souvenirs


Automne 2001, je finis ma thèse de maîtrise et je me prépare pour la suite. Mais quelle suite? Telle est la question. Comme je suis une étudiante professionelle, je me dis que je ne peux faire qu’une seule chose: continuer mes études! Alors je commence à envoyer des dossiers de candidature à plusieurs universités… mais en fait, je ne finis qu’un seul dossier, celui pour Purdue. Pas envie d’aller en Ohio, New York me snob et me demande de repasser le TOEFL alors que ça fait trois ans que je suis prof de TOEFL et quand je le repasse avec 298 (sur 300) je me trouve trop bien pour eux, la Californie c’est pas un bon programe, et le Canada c’est trop compétitif… donc il ne me reste que Purdue. Et je stresse à mort: que ferai-je si Purdue ne m’accepte pas?!

Février 2002, je craque. Je téléphone à Purdue un matin à 7 heures (mais avec le décalage horaire ça marche juste) et je les implore de me dire si j’ai été acceptée. La secrétaire me dit qu’elle vient de mettre la lettre d’acceptance à la poste! Et puis là, la panique: mon Dieu, moi?? faire un doctorat?? mais je suis folle!!! Et d’abord c’est où Purdue?? Ah en Indiana? C’est où l’Indiana??!! Holly cow!!! Que puis-je faire d’autre? Je ne m’en sortirai jamais! Je suis trop nulle! Il faut que je trouve un appartement! Il faut que je pense à mon déménagement! Il faut que je trouve un boulot de prof aussi pour payer mes études! Il faut que je quitte mon boulot que j’adore et mes élèves chéris et mes profs adorés. Je vais quitter l’Utah, après plus de six ans… je commençais à m’y faire… en fait j’étais très bien ici… … ma petite maison était si chouette… …

Avril 2002, je « défends » ma thèse avec succès. J’aime ça, être une star! Et puis je commence à chercher des déménageurs. Avec un peu de chance, je pourrai bosser encore pendant tout l’été, envoyer tous mes cartons et meubles dans un camion deux semaines avant mon départ, et puis quitter l’Utah avec ma voiture le dernier jour du semestre, rouler deux jours, arriver en Indiana dimanche soir, et commencer les cours et le boulot lundi matin. Alors je cherche sur internet: tant de pieds cubes de meubles et de cartons, tant de miles entre l’Utah et l’Indiana, tant de jours, tant d’argent! Je compare, je trifouille, je téléphone un peu partout, et je finis par choisir un déménageur pas trop cher et qui a l’air pas mal. Quand il faut faire un « deposit, » sa machine à carte de crédit ne marche pas mais je peux envoyer un chèque, ouf! Tout va bien, le camion sera là 2 semaines avant la fin du semestre et arrivera en Indiana au même moment que moi. Je pourrai donc quitter mon appartement exactement à la fin du mois de juillet et vivre quelques jours chez des copains jusqu’à la fin du semestre.

Fin juillet 2002, jour-J, j’attends le camion. Mes cartons sont faits, et le camion doit arriver à 10 heures du matin. J’attends. J’attends. Je dois aller bosser et le camion n’est toujours pas là. Je rentre du boulot et le camion n’est toujours pas là. J’essaye d’appeler et personne ne répond, il est trop tard, et le lendemain c’est samedi, personne ne travaille! Je panique. Je dois avoir quitté l’appartment avant mardi. Où est le camion? Où est mon argent? Que vais-je faire de mes affaires si le camion ne vient pas?? J’ai la flemme de défaire mes cartons alors je vais m’acheter un drap et une chemise pour le lendemain… et puis je téléphone à ma soeur qui se lance à la trace du-dit camion… Mauvais week-end!

Lundi matin, verdict numéro 1 de la compagnie de transports: le camion ne pourra pas venir, en fin de compte, et non, il n’y aura pas de remplacement et de toutes les manières on ferme boutique, au revoir madame, ce numéro de téléphone n’existe plus, votre correspondant a mis la clé sous le paillasson! Verdict numéro 2 de la soeur: la compagnie de transport en question est sur la liste des déménageurs malhonnêtes de Floride, quand les gens sont riches ils vont prendre leurs affaires et ne les rendent que si on paye une rançon faramineuse ou bien ils vendent tout simplement les affaires des gens… Quand les gens sont pauvres (comme moi, Dieu merci), ils prennent seulement les chèques de « deposit » et ne se donnent pas le mal d’aller chercher les 3 meubles minables et invendables. Verdict numéro 3: mes très chers élèves, à qui j’ai raconté mon histoire au bord des larmes et un peu stressée, décident de m’aider. Toute la classe arrive chez moi, refait les cartons, nettoye la maison, transporte toutes mes affaires chez une élève qui a une grande maison, y passe la journée et la moitié de la nuit, et le lendemain, l’appart est quitté en bonne et dûe forme avec le proprio!

Première semaine d’août, bilan du désastre: je suis une vraie conne de m’être fait avoir comme ça, il faut que je loue un camion et le conduise moi-même avec mes affaires à travers tous les Etats Unis et avec ma voiture attachée derrière, je dois continuer à bosser jusqu’à la fin du semestre, je dois fermer mon compte en banque avant que la « compagnie de déménagement » lave mon chèque et en ré-écrive un pour des milles et des cents, j’ai perdu de l’argent, du temps, de l’énergie, le camion va être très très cher, et vraiment, je suis une vraie conne! Trouver un camion n’est pas si difficile, et heureusement, ma soeur et ma tata viennent à ma rescousse et on va conduire le camion ensemble. Par contre, conduire un gros camion de déménagement à trois prend plus de temps que de conduire une voiture vide toute seule, et donc je dois quitter mon boulot avant la fin du semestre, payer quelqu’un pour faire passer les examens à mes élèves, les corriger, et calculer les notes finales de mes élèves pour moi. Encore de l’argent perdu! Et beaucoup de stresse!

Epilogue: Que c’était triste de quitter mes élèves en ce mardi après-midi où nous sommes toutes les trois parties dans notre gros camion (rempli bien sûr par ces élèves)! Qu’est-ce qu’on a rigolé dans ce camion pendant quatre longs jours à travers l’Utah, le Wisconsin, le Nebraska, l’Iowa , l’Illinois, et l’Indiana! Que mes élèves, mes amis, ma tata, et ma soeur ont été chouettes de m’aider avec tout ça, sans eux j’aurais bien été dans la merdouille! Qu’il y été bon de recevoir une lettre de ma banque d’Utah, deux mois plus tard, disant qu’après une investigation (que je n’avais même pas demandée!), ils avaient décidé de me rembourser le montant du chèque piqué par la compagnie de déménagement! Qu’il a été difficile de commencer une nouvelle vie, des nouveaux cours, et un nouveau boulot dès le lendemain de mon arrivée en Indiana! Qu’est-ce que j’ai rigolé, en ce premier matin de classe et de boulot, quand ma voiture est tombée en panne et que j’ai dû trouver une nouvelle batterie pour qu’elle reparte! Qu’est-ce que le zona sur mon dos, déclaré quelques jours après mon arrivée en Indiana, a été long et douloureux! Et surtout, qu’est-ce qu’il m’en a fallu du temps pour me pardonner et réussir à mettre cette histoire dans la catégorie des « aventures qui m’ont appris plein de choses, que je ne recommencerai pas de si tôt, qui m’ont quand même permi de passer de très bons moments avec mes élèves, mes amis, ma tata, et ma soeur, et que je ne suis pas prête d’oublier! » Qu’est-ce que la vie rigole, parfois!

