souvenirs


Ma copine Karibou est arrivée au Canada juste quelques jours après moi, mais son boulot l’a tellement occupée qu’elle n’a jamais eu le temps de faire la connaissance de Granbled. De mon côté, j’ai plutôt eu du mal à me mettre à bosser et j’ai donc pris le temps de me balader, de visiter, et d’apprivoiser ma nouvelle ville que j’aime maintenant beaucoup.

C’est pourquoi la semaine dernière, dès que Karibou a eu quelques jours de vacances, je l’ai tirée de son lit et embarquée dans trois jours d’aventures. Malgré le froid, on s’est balladées dans plein de jolis quartiers (d’autant plus que Karibou cherche à acheter une maison), on a mangé comme quatre dans des restos délicieux, on a visité The Beach et The Distillery, deux endroits très célèbres de Granbled, on a dépensé plein de sous, on a papoté papoté papoté, on n’a pas résisté à passer dans notre librairie française adorée, et on a même réussi à aller s’enregistrer au Consulat français et à s’inscrire pour les élections! C’était trois jours intensifs mais fort agréables!

C’est assez rare de faire du tourisme dans sa propre ville, mais finalement c’est génial, surtout quand c’est en agréable compagnie! Et surtout quand en plus on a la chance de tomber sur LES trois jours de beau temps de décembre!

Alors voilà quelques photos, pour la plupart prises par Karibou, de nos découvertes granblediennes. Et celui ou celle qui devine en premier dans quel quartier a été prise la photo qui se trouve juste après Little Italy (il me faut le nom exact) recevra une carte postale de Granbled. Bonne balade :)

Un petit jeu a été organisé sur les blogs depuis le mois dernier: la rédaction! Un thème est choisi et plein de bloggeurs participent et écrivent sur le même thème en même temps… ou presque… hum… Donc, ce mois-ci, Olivier, Aurélie, Hépao, Laurent, Alcib, et Hervé ont participé… et moi aussi, un peu en retard… Mais c’est pas ma faute m’dame, mon chat avait mangé mon devoir!

Le thème de ce mois, c’est les rencontres par internet. J’ai fait trois types de rencontres par internet: 1) des gens rencontrés dans des chatrooms, 2) des gens rencontrés sur des « forums, » 3) des gens rencontrés à travers les blogs.

Je me souviendrai toujours de la première fois où j’ai commencé à aller dans une « chat room » et à papoter avec des inconnus, c’était en 1997, en Utah. Très vite, j’y ai rencontré « John » qui habitait en Finlande, et très vite nous sommes devenus grands amis. Je suis allée lui rendre visite en Finlande, et c’est l’un de mes meilleurs souvenirs de ma vie! Je n’ai jamais regretté cette rencontre, je crois qu’elle m’a en quelque sorte « donné le ton » pour toutes les rencontres qui ont suivi.

La deuxième sorte de rencontre sur internet que j’ai faite, c’était pas vraiment des forums mais je ne sais pas comment ça s’appelle. C’était une organisation de « rencontres » de gens qui avaient les mêmes intérêts dans la vie et qui cherchaient « l’âme soeur. » Au début, c’était gratuit, mais ensuite il fallait payer, bien sûr, et j’ai joué le jeu pendant deux mois. On voyait des profiles et on pouvait écrire aux gens qui nous intéressaient… et puis si on se plaisait on pouvait se donner nos numéros de téléphones… et se rencontrer… et plus si affinité! Je me suis fait deux amis, comme ça. Sur internet et par téléphone, c’était super chouette, mais quand on s’est rencontrés, c’était « platte, » comme disent les Québecois, nul. … parce que je n’avais parlé à personne de mes problèmes de santé à l’avance. Bon, tant pis!

Quelques années plus tard, à mon arrivée en Indiana, j’ai commencé mon blog. Au départ, j’écrivais en anglais et seuls quelques amis me lisaient (et y’avait même pas encore les commentaires à l’époque!). Mais un jour, je suis tombé sur le blog d’une certaine LuLu, et j’ai commencé à écrire en français… et puis j’ai installé les commentaires… et là, je me suis vite fait des ami(e)s. Lors d’un de mes voyages en France, j’ai donc décidé d’organiser une petite rencontre de bloggeurs sympas et c’est lors de cette rencontre géniale que j’ai fait la connaissance d’une dixaine de gens géniaux que j’ai souvent revus depuis! J’ai organisé une autre rencontre comme ça, et là, plus de 40 personnes se sont pointées! C’était un moment très spécial pour moi, que d’être ainsi entourée d’amis venus à Paris de toute la France et de trois pays différents exprès pour cette rencontre! J’ai aussi moi-même voyagé pour rencontrer des bloggeurs sympas.

Depuis, j’ai rencontré quelques autres bloggeurs par-ci par-là, dont mes deux meilleures copines à Granbled, Nat et Karibou. Et je continue. Il y a quelques mois, Lou:) est passée me voir à Granbled, la semaine dernière, j’ai rencontré elPadawan, et pendant ces vacances, j’espère bien rencontrer Sèv de Montréal. Je pense qu’au total, je dois avoir rencontré une grosse cinquantaine de bloggeurs un peu partout. De ma blog roll, à droite, j’ai rencontré 18 personnes, et je compte bien continuer à faire ainsi la connaissance de tas de gens.

Toutes ces rencontres faites d’abord à travers mon blog et ensuite « en vrai » ont été extraordinaires. Je ne me souviens pas avoir rencontré quelqu’un et me dire « ah tiens, je croyais que c’était quelqu’un de bien mais je suis déçue… » ou « je ne lirai plus jamais son blog à celui-là! » Je me suis fait des ami(e)s très chers et très précieux que je compte bien garder pour toujours, en particulier PrincessH et Candy Froggie, qui ont été mes toutes premières « vraies vraies amies » de blog… et tant d’autres!

En conclusion (puisque dans une bonne rédaction il faut toujours une conclusion, je l’ai répété dix mille fois à mes élèves), les rencontres par internet c’est trop d’la balle, hyper cool, génial de chez génial, et ça déchire sa mère en short au prisunic. Le sexe par internet, par contre, je suis pas sûre (mais fallait bien que je trouve un titre qui attirerait les foules, haha). Alors allez, zou, votre huitante troisième résolution pour l’année qui vient c’est de rencontrer un bloggeur, allez-y, n’ayez pas peur, ils ne mordent pas :D

C’est Fennelin qui m’a refilé ce questionnaire. Comme diraient certains autres bloggeurs, « je n’aime pas les questionnaires mais comme c’est Fennelin qui me l’a envoyé (variation: comme c’est un questionnaire que j’aime bien), je vais y répondre. » ;)

1. Dans quel pays as-tu posé tes valises?
Au Caaaaaaanaaaaaadaaaaa! Enfin, steu question!!! Ca faisait 15 ans que j’en rêvais, 15 ans que je l’attendais, ce jour où je pourrais enfin dire que j’habite au meilleur endroit au monde!!

2. Quelles sont tes origines?
Haha, la question qui tue. Côté maman, mes origines sont italiennes, d’ailleurs j’ai encore plein de cousins (et une frangine!) en Italie (mais ma frangine va bientôt déménager en Allemagne). Donc tout le monde cause italien ou au moins un peu, dans la famille, sauf moi, la rebelle, qui ai décidé d’apprendre l’espagnol plutôt! C’est mon côté franco-révolutionnaire, ça… Côté papa, mes origines sont plutôt françaises, avec un papi qui a aussi des origines suisses (de la Vallée de Joux), et mon papa né au Maroc. Moi, je suis née à Paris mais j’ai grandi en Suisse et j’ai donc la double nationalité (après avoir passé deux examens sur la recette de la fondue et le nom de la rivière qui fait office de « frontière de rösti). Je me considère aussi un peu américaine, vu que j’ai habité aux Etats Unis presqu’onze ans! Maintenant, je suis au Canada, et j’espère bien un jour avoir un troisième passeport :)

3. Quel est le pays le plus lointain que tu aies visité?
Ben ça dépend, lointain de quoi? La Finlande c’était le plus au nord, l’Equateur le plus au sud, et la Grèce le plus à l’est. A l’ouest du Canada/USA, j’ai rien visité, snif…

4. Quels pays as-tu visité dans le cadre de ton travail?
Le Canada (quand j’habitais aux US) et les Etats Unis (depuis que j’habite au Canada) :lol:

5. Où as-tu habité (on va dire au moins trois mois)?
En France, en Suisse, en Allemagne, aux Etats Unis, et au Canada.

6. Si tu devais garder un seul souvenir des pays que tu as visités, ce serait lequel? (Ca veut dire quoi steu question? Si je ne pouvais emporter qu’un souvenir de ces pays sur une île déserte? Souvenir « memory » ou souvenir « souvenir »? Je prends le premier.)
France: mon papi et ma mamie.
Suisse: ma copine Michèle.
Italie: les mosaïques de Ravennes.
Angleterre: l’échange de trois semaines avec ma classe d’histoire de l’art: les heures de valses de Brahms pour piano à quatre mains avec Michèle, le métro de Londres dans lequel on devait toujours courrir, les musées interminables, les cours où je copiais les cahiers des copines parce que je m’en fichais de l’histoire de l’art, les pièces de théâtre, les familles qui nous hébergaient…
Autriche: le camp de musique génial, les Mozartkugeln, les concerts, Nadia…
Belgique: Bruges, en entier, la ville magnifique, les chocolats, la dentelle…
Hollande: le super séjour de deux semaines avec Molli à Lelystad, chez la soeur de mon prof de Néerlandais, la country music à fond dans la voiture en allant à Amsterdam, les barages sur la mer, Utrecht…
Lichtenstein: une nuit au pied d’un magnifique château en haut d’une falaise.
Allemagne: un chocolat chaud dans un musée de Berlin avec Mark.
Norvège: le musée des drakars.
Suède: les petites rues de la vieille ville de Stokholm.
Finlande: mon voyage en Laponie avec Jarkko: la nuit sans nuit, les animaux qui se baladaient sur la route, notre longue balade en haut de la « montagne, » le râgout de renne, la soirée au coin du feu dans notre petit cabane…
Danemark: la petite sirène et la photo prise par des touristes français.
Grèce: la mer si chaude.
Mexique: un dessert de glace à la vanille et kalua à Tijuana.
Colombie: l’explosion d’une bombe dans l’hôtel à côté du mien…
Equateur: la jungle extraordinaire!
Etats Unis: Arches Park.
Canada: ma première rencontre avec Jaime…

7. Cites trois pays que tu rêves de visiter?
Le Japon, l’Australie, l’Inde, et le Pérou (Machu Picchu).

8. Quel objet évoque le plus le voyage pour toi?
Ma voiture: j’adore partir au hasard des routes et rouler, rouler pendant des heures, me perdre, aller dire bonjour à des amis au passage, m’arrêter quand je veux et repartir quand je veux, planifier des tas de voyages avec des tas de cartes et d’itinéraires bien précis et finalement aller n’importe où…

9. La touche personnelle: Quels pays t’intriguent le plus mais tu hésiterais (au moins 18 secondes) à y aller (pour des raisons multiples et variées)?
L’Arabie Saoudite (l’Arabie, c’est où, dites? Par là, mec!), le Pakistan, l’Indonésie, l’Afrique du Sud, le Sénégal, Israel, la Chine, le Chili…

10. A quels voyageurs veux-tu passer le flambeau?
Ben à tous ceux qui le veulent :)

PS. J’ai écrit un email à propos d’Ottawa et en me relisant, j’ai vu que j’avais marqué « il y fait un froid de Canada » alors que j’avais voulu écrire « il y fait un froid de canard, » huhuh! C’est ce qu’on appelle un freudian slip en anglais ;)

Un jour, il y a très longtemps, j’ai reçu un de ces dépliants publicitaires dans ma boîte aux lettres, du genre de ceux qu’on regarde à peine avant de les jeter à la poubelle avec un soupir et qui proposent des vacances de rêves aux Bahamas ou une croisière palpitante à Mexico, et qu’on ne sait jamais si c’est pas un attrappe-couillon mais on s’en fiche un peu finalement parce que de toutes les manières, on n’a ni trois semaines à perdre ni l’argent pour se l’offrir!

Et pour une raison inconnue, ce jour-là j’ai décidé de me l’offrir, ce petit séjour « artistique » de trois semaines en Californie, à Santa Cruz, précisemment, au début de l’été 1998. Je ne sais plus comment j’ai réussi à payer le billet d’avion, l’inscription aux cours (modelage, sculpture sur bois, peinture, et « creative writing »), la location de la voiture (pendant trois semaines!), et la location d’une chambre « chez l’habitant, » mais j’y suis allée, comme ça, juste pour voir, et pour changer de vie pendant quelques semaines.

C’est ce post qui a fait soudainement revenir tous mes souvenir dans ma petite tête… trois souvenirs d’aventures californiennes très uniques en leur genre, pendant lesquelles j’ai pu penser à ma vie « depuis l’extérieur » puisque je n’étais pas chez moi mais avec des gens que je ne connaissais ni d’Eve ni d’Adam, que je ne devais pas bosser pour mon chef ni suivre des classes à l’université (en Utah, à l’époque), et c’était effrayant, agréable, marrant, sympa, difficile, et douloureux. J’ai pu bronzer en paix réfléchir de longues heures à ma vie et décider que je ne savais pas ce que je voulais faire de ma vie mais qu’au moins, je savais ce que je ne voulais PAS en faire. Ce soir, j’ai relu le journal que j’ai écrit là-bas. Je vous en mets quelques extraits.

Ah les nuages de Californie! C’est quan’même mieux que les nuage d’Utah, non? Ici, tout est aussi abnormalement vert qu’en Utah, due aux abnornales quantités d’eau tombées ce printemps. C’est tout la faute d’El Nino, bien sûr!

Je suis arrivée hier, comme une fleur, dans ma jolie voiture de location (Chevy Prism) un peu grande pour moi mais je me suis assise sur un pull et ma serviette de bain et ça allait mieux. La maison où je suis est très sympa, grande, avec un super jardin et un gentil chat, des locataires qui vont et qui viennent, une mère française, et j’ai ma propre chambre mais je partage ma salle-de-bain…

Aujourd’hui, je suis allée faire un tour de la ville, repairer l’école, tourner autour du magnifique campus de UCSC et me perdre un peu… la ville paraît assez jolie et riche, avec des points de vue magnifiques sur le port et la mer, des jolies maisons, et il faut compter 25 minutes pour aller à l’école depuis chez moi. Demain, les cours commencent et j’ai très peur!

… Les cours se passent plutôt bien et je commence à devenir amie avec une jeune femme très sympathique, Erika, avec qui je rigole pas mal parce qu’elle est dans les mêmes classes que moi. Aujourd’hui, en modelage on a fait dans le « negative space, » en « creative writing » on a fait dans le « concret, » et en peinture on a fait dans le moche.

