tempêtes de cerveau


Toute la smala est partie hier après-midi, snif… Mon coeur balance entre les larmes de tristesse de voir partir ainsi ceux que j’aime tant et le soulagement de me dire que les chatounes et moi avons enfin quelques jours de paix avant que le travail ne recommence. En gros, quand’même, je suis triste, très triste, même. Même si j’aime beaucoup ma nouvelle ville et mon nouveau pays, ce n’est pas facile de laisser partir les gens qu’on aime sans savoir quand on les reverra.

En même temps, quand on a la chance de se revoir, on remarque aussi parfois pourquoi on vit tous à un autre bout du monde. Avec le temps, je suis devenue une vraie sauvage et j’aime ma solitude. Et puis dans la famille (proche et moins proche), on a très facilement tendance à se dire des choses qui blessent même si on le regrette ensuite ou on ne se rend pas compte combien c’est blessant. On arrive à se contrôler assez bien avec les gens autours de nous dans notre vie de tous les jours, mais dès qu’on se retrouve en famille, on retombe dans nos mauvaises habitudes, même si on s’adore. Une réplique cinglante, un mot plus haut que l’autre, un soupire d’impatience, une requête égoïste, des regards énervés, des actions qui agacent, un geste malhabile, un manque de réaction, des critiques perfides, une réponse moqueuse, toutes ces petites choses n’ont aucune importance en soi mais font parfois plus mal qu’elles auraient dû et finissent par s’accumuler.

Quand je suis (ou parle) avec ma famille, je passe ainsi de « j’ai vraiment de la chance de passer ces moments avec Untel » à « je ne lui parlerai plus jamais » à « c’est tellement triste qu’on soit si loin les uns des autres » à « vivement qu’ils repartent » à « j’adore ma famille » à « comment peut-on tous être aussi méchants/ bêtes/ amers/ égoïstes/ rancuniers/ cyniques/ caustiques/ indifférents/ ingrats/ cruels/ négatifs/ agressifs/ cinglants/ sarcastiques/ hargneux/ grainçants/ blessants/ etc.!? » C’est l’histoire de ma vie.

Et pourtant je les adore. Tous. Mais je me demande parfois combien de fois on peut pardonner, combien de fois je pourrai me dire « cette fois c’est fini » et continuer pourtant comme si de rien n’était en ravalant ma colère ou ma tristesse et en oubliant tout… jusqu’à la fois suivante. Les bons moments font passer les mauvais, et les bons moments sont heureusement toujours plus nombreux que les mauvais, mais je remarque que je deviens aussi plus méfiante avec le temps, comme si je me préparais d’avance à encaisser les mauvais coups, comme ça je suis heureuse s’ils ne tombent pas et préparée dans le cas contraire.

Je me suis pas amère, je réfléchis, simplement. Je suis triste de voir que nous avons grandit, mon frère, mes soeurs, et moi, dans un environement pas toujours facile et qui nous a aidé à développer une façon de dire les choses qu’on regrette ensuite souvent. Ou à avoir du mal à exprimer ce qu’on ressent vraiment et cacher nos sentiments derrière des remarques cyniques ou blessantes. Une psy, un jour, m’a dit que cette violence, cette façon de répondre, cette façon de (ne pas) montrer nos sentiments, étaient comme gravés sur le CD de notre cerveau et qu’on ne pourrait jamais l’éffacer. Par contre, on pouvait choisir de ne pas écouter certaines parties du CD de notre cerveau comme on peut choisir de ne pas écouter certaines chansons sur un CD. Ce n’est pas facile à faire et ça demande beaucoup de patience, de conscience, et de détermination. C’est le travail de ma vie.

Mais ça en vaut la peine quand on s’aime tellement!

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Si la médaille d’argent de la chiantise revient à la TTC, la médaille d’or revient sans conteste au système banquaire canadien! (Désolée, post très long parce que moi très fâchée!)

Parlons du système américain d’abord: il y a des centaines de banques différentes, aux US, et donc une compétition serrée pour s’approprier les clients. Ma banque en Indiana, par exemple, « offrait » des tas de cadeaux si on ouvrait tel ou tel compte chez eux (je dis « offrait » parce qu’en fait, on devait payer des impôts sur ces cadeaux à la fin de l’année). Comme je recevais un salaire régulier de Purdue University, je ne payais absolument aucun frais, ni pour garder les comptes courant et épargne ouverts, ni pour les transactions que je faisais à la banque même, sur internet, avec ma carde de « débit » ou mes chèques, ou bien aux distributeurs de sous (ATMs). Les seuls frais que j’aurais pu payer étaient si j’avais eu un compte négatif (ce qui n’est que rarement arrivé puisque j’avais aussi des cartes de crédit). Aujourd’hui, j’ai toujours un compte aux US mais comme je n’ai pas de salaire régulier qui tombe dessus, je paye $1.5 par mois, mais chaque transaction est toujours gratuite.

Avec ce compte américain, j’avais une carte de « débit » gratuite que je pouvais utiliser dans tous les magasins/restos, etc. (et sans minimum, du genre je pouvais payer un timbre à $0.52 avec ma carte), par téléphone (pour acheter une pizza à livrer à domicile, par exemple) et ausi aux ATMs, soit avec une signature, soit avec un code secret (PIN). Quand j’utilisais le PIN, je pouvais aussi bénéficier du système « cash-back, » c’est-à-dire que si mon total était de disons $15.55, je pouvais payer ça et en même temps, « retirer » autant de liquide que je voulais et gratuitement (comme si j’étais à un ATM). Mais en gros, je n’ai jamais eu besoin d’avoir de liquide avec moi pour vivre sans problème puisque qu’on peut payer pratiquement partout avec les cartes banquaire, aux US. Je suis passée par quatre banques différentes dans deux états différents, et leur façon de fonctionner était la même partout, à part pour quelques détails (par exemple une des banques avait un « compte de découvert » spécial attaché au compte courant et qui « offrait » (sans frais si on les repayait en un mois) une possibilité de découverts jusqu’à une certaine limite).

Enfin, les premiers 50 chèques étaient gratuits (et je les utilisais rarement de toutes les manières puisque qu’on pouvait très facilement et gratuitement payer toutes ses factures avec internet) et on pouvait choisir parmis des centaines de designs différents. Sur internet, je pouvais voir toutes les informations à propos de la personne/compagnie à qui j’avais fait des payements, et je pouvais même voir une copie scannée des chèques que j’avais utilisés (le devant et le dos de chaque chèque). Un dernier truc: si par le plus grand des hasard une âme généreuse voulait déposer de l’argent sur mon compte, il/elle pouvait simplement aller à ma banque et dire « je voudrais mettre $6000 sur le compte de miss lulu » et paf, ils trouvaient mon nom, mon numéro de compte, et c’était fait! Bref, tout était clair, simple, et fait pour simplifier les dépenses (on était aux Etats Unis après tout, n’oublions pas!).

Au Canada, ooohhhhhh, c’est une toute autre histoire et une histoire très douloureuse! Déjà, il y a seulement six banques principales et environ une quinzaine de petites banques locales. La compétition est donc très limitée et ces saligauds le savent et en profitent. Là, je n’ai vu qu’une offre de « cadeau » pour l’ouverture d’un compte (un iPod), et les frais sont différents dans chaque banque mais démentiels partout. Par exemple, ma banque ne demande pas de frais mensuel ni de frais de transactions si j’ai au moins $2000 sur mon compte en tout temps mais dès que je tombe à $1999.99 ou en-dessous, alors là ils prennent $4.00 juste comme ça, et en plus, $0.63 par transaction (chèque, ATM, magasin/resto, banquier, etc.). Une autre banque propose des transactions gratuites et illimitées même sans minimum sur le compte mais par contre, les frais mensuels sont de $35!

Les chèques sont hors de prix (et il y a environ cinq designs différents) et acceptés très rarement, et leur carte ATM est très différente de l’américaine. Ici, on ne peut que l’utiliser avec un PIN, et donc c’est impossible de payer avec elle dans beaucoup de restos et magasins et en particulier par téléphone. Donc comme je n’ai pas de carte de crédit canadienne (sauc une AmEx mais elle ne s’utilise pas partout), je ne peux partiquement rien acheter par téléphone (pizza, etc.) ou bien avec du liquide seulement. Et le système « cash-back » marche, mais rarement, et seulement si le montant des achats s’élève à plus de $10, en général.

Un autre truc canadien, c’est les payements par internet. On ne peut payer ses factures par internet qu’à des compagnies qui ont un « deal » avec la banque en question. Par exemple, je peux payer mon loyer par internet si ma régie s’est mise d’accord avec ma banque pour que ce soit possible. Et chaque mois, il faut recommencer les vérifications (impossible de faire des payements mensuels automatiques comme aux US). Donc si la compagnie que je veux payer n’a pas d’accord avec ma banque, je suis screwed, comme on dit.

Les cartes de crédits sont aussi beaucoup plus difficiles à obtenir au Canada qu’aux US. Dans ma banque, ils ne donnent de cartes de crédits qu’aux canadiens et aux résidents permanents (donc pas aux gens qui, comme moi, ont seulement un permis de travail). Heureusement, j’avais une Américan Express aux US et eux ont donc été d’accord de me filer une AmEx (avec un maximum très bas mais qui peut augmenter au fil des temps si je fais mais remboursement régulièrement). Sans mon AmEx, je n’aurais encore ni lit ni bureau ni commodes!) Je n’ai pas investigué le coup de la « credit history » mais d’après ce que je comprends, c’est pareil qu’aux US. Par contre, le truc rigolo (enfin, pas trop) avec AmEx, c’est qu’ils ne me laissent pas les payer avec une autre carte de débit/crédit (genre la carte de mon compte en France ou aux US). Il faut que je demande à ma banque s’ils peuvent avoir un accord avec AmEx pour qu’ils envoient depuis mon compte canadien des sous pour payer mon AmEx. Bizarre. En plus, utiliser le « online banking » (gérer mes comptes sur internet) est très nul aussi parce qu’on voit seulement un bout du nom de la compagnie à qui on a fait le payement et aucun autre détail (donc parfois c’est impossible de deviner ce que c’était), le total du payement, et la date du payement. Oh, et un truc que j’ai encore du mal à croire: parfois, je reçois des reçus écrits à la MAIN, quand je dépose de l’argent sur mon compte! Et quand mes parents ont voulu déposer de l’argent sur mon compte quand ils étaient au Canada, ils n’ont pas pu parce qu’ils avaient SEULEMENT mon nom ET ma carte banquaire ET mon numéro de compte (qui n’est pas écrit sur ma carte), mais il leur manquait mon PIN! On est encore au Moyen-Âge ou quoi?!.

Un autre truc con, ici, c’est le coup des chèques: l’autre jour, j’ai reçu un chèque de remboursement de frais professionels pour $150 de mon université. Je suis donc allée à ma banque, dans ma « branche » (succursale?), là où ils reçoivent mon salaire tous les mois de mon université et où je garde (j’essaye de garder, plutôt) $2000 sur mon compte en tout temps, et j’ai dit « est-ce que je peux vous filer mon chèque et recevoir les $150 siouplait? » et on m’a dit que non. Non, ils gardaient le chèque « gelé » pendant cinq jours pour vérifier que ce n’était pas un faux et ensuite seulement je pouvais recevoir l’argent sur mon compte directement. $150! De mon employeur! Dans MA BRANCHE! Alors que j’ai « cashé » (reçu tout de suite et en liquide) des chèques de $2000 dans mes banques américaines sans problème, même quand c’était des chèques de n’importe qui et que j’allais dans n’importe quelle branche! Ma fin de mois est super serrée mais je reçois enfin $150 de remboursement de frais professionels et $350 de frais de lentilles de contact + occuliste mais non, je n’aurai cet argent que cinq jours plus tard, quand j’aurai été obligée de piocher sur les $2000 de minimum que je dois garder en tout temps sur mon compte et que donc je devrai en plus payer $15 de frais sur toutes les transactions que j’ai faites AVANT ça (même quand j’avais encore $2000 sur mon compte, c’est rétroactif, les abrutis!). Hystérique, je suis, avec ma banque!

Je pense que la plus grosse différence entre le système banquaire aux Etats Unis et au Canada c’est qu’aux US, les banques se font un blé fou avec les cartes de crédit mais les comptes courants et d’épargnes sont pratiquement gratuits (bon, les comptes d’épargne ne rapportent pratiquement rien là-bas, soyons honnête), alors qu’au Canada, les banques se font un blé fou sur tout, absolument tout, et tout est compliqué pour qu’on se fasse avoir le plus possible.

Voyons, qu’oubliais-je à propos de ce &£%#$@&£&$ de système banquaire? Ah, une seule et dernière choses: ce système est archaïque, malhonnête, et honteux, et y’a rien à dire de plus!