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Quand j’étais jeune et que ma tata m’emmenait avec elle faire des petits voyages sympas aux USA, on avait nos traditions: d’abord on allait dormir dans des hôtels super chics parce qu’elle avait plein de réductions pour son boulot et on mangeait dans des restaus sympas, et puis ensuite on allait dans des hôtels vachement pas chers et on picniquait de crackers et de fromage américain dégueu. On changeait comme ça d’environment tous les 2-3 jours et même si je râlais un peu parfois (souvent) parce que les Motels 6 c’était quand même moins drôle que les Marriotts, ça m’aidait à apprécier les bonnes choses et à ne pas m’habituer au luxe trop rapidement.

Une autre tradition, c’était d’essayer de manger dans des restaus typiquement américains. Pour le p’tit dèj’, on aimait bien aller dans un truc qui s’appelait The International House of Pancake. Je me souviens en particulier de celui de Chicago, un peu au nord, dans une vieille petite baraque où il fallait se serrer dans le couloir d’entrée pour faire la queue tous les matins, où les tables se touchaient presque dans la grande salle aux murs de bois, où les candelabres diffusaient une lumière douce sur les habitués, et où il y avait des petite tables dehors, sous les arbres, pour quand il ne faisait pas trop froid. Bien sûr, on y mangeait des quantité de pancakes tellement fantasmagoriques qu’on n’avait plus besoin de manger jusqu’au dîner. Le sirop d’érable coulait à flot, les hashbrowns étaient croustillants à point, les oeufs et le bacon nous réveillaient tous les sens, et les pancakes… ahh les pancakes… fluffy, comme on dit ici, tout simplement divines!

Au fil des ans, The International House of Pancake (ou IHOP (prononcer aïhhop), comme on a commencé à l’appeler) a beaucoup grandi et a perdu de son charme, mais les traditions étant ce qu’elles sont, on a continué à y aller de temps en temps. Quelques années après mon arrivée en Utah, il s’en est construit un pas très loin de chez moi et j’allais de temps en temps y manger une bonne omelette avec des hashbrowns et des pancakes, en souvenir des bons moments de ma jeunesse. Le building était laid et gris avec son toît bleu pétard, les tables et les « booths » ne favorisaient plus les longues conversations agréables du matin, les murs et le sol étaient en carreaux blancs asseptisés, les néons donnaient à tous un visage blaffard, et des murs de verre divisaient le restaurants de part et d’autre entre les tables. Malgré le fait que la nourriture elle aussi avait perdu beaucoup de son autenticité, j’aimais toujours y aller.

Et puis il y a bientôt trois ans, je suis arrivée dans mon champ de maïs. Et là, à part au XXX, les pancakes et les omelettes étaient remplacées par des steaks et le macdo. Ce n’est que lors de mon retour d’Europe en janvier que j’ai vu, et pour mon plus grand bonheur, qu’un IHOP avait été construit dans mon champ de maïs, pas tout près de chez moi certe, mais assez près pour que j’y aille enfin ce matin! Mon estomac gargouillait de plaisir à l’idée des hashbrowns, j’imaginais déjà la texture un peu pâteuse des pancakes mélangée au doux goût du sirop d’érable, et je récitais à voix basse tous les ingrédients que je voulais dans mon omelette pour ne rien oublier: mushroom, onions, cheese, tomatoes, no green peppers!

Hélas, il faut croire que tout a une fin, même dans le meilleur des mondes, et l’aventure tourna vite à la tragédie dantesque. Passe encore le décors encore plus vide et froid que tout ce que j’avais vu, passe encore les clients à l’air scabreux et meurtrier, et passe encore le fait que le menu avait diminué d’intérêt par 10 pour ne proposer que ce que j’aurais pû trouver au macdo du coin, ainsi que des vagues pancakes qui avaient l’air de sortir du congélateur. Impossible aussi de prendre des pancakes ET une omelette ET des hashbrowns sans se ruiner. Mais ce qui m’a le plus déçu, c’est que mes hashbrowns avaient une consistance de purée sans goût et mal cuite, et mon omelette un goût de sciure de bois mélangée avec des champignons en cire, du fromage en plastique, des tomates en papier, et des oignons inexistants. La magie n’était plus au rendez-vous! Je suis repartie de là après 20 minutes, l’estomac tout retourné, et mes souvenirs de jeunesse envolés aux quatre coins d’un champ de maïs qui paraîssait à nouveau bien fade.

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Juste après la catastrophe du 11 septembre 2001, Le Monde écrivait « nous sommes tous Américains. » Je ne sais pas si ce sentiment est toujours vrai trois ans plus tard, et je ne sais pas non plus si il n’aurait pas été plus juste de dire « nous sommes tous habitants de cette planète et partageons la même tristesse » ou plutôt « devrions partager les mêmes sentiments de tristesse quand l’un de nous souffre et nous entr’aider sans faillir et sans oublier avec le temps. »

Depuis quelques jours, des noms et des images me hantent l’esprit et m’empêchent de penser à autre chose. Des noms comme celui de George Braine, un cher ami du Sri Lanka, ou Arjun, Nihit, Rohit, Vivek, Amit et Daniel, enciens élèves d’Inde, et puis aussi Daranee et Opas, de Thaïlande, Jeffrey, Ferry, Kester, Eric, Chun, Huzaifah et Hizal, d’Indonésie et de Malaisie, et tellement d’autres noms d’enciens élèves et d’amis de ces régions… (quelques noms sont ici). Des images que tous ont vues et revues de désolation, de faim, de peur et de mort.

Aujourd’hui, je pleure pour ce monde qui souffre de partout. Donner quelques sous et refuser de continuer à me saoûler d’images plus horrifiantes les unes que les autres ne me paraît pas suffisant et même très hypocrite. Penser que mes amis et mes enciens élèves peuvent eux être cruellement touchés par cette catastrophe et me dire que je ne peux rien faire pour les aider alors que je les aime tellement me brise le coeur.

Je ne peux que penser à eux de tout mon coeur, attendre des nouvelles avec angoisse, adopter peut-être un enfant orphelin à travers une OGN, et me rappeler que cette terre déchirée et anéantie depuis quelques jours est aussi la mienne et que je devrais en prendre meilleur soin ainsi que de ses habitants. J’ai réellement commencé à penser ainsi l’année dernière, lors du tremblement de terre de Bam en Iran, et j’y ai pensé toute l’année…

Ma famille n’arrête pas de me demander quelles seront mes résolutions pour l’année 2005. J’en ai deux: travailler activement à ma « dissertation » dans les limites que je me suis données, et travailler activement aussi à mieux aider les gens qui souffrent sur cette planète.

Que la nouvelle année apporte moins de souffrances et plus de paix à tous et dans le monde entier.

