santé et conservation


C’est fou comme un simple geste peut me mettre de bonne humeur ou de mauvaise humeur pour toute la journée. Quand je sors de chez moi, le matin, je ne teste pas la température de l’air mais plutôt la gentillesse des gens que je croise. Le sourire d’un chauffeur de streetcar, quelqu’un qui me laisse passer devant lui dans une file d’attente, ou quelqu’un qui me donne son siège dans le métro fera une différence incroyable dans ma journée. Dans le film « While You Were Sleeping, » que j’ai vu 250 000 fois (oui j’ai honte), l’héroïne (qui a le même prénom que moi) admire l’homme (moche) qu’elle aime parce qu’il laisse toujours sa place dans le métro aux gens qui en ont besoin. L’homme en question (dont elle tombera finalement amoureuse du frère) réplique que ce n’est pas du tout héroïque comme geste, ce à quoi la jeunne femme rétorque, « ça l’est pour la personne à qui tu laisses ta place! »

Pour Noël, je n’ai envie que d’une seule chose (à part de voir mes frangins, il est vrai): que tout le monde (moi inclue, hein) ouvre ses yeux. Ce n’est pas facile à faire, parce que même quand on fait attention, on n’est pas toujours au courant de ce qu’on peut faire de plus. Un exemple? Quand je monte dans le métro, certaines personnes me laissent leur siège si le métro est très plein. Merci du fond du coeur. MAIS… quand le métro n’est pas très plein, il arrive que les gens soient assis près des portes et qu’il reste seulement des places au milieu de la rame. Or, le métro démarre très vite et s’arrête très peu de temps aux stations. Les portes s’ouvrant et se refermant très rapidement, je n’ai pas toujours le temps de marcher jusqu’aux places plus éloignées avant que le métro redémarre et me retrouve donc coincée debout près de la porte sans pouvoir m’asseoir. Et si j’ai réussi à m’asseoir loin des portes, à l’arrivée, je n’ai ensuite pas toujours le temps d’attendre que la rame soit immobile pour me lever sans me casser la figure et courir aux portes avant qu’elles ne se referment. La personne que je bénis jusqu’à la huitième génération est celle qui me laisse sa place tout près de la porte et va s’asseoir plus loin. Ca c’est de l’héroïsme pour moi!

Alors voilà mon seul voeux de Noël: faites attention à ce qui se passe autour de vous, et aidez les gens en difficulté, les mamans avec les poussettes, les femmes enceintes, les personnes qui ont du mal à se déplacer, les éclopés, les cabossés par la vie, les mamies et les papis du monde entier. Quand on a sa santé, notre corps nous porte. Quand on ne l’a plus, c’est nous qui devons porter notre corps et c’est parfois douloureux, souvent humiliant, et toujours difficile.

Je déteste les gens qui me regardent avec pitié et qui ont peur de m’ouvrir une porte parce qu’ils pensent que je vais être fâchée. Je bénis ceux qui m’ouvrent la porte comme si c’était naturel de le faire pour tout le monde, ceux qui me disent « laissez-moi vous aider avec ces gros sacs » sans avoir l’air d’être en train de se dire « elle ferait mieux de rester chez elle celle-là, on aurait la paix. » Autres détails: utilisez les escaliers si ce n’est que pour un ou deux étages, pour ne pas faire attendre innutilement les gens qui en ont vraiment besoin. N’utilisez pas le petit bouton qui ouvre les portes automatiquement si je ne suis pas juste à côté de vous, sinon la porte se refermera sur moi. N’utilisez jamais les places handicapées, même pour deux minutes, parce que si moi j’arrive avec ma voiture à ce moment-là, je ne peux pas savoir que vous ne serez là que deux minutes et je vous maudirai. N’utilisez pas non plus les toilettes « accessibles, » certaines personnes ont du mal à marcher, mais d’autres ont du mal à attendre leur tour… Je maudis la personne que j’ai besoin de regarder avec des yeux de martyre avant qu’elle ne se lève en soupirant de son siège pour que je puisse m’y écrouler. Je ne suis pas fâchée quand c’est un geste naturel… et le naturel ne vient qu’avec l’expérience et avec le respect.

