US of A


Alors, suis-je amoureuse des Etats Unis ou du Canada, comme postscriptum le demande dans le post précédent? Est-ce que je préfère vivre ici ou est-ce que la vie de là-bas me manque mortellement? Est-ce que je vais retourner vivre le rêve américain le plus vite possible? Est-ce que le Canada est un pays aussi archaïque et déprimant que je l’ai décrit?

Bonnes questions. Avant d’y répondre, je dois encore expliquer trois points importants.

1. Oui, la vie est beaucoup plus facile aux Etats Unis pour quelqu’un qui a mon niveau d’éducation, mon soutient familial, mon travail, mon argent, ou plus. Il n’y a aucun doute là-dessus! Mais je crois que cette vie facile est le résultat d’un capitalisme sauvage où on sacrifie simplement les pauvres pour donner une meilleure vie aux riches. C’est très clair au niveau des assurances maladies, de la retraite, et de l’éducation, entr’autres. Au Canada, on ne court pas aussi férocement vers la belle vie américaine parce qu’on aime moins l’idée de laisser des cadavres et des fantômes derrière soit. C’est un concepte complètement anti-américain, anti- »the survival of the fittest, » anti-rêve américain. Le rêve américain dit que « je peux arriver à faire tout seul ce que je veux dans ma vie, personne ne me doit rien, et je ne dois rien à personne. » Le rêve canadien dit que « ça va pas être facile mais si on se serre les coude, on peut à peu près tous y arriver. » TRES grosse différence.

Et c’est bien agréable de profiter de la belle vie américaine, mais au bout d’un moment, on se sent quand’même vachement coupable… moi, en tous les cas (et j’en connais qui ne le sont pas du tout).

2. A part cette différence de mentalité et de vision du monde, il y a une autre très grosse différence entre les deux pays: l’économie. Il n’y a aucun doute que le marché économique est beaucoup plus limité au Canada (à cause du nombre d’habitants, des températures moyennes de plusieurs provinces, etc.) qu’aux US. Le résutat, c’est que la concurrence est pratiquement innexistante au Canada, et le gouvernement peut dicter sa loi beaucoup plus facilement (puisqu’il y a moins de privatisation). Au niveau des banques ou de LA compagnie aérienne, par exemple, il y a beaucoup moins ou aucune compétition et les prix sont donc plus élevés, le service à la clientele est moins bon (mais toujours meilleurs qu’en France, ouf), il y a plus de paperasserie et moins de changements, et tout est moins efficace. C’est comme ça et on y peut pas grand’chose!

3. Mon troisième point concerne les immigrants et l’image qu’ils ont du Canada. J’ai sûrement eu une vision plus négative du Canada que quelqu’un qui vient de France. Je dirais que le Canada est, sur une échelle de 1 (France) à 10 (Etats Unis)*, à 6 ou 7 (ça dépend dans quel domaine). Par exemple, au Canada, il est beaucoup plus facile (et immaginable) qu’en France de changer de carrière à 40 ans, de recommencer des études à 50 ans, de faire des emprûnts importants à 30 ans, de créer sa propre boîte, de trouver du boulot, de déménager dans un état à l’autre bout du pays… Aux Etats Unis, tout ça devient tellement facile que c’en est presque dangereux. Au Canada, le service à la clientèle est meilleur qu’en France parce qu’il existe! Au US, il est tellement bon que n’importe qui peut faire n’importe quoi pour n’importe quelle raison et ça en devient ridicule (au niveau des procès, par exemple). C’est pareil dans beaucoup d’autres domaines, et je pense que c’est pour ça que mon point de vue est très différent de ce qu’on entend souvent raconter en France par les français qui ont immigré au Québec, par exemple.

Alors oui, je suis amoureuse du Canada, et oui, je veux y rester. Et oui, j’ai aimé et j’aime toujours les Etats Unis mais je n’irai jamais y revivre. On me dit « oui mais bientôt un certain buisson maudit ne sera plus au pouvoir » mais ça ne changera rien, la société américaine a toujours été excessive en bien et en mal et le restera toujours, que son président soit Républicain ou Démocrate. Aux Etats Unis, tout va toujours tellement rapidement et efficacement qu’on finit par oublier qu’il y a des êtres humains derrière tout ça, qui payent de leur santé mentale et physique pour nous offrir cette rapidité. Quand je suis arrivée ici, je gueulais contre la lenteur et l’inéficacité des employés (banques, magasins, etc.), et mon frangin m’a dit « oui mais c’est sûrement plus agréable et meilleur pour la santé de ces gens de pouvoir bosser à un rythme normal et sans se dire qu’à la première gaffe ils se retrouveront à la rue ou avec un procès sur le dos. » Je gueule toujours, mais je pense qu’il n’avait pas entièrement tort. On n’a rien sans rien. La « perfection » apparente des Etats Unis coûte cher, et sous sa lisse surface, on trouve beaucoup plus de problèmes sérieux (qui existent au Canada mais à des niveaux bien moins alarmants) comme le racisme, le fondamentalisme, l’excès, le puritanisme, l’orgueil, la corruption, l’obésité, l’ignorance, la bêtise, la peur, la haine, l’abrutissement, la xénophobie, la manipulation…

Alors oui, ma vie américaine me manque terriblement mais je lui préfère quand’même ma vie canadienne. Quant au rêve américain, les français en manquent sérieusement, mais les canadiens n’en ont pas besoin, la société change bien assez vite d’elle-même pour qu’on en rajoute. Et non, malgré mes médisances répétées que mes amis canadiens ont endurées patiemment, le Canada n’est pas un pays archaïque et déprimant, bien au contraire, et je ne peux raisonnablement que me plaindre du manque d’accessibilité, de la difficulté à trouver des médecins, et du système banquaire (et d’un certain harpagon, bien qu’à côté du buisson maudit, il soit un vrai enfant de coeur). Pour le reste, on s’y fait, et les changements empêchent de vieillir trop vite, pas vrai?

Alors vive le Canada, pays qu’on ne peut s’empêcher d’adorer malgré ses défauts :) Moi je l’ai, mon rêve canadien, et je le garde!

* Ca veut pas dire que la France est nulle, putainborderldemerde! Mon échelle mesure tout en général, la bouffe, la violence, le prix de la vie, la culture… parfois c’est positif, parfois c’est négatif, et peut-êtr que mon échelle va de -10 à + 10, hein?! C’est marrant, très peu de canadiens me sont tombés dessus quand j’ai critiqué sans vergogne leur pays dans nombreux de mes posts, mais là, je dis trois mots sur la France, et la France au complet est prête à me passer à la guillotine! A chaque fois c’est la même chose

Pour détendre l’atmosphère et vous démontrer que tout n’est pas rose noir au Canada, laissez-moi vous raconter une petite histoire. Quand je suis arrivée ici, on m’a dit qu’il fallait que je change ma plaque de voiture américaine en une plaque ontarienne et échanger mon permis de conduire avant 60 jours après mon arrivée. Comme une grande fille, je suis donc allée au département des transports pour y faire tout ça et là, on m’a dit qu’on ne pouvait rien faire parce que les ordinateurs de l’Indiana, qui gardaient secrètement mon « historique de conductrice » nécessaire pour avoir un permis de conduire canadien, étaient en panne. En attendant que les ordinateurs remarchent, m’a-t-on dit, je pouvais aller faire vérifier ma voiture pour la sécurité et la pollution, vérification nécessaire pour avoir les plaques. Bon…

Comme une grande fille, je suis donc tout de suis allée faire ces vérifications de pollution et de sécurité ($160) et j’ai attendu que les ordinateurs de l’Indiana remarchent… Un peu plus d’un mois plus tard, j’ai reçu un coup de téléphone du département des transports me disant qu’ils avaient enfin reçu les informations nécessaires de l’Indiana et que je pouvais venir chercher mes plaques et mon permis. Là-bas, j’ai effectivement reçu mon permis mais pour avoir les plaques, il fallait que j’aie une assurance canadienne pour la voiture… et petit détail navrant, le teste de pollution que j’avais fait pour la voiture n’était valable qu’un mois donc je devais aller le refaire (celui de sécurité était valable un an… ou le contraire…)! Bon…

Comme une grande fille, je suis allée me trouver un assureur chez la même assurance que j’avais aux Etats Unis comme ça j’avais déjà un historique de conductrice et je ne payais pas comme si je venais d’avoir mon permis… mais ça me coûte quand’même $150 par mois alors qu’aux US, ça ne me coûtait que $40 par mois, vive le Canada! Et là, je me suis souvenue que je devais refaire le teste de pollution… et pour la première fois, j’ai béni l’archaïsme canadien qui veut qu’on écrive encore plein de papiers officiels à la main… et j’ai transformé le 7 (de juillet) en 8 (d’août). Comme ça. C’était la première fois (et probablement pas la dernière fois) que je trompais honteusement le gouvernement canadien. Honte sur moi jusqu’à la troisième génération (ça m’a quand’même fait économiser $105)! Pour me faire pardonner, j’ai choisi l’option « chère » pour la vignette et je l’ai payée d’un coup d’un seul jusqu’en janvier 2008! (Et finalement ils n’ont même pas regardé ces papiers…).

Bref, je vous avais bien dit que j’étais une fille immorale et que vous devriez brûler ce blog…

A part ça, que raconter sur les voitures au Canada? D’abord, comme il y a seulement un petit nombre de provinces différentes (et pas beaucoup de voitures dans certaines de ces provinces, j’imagine), on voit rarement des plaques d’immatriculation d’autres provinces comme aux Etats Unis. Et ces plaques sont moins différentes les unes des autres, moins jolies, c’est dommage. Quand je pense aux dixaines de plaques différentes qu’il y avait rien qu’en Indiana! Donc ici c’est un peu « platte » comme disent les Québecois ;)

Un truc différent de l’Indiana et de l’Utah (et je ne sais pas comment c’est dans les autres provinces et états), c’est qu’en Ontario, on paye les taxes de voiture (la vignette) à son anniversaire, pas à celui de la voiture ou à l’année, c’est pour ça que ma vignette est bonne jusqu’en janvier (mon anniversaire, hint, hint ;) ) alors qu’en Indiana, je payais la vignette en juillet de chaque année parce que j’étais arrivée en Indiana en juillet.

Quelque chose qui m’a surpris mais que j’ai trouvé bien pratique, c’est que l’assureur de la voiture est venu lui-même chez moi vérifier le numéro de ma voiture. Il m’a dit que c’est une nouvelle loi en Ontario pour limiter le nombre de voiture volées qu’ils assurent. Moi, ça m’a évité un déplacement, parce que c’est pas mon assureur américain qui se serait bougé les fesses!

En ce qui concerne les limites de vitesses, c’est ridicule: 100 kil/heure sur les autoroutes au maximum, excusez-moi mais c’est presque dangereux de rouler si lentement et il n’y a pas moins d’accidents ici qu’en France ou aux US où on roule plus vite! D’ailleurs en Ontario tout le monde roule plus vite (et plus dangereusement parce qu’il faut tout le temps vérifier que la police ne nous suit pas…). Par contre, en plein centre ville, la limite est entre 70 et 90 kil/heure pour les grandes artères! Ridicule! (Bon, c’est pas souvent que les bouchons perpetuels de mon bled permettent de faire du nonente à l’heure, à vrai dire…). Il y a un système de point sur le permis, comme en France, mais ça n’existait pas aux US. A part ça, les règles de la circulation sont pratiquement les mêmes qu’aux US (ouf!) sauf qu’ici on compte en kilomètres et mètres et pas en pieds et miles. Par contre, pour le parking, ici c’est la grande rigolade (je ferai tout un post là-dessus bientôt, ça vaut le détour!).

On m’avait dit que les piétons canadiens étaient célèbres pour attendre que le feu passe au vert pour eux avant de traverser la rue… sauf à Granbled, je peux vous dire (enfin, la plupart des gens attendent effectivement, et j’ai la vague impression que ceux qui ne le font pas sont des sales français étrangers)! Par contre il est vrai que les Canadiens font la queue aussi sagement que les Américains (contrairement aux français, hum hum) pour attendre le bus, à la poste, etc.. Et puis bon, j’ai gueulé sur la TTC, mais en gros, il y a un bon système de transports publics à Granbled, entre les bus, le métro (il n’y a que deux lignes, c’est vrai, mais c’est mieux que rien), et les streetcars, surtout que les billets pour les uns sont valables pour les autres, c’est pratique, et même si sur un trajet je prends le métro ET le streetcar ET le bus, je ne paye qu’un billet. Il y a parfois des problèmes (accidents, suicides dans le métro, etc.) mais j’imagine qu’il y en a autant ici qu’ailleurs. En tous les cas, on n’a vraiment pas besoin d’avoir une voiture pour vivre correctement dans cette ville! Et comme le prix de l’essence est trois fois plus élevé qu’aux US (alors que le Canada produit beaucoup plus de pétrol que les Etat Unis, mais taxe aussi ce pétrol beaucoup plus), c’est bien d’avoir des bons transports en commun!

Une dernière chose qui peut vous être utile si vous passez par ici. Le feu vert signifie: on roule vite; le feu orange signifie: on roule encore plus vite; et le feu rouge signifie: on ne se laisse pas intimider et on continue, mais après reflection, on s’arrête au milieu de l’intersection! Bienvenue au Canada :)

PS. J’ai oublié le chwal, boudjou! La police se balade à chwal dans la ville, c’est très rigolo! Mais ils n’ont pas le bel uniforme rouge que la police montée canadienne avait toujours à la télé de mon temps… Pfff, le Canada n’est plus c’qu’il était ma brave dame!

Si la médaille d’argent de la chiantise revient à la TTC, la médaille d’or revient sans conteste au système banquaire canadien! (Désolée, post très long parce que moi très fâchée!)

Parlons du système américain d’abord: il y a des centaines de banques différentes, aux US, et donc une compétition serrée pour s’approprier les clients. Ma banque en Indiana, par exemple, « offrait » des tas de cadeaux si on ouvrait tel ou tel compte chez eux (je dis « offrait » parce qu’en fait, on devait payer des impôts sur ces cadeaux à la fin de l’année). Comme je recevais un salaire régulier de Purdue University, je ne payais absolument aucun frais, ni pour garder les comptes courant et épargne ouverts, ni pour les transactions que je faisais à la banque même, sur internet, avec ma carde de « débit » ou mes chèques, ou bien aux distributeurs de sous (ATMs). Les seuls frais que j’aurais pu payer étaient si j’avais eu un compte négatif (ce qui n’est que rarement arrivé puisque j’avais aussi des cartes de crédit). Aujourd’hui, j’ai toujours un compte aux US mais comme je n’ai pas de salaire régulier qui tombe dessus, je paye $1.5 par mois, mais chaque transaction est toujours gratuite.

Avec ce compte américain, j’avais une carte de « débit » gratuite que je pouvais utiliser dans tous les magasins/restos, etc. (et sans minimum, du genre je pouvais payer un timbre à $0.52 avec ma carte), par téléphone (pour acheter une pizza à livrer à domicile, par exemple) et ausi aux ATMs, soit avec une signature, soit avec un code secret (PIN). Quand j’utilisais le PIN, je pouvais aussi bénéficier du système « cash-back, » c’est-à-dire que si mon total était de disons $15.55, je pouvais payer ça et en même temps, « retirer » autant de liquide que je voulais et gratuitement (comme si j’étais à un ATM). Mais en gros, je n’ai jamais eu besoin d’avoir de liquide avec moi pour vivre sans problème puisque qu’on peut payer pratiquement partout avec les cartes banquaire, aux US. Je suis passée par quatre banques différentes dans deux états différents, et leur façon de fonctionner était la même partout, à part pour quelques détails (par exemple une des banques avait un « compte de découvert » spécial attaché au compte courant et qui « offrait » (sans frais si on les repayait en un mois) une possibilité de découverts jusqu’à une certaine limite).

Enfin, les premiers 50 chèques étaient gratuits (et je les utilisais rarement de toutes les manières puisque qu’on pouvait très facilement et gratuitement payer toutes ses factures avec internet) et on pouvait choisir parmis des centaines de designs différents. Sur internet, je pouvais voir toutes les informations à propos de la personne/compagnie à qui j’avais fait des payements, et je pouvais même voir une copie scannée des chèques que j’avais utilisés (le devant et le dos de chaque chèque). Un dernier truc: si par le plus grand des hasard une âme généreuse voulait déposer de l’argent sur mon compte, il/elle pouvait simplement aller à ma banque et dire « je voudrais mettre $6000 sur le compte de miss lulu » et paf, ils trouvaient mon nom, mon numéro de compte, et c’était fait! Bref, tout était clair, simple, et fait pour simplifier les dépenses (on était aux Etats Unis après tout, n’oublions pas!).