… Ce matin a été le pire de ma vie! Je me suis réveillée et tout de suite, le pire male de ventre de ma vie a commencé. Attroce, à hurler, à part que j’étais dans une maison inconnue et entourée d’étrangers. Je me tordais de douleurs dans ma chambre… et bien sûr, Shannon, ma voisine, m’a entendue et est venue dans ma chambre– où j’étais recroquevillée, la tête dans le duvet, en train de mourir! Elle a commencé à me masser le dos et à me parler et me faire rire, et au bout de 15 minutes, ça allait un peu mieux. J’ai finalement réussi à aller en cours avec seulement 30 minutes de retard. Le modelage m’a fait du bien, que j’ai pu pétrir ma rage et ma haine, et le cours de « writing » m’a ennuyé, comme d’habitude. En peinture, tout le monde m’a félicité pour ma magnifique première peinture, ce qui ne m’a pas empêché de la jeter à la poubelle à la fin du cours.

… J’aime bien mon cours de sculpture sur bois, le prof est sympa et marrant, et puis on fait une CUILLERE, pas une freaking « figure calme » ou un « inner-outer space » mais une simple cuillère, simple, facile, et utile! Et puis au lieu de « râper » ma cuillère comme les autres élèves, je la taille à la gouge, c’est meilleur pour mon mal de crâne. En modelage, ce matin, le prof a dit que mes trucs étaient trop torturés et pas assez simples, et je lui ai répliqué que les trucs simples me mettaient mal à l’aise, et on a bien rigolé et on s’est bien engueulé, et les autres élèves ont aussi bien rigolé! Ce que j’ai fait aujourd’hui était quand’même pas mal, enfin, d’après moi…

Aujourd’hui, je suis allée chez Avis pour me pleindre que ma radio ne marchait pas, et ils m’ont tout simplement remplacé la voiture et donné la même exactement mais en mauvre. Cool! Et puis je me suis un peu balladée pendant le week-end à San Francisco et jusqu’à Sanoma… c’était tellement beau et chouette comme week-end que j’avais du mal à croire que tout ça était réel!

Aujourd’hui, en sculpture sur bois, j’ai décidé de faire une fourchette alors que tous les autres élèves doivent faire un bol mais je trouvais mieux d’avoir un service à salade. Alors j’ai commencé ma fourchette qui est vachement moche, mais ça aurait pu aller si en plus je ne l’avais pas cassée… alors on a mis de la colle… Après le cours, je suis allée acheter du pain et du pâté et des légumes et j’ai voulu faire un taboulé, mais il manquait quelque chose mais je ne savais pas quoi… comme dans mes relations avec les hommes: il y a tout ce qu’il faut mais ça reste toujours un peu sec…

Bon, ce matin, je suis allée finir mes 5 métamorphoses râtées en modelage, et commencer un nouveau truc que j’essaye de ne pas coller au sol. J’ai dit au prof que j’allais m’inscrire à son école de sculpture (programme de 3 ans!) et il m’a dit qu’il me fournirait gratuitement des grandes bassines pour y laisser couler mes larmes. Ce soir, à la maison, on a préparé un repas et on a regardé la coupe du monde– les français sont en finale!

Au cours de « creative writing, » je me suis bien disputée avec la prof, parce que ça m’a énervé de ne rien faire depuis trois semaines, et je ne comprenais jamais ce qu’elle voulait, et je ne supportais pas le style mélo et « sappy »– la jeune fille au cheveux blonds sur la plage au levé du soleil, les vagues légères sur les chevilles… et pas un seul foutu requin ne peut la bouffer ni un gangster la tuer, ni elle se tuer… un ange apparaît, peut-être… aaaggghhh!

Ahaha, que ça me fait rire de relire tout ça! Et après je râle parce que mes élèves sont casse-pieds, mais qu’est-ce que j’ai été une emmerdeuse, moi, comme élève!!

Cher Père Noël,

Je t’écris avant qu’il ne soit trop tard pour te rappeler que les chatounes et moi on a changé d’adresse cet été. Heureusement, ça ne devrait pas trop te compliquer les choses puisqu’on habite maintenant beaucoup plus près de chez toi (adresse ci-dessous jusqu’à demain).

Je voulais aussi te dire combien les chatounes et moi on a été sages cette année. Calinette est une amour, surtout depuis qu’on a déménagé, et elle a recommencé à ronronner et à me faire des tas de calins. Si elle a fait la vilaine pendant le déménagement, c’est parce qu’elle était comme moi, elle se faisait du soucis pour nous trois parce que c’est une gentille petite maman. Maintenant, notre champ de maïs lui manque un peu comme à nous, mais elle m’a récemment confié qu’elle est heureuse, ici, avec son nouveau râcleur de ciel et la vue superbe qu’elle a sur la ville et le lac quand elle y est perchée. Enfin, il faut aussi que tu saches qu’elle a bien pris son médicament dégueu pour soigner son infection urinaire pendant toute la semaine, ma princesse!

Sosso, elle, c’est ma p’tite poupée, et elle aussi a été adorable cette année. Elle a bien mal commencé l’année, la pauvre, avec sa p’tite patte amochée et tous les soucis qu’on a eu avec ça. Heureusement, des dixaines de supers amis de blogs nous ont aidé à remonter la pente et à tout faire pour qu’elle aille mieux. Maintenant, la papatte se remet doucement et Sosso est à nouveau une petite chatoune toute heureuse. Elle mange bien (même un peu trop bien parfois), elle adore jouer, elle fait des calins tout doux, elle est très rigolotte, et elle aime bien dormir dans mes placards et mes tiroirs. Pendant le déménagement, elle a été très brave et n’a presque pas pleuré pendant les dix heures de routes, ma p’tite puce adorée.

Et moi? Heu… si, si, moi aussi j’ai été sage cette année. J’ai bien bossé sur ma thèse et je l’ai même finie à temps, j’ai aidé l’économie américaine en voyageant par monts et par vaux (veaux?) (vaud?) pendant tout l’hiver, j’ai trouvé un travail, je me suis fait beaucoup de soucis quand ma Sosso s’est amoché la patte, je suis devenue Docteure, j’ai déménagé dans un nouveau pays, j’ai commencé un nouveau travail, j’ai écrit quelques articles, j’ai reçu une bourse de recherche pendant l’été, je me suis fait plein de nouveaux amis, j’ai aidé l’économie canadienne en dépensant des fortunes à Ikéa, chez le vétérinaire, et chez les fromagers et pâtissiers de Granbled, j’ai fait bosser plein d’étudiants qui n’attendaient que ça, j’ai hébergé mon frangin et ma famille chez moi, et j’utilise les transports en commun au lieu de la voiture pour sauver la planète.

Voilà, cher Père Noël, les raisons qui me poussent à t’envoyer cette liste de cadeaux que les chatounes et moi nous réjouissons grandement de recevoir.

Sosso et Calinette aimeraient:
- de la bonne bouffe,
- de la bonne bouffe,
- de quoi s’amuser un peu,
- quelques capsules pour renforcer les os et les tendons de la Sosso,
- une fontaine pour éviter à Calinette d’avoir trop d’infections urinaires.

Quant à moi, j’aimerais:
- du chocolat suisse (Tourist, au lait et blanc),
- des cours de cuisine (un cours par mois),
- de la semoule,
- des jumelles (pour regarder ce qui se passe à l’aéroport, dans la rue en bas, et chez mes voisins ;) ),
- une location de violon (ou d’alto) et des cours de musique,
- un livre de recettes avec du sirop d’érable,
- un food processor,
- une sorbetière,
- plein de bouquins et d’autres trucs innutiles!

Cher Père Noël, on imagine bien que ton budget est serré cette année, c’est pour ça que les chatounes et moi te donnons plein d’options de cadeaux, on est sûres que tu trouveras bien un petit quelque chose qui correspond à ton budget dans notre liste. On te remercie mille fois d’avance et on t’envoie des tas de bisous et de calins,

miss lulu et les chatounes.

PS. On n’a pas de cheminée, désolées, et la porte pour aller sur le toit est fermée pour l’hiver, alors il te faudra rentrer par la fenêtre de la catroom, fais attention, te casses pas la figure sur le râcleur de ciel!

PPS. Si tu préfères nous envoyer un petit chèque pour que nous achetions nous-même ce dont nous avons besoin, ne te fais pas de bile, nous acceptons les dollars canadiens, les dollars américains, les euros, et les francs suisses (mais pas le yen, sorry).

PPPS. Après investigation, il semblerait qu’Amazon refuse d’envoyer autre chose que des bouquins au Canada! Je mets donc l’adresse de ma soeur… ça évitera aussi les frais de port internationaux et ceux de douane…

Ce matin, j’étais en train d’aller au boulot, pas trop heureuse parce que ma journée commençait avec une réunion avec ma cheffe et je savais que je n’allais pas aimer ce qu’elle allait me dire, et en passant devant Richtree, une sorte de café-restaurant juste à la sortie du métro, j’ai craqué pour un chocolate chips muffin (y’a une image de muffins chez Estelle… ceux de Richtree sont beaucoup plus gros ;) )! Après tout, le chocolat c’est bon pour le moral, n’est-ce pas? Et leurs muffins sont frais, ils sortent du four devant nos yeux, et miam, j’ai décidé qu’il fallait me donner du courage pour ma réunion!

J’étais donc en train de payer mon muffin quand soudain, j’ai entendu quelque chose qui m’a rappelé beaucoup de bons souvenir et fait sourire: l’Amérique, de Joe Dassin! Déjà, c’était rigolo d’entendre une chanson française à cet endroit, mais en plus, c’est une chanson que j’aime particulièrement parce que je me rappelle l’avoir souvent écoutée avant mon départ pour les Etats Unis, il y a ONZE ANS de ça! Alors je me suis assise à une petite table ronde et j’ai regardé la foule sortir du métro en mangeant mon muffin et en repensant à tout ça, ma tristesse de quitter ma famille et mes amis, l’excitation du départ, la grande fête d’adieu avec tous les gens que j’aimais, les rêves, les espoirs, les peurs, et les dix ans et demi passés aux Etats Unis…

Ca fait drôle de se dire que je l’ai eue, mon Amérique, ce rêve fou s’est accompli pour de vrai, et pas juste dans une chanson! Ca fait drôle aussi de se dire que ça faisait 15 ans que je rêvais d’aller au Canada et que j’y suis enfin pour de vrai. Peut-être que c’est pour ça que je déprime un peu, parce que je n’ai pas encore de rêve pour la suite…

Allez, en attendant de me découvrir des envies de châteaux en Espagne (tiens, l’Espagne, c’est une bonne idée, ça), je vous mets les paroles de cette chanson qui illustre exactement l’un des plus grands rêves de ma vie. Et vous, quels sont vos rêves?

Mes amis, je dois m’en aller
Je n’ai plus qu’à jeter mes clés
Car elle m’attend depuis que je suis né
L’Amérique

J’abandonne sur mon chemin
Tant de choses que j’aimais bien
Cela commence par un peu de chagrin
L’Amérique

L’Amérique, l’Amérique, je veux l’avoir et je l’aurai
L’Amérique, l’Amérique, si c’est un rêve, je le saurai
Tous les sifflets des trains, toutes les sirènes des bateaux
M’ont chanté cent fois la chanson de l’Eldorado
De l’Amérique

Mes amis, je vous dis adieu
Je devrais vous pleurer un peu
Pardonnez-moi si je n’ai dans mes yeux
Que l’Amérique

Je reviendrai je ne sais pas quand
Cousu d’or et brodé d’argent
Ou sans un sou, mais plus riche qu’avant
De l’Amérique

L’Amérique, l’Amérique, je veux l’avoir et je l’aurai
L’Amérique, l’Amérique, si c’est un rêve, je le saurai
Tous les sifflets des trains, toutes les sirènes des bateaux
M’ont chanté cent fois la chanson de l’Eldorado
De l’Amérique

L’Amérique, l’Amérique, si c’est un rêve, je rêverai
L’Amérique, l’Amérique, si c’est un rêve, je veux rêver.

Je suis partie pour l’Italie en me répétant moultes fois et avec résignation que je n’y allais pas pour voir Venise mais pour le mariage de ma soeur. $1200 de billet pour quatre jours, dont un attérissage et un décolage à Venise, ce n’est pas grand’chose quand on aime sa soeur! Mais quand’même, le petit pincement au coeur était là… parce que ce n’est pas tous les jours qu’on va en Europe (ça faisait presqu’un an et demi que je n’y étais pas retournée) et encore moins en Italie!

Je crois que le seul moment où j’étais vraiment écoeurée, pendant ce voyage, était lors de l’attérissage sur Venise: je me suis dit que je n’aurais pas le temps de visiter Venise mais qu’au moins, lors de l’attérissage, je pourrais l’appercevoir… mais j’étais assise du mauvais côté, dans l’avion, et je n’ai vu qu’une zone industrielle immense et déprimante avant de tomber dans les bras de mes parents et mon petit frère (et bon, ça me faisait plaisir de les voir mais je les avais vus à peine un moins avant, alors bon ;) ).

En plus, tous les amis et la famille n’arrêtaient pas de me rabacher les oreilles (pendant trois jours) qu’après le mariage, ils allaient profiter de ce qu’ils étaient en Italie pour aller à Venise… Là, j’ai commencé à penser que c’était une conspiration du monde entier, que TOUT LE MONDE verrait Venise sauf moi, et que la vie était trop injuste!

Heureusement que mes parents connaissent bien leur fille et se sacrifient pour elle depuis des années (et des années), et ils ont bien deviné (ou c’est moi qui étais chiante?) que j’avais trop envie d’aller voir Venise, ne serait-ce que pour quelques minutes! On a essayé de coincer un petit voyage (deux heures pour y aller et deux heures pour le retour, quand’même) entre les déjeuners en famille, la mairie, les pizzas, les cérémonies, les petits déjeunés inclus dans le prix de la chambre, la villa, et les dîners dançants, mais ça n’a pas été facile, parce qu’on pouvait quand’même difficilement être en retard au mariage de notre propre fille/soeur!

Finalement, on a décidé de partir un peu plus tôt du « brunch » du dimanche matin et de passer l’après-midi à Venise. On était obligés de rentrer à l’hôtel le soir et de repartir pour Venise très tôt le lendemain matin pour attraper mon avion, ce qui était complètement con, mais moi je ne recule devant aucun sacrifice au nom de la culture et mes parents ne reculent devant aucun de mes caprices :)

Donc on est allés tous les trois à Venise dimanche après-midi, et malgré la recherche épique d’une place de parking pendant quelques heures, on a passé environ trois heures géniales, dans les bateaux et à la Place St Marc, et… et c’est des souvenirs innoubliables! On a eu de la chance parce qu’on est arrivés pépères, on s’est balladés, on a pris plein de photos, et puis on est allés dans la Basilique, la belle, la merveilleuse Basilique, et on en est ressortis… et c’est là qu’on s’est rendus compte qu’on était arrivés 15 minutes avant qu’elle ne ferme! Le pot! (ou le Pô?) En tous les cas, la gellato était délicieuse, le temps magnifique, et mon coeur chantant!

