé et il faut sonner pour y entrer pendant la journée. Pendant la nuit, tout est rangé dans des coffres et les vitrines et le magasin entier sont vides, ça fait bizarre, je n’avais jamais vu ça ailleurs (au début je croyais que c’était des magasins qui avaient fait faillite);

- La frontière pour rentrer au Canada est de loin plus cool que la frontière pour rentrer aux Etats Unis. Pour rentrer aux US, ça me prend entre 30 minutes et une heure et je suis fouillée, questionnée, on me prend mes empreintes digitales et ma photo à chaque fois, et ça me coûte $6 à chaque fois. Pour rentrer au Canada, je montre mon passeport, mon permis de travail, et basta, à la prochaine! Vive le Canada!

- Autre truc marrant: il y a de la publicité par-terre, surtout dans le métro, des affiches immenses (3-5 mètre de long) sur lesquelles les gens marchent…

- Au Canada, il n’y a pas de courrier le samedi et c’est chiant. Les postes et les banques sont aussi fermées le samedi, c’est super pas pratique!

- Au Canada, on recycle beaucoup beaucoup beaucoup plus qu’aux Etats Unis. Tout doit être séparé tout le temps, le verre, le papier, le plastique… Alors qu’aux Etats Unis, le gens ne croyaient pas que le recyclage était utile. A chaque fois que j’apportais mes piles usées à un magasin de piles pour qu’ils les recyclent, ils les jetaient à la poubelle devant mes yeux en rigolant, comme si je venais d’une autre planète;

- Le cinéma se passe comme aux USA. Il n’y a pas de pause au milieu (comme en Suisse, tuez-les!!) ni au début (comme en France). Les sacs de pop-corn sont énormes au Canada mais un peu moins qu’aux US (d’ailleurs il y a beaucoup moins de gens qui ont des problèmes de poids, ici, c’est frappant).

- Internet et le téléphone sont chers et assez nuls (en tous les cas chez Rogers). Enfin, pour internet on a plus de choix de rapidités de connections. Mais le téléphone est terriblement basic, et chaque option est hors de prix (répondeur, caller ID, call waiting, etc.). Mon répondeur (on a UNE option gratuite) ne me dit ni quel numéro m’a laissé un message ni quand l’appel a eu lieu (date, jour, etc.) et je ne peux pas garder les messages après les avoir écoutés. Les options d’appels internationaux sont aussi beaucoup plus limitées au Canada qu’aux Etats Unis (je reviendrai sur le problème de la concurrence un de ces jours).

Voili voilà, quelques petites différences de plus, de mieux ou de moins bien, ce n’est pas ça l’important. L’important c’est que c’est différent :)

Y sont fous ces canadiens: ils écrivent maple leafs au lieu de leaves, centre au lieu de center, et ils disent “zèd” au lieu de “zii” pour la lettre Z. En plus, ils utilisent programme, cheque, tap, cutlery, railway, et colour (british), mais gas, truck, tire, et chips (américain). Les québecois se disent anti-anglais (on dit “arrêt” au lieu de “stop” et “magasinage” au lieu de “shopping,”) mais ils disent tomber en amour (fall in love), appliquer pour une job (apply for a job), appointment (rendez-vous), badlucké (malchanceux, de bad luck), bosser (donner des ordres tout le temps, de boss), catcher quelque chose (comprendre, to catch), matcher (les pantalons avec chemise, de match), et tant d’autres (allez-y, ne vous gênez pas pour compléter la liste ;) )!

Autres trucs qui me rendent la vie compliquée: on dit “grade 10″ au Canada au lieu de “10th grade” aux US (pour les niveaux à l’école), marks au lieu de grades (pour les notes d’examens), on “write an exam” au Canada mais on “take an exam” aux Etats Unis, on utilise un calendar au lieu d’un catalog (gros bottin qui donne la description de tous les cours offerts par l’université et autres informations importantes), on utilise très rarement freshman et sophomore (alors qu’on l’utilise très souvent aux US, pour décrire les étudiants universitaires de première et deuxième années), on dit “going to university” au lieu de “going to the university,” et “going to hospital” au lieu de “going to the hospital.” “Going to college” ne veut pas dire “going to university” (alors que c’est à peu près l’équivalent aux US) puisque le “college” au Canada est très différent de l’université (c’est plutôt une école professionelle).

Oh, et le “bacon” au Canada c’est ce qu’on appelle du “Canadian bacon” aux Etats Unis, et le “bacon” aux Etats Unis c’est du “peameal bacon” au Canada (ou quelque chose comme ça, cette histoire n’est pas encore très claire comme je ne mange d’aucun des deux…). “Pissed” veut dire fâché aux US et soûl au Canada, et “rubbers” veut dire condoms aux US et bottes d’hiver au Canada!

En ce qui concerne les stéréotypes sur les Canadiens de différences régions: sur la côte ouest (Colombie Britanique), ce sont tous des végétariens, des hippies, des “tree huggers,” et ils protègent les baleines, mais sont les plus gros consommateurs de café et de SUV (4×4) du Canada. A l’ouest (Alberta, Saskatchewan, Manitoba), il n’y a que des red necks, des fermiers, et des fondamentalistes, (l’Alberta est au Canada ce que le Texas est aux Etats Unis). En Ontario (en fait, en Ontario, il n’y a que Trana qui compte) ce sont tous des snobs qui se croient plus intelligents et cultivés que le reste du Canada. Les Québecois sont des séparatistes, des maudits français, et ils détestent le reste du Canada. A l’est (Nouvelle-Ecosse, Nouveau-Brunswick, Ile du Prince Edouard), on trouve des pequenaus et des marins inclultes dans le brouillard et la pluie éternelle. Au nord (Yukon, Territoire du Nord-Ouest, Terre-Neuve-et-Labrador, Nunavut) ce sont des eskimos qui vivent dans des igloos et mangent de l’ours. Et vous, vous en connaissez des autres, des stéréotypes sur les Canadiens?

Ma question est la suivante: y a-t-il un sentiment anti-Américain au Canada? C’est sûr, les Canadiens aiment se démarquer des Américains et font tout pour bien montrer qu’ils ne sont PAS comme leurs voisins du sud… mais cela veut-ils dire qu’ils détestent les Américains? Parfois j’ai l’impression que c’est assez prestigieux d’être Américain, ici (un peu comme partout dans le monde, finalement, parce que même si on dit qu’on déteste les Etats Unis, on admire (et on envie?) malgré tout beaucoup des bons côtés de ce pays…). Alors qu’aux Etats Unis, l’opinion est quand’même très divisée entre 1) ceux qui pensent que leur pays est le seul pays vivable au monde (le Canada est un pays où il neige tout le temps et où on bouffe du caribou au sirop d’érable) et 2) ceux qui pensent que l’assurance maladie au Canada c’est génial (c’est les bons stéréotypes américains sur le Canada, ça!).