Chers lecteurs, chers amis, chère famille,

Vous en voulez des comparaisons entre le Canada et les Etats Unis?? Je vais vous dire la pire, celle qui me gâche la vie quotidiennement, celle qui me rend folle matin et soir, celle qui me pourrit la santé: l’accessibilité! Aux US, tout, et je dis bien TOUT, est prévu pour les personnes aveugles, sourdes, en fauteuils roulants, âgées, enceintes, etc. Tout. Il y a des rampes partout, des ascenceurs, des menus en braille, des bruits spéciaux aux feux, des trottoires abaissés, des portes larges, des autobus qui se baissent avec des passerelles, des citoyens responsables qui ne se garent jamais sur les multiples places handicapées, et des gens qui font couper les files aux personnes qui ne peuvent pas attendre debout longtemps. Et je ne parle pas seulement de mon ex-champ de maïs mais de Chicago, de New York, de Los Angeles, de Washington DC, de San Franciso, de Salt Lake City, de Las Vegas… Au Canada: pratiquement rien. Ni dans le petit bouiboui perdu au milieu de la toundra, ni dans la plus grande ville du Canada. On se croirait presqu’en France…

J’ai failli tuer un agent de la TTC (commission des transpors de mon bled) aujourd’hui. Je n’en peux plus, je suis épuisée et sur les rotules, j’ai mal aux jambes, et je ne comprends pas pourquoi il n’y a pas de bancs aux arrêts de streetcar et seulement QUATRE sièges à la plupart des arrêts de métro (il faut donc faire 4 kilomètres pour les trouver). C’est honteux, dans une ville aussi grande que celle-ci, dans une société qui se veut moderne et exceptionelle au niveau social (voir mon avant-dernier post) de se trouver dans une situation aussi déplorable et moyennageuse.

J’ai écrit aux TTC quatre fois pour les implorer d’essayer de changer les choses. J’ai reçu une seule réponse, qui m’expliquait que les arrêts de streetcars avaient été construits dans les années 70 et qu’à l’époque, les législations interdisaient de mettre des sièges à ces endroits-là. C’était leur seule excuse. Je la trouve lamentable et même insultante.

Je vous propose donc aujourd’hui d’écrire à ces braves gens et d’expliquer que ça ne va plus, qu’il faut se bouger le popotin parce qu’il y a des centaines de personnes (et je les vois tous les jours, les personnes âges, les femmes enceintes, les mères avec trois marmots dans les bras, les gens qui ont du mal à marcher…) qui ont du mal à rester debout longtemps et qui ont désespéremment besoin de ces sièges (et je ne parle même pas des ascenceurs innexistants, des portes plus larges pour les poussettes au lieu des tourniquets, etc.). Peut-être qu’une centaines d’emails en même temps, de pays différents, qui demandent tous la même chose, pourra faire bouger les choses. Vous pouvez écrire dans n’importe quelle langue, le TTC dépense une fortune pour se vanter qu’on peut leur écrire dans plus de 160 langues différentes et qu’ils les comprennent toutes (ça me fait une belle jambe). Vous pouvez même vous adresser directement au Transportation Services Supervisor qui s’appelle Kypros Perikleous, son adresse email c’est kperikle@granbled.ca (vous changez granbled par le nom de la ville), et son numéro de téléphone c’est le 416-392-1799. Je vous mets l’adresse où vous pouvez écrire des emails au TTC (pas besoin de remplir les informations à propos du jour, du lieu, etc., ni de mettre votre adresse email à la fin) (je mets l’adresse sur une image pour ne pas que le nom de la ville soit trouvable par notre ami Google):

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(Si le lien ne marche pas (attention, c’est httpS), aller à http://ttc.ca ->TTC Information -> Contact Us -> On-line comment form -> Online Form -> Complaint / Suggestion? -> TTC Service?)

Allez-y, harassez-les, parce que je suis fatiguée de le faire. Moi, demain, je téléphone à un avocat (j’aurai le temps, je ne vais pas au boulot, j’ai trop mal aux jambes)!

PS. Pour ceux qui n’auraient pas encore remarqué, je marche avec des béquilles, ben oui. J’ai aussi deux chatounes hystériques, une bagnole de bientôt 10 ans, deux soeurs et un frère, des comptes en banque dans quatre pays différents, et une bosse sur le nez, c’est pas ma faute.

PPS. Si vous écrivez à la TTC et ne mettez pas votre adresse email à la fin de votre message, ils vont croire que tous ces messages viennent de la même personne qui les spamme… Oups…

PPPS. Visiblement, je ne suis pas la seule à pense que leur système est vraiment nul:

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C’est moi. Parfois. Non sérieux, y’a des jours où je suis tellement conne que je pourrais me donner des baffes. Y’a des jours où je me déçois vraiment d’arriver à être si méchante. Et y’a même des jours où je peux pas me voir dans un miroir. Y’a vraiment plein de jours comme ça, en fait.

Mais y’a aussi des jours pas comme ça. Y’a des jours où je suis fière de moi parce qu’un de mes articles a été accepté par un journal. Y’a des jours où les gens sont si sympas avec moi que je me dis que je ne dois pas être que méchante avec eux. Et y’a même des jours où j’aime bien jouer avec mes cheveux comme une gamine et me sourire dans le miroir, ou regarder des vieilles photos et me dire que j’ai mes heures photogéniques (comme par exemple ici ou ). Y’en a pas beaucoup mais y’en a des jours comme ça, en fait.

Je pense à ça parce que ça fait quelques jours que je vois ce petit spot publicitaire pour Dove (tourné par une agence à Granbled d’ailleurs) passer sur plein de blogs. C’est édifiant. C’est attristant. Mais ça ne veut pas dire que la vraie beauté n’existe pas. Je ne parle pas de la beauté intérieure, celle qu’on essaye de nous faire croire qu’elle peut remplacer l’autre. Non, je parle de la vraie beauté du visage, du corps. Je sais que les canons de la beauté changent avec le temps mais ça n’empêche pas que parfois, on ne peut pas détacher son regard de quelqu’un qui sort du commun, de quelqu’âge que ce soit. Pas besoin de Photoshop, certaines personnes sont exceptionellement belles (je ne parle pas de gros seins, je parle de beauté simple et entière).

Et puis je pense aussi que nous, les femmes, on a tendance à se photoshoper un peu (certaines plus que d’autres, bien sûr) tous les jours et cela depuis que la femme existe. On s’épile les sourcils et plein d’autres choses à grands cris, on se maquille, on porte des fringues et des chaussures inconfortables, on se troue les oreilles et ailleurs aussi, on se met du parfum, on passe des heures (et on dépense des fortunes) à s’occuper de nos cheveux, de nos ongles, de notre peau… Est-ce que c’est la faute à ce genre d’images fausses dont les campgnes publicitaires nous bombardent ou est-ce que c’est simplement parce qu’on ne peut pas aller au boulot en pyjama, les cheveux crades et en désordre, et la mine hagarde?

Je me demande: à la base, d’où nous vient ce besoin d’être belles? Est-ce une question de charactère typiquement féminin (donc génétique) ou bien une question de machisme (les hommes veulent montrer qu’ils ont la plus belle)? Est-ce acquis ou inné? Est-ce qu’on est obligées d’être présentables ou est-ce qu’on se l’inflige à soi-même? Est-ce que ce genre de publicité mensongère (les mannequins anorexiques photoshopées) est né de ce besoin qu’ont les femmes d’être parfaites ou est-ce que le besoin d’être parfaites est né de ce genre de publicité mensongère? Ou bien n’est-ce pas plutôt, depuis la nuit des temps, notre peur immémoriale de mourir (en passant donc par la vieillesse) qui ne nous donne ce besoin viscérable de cacher les jours qui passent (et les rides et les kilos qui s’accumulent)?

J’ai trois questions:

1. Quelqu’un pourrait-il m’expliquer pourquoi mon anti-spam, Akismet, me dit que j’ai par exemple 268 spams aujourd’hui mais sur la page où je vois les spams en question, je n’en vois qu’une cinquantaine? Est-ce qu’il a du mal à compter ou est-ce qu’il m’en cache certain, et lorsque je clique sur « erase all » j’efface plein de spams qui n’en sont peut-être pas?

2. Quelqu’un pourrait-il m’expliquer pourquoi la même paire de lentilles de contacte (même ordonnance, même marque) coûte exactement $40 aux Etats Unis et exactement $260 au Canada?? Je n’en reviens pas, est-ce parce que ce genre de chose se fait (partiellement) rembourser par les assurances maladie au Canada et pas aux Etats Unis qu’ils se permettent de demander autant pour deux petits bouts de plastique?

3. Quelqu’un pourrait-il m’expliquer pourquoi je suis tellement à bout de nerfs ces jours-ci? Je n’arrive plus rien à faire pour le boulot, tout m’énerve, je suis découragée, et je n’ai plus envie de rien…

Bon, ça fait plus d’un mois que je suis employée à plein temps et ça fait une semaine que j’enseigne l’anglais à des morveux qui n’en ont déjà plus rien à fiche, il est grand temps que la retraite arrive! Nan mais c’est vrai, y’en a marre de ce boulot!

Hier, je me disais que j’aurais bien recommencé un doctorat. Sérieux, c’est super cool d’être étudiant en doctorat, on fait à peu près ce qu’on veut quand on veut, on a des dates limites, des gens qui vous disent quoi faire et comment et quand et qui vous donne plein de compliments, un p’tit boulot pas stressant et sans responsabilité à côté pour pas crever de faim, des buts, des succès rapides et faciles, et personne ne s’attend vraiment à ce qu’on fasse des miracles.

Maintenant, tout le monde s’en fout de si je vais au bureau ou pas, tout ce que je dois faire c’est publier publier publier publier publier publier publier, il n’y a aucune échéance, pas de succès faciles, pas de A, pas d’explications mais des mégatonnes d’expectations très vagues, et rien que nous en face de nos p’tains d’articles à se demander quand vient la retraite. C’est IN-SU-POR-TABLE!

Je me suis foutu le dos en l’air, je ne sais pas comment, et j’ai une infection à la jambe. Alors je vais pas au boulot demain. Ah, tout le monde s’en fout? C’est bien ce que je pensais. Je ne pourrai même pas dire « désolée madame, j’ai pas pu faire mes devoirs parce que j’étais malade. » Non, tout le monde s’en fout. Je peux très bien bosser à la maison en plus, ce que je n’ai pas du tout envie de faire. Mais même si je le fais pas, tout le monde s’en fout.

Je n’arrive pas à accepter cette « plate infinitude » de ma vie devant moi. Je n’arrive pas à accepter que dans 10 ans, 20 ans, 30 ans, je serai toujours en train de faire la même chose que ce que je fais aujourd’hui. Elèves, articles, élèves, articles, élèves, articles, élèves, articles… ad perpetuum… ad nauseum. C’est tout, c’est ma vie, et ça ressemble à l’encéphalogramme d’un homme mort. Y’a plus rien d’autre. Plus d’examens, plus de cérémonies de graduations, plus de profs chiants, plus de devoirs à rendre mardi sinon on est mort, plus de copains pour rigoler pendant les cours, plus de procrastination éhontée, plus d’inscouciance.

Je crois que je vais commencer un doctorat en chimie organique.

On ne refléchit pas assez sur ce blog. Heureusement que Protolapon nous y force parfois. Y’en a marre de mes états d’âme larmoyants, pensons plutôt un instant à l’état de mon âme, huhuh, (non en fait c’est très sérieux ce que je veux dire), parce que moi, j’aime bien le Carmina Burana de Carl Orff. Ma question est donc: suis-je une pro-Nazie parce que j’aime bien quelque chose que les Nazis ont eux aussi aimé, et même peut-être écrit, puisqu’Orff lui-même a peut-être été Nazi? Qu’est-ce qui rend la musique d’Orff bonne ou mauvaise, au fond? Qu’est-ce qui fait que je l’aime? Quelle image, quelle idéologie est-ce que je propage (à l’extérieur comme à l’intérieur de moi-même) lorsque j’écoute le Carmina Burana? Ne devrais-je pas plutôt condamner Orff et ne plus jamais écouter sa musique parce que je suis, en réalité, profondément contre la doctrine Nazie?

J’ai lu il y a quelques jours que Steven Spielberg a donné un million de dollars pour la reconstruction d’Israël après sa « guerre contre le Hezbollah. » J’espère que vous m’excuserez mais en ce moment, je pense qu’il faudrait plutôt donner cet argent au Liban… mais c’est le droit de Spielberg de faire ce qu’il veut de son argent. En attendant, si je vais voir ses films, qu’est-ce que ça dit sur moi? Est-ce que je trahis mes principes si je paye pour voir un film fait par quelqu’un avec qui je suis en complet désaccord sur des principes qui me tiennent très à coeur? Et si j’ai un de ses films à la maison? Est-ce qu’au moment où j’apprends la nouvelle de l’argent pour Israël je dois jeter ce film et boycotter tout ce que Spielberg a fait? Est-ce qu’à ce moment-là ce film, que je trouve par ailleurs excellent (Catch Me If You Can), devient un mauvais film qui trahit mes ideaux et propage une certaine immoralité?

Il y a des centaines d’exemples, bien sûr. On peut aussi penser à Céline, l’écrivain qui se dit lui-même « l’ennemi n°1 des juifs » (lettre au Docteur W. Strauss). Quelle image cela donne de nous, qu’est-ce que cela fait à notre âme, quels principes écrasons-nous du pied, et en quoi nous trahissons-nous nous-mêmes quand on lit Voyage au bout de la nuit? Ne serait-ce pas mieux pour la jeunesse française d’arrêter de lire ces horreurs qui risquent de propagers des idées obscènes et pernicieuses?