C’est sûr, en trois heures on ne voit pas tout Venise. Mais je m’en fiche. Maintenant, je peux dire que j’y suis allée, je ne suis plus jalouse à chaque fois que mes frangin(e)s en parlent, j’ai vu de mes propres yeux un chef-d’oeuvre d’architecture, de culture, et de beauté, je sais pourquoi je voudrai un jour y retourner, et en attendant, j’ai encore tout l’or de Venise dans les yeux!

Merci à jojo d’avoir fait son mariage dans un pays magique, et merci à mes parents de m’avoir offert ces souvenirs pleins de soleil :)

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Cliquez sur la photo pour voir tout l’album.

Et pour tous ceux qui ont deviné l’Italie et Venise (et Udine!) juste lors de mon petit concours: envoyez-moi vos adresses postales (misslulu chez rogers point com) et je vous enverrai des cartes postales ce week-end, PROMIS!

Depuis que je suis arrivée à Granbled il y a quelques semaines, j’ai souvent souhaité avoir un enregistreur attaché au cou 24 heures sur 24 pour réussir à me souvenir de tous ces « moments bloggables » et surtout de tous ces moments géniaux, difficiles, hilarants, tristes, et tellement uniques dont j’aurais tant voulu me souvenir.

Les deux semaines avec mon petit frère sont passées trop vite! On a tellement travaillé, acheté, monté, démonté, roulé, sué, mangé, visité, cherché, papoté, argumenté, et rigolé, qu’on ne peut résumer tout ça qu’avec ces mots: tu nous manques, Nils, à moi et aux chatounes et à mon appartement et à Ikéa ;)

Notre retour aux Etats Unis jeudi soir a été plutôt difficile à cause des embouteillages terribles (même sur la Lake Shore Avenue qui ne voulait plus nous laisser rentrer sur l’autoroute) et les averses dignes de Noé. D’accord, on n’avait pas une Calinette qui faisait la gueule, pleurait non-stop, et jouait au tyran avec Sosso, ni une Sosso terrorisée dans mes bras, cette fois-ci, mais quand même, six heures pour arriver à Ann Arbor c’était beaucoup! Heureusement que le douanier ne s’est pas demandé pourquoi deux personnes du même nom de famille et n’habitant pas du tout dans le même pays pouvaient être de deux nationalités différentes.

Bref, tout ça pour dire qu’il était bien décevant de ne pas trouver à notre arrivée un petit nouveau-né… Mais cela nous a sûrement permis de dormir quelques heures, c’est déjà ça de gagné!

Repartis à 7 heures du mat’ d’Ann Arbor, la suite du voyage jusqu’à Lafayette a aussi été longue et pénible, mais sans aucune raison, cette fois, à part notre ennui. A l’arrivée, nous sommes directement allés manger à Khana Khasana, mon restaurant indien favorit, pour nous reposer l’esprit et nous remplir l’estomac avant d’entreprendre de nouvelles aventures! Ah que ce restaurant va me manquer!

Le reste de l’après-midi s’est passé sur le campus à aller à la pharmacie pour profiter une dernière fois de l’assurance de Purdue, visiter le Elliot Hall of Music où allait se passer la cérémonie du lendemain, chercher un permis spécial pour se garer, louer et essayer la robe noire avec la longue cape bleue et jaune et le chapeau carré, acheter des « wipes » et autres trucs qui me manquent déjà tellement au Canada à mon Target préféré (et aussi un joli rideau de douche pour Nat qui s’est occupé des chatounes pendant mon absence), prendre possession de notre petite chambre d’hôtel où le pauvre Nils allait devoir dormir illégalement sur son lit gonflable, et surtout, surtout, retrouver les parents bronzés mais piqués et que je n’avais pas vus depuis plus d’un an! Manger ensemble (un blooming onion et des cheese fries, miam!!) à Outback comme nous l’avions fait lors de ma graduation en Utah six ans plus tôt était un moment très spécial, sauf qu’il manquait Cath et Annie, cette fois, et surtout mon Papy et ma Mamie chéris qui nous font bien du soucis en ce moment et à qui on a beaucoup pensé.

Ecouter ma radio préférée dans la voiture, faire un tour de la ville et du campus avec la famille, leur faire visiter mon petit champ de maïs, revoir la Wabash, pouvoir enfin respirer sans cette humidité horrible de Granbled, et revoir quelques amies a aussi été vraiment agréable… et un peu triste aussi…

Samedi? Je dois avouer que c’était en même temps très spécial et un peu décevant. Déjà, j’avais oublié d’acheter des épingles à cheveux pour faire tenir mon chapeau donc on a dû se lever très tôt pour aller en acheter en vitesse. Ensuite, alors que j’aurai aimé aller faire une photo « officielle, » Nils s’est rendu compte qu’on avait oublié le permis spécial qui me permettait de me garer juste à côté du Elliot Hall of Music, et on a dû retourner à l’hôtel. Bref, on a juste réussi à faire quelques photos (sans la jolie cape, domage) avant que Nils me conduise à l’endroit où je devais me rendre pour rejoindre la procession d’élèves graduants et que la cérémonie ne commence.

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La cérémonie elle-même était sympa mais un peu nunuche et de loin pas aussi chouette que ce que ça avait été en Utah. Il n’y avait pas de discours offert par une célebrité (à BYU on avait eu Jehan Sadat (femme de feu Anwar al-Sadat) et Roderick Paige (secretary of Education), quand même), et le président de Purdue n’est pas quelqu’un que j’aime beaucoup (heureusement, je viens d’apprendre qu’il prendra bientôt sa retraite). Mais bon, de monter sur la scène avec tous les doctorants, d’entendre mon nom (bien prononcé, bravo, et je ne savais pas qu’on disait Mahéilia Jackson), de recevoir ma cape et mon (moche) diplôme, c’était quand même un moment spécial et rempli d’émotions.

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Les doctorants, en robes noires et velour étaient appelés par leurs noms et recevaient leur cape (toutes de la même couleur) et leur vrai diplôme avec plein de serrements de mains de gens importants (dont le président de l’université); les « masterants » (MA, MS, MBA), en robe noire avec des longues manches et une petite écharpe aux couleurs de leur « faculty, » étaient aussi appelés par leurs noms et recevaient un « diploma cover » (truc pour mettre leur diplôme mais vide (ils recevraient leur diplôme par courrier quelques semaines plus tard) avec un serrement de main de quelqu’un d’un peu important; et les « bachelorants » (BA, BS), en robe noire toute simple (seule la couleur du petit pompon du chapeau indiquait leur spécialisation) voyaient leurs noms défiler sur un grand écran et défilaient sur la scène pour recevoir leur « diploma cover » en serrant la main de quelqu’un de pas très important.

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Ce qui était sympa, c’est que l’audience n’avait pas le « droit » d’applaudir à l’annonce de chaque nom, mais la famille et les amis de ceux qui étaient appelés criaient quand même souvent un petit quelque chose à chaque fois et j’ai eu droit moi aussi aux applaudissements de quelques personnes, dont mon pôpa, ma môman, et mon petit frangin en costard-pas cravate-baskets! C’était chouette :)

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Après la cérémonie, on a pris quelques photos pas géniales du tout (sorry, j’ai même dû en trafiquer quelques unes) et puis il a fallu rendre la robe, la cape, et le chapeau avant d’aller faire une longue sieste à l’hôtel (dont la clim faisait un boucant d’enfer) avant d’aller dîner à Khana Khasana pour que les parents fassent la connaissance de mon restau préféré.

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Le retour de Nils et moi le lendemain jusqu’à Ann Arbor a de nouveau été pénible, surtout que la radio de ma voiture semblait mal marcher et la cassette qui me permettait d’écouter mon iPod semblait foutue… et en plus, aucun nouveau-né ne nous attendait… Après avoir déposé Nils et bu un double cappuccino, je suis repartie, seule cette fois, pour Granbled, et là, tout c’est bien passé, d’autant plus que j’ai capté une station de radio sympa pendant plus d’une heure, qu’ensuite, la cassette de mon iPod a bien remarché, et qu’il n’y a eu aucun embouteillage ni pluie diluviene! En quatre heures, j’étais dans mon nouveau chez-moi, seule avec mes chatounes (heureuses de me revoir!!) pour la première fois!

Demain, le travail recommence et les parents débarquent… Pfiou, quel été plein d’aventures!

Bon d’accord, je commence avec le (petit) frangin. Il arrive le 11 juillet à Montréal et voudrait passer 2-3 jours à visiter cette magnifique ville avant de me rejoindre (en train? en bus?) dans mon champ de maïs. Y aurait-il donc une bonne âme pour l’héberger pendant 2-3 nuits? Il est pas chiant mais il prend de la place. Pas dans le sens qu’il s’affale sur le canapé devant la téloche avec une bière, mais plutôt dans le sens qu’il fait presque deux mètres! A part ça, il est super sympa, marrant, intéressant, drôle, intelligent, beau comme un dieu, indépendant, et finit des études en science-po et en haubois. Il ne vous cassera pas les pieds et n’aura besoin d’aucune aide (mais les conseils sont toujours les bienvenus, pour visiter une nouvelle ville). Il y a quelques photos de lui sur cet album et les suivants. Bref, au cas où vous auriez la possibilité de lui offrir un (grand) canapé pour ces quelques jours, vous pouvez me contacter :) Et croyez-moi, vous ne le regretterez pas!

Deuxièmement, je dois annoncer à la terre entière que ma Calinette ronronne! Depuis que je suis rentrée de Granbled, elle est redevenue la Calinette que je connaissais avant l’arrivée de Sosso et est une vraie amour de chatoune. Sosso, ma boiteuse préférée, semble elle aussi un peu moins sauvage et se laisse caresser de temps en temps même quand c’est pas elle qui l’a décidé. Elle vient aussi dormir près de moi le matin, souvent juste à côté de Calinette, ce qui fait que quand j’ouvre les yeux, la première chose que je vois est mes deux chatounes à peu près copines et confortables avec moi aussi, et y’a pas de meilleure façon de commencer la journée. Je passe souvent quelques minutes à les caresser et leur fait plein de bisous avant de me lever. C’est vraiment chouette :)

Troisièmement, j’ai enfin réussi à faire un album de photos de mon voyage à Saint Louis. Avec un peu de chance, j’arriverai aussi bientôt à envoyer les cartes postales promises lors de ce voyage, huhuh. J’en ai profité pour rajouter des photos et refaire l’album de photos d’amis qui était trop moche. Comme d’habitude, cliquez sur « Start Slideshow » et laissez les photos défiler. Enjoy :)

Toutes les belles filles vont par trois, dit le proverbe. Aussi le numéro quatre est-il un garçon, à la stupéfaction générale. Chez nous on appelle ces enfants tardifs des raclions, c’est la petite boule de pâte à pain que l’on racle dans le pétrin après avoir façonné les miches.
Les filles voulaient une petite soeur, les garçons nous arrachent les bonnets à la récré, alors si c’est un frère on le met à la poubelle! Mais le jour de sa naissance, Lulu a les larmes aux yeux, d’émotion, j’espère, quand elle annonce la grande nouvelle autour d’elle. Jeanne la philosophe s’informe : comment on sait que c’est un garçon ?
Nils est un prématuré fragile, une quatrième césarienne en urgence, il sera malade souvent. Ma belle-soeur médecin pourra grâce à lui réviser tout son cours de pédiatrie. Il pleure beaucoup, sûrement pour faire sa place dans la famille. Un jour que je lui donne à têter, Anaïs l’encourage : alors, Nils, il est bon le lait de vache, hein ? Je lui explique que c’est la maman qui fabrique le lait, et qu’elle aussi a bu ce lait quand elle était bébé. Elle regarde alors Nils avec complicité : ah ben dis donc, Nils, heureusement que je t’en ai laissé !
Les trois soeurs aiment beaucoup leur frère, c’est un vrai petit gâtion. Il appelle indifféremment « maman » les cinq autres membres de la famille qui se précipitent à ses appels. Parfois il faut mettre de l’ordre pour le partager équitablement. Anaïs reste derrière la porte de sa chambre par solidarité, chaque fois qu’il pleure, elle le laisse démolir ses jeux et ses puzzles, tu sais, me dit-elle, j’aime mieux Nils que moi. Elle refuse de manger son gâteau d’anniversaire car Nils est trop petit pour en manger. Quand Jeanne doit le garder, elle s’assied auprès du berceau et lui chante le livre qu’elle est en train de lire (sa grande passion), et ses compositions musicales endorment le chérubin.
Il parle tard, comment le pourrait-il avec ses soeurs qui papotent toute la journée. Aussi Lulu lui fait-elle faire des exercices : Nils, dis gauffre ! Il dit gonffre. Dis gauauauauauffre ! Il répète gonffre. Dis bateau! Il dit bateau !!!! Alors dis gauffre ? GONFFRE!!!!!.
C’est un enfant inventif, alors que ses soeurs sont sages. Il s’en étonne lui-même : c’est drôle, les bêtises, je sais les faire tout seul, je n’ai pas besoin d’apprendre. Il est aussi gromoteur (il dit des gros mots) et toudeur (il fait tout), dit Lulu de lui. Et, comme les trois autres enfants, très courageux.
Lulu est la grande, déjà, elle participe de haut à cette nurserie, elle défend les petits contre nos abus d’autorité, elle critique aussi, elle trouve que Nils est plus gâté qu’elle ne l’a été, mais elle a la joie de profiter, au seuil de l’adolescence, d’une vie familiale encore fraîche et naïve. Et tout ce petit monde grandit vite, car comme dit Lulu : moi je sais ce qui fait grandir les enfants, ce sont les anniversaires!