Au Canada, ooohhhhhh, c’est une toute autre histoire et une histoire très douloureuse! Déjà, il y a seulement six banques principales et environ une quinzaine de petites banques locales. La compétition est donc très limitée et ces saligauds le savent et en profitent. Là, je n’ai vu qu’une offre de « cadeau » pour l’ouverture d’un compte (un iPod), et les frais sont différents dans chaque banque mais démentiels partout. Par exemple, ma banque ne demande pas de frais mensuel ni de frais de transactions si j’ai au moins $2000 sur mon compte en tout temps mais dès que je tombe à $1999.99 ou en-dessous, alors là ils prennent $4.00 juste comme ça, et en plus, $0.63 par transaction (chèque, ATM, magasin/resto, banquier, etc.). Une autre banque propose des transactions gratuites et illimitées même sans minimum sur le compte mais par contre, les frais mensuels sont de $35!

Les chèques sont hors de prix (et il y a environ cinq designs différents) et acceptés très rarement, et leur carte ATM est très différente de l’américaine. Ici, on ne peut que l’utiliser avec un PIN, et donc c’est impossible de payer avec elle dans beaucoup de restos et magasins et en particulier par téléphone. Donc comme je n’ai pas de carte de crédit canadienne (sauc une AmEx mais elle ne s’utilise pas partout), je ne peux partiquement rien acheter par téléphone (pizza, etc.) ou bien avec du liquide seulement. Et le système « cash-back » marche, mais rarement, et seulement si le montant des achats s’élève à plus de $10, en général.

Un autre truc canadien, c’est les payements par internet. On ne peut payer ses factures par internet qu’à des compagnies qui ont un « deal » avec la banque en question. Par exemple, je peux payer mon loyer par internet si ma régie s’est mise d’accord avec ma banque pour que ce soit possible. Et chaque mois, il faut recommencer les vérifications (impossible de faire des payements mensuels automatiques comme aux US). Donc si la compagnie que je veux payer n’a pas d’accord avec ma banque, je suis screwed, comme on dit.

Les cartes de crédits sont aussi beaucoup plus difficiles à obtenir au Canada qu’aux US. Dans ma banque, ils ne donnent de cartes de crédits qu’aux canadiens et aux résidents permanents (donc pas aux gens qui, comme moi, ont seulement un permis de travail). Heureusement, j’avais une Américan Express aux US et eux ont donc été d’accord de me filer une AmEx (avec un maximum très bas mais qui peut augmenter au fil des temps si je fais mais remboursement régulièrement). Sans mon AmEx, je n’aurais encore ni lit ni bureau ni commodes!) Je n’ai pas investigué le coup de la « credit history » mais d’après ce que je comprends, c’est pareil qu’aux US. Par contre, le truc rigolo (enfin, pas trop) avec AmEx, c’est qu’ils ne me laissent pas les payer avec une autre carte de débit/crédit (genre la carte de mon compte en France ou aux US). Il faut que je demande à ma banque s’ils peuvent avoir un accord avec AmEx pour qu’ils envoient depuis mon compte canadien des sous pour payer mon AmEx. Bizarre. En plus, utiliser le « online banking » (gérer mes comptes sur internet) est très nul aussi parce qu’on voit seulement un bout du nom de la compagnie à qui on a fait le payement et aucun autre détail (donc parfois c’est impossible de deviner ce que c’était), le total du payement, et la date du payement. Oh, et un truc que j’ai encore du mal à croire: parfois, je reçois des reçus écrits à la MAIN, quand je dépose de l’argent sur mon compte! Et quand mes parents ont voulu déposer de l’argent sur mon compte quand ils étaient au Canada, ils n’ont pas pu parce qu’ils avaient SEULEMENT mon nom ET ma carte banquaire ET mon numéro de compte (qui n’est pas écrit sur ma carte), mais il leur manquait mon PIN! On est encore au Moyen-Âge ou quoi?!.

Un autre truc con, ici, c’est le coup des chèques: l’autre jour, j’ai reçu un chèque de remboursement de frais professionels pour $150 de mon université. Je suis donc allée à ma banque, dans ma « branche » (succursale?), là où ils reçoivent mon salaire tous les mois de mon université et où je garde (j’essaye de garder, plutôt) $2000 sur mon compte en tout temps, et j’ai dit « est-ce que je peux vous filer mon chèque et recevoir les $150 siouplait? » et on m’a dit que non. Non, ils gardaient le chèque « gelé » pendant cinq jours pour vérifier que ce n’était pas un faux et ensuite seulement je pouvais recevoir l’argent sur mon compte directement. $150! De mon employeur! Dans MA BRANCHE! Alors que j’ai « cashé » (reçu tout de suite et en liquide) des chèques de $2000 dans mes banques américaines sans problème, même quand c’était des chèques de n’importe qui et que j’allais dans n’importe quelle branche! Ma fin de mois est super serrée mais je reçois enfin $150 de remboursement de frais professionels et $350 de frais de lentilles de contact + occuliste mais non, je n’aurai cet argent que cinq jours plus tard, quand j’aurai été obligée de piocher sur les $2000 de minimum que je dois garder en tout temps sur mon compte et que donc je devrai en plus payer $15 de frais sur toutes les transactions que j’ai faites AVANT ça (même quand j’avais encore $2000 sur mon compte, c’est rétroactif, les abrutis!). Hystérique, je suis, avec ma banque!

Je pense que la plus grosse différence entre le système banquaire aux Etats Unis et au Canada c’est qu’aux US, les banques se font un blé fou avec les cartes de crédit mais les comptes courants et d’épargnes sont pratiquement gratuits (bon, les comptes d’épargne ne rapportent pratiquement rien là-bas, soyons honnête), alors qu’au Canada, les banques se font un blé fou sur tout, absolument tout, et tout est compliqué pour qu’on se fasse avoir le plus possible.

Voyons, qu’oubliais-je à propos de ce &£%#$@&£&$ de système banquaire? Ah, une seule et dernière choses: ce système est archaïque, malhonnête, et honteux, et y’a rien à dire de plus!

Je le reredis: mes OBSERVATIONS sont SEULEMENT des GENERALITES qui me sont venues à l’esprit après SEULEMENT QUATRE MOIS dans UNE SEULE VILLE CANADIENNE et 10 ans dans SEULEMENT DEUX ETATS aux USA. Il est donc ABSLUMENT CERTAIN que ce que je raconte ne concernent QUE MOI. JE M’EXCUSE auprès de tous ceux que j’offusque en GENERALISANT ainsi sur des pays aussi grands et diversifiés que le Canada et les Etats Unis.

Dans la série « Canada vs. USA, » parlons aujourd’hui des petites choses de tous les jours…

- Les magasins sont fermés tôt le soir (enfin, c’est pas aussi pire qu’en Suisse, quand’même), très souvent le dimanche, et très souvent le lundi au Canada alors qu’ils sont pratiquement ouvert 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, 364 jours sur 365 aux US (le seul vrai jour férié pour les magasins américains est Thanksgiving). Et le truc auquel je n’arrive pas à m’habituer est que les restaurants n’ouvrent que vers 11:30 ou midi et sont parfois fermés l’après-midi. Aux US, tout est ouvert à 11 heure du matin et le reste jusqu’à tard le soir (enfin, 10 heures du soir dans mon champ de maïs, il faut bien l’avouer, alors qu’à Granbled c’est encore souvent ouvert beaucoup plus tard);

- Les gens au Canada sont sympas en général, je dirais autant qu’aux US, mais ma copine Karibou me dit que les Canadiens sont plus exigeants et même un peu chiants parfois…. Ce qui est sûr, c’est qu’aux US les gens ne sont pas casse-pieds, ils vous collent simplement des procès au cul tout de suite…

- Les Canadiens sont définitivement moins propres que les Américains (au niveau du nombre de douches par jours là je sais pas, mais c’est difficile d’être plus obsédé par la propreté que les Américains): il y a des journaux, des papiers, et des tasses en papier (café) partout sur les trottoires et dans le métro, et les toilettes publiques sont de loins moins propres (mais c’est quand’même le paradis comparé à la France!). Par contre, comme aux US, il n’y a pas de crottes de chien, jamais, nulle part! (bon d’accord, il y en a une en bas de chez moi, c’est vrai, mais c’est la première que je vois en quatre mois!);

- Le système de pourboires partout (restos, coiffeurs, taxis, etc.) est le même qu’aux US, c’est pratique;

- Le numéro de sécurité sociale (SS# aux US), n’est pas utilisé au Canada comme vérification de sécurité (banque, etc.). Par contre, on utilise plus la date de naissance, ce que je n’ai jamais vu aux US. Dans les deux pays, on utilise aussi le nom de jeune fille de la mère (donc de ma mère) pour vérifier qu’on est bien la bonne personne;

- Les cartes (permis, carte de santé, carte de numéro social) sont plus jolies, avec des jolies fleurs et tout, huhuh) (admirez la sale tronche que je fais sur la première carte, après avoir dû revenir QUATRE FOIS à leur bureau pour leur rapporter des tas de papiers différents à chaque fois! Et en plus, au Canada on doit attendre 3-5 semaines avant de recevoir sa carte de permis de conduire, alors qu’aux US on la reçoit tout de suite après avoir réussi son permis. (Par contre, le numéro d’assurence sociale, je l’ai eu en 1,5 minute!);

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- Un truc marrant: beaucoup de bijouteries sont fermées à clé et il faut sonner pour y entrer pendant la journée. Pendant la nuit, tout est rangé dans des coffres et les vitrines et le magasin entier sont vides, ça fait bizarre, je n’avais jamais vu ça ailleurs (au début je croyais que c’était des magasins qui avaient fait faillite);

- La frontière pour rentrer au Canada est de loin plus cool que la frontière pour rentrer aux Etats Unis. Pour rentrer aux US, ça me prend entre 30 minutes et une heure et je suis fouillée, questionnée, on me prend mes empreintes digitales et ma photo à chaque fois, et ça me coûte $6 à chaque fois. Pour rentrer au Canada, je montre mon passeport, mon permis de travail, et basta, à la prochaine! Vive le Canada!

- Autre truc marrant: il y a de la publicité par-terre, surtout dans le métro, des affiches immenses (3-5 mètre de long) sur lesquelles les gens marchent…

- Au Canada, il n’y a pas de courrier le samedi et c’est chiant. Les postes et les banques sont aussi fermées le samedi, c’est super pas pratique!

- Au Canada, on recycle beaucoup beaucoup beaucoup plus qu’aux Etats Unis. Tout doit être séparé tout le temps, le verre, le papier, le plastique… Alors qu’aux Etats Unis, le gens ne croyaient pas que le recyclage était utile. A chaque fois que j’apportais mes piles usées à un magasin de piles pour qu’ils les recyclent, ils les jetaient à la poubelle devant mes yeux en rigolant, comme si je venais d’une autre planète;

- Le cinéma se passe comme aux USA. Il n’y a pas de pause au milieu (comme en Suisse, tuez-les!!) ni au début (comme en France). Les sacs de pop-corn sont énormes au Canada mais un peu moins qu’aux US (d’ailleurs il y a beaucoup moins de gens qui ont des problèmes de poids, ici, c’est frappant).

- Internet et le téléphone sont chers et assez nuls (en tous les cas chez Rogers). Enfin, pour internet on a plus de choix de rapidités de connections. Mais le téléphone est terriblement basic, et chaque option est hors de prix (répondeur, caller ID, call waiting, etc.). Mon répondeur (on a UNE option gratuite) ne me dit ni quel numéro m’a laissé un message ni quand l’appel a eu lieu (date, jour, etc.) et je ne peux pas garder les messages après les avoir écoutés. Les options d’appels internationaux sont aussi beaucoup plus limitées au Canada qu’aux Etats Unis (je reviendrai sur le problème de la concurrence un de ces jours).

Voili voilà, quelques petites différences de plus, de mieux ou de moins bien, ce n’est pas ça l’important. L’important c’est que c’est différent :)

Y sont fous ces canadiens: ils écrivent maple leafs au lieu de leaves, centre au lieu de center, et ils disent « zèd » au lieu de « zii » pour la lettre Z. En plus, ils utilisent programme, cheque, tap, cutlery, railway, et colour (british), mais gas, truck, tire, et chips (américain). Les québecois se disent anti-anglais (on dit « arrêt » au lieu de « stop » et « magasinage » au lieu de « shopping, ») mais ils disent tomber en amour (fall in love), appliquer pour une job (apply for a job), appointment (rendez-vous), badlucké (malchanceux, de bad luck), bosser (donner des ordres tout le temps, de boss), catcher quelque chose (comprendre, to catch), matcher (les pantalons avec chemise, de match), et tant d’autres (allez-y, ne vous gênez pas pour compléter la liste ;) )!

Autres trucs qui me rendent la vie compliquée: on dit « grade 10″ au Canada au lieu de « 10th grade » aux US (pour les niveaux à l’école), marks au lieu de grades (pour les notes d’examens), on « write an exam » au Canada mais on « take an exam » aux Etats Unis, on utilise un calendar au lieu d’un catalog (gros bottin qui donne la description de tous les cours offerts par l’université et autres informations importantes), on utilise très rarement freshman et sophomore (alors qu’on l’utilise très souvent aux US, pour décrire les étudiants universitaires de première et deuxième années), on dit « going to university » au lieu de « going to the university, » et « going to hospital » au lieu de « going to the hospital. » « Going to college » ne veut pas dire « going to university » (alors que c’est à peu près l’équivalent aux US) puisque le « college » au Canada est très différent de l’université (c’est plutôt une école professionelle).

Oh, et le « bacon » au Canada c’est ce qu’on appelle du « Canadian bacon » aux Etats Unis, et le « bacon » aux Etats Unis c’est du « peameal bacon » au Canada (ou quelque chose comme ça, cette histoire n’est pas encore très claire comme je ne mange d’aucun des deux…). « Pissed » veut dire fâché aux US et soûl au Canada, et « rubbers » veut dire condoms aux US et bottes d’hiver au Canada!

En ce qui concerne les stéréotypes sur les Canadiens de différences régions: sur la côte ouest (Colombie Britanique), ce sont tous des végétariens, des hippies, des « tree huggers, » et ils protègent les baleines, mais sont les plus gros consommateurs de café et de SUV (4×4) du Canada. A l’ouest (Alberta, Saskatchewan, Manitoba), il n’y a que des red necks, des fermiers, et des fondamentalistes, (l’Alberta est au Canada ce que le Texas est aux Etats Unis). En Ontario (en fait, en Ontario, il n’y a que Trana qui compte) ce sont tous des snobs qui se croient plus intelligents et cultivés que le reste du Canada. Les Québecois sont des séparatistes, des maudits français, et ils détestent le reste du Canada. A l’est (Nouvelle-Ecosse, Nouveau-Brunswick, Ile du Prince Edouard), on trouve des pequenaus et des marins inclultes dans le brouillard et la pluie éternelle. Au nord (Yukon, Territoire du Nord-Ouest, Terre-Neuve-et-Labrador, Nunavut) ce sont des eskimos qui vivent dans des igloos et mangent de l’ours. Et vous, vous en connaissez des autres, des stéréotypes sur les Canadiens?

Ma question est la suivante: y a-t-il un sentiment anti-Américain au Canada? C’est sûr, les Canadiens aiment se démarquer des Américains et font tout pour bien montrer qu’ils ne sont PAS comme leurs voisins du sud… mais cela veut-ils dire qu’ils détestent les Américains? Parfois j’ai l’impression que c’est assez prestigieux d’être Américain, ici (un peu comme partout dans le monde, finalement, parce que même si on dit qu’on déteste les Etats Unis, on admire (et on envie?) malgré tout beaucoup des bons côtés de ce pays…). Alors qu’aux Etats Unis, l’opinion est quand’même très divisée entre 1) ceux qui pensent que leur pays est le seul pays vivable au monde (le Canada est un pays où il neige tout le temps et où on bouffe du caribou au sirop d’érable) et 2) ceux qui pensent que l’assurance maladie au Canada c’est génial (c’est les bons stéréotypes américains sur le Canada, ça!).

PS. Ah j’ai oublié un truc qui me fait toujours rigoler: bilingue se dit « bilingual » en anglais et se prononce « baï-lin-gwel » aux US et « baï-lin-guïü-wel » au Canada :lol: (le e de « wel » devrait être à l’envers, ce n’est pas wèl ni weul, c’est le fameux shwa anglais).

Il semblerait que mon « disclaimer » au début du dernier post n’ait pas été lu ou compris par certaines personnes et en particulier mes lecteurs canadiens que j’adore et que je comprends qu’ils s’énervent en lisant mes conneries parce que s’ils osaient faire des GENERALITES à la con sur la Suisse ou la France, je serais aussi fâchée à mort. Alors je le redis plus clairement: mes OBSERVATIONS sont SEULEMENT des GENERALITES qui me sont venues à l’esprit après SEULEMENT QUATRE MOIS dans UNE SEULE VILLE CANADIENNE. Il est donc ABSLUMENT CERTAIN que ce que je raconte n’est que des idioties GENERALISEES qui ne concernent QUE MOI. JE M’EXCUSE auprès de tous les canadiens du monde que j’offusque en GENERALISANT ainsi sur un pays aussi grand et diversifié que le Canada. Et pour que tout le monde se sente mieux, les suisses sont tous des banquiers et des voleurs d’or juif, et les français puent et sont arrogants. (Et je parle même pas des belges!) Tout le monde est fâché? Je peux continuer?