- janvier: retour de vacances en France et Suisse, fête d’anniversaire avec copains, profs, et élèves, nouveaux supers élèves internationaux.
- février: premiers commentaires sur mon blog, questions existentielles sur l’Inde et ma vie en général.
- mars: rencontre de mon premier blog francophone (LuLu), premiers posts en français, vacances en Utah très chouettes, guerre en Irak et déprime, conférence en Californie fatiguante mais successful.
- avril: reprise de contact avec un vieil ami de Pologne, supers moments avec mes élèves, classe de resources humaines géniale, rencontre de plein de nouveau blogs, grosses tornades en Indiana, Bug Bowl trop drôle.
- mai: premières idées de rencontre de bloggeurs, fin du semestre de printemps, début de bossage pour les examens d’août.
- juin: bossage et stressage, visite de Cath et Bernard à Michigan City, été pas trop chaud, adoptage de Calinette, nouveau semestre avec des élèves difficiles, visite éclaire en France pour la réception d’Anaïs, première rencontre très sympa de bloggeurs très sympas.
- juillet: problèmes avec les élèves, blog en location, conférence marrante à New York, tornades terribles, chouette reportage du 4 juillet, stressage!
- août: examens de « prelims » réussis, début d’un nouveau semestre avec des élèves américains pas intéressants et des cours trop difficiles, opération de Calinette et visite d’Anaïs, début d’écrivage de « prospectus. »
- septembre: crises en phonocrapologie, début de crises politiques avec le buisson maudit, élèves chiants, début des grandes questions existentialistes, bouffes dans tous les restaurants indiens du bled.
- octobre: potironades, visite aux petits chats, adoptage de Sosso, mort de Christopher Reeves et déprime, été indien raté, ras le bol de la politique!
- novembre: le buisson maudit me casse les pieds et le reste, Sosso et Calinette font la guerre et sont toujours malades, dernières préparations du prospectus, blog en location, conférence à Indianapolis pas trop nulle, fatigue générale.
- décembre: « défense » du prospectus réussie, voyage en France et Suisse vachement chouette et fête de Noël avec toute la famille réussie, deuxième réunion très sympa de bloggeurs très sympas.

Conclusion: année 2004 plutôt réussie et pas trop désagréable. Beaucoup mieux que le cauchemard de 2003! 2005, par contre, promet d’être une autre paire de manches…

Dans mon champs de maïs, c’est bien connu, les avocats font fortune sans vergogne et avec grand succès sur le dos du peuple et avec des raisons souvent difficiles à comprendre. Je ne sais pas vous, mais moi j’ai entendu trop d’histoires d’horreurs où les assurences ne payent pas, ou les parents poursuivent les profs en justice, ou les vieilles dames qui se brûlent avec le café du macdo reçoivent des millions, ou les enfants divorcent de leurs parents, ou les jeunes filles parlent de « sexual harrasment » à tout bout de champs, et j’en passe. Cela fait donc 9 ans que je vis dans la hantise de me faire poursuivre en justice par un élève malcontent, un voisin râleur, ou un automobiliste hargneux… et ma hantise n’est pas prête de s’apaiser!

Il y a environ cinq ans de ça, j’habitais en Utah et je conduisais une Mazda grise un peu pourrite sur le campus de mon université, quand soudain, à un feu qui passait au vert, une jeune fille sur son vélo décidait de passer sur le passage piétons avant que je n’y roule et s’envoyait voler par-dessus ma voiture après l’avoir percutée de plein fouet. Je vous passe les détails navrants de ma traumatisation à la vue de ce corps qui gisait devant mes roues et mon incapacité à parler un anglais compréhensible pour expliquer aux gentils policiers, entre deux larmes, que ce n’était pas de ma faute. Ce qui est intéressant dans mon histoire est que s’il existe bien une loi, en Utah, qui parle de piétons toujours prioritaires sur un passage piétons, il n’existe en revanche aucune loi qui parle de vélos sur un passage pour piétons. Les zétazunis étant ce qu’ils sont, cette situation ne pouvait signifier qu’une seule chose: procès, pour savoir qui devait payer les dégâts de ma voiture, le vélo fichu, et la note du docteur. Vous imaginerez bien l’état de votre miss lulu terrifiée, étrangère dans ce pays de fous, et étudiante fauchée comme les blés, quand le père de la jeune fille en vélo et en question lui téléphonait pour lui annoncer qu’il était lui-même assureur et que son beau-père était avocat, et que donc ça allait saigner!

Ces fort gentilles personnes ont heureusement dû se rendre compte assez rapidement que de me pousuivre en justice n’allait pas les aider à payer un nouveau vélo à leur progéniture et ont finalement décidé que de lui acheter une voiture et de me fiche la paix était une bien meilleure solution à notre petite mésentente. Mais je n’étais pas passée loin de la justice américaine et j’en ai encore des frissons quand j’y repense… et ce matin, j’y repense, croyez-moi!

Eh oui, si je vous raconte cette histoire aujourd’hui c’est parce que cela fait bientôt quatre heures que je suis au téléphone avec les garagistes et les assureurs! Peut-être que de vous raconter ma mésaventure d’hier soir me fera arrêter de trembler et me fera passer cette envie de vomir qui me tient depuis qu’une jeune fille indienne charmante a jeté sa voiture sous la mienne en grillant un feu rouge. J’entends encore distinctement les bruits de l’éclatement de son pneu, de l’arrachage de son aile, de la cassure de son radiateur, et de la brisure de mon pare choc en mille morceaux. Ma voiture est robuste et n’a pas beaucoup plus de dégâts que ça, heureusement, et à part une grosse peur un un rhume d’enfer choppé à discutailler avec la police pendant des heures sous la pluie, je m’en sors plutôt bien!

Mais dès 7 heures ce matin, et ça c’est moins chanceux, les assurences m’ont assénée de coups de téléphone et de questions dans tous les sens, et la vieille hantise d’avoir à côtoyer la justice américaine a refait surface. Est-ce que je donne les bonnes réponses? A qui dois-je parler en premier? Que ne faut-il surtout jamais dire à propos de ce qui s’est passé? Qui va payer quoi? Mon assurence va-t-elle augmenter? Comment vais-je faire sans voiture? L’autre conductrice va-t-elle dire la vérité à son assureur? Peut-on dire que c’est de ma faute? Quels sont les mots en anglais pour pare choc et bidule attaché sous le pare choc? Qui veut m’offrir une plaque d’immatriculation française (parisienne!) pour remplacer celle qui vient de se faire détruire? Ai-je encore de l’énergie pour faire face à tout ça? La partie plus rigolotte de l’histoire est que j’avais pris rendez-vous chez le garagiste pour ce matin-même à cause d’un pot d’échappement pétaradeur et un changement d’huile, et ce cher homme a vu son salaire de la journée doubler quand je lui ai apporté ma voiture.

Quand je suis enfin rentrée chez moi, hier soir après l’accident, quelqu’un m’avait piqué ma place de parking couverte, et un énorme pick-up truck s’était mis sur la seule place de parking handicapé de mon building! Comme il ne faut jamais énerver une miss lulu en détresse, j’ai mis un petit mot sur le truck qui disait « Hi, this parking space is for physically handicapped people, not mentally. You obviously can’t use your brain but please use your LEGS because I can’t use mine, and PARK SOMEWHERE ELSE! Next time I’ll blow up your tires! Bye. » Et puis comme sa fenêtre était ouverte j’ai allumé ses phares pour lui vider sa batterie. Ce matin, entre vingt-quatre coups de téléphone, j’ai aussi appelé la « towing company » pour qu’ils embarquent la voiture garée sur ma place de parking couverte. Non mais!

Et comment je vais aller au boulot cet après-midi, moi?!