Après le hameau savoyard, le choc avec la civilisation est plutôt rude ! La découverte des supermarchés (de l’époque !) en est un. Lulu, dans la grande sagesse de ses 6 ans, nous dit:  » Tu vois, ces magasins, quand je les vois, j’ai envie d’entrer dedans, mais quand je suis dedans, j’ai tout de suite envie d’en sortir.  » Le bébé de la famille c’est Anaïs, Lulu va à l’école du village, Jeanne au jardin d’enfants. Papa est devenu professeur. Lulu est inquiète : « Mais tu seras toujours notre papa? » La maison est sur la place d’un joli village aux maisons de briques rouges. La leur est minuscule, c’est un ancien atelier dans lequel on fabriquait des boutons avec la nacre de coquillages exotiques. Les petits chemins de la campagne alentour, les crinquelets, sont pavés de milliers de boutons ratés, c’est beau et brillant.
A l’école Lulu apprend l’Anglais (déjà !) , l’Allemand, le tricot, des chansons, des poésies, elle écoute de belles histoires, elle dessine beaucoup, nous avons gardé ses chefs d’oeuvre, elle joue de la flûte à cinq trous.. Elle découvre les garçons qui embêtent les filles, ah ce Jérome, et tous les jours elle rentre de l’école enthousiaste:  » Aujourd’hui j’ai eu anglais, j’ai eu gym, j’ai eu musique… » Jeanne écoute, et un jour qu’elle se trouve devant un cerisier en fleurs plein d’oiseaux chanteurs, elle demande:  » Ils ont chant ce matin les oiseaux ? »
Jeanne est la philosophe de la famille. Avant d’agir elle réfléchit longuement. De grands problèmes la tourmentent : »Pourquoi il ne tombe pas, le ciel, il est collé? » Lulu est dans l’action, elle fait tout avec aisance, coudre, tricoter, cuisiner, jouer du piano, du violon, dessiner….Anaïs est bien triste quand ses grandes soeurs sont à l’école. Elle guette leurs voix dans la cour et manifeste sa joie dès qu’elle entend une voix d’enfant. Si elle est déçue, elle se replonge dans une attente attentive.
Parmi toutes les histoires que lui raconte son maître de classe, Denis, Lulu a sa préférée, c’est celle de Saint François d’Assise, l’ami du loup, des oiseaux, des lépreux. A présent Lulu sait enfin ce qu’elle va devenir plus tard, et elle va le dire à son grand papa qui le lui demande : »Quand je serais grande, je veux devenir une pauvre ! » Je ne crois pas que papy ne s’en soit jamais remis… ( à suivre)

Le papa et la maman de Lulu sont des purs et durs produits de mai 68 et du retour à la terre, et ils émigrent dans les Alpes, en Savoie, dans un petit hameau de quatre maisons, qui répond au doux nom de Montmalfou! Il est éloigné de tout, et comme le dit la grand-mère de notre Lulu, là haut, il n’y a même plus de Bon Dieu…
Papa se met au travail pour construire un chalet pour la famille et les bêtes, il fait tout lui-même, à côté du travail de la ferme: abattage des arbres, équarissage des troncs, maçonnerie, portes, fenêtres, planchers, toit de lauzes… Lulu vit dans un joyeux chantier, avec des couvertures en guise de murs, et Jeanne a pour parc de jeux un ancien cuveau à brasser le sulfate de cuivre. On mange « local », autarcique: châtaignes, porreaux, choucroute maison, les bugnettes des voisins, les fromages des chèvres, et à Noël, comme « dans le temps », on s’offre des oranges. Toutes les trois semaines, on pétrit une fournée de pain pour le village, et on la cuit dans le four banal: c’est là que j’ai compris ce que voulait dire long comme un jour sans pain!
Papa et maman écrivent et dessinent les livres pour leurs enfants, les poupées sont cousues main et leurs berceaux fabriqués avec l’osier du bord de la rivière. La vie est rude, un jour les tôles du toit provisoire s’envolent dans la tempête et vont se planter dans le jardin, un autre jour le ruisseau déborde dans la cave et papa navigue en cuveau (toujours le même!) dans la cave, pour aller chercher les betteraves pour les chèvres et les pots de confiture sur les étagères. Les petites filles partent se promener dans la montagne avec Griffon, le chien berger recyclé en nounou car il a peur des chèvres. Les enfants sont libres dans une nature primitive et magnifique (si, si, ça existe) et Lulu dit au printemps: « Tu vois, toutes les fleurs poussent et moi je grandis. »
Pas de vacances, un rude travail, la fabrication et la vente des fromages, le jardin, le bois à faire, les vêtements, la lessive, tout à la main bien sûr, c’est tellement plus écologique; on ne compte pas les heures de travail. La maison que papa a bâtie s’appelle … la Peinarde (promis juré, Cloclo, ça ne s’invente pas!). Dans cette maison, il y a une cachette pour les petites, qu’elles ont baptisée « le saut d’une puce ».
Mais l’âge de l’école obligatoire sonne le glas de cette aventure, adieu Savoie bien-aimée, nos chers amis d’Héry sur Ugine (mais c’est vrai, Cloclo, pourquoi est-ce que tu ne me crois pas?), et la vie libre des montagnards, il nous faut une école pour Lulu, il est temps de lui apprendre à lire. En fait, elle a déjà appris, toute seule, en déchiffrant la marque MIRUS sur le poële à bois: nous n’en savions rien, elle non plus, elle lisait comme Monsieur Jourdain faisait de la prose, sans le savoir…

Voilà … Lulu et les zôtres … je viens vous dévoiler une partie de moi … : la maison familiale … ( au second plan ) avec son  atelier d’ébénisterie … palace rustique mais pas trop … devenu avec bonheur … au fil du temps  …  grâce aux  talents diversifiés et  à l’énergie du paternel et  à sa persévérance   dans une oeuvre colossale  de … destruction / reconstruction … ravalement de façades … ( pas toutes je sais … il y a encore du travail à faire  mais le responsable en chef  s’est éclipsé sur la pointe des pieds  avant d’achever son oeuvre … ) … agrandissement et  réaménagement intérieur …  incontestablement plus confortable et agréable à vivre qu’elle ne l’était  quand elle abritait encore  … grange et écurie … ( ! ) …

C’est dans ce lieu paradisiaque ( … enfin … pour moi ! … je conçois qu’il puisse être au contraire infernal pour ceux qui ont en horreur la campagne … ) … isolé  au beau milieu des prés dans un coin désertique de Savoie ( lieu-dit  : »Le Châtelard  » à Héry - sur la commune d’Ugine – ) que j’ai  passé une grande partie de mon enfance , avant que nous ne déménagions … «  à la ville  » … pour rapprocher mon père de son lieu de travail et ses enfants  … des collèges … et où je vais aller me ressourcer cet été avec grand plaisir …Mon  » activité  » préférée est d’alors de m’asseoir sur les marches de l’escalier et de .. voir … le temps passer … Je déteste  remplir ce temps privilégié car alors il passe trop vite … et l’heure du retour dans les vraies étendues désertiques sonne sans crier gare ! …

Tous ceux qui projetteraient … ou auraient subitement envie … de faire un tour en Savoie pendant les prochaines grandes vacances … sont cordialement invités à venir séjourner quelques heures … quelques jours … ou éventuellement un mois entier ( plus ? … ce serait à négocier ! … ) dans mon petit paradis où ils seront assurément les bienvenus … ( comment ça ? … ben … heu … je suis désolée … j’aurais bien voulu … mais je peux difficilement prendre en charge le coût des billets d’avion ! … j’espère que vous ne m’en voudrez pas … ) . Elle est très facile à trouver … vous ne pouvez pas vous tromper … elle se situe tout juste en bout de route … au fond de la dite impasse du Châtelard …

Je dois préciser qu’entre le vaste plan horizontal sur lequel est installée la maison et l’abrupte plan vertical couvert de conifères … il y a un fort dénivelé , invisible sur le cliché …  au fond duquel se trouve la route dite  des gorges de l’Arly et la rivière du même nom  … ( peut-être Mom …  l’as -tu déjà empruntée cette route ? … ) qui relie Chamonix à Albertville ou Annecy via Ugine …

Et vous … quel fut donc le lieu de votre enfance … ou celui où vous aimez aller vous ressourcer et … comme on dit … recharger les batteries … ?

Mais la famille s’agrandissait et Lulu fut invitée un jour à répondre à la stupide question traditionnelle: « Qu’est-ce que tu aimerais mieux avoir, Lulu, un petit frère ou une petite soeur? » Elle répondit sans hésiter: « Plutôt un petit chien! ». Ce fut pourtant une petite soeur, Jeanne.
Lors de sa première rencontre avec elle, Lulu regarda Jeanne longuement, puis elle demanda: « Moi aussi, quand j’étais un petit bébé, je m’appelais Jeanne? ».
Après quoi, fière de ses 3 ans, Lulu entreprit la lourde tâche de l’éducation de sa soeur, ce qui prouve qu’elle avait des dispositions naturelles pour l’enseignement… et les sciences expérimentales: elle lui apprit minutieusement à parler, lui nommant patiemment chaque chose… mais en intervertissant leurs noms, le chou s’appelait carotte et la carrote chou, la pomme banane, etc. Grâce à cette méthode passionnante, les deux filles eurent bientôt un langage bien à elles, plein de fantaisie et de surprises!
Jeanne avait deux ans quand, en digne émule de sa grande soeur, elle répondit à l’appel de son nom en pointant énergiquement un index sur sa poitrine tout en proclamant d’une voix forte: « Non, s’appelle Sophie! ».
Lulu s’occupa aussi de la santé de sa petite soeur et lui fit un jour ingurgiter un quart de bouteille de teinture-mère d’arnica (de l’alcool à 80° environ…); Jeanne vécut ainsi sa première cuite à 20 mois – un vrai coma éthilique, dont elle mit longtemps à se réveiller.
Et puis les chamailleries entre ces demoiselles commencèrent. Un jour, leur mère, lassée des cris et des disputes, dit à Lulu: « Cela suffit, Lulu, écoute plutôt ce que te dit ton ange, au lieu de te conduire comme un petit diable! » A quoi Lulu répondit: « Oh, j’aimerais bien obéir à mon ange, mais mon diable parle plus fort… »
Aussi, la deuxième fois qu’on posa à Lulu la question fatidique, petit frère ou petite soeur, elle répondit sans hésiter: « Rien du tout, j’aime mieux qu’on me laisse tranquille! »
(à suivre…) mom

Mais les nuages s’amoncèlent sur la petite tête blonde de Lulu. L’hiver de ses deux ans est glacial. Le chat Poclaque disparait un soir de neige, sans doute mangé par un renard. La chambre de Lulu est chauffée par un poèle à bois antique, et un jour que Lulu y fait la sieste, la maman met une grosse bûche dans le poèle, elle a bien du mal à y entrer….Puis elle retourne vaquer à ses occupations. La maison est immense, tout en longueur, la chambre est au deuxième étage. Au bout d’une heure la maman entre dans la chambre pour voir si l’enfant est réveillée, elle est assise dans son lit, les yeux rougis, la pièce est emplie de fumée….Les efforts pour faire entrer la bûche dans le poèle ont déplacé le tuyau d’évacuation , et la fumée s’est échappée dans la chambre. Seule, isolée, sans voiture, la maman téléphone à un médecin qui conseille de mettre Lulu en observation à l’hôpital. Bagages, taxi, arrivée à l’hôpital, le médecin arrache Lulu à sa maman, lui arrache son pou de doudou, et ,au lieu de la mettre en observation , la met sous tente à oxygène, aux urgences. Lulu hurle, hurle, hurle, elle perd la respiration. Le médecin vient annoncer que sa vie est en danger, qu’il faut prévenir son père, qu’il n’est même pas sûr qu’il reverra sa fille vivante car l’enfant fait des pauses respiratoires, qu’il doit se dépêcher… Deux heures d’attente et d’angoisse. On fait une piqûre sédative à Lulu, elle retrouve sa respiration, elle est sauvée !!!! Son père et sa mère ont appris ce jour-là ce que sait que de vivre en sachant son enfant en danger de mort, la pire des souffrance sans doute. Mais ils pourront à nouveau serrer leur enfant dans leurs bras, lui mettre ses petits habits, la baigner, l’entendre chanter et rire, chahuter avec elle, lui lire des histoires, se réjouir de ses progrès, la regarder dormir pendant des heures, émerveillés de sa vie, toutes ces choses prennent leur valeur à ce moment-là. Quant à cette Lulu, sous son air bienveillant, elle sait se défendre, et protester avec vigueur, une vie sans papa et maman et pou, elle n’en veut pas, elle est forte et fidèle à ses affections, elle ne peut pas vivre avec tant de douleur dans son petit coeur d’enfant, elle a failli mourir de chagrin à l’âge de deux ans !!!!!

Il était un fois, dans le fin fond de la forêt orléannaise, une petite fille appelé HIHI PUHI, qui était la perle du trésor de la pupille de ses parents car elle était une petite blondinette bouclée aux grands yeux bleus qui chantait toute la journée , et s’emerveillait de découvrir les fleurs et les animaux sauvages. Elle avait pour seule ami le chat Poclaque, (ah ah ) , et elle passait des heures a jouer à cache cache avec lui derrière des vieux cartons, elle partait en balade avec lui, à 8 pattes, et quand il allait trop vite pour elle , elle le ramenait en arrière en lui tirant la queue vers elle…Ses autres amis étaient les chèvres et leurs petits biquets, c’était un petit peu plus difficile parce qu’elles broutaient avec délice la paille sur la tête de Lulu (Aïe !) mordait sa main pour lui voler la pomme qu’elle mangeait, et couraient beaucoup beaucoup trop vite….heureusement elle pouvait être la maman des petits chevreaux trop nombreux et leur donner le biberon.Les chèvres s’appelaient Lilas Blanc, Sardanne, Loire, et le gentil bouc Lothaire, il vivait dans le salon attaché à la cheminée, quelle belle vie c’était pour elle ! Et puis il y avait les poules et les oeufs qu’elle découvrait, les abeilles, qu’elle aimait sans les craindre. Un jour que maman avait fait des confitures, elle avait posé sur la table de la cuisine l’assiette pleine d’écume, et Lulu l’a prise, elle est allée près de rucher et les abeilles gourmandes sont arrivées en essaim compact pour profiter de cette manne céleste, et Lulu disparaissait sous la nuée et son petit coeur généreux brillait dans ses yeux et le souvenir de ce moment m’accompagnera au delà de ma mort, je le sais, car il appartient à un monde indestructible, celui du vrai amour divin.Lulu aimait beaucoup le jardin potager, elle cueillait des bouquets de fleurs de fraises pour sa maman, elle mangeait les cerises et les noyaux avec, et parfois même les pétoles de chèvres, on ne sait jamais, elle ne mangeait jamais de bonbon, mais des graines de courges, miam, miam, et du bon pain fait par papa. Ses jouets étaient les outils, la vaisselle, la nature…Un jour que nous l’avions mise à dormir dans son haut landau de cette époque, et que nous revenions la chercher pour le gouter, nous trouvâmes le landau vide, et Lulu à 300 mètres de là, elle était tombée ( de haut ) et jouait dans le massif de pivoines, attirée sans doute par les belles couleurs des fleurs. Ah , ma Lulu, disait papa, quand la petite fille venait se jeter dans ses jambes. Ah, ton papa, disait Lulu qui avait encore bien des progrès à faire en français.Mais Lulu avait un ennemi et son paradis connaissait le mal, la peur et les cauchemars la nuit et le jour, c’était le coq, Lucifer, qui vous courait après et vous pinçait les mollets jusqu’au sang qund il était mal luné….Un jour Lulu a eu si peur qu’elle a réussi à grimper jusqu’ en haut de l’échelle double, jusqu’au grenier a à foin , elle s’y endormit, et le coq se lassa de l’attente.Quelle peur ! (à suivre)

Depuis que je sais que je vais déménager bientôt, je trie mes tonnes de papiers et je jette pratiquement tout. Parfois c’est difficile et triste de jeter comme ça toute une partie de sa vie, mais j’ai l’habitude. Hier, j’ai failli jeter une collection de papiers que j’ai écrits durant ma première année aux Etats Unis pour une classe de « personal history writing. » Finalement, j’ai gardé quelques textes marrants… et j’en copie un ici au cas où je perdrais ces papiers (dont je n’ai plus de copies électroniques). Je copierai les autres de temps en temps. Désolée, c’est en anglais et c’est long, et ce n’est ps nécessairement des textes faits pour des blogs, mais c’est de l’anglais très facile et ce sont des bons souvenirs pour moi. Je garde même les fautes d’origine :)

I really wanted to go, but my parents said it would kill me. And they were almost right! However, I was sure I could make it. It would be the first time I went somewhere with the other students in my class. I was sick of staying at home every time they were doing something fun. The year before, they had gone to Italy and to the mountains. I had stayed at home! This time, I felt that I could go with them. I was 17 and old enough to be a little more independent. I also wanted to take some risks because it would make my life a little more interesting.