PS. Ah j’ai oublié un truc qui me fait toujours rigoler: bilingue se dit “bilingual” en anglais et se prononce “baï-lin-gwel” aux US et “baï-lin-guïü-wel” au Canada :lol: (le e de “wel” devrait être à l’envers, ce n’est pas wèl ni weul, c’est le fameux shwa anglais).

Il semblerait que mon “disclaimer” au début du dernier post n’ait pas été lu ou compris par certaines personnes et en particulier mes lecteurs canadiens que j’adore et que je comprends qu’ils s’énervent en lisant mes conneries parce que s’ils osaient faire des GENERALITES à la con sur la Suisse ou la France, je serais aussi fâchée à mort. Alors je le redis plus clairement: mes OBSERVATIONS sont SEULEMENT des GENERALITES qui me sont venues à l’esprit après SEULEMENT QUATRE MOIS dans UNE SEULE VILLE CANADIENNE. Il est donc ABSLUMENT CERTAIN que ce que je raconte n’est que des idioties GENERALISEES qui ne concernent QUE MOI. JE M’EXCUSE auprès de tous les canadiens du monde que j’offusque en GENERALISANT ainsi sur un pays aussi grand et diversifié que le Canada. Et pour que tout le monde se sente mieux, les suisses sont tous des banquiers et des voleurs d’or juif, et les français puent et sont arrogants. (Et je parle même pas des belges!) Tout le monde est fâché? Je peux continuer?

Thème du jour: la santé. Parlons d’abord de mon amie (que nous appellerons Karibou): Karibou, étant tombée dans les escaliers, elle ressentit une douleur terrible au pied et décida d’aller voir un médecin. Clopinant et souffrant le martyre, elle prit le métro et se rendit dans la première clinique qu’elle trouva sur son chemin. Hélas, cette clinique ne prenait pas de nouveaux clients et on l’envoya dans une deuxième clinique. Clopin clopant, elle prit le bus et se retrouva devant une clinique qui la renvoya illico, cette fois parce qu’elle se spécialisait dans les problèmes de drogués seulement. Bien mal en point et au bord de l’évanouissement, notre amie Karibou se rendit donc dans une troisième clinique et là, miracle, on l’accepta. Par contre, le médecin qui la vit pendant exactement deux minutes lui expliqua qu’elle s’était probablement bousillé l’orteil, qu’elle devait payer $50 pour la visite, et qu’elle devait se rendre dans une QUATRIEME clinique pour se faire faire des radios. Une semaine plus tard, le médecin lui dit de repasser par la troisième clinique parce qu’il avait reçu les resultats de ses radios. Là, une infirmière expliqua en deux minutes à Karibou qu’elle s’était cassé le gros orteil, qu’elle devait se mettre du scotch pour tenir ses deux orteils immobiles, et qu’elle devait payer $50 pour la visite. Aux US, Karibou aurait vu un médecin dans la première clinique où elle aurait débarqué, ses radios auraient été prises au même endroit, et elles auraient été interprétées immédiatement (OK, peut-être au bout d’une heure ou deux). La facture aurait été beaucoup plus salée (probablement de $400 de plus) mais l’assurence de Karibou aurait tout couvert sauf les “deductibles” (en général $20-$50). Il est a noter que Karibou n’avait à l’époque pas droit à l’OHIP (assurance maladie de l’Ontario) et que c’est peut-être pour ça qu’elle a dû payer les $100 (plus le coût des radios) de sa poche. C’est à voir.

Quand je suis arrivée au Canada, on m’a prévenue qu’il me fallait urgemment un “médecin de famille” que j’irais voir en cas de pépins et qui me “réfèrerait” à d’autres médecins (orthopédistes, neurologistes, etc.) si nécessaire. Une amie m’ayant recommendé un médecin, j’ai téléphoné là-bas pour me faire dire (on était fin juillet) que je pouvais retéléphoner en JANVIER pour mettre mon nom sur leur LISTE D’ATTENTE.

Il me semble que le système social du Canada est réputé de part le monde pour être excellent… et je ne dis pas qu’il est nul. Je dirais plutôt qu’il est très moyen pour tout le monde au lieu d’être, aux US, excellent pour les gens qui peuvent se l’offrir et pratiquement inexistant pour ceux qui ne le peuvent pas. Aux US, beaucoup d’employeurs offrent une couverture à leurs employés à plein temps (une couverture qui est donc excellente par rapport au Canada), mais les employés à mi-temps ne sont que rarement couverts et ceux sans travail ne le sont que par Medicare et Medicaid, des couvertures médicales à faire pleurer tout ce qui ne se dit pas Républicain. Au Canada, tout le monde est couvert par les assurences de l’état, mais le service est dangereusement lent et inéficace. Certains employeurs offrent des couvertures privées à leurs employés (avec déductions mensuelles sur le salaire, bien sûr), comme c’est le cas pour moi, mais même ainsi, avec l’OHIP plus un assurance privée, je dois payer DE MA POCHE tous les frais médicaux dont je peux avoir besoin et ENSUITE me les faire rembourser (à part le dentiste que je ne paye pas du tout). Payer $329 de ma poche pour des nouvelles lentilles de contacte ça passe, mais imaginez si j’étais allée voir un neurologiste, que j’avais eu des radios, des médicaments à acheter, etc.!

On dit que les médecins sont sous-payés et débordés, au Canada, mais je ne sais pas pourquoi. Beaucoup de cabinets de médecins ne prennent pas de nouveaux clients ou ont des listes d’attentes démentielles. En plus, pour aller voir un spécialiste il faut d’abord passer par son médecin de famille qui vous permet ou non d’aller voir le spécialiste en question (avec donc un rendez-vous six mois plus tard chez ce spécialiste si vous avez de la chance).

Enfin, en Ontario, au Québec (sauf pour les français), au Nouveau-Brunswick, et en Colombie-Britanique, les nouveaux immigrants ne sont pas couverts par l’OHIP (ou l’équivalent de chaque province) pendant leurs trois premiers mois au Canada. Mais même après trois mois et pour tous les habitants de ces provinces, les médicaments, lunettes/lentilles, soins dentaires, et services d’ambulances ne sont pas couverts. Je ne sais pas exactement si un même système existe aux Etats Unis, en ce qui concerne les immigrants, puisque moi j’ai tout de suite été couverte par l’assurance de mon université.