Et puis tant qu’on y est, ne devrait-on pas aussi renier sa foi Catholique parce que Benoît XVI a fait partie des jeunesses hitlériennes parce qu’il va corrompre l’Eglise et que d’approuver un pape « nazi » revient à approuver Hitler?

Quand je me pose ce genre de questions, j’essaye de me rappeller que je risque de faire, à ma petite échelle, ce que d’autres ont fait à plus grande échelle et que je critique ouvertement: fermer ses embassades, menacer, détruire, et boycotter parce que certains journalistes ont publié des caricatures de Mahomet qui allaient à l’encontre de leurs principes; et condamner à mort Salman Rushdie pour avoir osé écrire quelque chose qui ne correspondait pas à l’idée que certains veulent promulguer de leur religion. Entre autres.

D’ailleurs il faut que je vous dise, vous devriez arrêter de lire mon blog (et le brûler, même): j’ai piqué plein de sous à mon père quand j’étais petite, j’ai triché à des tas d’examens au lycée, j’ai vécu deux mois à Montréal avec un abonnement bus/métro pour les moins de 16 ans alors que j’en avais 18, j’ai passé 10 fois à la douane France-Suisse le coffre plein de viande, de produits laitiers, et d’alcool en jurant n’avoir rien à déclarer, et je suis allée deux fois à deux scéance de cinoche de suite alors que je n’avais payé pour qu’une. Je suis une voleuse, une menteuse, et une tricheuse. Et en plus j’écoute le Carmina Burana! Non seulement je risque de vous influencer par mes perfides missives bloggesques mais en plus vous donnez vraiment le mauvais exemple à vos enfants en lisant le blog de quelqu’un d’aussi immoral!

Ca s’est passé dans une église, une très grande église avec des clochers hauts, des escaliers raides, et de recoins sombres. Il y avait moi et puis quatre ou cinq autres personnes en habits noirs. Il faisait sombre et j’avais un peu peur. Une de ces personnes avait des yeux très bizarres, rouges, d’une forme étrange, et rayonnants comme des lasers, alors je faisais tout mon possible pour ne pas les regarder en face parce qu’ils m’aveuglaient, me paralysaient, presque.

Et puis on s’est battus. C’était horrible, d’une violence incroyable, ces personnes étranges contre moi, et moi toute seule. Je montais et descendais les escaliers en courant, je frappais de toutes mes forces, je mordais, je cassais des machoires, j’arrachais les cheveux, je tappais là où ça fait mal, et j’arrachais même les yeux rouges de cette personne étrange. Je ne me croyais pas capable d’une telle force, d’une telle rapidité, ni d’une telle violence!

J’étais en train de gagner, d’anéantir tous ces gens qui me voulaient du mal et c’était intéressant, parce qu’en même temps, je savais que, cachés dans les recoins sombres de l’église, il y avait des amis qui seraient venus à mon secours si nécessaire. Et puis le réveil a sonné.

Je rêve en anglais, en couleur, et en musique, des rêves d’une violence incroyable, ces temps-ci! C’est comme si je regardais un film, avec la musique de fond (dies irea dies illa, la nuit dernière, sur ce sympatique rêve d’église), et je me réveille avec la musique encore dans la tête et une incrédulité incommensurable face à la violence dont je pouvais faire preuve dans ces rêves!

Les rêves sont tous pareils: je me fais attaquer d’une façon où d’une autre par une ou plusieur personnes et je dois me battre férocement. Il y a du sang partout, des membres arrachés, des têtes défoncées, des dents enfoncées, c’est pire que dans les pires films d’horreur! Ce qui est intéressant, c’est que je suis toujours en train de gagner au moment où mon réveil sonne. Et ce qui est surprenant, aussi, c’est que j’arrache toujours les yeux de mes ennemis, et que ces yeux sont toujours vraiment bizarres (jaunes, avant-hier, et à ressorts!). La musique de fond est toujours tragique et dramatique et me tourne dans la tête encore longtemps après mon réveil. Il n’y a pas de dialogues dont je me souvienne, mais je me suis rendue compte que je rêvais en anglais la nuit dernière, quand je me rendais compte (en anglais) que mes amis étaient cachés autour de moi dans l’église.

J’imagine que ces rêves ne font que traduire ce qui se passe au fond de moi en ce moment: la peur d’être attaquée, de ne pas être à la hauteur, d’être jugée, de ne pas être assez forte et rapide… Et pourtant, tous ces rêves ont plutôt l’air de bien finir (bon, dans un bain de sang, d’accord, mais c’est toujours moi qui semble avoir le dessus), ce qui est très étonnant venant de moi et mon pessimisme chronique, et plutôt rassurant. Et dans tous ces rêves, sauf celui de la nuit dernière, j’étais seule. Le rêve de l’église est le premier où je me rendais compte qu’en fait je n’étais pas seule et que si nécessaire, mes amis seraient venus à mon secours (mais n’ont pas eu besoin de le faire, espérons que cette nuit ils n’auront pas besoin de le faire non plus…). C’est intéressant de voir que quelque part au fond de moi, je sais des choses dont je ne me suis pas encore vraiment rendue compte « dans la vraie vie. »

Troublant, cette violence extrême, quand’même!

Tu m’as tué 3,000 soldats américains alors je te tue 200,000 civils japonais.

Tu m’as tué 3,000 américains alors je te tue 10,000 irakiens.

Tu m’as kidnappé 2 soldats israëliens alors je t’envahis le Liban.

Tu m’as dit une méchanceté sur ma soeur alors je te file un coup de tête dans le bide.

Quand j’étais jeune et bête, ma mère me lançait souvent des méchancetés (et des bouquins et des chaussures) à la figure. « Quoi, tu portes encore ce chiffon? » « T’es vraiment conne toi! » « Range ta chambre ou je te casse mon archet de violon sur la tête! » Et moi, bien sûr, je réagissais toujours en criant des horreurs, en jetant des bouquins à la tête de ma mère, en pleurant, en claquant les portes… Ma mère en rajoutait, j’en rajoutais, mon père s’en mêlait, mes soeurs pleuraient…

Et puis un jour, j’en ai eu marre de ces disputes qui me bouffaient l’énergie et le moral et j’ai tout simplement arrêté de répondre à ma mère. Elle me disait une méchanceté? Je l’ignorais. J’étais invitée à manger chez eux et j’ouvrais la porte de la maison… elle m’envoyait une idiotie avant même de dire bonjour et je repartais de chez eux illico, sans rien répondre. La tactique suivante de ma mère a été de me dire que j’étais lâche, que je n’acceptais même plus les critiques, que je refusais bêtement les conversations… Mais je m’en fichais, même quand ça faisait horriblement mal, même quand j’avais envie de hurler et de frapper, je refusais de m’abaisser aussi bas et de répondre pas des conneries toutes aussi bêtes que ce qu’elle m’avait dit. Au bout de quelques mois, ma mère a commencé à se rendre compte qu’on pouvait vivre sans gueuler tout le temps et que c’était bien plus agréable de passer du temps ensemble sans se lancer des méchancetés à la figure, et une relation mère-fille d’adulte et agréable a enfin pu naître.

J’ai entendu aujourd’hui quelque chose qui m’a fait réfléchir 2 minutes. Quelqu’un a dit « Oui, j’ai eu tort de réagir comme ça à ce qu’on m’a dit mais je ne le regrette pas (donc en gros je n’ai pas eu tort, je dis seulement ça parce qu’on m’a dit de le dire parce que les petits gosses qui m’idolâtrent font maintenant la même chose dans la cour de récré et il paraît que c’est pas bien). Et il est surtout important de se souvenir qu’on m’a insulté, qu’on m’a attaqué, qu’on m’a provoqué! C’est la provocation qu’il aurait fallu éviter. La réaction qui s’en est suivie était normale. » (En gros, hein, parce que je ne me souviens plus des mots exacts, et puis j’étais tellement stupéfaite par ce que j’entendais que j’ai vite arrêté de l’écouter).

Je suis d’accord à 100% que c’est stupide de provoquer ainsi les individus, les gouvernements, n’importe qui. Mais en général, on provoque JUSTEMENT parce qu’on sait que l’autre va réagir (en faisant une connerie) et c’est ça qu’on veut! Malheureusement, il y aura toujours des cons, des gens que ça amuse de dire des méchancetés et des bêtises, ceux qui ne se rendent pas compte à quel point ils blessent autrui, et c’est bien triste. Mais si on réagissais tous à toutes les provocations qu’on vit tous les jours, le monde serait un vrai enfer.

C’est exactement ce qu’on critique à propos de la guerre en Irak et en Afghanistan, non? La disproportion de la réponse et le fait que les Etats Unis ont ignoré l’arbitrage international (et humain) (et logique). On n’est plus des barbares, enfin, merde! On devrait savoir la différence entre débattre, discuter, argumenter, négocier, s’expliquer, réagir comme des êtres civilisés, et ficher une baffe (ou envoyer 15 tones de bombes) dans la gueule de l’autre sans réfléchir aux conséquences, non? Et en réagissant avec la même violence (ou souvent pire) que le provocateur, est-ce qu’on ne s’abaisse pas au même niveau de bêtise que lui?

C’est juste une idée… mais je pense qu’il est facile de critiquer les gouvernements et d’oublier ce qu’on fait sur notre propre terrain de foot dans nos propres chaumières. Et honnêtement, avec toute l’expérience que j’ai (plus de 30 ans de provocations), je peux vous dire qu’il n’y a rien qui énerve plus la personne qui me provoque qu’une absence de réponse. Si je réponds à la provocation, le provocateur a gagné et j’ai perdu.

Gandhi a dit « An eye for an eye and the whole world goes blind. »

Enfin, moi j’dis ça mais c’est pas pour rien que je n’ai pas d’enfant, parce que je ne sais pas si je pourrais leur enseigner ce genre de principe aujourd’hui. Mais en attendant, si vous me dites que ma soeur est une terroriste, je vous dirai que vous avez probablement raison et je passerai mon chemin (et j’enverrai ma mère à vos trousses, mouahahaha) ;)

PS. Il y a plein de chouettes nouvelles photos sur mes albums et j’attends toujours celles qui manquent…

La vie de bloggeuse n’est plus ce qu’elle était dans ma jeunesse, ma brave dame! De mon temps, les gens étaient polis, discutaient de sujects sains, et savaient se tenir. Même si on était fâchés ou qu’on voulait vendre des produits « pour les adultes, » on ne tombait pas dans la vulgarité et on savait encore écrire. Mais les djeunes d’aujourd’hui, ah là là, mais c’est terrible, terrible! Bien sûr, tout ça c’est à cause du foot, des chinois, de la violence des jeux vidéos, des politiciens, de la télé, des fast-foods, des mini-jupes, de la réforme de l’ortographe, des communistes, le la poupée Barbie, de la couche d’ozone, du système éducatif pourri, du buisson maudit, du divorce, des maths modernes, des arabes, du capitalisme, des OGM, de la grippe aviaire, du chômage, … Y’a plus d’jeunesse moi j’vous dis!

Haha, nan, je plaisante! Mais il faut quand même que je me plaigne pasky’en a marre!

1. Les spams ignobles: Franchement, quand je lis ces emails, ça me donne la nausée! Cette marée permanente de sexe malsain, de produits plus ou moins sordides et sûrement nocifs, et d’idées perverses me rend malade. Oui il y a les filtres, mais ces filtres ne sont pas parfaits et laissent parfois passer des bons emails dans les mauvais et des mauvais dans les bons… Alors en fin de compte, il faut quand même lire ces immondices quotidiennement et c’est une réelle torture pour moi! Je veux bien qu’on parle de sexe et même de viagra, mais pas tous les jours et pas de cette façon obscène.

2. Les pop-ups et autres pubs: Alors là, vraiment, c’est pas possible de faire chier les gens à ce point! Il suffit qu’on trouve une façon de se débarasser d’une de ces merdes pour que dix nouvelles arrivent en renfort! On bloque les pop-ups? Les pubs glissantes arrivent. On achète son propre serveur pour ne plus avoir de bandeau à la con, et les pop-up ressortent de plus belles avec les compteurs de statistiques. Cette invasion sempiternelle de mon écran et de mon cerveau avec un nombre infini de conneries, de pornographie, et de débilités dans tous les sens m’abrutit et me désespère!

3. Les commentaires à la con: Certains n’ont pas encore compris que peu de gens écrivent sur leurs blogs pour qu’on leur tombe dessus. Certains ne se rendent pas compte qu’on a le droit d’écrire ce qu’on veut sur son blog (tout en étant prêt à en subire les conséquence, bien sûr) et qu’on a le droit de donner son avis, même si ce n’est pas celui de tous. Certains n’ont visiblement jamais appris que la politesse, l’honnêteté, la délicatesse, la gentillesse, le savoir-vivre, la décence, la morale, la courtoisie, la propriété intelectuelle, et la dignité sont aussi importants sur les blogs que dans la vraie vie. Je ne peux vraiment pas me plaindre de 99% des commentaires sur ce blog, mais il m’arrive de voir certains commentaires dont la méchanceté ou la bêtise me font sursauter, sur d’autres blogs.