So, I told my parents to trust me, and I took the bus on this very early morning of February 1990, with twenty other students and our English teacher. This bus would take us all to London, some twelve hours later. Since we all were poor students, we couldn’t afford the train, so we had to rent the bus. The « Tunnel sous la Manche » didn’t exist at that time, so the bus would drive to Le Havre where we would go on a boat, and then the bus would drive us to Canterbury, our final destination.

Of course, the bus driver didn’t want to take the French highways because there are « péages » to pay, so he took every little road he could find, until he had lost us in the deep and unwelcoming north of France! Fortunately, we were just on time to catch our boat, and, on this dark evening, the bus entered the entrails of the boat, while we tried to find a place to sit on the deck. It was the first time I would cross « La Manche. »

Just as we were leaving the port, the wind began to blow, and the security instructions began to be given: « If the boat sinks, don’t worry, » « it’s the first very strong wind in three years but don’t worry, we are prepared for it » and so on, just so that we would feel better! We were on the deck, trying to stay together, to see the stars through the heavy clouds, and to laugh rather than to scream.

I don’t know how, but we finally made it to England, arriving late at night in Canterbury. A lot of people were waiting for us. Every one of us had to go with a family with which we would stay for three weeks. I remember seeing a student from my class, Christian, leaving with somebody in a beautiful Porsche and wondering why it was he instead of I. My very good friend Catherine also left very quickly with a lady who seemed very nice. Then, a little man with a beard called my name and I left with him. He had a very British accent and I was too tired to understand him.

The house in which I was going to stay was a nightmare. It was close to school, which was good for me, but my room was on the second floor, and the stairs had no banister and very high steps, and the bathroom was on the first floor. I don’t remember how many nights I fell of those steps, trying to go to the bathroom without waking up the whole family.

This family, by the way, was very strange. The father was a German teacher, and he always talked to me in German, which upset and confused me a lot. The mother was never at home, and when she was, she cooked extremely bad dinners. The son was never happy, and the daughter was terribly ugly and almost simple-minded. Their bathtub was broken, so I had to take showers at the neighbors’, where another student was staying. There was no TV, but fortunately, there was a piano. Across the yard was the school, and behind the school was a farm with thousands of pigs, which smelled really bad!

On the first day of class, we had a big surprise: leather jackets, nose earrings, earrings for the guys, and chewing gum in class were not allowed. Smoking was also totally forbidden, and all these rules would create numerous problems between the schoolteachers and the students of my class. Our first class every morning would be art history, then we would have math or gymnastics or chorale, and in the afternoon, we could choose between silk painting and metalworking. I chose silk painting, and my two very best friends, Catherine and Michele chose the other class, which made me mad. I was very jealous of Catherine at that time, because she spent a lot more time with Michele than me, and I felt that she was stealing my friend. That first day of school, I also learned that Michele was staying with a very old woman in a very old and dirty place, and that Catherine was staying with a very nice family in a typically British cottage. Michele and I once spent a day with Catherine’s family, and the mother prepared a delicious meal for us, took us to visit a beautiful castle near the sea, and bought us « fish and chips. »

Two or three times a week, our English teacher would take us to London. That was the most terrible and also the best part of this trip to England. We would take the train together, very early in the morning, and arrive an hour later at the Victoria Train Station in London. In London, we would have to run the entire day in order to visit as many museums as possible and to see as many places as possible. In-between museums, we were usually free to spend an hour as we wanted wherever we wanted. But we had to be on time for the next museum or sometimes for a theater play. Our teacher was a very tall man, always stressed, and he would make us run from one underground to the next as fast as possible, then run to the museum, run to the London Bridge, run to the House of Parliament, run to the next museum, run to the underground, run to the train station…

The underground was a nightmare. We were such a big group that we couldn’t always stay together in the same car. So we didn’t know where to change trains or when to leave the train. We would always be scared to lose someone or that one of us might miss our train back home. For me, the always-broken-automatic-stairs would always be where I had to go and I was always the last one to enter the train–when I didn’t miss it! I was sometimes so tired I wished I had listened to my parents and stayed home. But at other times I was very happy not to have listened to them: I was having a lot of fun!

It was just the beginning of spring, and London and Canterbury were beautiful. We saw a lot of teacher plays and comedies, and I became very good at buying my tickets at the same time as Michele so my seats would be next to hers. I spent a lot of money buying CDs and books, and going to « interdit aux moins de 18 ans » movies.

In class, I had a very hard time understanding what the teachers were saying, so I copied different papers from everyone’s notebooks, except for my last paper. We had to write about our feelings towards art history, and I wrote a marvelous text explaining that I loved art history (which was not the case at all!). I lied so well that it saved me from the F I deserved for having copied all the other papers. In my silk paining class, I made a very ugly thing that doesn’t have a name. And in math, I spent a lot of time decorating my notebooks with my own artwork!

At my host-family’s home, I usually invited Michele to stay with me, and we would cook special Swiss dishes (not always good) and play four hands music on the piano for hours. Our favorite was the Hungarian Dances from Brahms, which we would play over and over and so often that my family was soon sick of it! Michele and I would also go to my place and stay there instead of going to school, when the weather was too bad, and play Brahms, only Brahms… The weather during those three weeks was very bad, so bad that usually, during the night, trees would fall on roads. That sometimes scared me, especially when I was feeling homesick or when I couldn’t sleep.

We all had so much fun that I sometimes wished those three weeks never ended. But they did. And again, we too the terrible bus that had no bathroom in it and got lost, the horrible boat that wanted to drown us, and the never-ending little roads of France. I was exhausted but I had survived, and I was ready for my next trip–to the United States!

PS. Parce que je suis trop triste et déçue qu’Olivier arrête son blog, je vous propose d’aller faire sauter ses commentaires en lui disant que de perdre un blog de cette qualité c’est pas du tout juste et trop cruel et une trop grosse perte pour la bloggosphère et qu’il a intérêt à s’en ouvrir un nouveau ou à continuer le sien sinon ça va chauffer! (et attention, Granbled c’est pas loin de Montréal!).

PPS. Un dernier petit geste pour la Sosso? Merci!

Ma tête est complètement embourbée, mes idées s’évaporent avant même que j’aie eu le temps de les penser, et mes seules priorités de la semaine sont de réussir à attrapper le rouleau de PQ à temps, de trouver la force de continuer d’aller au boulot, et de ne pas perdre ma voix pour pouvoir causer à mes élèves. Mais je vais essayer de me souvenir de mes quelques jours à Baltimore… qui en fait n’étaient pas à Baltimore mais plutôt tout près de Washington DC.

Ce petit voyage a été tout à fait bizarre. Ca faisait trois ans que je n’avais pas revu Bequi, mon amie, et entre temps, elle s’était mariée et avait divorcé, et s’est refiancée récemment. Elle a aussi changé de boulot, et a quitté l’Utah pour le Maryland. Quand on est proche des gens, on ne se rend pas compte qu’ils changent…

Une des choses les plus étranges était que Bequi et moi, on était dans la même école, on étudiait la même chose, on était déstinées à continuer sur la même voie des études et de la recherche, de l’enseignement et des publications. Mais Bequi s’est arrêtée brusquement juste avant de commencer son doctorat, pour pouvoir se marier. Moi, j’ai continué. Je fais tout ce qu’elle n’a pas fait à cause d’un mariage qui n’a pas duré. J’ai des projets, je présente ma recherche à des tas de conférences, je publie, je voyage beaucoup, j’étudie, je rencontre des gens partout… et c’était un sentiment très étrange, surtout quand Bequi me disait « toi tu y est arrivée, toi tu fais ce que nous devions faire, toi tu réussis, tu es sur la route du succès! »

Quatre jours de pluie et de grisaille m’attendaient dans le Maryland, mais aussi des moments de rigolades « comme au bon vieux temps » et puis beaucoup de discussions et de travail sur ma recherche, aussi. Dans le « bon vieux temps, » Bequi avait fait de la recherche et écrit un mémoire sur une technique que je dois utiliser pour ma propre recherche et qui m’échappe. Alors devant un dîner pantagruesque de crabe, de crevettes, et d’autres délices marins, elle a pu m’expliquer, me montrer, me démontrer, m’aider, me prouver des tas de choses très importantes et qui me seront très utiles. Je n’ai pas osé lui demander si tout ça ne lui manquait pas…

Lundi, on est allées visiter une des écoles qui participent à mon projet de recherche. J’avais envie de rencontrer le directeur du programme dont les élèves et les profs participent parce qu’il avait été exceptionellement gentil et prêt à m’aider autant qu’il le pouvait. Je lui avais dit qu’on passerait dire bonjour, et quand on est arrivées, Bequi et moi, il avait préparé un grand repas et invité tous les profs de l’école à venir manger avec nous, pour que je puisse parler de ma recherche, discuter avec les participants, répondre à leurs questions, et raconter comment le projet marchait. Nous avons aussi eu droit à un grand tour de l’université avec rencontre de tas de gens intéressants, directeurs de programmes, profs, et élèves. La gentillesse de ces gens était vraiment exceptionelle! Je leur ai demandé s’ils n’embauchaient pas, mais malheureusement non. S’il y a un endroit où j’aimerais bosser c’est bien là!

Malheureusement, lorsque nous avons quitté le campus, j’étais épuisée. La grippe que je couvais depuis quelques jours m’a rattrapée et j’ai tout juste pu avaler une petite soupe et un demi sandwitche avant de m’éffondrer, à six heures du soir. Même plus possible de regarder la télé dans mon état! C’était triste de finir mon court séjour ainsi, surtout que le lendemain, Bequi devait partir au boulot très tôt et moi prendre un taxi pour aller reprendre l’avion…

Changer ainsi d’air m’a fait du bien, même si je me suis chopé la crève du siècle et qu’hier, mes pauvres élèves me regardaient comme si j’étais allée sur mars à cause de ma voix caverneuse, mon rouleaux de PQ à porté de main, et mon regard glauque. J’étais contente de revoir ma chère amie et triste, en même temps. J’imagine que moi aussi j’ai changé… et que c’est normal que la vie continue ainsi… En fin de compte, je n’ai pris que très peu de photos et je ne peux pas les mettre ici parce que j’ai Sosso dans les bras et que je suis donc dans l’incapacité de bouger. Je n’ai pas vu Baltimore, rien fait d’extraordinaire, mais je suis contente de revoir mon amie, contente d’avoir pu passer quelques bons moment en sa compagnie, contente d’avoir rencontré des gens extraordinaires, contente d’avoir bien avancé ma recherche, … et contente de retrouver mes chatounes et mon lit mardi soir!

Une de mes lectures préférées, quand j’étais gamine, en plus de La Petite maison dans la prairie (les bouquins, pas la série télévisée, la télé n’existait pas à l’époque), c’était Treize à la douzaine. C’était la vraie histoire d’une famille de 12 enfants, écrite par deux de ces enfants, et dont le père, Frank Gilbreth, est ingénieur industriel et invente plein de trucs géniaux pour faire gagner du temps à sa progéniture (surtout dans la salle-de-bain). Il utilisait aussi ses enfants pour des tas d’expériences bizarres et marrantes. Ce qui est drôle, c’est qu’il n’y a pas longtemps de ça, je me suis souvenue que plusieurs des enfants Gilbreth étaient allés à Purdue, et que Lillian Gilbreth, la mère, à la mort de son mari était devenue prof en génie industriel à Purdue (et est une des premières femmes à avoir obtenu un doctorat d’ingénieur!). Avec Armstrong (pas le cycliste, Neil) et Amelia Earhart, c’est une des célébrités de l’université! J’ai aussi appris que le système d’autoroutes utilisé aujourd’hui en Indiana avait été conçu, entre autre, par Frank Gilbreth. J’ai dû être profondément influencée par ce livre, sans m’en rendre compte, et c’est pour ça que j’ai choisi de venir étudier à Purdue!

Bref, ce que je voulais raconter c’est que les Gilbreth avaient un « homme à tout faire » un peu fou et qui s’appelait Tom. Tom avait un chat à qui il avait appris à sauter sur son dos quand il ouvrait la porte du frigidaire, pour aller sur le dessus du frigidaire boire son lait qui l’y attendait. Tout allait très bien dans le meilleur des mondes jusqu’à ce que Madame Gilbreth décide un jour de passer à la télévision (ils étaient vraiment célèbres!) et de montrer sa cuisine. Elle ne savait rien cuisiner, mais pour l’occasion elle avait décidé prétendre faire une tarte aux pommes en directe devant les caméras. Et bien sûr, au moment où elle a ouvert le frigidaire pour prendre le beurre, le chat de Tom, bien dressé, lui a sauté sur le dos et elle a hurlé de peur et tout laissé tomber par-terre devant l’Amérique entière.

Le souvenir de cette aventure m’est revenu ce soir, alors que je me disais que j’avais élevé une vraie tigresse! A peine suis-je dans la cuisine que Sosso arrive en courant, et elle saute sur mes genoux, sur le comptoire de la cuisine, dans le frigidaire, n’importe où où il peut y avoir de la nourriture! Elle attend impatiemment que je lui donne un petit bout de fromage, une assiette à lècher, un peu de glace rhum-raisin, des pâtes au pesto, du gratin d’aubergines, bref, d’absolument tout et n’importe quoi. Il n’y a rien qu’elle n’aime pas, à part la soupe micro-onde thailandaise.

En suivant l’exemple de célebrités avant elle, telles que Fifi brindacier, Suzie risquetout, et Dora l’exploratrice (admirez la culture!), j’ai bien peur que ma p’tite Sosso soit en phase de devenir Sosso la terreur!

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Heureusement que je n’ai aucune intention de passer à la télé, moi ;)

Certains et certaines auront probablement pensé que ce post n’avait été écrit que dans l’intention de faire remonter des statistiques dignes d’un mois d’août bien trop vide et calme, ou d’attirer les les jeunes hommes… Et puis il y aura ceux qui ont vu le 1 du titre et se seront dit que peut-être, à part les petites culottes, il y avait anguille sous roche. Eh bien anguille sous roche il y avait, en effet!