Alors… le Canada possède-t-il le meilleur programme d’assurance maladie au monde? Certainement pas! Comparé à la France, le système est déplorable (et ne me dites pas que la Sécu est au bord de la faillite, elle l’a toujours été). Comparé aux Etats Unis, le système est tout simplement différent, mais je dirais que pour environ 1/3 de la population, le système américain est de très loin meilleur. Bien sûr, je ne sais pas si ça serait possible d’avoir un système aussi efficace que le bon côté des Etats Unis pour tout le monde…

Un dernier petit truc: au Canada comme aux US, on appelle le 911 en cas d’urgence.

Oye oye, les textes qui suivent ne sont le fruit que de 10 ans passés dans seulement 2 états des Etats Unis (avec plusieurs voyages et séjours dans d’autres états c’est certain) et de seulement 4 mois passés dans une seule grande ville du Canada (mais de nombreuses (quoi que pas toutes récentes) visites à, entr’autre, Vancouver, Montréal, Québec, Antigonish, Moncton, Rimouski, Guelph, et Penetanguishene). Mes observations sont donc parfois erronées, ironiques, énervées, sérieuses, ou même (mais il faut bien chercher) parfois objectives à seulement 99%.. OK, 98%!

Donc voili voilà, j’ai décidé d’essayer de comparer les Etats Unis au Canada, puisque le premier me manque terriblement mais je n’y revivrais pour rien au monde, et j’adore le deuxième mais il m’énerve terriblement. Pour ceux qui se posent la question, non, la Suisse ne me manque pas et la France encore moins. La famille et la bonne bouffe si, par contre, et les paysages aussi…

Aujourd’hui, je vais vous parler d’un sujet qui n’est pas inconnu à ce blog: la bouffe! La bouffe canadienne est-elle meilleure que la bouffe américaine? C’est difficile à dire. Je pense que la bonne bouffe est plus facilement accessible et moins chère au Canada qu’aux US. Même dans une grande ville comme Chicago, ce n’est pas facile de trouver un bon petit truc de bonne qualité sans débourser une fortune, et la fast-food américaine est rarement bouffable. Par contre, ici, on trouve des trucs vraiment bons pour pas trop cher (genre super repas chinois ou indien ou grec pour $5, alors que le macdo et les autres chaînes de fast-food américain sont hors de prix).

A part ça, la vie en général est quand’même relativement plus chère ici qu’aux US. Encore une fois, je pense que Granbled est beaucoup plus chère que Chicago. Il y a non seulement 15% de taxes sur tout mais en plus des taxes de plus sur l’alcool (et le pourboire au restaurant est pareil qu’aux US: 15%). Ce qui est pratique que c’est plus facile de calculer le pourboire qu’il faut laisser au Canada qu’aux US: il suffit d’additionner les taxes de la facture totale et de laisser la même somme comme pourboire (puisque les taxes ET le pourboire sont de 15%, alors que les taxes aux US sont entre 0% et 7% suivant les états).

A part ça, le pain qu’on trouve dans les grandes surfaces est très nul en général et il faut aller dans des boulangeries spécialisées pour en trouver du mangeable (alors que j’en trouvais du très bon à Target au milieu de l’Indiana, snif…). Les restos français sont relativement décevants en général, pas mauvais, mais pas réellement autentiques, ou alors je n’ai pas encore trouvé la perle rare. Par contre, les serveurs de restaurants sont plus relax qu’aux US et ne viennent pas toutes les trois secondes vous demander si tout va bien et si vous avez fini. C’est super agréable. La bouffe qu’on trouve est aussi plus variée, en général, en tous les cas à Granbled (et toujours comparé à Chicago (et encore plus par rapport à mon champ de maïs!)) grâce aux immigrants du monde entiers qui habitent ici.

Un truc marrant ici c’est que tout se vend en quantités différentes dans les magasins et les restaurants, et c’est surprenant: le lait se vent au litre et non pas au gallon (ou bien 3 litres dans des sacs en plastique!), le beurre est une grosse motte au lieu des 4 petites “barres” pratiques, on trouve plus facilement 6 oeufs que 12 (dans une boîte très marrante avec deux couvercles), etc.. Il y a aussi beaucoup moins de glaces dans les rayonnages (et seulement 3 sortes d’Haägen Dazs, Dieu merci, ni celle au caramel, ni celle à la pistache, ni celle à la mangue).

Et saviez-vous que les canadiens ont inventé les petits pois surgelés? Aux USA, on mange beaucoup de: macdo (et autres KFCs, Burger Kings, etc.), Starbucks, pizza (repas d’étudiants par excellence), et BBQ (à la plage, l’été, dans le “backyard,” avec les amis, le 4 juillet, etc.). Au Canada, on mange beaucoup de: macdo, Tim Horton (chaîne comme Starbucks), pizza, BBQ, sirop d’érable, et POUTINE! Les canadiens boivent aussi beaucoup, beaucoup, beaucoup plus de bière que les américains! Finalement, après un bon repas, le français bois un café, l’américain ne boit rien (ou un coca), et le canadien boit un thé (chaud ou glacé) (d’ailleurs, le “thé froid” canadien est sucré comme le français, mais le thé froid américain est du thé, froid, sans rien d’autre dedans!). Et malheureusement pour moi, les “pecan pies” canadiennes (tartes à la noix de pécan que j’adore aux US) ont des cacahuettes dedans, misère!

Un dernier truc dans le rayon bouffe: aux US, il y a des “liquor stores” un peu partout qui vendent uniquement de l’alcool. Dans certains états, il est interdit de vendre de l’alcool ailleurs qu’au liquor store. Dans d’autres états, on peut aussi vendre de l’alcool dans les supermachés mais il faut fermer le rayonnage le dimanche et les jours où on vote (et les jeunes de moins de 21 ans qui bossent aux caisses n’ont jamais le droit de toucher à cet alcool, (c’est-à-dire qu’ils doivent demander à un autre vendeur de passer la bouteille au-dessus du bidule qui lit le code-barre)). Au Canada (enfin, en Ontario), pour le moment, j’ai vu beaucoup moins de jeunes travailler dans les supermarchés, et je n’ai jamais vu d’alcool dans les supermarchés non plus. Le seul magasin qui en vend est le LCBO (liquor control board of Ontario) et les restaurants qui ont une license pour l’alcool portent un petit signe distinctif sur leurs enseignes et leurs menus: LLBO (liquor licence board of Ontario). L’âge minimum pour acheter de l’alcool est de 19 ans au Canada et de 21 aux US, mais dans les deux pays il est interdit de boire en public (sauf dans les restaurants/bars).