4. Mon blog n’a reçu aucune récompense, statuette, recommendation des Influenceurs, palme, oscar, rien. Il passe entièrement innaperçu dans le monde des bloggeurs francophones, alors que j’ai quand même un nombre certain de lecteurs et que ça fait plus de trois ans que j’y écris régulièrement. Bon d’accord, pour y causer de mes chats, mais quand même, quel autre bloggeur parle aussi régulièrement de ses chats, hein? D’abbord! Mais bon, en fait je m’en fiche, du moment que j’ai des gentils lecteurs! Sérieux! C’est la meilleure des récompenses (et les photos aussi, hein, huhuh)!

5. Le nombre de commentaires: Ah non, ça ne me peux pas trop me plaindre :) Je suis juste triste que certains visiteurs se sentent intimidés. Pour essayer de remédier à ce désolant défaut de mon blog, je propose qu’aujourd’hui, on râle tous contre quelque chose, pour continuer dans la bonne direction de ce post!

Alors, vous, qu’est-ce qui vous casse les pieds? Votre vieille bagnole? Votre belle-mère? La pluie? Les voisins? Le foot? Les vacances? La politique? La perte de vos cheveux? Les râleurs? ;)

Aaaggghhhhh, je suis enragée ce soir!! Dommage, parce que j’ai passé un début d’après-midi absolument très chouette en compagnie de DoroT, d’abord devant un délicieux couscous et ensuite devant un petit thé… à papoter papoter papoter pendant des heures!

Ensuite, je suis allée à la banque parce que je vais avoir besoin d’un « certified check » pour une grosse somme en dollars canadiens à mon arrivée à Granbled (pour payer mon loyer). J’avais téléphoné à ma banque le matin-même pour demander s’ils pouvaient me faire ça et la dame m’a dit que oui oui, pas de problème, ils faisaient ça dans les branches qui échangeaient les « foreign currencies » (huh, c’est quoi en français?). Donc je me suis dit que bon, j’allais aller à West Lafayette, dans la branche de ma banque qui se trouve au milieu d’un grand campus à la renommée internationale et rempli d’étudiants internationaux… Et voilà en gros ce qui s’est passé:

miss lulu: Bonjour madame, je voudrais un certified check en dollars canadiens siou-plaît.

madame: Ah non madame, on ne fait pas ça nous!

ml: Heu… mais j’ai téléphoné ce matin et on m’a dit que Chase (ma banque) le fait, pourtant…

madame: Oui, mais seulement dans certaines branches, nous, on ne change plus d’argent!

ml: Bon alors comment je fais moi?

madame: Vous pouvez envoyer un chèque en dollars américain to American Express et ils vous enverront un certified chèque en dollars canadiens.

ml: Huh?? Et comment je sais combien envoyer? Et je veux pas envoyer de cheque, moi, je veux payer avec une carte de crédit, (vous pensez que j’ai tout ce pognon sur mon compte en banque, moi?) Et si je voulais du cash, simplement, au lieu d’un chèque, vous pourriez m’en donner? (miss lulu est un peu lente à la compréhension)

madame: Non madame, on ne fait plus aucun échange d’argent ici!

ml: Mais alors, comment je fais si je veux du cash? (pas chiante, la miss lulu)

madame: Vous envoyez un chèque en dollars américains à American Express et ils vous envoient du cash en dollars canadiens!

ml: Bon je vois, vachement pratique! Et il y a une branche à Lafayette qui échange l’argent, alors?

madame: Non, aucune branche de Chase n’échange d’argent en Indiana!

ml (toujours un peu lente): QUOI? Je ne peux avoir aucun argent étranger depuis l’Indiana??? (mais c’est QUOI CE PAYS DE TARES????)

madame: Non madame, peut-être dans d’autres états….

Non mais je rêve!!! Non mais je RÊVE!!! Pincez-moi, parce que là j’y crois pas!! Ca sert à quoi une banque, alors?? Même à Indianapolis, la capitale mégapolesque de mon champ de maïs, ils n’échangent pas d’argent! Et je suis désolée, mais je fais pas assez confience à la poste pour me faire envoyer cette somme dans une enveloppe, et en plus ça coûte la peau des fesses, bien sûr!! (Et oui, j’ai bien pensé à essayer d’autres banques, mais Chase est la plus grande à Lafayette, et en plus, les banques ne font de certified checks que si on a un compte chez eux).

Alors me revoilà dans la m e r d e! Je vais arriver tard le soir à Granbled après 10 heures de route et avec des chatounes traumatisées et un frangin crevé dans la voiture, et à cette heure-là toutes les banques seront fermées (et on se rappelle du mal que j’ai eu à prendre des sous dans les banques canadiennes, de toutes les manières, et en plus ma concierge n’accepte pas le cash), et je devrais filer le certified check à la concierge pour qu’elle me file la clé de mon appartement (ils ont déjà été sympas, le loyer est dû le premier de chaque mois et là on sera environ le 19)… Donc je vais faire quoi, moi (et mon frangin et mes chatounes)?? Camper devant l’immeuble??

Aaahhhh, je vis dans un pays d’incapables!

PS. Merci mille fois pour vos photos :) J’en attends toujours de plein de bloggeurs (suivez mon regard ->) et je n’arrive pas à mettre celles que j’ai reçues aujourd’hui sur internet mais je vais le faire dès que possible! Si vous n’avez pas encore vu ma collection d’hier, elle se trouve ici même (et dans mon menu de plaques d’immatriculations à droite, trouvez laquelle c’est, hehe).

Je déteste les adieux, d’autant plus que je suis une amie horrible et que j’ai beaucoup de mal à garder le contact avec les gens que je ne vois pas régulièrement. Ma môman me disait toujours, quand j’étais jeune, que les amitiés, c’est comme les fleurs, faut les arroser souvent sinon ça crève. Hummm… Je n’ose même pas essayer d’imaginer à combien d’ami(e)s je n’ai pas écrit depuis longtemps, à combien de personne je n’ai jamais répondu, et combien de gens croient que je les ai oubliés… Alors que pas du tout, je n’oublie personne, je suis juste anti-… anti…. anti-amitiés-à-longues-distances, mais ça ne veut pas dire que je n’aime plus ces gens. Merde, je suis nulle!

Tout ça pour dire que là, je me prépare encore une fois à laisser tomber pas mal de gens que j’aime beaucoup. Bon d’accord, deux des personnes à qui je tenais le plus, Chris et Xiaoye, sont déjà partis donc là on ne peut pas dire que c’est de ma faute. Mais quitter Gigi, ce soir, c’était vraiment difficile, et quitter Margie, dans quelques semaines, ça ne sera pas non plus facile. Hier j’ai dit adieu à Bud (de son vrai nom Irwin Weiser mais tout le monde l’appelle Bud, c’est le grand chef adoré du département d’anglais) et à Laurel aussi. Et puis ce soir, j’ai dit adieu à Krysten, Yufeng, Yuanyuan, Tarez, Margaret, Jennifer, et tant d’autres… A chaque fois on se disait « we’ll keep in touch, OK? » mais on savait bien qu’on ne le ferait pas…

Quand j’ai quitté la Suisse, j’ai organisé une très grande fête avec tous mes amis et ma famille. Je me souviens des grèves des transports en France qui avaient faillit empêcher une bonne partie de ma famille d’y assister, de la mayonnaise qui avait tourné, de la musique jouée par mes frangins, du concours que j’avais organisé, de tous ces gens que j’aimais, réunis sous le même toit…

Quand j’ai quitté l’Utah, j’ai aussi organisé une très grande fête. Je me souviens de mon journal où tout le monde avait écrit des recettes à base de maïs, des heures que j’avais passées à couper des fleurs pour les jolis petits vases que j’avais achetés, des petites voitures de course que j’avais mises sur les tables (à cause des courses automobiles d’Indianapolis), des plats de tous les pays apportés par mes élèves, profs, amis…

Je n’aime pas les fêtes avec plein de monde, sauf quand c’est moi qui les organise :)

Cette fois, je n’ai rien organisé du tout. Ce soir, une grande fête a été organisée pour le départ de la préférée des élèves du département, Gigi, et ça m’a suffit, sauf qu’il me manquait plein d’amis à moi. Ces prochains jours, je vais essayer de voir tout le monde une dernière fois (et à chaque fois raconter la même histoire: mon boulot, Granbled, mon appartement, mes joies, mes peurs…)… Demain à midi, je mange avec Mark, et vendredi soir avec Shuozhao et Mingyan, et puis j’espère voir Karen et Nancy et peut-être Scott, s’il n’est pas déjà parti, et puis Margie et Tony, bien sûr. Ils vont tous me manquer, ces gens qui m’ont réconfortée, qui m’ont fait rire, qui m’ont encouragée à bosser dur, qui m’ont donné plein d’idées, qui m’ont inspirée, que j’ai admirés, et qui ont enrichi ma vie de manière incroyable!

Je me sens juste un peu vide, ce soir, comme si un bout de moi me manquait déjà. Alors j’essaye de me rappeler que je vais faire plein de nouvelles rencontres de gens très chouettes aussi, bientôt, et je me réjouis.

Qu’est-ce que ça veut dire, prendre le temps de respirer et de penser à sa vie? Quand prend-on le temps de faire les bons choix? Comment sait-on qu’on ne fait pas des erreurs à chaque pas? Et pourquoi ne peut-on pas arrêter le temps, juste le temps de se dire « attends, je fais quoi, exactement, là? »?

Je parlais de ça avec mon père l’autre jour. Une chère amie de la famille est en train de passer par des moment très difficiles, le genre de chose qui fait qu’on a soudain le besoin de réfléchir à sa propre vie pour voir un peu « comment ça va par ici? »

Et puis ça fiche les boules, en fait, même si on n’ose pas trop l’avouer, parce qu’on se demande si ça va nous tomber dessus un jour aussi… De regarder sa vie et de se dire « merde, ce truc m’est arrivé il y a 20 ans et je n’ai jamais eu le temps d’y penser, de m’en remettre, de prendre les bonnes décisions, de bien résoudre le problème, et soudain, les vieux démons se réveillent et ça fait mal! »

C’est comme avec les trunamis, les tremblements de terre, les attaques terroristes: on est horrifié, on fait un petit geste, et puis on oublie parce qu’il y a un nouvel accident, tremblement de terre, problème dans notre vie, événement heureux, thèse à écrire, machin urgent…

Alors comment on fait pour s’arrêter et refléchir une minute? Comment on fait pour résoudre les problèmes qui s’offrent à nous quand on n’a tout simplement pas le temps de les résoudre et que la vie nous force à continuer? Comment on fait pour prendre une vraie bonne décision quand il s’agit de son futur mais qu’on n’a qu’une semaine pour se décider et pratiquement aucun élément qui nous dirigerait dans la bonne direction? Où est-ce qu’on trouve le temps de se remettre de sérieux traumatismes qui vont nous ficher le reste de notre vie en l’air parce que la vie va trop vite et que de nouveaux soucis s’accumulent déjà avant qu’on ait même une minute pour y penser tranquillement?

On dit qu’il faut « prendre le temps de vivre » mais il est où le temps? Je pose mon oreille sur le ventre de Calinette qui ronronne à nouveau, je ne fais que de l’écouter et sentir son bien-être. Une demi minute. J’écoute la pluie tomber sur mon toit et le chant des oiseaux le matin. Une demi minute. Après ça, je me rappelle que je dois aller faire ceci, que j’ai oublié de faire cela, que je dois appeler untel d’urgence… Vivre ma vie une demi minute par jour à la fois, c’est quand même un échec, non? Et ce n’est pas le ronronnement de Calinette ni le chant des oiseaux qui m’a permis de penser à moi, de regarder ce que je suis devenue, et de penser vraiment à tous ces choix que je fais tous les jours et qui à chaque instant changent le cours de ma vie…

Oui, ça me fiche les boules de me dire que dans moins d’un mois j’aurai quitté les Etats Unis pour de bon alors que c’est mon pays depuis plus de dix ans, et je ne sais même pas si c’est la bonne décision. Ca m’attriste de retrouver des vieux journaux et des vieilles lettres et photos d’amis et d’amours et de penser que j’ai peut-être dit des choses que je n’aurais pas dû dire, fait des erreurs, pris des mauvaises décisions « à l’époque. » Ca me glace le sang de me dire que ma grand’mère ne va pas bien et qu’il y a plus de dix ans de ça, j’ai pris la décision égoïste d’abandonner ma famille et de ne plus être là pour eux quand ils en auraient besoin. Et ça me petrifie de peur de me dire que dans deux ans, cinq ans, dix ans, si je trouve une demi minute pour regarder en arrière, je me dirai peut-être « mais qu’est-ce que t’as fais de ta vie, pauvre idiote? »

Quand je suis allée en voyage en Scandinavie, la vie était belle: je comprenais environ un tiers des mots en suédois, norvégien, et danois, surtout les mots comme banque, centre ville, gare… Quand je suis arrivée en Finlande, j’ai eu le plus gros choc de ma vie: soudainement, mon anglais, mon allemand, mon français, et mon espagnol ne suffisaient plus à ma survie et j’étais perdue, je n’étais plus rien, je ne comprenais plus rien, je n’avais plus aucune bouée de sauvetage.