J’imagine que mes chers lecteurs auront surtout regardé les images… et passé moins de temps à faire une analyse du texte qui les précédait. Pourtant, au détours de ces quelques mots, il y avait beaucoup de choses que j’aurais voulu dire sans y arriver. Beaucoup de sentiments et d’émotions cachés au creux de ces phrases anodines. Mais l’histoire n’était pas facile à raconter… et même aujourd’hui, après plusieurs semaines, je ne sais toujours pas bien mettre les mots sur tout ce que je ressens.

L’histoire remonte à un certain soir de juin. Ce soir-là, je suis allée à mon premier Paris Carnet et j’y ai rencontré Ebb. Avec elle et Racontars, nous avons longuement parlé du système de santé publique du Canada, et Racontars nous expliquait qu’une amie était morte d’un cancer à cause de la lenteur du sysème. Pas la joie. Et imaginez ma surprise quand, le soir-même, nue devant mon ordinateur par une chaleur toujours écrasante à passé minuit et en train de raconter cette soirée sur mon blog, je me suis soudain rendue compte que j’avais quelque chose de rond et dur et pas tout à fait normal à l’intérieur de mon sein gauche!

Si cette nuit-là j’ai surtout réfléchi, au lieu de dormir, les jours suivants n’ont pas été trop difficiles, parce que j’avais pris une décision: si c’est quelque chose de grave, je ne le dirai jamais à personne! Et en même temps, je savais que toute ma vie n’a été qu’un miracle de survie d’un problème après l’autre, donc je savais que ce ne serait pas grave. Mais quand même. Ca faisait mal, en plus, surtout pour moi qui ne dort que sur le ventre! Après quelques jours, j’en ai parlé à mes soeurs, mais elles savaient que c’était un secret.

A mon retour aux Etats Unis une semaine plus tard, je suis allée voir un médecin qui m’a envoyée faire des ultra-sons… cinq semaines plus tard! Et après ça, on se plaint au Canada! Inutile de vous dire que mes mois de juin et juillet n’ont pas toujours été faciles, même si au fond de moi je savais que ça ne pouvait pas être grave. Ce qui est intéressant, c’est que j’ai commencé à avoir des pensées qui m’étaient tout à fait inconnues jusqu’alors. Je me suis dit que je ne voulais pas aller faire ces ultra-sons, que je ne voulais pas qu’on me tripote, me pique, me regarde, me détaille, me trafique, me palpe, me tripatouille, et me fasse mal. Et surtout, pire que ça, je ne voulais pas qu’on puisse atteindre à la beauté de mon petit sein joli!

Oui je sais, c’est con à dire comme ça, mais je les aime bien mes seins, moi. C’est même une des seules choses dont je suis fière, une des seules choses qui ne soit pas mal foutue chez moi, une des seules choses qui n’a jamais eu de problèmes! Et surtout, surtout, c’est ma féminité! Je ne m’habille pas particulièrement joliement, je ne mets pas de maquillage, je porte rarement des chaussures à talons, mes cheveux sont souvent en gros chignon quelconque… mais mes seins sont toujours là, eux, mignons, petits certes, mais une preuve certaine que je suis une femme et que même si je cache bien mon jeu, j’ai parfois envie d’en profiter. Le reste de moi est fort peu intéressant, moche même, parfois, et douloureux ou trivialement négligeable. Le reste de moi s’est aussi fait charcuter un certain nombre (inconnu) de fois, jusqu’à ce que ça devienne normal. Allez-y, coupez, collez, endomagez, tailladez, rafistolez, cousez, trafiquez tout ce que vous voudrez chez moi, mais ne touchez pas à mes nichons! Ne touchez pas à cette femme en moi! Voilà ce que j’ai pensé pendant ces cinq semaines. Je me les garderai intactes jusqu’au bout, mes seins! Je resterai une femme!

Comme je l’avais prévu, ce n’était rien de bien grave. Qu’un simple kyste enflammé qu’il a été intergalactiquement infiniment bigrement douloureux de vider (mais très intéressant à regarder, il faut bien l’avouer). Et qui n’est pas revenu depuis. Mais mes pensées restent les mêmes. Si on m’avait parlé d’une telle histoire il y a quelques mois de ça, j’aurais dit bah, mais c’est rien, c’est pareil de se casser un bras et de se faire aspirer le kyste d’un sein! Mais cet été, j’ai réalisé que non, c’est TRES différent! Un bras est un bras, mais un sein représente quelque chose de plus intime, de plus profond, de mythique, presque. Si un bras fait partie du corps humain en entier, le sein, lui, fait partie de la féminité, de l’identité, du mystère que sont les femmes, des tréfonds de nos sensations secrètes et profondes. Si vous ne me croyez pas, touchez le bras d’une femme… et puis touchez son sein… et vous comprendrez!

Ce fameux post parlait de ce dont on peut orner ses seins, de cette « façon agréable de se sentir jolie, de se sentir une « vraie femme, » de porter des jolies choses, même si personne (ou presque?) d’autre que moi ne peut le voir. » C’est peut-être ridicule, surtout qu’on ne pense pas souvent de cette façon et à ce genre de détails, et puis je n’ai pas les bons mots pour le dire, mais être une femme ce n’est pas qu’une questions d’apparence extérieure, de voix plus aigüe ou de cheveux plus longs. C’est aussi se sentir femme, se savoir femme, et s’affirmer femme, à l’intérieur comme à l’extérieur.

Pendant ma première année dans mon champ de maïs, il y a trois ans de ça, je me suis faite un ami. Plus jeune que moi, sympa, assez intelligent, marrant. Il venait d’un monde complètement différent du mien et j’étais vraiment heureuse de l’écouter me raconter sa vie, ses expériences, et la réalité de la vie d’un étudiant universitaire du midwest: drogues, fraternités, fêtes, copines, tricheries, bêtises, alcool, cours, famille, et toutes ces choses si typiques d’un campus universitaire américain et que je n’ai jamais vécues mais que mes élèves vivent au jour le jour. Moi, je lui racontais mon travail, mes livres, ma recherche, mes voyages, mon ennui.

Pendant quelques mois, nous avons donc beaucoup papoté, assis dehors au soleil, par email, ou en mangeant le sandwiche de midi. Et c’était bien. Pas romantique, hein, mais très sympa. Mais petit à petit, les choses ont changé, tout doucement d’abord, et puis trop rapidement ensuite. Il n’aimait pas le fait que j’étais prof, que je pense que les drogues et l’alcool n’étaient pas la meilleure façon de vivre, que j’avais de l’autorité sur mes élèves, que j’étais plus âgée, et encore plein d’autres choses que je n’ai comprises que bien plus tard. En gros, il a commencé à penser que j’étais une snobinarde bien pensante et moraliste. Il avait sûrement raison, mais sa façon de me le montrer a dérapé d’une façon spectaculaire. Très vite, il a commencé à me sortir « mes quatre vérités, » a me dire que j’étais vraiment trop nulle, trop conne, trop chiante, trop bête, trop « jugemental » comme on dit en anglais… Et puis il m’a envoyé des messages où il me disait que j’étais une horrible amie, une personne détestable, un être humain abominable… Je sais que j’ai ma part de responsabilité dans cette histoire qui est beaucoup plus compliquée que je ne l’écris ici, mais en gros, je me suis retrouvée avec un type qui m’insultait à chaque fois qu’il le pouvait.

C’était bizarre, comme sensation. Au début, je me disais qu’en effet j’étais une fille horrible et une vraiment mauvaise amie, et que si les choses se passaient mal c’est que j’avais dû faire quelque chose de mal. Chaque fois qu’il me sortait quelque chose qui m’enfonçait un peu plus, je me disais que je l’avais sûrement mérité ou bien que mieux vallait avoir un ami comme ça que pas d’ami du tout. Moi qui n’ai jamais compris que des femmes puissent rester dans des relations violentes, moi qui me suis toujours dit « je ne me laisserais jamais faire comme ça, je partirais, je me batterais, je n’accepterais jamais de me faire traiter comme ça! » je me suis réveillée un jour, environ cinq mois plus tard, et je me suis rendue compte que si, je m’étais laissée faire, et sans me battre, en plus. J’avais laissé un type m’insulter jour après jour, me démolir, me traiter de tous les noms, me dire que j’étais moins que rien, et à chaque fois, je lui avais trouvé des excuses, à chaque fois j’avais pensé qu’il devait avoir raison, à chaque fois je m’étais dit que c’était de ma faute.

Je me suis toujours dit que ça devait pourtant être facile de partir, de claquer la porte, de ne plus jamais revoir ceux qui nous font du mal. Mais cette année-là, j’ai appris que c’était facile de juger les autres! La situation était vraiment terrible, et mes amies me disaient sans cesse de laisser tomber, de porter plainte, d’envoyer le mec valser, d’ouvrir les yeux, merde à la fin! Mais non. Et pourtant je me croyais intelligente et forte. Mais non. Il m’a fallu pratiquement six mois pour me rendre compte de ce qui se passait vraiment. Il m’a fallu ensuite un bon moment pour me pardonner d’avoir été aussi aveugle.

Il n’y a pas longtemps de ça, j’ai été témoin d’abus de ce genre. La même chose: pas physique mais verbal. Les coups ne tombaient pas sur le corps mais sur le moral, l’estime de soi, et la dignité, et chaque mot était envoyé pour enfoncer et détruire un peu plus la personne qui les recevait. C’était là, devant mes yeux, et j’étais tellement stupéfaite de ce que j’entendais que je n’ai même pas volé au secours de la personne qui rapetissait devant mes yeux. Je m’en veux terriblement. Et je me fais aussi beaucoup de soucis pour cette personne que j’aime qui s’est faite ainsi démolir sans réagir, peut-être par habitude. On aurait dit moi il y a trois ans.

Je n’ai rien dit, ensuite. Je n’ai pas osé, parce que je me souviens de mes amies me disant sans succès de ne pas me laisser faire, et de mon aveuglement, de mon entêtement à pardonner, à me démolir encore plus moi-même, à trouver des excuses, à avoir peur de la solitude. C’est facile de juger la vie des autres… mais c’est terriblement difficile d’accepter qu’on ne peut rien faire pour arrêter leurs souffrances.

(Vous excuserez ce texte sans accents, je suis chez ma soeur et je sais pas comment on fait les accents sur un PC).

Il y a quelques temps, quelqu’un m’a dit qu’il fallait que je reponde a un questionnaire sur la bouffe. Je ne sais plus qui, sorry… ni la question exacte d’ailleurs… mais ca parlait de bouffe et de souvenirs d’enfance. Alors voici quelques plats/mets/trucs typiques de mon enfance et mes souvenirs. En fait, je n’ai pas repondu tout de suite au questionnaire parce que je ne savais pas quoi repondre. Ma memoire est mauvaise en general, mais en ce qui concerne mon enfance, c’est un trou noir et c’est tres bien ainsi. Mais bon, je vais faire de mon mieux, et comme dirait Charles Ingalls, c’est ca qui est le plus important.

Alors un plat de mon enfance? La pizza de ma maman. Pate au beurre faite maison, sauce tomate faite maison avec des oignons, et dessus, des anchois et des olives noires. J’en salive rien que d’y penser. Ce qui est interessant, c’est que ma mere a fait ca pendant des annees, et quand on etait petits, on lui disait meme qu’avant de mourir, elle devait nous faire des provisions de pizza qu’on surgelerait pour le reste de notre vie… mais depuis un moment, elle est passee a la pate sans beurre et toute faite de la Migros, il y a des trucs bizzares sur la pizza, et elle n’en fait de toutes les manieres pratiquement plus jamais. C’est quelque chose que je regretterai toujours! Et comme je ne sais pas faire la pate a tarte, que les anchois sont pratiquement introuvables, et que les olives noires mangeables sont inconnues aux Etats Unis, je n’aurai plus jamais la joie de manger de ce delice… qu’il me faut donc oublier, comme le reste de mon enfance.

Un autre plat? Le boeuf-carrottes de ma grand’mere. Quand on allait voir nos grands’parents dans l’est de la France, on avait du boeuf-carrottes. Delicieux. Fait maison, juteux, tendre, divin. Je ne me rappelle plus vraiment d’en manger, ni les visites a mes grands’parents, en fait, mais je me rappelle du souvenir. Depuis, mes grands’parents sont morts et je n’ai des souvenirs que de la brioche surgelee que nous donnait ma grand’mere pour le petit dejeuner, les derniers temps quand on allait la voir. Il y a certains souvenirs qu’il est triste d’oublier…

J’ai un autre souvenir de nourriture un peu pareil, avec mon autre grand’mere, quelque chose dont je ne me souviens pas vraiment mais dont le souvenir du souvenir me reste: le riz au lait et la semoule que ma grand’mere me faisait quand j’etais petite et a l’hopital, et que je refusais de manger la nourriture d’hopital. Quand on y pense, c’etait bete, je suis sure que ce qu’on nous donnait etait bien meilleur que ce que je mange la plupart du temps aujourd’hui… mais j’ai un souvenir precis quand meme, celui de refuser un flan au chocolat qu’on avait pour le dessert et de me faire engueuler par l’infirmiere. Donc ma mamie me nourrissait de riz au lait et de semoule froide en cachette, puisque mes parents habitaient trop loin de Paris a l’epoque. (En fait j’aime pas trop ce souvenir parce que je n’aime pas me dire que mes parents m’avaient abandonnee dans un hopital comme ca…).

Un dernier truc dont je me rappelle c’est le repas de Noel. Chaque annee, les enfants avaient la charge de preparer le repas de Noel. On avait un livre de cuisine pour enfants qui s’appelait La cuisine des petites filles, et dedans, il y avait une recette de « pomme herisson » qu’on faisait chaque annee: des demi-pommes cuites dans de l’eau sucree puis decorees d’amandes effilees grillees, comme des petits herissons. Tres bon! On faisait aussi la « salade de Noel » avec des pommes-de-terre, des endives, des noix, et des bettraves rouges. Je trouve intriguant que recemment, mes soeurs m’ont dit ne pas aimer cette salade, en fait! Moi si. Mes Noels d’enfance sont une telle confusion de bons et de mauvais souvenirs que je prefere me rattacher aux quelques bons qu’il me reste.

Sinon… ben c’est tout… a part les petits souvenirs de ma mere qui engueulait toujours mon pere parce qu’il mettait trop de vinaigre dans la salade, du cumain dans je ne sais plus quoi, et des raisins secs dans la semoule, et qui coupait toujours trop de pain et achetait toujours trop de pates. J’imagine que ces souvenirs sont assez frais dans ma memoire pour la bonne raison que certaines choses ne changeront jamais… Je me souviens aussi des tartelettes a l’abricot de la Migros que j’aimais m’offrir quand je vivais seule en Suisse, et le pain aux noix. Je me souviens de gratins de pommes-de-terre delicieux, d’un gateau d’anniversaire de 18 ans en forme de violoncelle parce qu’on fetait en meme temps le nouveau violoncelle de jojo, et des petits dejeuners aux Aresquiers pendant l’ete, dans la grande salle a manger, quand on etait tellement contents de pouvoir enfin manger de la baguette apres une annee passee a manger du pain bio-farine bise-bon pour la sante. Et puis c’est a peu pres tout.