La « soul food » c’est de la bouffe qui n’est pas nécessairement bonne pour la santé mais qui est bonne pour l’âme. Le chocolat par exemple. Ca fait du bien, ça réconforte, ça redonne un peu le moral, ça réchauffe, ça fait du bien par où ça passe. Et chacun a ses « soul foods » personnels. C’est pas forcément non plus le genre de truc mauvais pour la santé dont on ne peut pas se passer et qu’on se sent coupable de manger. Par exemple, il y a une certaine sorte de soupe micro-onde taïlandaise qui est une « soul food » pour moi: c’est chaud, fait en 2 minutes, épicé, pas trop mauvais pour la santé, ça me remplit mais pas trop, j’ai mes petites traditions de boire le bouillon d’abord, de laisser les pâtes mijoter un peu plus longtemps, de manger en faisant slurp parce que personne regarde, de m’en fiche partout mais c’est pas grave parce que je suis en pyjama, et de faire tout ça en lisant un magazine de fringues qui me font rêver mais que je n’aurai jamais assez de pognon pour m’acheter. Voilà. Après une journée d’enfer, ça, ça me fait un bien fou, ça me relaxe, ça me rechauffe, ça me détend, ça me remplit l’estomac et tout le corps de réconfort et je peux ensuite passer une bonne soirée.

Il y a quelques jours, grâce à Estelle, j’ai découvert une nouvelle « soul food »: le riz au lait. Je crois qu’il y a une bonne raison pour ça: quand j’étais petite, 6 ou 7 ans peut-être, je suis allée à l’hôpital à Paris pendant un moment. Mes parents habitaient à l’époque en dehors de Paris alors ils ne pouvaient pas venir me rendre visite très souvent. Mes grands-parents, par contre, habitaient à Paris, et je me souviens de ma grand-mère m’apportant de la compote de pommes et du riz au lait régulièrement, et c’était tout ce que je voulais manger. Je me rappelle de très peu de choses, mais je revois encore cette table où plusieurs enfants mangeaient ensemble avec quelques infirmières, et un jour, il y avait des petits pots de pudding au chocolat ou quelque chose comme ça pour le dessert. Et moi, bien sûr, fille de paysans (à l’époque) qui cultivaient tout ce qu’ils mangeaient, qui n’avais mangé que du bio toute ma vie, qui avais l’habitude de voir où poussait ce que je mangeais, j’ai refusé de bouffer le pudding au chocolat. Et bien sûr, ça a fait un scandale, et l’infirmière n’arrivait pas à comprendre que je ne veuille pas de son pudding, et tous les enfants adoraient ça, et il faut bien manger pour retrouver une bonne santé, et blah blah blah… mais j’ai tenu bon. L’infirmière a fini par comprendre que je n’allais pas le bouffer, son truc, et elle l’a caché dans une de ses poches parce que c’était interdit de ne pas manger ce qu’on nous donnait.

Estelle, l’autre jour, a mis une recette de riz au lait sur son blog, et j’ai décidé de l’essayer parce que ça avait l’air bon… et en mangeant mes premiers essais pas assez cuits et trop sucrés (je ne me fais jamais de riz d’habitude et ça devait bien faire 15-20 ans que je n’avais plus mangé de ce dessert), j’ai ressenti un bien-être tout nouveau et très agréable, comme si j’étais de nouveau à la maison, comme si un petit bout de moi était redécouvert, comme si mon corps me disait « ah, enfin! » Depuis, je m’en fais souvent, de ce délice. J’ai simplifié la recette jusqu’à trouver exactement le goût que je recherchais du riz de ma grand-mère, et à chaque fois que je suis trop stressée, déprimée, énervée, ou fatiguée, je mange du riz au lait et je me sens mieux. Comme quoi, il en faut parfois peu pour me rendre heureuse :)

lenin.gif Ma copine Brita vient d’Allemagne de l’est. Pas d’Allemagne. D’Allemagne de l’est! Elle raconte comment elle a changé d’argent 3 fois dans sa vie: du mark est-allemand elle est passée au mark allemand-tout-court, puis à l’euro, puis au dollars… et bientôt une quatrième fois, puisqu’elle va aller vivre au Mexique quand elle aura fini son PhD. Elle raconte comment elle a reçu un petit foulard bleu quand elle est devenue une pionnière socialiste, puis comment elle l’a échangé quelques années plus tard contre un foulard rouge qu’elle nous a montré hier soir. Et puis elle raconte les manifestations du lundi à Leipzig, les familles séparées, la Stasi, les voitures pourries qu’il fallait attendre pendant parfois 10 ans, le petit salut qu’il fallait faire au début des cours à l’école, les camps de vacances pour les enfants… On a regardé Good Bye Lenin hier soir, et elle a dit que l’histoire de ce film était une partie d’elle-même, de qui elle était, de son passé qui paraissait à la fois déjà si loin et pourtant encore si proche, l’histoire du monde dans lequel elle avait grandi. Un monde qui a maintenant disparu. Elle ne riait pas aux mêmes endroits que nous, en regardant le film, et je suis sûre qu’elle avait des larmes aux yeux à certains moments, pour des choses qui nous ont totallement échappées et qu’on ne pourrait même pas comprendre. Moi, je l’écoutais raconter toute une partie de sa vie qui n’existe plus que dans les livres d’histoire, les films, et quelques photos, et je pensais à ce que tout ce passé représentait pour moi et pour elle.

Le temps passe, le monde change. La vie de mes grands’parents qui vivent à Paris depuis très longtemps s’envole, se transforme lentement, et se métamorphose chaque jour en quelque chose de nouveau, même s’ils sont toujours à Paris… Ma vie d’il y a 10 ans a aussi disparu et ne reviendra jamais, même si je retourne vivre en Suisse. Mon arrière-grand’mère est morte lors de la canicule. Mais ces changements dans nos vies, même s’ils sont parfois importants et souvent difficiles, sont rarement aussi dramatiques que les changements qu’a vécus Brita. Son pays n’existe plus! Rien que ça, déjà, je trouve ça difficile à imaginer! J’ai quitté la France pour la Suisse et j’ai quitté la Suisse pour les Etats Unis, mais quand je pense « Suisse » je sais toujours ce que ce mot représente pour moi: ma famille, les montagnes, les vignobles au-dessus du lac, l’accent, le chocolat, le château de Chillon, la panosse, le franc suisse, les radars de vitesse autour de Genève, la Migros, le petit centre ville piéton de Morges, mes amis, le papet vaudois, les salles de cinéma hors de prix, des noms comme Flavio Cotti ou Henri Dès, les votations tous les week-ends, le Suisse allemand, les trains directes avec arrêts… Même si ma copine Katie a eu un bébé il y a quatre ans et que ma copine Sarah s’est mariée, même si un ou deux crétins sont arrivés au pouvoir il y a peu de temps, même si le prix de la raclette a un peu augmenté en 10 ans, je sais que je retrouverais ma petite Suisse bien-aimée en quelques heures s’il m’en prennait soudain l’envie. Quinze ans de mon histoire ne se sont pas envolés.

Parfois j’ai l’impression que je ne sais pas vraiment qui je suis. Un peu française un peu suisse un peu américaine un peu italienne un peu timide un peu folle un peu rigolotte un peu sérieuse un peu déprimée un peu heureuse… Et comme le dirait JJG, j’ai laissé des petits bouts de moi au creux de chaque pas… Ma famille connait la fille, la petite-fille, la soeur, la nièce. Mes élèves connaissent la prof et la sérieuse. Mes amis connaissent la râleuse et la rigoleuse. Mes profs connaissent l’élève et la papoteuse. Mon chat connait la joueuse, la bizouteuse, la dormeuse, et la rêveuse. J’ai quitté mon passé, oublié mon enfance dans un coin dont je ne veux plus me souvenir, et mon futur est plus qu’incertain. Ma vie est éclatée, je ne suis plus une mais plusieurs, mes mondes se réinventent chaque matin. Mais quand je sens le petit nez de Calinette sur mes joues à mon réveil et que j’ouvre les yeux au doux bruit de la pluie, je sais que mon histoire m’a suivie, que mon monde est à sa place, que mon moi est complet. Et que j’ai de la chance.