Depuis que je suis arrivée à Granbled, c’est la même chose. Mes tactiques de survie d’expatriée aux Etats Unis ne m’aident plus, ma connaissance de l’anglais ne sert plus à grand’chose, toute la culture accumulée pendant les dix dernières années est inutile, je suis perdue, ma compréhension du monde a été débranchée, et je n’arrive plus à retrouver de liens vers ma réalité. Cette ville est trop grande, trop folle, trop bruyante, trop compliquée, trop remplie de gens partout… J’ai l’impression d’être une championne de tir à l’arc en train de faire une descente de slalom géant les yeux bandés. Et avec un seul bâton!

Le mot « peur » n’est pas assez pour décrire ce que j’ai ressenti toute la journée aujourd’hui. On a visité des tas et des tas d’appartement dans lesquels je ne pouvais pas imaginer vivre, on a tourné en rond dans une ville dans laquelle je ne reconnais rien, et on a vu des centaines de gens avec qui je n’ai rien en commun.

Est-ce qu’un jour j’arriverai à apprendre plus que yksi, kaksi, et kolme en finois? Est-ce que j’ai fait une erreur quelque part??

Admettons que je n’étais pas une vraie expatriée lorsque ma famille a quitté la France pour s’installer en Suisse. J’étais trop jeune pour que quelque chose me manque vraiment de France et ma famille n’était jamais restée plus d’un an dans le même coin, donc on ne peut pas dire que j’avais des ami(e)s qui allaient me manquer ou des points d’attaches particulières à une région où à une autre. Admettons.

Mais ensuite j’ai quitté la Suisse, seule, pour aller faire mes études aux Etats Unis. Là, on peut dire que je faisais enfin partie des expatriés, de ceux qui ont tout laissé derrière eux et commencé une nouvelle vie. Je suis passée par toutes les étapes typiques des expatriés:

- euphorie des nouvelles aventures (youplaboum, j’ai plus la famille sur le dos, je fais ce que je veux, ouah, t’as vu la taille des pommes-de-terre ici?!),

- choc culturel (comment puis-je survivre sans fromage et sans pain mangeable?! Et pourquoi ils ne parlent qu’anglais, ici, c’est quand même pénible à la fin!),

- acculturation (bon allez, d’accord, je fais des efforts pour écouter de la country music et manger de la bouffe mexicaine… oh, c’est pas si mauvais que ça après tout, j’en reprendrais bien un p’tit peu…),

- culture d’origine contre culture d’accueil (en Suisse, y’a pas de banana-nut bread, trop nul! Aux Etats Unis, y’a pas de jolis châteaux, trop nul!),

- et enfin adaptation et intégration (ici c’est chez moi, et quand je retourne en Europe, mon chez-moi me manque, et je sais cuisiner avec du fromage orange).

Au bout de plus de 10 ans, je suis confortable dans mon champ de maïs. Je connais comment marche la vie ici et je la préfère à la vie ailleurs. Les pains aux raisins et le fromage quotidien me manquent de temps en temps, ainsi que les paysages du Jura et les Alpes en face du lac, c’est vrai. Et je pleure à l’intérieur de ne jamais avoir vu le Mont St. Michel et l’Espagne. Mais ma vie est ici, en Amérique du Nord, et je ne l’imagine plus ailleurs. Je ne pense plus au mot « rentrer » parce que pour moi, rentrer c’est retourner dans mon champ de maïs. Mes meilleurs amis d’ici ne sont plus français depuis longtemps mais sont indiens, chinois, jordaniens, et oui, même américains. Les chocs culturels se font rares et plus souvent dans l’autre sens, maintenant.

Est-ce que je suis toujours une expatriée? A partir de quand ne l’est-on plus?

Dans quelques mois je vais quitter mon chez-moi une nouvelle fois. Avec l’âge, la première phase (euphorisme) s’est quand’même amenuisée. Je suis heureuse mais je suis déjà fatiguée. Et puis il faudra repasser par toutes les autres phases, même si mon oeil d’adulte me permettra peut-être de les comprendre et les « intégrer » plus rapidement, même si la différence entre mon champ de maïs et Granbled n’est sûrement pas aussi importante que la différence entre la Suisse et les Etats Unis.

Que serai-je, alors? Une rexpatriée? Une deuxpatriée? Une ex²patriée? Une apatride? Devrais-je choisir « Heimatlos » comme nouveau titre de blog? Et quand on me demandera d’où je viens, une fois au Canada, que répondrai-je? De France? De Suisse? Des Etats Unis? Est-ce que j’oublierai le Mont St-Michel pour ne plus regretter que la « rolling bluegrass, » les champs de maïs, les parcs de l’Ouest américain, et la nourriture mexicaine?

Est-ce qu’ils vendent de la glace Häagen-Dazs, au moins, au Canada?!

Douze pages d’intro (abstract, table des matières, dédicace, et tout le blah blah), 230 pages de texte sans compter le dernier chapitre, et 140 pages d’appendices. A partir de 350 pages, on doit diviser le chmilblik en deux volumes. Ce qui coûte le double de sous, etant donné qu’on doit faire environ 15 copies du machin (pour les profs, pour la librairie, pour la soutenance, pour le public, pour moi) et tout ça sur du papier spécial en plus. J’ai fait joujou avec mes appendices (ça a l’air vraiment dégeu de le dire comme ça, hein?) en réduisant la taille des lettres de 12 à 11 points et je suis arrivée à 120 pages mais je suis sûre que je vais me faire tapper sur les doigts par le monsieur du format et mon comité de recherche.

De toutes les manières, je sais pas pourquoi je panique à cause de la taille du machin, j’arrive pas à l’écrire, ce foutu dernier chapitre. Jusqu’à maintenant, cette p***** de thèse a été longue mais pas difficile à écrire. Tout ce que j’avais à faire c’était de lire des tas de bouquins et d’articles et de les analyser et de les résumer, et puis de calculer des milliards de combines statistiques (j’ai plus de 2000 pages de résultats) et de choisir les résultats qui prouvent ce que je veux prouver en ignorant soigneusement les autres et de les écrire dans mes diverses et nombreux chapitres, et c’est tout. En fait, je n’ai jamais eu à réfléchir.

Et là, le dernier chapitre c’est le hic. Le trou noir. La gueule ouverte sans un mot qui sort. La main glacée, moite, paralysée. L’oeil vitreux et le cerveau aux abonnés absents. Ca fait des jours et des jours que je suis devant ce dernier chapitre… et il est toujours vide. D’une vacuité infinie, même. Je ne peux pas, je ne sais pas, je n’y arrive pas. Soudain, on me demande d’être intelligente. Comme ça, tout-à-coup, on veut que je sorte des trucs super philosophiques et intéressants, profonds, originaux, sensationnels, et qui vont révolutionner le monde de la linguistique et de l’enseignement de l’anglais. Mais moi, moi, pauvre petite miss lulu de rien du tout, je ne sais pas faire ce genre de truc, moi! Je suis ignorante, incapable, tout juste bonne à écrire trois recettes à peine bouffables sur mon blog et à faire des bisous à mes chatounes. Moi, braves gens, faut pas trop m’en demander!

Je suis terrorisée, terrifiée, transie de peur. Je regarde la page blanche devant moi et j’ai l’impression d’être prise dans un bloc de marbre qui coule à pic dans des eaux glacées, le Titanic en perdition, en gros. J’ai des envies d’aller grimper à la proue du bateau de ma fenêtre et de dire « regarde, je vole » en sautant du troisième étage. Les heures passent et la page blanche aboie reste intacte, de sa blancheur immaculée, d’une pureté démesurée, éternellement vierge, comme la neige sur le Kilimanjaro, la conne!

Je n’y arriverai jamais, c’est pas possible! Il faut que je l’ait terminé dans deux semaines au plus tard, ce chapitre maudit. Pourquoi, mais pourquoi je m’inflige de telles tortures?! Qu’est-ce qui m’a pris de penser que j’y arriverai plus rapidement que les autres? Pourquoi j’ai tellement peu confiance en moi-même que je veux toujours faire mieux que la moyenne? Pourquoi je me complique toujours la vie au lieu d’en profiter? Pourquoi je ne me trouve pas un mari riche pour pouvoir arrêter de bosser et m’amuser dans ma cuisine?

Je veux pas je veux pas je veux pas je peux pas je veux pas je veux pas je veux pas je veux pas je peux pas je peux pas, j’ai trop peur!

J’ai signé mon contrat et toutes ses provisions, eventuellement. Je l’ai fait avec caution mais aussi relief. C’est un stage important dans ma vie! Maintenant, il me faut une license de travail et heureusement, le récipient de ma file va s’en occuper. En août, il faudra attendre les rencontres d’orientation et puis les lectures commenceront. Quelle commotion! J’espère que j’arriverai à balancer ma vie privée et mon labour proprement et sans injure… et puis je me réjouis d’avance de contempler le retirement… dans 40 ans…

Haha, vous avez compris ce que j’ai écrit, là? Non? Oui? Pas exactement? C’est un peu comme avec le Canada et moi: je comprends les mots mais ils ont une autre signification aux Etats Unis, il y a plein de faux amis partout, et pas seulement dans les mots mais aussi dans les idées, la façon de vivre, la culture, et j’en passe!

Alors je suis désespéremment en train d’essayer de trouver des blogs de français ayant vécu aux Etats Unis et déménagé à Granbled. Je trouve des dixaines de blogs de français au Québec, quelques uns de français à Vancouver, mais à peine deux ou trois de français à Granbled, et quelques uns d’américains ayant déménagé à Granbled (mais ceux-là sont anglophones)… Et ce n’est pas que je n’aime pas lire ceux du Québec ou des français en général, mais les différences sont quand même importantes entre Granbled et Moyenbled, et Petibled aussi. Et puis en même temps, je ne suis pas surprise par des choses qui surprennent beaucoup de français fraîchement émmigrés, comme par exemple le fameux « tip » (pourboire), ou les magasins immenses et ouverts tout le temps, ou le coût de la vie (moins élevé qu’en France mais beaucoup plus élevé qu’aux Etats Unis). Non, ce qu’il me faut c’est de pouvoir comparer la vie que je connais avec ma future vie à Granbled. Alors la chasse au français ayant vécu aux Etats Unis et immigré à Granbled est ouverte! (aïe, ne tirez pas sur moi siouplait!)

C’est etrange. Je dit que je suis française ou suisse mais en réalité, ma vie est vraiment américaine. J’ai quitté la Suisse juste au moment où je devenais adulte et commençais à me construire une petite vie avec une voiture, un appartement, un compte en banque… mais en réalité, je ne connais plus rien du système suisse et absolument rien du système français (puisque j’ai quitté la France à huit ans). En même temps, on dit que le Canada et les Etats Unis sont assez similaires au niveau du style de vie, mais les différences sont comme l’anglais et le français et le texte ci-dessus: il y a les vrais amis et les faux amis et les pas amis du tout, et c’est difficile de savoir ce qui est quoi. Par exemple avec les banques et l’assurance de ma voiture, on me dit ici que beaucoup de choses peuvent être transférées au Canada… mais pas tout… et ça sera quand même pas exactement pareil… mais quand même un peu… mais pas tout-à-fait. Je n’en dors plus! Sans parler de la voiture qu’il faut trouver, des chats qu’il faut louer, des déménageurs qu’il faut trafiquer, et des appartements qu’il faut vacciner (ou vice-versa, je ne sais plus)…. Et j’en passe!

Ce post est un peu n’importe quoi, hein? Ca doit être l’émotion.

Je retourne à ma thèse…

Non mais c’est pas bientôt fini ces âneries??!!

Il y a mon champ de maïs. Plat, plat, plat. L’absence de vie, la chaleur moite en été, les tornades au printemps et en automne, les blizzards en hiver, des moments vides et qui s’éternisent, le manque de culture et de diversité, l’odeur des vaches, les montagnes cruellement absentes, et les distances longues comme un jour sans pain.

Il y a aussi le calme. Le vent qui caresse doucement les épis, les embouteillages inconnus, l’absence de stress, le silence de la nuit, les voisins qui disent bonjour, les portes des maisons ouvertes sans craintes, le facteur qui connait mon nom, la vie qui s’écoule sans peur, et le ciel bleu, infini, aussi loin que les yeux peuvent porter.

Fermer la porte à une vie sans vie et qui s’éternise, c’est ouvrir une fenêtre à des possibilités même pas encore imaginées. Mais ouvrir la porte à une nouvelle vie multicolore c’est aussi fermer une fenêtre sur les étoiles qui scintillent plus vivement dans mon champ de maïs que n’importe où d’autre.

Et vous, qu’est-ce que vous préférez? La ville ou la campagne? Qu’y aimez-vous?

Il y a des millions de choses qui se passent dans ma vie en ce moment, c’est infernal! Je ne peux plus vous donner de détails parce que j’ai eu quelques problèmes (rien de sérieux) du côté de mes blogs (marrant que je vous aie écrit ce post il n’y a pas si longtemps) et vous avez peut-être remarqué que j’ai changé le nom d’une grande ville canadienne dans laquelle je suis allée il y a quelques semaine en « Granbled » dans tous mes posts et les commentaires. Ce nom de ville est absolument interdit sur ce blog (et sur l’autre encore plus) à partir d’aujourd’hui, alors s’il-vous-plaît, utilisez Granbled quand vous voulez m’en parler.