Dernier truc qui me désole: les haricots verts des restaurants de Granbled sont aussi crus que ceux des plats offerts aux Etats Unis. C’est lamentable!

C’est tout pour le moment. Si je pense à autre chose, je le rajouterai dans les postes qui suivent… parce qu’il y a encore des tas de choses à raconter :) Et si vous avez des questions, n’hésitez pas à les poser et j’essayerai d’y répondre (mais je ne fais aucune promesse, hein, parce que je suis pas Madame Soleil).

  CANADA USA
Area 9,987,670 kilomètres carrés 9,632,420 kil. carrés
Population 33,098,932 en juillet dernier 298,444,215
Life expctancy males: 76.86, females: 83.74 males: 75.02, females: 80.82
Immigration 5.9 immigrants/1000 3.2 immigrants/1000
Contains 10 provinces, 3 territoires 50 états, 1 district, et plein d’états dépendants
(Guam, Puerto Rico, etc.)
GDP per capita $33,900 $41,600
Budget revenues: $159.6 billions; expenditures: $152.6 billions revenues: $2.119 trillion; expenditures: $2.466 trillion
Oil production 2.4 billion bbl/day (2004) 7.61 million bbl/day
Public debt 69.6% of GDP 64.7% of GDP
Airports 1,337 14,858
Military expenditures 1.1% of GDP 4.06% of GDP

Il est passé 20 heures et je dois impérativement envoyer un “conference proposal” avant minuit… le stress ne s’arrête jamais.

Le truc marrant dans ma vie, c’est que je dois tout le temps expliquer aux gens ce que je fais, ici. Non, je ne suis pas la plus vieille dans mon programme, on a même fêté les 55 ans d’une copine il y a une semaine. Non, je ne lis pas du Chomsky jour et nuit. Oui, j’ai 10 ans d’expérience après 10 ans à l’université et trois diplômes. Oui, le doctorat est une saleté d’invention. Non, finir un doctorat et trouver du boulot n’est pas une partie de plaisir.

Le truc que je dois expliquer, maintenant, c’est la suite, la “vie” après le doctorat, la vie d’une “faculty member on tenure track.” Kéké? Accrochez-vous, ça va secouer!

Il y a cinq façons différentes d’être prof à l’université:

- lecturer: prof embauché pour un contrat d’un an, renouvelable une ou deux fois. Mal payé, sans “benefits” (assurence maladie, cotisation à la retraite, etc.).

- visiting professor: souvent un prof d’une autre université qui va passer un ou deux ans ailleurs, ou bien un contrat de courte durée mais un peu mieux payé qu’un lecturer et avec les “benefits.”

Ces deux premières “positions” ne sont pas permanentes, ou, comme on dit en anglais, ce ne sont pas des “tenure track positions.”

- assistant professor: (c’est ce que je vais être) position conditionellement permanente, bien payée et avec tous les “benefits” (surtout au Canada, haha). On est normalement un assistant professor pendant trois-quatre ans.

- associate professor: après avoir été assistant professor et si on passe la “tenure review,” on devient aussi associate professor. Le job est maintenant permanent à vie et on se fait beaucoup mieux payer et c’est le début de la belle vie.

- full professor: ben c’est le top, Paname, plein de sous et plus besoin de se faire chier à publier et tout ça ;)

Voili voilà. Sauf que vous ne savez pas ce que ça veut dire, “tenured.” J’vous esqueuplique: si j’ai une “tenure track position” ça veut dire que j’ai un contrat potentiellement permanent, et si je suis “tenured” ça veut dire que je l’ai, le contrat permanent. Le truc, c’est que pour passer de tenure track a tenured, il faut bosser à mort, dans trois domaines bien distinctifs: la recherche + publications + conférences, l’enseignement, et le “service.”

  1. la recherche: continuer à bosser sur des projets de recherche et en publier les résultats dans des journaux professionels importants et à des tas de conférences. L’importance des journaux et des conférences, ainsi que la longueur et le nombre d’articles publiés et présentés sont comptabilisés très scientifiquement.
  2. le service: cela correspond à tout le reste, les trucs comme être patron d’une association professionelle, faire partie de plein de comités de thèse ou d’embauche, organiser des trucs au niveau départemental ou de l’université, aller à toutes les réunions, créer des nouveaux programmes, mettre des nouveaux cours sur pied, organiser une conférence, etc. Tout ça est aussi très scientifiquement évalué et comptabilisé.
  3. l’enseignement: ça, ce sont les évaluations des élèves à la fin de chaque semestre. Si les élèves ne sont pas contents, ça fait très mal.

Quand on est assistant professor, on se fait donc évaluer à la fin de chaque année (au niveau départemental) pour vérifier qu’on a bien bossé dans ces trois domaines. Normalement, on ne peut pas se faire virer, sauf pour faute grave, mais la pression monte avec les années. Pendant la sixième année, on est non seulement évalué par tous les chefs du département où on travaille mais aussi par ses collègues, et plein d’autres chefs de l’université (deans, chairs, directors, etc.). Tous ces braves gens écrivent des tas de lettres de recommendation (ou pas), tout le boulot des cinq dernières années est réévalué, on a plein de meetings avec plein de gens qui fichent la trouille parce qu’ils ont le droit de nous virer alors qu’ils ne nous connaissent même pas, les autres profs qu’on croyait être des amis vous poignardent dans le dos, etc. Et tout ça pendant un an!

Si tout va bien, on devient “tenured.” Si ça se passe mal, on a un an pour trouver un nouveau boulot et byebye! C’est un procédé long, attroce, et humiliant pour tous. J’ai vu plusieurs de mes profs passer par là. Certains ont craqué et sont partis avant même d’avoir les résultats. Et puis il y a par exemple des injustices: publier c’est plus important que d’être un bon prof; être un bon prof c’est normal donc on n’est pas récompensé pour ces bonnes évaluations, mais être un moyen prof ça compte tout de suite contre vous; les hommes ont 24% de plus de chance de recevoir leur tenure s’ils ont des enfants, alors les femmes ont 70% de moins de chance (en fait, je me rends compte que je ne connais qu’une seule prof qui ait reçu sa tenure alors qu’elle avait un enfant); on se base parfois moins sur les résultats concrets que sur les les inamitiés et brouilles entre collègues; et j’en passe!