Pendant le printemps et l’été 2002, juste avant de partir pour mon cornland, j’ai bossé pour la dernière fois dans ma super école en Utah. C’est une école où des adultes et jeunes adultes du monde entier viennent apprendre l’anglais pour pouvoir ensuite aller à l’université ici ou pour avoir un meilleur salaire dans leur pays, par exemple. Les élèves sont placés dans des groupes de 10-20 personnes et ont 4 cours ensemble par jour: writing, reading, grammar, et listening/speaking. Ceux qui ne parlent pas très bien anglais (niveaux 1 et 2) sont en général des élèves super sympas et avides d’apprendre. Les élèves les plus avancés (niveau 5) sont souvent difficiles parce qu’ils pensent déjà tout savoir et peuvent parler assez bien pour raler et être chiants avec leurs profs.

Donc cet été-là, je devais enseigner deux classes: une de writing et une de reading, toutes les deux avec le même groupe d’élèves de niveau 5! J’avais un peu peur, bien sûr, surtout que je n’avais jamais enseigné writing auparavant et que j’avais un grand groupe de 18 élèves! M. enseignait la grammaire à ces mêmes élèves, et K. leur enseignait le listening/speaking. Dès le début, moi, j’ai adoré ces élèves. Ils étaient drôles, chouettes, sympas, intéressants, et pas faciles, mais ils bossaient vraiment bien avec moi malgré le fait que je suis une prof très difficile. Mais petit à petit, je me suis rendue compte qu’ils créaient plein de problèmes aux deux autres profs. Ils ont commencé à s’engueuler en classe tous les jours avec M. et ils ont même réussi à faire pleurer K. tellement ils étaient chiants et méchants.

Les choses se sont tellement envenimées que le directeur de l’école a demandé un rapport détaillé de chaque prof et sur chaque élève. Moi, j’étais ravie de ces élèves. On pouvait rigoler en classe mais ils savaient quand s’arrêter de rire et commencer à bosser. On avait des discussions très intéressantes ensemble, ils se levaient à la fin de mes deux cours en signe de respect quand je quittais la salle de classe, ils sont venus empaqueter et nettoyer chez moi quand j’ai dû quitter mon appartement, et à part une élève, ils bossaient tous vraiment bien. Je me sentais un peu traîtresse de dire que j’adorais ces élèves alors que les deux autres profs (des chouettes amies à moi) disaient qu’ils étaient horribles… mais j’ai écrit mes rapports sur chaque élève et je n’ai dit que la vérité. Par contre, je les ai quand même un peu engueulés et je leur ai dit qu’ils étaient des adultes, devaient arrêter de se comporter comme des enfants gâtés, et ne pouvaient pas traiter les gens comme du poisson pourri!

Finalement, j’ai décidé de leur faire faire un petit exercice très américain mais que je trouve pas si bête: chaque élève devait écrire un petit texte à propos des qualités qu’ils appréciaient chez M. et K. et aussi chez chacun des autres élèves dans la classe. Ils ne pouvaient rien écrire de négatif, ne pouvaient pas mentir, et c’était anonyme! Les élèves n’étaient pas trop contents de l’idée, mais je crois qu’ils se rendaient aussi compte qu’ils étaient allés un peu loin, donc on a passé deux heures là-dessus en classe. J’ai ensuite pris tous les textes et je les ai envoyés aux personnes concernées. M. et K. et chaque élève de la classe ont donc reçu tout un tas de commentaires sympas. K. et M. ont été très touchées et les élèves se sont rendus compte qu’ils avaient perdu assez de temps comme ça à faire chier le monde et ils ont bien bossé pendant les dernières semaines de l’été. Moi, j’étais en pleurs quand je les ai quittés!

Donc voilà, personne ne s’engueule par ici, mais je trouve que ça serait sympa de pouvoir dire aux gens qu’on côtoie si souvent (les auteurs et les lecteurs) qu’on les apprécie et pourquoi, juste comme ça, pour le plaisir de se dire merci sans devoir dire qui on est et sans attendre de réponse. Qu’est-ce que vous en pensez? Par exemple j’ai toujours voulu dire à PrincessH que je trouvais qu’elle était une fille géniale mais sans qu’elle sache que c’était moi qui le disais….

Alors si ça vous intéresse, j’ai créé une page où vous pouvez écrire ce que vous voulez à qui vous voulez, et en restant anonyme ou pas. Il suffit de donner le nom de la personne à qui vous dédiez le mot (quelqu’un qui a un blog que vous appréciez, quelqu’un que vous admirez, ou quelqu’un qui laisse des commentaires sympas chez vous… pas besoin ni que vous ayez un blog ni que la personne à qui vous envoyez le message en ait un, ni que vous soyez quelqu’un que je connais, ni que vous envoyiez un message à quelqu’un que je connais… mais il me faut quand même le nom de la personne à qui vous voulez envoyer le message et l’adresse de son blog, si elle en a un. Et vous pouvez écrire à autant de personnes que vous voulez! Voilà. Quand j’aurai quelques messages je les publierai sur une page spéciale avec les liens vers les blogs en question. La porte restera toujours ouverte (cliquez sur JTADORE dans le menu). Soyez créatifs :)

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Je l’avais reçue dans une petite boîte en carton. Elle avait de l’asthme, et elle est restée toute petite, mais elle adorait courir partout, se lancer depuis mon lit sur le parquet, glisser, et rentrer dans les murs. On ne se parlait qu’espagnol, elle et moi. Elle avait des petite chaussures blanches aux pattes de devant et des bottes blanches à ses pattes arrières, et une petite frimousse blanche aussi. Elle mangeait de tout, mais surtout des pâtes au pesto, des gâteaux à l’abricot, et des frittes. Elle jouait avec l’eau qui sortait des robinets, elle se couchait sur mon clavier d’ordinateur quand j’essayais de jouer à prince of persia, et elle me réveillait tous les matins en se faisant la musculation des griffes dans mes cheveux et en ronronnant dans mes oreilles.

En été 1995, je suis partie 5 semaines aux Etats Unis et je l’ai laissée chez des bons amis à moi. Ils l’ont laissé sortir trop tôt et elle s’est perdue. A mon retour, j’ai cherché pendant des jours et des jours autour de leur maison en l’appelant, ma Nouchka, ma gatita, mais je ne l’ai jamais retrouvée. Quand l’hiver est arrivé, j’ai prié pour que quelqu’un de gentil l’ait adoptée. Et puis j’ai quitté la Suisse. C’était le deuxième chat que je perdais. Je vais essayer de ne pas perdre ma Calinette…

Grâce à ce lien dont moonliza parle sur son blog, j’ai découvert que si tout le monde vivait comme moi, il faudrait 2,99 planètes pour subvenir aux besoins de toute la population mondiale! J’ai honte!

Visiblement, je suis en-dessous de la moyenne européenne en ce qui concerne la bouffe, mais au-dessus de la moyenne en ce qui concerne les transports et l’habitation. Le pire c’est les transports ici. Un bus par heure de chez moi à l’école et ça s’arrête à 18 heures, alors comme mes cours sont souvent le soir, je suis obligée de prendre ma voiture. Je suis TRES en-dessous de la moyenne américaine dans tous les domaines, mais quand je pense à ce que je me gèle dans tous les restaurants, les maisons, les écoles, les voitures, et les magasins, je me dis que la consomation d’énergie dépensée aux USA pour l’air conditioné à elle seule doit déjà dépasser la consomation totale d’énergie dans le reste du monde!