En même temps, j’ai reçu une invitation pour une autre « campus visit » à Toupetibledeneigé10moiparan au Québec… et j’ai un entretien d’embauche avec Petituniversité (qui se trouve à CapitaldézUSA) dans dix jours (mais pas à CapitaldézUSA). Donc c’est vachement la panique à babord! (J’adore commencer les conversations téléphoniques avec Toupetibledeneigé10moiparan en anglais très formellement (good evening professor miss lulu) et puis ça passe en moins formel (you know, miss lulu…), et puis en français (bien sûr, lulu…), et finalement, à la fin de la conversation, on est copains (donc tu nous rappelles, lulu, hein). J’aime le Québec ;) ).

Le pire, dans l’affaire, c’est l’histoire de mes papiers d’immigration. J’ai commencé la collection de papiers en Novembre, et comme j’ai vécu dans trois pays différents, étudié dans deux pays et trois universités différentes, et travaillé dans au moins deux pays et quatre endroits différents, ça a pris très, très longtemps. Quand Granbled m’a fait une offre il y a quelques jours, je me suis rendue compte que … heu… j’avais presque menti à ces braves gens en leur disant que j’étais « en train » de faire la demande de « permanent residency » au Canada et donc je me suis engagée une avocate vite fait (à Montréal) à qui j’ai pu poser deux milles questions et à qui j’ai envoyé TOUS mes papiers en FedEx hier soir. Elle les a bien reçus aujourd’hui et va normalement les envoyer à l’immigration vendredi! Malheureusement, ça prend encore pas mal de temps pour recevoir le bidule… et je me trouve donc super coincée avec Granbled et Toupetibledeneigé10moiparan qui croient que je vais recevoir le papier de « permanent residency » dans quelques semaines. Je vais sûrement devoir faire une demande de « temporary work permit » pour six mois ou un an en attendant la residency… mais pour ça, il faut être approuvée par les services de Resources Humaines du Canada, qui ne voient pas d’un si bon oeil qu’on file des jobs à ces saletés d’étrangers au lieu de les donner à des bons canadiens méritants. Je suis donc dans la m.e.r.d.e!

Bref, je suis dégoûtée par ce qui s’est passé et qui se passe toujours sur mon autre blog (y’a pas de traces publiques, et encore une fois, c’est pas si grave, pas la peine de poser des questions, je ne peux rien dire pour le moment mais je donnerai tous les détails dès que j’ai un contrat de signé quelque part), je suis complètement débordée et épuisée par tout ce stress de l’immigration, et en plus je dois me préparer pour la semaine prochaine qui risque d’être l’enfer le pire de cette année (plus de détails à ce moment-là). En même temps, c’est un sentiment très nouveau et très très agréable que de se sentir « voulue » et appréciée. Toupetibledeneigé10moiparan me veut visiblement beaucoup, parce qu’ils n’ont pas le droit de payer un voyage de visite à des étrangers mais vont quand même le faire pour moi parce qu’ils sont « très impressionnés » par mon dossier (et puis je pense pas qu’il y ait beaucoup d’autres candidats assez fous pour aller dans ce coin!).

Donc ce soir, pas de thèse, pas de correction de copies, rien! Je vais me faire du riz aux courgettes, me regarder Femmes au bord de la crise de nerfs pour la dixième fois, et puis me pieuter tôt. En attendant, le copain Jid a dit que ce qui compte dans la vie d’un blog, « ce n’est pas le nombre de visites mais le nombre de commentaires, » alors je vous propose de faire sauter mes commentaires aujourd’hui, juste parce que ça me refera sourire et aussi pour vérifier la théorie de Jid, huhuh! Racontez-moi votre vie, des blagues, des bêtises, n’importe quoi, et faites-moi un p’tit coucou si vous êtes d’habitude un peu timide :)

Entre Noël et le Nouvel An, j’étais à Washington DC pour une semaine sympatique avec ma tante… et un entretien d’embauche qui s’était bien passé mais pas assez bien pourtant. Lors d’un déjeuner fort sympatique dans le café d’une librairie de la ville, alors que je papotais allègrement tout en dégustant mon repas, je remarquais une annonce de publicité pour une compagnie aérienne basée à Washington DC et que je ne connaissais pas, Independance Air, passer à la télévision accrochée au-dessus du bar. Tiens, encore une petite compagnie low-cost parmis tant d’autres…

Le 1er janvier 2006, je rentrais de Washington DC. Mon avion partait de l’aéroport de Washington Dulles à huit heures du matin et entre le stress de l’entretien, la quantité incroyable de chocolat ingurgité pendant cette semaine, les multiples discussions sur « mon futur, » les nuits sans sommeil, et les 150 sudokus pas terminés, je crois que je n’étais pas tout-à-fait dans mon état normal.

Pourtant, en passant devant les portes d’embarquement pour aller à la mienne, j’ai remarqué que l’avion juste à côté de moi allait partir pour Tampa, en Floride, là où ma soeur passait ses vacances, chez ses beaux-parents. En rigolant, j’ai dit à ma tante « tiens, je pourrais faire un détour pour aller dire bonjour à la p’tite soeur au passage… » …

Et puis on s’est assises près de la porte d’embarquement et on a attendu mon avion. Un bon moment parce que je suis toujours trois heures en avance partout. Et puis je me suis rendue compte que les annoncements auxquels je ne portais pas attention, à la porte d’à côté, parlaient de retards de l’avion pour Tampa… et de retards… et encore plus de retards… Jusqu’au moment où l’annoncement suivant a dit « mesdames et messieurs, nous ne pouvons pas partir parce que nous attendons une hôtesse de l’air de remplacement, celle qui devait venir ayant refusé de travailler aujourd’hui. » Tiens… bizarre…

L’annonce suivante était encore un peu plus étrange: « Mesdames et messieurs, nous ne trouvons pas d’hôtesse de remplacement pour notre vol. En effet, notre compagnie a déclaré faillite la semaine dernière et certains employés ne viennent tout simplement plus travailler depuis. »

C’est là que j’ai eu peur que la compagnie en question soit aussi celle qui faisait mon vol et j’ai vérifié: Independance Air! La compagnie dont je venais d’apprendre l’existence. Encore un de ces petits low-costs qui se cassait la figure… Etre pilote ou « flight attendant » de nos jours, c’est suicidaire! Et puis mon vol est partit et je n’y ai plus pensé.

… Jusqu’à ce soir, où au détour de quelques blogs vaguement connus et rarement visités, je suis tombée sur celui-ci. Je le lisais de temps en temps avant de savoir utiliser le fil RSS et je n’avais plus de nouvelles depuis un moment. Et Dany, pilote français pour Independance Air, a reçu sa lettre de licenciement exactement au moment où j’étais à Washington. Si ça se trouve, c’était lui le pilote qui attendait désespérement son hôtesse ce matin-là…

Je fais la maline ces temps-ci, mais j’ai vraiment la trouille de ne pas trouver de boulot. Pourtant, je sais que je pourrais rester à Purdue encore un an sans problème, que le marché du travail dans mon domaine n’est pas encore saturé, que ma famille me soutiendrait sans hésiter, et qu’il n’y a que deux petites chatounes qui dépendent de moi. Dany, lui, est responsable d’une famille et bosse en plus dans une industrie bien mal en point depuis quelques années. Et contrairement à beaucoup de ses collègues, il a eu beaucoup de chance (une chance qu’il a bien méritée, d’ailleurs, j’en suis sûre) et à rapidement retrouvé du travail. Heureusement que j’avais raté les quelques épisodes précédent de son blog, pourtant, parce que ça me fout la peur au ventre, moi, de lire des histoires comme ça!

Vous vous sentez l’âme meurtrière? Les nerfs à bout? Envie de tout casser? Votre belle-mère vous explique pourquoi vous n’élevez pas bien vos enfants pour la deux-cent cinquante millième fois? Votre mari vous ennerve trop et l’envie d’acheter une tronçonneuse pointe son nez?

Vous vous morfondez pendant ces longues nuits d’hiver? La saga TF1 de l’été tarde trop à venir? Le dernier Balzac est barbant? Vous avez fini votre troisième livre de Sudoku et les chiffres vous sortent par le nez? Regarder un vieil épisode de Friends pour la huitième fois vous tente autant que de vous jeter sous les roues du TSOL?

Arrêtez, malheureux! J’ai la solution miracle pour vous passer les nerfs tout en occupant joyeusement vos longues soirées seuls ou en famille:

Heu… c’est quoi ça? Une vue aérienne d’un green de golf de la dernière mode?

Un parcours de billes? Un jeu de quilles? Une piste cyclable? Un jeu de lego?

Vous ne devinez toujours pas? Pourtant c’est facile… et ça fait beaucoup de bien de se défouler ainsi sur les vieux trucs qui ne marchent plus et qui ne nous aiment pas et qu’on leur en veut vachement et même qu’ils vont voir de quel bois on se chauffe!

Allez, je vous donne un indice: au début, ça ressemblait à ça:

Et à la fin, ça ressemblait à ça:

Là où je m’admire, c’est que j’ai soigneusement gardé chaque vis, parce qu’au départ, j’étais certaine de réussir à tout reconstruire après avoir tout détruit! Qu’un seul petit tournevis puisse faire autant de dégâts me sidère!

Quand j’ai essayé de tout remettre à sa place, j’ai eu un peu de mal… enfin, quand on y pense, c’est tout de même assez réussi je trouve! Je suis fière de moi et je me décèrne le premier prix d’électronique transgénique!

Vu de face, on s’y croirait presque, non? Difficile de voir une différence avec l’image d’origine, je trouve ;)

Bon d’accord, tout a fini à la poubelle! Dommage! L’avantage de l’aventure c’est que j’ai réussi à recupérer les sept CDs qui étaient coincés dans cette machine infernale! Le bidule était foutu, bien foutu, après neuf ans de bons et loyaux services. Les discs se coinçaient de temps en temps et il suffisait de fiche une bonne baffe à l’engin pour que ça reparte… mais cette fois-ci, la baffe n’a plus suffit, et au lieu de réparer la coinçure, j’ai cru qu’un hélicoptère était en train de décoller de ma table de chevet! Je me suis donc dit qu’il était temps de mettre à l’épreuve mes talents d’ingénieure électronique! Et ça change agréablement des soirées passées à rentrer des questionnaires dans Excel ou à essayer d’écrire une thèse à la noix, je vous le garantis!!

Ce qui est dommage, quand même, c’est que le j’aimais bien, l’animal! Mais il est bel est bien mort, et de mort lente, en plus… et en attendant, moi je ne peux plus écouter les beaux CDs de Chopin offerts par ma chtite soeur! Et c’est pas avec l’opération de la Sosso qu’on va pouvoir s’offrir une nouvelle chaîne stéréo avant la semaine des quatre jeudis!

Bah, allez, j’ai du riz et des chats et de la neige et des questionnaires et des poils partout dans la baraque et du fromton et des gentils élèves, et je passe des soirées palpitantes armée d’un tournevis à me défouler contre toute la misère des doctorants. De quoi me plains-je?

Les enveloppes s’accumulent. Dans chaque enveloppe, il y a entre vingt et trente questionnaires. Chaque questionnaire comporte trente-neuf questions et trente-neuf réponses. Ces réponses sont parfois en anglais, mais souvent en arabe, en japonais, en espagnol, en chinois, en allemand, en portugais, en thailandais, en italien, en coréen, ou même parfois en turc! Parfois, ces réponses sont des chiffres, comme pour la question « est-ce que votre prof est beau comme un dieu ou moche comme un vieux céleri? » et les réponses possibles sont: 1 (entièrement d’accord), 2 (pas mal d’accord), 3 (bof, pas sûr), 4 (nan, quand même, pas autant que ça), et 5 (ah nan, t’es trop méchante, là, je suis pas du tout d’accord!). Mais parfois, ces chiffres ne sont même pas des vrais chiffres! Comment?? Quoi?? Et si je vous disais que ma date de naissance c’est le 8/12/1392, vous me croiriez? Non? Vous devriez!

Donc ce soir, je me suis dit que bon, la paresse ça va un moment mais il faut quand même se bouger le popotin si on ne veut pas finir au bagne. En plus, mon horoscope, qui lit dans mes pensées, m’a dit que You’re in the zone and can grasp legions of data that would ordinarily stymie a platoon of analysts. It’s the perfect time to plan out your next several moves — either on your current project or in terms of your career. En gros, ça veut dire: t’es la plus forte et t’arrives à bosser avec des masses d’information incroyables, et c’est le moment idéal pour bosser sur ton projet ou tes plans pour ton boulot! Je le jure, j’invente pas, c’était sur mon horoscope de Yahoo!! Et comme ce matin, j’ai pris un rendez-vous pour un nouvel entretien d’embauche dans deux semaines, j’ai senti que là, j’étais obligée de bosser sur mes questionnaires!!