Thème du jour: la santé. Parlons d’abord de mon amie (que nous appellerons Karibou): Karibou, étant tombée dans les escaliers, elle ressentit une douleur terrible au pied et décida d’aller voir un médecin. Clopinant et souffrant le martyre, elle prit le métro et se rendit dans la première clinique qu’elle trouva sur son chemin. Hélas, cette clinique ne prenait pas de nouveaux clients et on l’envoya dans une deuxième clinique. Clopin clopant, elle prit le bus et se retrouva devant une clinique qui la renvoya illico, cette fois parce qu’elle se spécialisait dans les problèmes de drogués seulement. Bien mal en point et au bord de l’évanouissement, notre amie Karibou se rendit donc dans une troisième clinique et là, miracle, on l’accepta. Par contre, le médecin qui la vit pendant exactement deux minutes lui expliqua qu’elle s’était probablement bousillé l’orteil, qu’elle devait payer $50 pour la visite, et qu’elle devait se rendre dans une QUATRIEME clinique pour se faire faire des radios. Une semaine plus tard, le médecin lui dit de repasser par la troisième clinique parce qu’il avait reçu les resultats de ses radios. Là, une infirmière expliqua en deux minutes à Karibou qu’elle s’était cassé le gros orteil, qu’elle devait se mettre du scotch pour tenir ses deux orteils immobiles, et qu’elle devait payer $50 pour la visite. Aux US, Karibou aurait vu un médecin dans la première clinique où elle aurait débarqué, ses radios auraient été prises au même endroit, et elles auraient été interprétées immédiatement (OK, peut-être au bout d’une heure ou deux). La facture aurait été beaucoup plus salée (probablement de $400 de plus) mais l’assurence de Karibou aurait tout couvert sauf les « deductibles » (en général $20-$50). Il est a noter que Karibou n’avait à l’époque pas droit à l’OHIP (assurance maladie de l’Ontario) et que c’est peut-être pour ça qu’elle a dû payer les $100 (plus le coût des radios) de sa poche. C’est à voir.

Quand je suis arrivée au Canada, on m’a prévenue qu’il me fallait urgemment un « médecin de famille » que j’irais voir en cas de pépins et qui me « réfèrerait » à d’autres médecins (orthopédistes, neurologistes, etc.) si nécessaire. Une amie m’ayant recommendé un médecin, j’ai téléphoné là-bas pour me faire dire (on était fin juillet) que je pouvais retéléphoner en JANVIER pour mettre mon nom sur leur LISTE D’ATTENTE.

Il me semble que le système social du Canada est réputé de part le monde pour être excellent… et je ne dis pas qu’il est nul. Je dirais plutôt qu’il est très moyen pour tout le monde au lieu d’être, aux US, excellent pour les gens qui peuvent se l’offrir et pratiquement inexistant pour ceux qui ne le peuvent pas. Aux US, beaucoup d’employeurs offrent une couverture à leurs employés à plein temps (une couverture qui est donc excellente par rapport au Canada), mais les employés à mi-temps ne sont que rarement couverts et ceux sans travail ne le sont que par Medicare et Medicaid, des couvertures médicales à faire pleurer tout ce qui ne se dit pas Républicain. Au Canada, tout le monde est couvert par les assurences de l’état, mais le service est dangereusement lent et inéficace. Certains employeurs offrent des couvertures privées à leurs employés (avec déductions mensuelles sur le salaire, bien sûr), comme c’est le cas pour moi, mais même ainsi, avec l’OHIP plus un assurance privée, je dois payer DE MA POCHE tous les frais médicaux dont je peux avoir besoin et ENSUITE me les faire rembourser (à part le dentiste que je ne paye pas du tout). Payer $329 de ma poche pour des nouvelles lentilles de contacte ça passe, mais imaginez si j’étais allée voir un neurologiste, que j’avais eu des radios, des médicaments à acheter, etc.!

On dit que les médecins sont sous-payés et débordés, au Canada, mais je ne sais pas pourquoi. Beaucoup de cabinets de médecins ne prennent pas de nouveaux clients ou ont des listes d’attentes démentielles. En plus, pour aller voir un spécialiste il faut d’abord passer par son médecin de famille qui vous permet ou non d’aller voir le spécialiste en question (avec donc un rendez-vous six mois plus tard chez ce spécialiste si vous avez de la chance).

Enfin, en Ontario, au Québec (sauf pour les français), au Nouveau-Brunswick, et en Colombie-Britanique, les nouveaux immigrants ne sont pas couverts par l’OHIP (ou l’équivalent de chaque province) pendant leurs trois premiers mois au Canada. Mais même après trois mois et pour tous les habitants de ces provinces, les médicaments, lunettes/lentilles, soins dentaires, et services d’ambulances ne sont pas couverts. Je ne sais pas exactement si un même système existe aux Etats Unis, en ce qui concerne les immigrants, puisque moi j’ai tout de suite été couverte par l’assurance de mon université.

Alors… le Canada possède-t-il le meilleur programme d’assurance maladie au monde? Certainement pas! Comparé à la France, le système est déplorable (et ne me dites pas que la Sécu est au bord de la faillite, elle l’a toujours été). Comparé aux Etats Unis, le système est tout simplement différent, mais je dirais que pour environ 1/3 de la population, le système américain est de très loin meilleur. Bien sûr, je ne sais pas si ça serait possible d’avoir un système aussi efficace que le bon côté des Etats Unis pour tout le monde…

Un dernier petit truc: au Canada comme aux US, on appelle le 911 en cas d’urgence.

Oye oye, les textes qui suivent ne sont le fruit que de 10 ans passés dans seulement 2 états des Etats Unis (avec plusieurs voyages et séjours dans d’autres états c’est certain) et de seulement 4 mois passés dans une seule grande ville du Canada (mais de nombreuses (quoi que pas toutes récentes) visites à, entr’autre, Vancouver, Montréal, Québec, Antigonish, Moncton, Rimouski, Guelph, et Penetanguishene). Mes observations sont donc parfois erronées, ironiques, énervées, sérieuses, ou même (mais il faut bien chercher) parfois objectives à seulement 99%.. OK, 98%!

Donc voili voilà, j’ai décidé d’essayer de comparer les Etats Unis au Canada, puisque le premier me manque terriblement mais je n’y revivrais pour rien au monde, et j’adore le deuxième mais il m’énerve terriblement. Pour ceux qui se posent la question, non, la Suisse ne me manque pas et la France encore moins. La famille et la bonne bouffe si, par contre, et les paysages aussi…

Aujourd’hui, je vais vous parler d’un sujet qui n’est pas inconnu à ce blog: la bouffe! La bouffe canadienne est-elle meilleure que la bouffe américaine? C’est difficile à dire. Je pense que la bonne bouffe est plus facilement accessible et moins chère au Canada qu’aux US. Même dans une grande ville comme Chicago, ce n’est pas facile de trouver un bon petit truc de bonne qualité sans débourser une fortune, et la fast-food américaine est rarement bouffable. Par contre, ici, on trouve des trucs vraiment bons pour pas trop cher (genre super repas chinois ou indien ou grec pour $5, alors que le macdo et les autres chaînes de fast-food américain sont hors de prix).

A part ça, la vie en général est quand’même relativement plus chère ici qu’aux US. Encore une fois, je pense que Granbled est beaucoup plus chère que Chicago. Il y a non seulement 15% de taxes sur tout mais en plus des taxes de plus sur l’alcool (et le pourboire au restaurant est pareil qu’aux US: 15%). Ce qui est pratique que c’est plus facile de calculer le pourboire qu’il faut laisser au Canada qu’aux US: il suffit d’additionner les taxes de la facture totale et de laisser la même somme comme pourboire (puisque les taxes ET le pourboire sont de 15%, alors que les taxes aux US sont entre 0% et 7% suivant les états).

A part ça, le pain qu’on trouve dans les grandes surfaces est très nul en général et il faut aller dans des boulangeries spécialisées pour en trouver du mangeable (alors que j’en trouvais du très bon à Target au milieu de l’Indiana, snif…). Les restos français sont relativement décevants en général, pas mauvais, mais pas réellement autentiques, ou alors je n’ai pas encore trouvé la perle rare. Par contre, les serveurs de restaurants sont plus relax qu’aux US et ne viennent pas toutes les trois secondes vous demander si tout va bien et si vous avez fini. C’est super agréable. La bouffe qu’on trouve est aussi plus variée, en général, en tous les cas à Granbled (et toujours comparé à Chicago (et encore plus par rapport à mon champ de maïs!)) grâce aux immigrants du monde entiers qui habitent ici.

Un truc marrant ici c’est que tout se vend en quantités différentes dans les magasins et les restaurants, et c’est surprenant: le lait se vent au litre et non pas au gallon (ou bien 3 litres dans des sacs en plastique!), le beurre est une grosse motte au lieu des 4 petites « barres » pratiques, on trouve plus facilement 6 oeufs que 12 (dans une boîte très marrante avec deux couvercles), etc.. Il y a aussi beaucoup moins de glaces dans les rayonnages (et seulement 3 sortes d’Haägen Dazs, Dieu merci, ni celle au caramel, ni celle à la pistache, ni celle à la mangue).

Et saviez-vous que les canadiens ont inventé les petits pois surgelés? Aux USA, on mange beaucoup de: macdo (et autres KFCs, Burger Kings, etc.), Starbucks, pizza (repas d’étudiants par excellence), et BBQ (à la plage, l’été, dans le « backyard, » avec les amis, le 4 juillet, etc.). Au Canada, on mange beaucoup de: macdo, Tim Horton (chaîne comme Starbucks), pizza, BBQ, sirop d’érable, et POUTINE! Les canadiens boivent aussi beaucoup, beaucoup, beaucoup plus de bière que les américains! Finalement, après un bon repas, le français bois un café, l’américain ne boit rien (ou un coca), et le canadien boit un thé (chaud ou glacé) (d’ailleurs, le « thé froid » canadien est sucré comme le français, mais le thé froid américain est du thé, froid, sans rien d’autre dedans!). Et malheureusement pour moi, les « pecan pies » canadiennes (tartes à la noix de pécan que j’adore aux US) ont des cacahuettes dedans, misère!

Un dernier truc dans le rayon bouffe: aux US, il y a des « liquor stores » un peu partout qui vendent uniquement de l’alcool. Dans certains états, il est interdit de vendre de l’alcool ailleurs qu’au liquor store. Dans d’autres états, on peut aussi vendre de l’alcool dans les supermachés mais il faut fermer le rayonnage le dimanche et les jours où on vote (et les jeunes de moins de 21 ans qui bossent aux caisses n’ont jamais le droit de toucher à cet alcool, (c’est-à-dire qu’ils doivent demander à un autre vendeur de passer la bouteille au-dessus du bidule qui lit le code-barre)). Au Canada (enfin, en Ontario), pour le moment, j’ai vu beaucoup moins de jeunes travailler dans les supermarchés, et je n’ai jamais vu d’alcool dans les supermarchés non plus. Le seul magasin qui en vend est le LCBO (liquor control board of Ontario) et les restaurants qui ont une license pour l’alcool portent un petit signe distinctif sur leurs enseignes et leurs menus: LLBO (liquor licence board of Ontario). L’âge minimum pour acheter de l’alcool est de 19 ans au Canada et de 21 aux US, mais dans les deux pays il est interdit de boire en public (sauf dans les restaurants/bars).

Dernier truc qui me désole: les haricots verts des restaurants de Granbled sont aussi crus que ceux des plats offerts aux Etats Unis. C’est lamentable!

C’est tout pour le moment. Si je pense à autre chose, je le rajouterai dans les postes qui suivent… parce qu’il y a encore des tas de choses à raconter :) Et si vous avez des questions, n’hésitez pas à les poser et j’essayerai d’y répondre (mais je ne fais aucune promesse, hein, parce que je suis pas Madame Soleil).

  CANADA USA
Area 9,987,670 kilomètres carrés 9,632,420 kil. carrés
Population 33,098,932 en juillet dernier 298,444,215
Life expctancy males: 76.86, females: 83.74 males: 75.02, females: 80.82
Immigration 5.9 immigrants/1000 3.2 immigrants/1000
Contains 10 provinces, 3 territoires 50 états, 1 district, et plein d’états dépendants
(Guam, Puerto Rico, etc.)
GDP per capita $33,900 $41,600
Budget revenues: $159.6 billions; expenditures: $152.6 billions revenues: $2.119 trillion; expenditures: $2.466 trillion
Oil production 2.4 billion bbl/day (2004) 7.61 million bbl/day
Public debt 69.6% of GDP 64.7% of GDP
Airports 1,337 14,858
Military expenditures 1.1% of GDP 4.06% of GDP

Il est passé 20 heures et je dois impérativement envoyer un « conference proposal » avant minuit… le stress ne s’arrête jamais.

Le truc marrant dans ma vie, c’est que je dois tout le temps expliquer aux gens ce que je fais, ici. Non, je ne suis pas la plus vieille dans mon programme, on a même fêté les 55 ans d’une copine il y a une semaine. Non, je ne lis pas du Chomsky jour et nuit. Oui, j’ai 10 ans d’expérience après 10 ans à l’université et trois diplômes. Oui, le doctorat est une saleté d’invention. Non, finir un doctorat et trouver du boulot n’est pas une partie de plaisir.

Le truc que je dois expliquer, maintenant, c’est la suite, la « vie » après le doctorat, la vie d’une « faculty member on tenure track. » Kéké? Accrochez-vous, ça va secouer!

Il y a cinq façons différentes d’être prof à l’université:

- lecturer: prof embauché pour un contrat d’un an, renouvelable une ou deux fois. Mal payé, sans « benefits » (assurence maladie, cotisation à la retraite, etc.).

- visiting professor: souvent un prof d’une autre université qui va passer un ou deux ans ailleurs, ou bien un contrat de courte durée mais un peu mieux payé qu’un lecturer et avec les « benefits. »

Ces deux premières « positions » ne sont pas permanentes, ou, comme on dit en anglais, ce ne sont pas des « tenure track positions. »

- assistant professor: (c’est ce que je vais être) position conditionellement permanente, bien payée et avec tous les « benefits » (surtout au Canada, haha). On est normalement un assistant professor pendant trois-quatre ans.

- associate professor: après avoir été assistant professor et si on passe la « tenure review, » on devient aussi associate professor. Le job est maintenant permanent à vie et on se fait beaucoup mieux payer et c’est le début de la belle vie.

- full professor: ben c’est le top, Paname, plein de sous et plus besoin de se faire chier à publier et tout ça ;)

Voili voilà. Sauf que vous ne savez pas ce que ça veut dire, « tenured. » J’vous esqueuplique: si j’ai une « tenure track position » ça veut dire que j’ai un contrat potentiellement permanent, et si je suis « tenured » ça veut dire que je l’ai, le contrat permanent. Le truc, c’est que pour passer de tenure track a tenured, il faut bosser à mort, dans trois domaines bien distinctifs: la recherche + publications + conférences, l’enseignement, et le « service. »

  1. la recherche: continuer à bosser sur des projets de recherche et en publier les résultats dans des journaux professionels importants et à des tas de conférences. L’importance des journaux et des conférences, ainsi que la longueur et le nombre d’articles publiés et présentés sont comptabilisés très scientifiquement.
  2. le service: cela correspond à tout le reste, les trucs comme être patron d’une association professionelle, faire partie de plein de comités de thèse ou d’embauche, organiser des trucs au niveau départemental ou de l’université, aller à toutes les réunions, créer des nouveaux programmes, mettre des nouveaux cours sur pied, organiser une conférence, etc. Tout ça est aussi très scientifiquement évalué et comptabilisé.
  3. l’enseignement: ça, ce sont les évaluations des élèves à la fin de chaque semestre. Si les élèves ne sont pas contents, ça fait très mal.

Quand on est assistant professor, on se fait donc évaluer à la fin de chaque année (au niveau départemental) pour vérifier qu’on a bien bossé dans ces trois domaines. Normalement, on ne peut pas se faire virer, sauf pour faute grave, mais la pression monte avec les années. Pendant la sixième année, on est non seulement évalué par tous les chefs du département où on travaille mais aussi par ses collègues, et plein d’autres chefs de l’université (deans, chairs, directors, etc.). Tous ces braves gens écrivent des tas de lettres de recommendation (ou pas), tout le boulot des cinq dernières années est réévalué, on a plein de meetings avec plein de gens qui fichent la trouille parce qu’ils ont le droit de nous virer alors qu’ils ne nous connaissent même pas, les autres profs qu’on croyait être des amis vous poignardent dans le dos, etc. Et tout ça pendant un an!