L’autre jour j’entendais la « concierge » parler au téléphone. Elle expliquait combien les appartements coûtent ici, et disait que la facture des « utilities » (eau + éléctricité) était en général de $150 à $200 par mois. Moi, n’ai jamais payé plus de $50 pour mes factures… Mais je n’utilise que rarement l’air conditionné, jamais la machine à laver la vaisselle, rarement le chauffage, jamais la télé, et la règle numéro 1 ici c’est qu’on ne peut avoir qu’une seule lampe allumée à la fois dans la maison. Mais ça n’est pas encore assez…

J’avais une « roommate » qui mettait l’air conditionné ou le chauffage à font dans la maison et ouvrait toutes les fenêtres… pour faire circuler l’air et les microbes, qu’elle disait! Celle-là, elle mettait aussi la machine à laver la vaisselle en marche pour laver une assiette, un verre, une fourchette, et un couteau… qu’elle avait auparavant lavés à la main, bien sûr! Et puis j’ai aussi eu une autre « roommate » qui ne devait jamais avoir éteint une lampe de sa vie… ni la télé… Et puis dans la plupart des maisons et des bâtiments publiques, ici, on paye seulement un certain montant fixe par mois pour l’eau, alors pourquoi arrêter l’arrosage automatique de la pelouse quand il pleut? Ou pourquoi ne pas changer l’eau de sa piscine une fois par semaine pour être sûr qu’il n’y a pas trop de microbes là-dedans?

De mars à octobre, je vois les voitures sur les parkings des centres commerciaux dont le moteur reste allumé pour garder l’air conditionné en marche pendant que les gens vont faire leurs courses, comme ça il ne fera pas trop chaud dans leur voiture quand ils y retourneront… Et bientôt, je vais de nouveau entendre les moteurs de chaque voiture tourner sous ma fenêtre pendant 15-20 minutes tous les matins d’hiver, pendant que les gens attendent que leur voiture chauffe et que le chauffage marche en allant boire leur dernière tasse de café…

Pauvre monde…

Je voulais aller passer une semaine à Chicago avec mon grand’père et ma tante. Mon grand’père se fait vieux et on pensait se faire un petit moment sympa ensemble, comme quand on était allés à New York il y a 8 ans de ça. J’avais enfin décidé de m’occuper des chambres d’hôtel et je téléphonais à AAA, ma super compagnie de voiture-hôtels-et-tout. Il était un peu plus que 9 heures du matin en Utah et je commençais mon boulot à midi ce jour-là.

Donc j’étais au téléphone et j’expliquais à mon interlocutrice quel type d’hôtel on voulait, mais elle semblait distraite, elle me faisait répéter les informations 2-3 fois et je trouvais ça très ennuyeux. A un moment, elle a dit: je suis désolée d’être si distraite, mais je regarde la télé! Ah quelle bonne excuse dites! J’ai quand même fini par réussir à réserver une chambre d’hôtel et puis vers la fin de la conversation, mon interlocutrice m’a dit: c’est fou quand même, ce qui se passe, je n’en reviens pas!! Alors j’ai dit QUOI? Qu’est-ce qui se passe? Et elle m’a dit: New York est en train de se faire attaquer!

Bon moi j’ai pas la télé, donc je ne savais rien de rien, et j’ai donc sauté dans ma voiture pour aller au boulot regarder la télé depuis là-bas. Dans la voiture, j’ai écouté la radio et ça parlait d’un avion dont on venait de retrouver la trace, quel soulagement (celui qui s’écraserait en Pennsylvanie un peu plus tard)! Au boulot, nos élèves étaient encore en classe et donc tout était relativement calme à part chez les profs qui avaient entendu la nouvelle en venant à l’école… Moi j’ai regardé la télé pendant quelques instants et je n’en revenais pas. Ils montraient les mêmes images sans arrêt, et c’était cauchemardesque.

Quand je me suis trouvée devant mes élèves ce jour-là, ils avaient appris la nouvelle pendant leur pause de déjeuner, et étaient complètement paniqués. On venait de dire que tous les aéroports et toutes les frontières étaient fermés, et comme tous les élèves venaient d’autres pays, ils se faisaient beaucoup de soucis, surtout qu’aucune communication téléphonique ne marchait non plus… On se trouvait tous soudainement prisonniers dans le pays et on savait que nos familles s’inquiétaient et n’arrivaient pas à nous joindre. Ce qui a été très difficile pour moi mais salvateur à la fois, c’est que j’étais la prof, et donc je devais absolument garder la tête froide et rassurer mes élèves, alors qu’en fait je paniquais tout autant qu’eux. En fin d’après-midi, quelqu’un avait mis une grande télé dans la salle de lecture et d’ordinateurs où nos élèves faisaient leurs devoirs après les cours. Peu de choses avaient changé depuis le matin, et on voyait toujours les mêmes images repasser en boucle avec en plus les images du Pentagone en feu et de l’avion qui s’était ecrasé en Pennsylvanie (et qui à mon avis s’est fait abattre par l’armée américaine avant qu’il n’arrive sur Washington comme l’autre). Au bout de quelques heures, je n’en pouvais plus d’entendre ça et de voir ces images, alors j’ai éteint la télé.

Pendant les jours suivants, on a beaucoup parlé avec nos élèves, et très doucement, les choses se sont calmées. J’ai dit à mes élèves, entre autre, qu’ils devaient garder le contact avec leurs familles et surtout demander ce qu’elles voyaient à la télé depuis leurs pays, parce que depuis toujours, mais surtout après 9/11, les informations données à la télé ici et celles données dans les autres pays ont été très différentes. Quant à moi, j’ai annulé l’hôtel à Chicago et demandé qu’on me rembourse mon billet d’avion parce que j’ai toujours eu du mal à prendre l’avion en temps normal (pour des raisons de sécurité) mais depuis ce jour-là, c’est encore pire, et puis ma tante et mon grand’père allaient voyager en « stand-by » ce qui me paraissait impossible à faire après 4 jours sans avions aux USA et les milliers de gens qui attendaient de pouvoir rentrer chez eux partout dans le monde! Et pendant plusieurs mois, mine de rien, je me suis sentie mal dans ma peau parce que j’avais soudain réalisé que j’étais vraiment loin de ma famille et qu’ils n’auraient rien su ni rien pu faire pour moi si les choses avaient mal tourné pour moi… et que je ne saurai plus jamais ce à quoi je pouvais m’attendre, en vivant dans ce pays.

Après ce jour-là et tous les jours un peu plus, j’ai réalisé que je ne pouvais plus rester vivre ici. Chaque mois, on reçoit de nouvelles instructions à propos des régularisations pour les étrangers, chaque fois que je repasse la frontière j’ai peur de ne pas pouvoir rentrer et on prend mes empreintes digitales et la photo de mes yeux, on demande aux étudiants étrangers de payer de plus en plus de frais de surveillance et de « sécurité, » on nous traite comme des criminels et encore, j’ai de la chance d’être une femme et blanche mais mes élèves ont la vie dure, tous les jours je paye des taxes et des impôts qui financent une guerre qui me fait pleurer à chaque fois que j’y pense, et on va gagner des élections en disant que le pays est plus en sécurité depuis 4 ans grace à la guerre contre le « terrorisme »…. J’adore ce pays, on y trouve le pire et le meilleur, et tous les jours je pense à tout ce qui me manquera quand je le quitterai, mais voilà, chaque jour je m’en éloigne déjà un peu plus.

Ce soir, je pense à tous ceux qui sont morts, à New York et dans le monde entier, le onze septembre 2001 et tous les jours depuis.