Fière de ma détermination toute fraîche, je me suis dit « tu rentres 30 questionnaires et ensuite t’as le droit de manger un peu de chocolat blanc à la noix de coco! » … Mais ça n’a pas marché, parce que j’ai des aigreurs d’estomac ces jours-ci alors faut pas en rajouter! Pis en plus samedi j’ai essayé des pantalons achetés il y a six mois… et dans lesquels je ne rentrais plus… donc le temps des vaches maigres est arrivé!

Ensuite, je me suis dit « tu rentres 30 questionnaires et ensuite t’as le droit de te faire une nouvelle recette de riz! » … Malheureusement, il me reste encore du riz aux aubergines farcies d’hier donc fait pas exagérer! Pis en plus ça voudrait dire qu’il fallait faire la vaisselle d’abord, alors heu… ça sera pour une autre fois!

Et puis je me suis dit « tu rentres 30 questionnaires et ensuite t’as le droit d’aller t’acheter un nouveau bouquin ou bien un nouveau CD à Borders! » … Hélas, il me reste encore deux supers bouquins à lire et je viens de recevoir 13 CDs de ma chtite soeur pour mon anniversaire (intégral pour piano de Chopin!), donc c’est râpé!

Finalement, je me suis dit « tu rentres 30 questionnaires et ensuite t’as le droit d’aller manger des cheese fries chez Outback! » Là, franchement, ça aurait pu marcher!! … mais en fait non, parce que ce matin-même, j’ai regardé combien il me restait sur mon compte en banque et, heu, disons que je pense aller chanter dans l’allée des tracteurs du fond à droite de mon champ de maïs pour pouvoir survivre jusqu’à la fin du mois!

Alors sont venues les menaces!

Je me suis dit « si tu rentres pas 30 questionnaires, t’es obligée de ranger ta chambre! » … et quand on voit l’état de ma chambre, on peut remarquer que ce ne sont pas des menaces en l’air! Mais non, rien ne me fait peur, j’ai rangé ma chambre!

Et puis je me suis dit « si tu rentres pas 30 questionnaires, t’es obligée de faire la vaisselle! » Ah, là c’est cruel, quand même! … mais je me suis dit qu’après tout, demain j’allais devoir faire une nouvelle recette de riz alors autant faire la vaisselle tout de suite pour bien commencer demain! Et j’ai fait la vaisselle!

Là, il ne me restait plus qu’à raser mes chats, sauter par la fenêtre, aller danser sur de la country music, ou m’inscrire à un club de pop-corneur francophiles, mais heureusement, il restait aussi l’argument qui tue: « si tu rentres pas 30 questionnaires, tu vas jamais finir ta thèse à temps pis tu vas te payer la honte de ta vie sur ton blog! »

Suis-je bête! J’en ai rentré 60, du coup, de ces $@?*&#&£ de questionnaires! Et en cinquième vitesse, en plus, pour qu’il me reste encore un peu de temps pour lire mes blogs préférés avant d’aller me coucher ;)

Parfois d’autres gens disent mieux que moi ce que je pense. J’ai trouvé ce post quelques temps après le passage de Katrina sur la Louisiane. Ce genre de chose, de même que le tremblement de terre au Pakistan et le Tsunami de décembre dernier, est le genre de nouvelle qu’il me faut du temps pour digérer et assimiler entièrement. Souvent je suis terriblement choquée sur le moment, et mais idées sont en désordre complet. Il faut que j’arrête d’y penser pendant un moment et ensuite seulement je peux y revenir et essayer de comprendre ce qui s’est passé, « cataloguer » les événements, y trouver du sens ou des raisons (c’est ce qui s’est passé avec mes problèmes de santé de cet été, par exemple). Oui je sais je suis bizarre. En tous les cas, j’ai enfin l’impression de pouvoir repenser à Katrina « à tête reposée » après le chaos médiatique, économique, et psychologique que ça a été pendant des semaines.

Waiterrant est quelqu’un qui écrit très bien (je ne sais pas si ses histoires sont vraies mais elles sont souvent marrantes ou intelligentes), en anglais, malheureusement pour ceux qui ne comprennent pas bien cette jolie langue, et qui a réussi à mettre des mots sur ces choses que je n’aurais jamais sû exprimer toute seule et aussi bien.

Ce post s’appelle The God Who Drowns.

I’m driving into work listening to 1010 WINS. The news coming out of the Gulf Coast is nothing less than horrific.
Pulling into the parking lot I listen to a man describe how his boss listened helplessly as his elderly mother, trapped in the rising floodwaters at her nursing home, pleaded for help….
“The guy who runs this building I’m in, emergency management, he’s responsible for everything. His mother was trapped in St Bernard nursing home, and every day she called him and said, “Are you coming, son? Is somebody coming?” And he said, Yeah, Momma, somebody’s coming to get you.”
“Somebody’s coming to get you on Tuesday.”
“Somebody’s coming to get you on Wednesday.”
“Somebody’s coming to get you Thursday.”
“Somebody’s coming to get you on Friday’”
Then, with keening sobs, the man wails, “And she drowned Friday night.”
I shut the radio off and kill the engine. I have tears in my eyes. Tightness constricts my chest. I imagine it’s my mother pleading for her life. I try and shake the imagery out of my head but I can’t. Adrenaline pumps through my system. My hands start shaking. Sick desolation spreads out from the pit of my stomach.
I remember the last time I felt like this – when I stood on the banks of the Hudson and watched the Twin Towers fall, thinking about thousands of frightened people dying at the same time, my sense of helplessness in the face of something incredibly huge and evil. That was almost four years ago. The old woman’s pleas bring those sensations flooding back with a vengeance.
There are times, if you think about life, that the world is a cruel and horrible place.
I realize I’m in no shape to go to work. I have to get a grip or I’ll snap at the first customer who complains about some petty nonsense. There’s a church near my job. It’s open during the day. I duck inside and grab a pew in the back.
The coolness of the hushed church, the smell of incense lingering in the air, envelops me. I gaze down the length of the church and fixate on the tabernacle. The place where, when I was little, I believed God lived. I haven’t sat in a church in a long time. My mind is a sickened blank. What to say? What to ask the Almighty?
Almighty my ass. What a sick joke. When was the last time He saved anybody?
This exercise in futility, I think to myself. I don’t believe God answers prayers. I haven’t in a long time. I think back to when some kids were abducted earlier this summer. Both sets of parents pleaded and prayed for their child’s return on national TV. One was found alive, the other dead in a ditch. The mother of the recovered child said. “I tell you today that God answers your prayers!” But what did that other mother think? Was not her child just as special? Why didn’t God answer her prayers? Does God play favorites? And don’t tell me its part of some Divine plan because if it is I want no part of it.
I’m sure that old woman prayed for her deliverance as the waters rose. I’ll bet she was praying right up until the fetid water filled her lungs and snuffed out her life. Goddamn it. No one deserves to die that way. But ask any cop, he’ll tell you – people die scared and alone everyday. So much for praying to the Almighty. You might as well be praying to the Easter Bunny for all the good it’ll do you.
But we want God to come and save us. In times of desperate horror we become childlike. We want a bearded man in flowing robes to swoop down from heaven in Spielbergesque fashion and save us. But he won’t. God doesn’t stop levees from failing, he doesn’t stay the force of tsunamis, and he doesn’t stop planes from smashing into buildings. Deus Ex Machina is overrated.
Suddenly the door to the church noisily swings open. I look up. An old woman shuffles in and laboriously makes her way up the central aisle. She smiles as she passes me. I smile back. This old lady’s like a hundred and two. Her head’s drooping below her shoulders, her womanly form obliterated by age and gravity. I watch her slow progress as she marches to the front of the church. I shake my head. To be that old, that frail, that weak. Then I remember something I read in seminary long ago…
“God is weak and powerless in the world, and that is exactly the way, the only way, in which he can be with us and help us.”
The guy who said that was a Lutheran pastor named Dietrich Bonhoeffer. He was executed by the Nazi’s for trying to assassinate Hitler. This man knew Evil up close and personal. But he still cherished his faith in God and his belief in the goodness of the world. How did he do that in the face of such monstrosity?
Because he realized that God was not all powerful. He knew God wouldn’t swoop down and save him from his jailors. He understood there’s no division of sacred and profane, any secular and divine. He saw there’s only one reality and he believed that reality was God. And from within that insight he wrestled with the mystery of suffering.
God, Bonhoeffer would say, suffers with us. He shares in our pain. If you’ve ever been to a child’s funeral you know the only thing you can do is cry. God is like that person weeping in the funeral parlor. It was God who was pulverized when the Towers fell, it was God who burned in the Nazi’s ovens, and it was God who drowned in that nursing home in New Orleans.
That’s a hard lesson to learn. Maybe it’s not an answer at all. But the older I get the more this explanation makes sense. It is the only way I can wrap my mind around children dying and old ladies drowning.
But within Bonhoeffer’s words lies a challenge. Since God doesn’t come down in a blizzard of special effects to bail us out – we have to help each other. We recognize the suffering of others and are moved to relieve it. We can’t coop ourselves up in our apartments, churches, and mosques wishing all the bad things will go away. There’s no room for childish magical thinking. We have to act. The rescuers of 9/11 and the Gulf Coast understood this without all the fancy theological reflection. Bonhoeffer would say when we help each other that is God helping us. The human heart is moved by weakness not by strength. It is our brokenness, not power, that binds us together. Perhaps our weakness will be our salvation. Maybe that is how God “can be with us and help us.” Who knows? I’m only a waiter.
I begin to feel better. Things make a bit more sense. I close my eyes and relax.
Outside the church the world goes by. Someone blasts rap music from their car. I hear a man and woman argue. A girl laughs. I smile to myself. Lovers still cry out in joyous embrace, babies are born, children play, boys stride onto the world of affairs, and old men still dream dreams. The world, in spite of everything, is unfolding as it should.
I hear the old woman get out of her pew. I watch her travel down the length of the nave. She looks at me and nods. Her eyes have seen everything I’m going to see. She’s wisdom wrapped up in infirmity. Perhaps, just perhaps, in the paradox of God’s weakness lies his greatness – and the seeds of our own.
Looking at my watch I realize I’m late for work. I genuflect and head out the door, into the swirling mystery of a terrible and beautiful world.

Quand j’étais petite et que quelqu’un me disait ce que je devais faire, me pensais toujours que « quand je serai grande, personne ne me dira ce que je dois faire, et je ferai ce que je voudrai! » Hélas… trois fois hélas! J’ai essayé, pourtant, hein, mais rien n’y fait, il y a toujours des gens qui me disent ce que je dois faire, et je suis toujours obligée de faire des tas de truc qui me cassent les pieds et le reste aussi! La vie c’est trop injuste!

Bon c’est sûr, je peux rayer le cèleri et les navets de ma liste de courses, et je peux aller au cinoche un jour de semaine, je peux dire plein de gros mots et personne ne me reprend, je peux manger avec les coudes sur la table et même la bouche ouverte, et je ne suis pas obligée de ranger ma chambre ni de faire mon lit. Mais pour le reste, franchement, il y a encore du boulot avant que je puisse faire VRAIMENT ce que je veux!

Par exemple, demain il parait que je DOIS aller à Chicago et je veux pas je veux pas je veux pas! Déjà que je veux pas chercher du travail, devoir faire semblant d’être une adulte responsable, corriger des copies d’élèves jusqu’à la fin de mes jours, et stresser parce que l’argent ne pousse pas sur les arbres et tout ça! Mais en plus, quand je me force à essayer de faire tout ça, je suis encore plus forcée de faire des choses que je veux encore moins faire. C’est une cercle vicieux! Là, j’ai une interview à Chicago, pour un boulot au Japon que je sais que je ne vais pas prendre même si on me l’offre sur un plateau d’argent. Alors dans ma petite tête, c’est le retour de Marignan, la bataille, l’émeute, la castagne entre mon petit ange qui me dit qu’il faut que j’y aille parce que ce sera un bon exercice pour les « vraies » interviews de boulots que je voudrai vraiment accepter si on me les offre, et puis une chance d’aller à Chicago qui est une très jolie ville et je pourrai prendre plein de photos pour mon blog et en profiter pour faire quelques courses de trucs impossibles à trouver dans mon champ de maïs et puis ce n’est pas si loin que ça et les interviews de boulot c’est difficile surtout avec les japonais alors autant voir le pire pour que les interviews suivantes me paraissent faciles… et d’un autre côté mon petit diable, qui me dit que merde, c’est loin et l’essence coûte cher, je n’ai pas que ça à faire d’aller causer avec des vilains japonais dont je n’ai rien à fiche, ça me stresse de devoir bien m’habiller et porter des chaussures qui me font mal aux pieds, et puis je connais déjà Chicago, avec ses autoroutes de l’enfer et son impossibilité de se garer, et je me connais, je vais arriver là-bas à la dernière minute, aller à l’interview, et repartir illico sans même faire de photos, parce que si j’y passe la journée, je vais dépenser des milles et des cents et déjà que mon immigration canadienne va me coûter les yeux de la tête alors faudrait pas exagérer quand même, je suis pas millionnaire, et puis merdàlafin, je le veux pas leur boulot de toutes les manières!