Voilà ce qui m’attend! Mon boulot est donc “tenure tracked” et l’avantage de l’université où je serai, c’est qu’ils donnent une première chance de tenure après seulement trois ans, pour les gens exceptionnels (c’est-à-dire qui n’ont pas de vie)! Si ça ne passe pas après trois ans, on a une deuxième chance la sixième année.

J’ai trois amis qui sont devenus assistant professors l’année dernière. Ils me racontent que 60% de leur temps est passé en réunions, 30% est passé à faire de la recherche et bosser sur leurs publications, et les 10% restants sont passés à préparer les cours, à corriger les copies, et à essayer de ne pas s’endormir devant les élèves.

Bien sûr, je vais essayer de viser les trois ans seulement… et je suis donc déjà en train de bosser sur quatre articles (dont un qui doit être fini fin juin) et une idée de livre (que je dois présenter fin juillet)! Alors que je commence seulement à bosser me faire payer en août!

J’ai juré ne jamais écrire de thèse de maîtrise et je l’ai fait. J’ai juré ne jamais essayer d’avoir un doctorat et je l’ai eu. Je ne sais pas si c’est une bonne idée de me donner des buts, en fait. Les non-buts ont plutôt l’air de bien marcher…

Ahhhhh c’teu trouille que je me tappe déjà, à l’idée de devoir passer par tout ça!!!!

Et ailleurs, c’est comment?

Eh oui, Sosso et moi (Calinette étant cachée dans la chambre) avons eu la grande surprise et l’immense joie de voir des pompiers faire joujou avec leur nouveau camion… sous sur devant notre fenêtre!

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Au départ, ils sont arrivés en grandes pompes avec sirène et tout le tralala et j’ai quand même eu quelques frayeurs.

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Je me suis dit OK, si je porte les deux paniers à chats je ne peux rien porter d’autres… peut-être que je peux mettre un ordinateur dans un des paniers… il me faut aussi mon passeport et le petit bidule où je sauvegarde ma thèse… je pourrais jeter mes journaux personnels (10 ans) par la fenêtre et les récupérer en bas mais y’a la moustiquaire donc ça me fera perdre beaucoup de temps… dommage que mon assurance vienne d’expirer et je ne l’ai pas renouvelée… bon c’est pas grave, ça évitera les frais de déménagement au Canada…

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Et puis par-dessus le bruit du camion et des pompiers qui se gueulaient des ordres dans tous les sens, j’ai réussi, du haut de ma fenêtre, à leur crier “what’s going on?” et ils m’ont dit “nothing, just trying the new truck!” Ah ben merci de prévenir! Failli me jeter par la fenêtre avec mes deux chats, moi, avec vos âneries!

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Bon, allez, ils étaient mignons et je me suis dit qu’à tout blog, malheur est bon, profitons-en et admirons ces charmants messieurs et leur joli camion.

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Ce qui est très drôle dans l’affaire, c’est qu’à partir du moment où ils ont remarqué que je les observais (et que je prenais des photos), ils ont fait tout un show pour moi en rigolant comme des p’tits gosses qui veulent prouver qu’ils sont les plus forts et que leur camion est le plus gros, le plus bruyant, le plus rouge, et le plus cool!

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Ils ont donc fait le tour du toi d’en face, juste comme ça, pour s’amuser à marcher sur les toits, et ensuite, ils ont tourné leur échelle vers moi!! Comme ça, juste devant ma fenêtre, en rigolant tous comme des baleines.

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Et puis ils sont montés sur mon toit… et c’est là que Sosso est arrivée toute curieuse!

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… l’un après l’autre… en faisant les zouaves, si possible…

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… en souriant comme des patates en passant devant ma fenêtre… Je les entendais crier “allez, sourie pour la photo, fais coucou à la dame!”

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Je ne sais pas qui était le pire: eux qui faisaient les bananes et voyaient tout ce que j’avais dans mon appartement, ou moi qui prenais des photos comme si j’étais en face du scoop de l’année :lol:

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.. et puis sont redescendus en faisant byebye avec leurs grands sourires.

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Y’en a même un qui m’a dit “see ya!” et j’ai dit “hope not too soon!”

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C’est qu’ils sont très sérieux, les pompiers de Lafayette, ça plaisante pas avec eux!

… et ça me fait toujours rigoler! Cliquez sur la photo pour voir l’image (et ce qui y est écrit, surtout) en plus grand.

C’est dommage, ça commence bien… et ça finit typiquement américain… yuuuuuuuck!!!! Et faut pas rêver, les deux premiers trucs ont l’air presque “normaux” mais en réalité, les portions sont énormes et tout est tellement artificiel qu’en fin de compte, ce n’est pas mieux que le reste. La France a quand même parfois un “léger” avantage sur mon champ de maïs. :lol:

PS. La plus grande photo a été gracieusement retouchée par rjf et est plus lisible que l’original.

Puisque je vais bientôt quitter mon champ de maïs et qu’il me manque déjà (n’est-ce pas ironique?), j’ai décidé d’écrire ici et de mettre des photos des choses dont je veux me souvenir: les endroits, les gens, les restaurants, les paneaux, les magasins, les routes, les stations essences, les librairies, les maisons, les fleurs, les usines, le campus de Purdue, et des tas d’autres choses belles ou moches, intéressantes ou pas intéressantes de Lafayette, comme ça ça donnera peut-être envie à quelqu’un de venir habiter ici :lol:

Aujourd’hui, c’est à Panera et Borders qu’on va aller! C’est un peu comme les frères siamois avec ces deux-là, quand on trouve un Borders on trouve presque toujours un Panera juste à côté et vice-versa. Panera, c’est une sandwitcherie, une pâtisserie, un coin où manger une bonne soupe ou une salade avec un p’tit “cinnamon crunch bagel” et buvant multiples chai teas, en écrivant sa thèse pendant des heures, et en profitant d’une connection wifi gratuite! C’est sympa, il y a plein de prises pour les ordinateurs, des sièges confortables, et du café “free refill” (vous payez pour une tasse et ensuite vous pouvez vous reservir autant de fois que vous voulez aux multiples thermos à votre disposition), si vous aimez ça. La seule chose que je leur reproche c’est que l’air conditionné est à fond là-dedans donc je ne tiens pas longtemps si j’ai oublié ma petite laine!

Entre Panera et Borders, il y a un petit coin avec un micro-onde, un toaster, un frigidaire, des ustencils, des serviettes, de la crème, du ketchup et plein d’autres bidules du genre et des tables au soleil où on peut aussi s’installer pour bouquiner, travailler, papoter… et même jouer aux cartes avec les copines!