Dans la vie, j’ai plein de rêves du genre « je rêve d’aller en Australie » ou bien « je rêve de parler chinois » ou bien « je rêve de mesurer 1 mètre 70″… et tout ça c’est bien beau mais on dirait bien que ça restera des rêves parce que j’ai pas de sous, pas de temps pour apprendre le chinois, et pour les 1,70 mètres c’est râpé! Mais comme je suis pas trop bête (ça arrive, c’est plutôt rare mais ça arrive), je me suis donné comme but d’y croire et de tout faire pour les réaliser, ces rêves, parce que la vie c’est fait pour ça et que si on n’a pas de rêves, on ne va nulle part! Et puis très bizarrement, ça marche, même mieux que ce qu’on pourrait croire. Il faut se bouger le popotin pour y arriver, avoir un p’tit grain aussi, et avoir le courage de sauter sur des occasions sans trop refléchir, mais ça marche! Voilà l’histoire de deux rêves, et leur réalisation m’a prouvée que j’ai le droit, et le devoir, même, de continuer à rêver.

En 1997, voilà une partie de ma liste de rêves:
- aller en Grèce suivre les traces de Camus (je venais de lire ses Carnets)
- aller aux Pays Bas (dans le port d’Amsterdam, y’a des marins qui chantent les rêves qui les hantent…)
- prendre ma voiture et partir à l’aventure n’importe où.
- mesurer 1,70 mètres.

Donc cet été-là, comme je rentrais passer quelques semaines en Europe, il advint que je mangeais le premier soir de mon arrivée en France avec quelques très chers amis de Paris, quand soudain Annie, avocate et fort sympatique (ça existe!) nous raconta qu’elle allait partir 2 jours plus tard pour la Grèce parce que des amis à elle lui laissaient leur appartment mais que ça l’embêtait un peu d’y aller toute seule et est-ce que vous ne connaîtriez pas quelqu’un que ça intéresse d’aller passer 10 jours en Grèce. Moi, j’avais déjà mon billet de TGV pour aller en Suisse voir ze family, mais mon fort intérieur m’a chuchoté: lulu ma chère, c’est maintenant où jamais, et le lendemain, j’échangeais mon billet de TGV contre un billet d’avion pour Athènes! Très raccourci, le séjour en Suisse, complètement vide, le compte en banque, rouge comme une tomate après 2 jours en Grèce, la fille… mais HEU-REUSE! Le fait que je suis rentrée de Grèce avec une méningite n’est qu’accessoire et ne remet pas une seconde en compte le fait que j’ai passé 10 jours incroyables avec Annie, vu la Grèce de mes propres yeux, senti le soleil à travers les vagues, appris à baragouiner en grec, mangé des délices aux noms délicieux, visité tout ce que je pouvais visiter, et réalisé un de mes plus grands rêves!

L’hiver suivant, j’ai décidé de me mettre aux « chat rooms, » ces inventions du démon qui veut qu’on perde plein de temps à papoter avec des gens qui sont probablement des psychopathes dangereux à l’autre bout du monde alors qu’on a plein de devoirs à faire et la lessive aussi. Dans la première « room » que je trouvais, j’y rencontrais ce soir-là un certain « John » dont l’anglais laissait à désirer mais qui me paraissait sympa et avec qui je bavardais un bon moment. Le lendemain, oh surprise, je l’y trouvais à nouveau… et puis le jour d’après et celui d’après aussi… et comme il vivait (supposément) en Finlande et avait des cours d’informatique, il me parlait pendant ses cours et je lui parlais pendant mes nuits! TOUTES mes nuits! Et ainsi se passa mon hiver, à dormir 2-3 heures par nuit, à aller à mes cours comme une zombie, à papoter avec « John » pendant des heures et des heures et des heures, jusqu’à ce que nous devînmes de très chers amis. Cet été-là, alors que mes parents se réjouissaient de me voir enfin passer quelques semaines en Suisse, je pris ma voiture et montais visiter le Danemark, la Norvège, la Suède, et finalement la Finlande, pour y retrouver « John » et passer avec lui et ses amis et sa famille quelques semaines extraordinaires!

Oui je sais, c’était complètement irresponsable de ma part de lui faire ainsi confiance et d’aller me balader seule comme ça pour rencontrer un de ces psychopathes internetistes… mais qu’est-ce que j’ai aimé la brume sur les ports du nord de l’Allemagne, les toits des églises danoises, les petits villages colorés de Norgève, ces longues heures de conduite et de découvertes à travers la campagne scandinave, les châteaux enchanteurs, la neige au mois de juin, la captivante légende du Kalevala, les succulents repas de poissons suédois, l’architecture d’Alvar Aalto et son musée à Jyväskylä, la petite sirène, la vodka, les traversées aventureuses en ferry, la musique envoûtante de la saint Jean, les nouveaux amis que je me suis faits, les bateaux Vikings, les noms de villes aux sonorités mystérieuses, ma voiture qui perdait de l’huile et ma visite à tous les garages du coin (pour y apprendre que öl ça veut dire bière et non pas huile), les petits hôtels miteux, la pêche à la ligne sur les lacs si bleus de Finlande, la gentillesse des gens, les fruits inconnus auxquels j’ai osé goûter, ces nuits d’été étranges et sans nuit, les fou-rires que je me suis pris en essayant de parler finnois, les forêts infinies, et la beauté intime de la Laponie… où j’ai goûté au renne avec de la sauce aux airelles et de la purée de pommes-de-terre et même que c’était super bon!

Quand j’étais gosse, on avait un jeu qui s’appelait « voyage en Europe » et la ville la plus au nord de l’Europe était Rovaniemi, sur le cercle polaire, qui me paraissait être au bout du monde… A 10 ans, je rêvais d’y aller. Quelques 15 ans plus tard, j’ai réalisé deux rêves d’un coup: prendre ma voiture et partir à l’aventure, et visiter Rovaniemi, la ville du père Noël. Il ne faut jamais croire que les rêves ne sont que des rêves! (Oui je sais, les 1,70 mètres, c’est pas encore gagné!)

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ahhh chouette, y*a plein d,accents sur ce clavier… ééééèè çç à ùùù $$ &é »àç héhéhé … par contre, je ne trouve pas le bidule qui me servirait à ecrire j*aime paris… et si je ne regqrdqis pqs du tout ce aue jùecrivqis cq donnerqit cq: pqs jojo! hein§ et zell; in english it zould be even zorse!

conversation au depart de detroit (apres avoir passé 4 heures dans les toilettes de l*aérport pour intoxication alimentaire):
mon nouveau voisin de siege: hi, i will be sitting next to you, your neighbor has changed seats!
moi: hi, no problem, vous parlez français?
lui: oui, en effet
moi: et vous etes du quebec aussi!
lui: oui, comment vous savez?
moi: je suis pas linguiste pour rien!
lui: ah, vous etudiez a detroit?
moi: non, mais pas loin, en indiana.
lui: (me tourne le dos, et sur sa veste noire, en grosses lettres d*or, c*est ecrit PURDUE) ah bon? moi je suis prof de genie méchanique a Purdue university!
moi: ahahah, ben c*est là que je suis aussi :) c*est marrant! ravie de vous rencontrer, je m*appelle lulu.
lui: ravi aussi. moi c*est luc!