Si tout va bien, on devient « tenured. » Si ça se passe mal, on a un an pour trouver un nouveau boulot et byebye! C’est un procédé long, attroce, et humiliant pour tous. J’ai vu plusieurs de mes profs passer par là. Certains ont craqué et sont partis avant même d’avoir les résultats. Et puis il y a par exemple des injustices: publier c’est plus important que d’être un bon prof; être un bon prof c’est normal donc on n’est pas récompensé pour ces bonnes évaluations, mais être un moyen prof ça compte tout de suite contre vous; les hommes ont 24% de plus de chance de recevoir leur tenure s’ils ont des enfants, alors les femmes ont 70% de moins de chance (en fait, je me rends compte que je ne connais qu’une seule prof qui ait reçu sa tenure alors qu’elle avait un enfant); on se base parfois moins sur les résultats concrets que sur les les inamitiés et brouilles entre collègues; et j’en passe!

Voilà ce qui m’attend! Mon boulot est donc « tenure tracked » et l’avantage de l’université où je serai, c’est qu’ils donnent une première chance de tenure après seulement trois ans, pour les gens exceptionnels (c’est-à-dire qui n’ont pas de vie)! Si ça ne passe pas après trois ans, on a une deuxième chance la sixième année.

J’ai trois amis qui sont devenus assistant professors l’année dernière. Ils me racontent que 60% de leur temps est passé en réunions, 30% est passé à faire de la recherche et bosser sur leurs publications, et les 10% restants sont passés à préparer les cours, à corriger les copies, et à essayer de ne pas s’endormir devant les élèves.

Bien sûr, je vais essayer de viser les trois ans seulement… et je suis donc déjà en train de bosser sur quatre articles (dont un qui doit être fini fin juin) et une idée de livre (que je dois présenter fin juillet)! Alors que je commence seulement à bosser me faire payer en août!

J’ai juré ne jamais écrire de thèse de maîtrise et je l’ai fait. J’ai juré ne jamais essayer d’avoir un doctorat et je l’ai eu. Je ne sais pas si c’est une bonne idée de me donner des buts, en fait. Les non-buts ont plutôt l’air de bien marcher…

Ahhhhh c’teu trouille que je me tappe déjà, à l’idée de devoir passer par tout ça!!!!

Et ailleurs, c’est comment?

Eh oui, Sosso et moi (Calinette étant cachée dans la chambre) avons eu la grande surprise et l’immense joie de voir des pompiers faire joujou avec leur nouveau camion… sous sur devant notre fenêtre!

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Au départ, ils sont arrivés en grandes pompes avec sirène et tout le tralala et j’ai quand même eu quelques frayeurs.

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Je me suis dit OK, si je porte les deux paniers à chats je ne peux rien porter d’autres… peut-être que je peux mettre un ordinateur dans un des paniers… il me faut aussi mon passeport et le petit bidule où je sauvegarde ma thèse… je pourrais jeter mes journaux personnels (10 ans) par la fenêtre et les récupérer en bas mais y’a la moustiquaire donc ça me fera perdre beaucoup de temps… dommage que mon assurance vienne d’expirer et je ne l’ai pas renouvelée… bon c’est pas grave, ça évitera les frais de déménagement au Canada…

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Et puis par-dessus le bruit du camion et des pompiers qui se gueulaient des ordres dans tous les sens, j’ai réussi, du haut de ma fenêtre, à leur crier « what’s going on? » et ils m’ont dit « nothing, just trying the new truck! » Ah ben merci de prévenir! Failli me jeter par la fenêtre avec mes deux chats, moi, avec vos âneries!

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Bon, allez, ils étaient mignons et je me suis dit qu’à tout blog, malheur est bon, profitons-en et admirons ces charmants messieurs et leur joli camion.

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Ce qui est très drôle dans l’affaire, c’est qu’à partir du moment où ils ont remarqué que je les observais (et que je prenais des photos), ils ont fait tout un show pour moi en rigolant comme des p’tits gosses qui veulent prouver qu’ils sont les plus forts et que leur camion est le plus gros, le plus bruyant, le plus rouge, et le plus cool!

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Ils ont donc fait le tour du toi d’en face, juste comme ça, pour s’amuser à marcher sur les toits, et ensuite, ils ont tourné leur échelle vers moi!! Comme ça, juste devant ma fenêtre, en rigolant tous comme des baleines.

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Et puis ils sont montés sur mon toit… et c’est là que Sosso est arrivée toute curieuse!

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… l’un après l’autre… en faisant les zouaves, si possible…

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… en souriant comme des patates en passant devant ma fenêtre… Je les entendais crier « allez, sourie pour la photo, fais coucou à la dame! »

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Je ne sais pas qui était le pire: eux qui faisaient les bananes et voyaient tout ce que j’avais dans mon appartement, ou moi qui prenais des photos comme si j’étais en face du scoop de l’année :lol:

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.. et puis sont redescendus en faisant byebye avec leurs grands sourires.

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Y’en a même un qui m’a dit « see ya! » et j’ai dit « hope not too soon! »

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C’est qu’ils sont très sérieux, les pompiers de Lafayette, ça plaisante pas avec eux!

… et ça me fait toujours rigoler! Cliquez sur la photo pour voir l’image (et ce qui y est écrit, surtout) en plus grand.

C’est dommage, ça commence bien… et ça finit typiquement américain… yuuuuuuuck!!!! Et faut pas rêver, les deux premiers trucs ont l’air presque « normaux » mais en réalité, les portions sont énormes et tout est tellement artificiel qu’en fin de compte, ce n’est pas mieux que le reste. La France a quand même parfois un « léger » avantage sur mon champ de maïs. :lol:

PS. La plus grande photo a été gracieusement retouchée par rjf et est plus lisible que l’original.

Puisque je vais bientôt quitter mon champ de maïs et qu’il me manque déjà (n’est-ce pas ironique?), j’ai décidé d’écrire ici et de mettre des photos des choses dont je veux me souvenir: les endroits, les gens, les restaurants, les paneaux, les magasins, les routes, les stations essences, les librairies, les maisons, les fleurs, les usines, le campus de Purdue, et des tas d’autres choses belles ou moches, intéressantes ou pas intéressantes de Lafayette, comme ça ça donnera peut-être envie à quelqu’un de venir habiter ici :lol:

Aujourd’hui, c’est à Panera et Borders qu’on va aller! C’est un peu comme les frères siamois avec ces deux-là, quand on trouve un Borders on trouve presque toujours un Panera juste à côté et vice-versa. Panera, c’est une sandwitcherie, une pâtisserie, un coin où manger une bonne soupe ou une salade avec un p’tit « cinnamon crunch bagel » et buvant multiples chai teas, en écrivant sa thèse pendant des heures, et en profitant d’une connection wifi gratuite! C’est sympa, il y a plein de prises pour les ordinateurs, des sièges confortables, et du café « free refill » (vous payez pour une tasse et ensuite vous pouvez vous reservir autant de fois que vous voulez aux multiples thermos à votre disposition), si vous aimez ça. La seule chose que je leur reproche c’est que l’air conditionné est à fond là-dedans donc je ne tiens pas longtemps si j’ai oublié ma petite laine!

Entre Panera et Borders, il y a un petit coin avec un micro-onde, un toaster, un frigidaire, des ustencils, des serviettes, de la crème, du ketchup et plein d’autres bidules du genre et des tables au soleil où on peut aussi s’installer pour bouquiner, travailler, papoter… et même jouer aux cartes avec les copines!

Borders, c’est une librairie. Une de ces méchantes librairies comme dans You’ve Got Mail avec Meg Ryan qui ont tué toutes les petites librairies du coin avec ses prix impossibles à concurrencer et une sélection incroyable non seulement de bouquins sur absolument tout mais aussi de musique et de films. C’est vrai, à chaque fois que je vais à Borders j’ai un petit pincement de coeur pour la dernière librarie indépendante de Lafayette où je sais que je ne trouverai pas ce que je cherche et même si je le trouvais (malgré les deux employés ronchons), le prix serait double du prix de Borders.

Mais ce que j’aime le plus, à Borders, c’est qu’il y a des fauteuils super confortables partout et surtout dans des petits recoins tranquilles, où on peut s’installer avec un bon bouquin et le lire en entier si on veut, sans avoir à l’acheter!

J’aime bien me mettre près de la fenêtre comme cette jeune fille, au soleil, aussi longtemps que je veux, un peu cachée dans les rayonnages, confortable, avec un ou deux bouquins que je ne suis pas sûre d’acheter mais peut-être, si le début me plaît. J’aime être entourée de bouquins, comme ça (mes bibliothèques à la maison ne sont pas aussi intéressantes!) et sentir les livres, voir les milliers d’images, de couleurs, de titres, les noms célèbres ou étrangers… ça m’inspire et me calme.

J’ai demandé à ce type si je pouvais le prendre en photo, je le trouvais trop mignon! Il a rigolé et dit oui, bien sûr, et a ensuite « posé » pour moi très sérieusement pendant quelques minutes. Je lui ai dit « c’est pour ma famille en Europe qui ne me croit pas quand je leur dit qu’on peut lire les bouquins (et les magazines) sans même les acheter, comme ça, peinards, pendant des heures! » Il a dû penser que j’étais folle, parce qu’ici, ce n’est pas inhabituel d’avoir un petit café (boissons/pâtisseries) parfois dans la librairie-même (comme c’est le cas chez Barnes and Noble, une autre grande librairie concurrente) et des tables, des fauteuils, et des gens qui lisent à coeur-joie sans être embêtés par personne!

Petite liste des prix…. (Quelqu’un peut m’expliquer les prix canadiens, je pige pas. C’est en cents par litre? Pour les Etats Unis c’est en dollars par gallon).

petite carte pas marrante du tout et qui donne super envie de retourner en Utah!.

Je sens que je vais aller vivre en Alberta, moi…

A part ça, bonne nouvelle, la zone pour les DVDs est la même au Canada qu’aux Etats Unis! Je vais pouvoir garder mes 250 DVDs.

Dear miss lulu,
 
Following is important information regarding the H5N1 Type A influenza virus, commonly called  »bird flu. »

Recently, the United States Center for Disease Control (CDC) has not recommended that the general public avoid travel to any of the countries affected by avian flu virus, but persons visiting areas with reports of outbreaks among poultry or humans are advised to follow some basic guidelines:

Travelers should avoid all contact with poultry (chickens, ducks, geese, pigeons, turkeys and quail) or any wild birds, and avoid settings where infected poultry may be present, such as commercial or backyard poultry farms and live poultry markets. Also, travelers should not eat uncooked or undercooked poultry or poultry products, including dishes made with uncooked poultry blood.

For up-to-date information on travel notices, precautions and warnings, visit the CDC Web site at http://www.cdc.gov/travel/outbreaks.htm.

Information about Purdue planning and other topics related to the potential pandemic is available on the Web at http://www.purdue.edu/news/fluinfo/. Individuals can register there to receive alerts when the Web site has been updated.
 
Sincerely,
 
The Director, International Students and Scholars, April 2006.

Ils sont fous ces Romains!

Ce blog est de plus en plus souvent en anglais, c’est quoi ce binz?!

Imaginez que vous vous retrouviez en face du buisson maudit, vous savez, ce crétin échappé d’un asile au Texas qui fait joujou avec la planète comme si c’était un jeu vidéo et qui tue comme il respire? Vous avez deux minutes pour lui expliquer ce que vous pensez de son manque d’humanité, sa bêtises profonde, son abus de pouvoir, sa manipulation sans scrupule de ceux qui lui font confiance. Vous, devant la personne la plus puissante au monde. Le type qui peut vous envoyer la CIA aux fesses et vous faire passer des vacances au soleil dans une certaine prison un peu plus au sud simplement parce que vous avez une tête qui lui revient pas. Est-ce que vous oseriez? Franchement, honnêtement, est-ce que vous pensez que vous pourriez faire ça?

Moi je ne sais pas. Je voudrais penser que oui. Mais je pense que non. J’aurais trop les boules, et puis je serais super intimidée et j’en perdrais mon anglais, je bafouillerais, et je finirais par dire « nice to meet you » et je partirais en courant.

Je pensais à ça après avoir vu un film il y a quelques jours, un film qu’il faut impérativement voir. Un de ces films qui nous permettent de mieux comprendre le monde d’aujourd’hui même si ça ne parle pas d’aujourd’hui. Un de ces films qui disent exactement tout ce qu’on pense depuis longtemps sans avoir jamais su trouver les mots pour le dire. Et surtout, un de ces films où l’on se dit que vraiment, il y a des gens qui ont un sacré courage et qu’on aimerait en avoir autant. Pas du courage du genre « j’ai sauté à l’élastique du haut du pont du Gard, je suis super courageuse » mais de ce genre de courage qui change le monde et le cours des planètes. C’est du film Good Night and Good Luck que je parle, bien sûr.

Et puis j’ai repensé encore plus à tout ce courage très recemment, depuis qu’un certain Harry Taylor, même pas sénateur ni rien du tout, a exprimé le fond de sa pensée au buisson maudit, comme ça, tout simplement. Je suis sur le cul! Enfin quelqu’un qui a vraiment du courage. Pas sur internet, pas sur un blog, pas dans un journal, pas dans une conversation avec son voisin, non, ce type a eu le culot de dire enfin au buisson maudit ce que des milliers d’américains (et pas que!) pensent et n’osent pas dire ouvertement. Wouah! Regardez Good Night and Good Luck et admirez les similarités!

« You never stop talking about freedom, and I appreciate that. But while I listen to you talk about freedom, I see you assert your right to tap my telephone, to arrest me and hold me without charges, to try to preclude me from breathing clean air and drinking clean water and eating safe food. What I want to say to you, is that I, in my lifetime, I have never felt more ashamed of, nor more frightened by, my leadership in Washington. I feel like, despite your rhetoric, that compassion and common sense have been left far behind during your administration. I would hope, from time to time, that you have the humility and the grace to be ashamed of yourself. »

(Vous n’arrêtez pas de parler de liberté, et j’apprécie cela. Mais alors que je vous écoute parler de liberté, je vous vois prendre le droit d’écouter mes conversations téléphoniques, de m’arrêter et de m’emprisonner sans preuves, de m’empêcher de respirer de l’air propre et de boire de l’eau propre et de manger de la nourriture saine. Ce que je veux vous dire c’est que de ma vie entière, je n’ai jamais été aussi honteux ni plus effrayé par ce qui se passe à Washington. Je pense que malgré ce que vous ne cessez de dire, la compassion et le sens commun ont été abandonnés depuis que vous êtes président. J’aimerais bien que de temps en temps, vous ayez l’humilité et la grace d’avoir honte de vous-même.) (Pardonnez ma traduction très libre).

Je suis sur le cul. Merci du fond du coeur Monsieur Taylor! J’espère que vous n’allez pas bientôt être victime d’un accident de voiture ou d’un incendit accidentel…

On saura jamais c’qu’on a vraiment dans nos ventres
Caché derrière nos apparences
L’âme d’un brave ou d’un complice ou d’un bourreau?
Ou le pire ou plus beau ?
Serions-nous de ceux qui résistent ou bien les moutons d’un troupeau
S’il fallait plus que des mots ?

Jean-Jacques Goldman, Né en 17 à Leidenstadt.

Les Etats Unis sont plein de contradictions, on le sait bien, c’est un pays qu’on adore et qu’on déteste et on y trouve le meilleur et le pire. Une de ses contradictions les plus importantes, qui a le plus d’influence sur ma vie, c’est la « credit history. » Quelques expats en ont déjà parlé et moi aussi, il y a longtemps, mais là, ma « credit history » est soudain devenue encore plus importante dans ma vie: elle n’est pas transférable au Canada!

Quoi, comment, direz-vous, et alors? Ben alors, ici, j’ai un crédit en or, construit avec patience (et beaucoup d’argent) depuis plus de dix ans et grâce auquel on me vendrait le bon Dieu sans confession trois Mercedes et une Ferrari sans hésitation le même jour et avec des taux d’intérêts extras… Parce que ça sert à ça une « credit history, » à faire confience aux gens chez qui on veut dépenser son argent. Je vous explique (continuez à lire, c’est passionant, sérieux!):

Quand vous arrivez aux Etats Unis, votre « history » est de zéro, nada, niet, niks, ekkert, inget, nimic, nothing. Si vous voulez acheter une voiture à crédit, ou une bague en or, ou même louer un appartement ou vous inscrire à une ligne de téléphone internationale, vous ne pouvez pas prouver que dans le passé, vous avez bien payé vos factures. Donc les vendeurs auront peur que vous fassiez un emprûnt et ne puissiez jamais le repayer. Ils vous feront donc un tout petit prêt, si vous êtes vraiment sympas et que vous avez un boulot stable, avec des taux d’intérêts éléphantesques! Et c’est là que beaucoup d’européens font l’erreur de leur vie: ils refusent et préfèrent payer « cash » pour ne pas payer ces intérêts ridicules. Le problème, c’est que ça sera partout pareil. Alors que s’ils payent des intérêts ridicules une fois, la fois suivante, les intérêts seront déjà moins élevés, puisque les vendeurs auront déjà une petite preuve qu’ils payent sans problème et qu’on peut leur faire confiance. Et petit-à-petit, on peut se louer un appartement plus sympa, s’acheter une bague en or, et puis même une voiture, avec un crédit de cinq ans avec des taux d’intérêts pas ridicules du tout et puis même une maison, un jour!