Je dois avouer que je n’aime pas trop essayer de me souvenir de tout ca, parce que c’est souvent rattache a des souvenirs que j’essaye d’oublier depuis des annees… mais la pizza de ma maman sera mon eternel regret. Peut-etre que pour mon anniversaire de 50 ans j’arriverai a lui en faire faire une pour moi. Je vais commencer ma campagne de persuasion des aujourd’hui! Et je vous raconterai tout ca dans… heu… quelques annees ;) En attendant, je refile le questionnaire a qui le veut! Et bon appetit!

J’étais amoureuse de Dan. Dave était le meilleur copain de Dan. J’ai voulu suivre Dan mais Dan m’a laissé tomber. Heureusement, j’ai rencontré Dave! A la second où j’ai rencontré Dave, ma vie a changé.

Dave et Dan étaient des petits rigolos. Ils aimaient aller dans les clubs de jazz jusqu’à point d’heure, jouer de la guitare ensemble, draguer les filles, faire les zouaves en classe, ne pas manger de viande, ne jamais faire ce qu’on leur disait de faire, vivre une vie sans règes et sans contraintes, et essayer de changer le monde à leur façon. Ils essayaient de toujours faire les choses ensemble. Et puis un jour, Dan est parti et Dave est resté…

Dave, il était de taille moyenne, fin, naturellement élégant, charmeur, charmant, intelligent, adorable, attentionné, drôle, toujours prêt à m’aider avec mon anglais, beau comme un dieu mais pas genre Brad Pitt, plutôt genre John Cusack, sans trop de poils sur la poitrine comme je l’aime, très doux, et… toutes les filles étaient amoureuses de lui, bien sûr! Mais il n’avait pas trop la grosse tête et il restait fidel à lui-même.

Et un jour de janvier, il est passé me rendre visite dans ma petite chambre à Old Mill. C’était mon anniversaire la veille, et ma copine avait rempli ma chambre de balons qui étaient retombés sur le sol et sur mon lit pendant la nuit, alors il n’y avait vraiment pas beaucoup de place pour deux personnes. Je connaissais Dave depuis un moment, déjà, et j’en étais secrètement amoureuse… Et ce jour-là, assis tous les deux sur la moquette de ma chambre entre 200 balons, on a papoté longtemps, en se rapprochant de plus en plus l’un de l’autre… Il y avait ces moments où on ne parlait pas mais où on se souriait… ces moments où on était juste bien l’un avec l’autre… ces moments où on rigolait, où on parlait de notre vie et de nos rêves… Et à un moment, comme ça, sans que je sache comment, on était en train de s’embrasser. Ah qu’il était doux, cet instant…

Quelques jours plus tard, il est revenu chez moi pour m’apporter un chèque parce qu’il m’avait acheté un truc d’ordinateur. J’ai un peu eu l’impression de me faire payer pour le bon temps qu’on avait eu ensemble… on en a bien rigolé, et puis on a discuté sérieusement et on s’est dit que c’était impossible d’être ensemble pour de bon, qu’on était trop différents, que ça ne marcherait jamais… qu’on n’avait pas les mêmes buts dans la vie et qu’on n’en voulait pas les mêmes choses… que ça avait été génial mais qu’on devait rester copain et garder ces bons souvenirs pour toujours. (Là je dois avouer qu’il y avait une petite différence entre ce que ma tête pensait et mon coeur ressentait, mais bon… fallait être raisonable, je savais que je deviendrais folle si les choses étaient devenues sérieuses, c’était vraiment un amour impossible!).

Dave est revenu plusieurs fois chez moi. Pour faire des photos, pour m’aider avec des trucs en anglais, pour regarder un film… et notre petit manège s’est reproduit un certain nombre de fois. Débuts sages… puis une main qui se retrouve dans une autre sans qu’on sache comment… les deux épaules qui se touchent…. une tête sur une épaule… un petit bisou tendre sur la joue… le film est vraiment ennuyeux tu ne trouves pas? … et oubliées les sages résolutions, viens ici que j’t'embrasse un bon coup, ouh là que c’est bon! Et le lendemain, rencontre chaste et vertueuse dans un petit restaurant bien publique pour se dire que ce n’est pas possible, on est trop différents, ça ne marchera jamais, c’était bon mais c’était la dernière fois, hein!!! Huhuh, qu’est-ce qu’on était fous! Qu’est-ce que c’était bon! Qu’est-ce que je l’adorais, Dave, il était si marrant, mignon, adorable, charmant, exquis, et…heu… pas mal du tout en ce qui concerne le reste… que je ne peux pas décrire ici, hein, ma grand’mère lit mon blog ;) (salut Mamie, t’inquiète pas, c’est quand j’étais jeune et j’en rajoute un peu pour faire la maline, en vrai j’étais pas une telle fripouille que ça, et je suis beaucoup plus sage maintenant! Huhuh…)…

Malheureusement, tout a une fin, sauf le saucisson ET cette histoire qui en ont deux. Dan est revenu et a décidé de se marier. Dave, tout content de retrouver son grand super meilleur copain, a décidé que lui aussi devait se marier, parce que ça serait trop cool d’être deux jeunes couples comme ça et d’avoir une vie rangée et tout et tout… et en quelques semaines, il s’est donc trouvé une jeune femme à marier. Et moi, j’étais bien triste, mais je me suis dit que c’était mieux ainsi, parce qu’effectivement, on ne se serait pas bien entendus, à long terme, parce que je n’aime pas les gens qui doivent faire comme les autres pour se sentir bien dans leur peau ni ceux qui arrivent à 4 heures quand ils ont promis d’arriver à 2 heures. Mais j’étais quand même triste! Et la deuxième fin de l’histoire, c’est que je viens d’apprendre que Dave est en train de divorcer.

Les sentiments qui me traversent, depuis, sont bizarres et bien trop typiques. D’un côté, ma tête se dit que je lui souhaite tout de bon, que j’aurais pû le prédire, que certaines choses ne changent jamais, que ce n’est vraiment pas le genre de personne avec qui j’aimerais vivre, qu’il va probablement se lancer dans le même genre d’histoire avec quelqu’un d’autre, que tout est toujours impossible entre nous… En même temps, dans mon p’tit coeur de patate, je me prête à rêver et me dire que peut-être qu’il pensera à moi un peu plus sérieusement cette fois, que je devrais peut-être l’appeler, que j’aimerais bien savoir comment il va, que je pourrais simplement prétendre vouloir avoir de ses nouvelles, et que mon Dieu qu’est-ce que j’aimerais l’avoir là, assis par terre dans ma chambre tout près de moi, en train de me raconter des histoires rocambolesques… tout en se rapprochant de moi, très doucement, imperceptiblement, jusqu’à avoir sa bouche contre la mienne…

Quand on a eu les Jeux Olympiques à Salt Lake City, j’habitait à une heure de là, c’était cool. Pendant deux ans avant les jeux, toute la vallée de Salt Lake était en travaux, les hôtels, les magasins, les autoroutes, les routes, les immeubles, le tram, l’aéroport, les ponts… Tout, quoi. Tout le temps! Heureusement que Salt Lake est une relativement petite ville (comparée à Paris, that is), et donc les bouchons n’étaient pas insurmontables… mais quand même, ça a été la galère pendant au moins deux ans! Et puis tout a augmenté, le prix de la bouffe et de tout dans les magasins, mais aussi le coût de l’immobilier, de l’essence, des hôtels, et tout ça. Pas chouette! Mais bon, on se disait que ça serait chouette d’avoir les VRAIS JEUX chez nous, qu’on y irait, qu’on verrait plein de stars, qu’on deviendrait des vedettes pendant deux semaines…

Quelques jours avant l’ouverture des JO, on a eu une pré-ouverture pour les « locaux. » Dans mon école, après avoir vu la flamme olympique passer juste devant notre nez, on a décidé d’y emmener nos élèves avec plein de profs. C’était à Salt Lake, donc il fallait louer deux bus, conduire (sur les nouvelles autoroutes, génial!) jusqu’à la moitié du trajet, se garer dans un grand parking, et prendre le tram qui nous conduirait jusqu’au centre de Salt Lake. Ensuite il fallait un peu marcher dans le centre ville pour atteindre l’immense centre des congrès de Salt Lake. Comme je sortais d’une grosse opération pis que je me fatiguais très vite, et qu’en plus on allait y passer l’après-midi et qu’il y aurait beaucoup, beaucoup, beaucoup de monde, une de mes collègues à piqué le fauteuil roulant de sa mère et on a décidé que j’allais faire la « pré-ouverture » en fauteuil roulant. J’aime pas ça du tout, hein, mais faut dire que là, c’était absolument génial comme idée!

D’abord, on a eu droit à une place de parking handicapés pour aller prendre le tram gratuit, donc on a pas dû chercher une place pendant 20 minutes et se tapper les 500 mètres de parking comme tout le monde. Ensuite, bien sûr, le tram était super équipé donc ça n’a pas été un problème d’y monter et le voyage s’est super bien passé. Dans Salt Lake, tout est prévu pour les handicapés donc on n’a eu aucune difficulté à se balader un peu avant d’aller dans le centre des congrès, boire une limonade, grailler un p’tit sandwich dans un restau sympa où les toilettes étaient propres et très accessibles pour les chaises roulantes, et trainer dans un centre commercial en attendant le début de la soirée. Et dans le centre des congrès, bien sûr, il y avait des tonnes de portes et de sections et d’étages, mais à chaque section et à chaque étage, il y avait bien sûr des sièges réservés aux chaises roulantes, des ascenseurs réservés, et partout, des gens serviables et prêts à aider avec le sourire.

La soirée à été géniale! D’abord, dans les couloirs du centre des congrès, il y avaient plein de gens du monde entier qui exposaient des tas de choses, chantaient, dansaient, jouaient d’instruments bizarres, nous apprenaient plein de mots étranges, portaient des habits exotiques, nous offraient à manger des plats mystérieux, nous parlaient d’endroits lointains… Et puis tout le monde (moi inclue) portait ces petits pins avec marqué dessus « Je parle français » ou « Ich spreche Deutsch » ou « Hablo Espanol » ou « I speak English » (moi j’avais ces quatre-là, mais mes élèves en avaient dans plein d’autres langues!) dans toutes les langues du monde! Bien sûr, ce n’était pas la vraie ouverture, mais quand même, c’était très impressionant, et les 40′000 spectateurs de la soirée ont passé des moments très chouettes, avec plein d’artistes du monde entier, de la musique internationale, des couleurs, des danses, et tout ce qu’il faut pour faire un spectacle grandiose… et pour pas très cher, surtout qu’on était en groupe et avec une école et avec des jeunes et avec des locaux! Je pense que ça a finalement dû me revenir à $10 ou $15!

C’est au retour que la chaise roulante s’est avérée être la plus utile! Bien sûr, à la sortie du spectacte il y avait BEAUCOUP de monde et les rues et les trams gratuits étaient bondés! Il y avait des trams qui partaient toutes les 5-10 minutes, mais même, les gens devaient attendre environ 30-40 minutes en faisant la queue avant de pouvoir avoir la chance de s’entasser comme des sardines dans un wagon (plusieurs wagons avaient d’ailleurs été emprûntés à d’autres lignes de tram du pays. C’était marrant de voir les wagons défiler avec marqué dessus Atlanta, Denver, ou Seattle, ou des noms de villes exotiques, comme ça (je me souviens plus exactement de quelles villes il s’agissait, hein)). Bref, quand mes amis et moi on est arrivés près du tram et on s’est mis dans la file d’attente, on a été tout de suite repérés par quelqu’un qui travaillait pour la compagnie du tram et qui nous a conduit dans le tram suivant, en passant DEVANT TOUT LE MONDE! Et PERSONNE n’a rien dit, ralé, protesté, RIEN! On n’a pas attendu plus de deux minutes! Et bien sûr, il y avait des places réservées dans le tram, et les gens se sont levés pour nous laisser de la place, et c’était super pratique et sympa.

On a pas mal voyagé, passé tout l’après-midi à se balader dans Salt Lake, faire les restaurants et les magasins, essayer des fringues, acheter des bouquins. On a passé une soirée dans un grand centre où il y avait pratiquement cinquante mille personnes. Et tout ce temps-là, on n’a pas eu une seule difficulté avec la chaise roulante, pas un moment d’hésitation avant de faire quelque chose, pas un endroit où il était impossible ou trop difficile d’aller, pas un regard de travers, pas une remarque désobligeante! Tout était facile, accessible, pratique, fait pour faciliter les choses, propre, et les gens étaient serviables, souriants, aimables, et toujours prêts à aider, même avec les petits détails (tenir une porte, porter un plateau repas, trouver un bouquin que je cherchais…). Est-ce que ça se serait passé comme ça à Paris? Jamais! Je n’aurais même pas osé sortir de chez moi!

Tout ça pour dire que j’espère que les JO de 2012 ne seront pas à Paris! D’abord, ça casserait les pieds de ma famille qui y habite, et ensuite, j’aurais trop honte d’être française et j’en ai trop marre d’essayer de défendre notre réputation. Je suis sûre que la moitié de la France, dont la RATP, la SCNF, Air France, les camionneurs, les vignerons, les employés des musées, les restaurateurs, et les hôteliers, serait en grève avant, après, et pendant les jeux. Ensuite, la circulation serait un vrai enfer pour tous, encore bien pire que maintenant et pendant des années! Et les transports en commun étant ce qu’ils sont (essayez de prendre le métro si vous avez plus de 60 ans, portez des valises ou des enfants, êtes en fauteuil roulant, ou ne marchez pas très bien, et vous comprendrez de quoi je parle), je n’arrive même pas à concevoir comment les gens se déplaceraient. Sans parler de la pollution, du coût de la vie, des toilettes inaccessibles et dégueues, des restaurants où les zones non-fumeurs ne sont pas respectées, des stars que vous ne rencontrerez pas, des foules d’étrangers perdus dans Paris et que personne n’aide, (et c’est pas la jeunesse française qui parle anglais, croyez-moi!)… et j’en passe! A mon avis, il y a anguille sous roche: les Américains vont pousser le Comité Olympique à donner les jeux à Paris pour que la France s’enfonce encore un peu plus et ne soit plus seulement un objet de haine (Irak) et de ridicule (29 mai), mais aussi un object de railleries inépuisables, de moqueries méchantes, et de plaisanteries douteuses pour les Américains et le reste du monde! Alors moi, je dis NON AUX JEUX OLYMPIQUES DE 2012 A PARIS!
NoOoOoN!