Je veux pas je veux pas je veux pas! Et le pire, c’est que si je demandais à mes parents, maintenant, de me dire ce que je dois faire, ils me diraient une idiotie du genre « ma chérie, fais ce que tu veux, fais ce qui te rend heureuse, on te fait confiance, on sait que tu prendras la bonne décision. » Les nuls! Pourquoi les parents donnent-ils toujours des ordres aux enfants qui n’en ont rien à cirer et arrêtent-ils de le faire quand justement on en aurait besoin? Merdàlafin, la vie est trop injuste!

Calinette, Sosso, la thèse de miss lulu, et miss lulu, ont la grande tristesse de vous faire part de la mort subite et complète du cerveau de miss lulu il y a quelques jours, à 18 heures 24, heure de Tenochtitlan, après une lente et douloureuse agonie.

Le cerveau de miss lulu laisse derrière lui de nombreuses piles de corrections éplorées et non finies, une symphonie qui ne sera elle non plus jamais achevée de mauvaises notes pour de bien mauvais élèves, deux petits chats affamés, une thèse à moitié commencée et bien mal barrée, quelques conférences qui devront tragiquement se passer de la présence de cette grande éminence grise, des voisins bruyants, une maison en foutoir, un gros tas de linge propre mais non repassé, quelques milliers de livres non lus, et un frigidaire à moitié vide.

Le cerveau de miss lulu laisse aussi en héritage pour qui voudra un projet de recherche ultra merdique, une vieille bagnole couverte de sève de sapin, deux petits chats affamés, un tas de fringues qui n’iront à personne, une pile de copies dont les élèves attendent les corrections depuis des semaines, et un fond de glace à la mangue dans le congélo.

R.I.P.

J’en ai marre du parmesan râpé qui a un goût de lessive en poudre!
J’en ai marre de la neige avant même qu’elle soit arrivée!
J’en ai marre de ne pas trouver de poisson frais ni même de pas frais, en fait!!
J’en ai marre de bosser comme une malade sans savoir si mon projet sera bon à mettre à la poubelle à la fin!
J’en ai marre de mes élèves qui bossent pas et qui s’en fichent!
J’en ai marre de ma maison qui continue de se remplir de poils de chats plus vite que l’aspirateur les aspire!
J’en ai marre de devoir me reveiller tous les matins!
J’en ai marre de toujours aller au même restaurant et de ne plus rien avoir à découvrir dans ce maudit champ de maïs!
J’en ai marre du bruit des camions poubelles, des aspirateurs de feuilles, et des voisins sourds-dingues!
J’en ai marre qu’il fasse encore nuit quand je vais au boulot et déjà nuit quand j’en sors!
J’en ai marre des milliers de trucs que je n’ai pas le temps de faire!
J’en ai marre de ne pas réussir à publier mon &/%£$*%£&/% d’article!
J’en ai marre de ne pas savoir faire la cuisine!
J’en ai marre de ne pas savoir ce que je deviendrai l’année prochaine!
J’en ai marre d’avoir mal au crâne quand je n’ai pas le temps de manger!
J’en ai marre de devoir m’acheter des fringues de temps en temps parce que je déteste ça!
J’en ai marre de la sève de sapin qui est tombée sur ma bagnole!
J’en ai marre de ne plus pouvoir rentrer en Europe avant que les poules aient des dents!
J’en ai marre de la pub qui est apparue sur mon blog sans que je sache d’où!
J’en ai marre du froid de canard qu’il fait déjà ici!
J’en ai marre de devoir sortir les poubelles, faire la lessive et la vaisselle, et nettoyer la baraque tout le temps!
J’en ai marre des gens que la musique pourrie qui passe à ma radio préférée!
J’en ai marre de ma chasse d’eau qui se coince tout le temps!
J’en ai marre de passer ma vie à corriger des copies et préparer des cours!
J’en ai marre de ne pas avoir de sous pour me louer des DVD le weekend quand je suis trop associale pour me sortir!
J’en ai marre de ne pas avoir plus de temps pour jouer avec mes chatounes!
J’en ai marre de ma vie de pignouffle!
J’en ai marre que le facteur ne m’apporte que des factures!
J’en ai marre de la violence, de la misère, de la déprime, de la pauvreté, de la souffrance, et de la corruption de ce monde!
J’en ai marre de tous ces gens à qui j’ai envoyé des demandes d’emploi et qui ne m’ont pas encore répondu!
J’en ai marre de ne jamais savoir comment m’habiller le matin!
J’en ai marre de ne pas pouvoir lire tous les livres que j’ai envie de lire!
J’en ai marre de l’ascenseur de l’école qui est foutu et des quatre étages à monter et descendre trois fois par jour!
J’en ai marre de devoir être sérieuse et adulte!
J’en ai marre de l’absence de tout produit civilisé et mangeable dans mon super-marché!
J’en ai marre des spams qui envahissent ma boîte aux lettres électronique!
J’en ai marre de mon compte en banque qui se vide toujours trop vite!

J’en ai marre d’en avoir marre!

Cela fait quelques décennies qu’on ne pique plus une grosse colère et quelques années qu’on ne fait plus sa crise (si si, moi je fais encore parfois ma crise!). Aujourd’hui, on pète les plombs et cela peut aller assez loin. Une histoire, captée dans le flot des dépêches d’agences de presse l’autre jour, l’illustre assez bien. L’acteur Gérard Depardieu se promène en compagnie d’une jeune femme sur le marché de San Lorenzo, à Florence. Tout le monde le reconnaît, se retourne. Jusque-là, tout va bien. Mais voilà qu’un photographe professionnel, armé d’un téléobjectif, entreprend de les suivre à distance.

Depardieu l’a bien sûr repéré et s’irrite de la filature de ce paparazzi. « Arrivé devant l’entrée de la chapelle des Médicis, il m’a fait signe de venir, raconte le photographe de presse Dario Orlandi. Lorsque je me suis présenté devant lui, il avait les mains dans les poches et, sans avertissement, il m’a porté un coup de tête au visage. »

C’est tout, et c’est beaucoup. Le coup de boule de l’acteur a envoyé le photographe aux urgences. Quatre jours de repos. Il aurait aussi bien pu lui briser le crâne. C’est très exactement une illustration de ce que péter les plombs peut vouloir dire.

Parfois, la situation est moins nette. Le même, invité d’une émission de télévision en Grande-Bretagne, s’est mis à fumer sur le plateau en dépit des demandes répétées de l’animateur. Passe encore. Une minute plus tard, il se penche pour écraser consciencieusement son mégot sur la moquette du studio. Certains diagnostiqueront un nouveau pétage de plombs.

D’autres considéreront que Depardieu a définitivement fondu les plombs (Je l’ai jamais aimé ce mec, d’ailleurs!). On peut aussi, plus simplement, estimer que l’acteur s’est contenté, cette fois, de se lâcher. Une variante de se faire plaisir, autre expression d’époque.

*

Le péteur de plombs est bien sûr un animal colérique, donc redoutable et redouté (et miss lulu en est un exemple parfait!). Il se redoute d’ailleurs lui-même. Il sait, il sent qu’il va craquer. La tension est là, palpable comme une onde électrique. Il s’agit d’une démangeaison extrême qui conduit rapidement à la perte du contrôle de soi. Le péteur de plombs part alors en vrille. Gare au malheureux qui ne sait pas, qui n’a pas eu le temps de fuir ou qui, tétanisé, s’offre en victime à la foudre.

Le péteur de plombs est un homme (ou une femme) (SURTOUT une femme) à bout. Il veut régler ses comptes, pratiquer une sorte de grand nettoyage. Tantôt son geste appartient à la catégorie des actes impulsifs, tantôt il peut se ranger dans celle des coups réfléchis. C’est la vengeance directe, sauvage, aveugle sur une échelle éminemment variable (ah ouais, c’est exactement moi, ça, le mec à dû lire mon blog, c’est pas possible!).

Prenons l’univers des tribunaux. En septembre, à Agen, une greffière se fait cracher dessus par un quidam mal luné. Toujours en septembre, une justiciable verse un bidon d’essence sur une greffière après sa mise en examen.

Début octobre, à Orléans, un jeune de 19 ans se précipite sur l’avocate générale après avoir été condamné à dix mois d’emprisonnement et la roue de coups.

De quoi rendre prudent. Dans la rue, en ville, nous avons adopté sans nous en rendre compte une nouvelle gestuelle. A peine heurtons-nous par inadvertance un autre piéton que nous levons la main en présentant la paume ouverte en signe d’excuse, et de prévention des coups… (moi je vous fiche un bon coup de béquille à la figure ou dans les coucougnettes, comme j’ai pas les mains libres…).

*

Il existe aussi des pétages de plombs collectifs (ouais, regardez les français américains, par exemple, ça fait longtemps qu’ils ont tous pêté les plombs!). Un groupe ou tout un quartier peut entrer en délire. Cet été, c’est un village du Cantal qui a pété les plombs. L’écrivain Pierre Jourde a raconté au Nouvel Observateur, à la mi-septembre, l’expérience qu’il a vécue alors qu’il venait passer ses vacances avec femme et enfants dans un hameau où sa famille « habite depuis plus de trois siècles » .

Arrivé depuis une heure, Pierre Jourde a été coincé entre deux voitures par un petit groupe. Les injures ont fusé, puis les coups. L’écrivain s’est défendu. Le sang a coulé. Alors le groupe s’est étoffé: six ou sept personnes au total. « Une scène d’hystérie collective, de haine déchaînée. Au milieu de tout ça, ma compagne et mes trois enfants, dont un bébé de 15 mois. »

A ce moment, Pierre Jourde sait parfaitement de quoi il retourne. Il a publié en 2003 le récit terrible d’un hameau dont les habitants sont travaillés par l’alcool. Cela s’appelle Pays perdu (L’esprit des péninsules, 166 p., 15 €). Le village, qui n’est pas cité, s’est reconnu. La fureur a monté. Pierre Jourde s’est fendu d’une longue lettre adressée à chaque feu.

Certains n’ont visiblement pas encore pardonné. « Là ils se sont mis à lancer de grosses pierres. On a réussi à remonter en voiture. Ils ont fait exploser la vitre, les éclats ont blessé le bébé au visage. Un de mes fils, pris de panique, s’est enfui à travers le village. Ma compagne l’a suivi. Les autres me bloquaient. J’ai filé en marche arrière, sous les caillasses, et j’ai pu récupérer tout le monde à l’autre bout du village. Nous sommes aussitôt rentrés à Paris. » (faut être fou, aussi, pour aller dans le Cantal!)

Il y avait dans ce pays perdu une envie de lynchage. Une fureur impatiente. Un pétage de plombs en règle, en somme.

Laurent Greilsamer
Article paru dans l’édition du Monde du 18.10.05

Merci jojo! Tu connais trop bien ta soeur…

Heureusement, ça ne m’arrive pas souvent!

Pendant les cérémonies de mariages, je passe d’une émotion à l’autre à la vitesse grand V, et ça n’énnerve. Je suis toute émue quand je vois la mariée, je me demande comment on peut se faire ça quand je vois le marié, j’ai les larmes aux yeux pendant les jolis chants, je me jure de ne jamais m’y laisser prendre quand j’entends les voeux, j’aimerais être à leur place quand je vois la jolie robe de la mariée, je compte les fleurs de la décoration pendant les discours casse-pieds, je suis jalouse quand je vois le baiser des mariés, et je me retiens de partir en courant quand il y a les photos.

L’avantage d’aller à un mariage chinois, c’est qu’on ne comprend pas grand’chose à la cérémonie, alors on peut se dire que les discours doivent être super intéressants et les chansons pas trop nunuches… par contre, pour le buffet, c’est difficile de savoir sur quoi on va tomber quand on prend un truc rose un peu spongieux sur lequel se trouve quelque chose de vert et un peu gélatineux dans lesquel on voit des petits bidules jaunes flotter.

Je plaisante, mais en fait ça me fout les boules. Le marié qui promet de subvenir à tous les besoins de sa femme et ses enfants. La mariée qui promet de respecter et d’obéir à son mari, à qui on dit qu’on attend d’elle qu’elle ait une grande famille pour faire grandir les nations de la terre. Bonjour la pression! J’ai déjà du mal à tenir les promesses que je me fais à moi-même, alors quand il s’agit de celles des autres… et qu’en plus je ne voudrais jamais promettre ce genre de choses et je voudrais encore moins que quelqu’un me le promette… Oui, je suis un petit peu jalouse parce que j’aimerais être aimée et avoir une belle cérémonie de mariage comme ça, mais non, je ne suis pas du tout jalouse quand j’entends ce genre de discours, que je vois la complexité d’organiser un mariage comme ça, quand je pense aux dépenses, au temps, et à l’énergie perdus dans l’affaire, et surtout, quand je sais ce qu’implique une vie à deux. Et je ne suis plus du tout jalouse une fois rentrée dans mon petit chez-moi tranquille dans lequel je fais ce que je veux et quand je veux, et où personne n’attend rien de moi.

Comme dit ma copine Sue, comme moi aussi je bosse, mon mari ne subvient qu’à la moitié des besoins de notre famille. Alors je lui obéis seulement la moitié du temps.

La liberté a un prix, c’est certain, mais je ne suis pas prête à la vendre à qui que ce soit, ni pour un baiser ni pour une belle robe, ni pour des appéritifs roses et verts!