(2 heures plus tard)

lui: j*ai des amis de macedoine qui vivent a lafayette. ils ont une usine de boyaux.
moi: ah? des boyaux? interessant! qu*est_ce qu*on fait avec des boyaux? (du saucisson?)
lui: ben… on arrose le jardin par exemple…

(2 heures plus tard)

moi: alors en français, ont dit « génie mechanique » pour mechanical engineering?
lui: oui
moi: alors quand on veut dire « i am an engineer » on dit « je suis un génie » en français? c*est un peu prétentieux, non?

(3 heures plus tard)

lui: alors si tu viens a lyons la semaine prochaine, passe nous voir! (il y habite depuis un an, comme il est en congé sabbatique à purdue)
moi: d*accord! et je t*enverrai un courriel (je fais des efforts pour parler français) des mon retour à lafayette!

(1 heure plus tard)

moi: t*as visité le monastère ou il font la chartruuse? il parait que c*est très sympa comme visite!
lui: non, mais je vais y penser, et au mont blanc aussi, en corse, et en bretagne, et … …
bref, voyage super sypma… quelqu*un me l*avait predit ;) dommage que je n;aie pas pu dormir plus que 1/2 heure… et puis l*intoxication alimentaire due à la bouffe de l;aéroport de detroit, c*est pas encore génial… mais j*aime la tour eiffel, ça fait du bien de revoir la famille, et la bouffe ici est trop géniale!

allez, je retourne me coucher! gros bisous à tous ceux dont je me trouve plus proche tout soudain :)

S’il-vous-plaît, répondez à mon petit questionnaire si vous ne l’avez pas encore fait!!! Merci :)
(Et les gens d’un certain âge et que je vais revoir très bientôt ne devraient pas continuer à lire ce post!)

L’autre nuit, pendant une de mes nombreuses je-vais-rater-mes-examens-je-bosse-pas-assez-insomnies, voila le cours de mes pensées: pourquoi R. croyait-il que j’étais mariée? -> diamant dans mon alphabêtise? -> j’ai failli me marier! -> Guillermo Freile -> otros hombres en mi vida -> Jaime Poch, Daniel Garcia, Oliver Miramontes… -> Oliver Miramontes?!!? -> ah la la, la vie est marrante parfois!

Oliver… was a student at the school where I was teaching before I came to Indiana. He was not one of my students but I sometimes helped him when I was working in the computer lab. Men who speak a foreign language and Spanish in particular have a special effect on me, probably because the two most important men in my life were from Chile and Ecuador. So I don’t remember how it happened, but Oliver and I started to talk a lot, and laugh a lot. After a few weeks we went out together. He’d speak Spanish to me and I loved it, and made me listen to Mana, and I felt 10 years younger. Probably because he was 10 years younger than me!

Anyway, the mistakes accumulated quickly, and very soon, after only a couple of weeks of dating, he was in my bed. That night, we had bought a bottle of very good tequila and I loved to kiss him… The rest was not as good but he was young ;) So we didn’t sleep a lot that night, and in the morning, he said « Thank you, I always wanted to try a French girl, goodbye! » and left and never returned.

I drank the rest of the bottle of tequila, immediately fell into a half coma, woke up 8 hours later, threw up all I could, and had a very hard time going back to work for the rest of the semester! I often wonder how I could have been so stupid and why I made so many mistakes with Oliver (going out with him was only the first one!) and I find no answer… Maybe it was just good to feel young again… Maybe it was good to feel important again…

So here’s my 2-minute revenge:

The more I know about men the more I like dogs. (Gloria Allred)

I think that God in creating Man somewhat overestimated his ability. (Oscar Wilde)

Je ne garde aucune rancoeur de ce très court épisode de ma vie, ni contre Oliver, ni contre les mexicains, ni contre les hommes en général. C’est oublié, c’est quand j’étais jeune et bête. Mieux vaut avoir des remords que des regrets! Ca me fait rigoler ce genre de souvenir… La vie nous joue parfois de sacrées farces!

Always forgive your enemies; nothing annoys them so much. (Oscar Wilde)

euh R. j’ai toujours pas la réponse à la question :)

PS. merci auzamis qui sont venus me faire un p’tit coucou hier pour me remonter le moral :)

a few days ago, i got a phone call from a very special friend… that i had not talked to for at least five years! i was so happy to hear from him!!! i’ve missed him and often wondered about him… so here’s a song for him to remind us both of the good days… (5 points of extra credit if you recognize where it comes from! 20 points bonus champion si vous devinez d’ou cette chanson vient!)


Les poissons, les poissons
How I love les poissons
Love to chop and to serve little fish
First I cut off their heads
Then I pull out their bones
Ah mes oui, savez toujours delice

Les poissons, les poissons
Hee hee hee, haw haw haw
With a cleaver I hack them in two
I pull out what’s inside
And I serve it up fried
God, I love little fishes, don’t you?

Here’s something for tempting the palette
Prepared in the classic technique
First you pound the fish flat with a malette
Then you slash off their skin
Give their belly a slice
Then you rub some salt in
‘Cause it makes it taste nice
Zoot alors, I have missed one!

Sacre bleu, what is this?
How on earth could I miss
Such a sweet little succulent crab
Quel Domage, what a loss
Here we go, in the sauce
Now some flour I think just a dab
Now I stuff you with bread
Don’t worry, ’cause you’re dead!
And you’re certainly lucky you are
‘Cause it’s gonna be hot in my big silver pot!
Tout-aloo mon poisson
Au revoir :)

keep in touch mon poisson :)

i have to pack and fly and fly and fly and i hate that. thank goodness mark is picking me up in indy! i just spent a wonderful day with wonderful friends and am asking myself: if i were living here, would i actually see all these friends that often and have that much fun with them the way i did this week? thinking of the past… yes, i did spend some time grading student papers and eating chinese food with bequie and going to the sushi place and speaking french with judy… saw dan & co. rarely… the elc people all the time of course… my teachers all the time too… no fun there… bob and molli rarely… so really, if i think about it, the fun would definitely not last if i stayed here and i meet with friends in indiana about as often as i would meet with friends if i were here. still… my friends here have more « history » and we « go way back when » … dan in switzerland… molli in old mill… judy learning french… hae hin in class… bequie at work for many years… sad that myq is gone now… my ex-students are all over the world… i don’t think i’ve created such strong friendships in indiana yet, after only 2 years. i mean, if i left indiana today and went back there after 2-3 years, who would i still want to see? who would i remember? who would remember me? who would still be there anyway?? ok, i would really want to see margie and tony and chris… gigi and mark and xiaoye and the others would be gone… i’m glad that i was able to spend some good time with the most important people here: bequie, judy, molli, dan…. and all the others too. friends for life, in my heart forever. i love you all! … and remember, you’ll always be welcome in lafayette ;)

UTAH!!! MY FRIENDS!!!! i got a great phone call tonight from a great friend, and it makes me sooooooo excited to see her again soon :)

OK so i’m not feeling so good these days, but thinking that in 12 days i’ll be in utah does make me feel much better!!!

i’m excited about:
- my friends
- my ex-teachers
- the elc
- the mountains
- sushi
- the landing over the lake
- seeing the I-15 sign
- the rocks, the colors, the desert
- seeing PROVO
- byu
- MY FRIENDS MY FRIENDS MY FRIENDS
- orem and spanish fork, who would have thought i’d be excited to hear those names?
- slc and the temple and the mormons (yes, i’m excited to see them too)
- the byu sign on the mountain
- the sunsets
- center street where i lived many a happy years
- good-looking people
- churches everywhere
- MY FRIENDS
- movies 8 where i saw so many $1.5-movies
- MY FRIENDS MY FRIENDS
- sundance
- mount nebo, where i went for long drives whenever i needed to think
- and so many other things!!!