Ca paraît facile, hein? Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Il ne suffit pas d’acheter à crédit, pour se faire une « credit history. » Il faut le faire intelligemment, et là, c’est plus compliqué qu’on ne le pense. Certains éléments vont fortement influencer la façon dont votre note, votre « score, » (entre 400 et 850) va être calculé. Déjà, il y a trois compagnies qui calculent votre note, la tiennent plus ou moins à jour, et la donne aux banques, vendeurs de voiture, et autres propriétaires qui la veulent: Equifax, Experian, et TansUnion. Et chacune a une façon un peu différente de calculer le bidule. Par exemple mon « credit history » chez Equifax peut être de 745, chez Experian de 773, et chez TransUnion, de 780. Ces trois notes sont considérées « excellent » et 80% des habitants des Etats Unis ont une note plus basse que moi. On me dit que la différence entre mes trois notes n’influencera pas la décision des vendeurs mais influencera les taux d’intérêts qu’on m’offrira (parce que les vendeurs ne vérifient qu’une note sur les trois). Salaud, hein?

Voici les « factors » qui influencent ma « credit history » négativement:
- Elle n’existe que depuis 10 ans et 2 mois. Une histoire de moins de 3 ans ne vaut rien, de moins de 7 ans est « short, » et de 30 ans ou plus est « optimal. » Donc plus longtemps on vit aux Etats Unis et mieux c’est pour notre histoire.

- J’ai des dettes (moins de $2000). Cela montre que je vis un peu au-delà de mes moyens et que même si j’ai un salaire, je peux me retrouver dans une situation difficile si quelque chose d’imprévu se passe. Par contre, ce ne serait pas bien de n’avoir aucune dette, comme je l’ai expliqué plus haut, donc pour que les dettes aient une influence positive sur mon histoire, il faut qu’elles soient petites.

Voici les « factors » qui influencent ma « credit history » positivement:
- Je n’ai jamais oublié de payer mes payement mensuels et je n’ai jamais payé en retard non plus. Et j’ai toujours remboursé mes emprûnts à 100% et n’ai jamais déclaré faillite. Bien sûr, de ne pas payer ou de payer en retard, c’est très mauvais. Plus on paye en retard et plus c’est moche. (Ce qui est intéressant, c’est qu’Equifax dit que j’ai fait quelques payements un tout petit peu en retard… ce qui est vrai. Mais les deux autres ne l’ont pas remarqué assez rapidement pour que ce soit noté, heureusement. C’est pour ça que ma note chez Equifax est plus basse que chez les deux autres).

- Les cartes de crédit que je possède m’offrent des crédits jusqu’à pratiquement $35000! Cela veut dire que je pourrais acheter à crédit jusqu’à $35000! C’est excellent pour mon histoire, (pas d’acheter, mais d’avoir la possibilité de le faire) parce que ça montre que les banques me font confiance. En effet, plus votre histoire et bonne, et plus on vous offre des crédits élevés. Je me souviens qu’au début, j’avais un crédit de $100 ou $200… Et l’année denière, j’avais $5000 de crédit possible sur une carte et j’avais besoin de plus, alors j’ai téléphoné à la banque et expliqué mon problème, et la banque, après avoir vérifié ma « credit history, » ma filé immédiatement un credit de $15000! Tout ça en moins de 10 minutes de conversation téléphonique!

- J’ai quatre cartes de crédit. C’est positif pour mon histoire, parce que ça montre que les banques me font confiance et que je fais des payements réguliers. Par contre, comme pour les dettes, il serait mauvais d’avoir trop de cartes de crédit ou de n’avoir aucune carte.

- Je n’ai pas fait d’emprûnt depuis un moment, ce qui est bien pour plusieurs raisons: je ne suis pas en train de rembourser un gros emprûnt, je ne vis pas au-dessus de mes moyens, et surtout, personne n’a fait une « hard enquiry » sur mon histoire. Une « hard enquiry » c’est quand quelqu’un vérifie ma « credit history » pour un gros emprûnt (voiture, maison, etc.) et ça « coûte » des points à l’histoire, même si je ne fais pas l’empûnt en fin de compte!

- J’utilise moins de 70% (ou moins) de l’argent que je pourrais utiliser, ce qui est bon parce que d’utiliser plus de 50% de cet argent (les $35000 dont je parle ci-dessus) serait très mauvais pour mon histoire. Utiliser moins de 20% de cet argent est excellent parce que ça montre que je n’ai pas besoin de vivre à crédit.

Alors si vous vivez aux Etats Unis, faites attention à tout ça.

Tout ça pour vous dire qu’au Canada, je vais recommencer à zéro! Beaucoup d’immigrants se retrouvent au Canada sans boulot, sans beaucoup de cash dans leur poche, et personne ne veut leur louer un appartement ou leur vendre de voiture. Moi je vais essayer de garder ma voiture (mais c’est pas encore gagné, je dois faire pas mal de transformations) et j’aurai un salaire, mais mon histoire canadienne sera quand même de zéro donc j’ai un peu peur de ne pas arriver à trouver un appartement sympa. J’ai donc fait faire une copie « conforme » de ma « credit history, » qui montre tous les payements et emprûnts que j’ai fait depuis 10 ans et 2 mois et mes notes finales. J’ai aussi demandé un « renter’s history » à mon proprio, qui montre tous les payements de loyer que j’ai fait depuis que je suis dans mon champ de maïs. Peut-être que ça ne servira à rien, mais peut-être que ça aidera un peu.

Et la première chose que je devrai faire, au Canada, c’est de m’acheter des tas de choses à crédit chez Ikea pour commencer à me reconstruire une histoire… Ahh que ça va être difficile ;)

Il y a mon champ de maïs. Plat, plat, plat. L’absence de vie, la chaleur moite en été, les tornades au printemps et en automne, les blizzards en hiver, des moments vides et qui s’éternisent, le manque de culture et de diversité, l’odeur des vaches, les montagnes cruellement absentes, et les distances longues comme un jour sans pain.

Il y a aussi le calme. Le vent qui caresse doucement les épis, les embouteillages inconnus, l’absence de stress, le silence de la nuit, les voisins qui disent bonjour, les portes des maisons ouvertes sans craintes, le facteur qui connait mon nom, la vie qui s’écoule sans peur, et le ciel bleu, infini, aussi loin que les yeux peuvent porter.

Fermer la porte à une vie sans vie et qui s’éternise, c’est ouvrir une fenêtre à des possibilités même pas encore imaginées. Mais ouvrir la porte à une nouvelle vie multicolore c’est aussi fermer une fenêtre sur les étoiles qui scintillent plus vivement dans mon champ de maïs que n’importe où d’autre.

Et vous, qu’est-ce que vous préférez? La ville ou la campagne? Qu’y aimez-vous?

Avec le retour de ça:


il y a aussi le retour de ça:

Décembre 2000, le verdict tombe: je suis virée de l’université pour quatre mois, un « semestre. » A cette minute précise, je perds la moitié de ma vie: mes études, mon boulot, mon appartement, mon visa, et mon boyfriend. Je suis donc obligée de tout laisser tomber et de sortir des Etats Unis où je suis devenue illégale en quelques jours pour aller passer quelques mois en Suisse, chez mes parents.

Avril 2001: j’ai enfin le droit de me réinscrire à l’université pour y finir mes études. Mais avant de rentrer aux Etats Unis, mon nouveau visa en poche, je passe quelques jours en France et puis je décide de passer par Montréal où on m’offre un boulot de prof d’anglais dans une école privée. Le boulot bof, pas trop mon truc, mais la semaine à Montréal c’est le top! Dieu que j’aime cette ville! C’est malheureusement à ma sortie de Montréal que l’histoire se corse!

Les citoyens canadiens ayant quelques privilèges en ce qui concerne l’immigration aux Etats Unis, et le 11 septembre 2001 n’étant pas encore arrivé, le douanier qui m’accueille à mon retour aux Etats Unis ne fait pas bien son boulot et ne met pas un gros tampon rouge sur mon I-20! A mon retour à l’université, dans le bureau des étudiants internationaux où je « check in, » on me dit que sans ce beau tampon rouge, je ne peux recommencer ni à travailler ni à étudier! Il me faut urgemment ressortir des Etats Unis pour y re-rentrer et bien faire tamponner mon I-20. Urgemment! Parce que là, j’étudie et je travaille illégalement!

Heureusement, une collègue de travail à qui je fais part de mes soucis m’invite à passer un week-end chez sa tante qui habite à San Diego. Samedi, on pourra aller à Tijuana, au Mexique, et se faire tamponner le I-20 à notre retour, et puis on en profitera pour visiter le Mexique en passant. Génial!

Après une visite à Tijuana où nous avons à peine eu le temps de manger dans un vague restaurant (le dessert, un mélange de kahlùa et de glace à la vanille reste quand même mémorable) et de se faire prendre en photo sur un pauvre petit âne accablé de fatigue, de chaleur, et de touristes crétins, on repasse la frontière pour rentrer aux Etats Unis. Après plus de deux heures d’attente, un douanier nous fait enfin passer et je lui dit bien de tamponner mon I-20 (malgré son regard « je suis pas con, vous savez » noir). Et toute heureuse de ce succès, je rentre chez moi.

C’est là qu’au bureau des étudiants internationaux de mon université, où je montre mon beau tampon, on m’apprend que le douanier a bien tamponné le papier mais … pas le bon! Il a gardé la « student copy » et m’a refilé la copy qu’il aurait dû envoyer à l’immigration. !!!! Et qu’en conclusion, je ne peux toujours ni étudier ni travailler légalement aux Etats Unis! Et je dois ressortir pour pouvoir y re-rentrer encore une fois!

Heureusement, l’ex-copain habite maintenant en Equateur! Et malgré le fait qu’il se soit déjà rabiboché avec une de ses ex à lui, je décide d’aller passer deux semaines en Equateur parce que merdàlafin, j’en ai trop marre de ces conneries et je ne suis jamais allée en Amérique du Sud! Je paye donc quelqu’un pour bosser à ma place et j’utilise mes « sky miles » de Delta pour me prendre un billet pratiquement gratuit pour Quito.

Mais comme tout le monde le sait, Delta ne va pas à Quito, et je dois changer d’avion non seulement à Atlanta mais aussi à Bogota, en Colombie. Et parce que ma vie avait été vraiment trop monotone jusque là, Delta décide de quitter Atlanta avec quatre heures de retard pour cause de toilettes défectueuses!

Et c’est ainsi que moi, miss lulu, minuscule petite fille épuisée et mortellement stressée et angoissée, baraguinant à peine espagnol, n’ayant aucun moyen de prévenir qui que ce soit d’où j’étais, ne sachant pas quand je pourrais attrapper un prochain avion pour Quito, me retrouve toute seule à Bogota pour pratiquement 36 heures. Dans le taxi qui me conduit à travers une ville complètement inconnue jusqu’à l’hôtel gracieusement offert par Delta après une bataille acharnée de plusieurs heures pour leur faire comprendre qu’ils ont intérêt à me payer l’hôtel ou ça leur coûtera très cher, je me dis que si quelque chose m’arrive, personne ne me retrouvera jamais. Dans ma chambre d’hôtel de laquelle je ne peux même pas prévenir mon ex que j’ai raté mon avion mais où je peux enfin laisser couler mes larmes, j’entends la bombe qui explose à deux rues de l’hôtel au milieu de la nuit et je me dis que si je survis à cette aventure, je n’aurai plus jamais peur de rien!

Depuis, je n’ai plus peur de rien! C’est comme ça, passer par sept pays différents en deux mois (Suisse, France, Canada, USA, Mexique, Colombie, et Equateur), travailler et étudier illégalement aux Etats Unis, survivre à des moments homériques dans des endroits insolites, et me débattre pendant des jours et des jours avec ces connards d’agents d’immigration m’a bien appris ma leçon: il ne faut faire confiance à personne, toujours tout vérifier soi-même, et surtout, surtout, économiser des tas de sky miles pour la prochaine fois où un abruti ne fera pas bien son boulot, parce que le prochain voyage c’est en Australie, baby!

Cette photo me choque terriblement, et je n’arrive pas à savoir pourquoi! C’est une photo de la parade de Mardis Gras à la Nouvelle Orléans… Est-ce la dévastation qui me choque? Le fait qu’on puisse s’amuser dans des moments aussi difficiles? La force et le courage de ces gens? La destruction et la misère qui y règnent encore alors qu’on est au XXIème siècle? L’immensité de la dévastation laissée dans le sillon de Katrina? Le fait qu’on puisse voir de telles images et ne rien essayer de faire pour améliorer la situation? La proximité de cette misère, à deux pas de chez nous? L’état dans lequel se trouve notre pauvre monde? Je ne sais pas. Plus j’y pense et moins je comprends ma réaction. J’ai vu cette photo et j’ai été estomaquée, atterrée, médusée. Quelqu’un peut m’expliquer?


Chang W. Lee/The New York Times

Etant encore la victime d’un questionnaire cucul, merci Aca, je me plie au jeu, mais je prépare déjà ma revenche, héhéhéh!!! Et la revenche est, comme on le sait, un plat qui se mange avec du riz, si si!! Mouahahahaha (rire sardonique).

Ze but of ze story, c’est ça: Ecrivez 6 vérités farfelues sur vous-même, puis listez 5 victimes qui n’auront d’autre choix que d’en faire autant! Ah la vache, non seulement je suis victime mais en plus je dois être bourreau? La vie n’est qu’une lutte! Bon, profitons-en pour ne pas perdre son temps et enseigner au peuple français les chiffres en anglais!

- First (en premier): 0=zero (à prononcer ziro), 1=one, 2=two, 3=three, 4=four, 5=five, 6=six, seven=7, huit=eight, 9=neuf, 10=ten. Bon, ensuite y’a 20=twenty, 30=thirty, tout ça, c’est fastoche. Attention, 70 n’est pas égal à sixty-ten, 80 n’est pas four-twenty-ten, et nonante n’est pas si con!

- Second (en deuxième): les nombres intermédiaires se forment en ajoutant un tiret entre la dixaine et l’unité: 47=fourty-seven, 73=seventy-three, 81=huitante-et-un.

- Third (troisièmement): Le point est l’équivalent de notre virgule française. C’est muuuuucho important ça! Donc 1,5 en français donne 1.5 en anglish. Et on dit one POINT five et non pas one VIRGULE five dans ces cas-là! Par contre, on utilise la virgule pour séparer les centaines: 1′240′311,50 euros deviennent $1,473,923.97 (change du jour) (et remarquez qu’on met le signe $ DEVANT les chiffres).

- Fourth (quatrièmement): Les centaines et les milliers et les millions ne prennent pas de S: four HUNDRED, six THOUSAND and septante-neuf, twenty-three BILLION dollars. Par contre, quand on veut dire des tas et des tas de trucs, on dit « millionS » of people, ou « hundredS » of spiders, ou « billionS » of idiots, ou même tenS of thousandS of Americains voted for ze buisson maudit!

- Fifth (cinquièmement): un truc marrant qui existe seulement à moitié en français mais au complet en anglais, c’est le double comptage des milliers: 1′300 c’est treize-cents ou mille trois cents en français, mais 2′400 ce n’est pas vingt-quatre cents. En anglais, si! 1,300 c’est one thousand and three hundred, ou thirteen hundred, et 2,400 c’est two thousand and four hundred OU twenty-four hundred. Trop cool l’anglais!

- Sixth (pas facile à dire) (sixièmement): un milliard n’est pas égal à one milliard, et d’ailleurs « milliard » n’existe pas en anglais. Il y a des « billions » en anglais, mais ce n’est pas non plus égal à un billion français. Je crois que le milliard français est égal au billion anglais, et que le billion français est égal au trillion anglais. Mais je peux me tromper, ce n’est pas le genre de chiffre que j’utilise couramment quand je fais mes comptes, malheureusement.

- Seventh (septièmement): 24/7 ça veut dire « 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. » Par exemple un magasin peut être ouvert 24/7. On dit « twenty-four seven » comme dans la phrase « the store is open twenty-four seven, » tout simplement. Vachement plus fastoche qu’en français, hein?

Ah merde, je sens qu’on va me dire que c’était pas ça la question! Bon bon… le questionnaire…

- 1.2: J’adore manger des tomates crues en faisant des petits trous dans la chair et en aspirant le jus et les pépins à travers les trous en faisant plein de bruit!