Borders, c’est une librairie. Une de ces méchantes librairies comme dans You’ve Got Mail avec Meg Ryan qui ont tué toutes les petites librairies du coin avec ses prix impossibles à concurrencer et une sélection incroyable non seulement de bouquins sur absolument tout mais aussi de musique et de films. C’est vrai, à chaque fois que je vais à Borders j’ai un petit pincement de coeur pour la dernière librarie indépendante de Lafayette où je sais que je ne trouverai pas ce que je cherche et même si je le trouvais (malgré les deux employés ronchons), le prix serait double du prix de Borders.

Mais ce que j’aime le plus, à Borders, c’est qu’il y a des fauteuils super confortables partout et surtout dans des petits recoins tranquilles, où on peut s’installer avec un bon bouquin et le lire en entier si on veut, sans avoir à l’acheter!

J’aime bien me mettre près de la fenêtre comme cette jeune fille, au soleil, aussi longtemps que je veux, un peu cachée dans les rayonnages, confortable, avec un ou deux bouquins que je ne suis pas sûre d’acheter mais peut-être, si le début me plaît. J’aime être entourée de bouquins, comme ça (mes bibliothèques à la maison ne sont pas aussi intéressantes!) et sentir les livres, voir les milliers d’images, de couleurs, de titres, les noms célèbres ou étrangers… ça m’inspire et me calme.

J’ai demandé à ce type si je pouvais le prendre en photo, je le trouvais trop mignon! Il a rigolé et dit oui, bien sûr, et a ensuite “posé” pour moi très sérieusement pendant quelques minutes. Je lui ai dit “c’est pour ma famille en Europe qui ne me croit pas quand je leur dit qu’on peut lire les bouquins (et les magazines) sans même les acheter, comme ça, peinards, pendant des heures!” Il a dû penser que j’étais folle, parce qu’ici, ce n’est pas inhabituel d’avoir un petit café (boissons/pâtisseries) parfois dans la librairie-même (comme c’est le cas chez Barnes and Noble, une autre grande librairie concurrente) et des tables, des fauteuils, et des gens qui lisent à coeur-joie sans être embêtés par personne!

Petite liste des prix…. (Quelqu’un peut m’expliquer les prix canadiens, je pige pas. C’est en cents par litre? Pour les Etats Unis c’est en dollars par gallon).

petite carte pas marrante du tout et qui donne super envie de retourner en Utah!.

Je sens que je vais aller vivre en Alberta, moi…

A part ça, bonne nouvelle, la zone pour les DVDs est la même au Canada qu’aux Etats Unis! Je vais pouvoir garder mes 250 DVDs.

Dear miss lulu,
 
Following is important information regarding the H5N1 Type A influenza virus, commonly called ”bird flu.”

Recently, the United States Center for Disease Control (CDC) has not recommended that the general public avoid travel to any of the countries affected by avian flu virus, but persons visiting areas with reports of outbreaks among poultry or humans are advised to follow some basic guidelines:

Travelers should avoid all contact with poultry (chickens, ducks, geese, pigeons, turkeys and quail) or any wild birds, and avoid settings where infected poultry may be present, such as commercial or backyard poultry farms and live poultry markets. Also, travelers should not eat uncooked or undercooked poultry or poultry products, including dishes made with uncooked poultry blood.

For up-to-date information on travel notices, precautions and warnings, visit the CDC Web site at http://www.cdc.gov/travel/outbreaks.htm.

Information about Purdue planning and other topics related to the potential pandemic is available on the Web at http://www.purdue.edu/news/fluinfo/. Individuals can register there to receive alerts when the Web site has been updated.
 
Sincerely,
 
The Director, International Students and Scholars, April 2006.

Ils sont fous ces Romains!

Ce blog est de plus en plus souvent en anglais, c’est quoi ce binz?!

Imaginez que vous vous retrouviez en face du buisson maudit, vous savez, ce crétin échappé d’un asile au Texas qui fait joujou avec la planète comme si c’était un jeu vidéo et qui tue comme il respire? Vous avez deux minutes pour lui expliquer ce que vous pensez de son manque d’humanité, sa bêtises profonde, son abus de pouvoir, sa manipulation sans scrupule de ceux qui lui font confiance. Vous, devant la personne la plus puissante au monde. Le type qui peut vous envoyer la CIA aux fesses et vous faire passer des vacances au soleil dans une certaine prison un peu plus au sud simplement parce que vous avez une tête qui lui revient pas. Est-ce que vous oseriez? Franchement, honnêtement, est-ce que vous pensez que vous pourriez faire ça?

Moi je ne sais pas. Je voudrais penser que oui. Mais je pense que non. J’aurais trop les boules, et puis je serais super intimidée et j’en perdrais mon anglais, je bafouillerais, et je finirais par dire “nice to meet you” et je partirais en courant.

Je pensais à ça après avoir vu un film il y a quelques jours, un film qu’il faut impérativement voir. Un de ces films qui nous permettent de mieux comprendre le monde d’aujourd’hui même si ça ne parle pas d’aujourd’hui. Un de ces films qui disent exactement tout ce qu’on pense depuis longtemps sans avoir jamais su trouver les mots pour le dire. Et surtout, un de ces films où l’on se dit que vraiment, il y a des gens qui ont un sacré courage et qu’on aimerait en avoir autant. Pas du courage du genre “j’ai sauté à l’élastique du haut du pont du Gard, je suis super courageuse” mais de ce genre de courage qui change le monde et le cours des planètes. C’est du film Good Night and Good Luck que je parle, bien sûr.

Et puis j’ai repensé encore plus à tout ce courage très recemment, depuis qu’un certain Harry Taylor, même pas sénateur ni rien du tout, a exprimé le fond de sa pensée au buisson maudit, comme ça, tout simplement. Je suis sur le cul! Enfin quelqu’un qui a vraiment du courage. Pas sur internet, pas sur un blog, pas dans un journal, pas dans une conversation avec son voisin, non, ce type a eu le culot de dire enfin au buisson maudit ce que des milliers d’américains (et pas que!) pensent et n’osent pas dire ouvertement. Wouah! Regardez Good Night and Good Luck et admirez les similarités!

“You never stop talking about freedom, and I appreciate that. But while I listen to you talk about freedom, I see you assert your right to tap my telephone, to arrest me and hold me without charges, to try to preclude me from breathing clean air and drinking clean water and eating safe food. What I want to say to you, is that I, in my lifetime, I have never felt more ashamed of, nor more frightened by, my leadership in Washington. I feel like, despite your rhetoric, that compassion and common sense have been left far behind during your administration. I would hope, from time to time, that you have the humility and the grace to be ashamed of yourself.”