Le blog de Samantdi je le visitais souvent mais j’y laissais rarement des commentaires. Il m’intimidait. J’adorais lire ces histoires sur ses élèves et ses confitures, mais il faut que j’avoue que j’ai toujours eu peur de tout ce qui se rattache de près ou de loin à la littérature française. Ah la honte! Avec un père prof de français, des grands’parents qui ont dû lire tout ce qui a jamais été écrit, un frangin qui cite Kafka et Jung plus vite que son ombre… Je suis terriblement nulle en français et effroyablement ignorante en littérature française! C’est pour ça que les gens qui écrivent bien m’intimident, et quand en plus ils parlent de littérature, je suis anéantie par mon propre analphabétisme.

Quelle ne fut donc pas ma surprise quand, quelques heures à peine après avoir écrit un petit post quelconque sur mon amour de l’architecture et en particulier des ponts, j’ai reçu un très gentil message de Samantdi, m’invitant à la retrouver à Toulouse pour qu’on aille ensuite visiter le fameux viaduc de Millau! Message avec dates, horaires de trains, et cartes à l’appui! Hein? Quoi? Qui? Moi??

Moonliza m’ayant aussi envoyé une invitation, j’ai pris la décision qu’il fallait, en jeune fille avisée et tête en l’air que je suis: j’allais faire un voyage de trois jours pour aller à Montpellier, Millau, et Toulouse, et rencontrer deux charmantes bloggeuses, l’une timide mais chère amie depuis longtemps, l’autre célèbre, mais encore peu connue. Les aventures de Montpellier et de Millau, on les connaît. Bien moins connues sont mes aventures après Millau et jusqu’à Toulouse! Lecteur bien-aimé, va te chercher un carré de chocolat (ou deux) avant de continuer ta lecture, tu en auras besoin!

Imaginez mon appréhension: j’allais rencontrer Madame Littérature Française, Madame Confiture, Madame Ecrivaine de Talent, Madame Prof Adorée, Madame Très Célèbre! Heureusement, je savais que j’avais une alliée précieuse et choupinette qui m’attendrait à Toulouse: Bagheera! Sosso et Calinette m’avaient chargée de lui faire tout plein de gros calins, et comme on savait que Bagheera n’était non pas littératurophile mais seulement papivore, mon appréhension de rencontrer Samantdi a fondu pour n’être remplacée que par la joie de rencontrer la gentille maîtresse de Bagheera et de faire un gros calin à cette dernière.

Comme avec Moonliza, le séjour a été trop court. La visite extraordinaire du Larzac avec Samantdi et son ami Baptiste, guide talentueux et fort érudit, les crêpes délicieuses et les vieilles pierres impressionantes de la Couvertoirade, les vues spectaculaires sur le Cirque de Navacelle, les discussions animées sur la constitution, et les zig-zags étourdissants dans la montagnes recouvertes de genêts, de bleuets, et de coquelicots, n’étaient que le prélude d’aventures encore plus surprenantes! La rencontre de Coloc et de Bagheera la jolie chipie, ainsi que la préparation d’une petite fête post-referendum, se passèrent sans incident notable, à part les rigolades et l’ambiance fort sympatique. L’arrivée de Xiaojie, bloggeur toulousain lui aussi, avec sa crème au chocolat qui en valait le détour, a encore bien aidé la soirée à bien continuer de se préparer! La préparation de petits toasts, et l’arrivée d’une quiche parfaite, de vins délicats, de délicieux cakes, du foi gras maison de la maman de Samantdi, et d’invités fort sympatiques, fascinants, et insolites, ont aussi contribué à rendre le petit appartement chaleureux, joyeux, captivant, enivrant, bruyant, convivial, et décidemment très accueillant! Et finalement, l’annonce, triste pour certains et heureuse pour d’autre, du resultat du referendum, n’a fait qu’aviver les esprits, couler le vin, ranimer les appétits, et délier les langues!

Samantdi, Coloc, et Bagheera ont été des hôtes charmants, drôles, intéressants, excellents cuisiniers, sympatiques, généreux, et que j’ai été sincèrement triste de quitter si tôt. Samantdi ne m’a même pas demandé quel était le prénom de la femme illégitime de Stendhal avant de m’autoriser à entrer chez elle, et ne m’a pas forcée à lire tout Balzac avant le dîner. Ces quelques heures à Toulouse, comme celles à Montpellier et à Millau, auront été mémorables, remplies de chaleur, de joie, d’amitiés, de nouvelles rencontres, de souvenirs fabuleux gravés à jamais! J’espère seulement qu’un jour, j’aurai le plaisir de faire passer d’aussi bons moments à tous ces gens qui ont rendu mes trois jours dans le sud de la France inoubliables!

Montpellier, pour moi, ça n’était qu’un nom pendant longtemps. Mais d’y retourner m’a replongée dans un monde que j’avais oublié, des souvenirs enfouis, des images que j’avais rengées dans un vieux recoin de mon cerveau. Et puis tout m’est revenu! Montpellier, c’est les vacances, les longs voyages depuis la Suisse en voiture, les quatre enfants serrés derrière avec peut-être même un dans le coffre, l’éléphant qui se balançait sur une toiletoiletoiletoile d’arraignée, le changement de paysage si typique, les grandes autoroutes françaises et les péages, l’odeur des pins et des marais, le Mas Rouge, la plage des Aresquiers, les chichis plein de sable, les glaces à Sète et les balades en bateau, les châteaux de sable, les tantes dans leurs petits sièges pliables, la rebellion des « jeunes » contre les « vieux, » les repas formels avec mes arrières-grands-parents, la corvée d’épluchage dans la cuisine, la lutte contre les moustiques, les chansons folles à la guitare, les siestes dans la pinède, les parties de ping-pong, les balades dans le vignoble, les glaces à la mûre, les parties de cartes dans le grand salon pendant le café, les cigarettes de l’oncle le soir sur le balcon, les disputes familiales, les jalousies entre cousines, les discussions sans fin, les copines qu’on invitait, les visites à Magelone, la grande porte de l’entrée, les petits cousins, les parties d’échec, les pic-nics sur les galets… Et puis c’est des noms de ville, aussi, qui me sont revenus: la Grande Motte, Vic-la-Gardiole, Frontignan, l’étang de Thau, Aigues Mortes, Palavas-les-Flots, le Grau-du-Roi, Castelnau, Mireval, Villeneuve-les-Maguelone, les Salins du Midi, le Mas Vieux, et tant de noms qui évoquent encore autant de souvenirs… Infinie nostalgie…

Et le petit séjour passé en compagnie de Moonliza et sa famille a encore rajouté tout plein de souvenirs: court voyage en TGV, arrivée à Montpellier pour y reconnaître tout de suite Moonliza, glaces et discussions infinies sur la place de la Comédie, petit marché où les cerises étaient délicieuses et les olives tentantes, balade dans la vieille ville, magasin de vêtements pour bébés, après-midi en charmante compagnie dans une maison magnifique, rosier odorant et pinède verdoyante, diner Japonais-Tailandais avec la famille, rigolades, discussions, photos, déliceux petits hors-d’oeuvre et pâtes au riz, nuit reposante sous les yeux de charmants hommes musclés sur leurs motos avec des bébés dans les bras, et route enchanteresse vers Millau, en passant par les petits villages, les montagnes recouvertes de genêts et de coqulicots, et les châteaux et les forteresses. Et puis le viaduc de Millau, impressionant de splandeur et de grace, la descente sur Millau, les tones de photos, le célèbre macdo, la rencontre de Samantdi et son ami Baptiste, le petit apéro, le marché aux poteries avec l’amie de Moonliza, le divin petit restaurant où manger ne semblait jamais devoir s’arrêter, les toilettes bien cachées en haut des escaliers, les papotages et radotages entre amis, la visite en-dessous et au-dessus du viaduc, la vidéo sur sa construction, la chaleur écrasante, et puis le départ pour la Vaquerie et la maison de famille de Baptiste, pour y passer une nuit plus que bienvenue après toutes ces aventures, un petit dîner sympatique, et de multiples discussions sur la tristement célèbre constitution Européenne! Qu’ai-je oublié? La gentillesse de tout le monde, les sourires, les rires, les amitiés, ce sentiment qu’on se connait depuis longtemps même si on vient de se rencontrer, les histoires qu’on raconte, ces moments précieux, l’odeur du sud, l’envie de rester encore un moment, le temps qui passe trop vite, le soleil au rendez-vous… instants parfaits!

Mon pépé est mort il y a plus de 12 ans de ça, et je n’ai pas pu aller à son enterrement. Je m’en suis toujours voulue. Ma mémée est morte en ce dernier jour de Mai, et je ne pourrai pas aller à son enterrement. Je m’en voudrai toujours!

Samuel est né au début du printemps, et je vais aller à son baptême devenir sa marraine. Je ne m’en voudrai jamais. Il faut célébrer la vie.

Mais ce n’est pas parce que le choix est facile à faire qu’il est facile à vivre…

Réveil à 6 heures du mat’, je peux plus dormir. Est-ce que je dois prendre un manteau? Où va-t-on dormir dimanche? Est-ce que mes pieds ne vont pas trop enfler dans le train? Combien d’argent devrais-je prendre avec moi? Est-ce que je vais les reconnaître? Est-ce que trois jours ça ne sera pas trop court? Est-ce que je serai à la hauteur? Est-ce que je n’aurai pas l’air trop bête? Est-ce qu’on va bien s’entendre?

Pas de grande réunion à Paris cette fois (à part Paris Carnet où j’espère bien voir tous mes amis parisiens alors allez vous y inscrire!). Non, c’est moi qui me déplace au lieu du contraire, et qui vais rencontrer deux charmantes bloggeuses pour la première fois: Moonliza et Samantdi. Ce n’est pas ma première (ni ma dernière, j’espère!) rencontre, et je n’ai pas PEUR, mais c’est toujours un petit serrement au creux de l’estomac, ces rencontres, surtout que cette fois ce n’est pas une petite fête de quelques heures mais tout un week-end.

J’ai fait pire, c’est sûr, et je ne l’ai jamais regretté! En 1992, je suis allée pour la première fois de ma vie au Canada pour y rencontrer mon « correspondant » de cinq ans, Jaimes. C’était avant les blogs, avant internet (ohh, que je suis vieille!). On ne s’était jamais rencontrés mais on pensait que l’on s’entendrait bien… et on est tombés raides amoureux dès le premier regard, dans cet aéroport de Mirabelle dont je me souviendrai toujours. Ca aurait pû être un désastre et j’aurais passé quelques semaines douloureuses. Heureusement que ma tante était venue avec moi au début, et m’aurait certainement aidée si les choses avaient mal tourné. On s’est aimés pendant deux ans et ça a été ma première vraie histoire d’amour.

En 1999, je crois, j’ai fait pire. Cette fois, internet existait et j’y avais rencontré « john » qui habitait en Finlande. Là, j’ai conduit depuis la Suisse jusqu’en Finlande, en passant par plein de pays superbes, pour aller voir « john » et sa copine. Lui et moi on était déjà amoureux mais bien sûr ce n’était pas possible. Mais en Finlande, j’ai rencontré un Viking dont je me souviendrai toujours, quelqu’un plein de sensibilité et de joie de vivre, l’ami que je m’étais imaginé pendant nos nuits passées à causer sur internet. C’était risqué. Mais je ne le regretterai jamais.

Et puis j’ai rencontré d’autres gens. Des gens dont je n’étais pas amoureuse mais que j’imaginais être des personnes exceptionelles, sympatiques, généreuses, drôles, intéressantes, et à qui je pensais pouvoir faire confiance. Je n’ai jamais été déçue! Je n’ai jamais rien regretté, jamais pensé « plus jamais! » et jamais été blessée. Je me dis toujours qu’il doit y avoir des fous, sur internet, des gens bizarres, des gens qui profitent des autres, des gens qui mentent. Mais ceux-là, je ne les ai jamais rencontrés. Je ne sais pas pourquoi. Ma bonne étoile m’a bien protégée et je n’ai jamais eu peur. J’ai fait des rencontres extraordinaires que je n’oublierai jamais. Et je veux continuer.

… mais ça n’empêche pas ce petit serrement d’estomac d’excitation de se faire sentir à chaque fois, cette impression que toutes mes cellules sont en alerte, que mon coeur bat un peu plus vite, que le trajet est un peu trop long, et que l’aventure frappe à la porte! Moonliza et Samantdi m’offrent un rêve, cette fois-ci! Sud de la France, attention, j’arrive!

PS. Candy Froggie, si tu lis ceci: je n’arrive pas à laisser de message sur ton blog et je ne sais pas si tu as reçu mon email. J’ai perdu ton numéro de tel et je veux absolument te voir avant de partir!! Please send me your phone number :)

Merci pour un court mais chouette week-end :)

Parfois on voyage sur notre petite planète, de Lafayette à Ann Arbor, par exemple, et on traverse des champs de maïs sans fin, sous une pluie fine et un ciel bas, avec quelques fermes ici et là, et peut-être quelques petits villages morts au milieu. Comme une traversée du désert. Paysages désolés, pauvreté, ignorance, dénuement, depression, tristesse pendant des centaines de kilomètres.

Parfois on devient presqu’aveugle et sourd tellement la route est droite et longue et le paysage monotone. On se prend à penser à tout et à rien, au printemps qui n’arrive pas, aux bisous de chatons, aux cours qui n’en finissent pas, aux soucis de la famille, aux derniers rire avec les frangins, au boulot trop difficile, au banquier mécontent. Tout est si gris et insipide.

Parfois, on se souvient du dernier voyage, de la fête, des amis, des ptits chats et de la dinde, et de la première neige, ou bien de celui d’avant, sous la pluie, en urgence, et dans une tornade telle que cette jolie ferme rouge, la seule de jolie sur 500 kilomètres, paraissait bien accueuillante et être un bon refuge. Mais le temps pressait et on était trop loin du but pour s’arrêter déjà.

Parfois on écoute la radio d’une oreille distraite. Toujours les mêmes chansons, toujours les mêmes nouvelles, le bruit se mélange au paysage pour ne devenir qu’un décalque sur fond de pensées évasives. Mais soudain on entend trois accords, quelques mots, une mélodie qui emporte le souvenir bien plus loin que le dernier voyage, dans un autre monde, au temps de notre jeunesse, quand on était quelqu’un d’autre et qu’on vivait une autre vie. Au temps des amours et de la folie, au temps des secrets et des plaisirs imprudents.

Alors on se souvient de ces voyages nocturnes, des baisers furtifs, d’une peau si sensible qu’on y voyait encore la trace de ravissement des semaines plus tard, de ces nuits sans sommeil et ces journées cotonneuses, des regards cachottiers et des passions retenues. Et puis de cette musique qu’on écoutait immuablement, à l’allée, au retour, à 4 heures du matin, et qui nous remonte dans le temps si vite aujourd’hui. On était jeune, on était fous. On ignorait le passé, on s’éloignait du futur, et on oubliait le présent.

Et puis on rate le virage qu’il fallait prendre à gauche pour sortir de la 25 et monter sur la 24…