- tou: Je suis complètement gaga avec mes chats et tous les chats en général. Quoi, je suis sûre que personne ne le savait! Mon prochain blog s’appellera « lulu’s cats in cornland » ;)

- 389,25: J’aime pas prendre des douches en hiver. J’ai trop froid, en sortant de la douche, même avec le chauffage. C’est psychologique, je sais. Mais c’est quand même la vérité. Alors je prends seulement une douche un jour sur deux, pis de toutes les manières on s’en fout, les microbes de la puanteur hibernent.

- 5/13: Je déteste, mais alors je déteste, les gens qui sont en retard, et être moi-même en retard! Pour moi, être seulement ten minutes en avance, c’est déjà être en retard!

- six million of six sabords: Je mange pas de viande aux Etats Unis, sauf si on m’invite et que bon, je suis quand même polie (et les petits bouts de bacon sur les cheese fries d’Outback mais j’essaye quand même de les enlever). Trop d’hormones et d’antibiotiques et de transgénique et de farines animales et de mad cow et de avian flu et de creutzfeld jacob et de torture de pôv’ bêtes! Je mange très très très peu de viande en Europe aussi et seulement de la bio, si possible, mais comme je suis plus souvent invitée, là, je finis par en manger plus souvent. On peut dire que je suis une « almost-vegetarian. » Mais je mange du poisson, ça je peux pas arrêter!

Voili voilà, j’ai fait mes devoirs, je peux regarder la télé maintenant? Ah merde, j’ai pas la télé! Bon, je vais aller me faire… voyons… un « pianissimo organic et son fortissimo transgénique » alors, puisqu’on parle de bouffe! Les détails demain ;)

Je ne sais pas comment les choses se passent ailleurs que dans mon champ de maïs, mais ici, c’est la galère: tous les jours, je reçois au moins deux ou trois « special offers » pour des cartes de crédits pas chères, des prêts à des taux ridicules, et des voyages aux Bahamas pour des cacahuettes. C’est vraiment trop nul, je trouve, ce gâchis de papier et puis ça remplit mes poubelles à une vitesse grand V, ce qui me casse royalement les pieds, de même que de passer mon temps à ouvrir ces enveloppes (parce qu’avant je jetais tout sans rien ouvrir et j’ai jeté quelques papiers importants comme ça sans faire attention…).

Donc, j’ai pris les choses en main et je m’amuse comme une petite folle. Je collectionne ces enveloppes avec amour, je les garde pendant la semaine, et le weekend, quand j’en ai une bonne quinzaine, je fais mumuse et je le fais payer à toutes ces compagnies à la noix qui gâchent ainsi leur argent! Comment? Fastoche: toutes ces offres contiennent des enveloppes pré-payées, et si elles sont utilisées, c’est la compagnie qui doit payer pour le timbre. Ce que je fais donc c’est de garder les jolies offres sur papier glacé, là où il n’y a pas mon nom et mon adresse ni aucune information sur moi, et je les renvoie aux compagnies… mais pas dans les bonnes enveloppes! Par exemple j’envoie l’offre d’American Express à Discover, et l’offre de Discover à Citi Bank, et l’offre de Citi Bank à American Express (ça ne sert à rien de tout mélanger comme ça, c’est juste pour mon plaisir personnel, huhuh). Si tout le monde renvoyais ainsi ces enveloppes, peut-être que les compagnies en auraient marre de payer pour rien et trouveraient un autre moyen de faire leur pub!

Je fais ça depuis longtemps… mais depuis quelques temps, j’ai remarqué quelque chose au dos de certaines enveloppes: un petit mot disant Warning: tampering with this envelope or its contents may result in legal action. Customer location code: 1234567890!! Gloups! Ils n’ont aucun sens de l’humour ces amerloques!

Maintenant, je fais un peu plus attention et je prends un gros marqueur noir et j’efface bien tout ce qui ressemble à un numéro d’identification ou un code barre sur l’enveloppe que je renvois. Je veux pas être envoyée à Guantana…mera, pour des âneries, moi!

Vous croulez vous aussi sous la pub et les annonces barbantes? La 258ème offre de voyage aux Iles Virgines pour seulement $54 vous fait toujours baver d’envie? Vous hésitez toujours à prendre ce fameux prêt à seulement 21% pour vous offrir la voiture de vos rêves? Révoltez-vous, faites quelque chose, et n’attendez pas que votre appartement ressemble à des strates géologiques de l’ère du Neanderthal ou que votre porte monnaie ne soit plus assez grand pour toutes vos cartes de crédit! Faites payer qui de droit et arrêtez ce gâchis de papier et d’argent!

Il y a quelques temps, j’ai promis d’écrire un truc sur mes problèmes de visa. … Eh bien à l’époque, les problèmes ne faisaient que commencer. Là, en ce moment, ils continuent! Mais avant de vous raconter ma triste histoire, faut que vous sachiez comment ça marche, sinon vous ne pigerez que dalle.

Quand on veut vivre dans les champs de maïs, on a plusieurs options. En gros, on peut se marier avec un bel américain et recevoir la fameuse carte verte, on peut trouver un boulot et recevoir un permi de travail et peut-être la carte verte, ou on peut être étudiante et … c’est compliqué. Pour être « valide » en tant qu’étudiante dans les champs de maïs, il me faut plusieurs choses:

- un passeport valide en tout temps mais s’il n’est plus valide on peut aller en refaire un a une embassade suisse à Chicago (si on s’en souvient à temps…) par exemple,
- un I-20, permi donné par l’université dans laquelle on veut aller et qui doit être valide en tout temps, et dont on fait la demande avant de faire la demande de visa.
- un visa, collé au passeport et obtenu à l’ambassade américaine de notre pays d’origine (ou de n’importe où, il suffit que ce soit en-dehors des Etats Unis)
- un I-94, petite carte blanche qu’on rempli dans l’avion et qu’on se fait aggraffer dans le passeport à l’arrivée, et qu’on doit rendre quand on quitte le pays.

Le I-20 est assez facile à obtenir, du moment qu’on est accepté par une université. Le I-94, lui, n’est pas un problème, puisqu’on a déjà reçu tout le reste. C’est leur moyen de savoir quand on est dans le pays et quand on n’y est pas. Le seul truc qui peut être problématique c’est si la douane ne fait pas bien son boulot et ne met pas un gros tampon rouge sur le I-20 et le I-94 à l’entrée aux Etats Unis… et alors là c’est le merdier intégral… mais ces aventures seront pour une autre fois.

Le visa, lui, est déjà un peu plus difficile à obtenir, surtout si on est de peau un peu trop bronzée, qu’on ne parle pas une langue de l’Europe de l’Ouest, qu’on n’aime pas les caricatures de Mohammed, ou qu’on a une mauvaise tête. Un visa pour une suissesse s’obtient en une journée et sans entretien. Pour un chinois, en un mois ou deux et avec parfois plus d’un entretien avec le consul qui se trouve dans une ambassade parfois à l’autre bout du pays. Un Palestinien peut se voir donner un visa après de longs mois mais s’il veut étudier en sciences, on lui refusera probablement l’accès à certains labs où il devrait travailler. Quand je suis partie pour les Etats Unis il y a dix ans de ça, on n’avait même pas besoin d’aller à l’ambassade en personne pour recevoir un visa. Maintenant si. Les visas « étudiants » sont donnés en fonction de la longueur des études, donc ils ne sont pas éternels.

Mais voilà le hic, le très gros hic, en ce qui me concerne: on PEUT étudier dans les champs de maïs MEME AVEC UN VISA EXPIRE! C’est-à-dire que le visa doit être valide SEULEMENT pour les entrées aux Etats Unis. C’est une « clé » pour rentrer, en fait, et il la faut uniquement pour rentrer, pas une fois dedans, et pas pour sortir. Ce qui fait qu’il y a plein d’étrangers qui étudient ici avec un passeport valide, un I-20 valide, et un I-94 valide, mais avec un visa qui a expiré avant la fin de leurs études. Ce n’est pas un problème si on n’a pas l’intention de voyager et d’aller rendre visite à la family, mais si c’est le cas, on est vachement cuit!

Comment j’ai réussi à aller à Granbled, alors? Fastoche: il y a une permission spéciale pour rentrer et sortir des pays limitrophes: Canada, Mexique, et tout plein de petites îles comme Hawaii (nan, pas Cuba quand même), si c’est pour un voyage de moins de 30 jours. Dans ces cas-là, on ne rend pas son I-94 à la sortie, on a une lettre spéciale du bureau des étudiants étrangers de l’université qui dit qu’on est toujours étudiants ici, et c’est comme si on n’était jamais sortis. Mais c’est seulement pour les pays limitrophes!

Le bureau des étudiants étrangers de l’université interdit qu’on quitte le pays (par exemple pour aller au Canada) et fasse une nouvelle de demande de visa, quand on est dans mon cas. Le risque est trop grand: si on me le refuse, je ne peux plus rentrer aux Etats Unis pour finir mes études ici! Je ne peux donc absolument pas rentrer en Europe avant d’avoir fini mon doctorat! Et je n’aurai de nouveau visa (avec un nouveau permi) que quand j’aurai un nouveau boulot et que je ne serai plus étudiante!

Jusqu’à aujourd’hui, c’était triste de savoir ça mais comme je suis bien occupée ces temps-ci, ce n’était pas dramatique, d’autant plus que je peux aller au Canada pour des entretiens d’embauche. Mais là, là ça deviens plus embêtant, parce que ma soeur chérie, la jojo, va se marier! Congratulez-là :) Et si je trouve un boulot cet été, j’aurai un nouveau permi (de travail et non plus d’étudiante) et un nouveau visa (de travail et non plus d’étudiante) et je pourrai donc aller à son mariage en octobre (faire un allé-retour en Europe pour le weekend c’est dur, mais que ne ferait-on pas pour sa soeur!)… mais si je reste à Purdue un an de plus, comme j’étais en train de me dire que ce n’était pas une mauvaise idée, je n’aurai pas de nouveau visa et je ne pourrai donc pas aller au mariage de ma ch’tite soeur! Comme dirait l’autre, zut, flûte, trompette et guitare! Ou, plus précisement, femme de mauvaise vie de chambre très mal rangée d’excréments de dinosaure!

(Je suis en train de me demander si je ne pourrais pas tricher et passer par le Canada… mais ça voudrait dire acheter 2 billets d’avion séparés, genre Indianapolis-Montréal aller-retour (ça c’est OK) et ensuite Montréal-Paris-Venise aller-retour en faisant semblant que je suis une touriste… à mon avis c’est très risqué et très cher (surtout qu’à mon retour à Montréal, ils vont me demander pourquoi je n’ai pas de billet de « retour, » si je suis une touriste)… Je vais en parler au bureau des étudiants étrangers demain, mais je la sens mal, cette histoire!) Quelle galère! :(

PS. Le bureaux des étudiants étrangers de Purdue ne peut RIEN faire pour moi. Si je sors, je prends le risque de me faire refuser un nouveau visa ou que ça prenne des mois… Y’a pas de doute, je suis OBLIGEE de finir mes études et de trouver un boulot ASAP! Je retourne bosser…

Entre Noël et le Nouvel An, j’étais à Washington DC pour une semaine sympatique avec ma tante… et un entretien d’embauche qui s’était bien passé mais pas assez bien pourtant. Lors d’un déjeuner fort sympatique dans le café d’une librairie de la ville, alors que je papotais allègrement tout en dégustant mon repas, je remarquais une annonce de publicité pour une compagnie aérienne basée à Washington DC et que je ne connaissais pas, Independance Air, passer à la télévision accrochée au-dessus du bar. Tiens, encore une petite compagnie low-cost parmis tant d’autres…

Le 1er janvier 2006, je rentrais de Washington DC. Mon avion partait de l’aéroport de Washington Dulles à huit heures du matin et entre le stress de l’entretien, la quantité incroyable de chocolat ingurgité pendant cette semaine, les multiples discussions sur « mon futur, » les nuits sans sommeil, et les 150 sudokus pas terminés, je crois que je n’étais pas tout-à-fait dans mon état normal.

Pourtant, en passant devant les portes d’embarquement pour aller à la mienne, j’ai remarqué que l’avion juste à côté de moi allait partir pour Tampa, en Floride, là où ma soeur passait ses vacances, chez ses beaux-parents. En rigolant, j’ai dit à ma tante « tiens, je pourrais faire un détour pour aller dire bonjour à la p’tite soeur au passage… » …

Et puis on s’est assises près de la porte d’embarquement et on a attendu mon avion. Un bon moment parce que je suis toujours trois heures en avance partout. Et puis je me suis rendue compte que les annoncements auxquels je ne portais pas attention, à la porte d’à côté, parlaient de retards de l’avion pour Tampa… et de retards… et encore plus de retards… Jusqu’au moment où l’annoncement suivant a dit « mesdames et messieurs, nous ne pouvons pas partir parce que nous attendons une hôtesse de l’air de remplacement, celle qui devait venir ayant refusé de travailler aujourd’hui. » Tiens… bizarre…

L’annonce suivante était encore un peu plus étrange: « Mesdames et messieurs, nous ne trouvons pas d’hôtesse de remplacement pour notre vol. En effet, notre compagnie a déclaré faillite la semaine dernière et certains employés ne viennent tout simplement plus travailler depuis. »

C’est là que j’ai eu peur que la compagnie en question soit aussi celle qui faisait mon vol et j’ai vérifié: Independance Air! La compagnie dont je venais d’apprendre l’existence. Encore un de ces petits low-costs qui se cassait la figure… Etre pilote ou « flight attendant » de nos jours, c’est suicidaire! Et puis mon vol est partit et je n’y ai plus pensé.

… Jusqu’à ce soir, où au détour de quelques blogs vaguement connus et rarement visités, je suis tombée sur celui-ci. Je le lisais de temps en temps avant de savoir utiliser le fil RSS et je n’avais plus de nouvelles depuis un moment. Et Dany, pilote français pour Independance Air, a reçu sa lettre de licenciement exactement au moment où j’étais à Washington. Si ça se trouve, c’était lui le pilote qui attendait désespérement son hôtesse ce matin-là…

Je fais la maline ces temps-ci, mais j’ai vraiment la trouille de ne pas trouver de boulot. Pourtant, je sais que je pourrais rester à Purdue encore un an sans problème, que le marché du travail dans mon domaine n’est pas encore saturé, que ma famille me soutiendrait sans hésiter, et qu’il n’y a que deux petites chatounes qui dépendent de moi. Dany, lui, est responsable d’une famille et bosse en plus dans une industrie bien mal en point depuis quelques années. Et contrairement à beaucoup de ses collègues, il a eu beaucoup de chance (une chance qu’il a bien méritée, d’ailleurs, j’en suis sûre) et à rapidement retrouvé du travail. Heureusement que j’avais raté les quelques épisodes précédent de son blog, pourtant, parce que ça me fout la peur au ventre, moi, de lire des histoires comme ça!

(Pour tous ceux qui n’étaient pas là l’année dernière…)

Ouééééé c’est la Saint Valentin aujourd’hui!! Alors il faut savoir quelque chose de TRES important: aux Etats Unis on ne dit pas seulement « je t’aime » à son amoureux ou son amoureuse mais à tous les gens qu’on aime!! Par exemple à not’ maman, nos frangins, nos amis, nos roommates, nos élèves, nos profs, nos enfants, nos chats, et tout et tout et tout!!! Et on le dit avec des jolies cartes et plein de chocolat et surtout plein de petits coeurs PARTOUT!

Bien sûr, on le dit deux fois plus à son amoureuse ou son amoureux, et les hommes dépensent en moyenne $200 en repas, fleurs, et cadeaux pour leur amoureuse, et les femmes en moyenne $100 en ce célèbre jour pour leur amoureux!

68% des étazuniens préfèrent recevoir des chocolats plutôt que des fleurs à la Saint Valentin! 65% des étazuniens préfèrent le chocolat au lait!

La production de chocolat aux Etats Unis fait bien marcher l’économie du pays. Pour chaque dollar dépensé en importation de cacao (dont 47% viennent de la Côte d’Ivoire), deux dollars sont utilisés pour des produits du pays qui servent à la confection de bonbons, gâteaux, et chocolats: sucre, lait, amandes, cacahuettes, sirop de glucose, etc.

C’est pour ça que les magasins se font la concurrence pour vendre le plus de bidules possibles et le plus cher possible! Il y a DEUX cartes de crédit pour chaque personne vivante aux Etats Unis!

En Angleterre, 9 millions de roses sont vendues le jour de la Saint Valentin!

Dans le monde entier, 50 millions de roses (et surtout des roses rouges) sont échangées ce jour-là!

Saviez-vous que l’Eglise Catholique reconnait TROIS Saints Valentin, tous les trois martyrisés le 14 février?

Une des légendes sur un des Saints Valentin raconte qu’il a été tué pour avoir aidé des Chrétiens emprisonnés dans les prisons romaines à s’échapper, parce qu’ils y étaient torturés et tués.