(Vous n’arrêtez pas de parler de liberté, et j’apprécie cela. Mais alors que je vous écoute parler de liberté, je vous vois prendre le droit d’écouter mes conversations téléphoniques, de m’arrêter et de m’emprisonner sans preuves, de m’empêcher de respirer de l’air propre et de boire de l’eau propre et de manger de la nourriture saine. Ce que je veux vous dire c’est que de ma vie entière, je n’ai jamais été aussi honteux ni plus effrayé par ce qui se passe à Washington. Je pense que malgré ce que vous ne cessez de dire, la compassion et le sens commun ont été abandonnés depuis que vous êtes président. J’aimerais bien que de temps en temps, vous ayez l’humilité et la grace d’avoir honte de vous-même.) (Pardonnez ma traduction très libre).

Je suis sur le cul. Merci du fond du coeur Monsieur Taylor! J’espère que vous n’allez pas bientôt être victime d’un accident de voiture ou d’un incendit accidentel…

On saura jamais c’qu’on a vraiment dans nos ventres
Caché derrière nos apparences
L’âme d’un brave ou d’un complice ou d’un bourreau?
Ou le pire ou plus beau ?
Serions-nous de ceux qui résistent ou bien les moutons d’un troupeau
S’il fallait plus que des mots ?

Jean-Jacques Goldman, Né en 17 à Leidenstadt.

Les Etats Unis sont plein de contradictions, on le sait bien, c’est un pays qu’on adore et qu’on déteste et on y trouve le meilleur et le pire. Une de ses contradictions les plus importantes, qui a le plus d’influence sur ma vie, c’est la “credit history.” Quelques expats en ont déjà parlé et moi aussi, il y a longtemps, mais là, ma “credit history” est soudain devenue encore plus importante dans ma vie: elle n’est pas transférable au Canada!

Quoi, comment, direz-vous, et alors? Ben alors, ici, j’ai un crédit en or, construit avec patience (et beaucoup d’argent) depuis plus de dix ans et grâce auquel on me vendrait le bon Dieu sans confession trois Mercedes et une Ferrari sans hésitation le même jour et avec des taux d’intérêts extras… Parce que ça sert à ça une “credit history,” à faire confience aux gens chez qui on veut dépenser son argent. Je vous explique (continuez à lire, c’est passionant, sérieux!):

Quand vous arrivez aux Etats Unis, votre “history” est de zéro, nada, niet, niks, ekkert, inget, nimic, nothing. Si vous voulez acheter une voiture à crédit, ou une bague en or, ou même louer un appartement ou vous inscrire à une ligne de téléphone internationale, vous ne pouvez pas prouver que dans le passé, vous avez bien payé vos factures. Donc les vendeurs auront peur que vous fassiez un emprûnt et ne puissiez jamais le repayer. Ils vous feront donc un tout petit prêt, si vous êtes vraiment sympas et que vous avez un boulot stable, avec des taux d’intérêts éléphantesques! Et c’est là que beaucoup d’européens font l’erreur de leur vie: ils refusent et préfèrent payer “cash” pour ne pas payer ces intérêts ridicules. Le problème, c’est que ça sera partout pareil. Alors que s’ils payent des intérêts ridicules une fois, la fois suivante, les intérêts seront déjà moins élevés, puisque les vendeurs auront déjà une petite preuve qu’ils payent sans problème et qu’on peut leur faire confiance. Et petit-à-petit, on peut se louer un appartement plus sympa, s’acheter une bague en or, et puis même une voiture, avec un crédit de cinq ans avec des taux d’intérêts pas ridicules du tout et puis même une maison, un jour!

Ca paraît facile, hein? Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Il ne suffit pas d’acheter à crédit, pour se faire une “credit history.” Il faut le faire intelligemment, et là, c’est plus compliqué qu’on ne le pense. Certains éléments vont fortement influencer la façon dont votre note, votre “score,” (entre 400 et 850) va être calculé. Déjà, il y a trois compagnies qui calculent votre note, la tiennent plus ou moins à jour, et la donne aux banques, vendeurs de voiture, et autres propriétaires qui la veulent: Equifax, Experian, et TansUnion. Et chacune a une façon un peu différente de calculer le bidule. Par exemple mon “credit history” chez Equifax peut être de 745, chez Experian de 773, et chez TransUnion, de 780. Ces trois notes sont considérées “excellent” et 80% des habitants des Etats Unis ont une note plus basse que moi. On me dit que la différence entre mes trois notes n’influencera pas la décision des vendeurs mais influencera les taux d’intérêts qu’on m’offrira (parce que les vendeurs ne vérifient qu’une note sur les trois). Salaud, hein?

Voici les “factors” qui influencent ma “credit history” négativement:
- Elle n’existe que depuis 10 ans et 2 mois. Une histoire de moins de 3 ans ne vaut rien, de moins de 7 ans est “short,” et de 30 ans ou plus est “optimal.” Donc plus longtemps on vit aux Etats Unis et mieux c’est pour notre histoire.

- J’ai des dettes (moins de $2000). Cela montre que je vis un peu au-delà de mes moyens et que même si j’ai un salaire, je peux me retrouver dans une situation difficile si quelque chose d’imprévu se passe. Par contre, ce ne serait pas bien de n’avoir aucune dette, comme je l’ai expliqué plus haut, donc pour que les dettes aient une influence positive sur mon histoire, il faut qu’elles soient petites.

Voici les “factors” qui influencent ma “credit history” positivement:
- Je n’ai jamais oublié de payer mes payement mensuels et je n’ai jamais payé en retard non plus. Et j’ai toujours remboursé mes emprûnts à 100% et n’ai jamais déclaré faillite. Bien sûr, de ne pas payer ou de payer en retard, c’est très mauvais. Plus on paye en retard et plus c’est moche. (Ce qui est intéressant, c’est qu’Equifax dit que j’ai fait quelques payements un tout petit peu en retard… ce qui est vrai. Mais les deux autres ne l’ont pas remarqué assez rapidement pour que ce soit noté, heureusement. C’est pour ça que ma note chez Equifax est plus basse que chez les deux autres).

- Les cartes de crédit que je possède m’offrent des crédits jusqu’à pratiquement $35000! Cela veut dire que je pourrais acheter à crédit jusqu’à $35000! C’est excellent pour mon histoire, (pas d’acheter, mais d’avoir la possibilité de le faire) parce que ça montre que les banques me font confiance. En effet, plus votre histoire et bonne, et plus on vous offre des crédits élevés. Je me souviens qu’au début, j’avais un crédit de $100 ou $200… Et l’année denière, j’avais $5000 de crédit possible sur une carte et j’avais besoin de plus, alors j’ai téléphoné à la banque et expliqué mon problème, et la banque, après avoir vérifié ma “credit history,” ma filé immédiatement un credit de $15000! Tout ça en moins de 10 minutes de conversation téléphonique!

- J’ai quatre cartes de crédit. C’est positif pour mon histoire, parce que ça montre que les banques me font confiance et que je fais des payements réguliers. Par contre, comme pour les dettes, il serait mauvais d’avoir trop de cartes de crédit ou de n’avoir aucune carte.

- Je n’ai pas fait d’emprûnt depuis un moment, ce qui est bien pour plusieurs raisons: je ne suis pas en train de rembourser un gros emprûnt, je ne vis pas au-dessus de mes moyens, et surtout, personne n’a fait une “hard enquiry” sur mon histoire. Une “hard enquiry” c’est quand quelqu’un vérifie ma “credit history” pour un gros emprûnt (voiture, maison, etc.) et ça “coûte” des points à l’histoire, même si je ne fais pas l’empûnt en fin de compte!

- J’utilise moins de 70% (ou moins) de l’argent que je pourrais utiliser, ce qui est bon parce que d’utiliser plus de 50% de cet argent (les $35000 dont je parle ci-dessus) serait très mauvais pour mon histoire. Utiliser moins de 20% de cet argent est excellent parce que ça montre que je n’ai pas besoin de vivre à crédit.

Alors si vous vivez aux Etats Unis, faites attention à tout ça.

Tout ça pour vous dire qu’au Canada, je vais recommencer à zéro! Beaucoup d’immigrants se retrouvent au Canada sans boulot, sans beaucoup de cash dans leur poche, et personne ne veut leur louer un appartement ou leur vendre de voiture. Moi je vais essayer de garder ma voiture (mais c’est pas encore gagné, je dois faire pas mal de transformations) et j’aurai un salaire, mais mon histoire canadienne sera quand même de zéro donc j’ai un peu peur de ne pas arriver à trouver un appartement sympa. J’ai donc fait faire une copie “conforme” de ma “credit history,” qui montre tous les payements et emprûnts que j’ai fait depuis 10 ans et 2 mois et mes notes finales. J’ai aussi demandé un “renter’s history” à mon proprio, qui montre tous les payements de loyer que j’ai fait depuis que je suis dans mon champ de maïs. Peut-être que ça ne servira à rien, mais peut-être que ça aidera un peu.

Et la première chose que je devrai faire, au Canada, c’est de m’acheter des tas de choses à crédit chez Ikea pour commencer à me reconstruire une histoire… Ahh que ça va être difficile ;)

Il y a mon champ de maïs. Plat, plat, plat. L’absence de vie, la chaleur moite en été, les tornades au printemps et en automne, les blizzards en hiver, des moments vides et qui s’éternisent, le manque de culture et de diversité, l’odeur des vaches, les montagnes cruellement absentes, et les distances longues comme un jour sans pain.

Il y a aussi le calme. Le vent qui caresse doucement les épis, les embouteillages inconnus, l’absence de stress, le silence de la nuit, les voisins qui disent bonjour, les portes des maisons ouvertes sans craintes, le facteur qui connait mon nom, la vie qui s’écoule sans peur, et le ciel bleu, infini, aussi loin que les yeux peuvent porter.

Fermer la porte à une vie sans vie et qui s’éternise, c’est ouvrir une fenêtre à des possibilités même pas encore imaginées. Mais ouvrir la porte à une nouvelle vie multicolore c’est aussi fermer une fenêtre sur les étoiles qui scintillent plus vivement dans mon champ de maïs que n’importe où d’autre.

Et vous, qu’est-ce que vous préférez? La ville ou la campagne? Qu’y aimez-vous?

Avec le retour de ça:


il y a aussi le retour de ça:

Décembre 2000, le verdict tombe: je suis virée de l’université pour quatre mois, un “semestre.” A cette minute précise, je perds la moitié de ma vie: mes études, mon boulot, mon appartement, mon visa, et mon boyfriend. Je suis donc obligée de tout laisser tomber et de sortir des Etats Unis où je suis devenue illégale en quelques jours pour aller passer quelques mois en Suisse, chez mes parents.

Avril 2001: j’ai enfin le droit de me réinscrire à l’université pour y finir mes études. Mais avant de rentrer aux Etats Unis, mon nouveau visa en poche, je passe quelques jours en France et puis je décide de passer par Montréal où on m’offre un boulot de prof d’anglais dans une école privée. Le boulot bof, pas trop mon truc, mais la semaine à Montréal c’est le top! Dieu que j’aime cette ville! C’est malheureusement à ma sortie de Montréal que l’histoire se corse!

Les citoyens canadiens ayant quelques privilèges en ce qui concerne l’immigration aux Etats Unis, et le 11 septembre 2001 n’étant pas encore arrivé, le douanier qui m’accueille à mon retour aux Etats Unis ne fait pas bien son boulot et ne met pas un gros tampon rouge sur mon I-20! A mon retour à l’université, dans le bureau des étudiants internationaux où je “check in,” on me dit que sans ce beau tampon rouge, je ne peux recommencer ni à travailler ni à étudier! Il me faut urgemment ressortir des Etats Unis pour y re-rentrer et bien faire tamponner mon I-20. Urgemment! Parce que là, j’étudie et je travaille illégalement!

Heureusement, une collègue de travail à qui je fais part de mes soucis m’invite à passer un week-end chez sa tante qui habite à San Diego. Samedi, on pourra aller à Tijuana, au Mexique, et se faire tamponner le I-20 à notre retour, et puis on en profitera pour visiter le Mexique en passant. Génial!

Après une visite à Tijuana où nous avons à peine eu le temps de manger dans un vague restaurant (le dessert, un mélange de kahlùa et de glace à la vanille reste quand même mémorable) et de se faire prendre en photo sur un pauvre petit âne accablé de fatigue, de chaleur, et de touristes crétins, on repasse la frontière pour rentrer aux Etats Unis. Après plus de deux heures d’attente, un douanier nous fait enfin passer et je lui dit bien de tamponner mon I-20 (malgré son regard “je suis pas con, vous savez” noir). Et toute heureuse de ce succès, je rentre chez moi.

C’est là qu’au bureau des étudiants internationaux de mon université, où je montre mon beau tampon, on m’apprend que