Une autre légende raconte qu’un des Saints Valentin était un prêtre Romain qui mariait les jeunes gens en cachette alors que l’empereur Claudius II avait décrété les mariages interdits afin de faire des soldats des jeunes hommes.

58 million d’étazuniens pèsent trop lourd pour leur taille, 40 millions sont obèses, et 80% des étazuniens de plus de 25 ans pèsent plus qu’ils ne devraient. En 1982, 4% des enfants (6-11 ans) étaient trop gros, en 1994, 16%. Aujourd’hui, 25% des enfants blancs et 33% des enfants noirs et hispaniques pèsent plus qu’ils ne le devraient.

Aux Etats Unis aujourd’hui, il y a environ six mille mariages par jour! Seulement 54% des femmes et 57% des hommes de plus de 15 ans, aux Etats Unis, sont mariés!

En moyenne, un étazunien moyen (huhu) mange environ 12 kilos de chocolats et bonbons par an, surtout le jour de la Saint Valentin. Les suisses en mangent à peu près autant que ça mais sur toute l’année. (Une autre source me dit que les suisses en consomment en fait le double. Je ne sais qui croire!)

A 20 ans, il y a 128 hommes célibataires (veufs, pas mariés, divorcés) pour 100 femmes céllibataires (veuves, pas mariées, divorcées). C’est la belle vie, j’aurais dû en profiter!

Par contre, à 65 ans, il ne reste plus que 33 hommes célibataires (veufs, pas mariés, divorcés) pour 100 femmes célibataires (veuves, pas mariées, divorcées). Ce que j’en conclus est que plus le temps passe, plus ça va devenir difficile de trouver un homme bien! Et aussi que les femmes mènent la vie dure aux hommes, les pauvres!

8% des chocolats exportés de Suisse partent aux Etats Unis (et encore, ça compte pas mes exportations!)! Par contre, seuls 3% des ventes de Nestlé sont du chocolat!

Harry Truman a fait la connaissance de sa future femme, Bess, alors qu’il n’avait que 6 ans et elle 5! Ils s’écrivirent pendant des années, même pendant leur mariage, lorsque Harry voyageait, et ils ont été mariés pendant plus de 50 ans! (pff c’est rien, mes grands parents aussi, hein!)

En Janvier 1845, un jeune homme nommé Robert Browning, petit écrivain de poèmes et de pièces de théâtre peu connu et de 32 ans, écrivit une lettre à Elizabeth Barrett, jeune femme de 39 ans, malade, et poète de renommée mondiale, pour lui dire qu’il aimait ses poèmes de tout son coeur. Ils s’écrivirent pendant longtemps avant de se marier en cachette en Italie, mariage pour lequel Browning écrivit le poème ce-dessous qui le rendit célèbre. Ils vécurent 15 ans en Italie jusqu’à la mort d’Elizabeth. On peut encore visiter leur maison, la Casa Guidi, in Florence.

Ici, on dit que le jour de la Saint Valentin est bon pour la santé: la dernière étude médicale et psychologique montre que le chocolat, le vin, et l’amour sont bons pour le coeur! Le chocolat est bon contre la depression et le mauvais cholesterol, le vin est bon contre les arrêts cardiaques, et le bonheur, ben c’est bon pour le système immunitaire et la vie en général :)

La conclusion d’un des psy de l’étude: si c’est bon pour la santé, pourquoi attendre la Saint Valentin pour bouffer du chocolat, boire de l’alcool, et faire l’amour?!

Quand votre amoureux ou votre amoureuse vous donne une paire de chaussures ou un parapluie, en Korée, ça veut dire qu’il/elle veut se séparer de vous! Bon à savoir!

Cadeaux que vous pouvez faire à votre amoureux, votre amoureuse, ou n’importe qui d’ailleurs, le jour de la Saint Valentin (ou n’importe quand, d’ailleurs): acheter une étoile (une vraie de vraie, avec ses coordonées astronomiques et tout) et lui donner le nom que vous voulez, qui deviendra son nom officiel; des roses (pfff minable); des petits dessous (ou dessus) coquins et mignons; des chocolats en forme de coeurs (ou pas); des bijoux; envoyer des jolies cartes avec des mots d’amours; trouver des belles images pour mettre sur son téléphone portable ou son ordinateur comme fond d’écran; dire « je t’aime » dans toutes les langues du monde; chanter des chansons d’amour en vous accompagnant de votre guitare; et j’en passe!

English – I love you
Afrikaans – Ek het jou lief
Albanian – Te dua
Arabic – Ana behibak (to male)
Arabic – Ana behibek (to female)
Armenian – Yes kez sirumen
Bambara – M’bi fe
Bangla – Aamee tuma ke bhalo aashi
Belarusian – Ya tabe kahayu
Bisaya – Nahigugma ako kanimo
Bulgarian – Obicham te
Cambodian – Soro lahn nhee ah
Cantonese Chinese – Ngo oiy ney a
Catalan – T’estimo
Cheyenne – Ne mohotatse
Chichewa – Ndimakukonda
Corsican – Ti tengu caru (to male)
Creol – Mi aime jou
Croatian – Volim te
Czech – Miluji te
Danish – Jeg Elsker Dig
Dutch – Ik hou van jou
Esperanto – Mi amas vin
Estonian – Ma armastan sind
Ethiopian – Afgreki’
Faroese – Eg elski teg
Farsi – Doset daram
Filipino – Mahal kita
Finnish – Mina rakastan sinua
French – Je t’aime, Je t’adore
Gaelic – Ta gra agam ort
Georgian – Mikvarhar
German – Ich liebe dich
Greek – S’agapo
Gujarati – Hoo thunay prem karoo choo
Hiligaynon – Palangga ko ikaw
Hawaiian – Aloha wau ia oi
Hebrew – Ani ohev otah (to female)
Hebrew – Ani ohev et otha (to male)
Hiligaynon – Guina higugma ko ikaw
Hindi – Hum Tumhe Pyar Karte hae
Hmong – Kuv hlub koj
Hopi – Nu’ umi unangwa’ta
Hungarian – Szeretlek
Icelandic – Eg elska tig
Ilonggo – Palangga ko ikaw
Indonesian – Saya cinta padamu
Inuit – Negligevapse
Irish – Taim i’ ngra leat
Italian – Ti amo
Japanese – Aishiteru
Kannada – Naanu ninna preetisuttene
Kapampangan – Kaluguran daka
Kiswahili – Nakupenda
Konkani – Tu magel moga cho
Korean – Sarang Heyo
Latin – Te amo
Latvian – Es tevi miilu
Lebanese – Bahibak
Lithuanian – Tave myliu
Malay – Saya cintakan mu / Aku cinta padamu
Malayalam – Njan Ninne Premikunnu
Mandarin Chinese – Wo ai ni
Marathi – Me tula prem karto
Mohawk – Kanbhik
Moroccan – Ana moajaba bik
Nahuatl – Ni mits neki
Navaho – Ayor anosh’ni
Norwegian – Jeg Elsker Deg
Pandacan – Syota na kita!!
Pangasinan – Inaru Taka
Papiamento – Mi ta stimabo
Persian – Doo-set daaram
Pig Latin – Iay ovlay ouyay
Polish – Kocham Ciebie
Portuguese – Eu te amo
Romanian – Te iubesc
Russian – Ya tebya liubliu
Scot Gaelic – Tha gra’dh agam ort
Serbian – Volim te
Setswana – Ke a go rata
Sign Language – ,\,,/ (represents position of fingers when signing’I Love You’)
Sindhi – Maa tokhe pyar kendo ahyan
Sioux – Techihhila
Slovak – Lu`bim ta
Slovenian – Ljubim te
Spanish – Te quiero / Te amo
Swahili – Ninapenda wewe
Swedish – Jag alskar dig
Swiss-German – Ich lieb Di
Tagalog – Mahal kita
Taiwanese – Wa ga ei li
Tahitian – Ua Here Vau Ia Oe
Tamil – Nan unnai kathalikaraen
Telugu – Nenu ninnu premistunnanu
Thai – Chan rak khun (to male)
Thai – Phom rak khun (to female)
Turkish – Seni Seviyorum
Ukrainian – Ya tebe kahayu
Urdu – mai aap say pyaar karta hoo
Vietnamese – Anh ye^u em (to female)
Vietnamese – Em ye^u anh (to male)
Welsh – ‘Rwy’n dy garu
Yiddish – Ikh hob dikh
Yoruba – Mo ni fe

Et tout ça pour vous dire que normallement, je peux aller prendre plein de photos dans mon magasin préféré (Target) sans problème, mais là je suis allée dans un autre magasin et je me suis fait engueuler trois fois parce que je prennais des photos alors j’ai dû me cacher pour prendre celles qui sont ici et c’est pour ça qu’elles sont parfois très nulles et souvent très moches… mais ça donne quand même une idée de la folie des gens ici, en ce fameux jour de la Saint Valentin! (En fait, cette année il y avait beaucoup trop de monde, c’était la folie, on se serait cru la veille de Noël, alors pas moyen de prendre de photos nulle part!)


How do I love thee? Let me count the ways.
I love thee to the depth and breadth and height
My soul can reach, when feeling out of sight.
For the ends of being and ideal Grace.
I love thee to the level of every day’s
Most quiet need, by sun and candlelight.
I love thee freely, as men strive for right;
I love thee purely, as they turn from praise,
I love thee with the passion put to use
In my old griefs, and with my childhood’s faith.
I love thee with a love I seemed to lose
With my lost saints—I love thee with the breath,
Smiles, tears, of all my life! and, if God choose,
I shall but love thee better after death.

Elizabeth Barrett Browning.

PS. Toutes ces informations viennent de tas de gens, de tas de site internet, d’emails que j’ai reçus, du History Channel, et de ma petite tête chocolatée!

Dans ma vie, j’ai fait trois trucs vraiment cools: une visite en Laponie, un voyage dans la jungle équatorienne, et … hier, j’ai fait un truc dont j’avais envie depuis longtemps et que je ne pensais jamais arriver à faire: aller voir mon héros, celui qui accompagne la plupart de mes samedis soirs, celui qui me fait rire même quand ça va pas: un enregistrement « live » d’une émission de NPR (national public radio): A Prairie Home Companion, avec Garrison Keillor.

Kékséksa?

Venez donc par ici que je vous cultive un peu, parce que toute personne vivant aux Etats Unis doit impérativement connaitre NPR, et toute personne vivant dans le Midwest ou le Sud ou le Nord des Etats Unis se doit d’écouter A Prairie Home Companion! Ce n’est pas un droit, c’est un devoir!

NPR, c’est LA radio publique des Etats Unis. Publique dans le sens que ce ne sont pas les impôts du citoyen ni le gouvernement qui payent pour la faire marcher. Ce sont des organisations (comme la NEA, national endowment for the arts, par exemple) et des gens comme vous et moi qui envoient de l’argent directement à cette radio s’ils ont envie qu’elle survive. Donc c’est publique dans le sens que ce n’est pas gouvernemental, et donc c’est un peu plus libre de faire n’importe quoi et de dire n’importe quoi (ben oui, si vous recevez de l’argent du gouvernement, vous êtes obligés de faire ce que le gouvernement vous dit de faire, ensuite. C’est le même problème avec les écoles et les universités). Donc NPR est un peu plus libre de raconter les nouvelles qu’ils veulent raconter, et d’adopter un point de vue un peu plus neutre que des radios « normales » ou, par exemple, Fox ou CNN. C’est donc sur NPR que j’écoute de temps en temps les nouvelles.

Mais ce qui est le plus génial, sur NPR, c’est qu’ils ont des émissions extrêment intéressantes et variées, en plus des nouvelles, qu’ils achètent à des radios publiques locales (comme la Minnesota Public Radio qui fait A Prairie Home Companion) et « vendent » ensuite à toutes les radios publiques qui les veulent. Ma radio publique locale, c’est WBAA, dont le siège est à Purdue. Donc WBAA passe leur propres programmes et à certains moments de la journée, ils passent les programmes qu’ils ont achetés à NPR, comme par exemple A Prairie Home Companion tous les samedis soirs, All Things Considered (sur la politique) tous les après-midi, Performance Today (musique classique en directe) tous les soirs de la semaine, Car Talk (méchanique) tous les samedis matins, et Justice Talking (sur des questions légales)… heu… ben non ça ça passe plus, malheureusement, c’était super intéressant.

A Prairie Home Companion, donc, c’est une emission de deux heures, enregistrée en publique à un endroit différent chaque semaine. Il y a plein de musique, surtout de la « blue grass, » qui n’est pas de la « country » mais quand même de la musique avec un violon, de la guitare, un banjo, et des gens qui chantent, c’est super sympa. Il y a aussi des histoires, comme par exemples the « News from Lake Womegon, » des histoires de petites villes du Midwest, des histoires à mourir de rire, des chansons, des blagues, des invités locaux… C’est vraiment chouette comme émission, et j’adore l’écouter!

Hier soir, donc, je suis allée voir un enregistrement public!! C’était mon cadeau d’anniversaire que je me suis fait. Comme je suis membre de WBAA (je leur ai filé $80 en septembre), j’ai pu m’acheter un billet presque la première, fin novembre, et donc j’avais une place excellente. Et c’était marrant de voir ce que normalement j’entends. Garrison Keillor est un type incroyable, qui fait cette émission depuis 1974, qui a un talent exceptionel, qui porte un costard-cravate avec des baskets rouges (on les voit sur la photo), qui se balade sur la scène comme un touriste pendant que les invités font leurs petits numéros, qui chante admirablement bien, qui tourne le dos à son audience quand il chante avec les invités, qui a quelques notes sur papier et les jette par-terre quand il n’en a plus besoin, donc le sol est jonché de papiers au bout de deux heures…

Au bout de deux heures, j’avais mal à la machoire tellement j’avais ri. C’était vraiment une soirée unique, surtout que j’avais réussi à convincre une copine de venir avec moi, et on a passé deux heures au paradis! Je crois que je ne pourrai plus jamais écouter cette émission sans revoir Garrison Keillor et ses baskets rouges, ses cheveux en bataille après quelques minutes, sa façon de se balader sur la scène n’importe quand, le type qui fait les bruitages à lui tout seul, les musiciens qui l’accompagnent, le clair de lune, les blagues sur Purdue, la musique, les rires de la foule, les applaudissement san fin…

Si vous habitez aux Etats Unis et que vous ne connaissez pas NPR, je vous conseille de vous y mettre! Et si vous avez internet n’importe où dans le monde, je vous conseille d’aller visiter leurs sites et d’apprendre tout plein de trucs passionants, d’écouter de la musique de qualité (jazz, classique, etc.), et de rire un bon coup! Ca fait du bien!

Washington, c’est un « memorial » après un autre. Très beaux certe, avec plein de parcs et de lacs « reflectifs » où on peut se regarder en pensant à sa vie et au monde et à l’histoire et à tout ça, et plein de monuments, de statues, d’aigles, de chevaux, d’épées, de bronze, de canons, de tombes, de lauriers, de cloches, de bus pleins de touristes, de marbre, de musées, de héros, de libertés, de colonnes, d’or, et de gravures. Mais je trouve ça quand même un peu macabre. Ca doit être la ville où il y a le plus de tombes et de musées et de statues et de « mémorials » au mètre carré au monde! C’est très imposant, magestueux, et c’est sûr qu’historiquement parlant, c’est passionant et rempli d’émotions.

Washington, c’est plein de bons restaurants, aussi, parfois très chics et très bons, parfois très chics et pas très bons, et parfois moins chics mais délicieux quand même, comme ce petit café hors du commun trouvé dans une librairie! Et puis une chose que je trouve particulièrement impressionante, à Washington, c’est la propreté. Partout! Pas un mégot dans le metro, sur les trottoires, dans la gare, pas un papier sale qui traine, et surtout, pas un seul caca de chien! Cela va encore plus loin: tous les immeubles, les monuments, les bâtiments, toutes les constructions du centre de la ville sont si propres qu’on dirait qu’ils viennent d’être construits! Tout est d’une blancheur imppécable, et avec les très larges avenues de la ville, cela donne une impression de lumière et de grandeur impressionante même sous la pluie.

Washington, c’est aussi les taxis qui ont un prix fixe avec les chauffeurs de taxis qui en connaissent plus sur le cinéma français que les deux françaises qu’ils transportent. C’est un soleil étincelant dans un froid glacial, et les quartiers aux maisons pimpantes et qui ressemblent parfois à celles des quartiers chics de San Francisco. C’est Alexandria, une jolie petite ville dans la Virginie voisine, au sud du Potomac, avec ses rues de galets, ses lumières de Noël dans les arbres, ses dixaines de boutiques d’art pour touristes riches, et un petit restaurant français, le 100 King, absolument divin et à recommender chaudement malgré les quatre erreurs faites dans la facture du repas!

Washington, c’est un métro pas sordide même dans les quartiers moins chics, des bus toutes les dix minutes avec des chauffeurs sympas et qui vous attendent, et des musées sur tout ce qui peut se faire mettre en musée, gratuits, et ouverts même le premier janvier. C’est des rues entières d’embassades de tous les pays possibles et inimaginables et de maison d’embassadeurs et de gens importants (j’ai même vu la maison de Zizi Cheney, même si elle n’est pas visible sur Google Earth!) C’est aussi une cathédrale magnifique, où se mélangent statues et vitraux religieux, historiques, et politiques.

Washington, enfin, c’est une ville très chouette et passionnante, parfaite pour y passer quelques jours sympas en agréable compagnie et y finir l’année 2005 (et y commencer l’année 2006 à 4 heures du matin pour attrapper l’avion…). C’est aussi une ville qui ne demande qu’à être prise en photo, même si tous ses bâtiments se ressemblent et sont difficiles à distinguer les uns des autres! Alors en voilà des photos… mais… heu… ce sera parfois à vous de deviner quels sont les bâtiments en questions (ou de me dire si j’ai fait une faute en devinage), parce que les bureaux de l’Internal Revenue Services (les impôts) ressemblent trop à ceux des Archives, qui eux, ressemblent exactement aux bureaux de la Food and Drug Administration, de la World Bank et du National Air and Space Museum et du FBI et de la Environmental Protection Agency et de… bref vous voyez ce que je veux dire! Alors amusez-vous bien :) Le deuxième album arrive demainbientôt (cliquez sur la photo ci-dessous pour voir le premier album)!

Je vous conseille de vous asseoir confortablement, parce que cette histoire est à dormir debout et je veux pas que vous vous fassiez mal en tombant!

Jusqu’en 1960, l’Indiana était divisé en deux zones horaires: à l’ouest, il y avait les « counties » (départements) qui étaient à l’heure « Central, » avec Chicago; à l’est, il y avait les counties qui étaient à l’heure « Eastern, » avec New York. En octobre et en avril, tout ce beau monde changeait d’heure comme le reste de la planète, ou presque. Jusque là, tout allait bien, sauf que bon, un état divisé en deux ça fait quand même con. Mais c’était en Indiana, rappelons-le.

En 1960, comme ce coup de fuseaux horaires fichait quand même le boxon dans tout l’état, il a été décidé de simplifier la situation. Maintenant, l’Indiana est divisé en TROIS, au lieu de deux! Le centre de l’Indiana ne change JAMAIS d’heure (donc par rapport au reste du monde, en fait, on en change), mais le nord-ouest et le sud-ouest de l’Indiana restent toujours à l’heure de Chicago (zone 2 (rouge) sur la carte ci-dessous), et le sud et le sud-est restent toujours à l’heure de Cincinnati, Ohio, et de Louisville, Kentucky (zones 3, vertes). Ceci qui veut dire qu’il y a TROIS zones horaires différentes dans ce petit état, et que tout l’Indiana n’est jamais à la même heure, comme vous pouvez le voir sur la carte suivante (si vous cliquez dessus il y aura toutes les explications):

Comme vous pouvez vous l’imaginer, les gens ont commencé à en avoir marre de cette organisation à la noix et ont décidé que l’Indiana allait faire comme le reste du monde: changer d’heure deux fois par an. On aurait sans doute pu penser qu’une lueur d’intelligence avait enfin éclairé le cerveau transgénique des habitants de ce maudit champ de maïs… mais non, la situation n’allait qu’empirer!!

Comment? Peut-on VRAIMENT faire pire que TROIS fureaux horaires dans un seul état??? Ben oui, chers amis, c’est l’Indiana, ne l’oublions pas!

C’est un petit malin de politicien républicain qui s’est fait élire gouverneur grâce à sa promesse de remettre de l’ordre dans ce bazard. Le problème, c’est qu’il avait oublié qu’en Indiana, ce n’est pas lui qui peut prendre ce genre de décision mais le « commissioner » (grand chef) de chaque county! Les 92 (nonente-deux!!) counties de l’Indiana avaient donc à se décider INDIVIDUELLEMENT pour savoir sur quel fuseau horaire ils allaient s’accrocher! Le merdier intégral!

Bien sûr, Indianapolis, la capitale, bien qu’à trois heures plein sud de Chicago, ne veut pas admettre que Chicago est importante et veut le prestige d’être sur Eastern time, avec New York, Washington, Boston, et autres grandes villes « qui ont de l’importance! » Le problème, c’est que le county de Tippecanoe, dont la capitale est Lafayette, là où je suis, se situe à deux heures plein sur de Chicago, et est donc géographiquement dans la zone Central, mais est beaucoup plus influencée par l’économie d’Indianapolis, qui ne se trouve qu’à une heure au sud. Donc basta, on est en Eastern! L’autre problème, c’est que pratiquement tous les counties autour du county de Tippecanoe ont décidé d’être en Central time. Et les villes qui se trouvent à la frontières des counties vont même être coupées en deux zones horaires, et tout le monde se dit déjà prêt à poursuivre tout le monde en justice!

Ben ouais, c’est pratique, j’habite dans le cinquième arrondissement qui est en Central time et je travaille dans le sixième, qui est en Eastern time. Mes parents habitent dans le quatrième, qui est en Central time, et mes enfants ont leurs cours de piano dans le premier, qui est en Central time. Ben voyons, votez pour les politiciens, ils deviennent de plus en plus cons! Heureusement, ils auront toujours une excuse: c’est pas de leur faute, c’est le maïs transgénique!

Tout ça pour dire: n’oubliez pas, chers habitants des Etats Unis, de changer d’heure aujourd’hui! Moi je ne change pas, mais c’est la dernière fois que j’en profite, et j’attends avril avec impatience pour rigoler comme une baleine devant le merdier monumental que sera devenu mon champ de maïs atemporel!

Vous croyez que c’est tout?? Mes pauvres amis, vous n’avez pas encore entendu la fin de l’histoire! Elle vaut son pesant de cacahuettes! Non seulement chaque county de l’Indiana va être, dès avril 2006, dans une zone horaire différente, mais EN PLUS, à partir de 2007, l’Indiana ne changera plus d’heure d’été ou d’hiver NI en même temps que le reste du pays, NI en même temps que l’Europe (qui change deux semaines plus tard que les Etats Unis), mais UN MOIS après le reste du pays! Il faudrait inventer une nouvelle expression, parce que là, « bordel intégral » ne suffit même plus à exprimer le début des emmerdements dans lesquels l’Indiana est en train de foncer, la tête la première!

Mouahahahaha!

Comme ma môman fait son entrée dans le monde de la haute technologie bloggogistique, il faut que je lui donne un petit coup de pouce :) Voilà donc quelques acronymes et autres expressions SMS, AIM, ICQ, et MSN, qui s’utilisent dans les chatrooms et sur les blogs… et parfois ailleurs! Si je dis « s’utilise dans le language parlé » ça veut dire que l’expression (pas l’acronyme) s’utilise souvent quand on parle, SAUF si je mets la prononciation de l’acronyme. Ces expressions sont plutôt utilisées dans le language courant, pas dans des situations formelles et officielles, sauf celles en gras.

ASAP // As Soon As Possible // Immédiatement, dès que possible. S’utilise TOUT LE TEMPS dans le language parlé (on dit éï-èss-éï-pi) et le language écrit.

ASL // Age, Sex, Location // S’utilise dans les chatrooms. Ca veut aussi dire American Sign Language mais bon, je crois qu’on ne parle pas de la même chose, là ;)

B // Be // Etre. S’utilise surtout dans les chatrooms.

B4 // Before // Avant. S’utilise surtout dans les chatrooms.

BBL // Be Back Later // Je reviens dans un moment. S’utilise surtout dans les chatrooms.

BBS // Be Back Soon // Je reviens vite. S’utilise surtout dans les chatrooms.

BF // Boyfriend // Petit copain, chum. S’utilise souvent dans le language écrit courant et les chatrooms.

BRB // Be Right Back // Je reviens tout de suite, attends-moi! S’utilise surtout dans les chatrooms.

BTW // By The Way // A propos, dailleurs, au fait. S’utilise assez souvent dans le language écrit et beaucoup dans les chatrooms.

C // See // Tu vois? ou bien Tu comprends? S’utilise surtout dans les chatrooms.

CU // See you // A bientôt! S’utilise surtout dans les chatrooms.

DK // Don’t know // Je ne sais pas. S’utilise assez souvent dans le language écrit, surtout avec les questionnaires.

EOD // End of discussion // Je refuse de continuer à en discuter, ça suffit! S’utilise dans les chatrooms mais aussi dans le language parlé, surtout quand on a des enfants ;)

EZ // Easy // Facile. S’utilise surtout dans les chatrooms mais parfois aussi dans la pub ou les marques de produits.

FAQ // Frequently Asked Questions // Questions importantes. S’utilise très, très souvent dans le language écrit.

FYI // For Your Information // Quelque chose que vous devriez savoir. S’utilise très souvent dans le language écrit ET parlé (on dit èf-ouaï-aï).

GF // Girlfirend // Petite copine, blonde. S’utilise surtout dans les chatrooms et dans le language écrit.

I luv U // I love you // Je t’aime :)

IC // I See // Je vois, je comprends. S’utilise surtout dans les chatrooms.

IMHO // In My Humble Opinion // Mon opinion est la suivante (quand on veut VRAIMENT dire quelque chose mais qu’on veut pas paraître arrogant). S’utilise partout.

IOU // I owe you // Je vous dois beaucoup. S’utilise très souvent dans le language parlé (on peut dire « I owe you big time! » aussi).

JK // Just kidding // C’était une plaisanterie, je rigole. S’utilise très souvent dans le language parlé. S’écrit parfois just kiddin’.

LOL // Laughing Out Loud // Très drôle! S’utilise dans les chatrooms et dans les commentaires de blogs ;)

MYOB // Mind your own business // Occupez-vous de vos oignons! S’utilise dans le language parlé et dans les chatrooms.

NC // No comment // Je ne peux/veux rien dire. S’utilise parfois dans le language parlé… surtout chez les politiciens, huhuh.

NP // No problem // C’est pas un problème. S’utilise partout et tout le temps.

OIC // Oh, I see // Oh, je vois, je comprends. S’utilise surtout dans les chatrooms et souvent dans le language parlé.

OTOH // On the other hand // D’un autre côté… S’utilise beaucoup dans le language écrit et parlé.

PITA // Pain in the ass // Quelque chose qui est chiant! S’utilise parfois dans le language parlé. On peut dire « pain in the neck » si on ne veut pas dire « ass »…

PLS // Please // Siouplaît :)

Q&A // Questions and Answers // S’utilise souvent au début d’explications, en prévision des questions que les gens pourraient avoir, par exemple sur le site internet de la post, il y a un Q&A, avec des questions que les gens ont tout le temps à propos de la poste et les réponses à ces questions. S’utilise aussi dans le language parlé (on dit quiou-ènn-éï).

R // Are // Du verbe être. S’utilise surtout dans les chatrooms.

ROFL // Rolling On The Floor Laughing // Très drôle. S’utilise surtout dans les chatrooms.

ROFLOL // Rolling On The Floor Laughing Out Loud // Très très drôle. S’utilise surtout dans les chatrooms.

RU? // Are you…? // Es-tu…? (es-tu content, etc.). S’utilise surtout dans les chatrooms.

RUOK // Are you OK? // Est-ce que ça va? S’utilise surtout dans les chatrooms et tout le temps dans le language parlé (mais dans le language parlé on dit plutôt « you OK? » seulement.

SO // Significant other // Partenaire romantique. S’utilise souvent quand on veut éviter d’avoir à définir une relation ( »my significant other » peut être ma/mon copain/copine, concubain/concubine, femme/mari, conjoint(e) lesbienne/homosexuel, maîtresse/amant, vivant avec moi ou pas, etc.). Très utile! Par extension, moi j’appelle l’homme qui vit avec ma tante mon « significant uncle » ou « mon SU » ;)

THX // Thank You // Merci. S’utilise dans le language écrit (parfois on écrit Thanx, aussi) et parlé, bien sûr.

TTYL // (I will) Talk To You Later // Une façon de dire à bientôt. S’utilise surtout dans les chatrooms mais beaucoup dans le language parlé aussi, surtout à la fin d’une conversation téléphonique.

U // You // Toi/vous. S’utilise partout!

WB // Welcome Back // Je suis content(e) de ton retour (dans une chatroom, par exemple). S’utilise surtout dans les chatrooms et dans le language parlé bien sûr.

WTF // What The Heck? (ou What The Hell?! en réalité What The F*ck)// Qu’est-ce que c’est que ce merdier/truc/bordel???!! Qu’est-ce qui se passe??!! Je ne comprends rien/pas!!! S’utilise assez souvent dans le language parlé et écrit aussi!

X // Kiss // Bisou. S’utilise très souvent à la fin des lettres, des messages électroniques, et des conversations de chatrooms.

XO // Kiss and a hug // Bisou et accolade. S’utilise très souvent à la fin des lettres, des messages électroniques, et des conversations de chatrooms. On écrirait plutôt XOXOXO même :)

Y // Why? // Pourquoi? S’utilise partout.

- Vais-je avoir assez de papier « letterhead » (à en-tête?) de Purdue pour écrire toutes mes lettres de candidature étant donné que j’en reçois environ trois feuilles par semaine et qu’il faut que j’envoie environ 50 lettres de candidature ce semestre?

- Etant donné que je peux demander 10 feuilles avec le « watermark » (?) de Purdue par jour, que mon CV fait huit pages, et que mes lettres de candidatures utilisent une page à letterhead et une page watermarked, combien de dossiers de candidature est-ce que je pourrai envoyer ce semestre si j’imprime mon CV sur du papier watermarked?

- Est-ce que les feuilles watermarked vont bien passer dans mon imprimante ou est-ce que je devrais plutôt utiliser les imprimantes à l’école?

- Dans quel sens est-ce que je dois mettre le papier watermarked et à en-tête de Purdue pour que le watermark se lise à l’endroit et que l’en-tête soit en haut et sur le dessus de la page, avec mon imprimante et à l’école?

- Dans quel ordre les pages d’un document à pages multiples vont-elles être imprimées par mon imprimante et par celle de l’école? (ces deux dernières questions sont particulièrement méchantes, parce que les réponses sont différentes pour mon imprimante et celle de l’école!).

- Est-ce que je pourrais imprimer les articles sur des feuilles watermarked ou bien est-ce que c’est du gâchis et je ferais mieux d’utiliser du papier cher mais qu’on peut acheter dans le commerce?

- Qu’est-ce qu’il y a de bien comme papier de qualité qui ne me coûtera pas les yeux de la tête, qui passera bien dans mon imprimante, qui ne sera pas trop lourd à envoyer, et qui donnera quand même une impression de « classe »?

- Quelles enveloppes est-ce que je peux utiliser pour que ça fasse le plus sérieux possible, étant donné que les petites enveloppes sont facilement imprimables avec mon imprimante à la maison, les enveloppes moyennes peuvent utiliser des « labels » (étiquettes que j’imprime moi-même à la maison, ça fais sérieux), mais les grandes enveloppes n’ont pas l’en-tête officiel de Purdue?

- La différence entre un impression « de qualité » et une impression « normale » sur mon imprimante est-elle une question de vitesse d’impression, seulement, ou bien aussi une question de quantité d’encre utilisée par pixel par millimètre?

- Etant donné que mes articles sont longs et que certaines écoles en veulent des copies et que donc je dois utiliser les grandes enveloppes (sans en-tête officiel de Purdue) pour envoyer mes dossiers à ces écoles, est-ce que je ne devrais pas utiliser du papier watermarked pour imprimer les articles et mon CV?

- Si j’imprime mon CV (8 pages) ET mes articles (16 pages au moins) sur le papier watermaked de Purdue et que je ne peux en avoir que 10 feuilles par jour, combien de dossiers de candidature est-ce que je vais pouvoir envoyer ce semestre?

- Qu’est-ce qui est le plus lourd, et donc le plus cher à envoyer? Le papier avec le watermark de Purdue ou bien le papier de qualité et cher du commerce?

- Est-ce que c’est mieux d’imprimer les « graphs » de mes articles en couleur ou bien en noir et blanc? Lequel fera le plus sérieux?

- Etant donné que la secrétaire qui est supposé distribuer les 10 pages de papier watermaked par jour n’en a plus elle-même et que sa commande semble vouloir prendre du temps, sur quoi est-ce que je vais imprimer mes lettres de candidatures dans les jours à venir?

- Est-ce que mes lettres de recommendations, envoyées directement depuis le département, sont photocopiées sur du papier de qualité? Avec le letterhead de Purdue? Le watermark?

- Pourquoi est-ce que tous ces gens, qui vont refuser mes candidatures de boulot, ne peuvent pas lire des lettres et des CV et des articles imprimés du papier pourri et pas cher comme tout le monde???

(le premier qui peut me dire ce que c’est que cette bestiole et ce que signifie ce logo aura toute mon estime!!!)

Cliquez sur l’image pour voir le reste de la bédé…

PS. Dommage que le ridicule ne tue pas…