J’ai du mal à appuyer sur « publish » ce soir, avec ce post. Je me dis que c’est nul de faire ainsi la morale, et puis je n’aime pas trop parler de tout ça. En même temps, je me dis que si je ne le fais pas, qui le fera? Après tout, miss lulu a été « connue » et lue avant que ses lecteurs adoré se rendent compte de ce côté-là de moi, alors profitons de la célebrité :) (A ceux qui seraient fâchés parce que j’ai « caché » quelque chose, je ferai remarquer que ne l’ai jamais caché. Mes albums photos ont toujours été publiques et cette facette de moi a coloré bien des posts (et bien des commentaires) sur ce blog sans que j’aie à le mentionner directement). Et puis je ne m’expose pas trop en postant ça alors que la plupart de mes lecteurs sont en train de festoyer et ont oublié les blogs pour quelques jours…

Enfin, tout ça pour vous dire que je m’en vais pour 2-3 jours aux Etats Unis, pour y retrouver mes deux soeurs, leurs maris, mon neveux, et mon frangin. Je remonterai ici après Noël avec une soeur, un mari (pas le mien), et un frangin… et on va aller manger ensemble dans un endroit très très spécial… mais c’est une surprise! En attendant de nouvelles aventures, je vous abandonne donc à mon tour, mes chers lecteurs et chères lectrices, et vous souhaite beaucoup de bons moments et de joie où que vous soyez et avec qui que vous soyez! Et surtout, n’hésitez pas à vous régaler sans remors, on ne vit qu’une seule fois ;)

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Chers lecteurs, chers amis, chère famille,

Vous en voulez des comparaisons entre le Canada et les Etats Unis?? Je vais vous dire la pire, celle qui me gâche la vie quotidiennement, celle qui me rend folle matin et soir, celle qui me pourrit la santé: l’accessibilité! Aux US, tout, et je dis bien TOUT, est prévu pour les personnes aveugles, sourdes, en fauteuils roulants, âgées, enceintes, etc. Tout. Il y a des rampes partout, des ascenceurs, des menus en braille, des bruits spéciaux aux feux, des trottoires abaissés, des portes larges, des autobus qui se baissent avec des passerelles, des citoyens responsables qui ne se garent jamais sur les multiples places handicapées, et des gens qui font couper les files aux personnes qui ne peuvent pas attendre debout longtemps. Et je ne parle pas seulement de mon ex-champ de maïs mais de Chicago, de New York, de Los Angeles, de Washington DC, de San Franciso, de Salt Lake City, de Las Vegas… Au Canada: pratiquement rien. Ni dans le petit bouiboui perdu au milieu de la toundra, ni dans la plus grande ville du Canada. On se croirait presqu’en France…

J’ai failli tuer un agent de la TTC (commission des transpors de mon bled) aujourd’hui. Je n’en peux plus, je suis épuisée et sur les rotules, j’ai mal aux jambes, et je ne comprends pas pourquoi il n’y a pas de bancs aux arrêts de streetcar et seulement QUATRE sièges à la plupart des arrêts de métro (il faut donc faire 4 kilomètres pour les trouver). C’est honteux, dans une ville aussi grande que celle-ci, dans une société qui se veut moderne et exceptionelle au niveau social (voir mon avant-dernier post) de se trouver dans une situation aussi déplorable et moyennageuse.

J’ai écrit aux TTC quatre fois pour les implorer d’essayer de changer les choses. J’ai reçu une seule réponse, qui m’expliquait que les arrêts de streetcars avaient été construits dans les années 70 et qu’à l’époque, les législations interdisaient de mettre des sièges à ces endroits-là. C’était leur seule excuse. Je la trouve lamentable et même insultante.

Je vous propose donc aujourd’hui d’écrire à ces braves gens et d’expliquer que ça ne va plus, qu’il faut se bouger le popotin parce qu’il y a des centaines de personnes (et je les vois tous les jours, les personnes âges, les femmes enceintes, les mères avec trois marmots dans les bras, les gens qui ont du mal à marcher…) qui ont du mal à rester debout longtemps et qui ont désespéremment besoin de ces sièges (et je ne parle même pas des ascenceurs innexistants, des portes plus larges pour les poussettes au lieu des tourniquets, etc.). Peut-être qu’une centaines d’emails en même temps, de pays différents, qui demandent tous la même chose, pourra faire bouger les choses. Vous pouvez écrire dans n’importe quelle langue, le TTC dépense une fortune pour se vanter qu’on peut leur écrire dans plus de 160 langues différentes et qu’ils les comprennent toutes (ça me fait une belle jambe). Vous pouvez même vous adresser directement au Transportation Services Supervisor qui s’appelle Kypros Perikleous, son adresse email c’est kperikle@granbled.ca (vous changez granbled par le nom de la ville), et son numéro de téléphone c’est le 416-392-1799. Je vous mets l’adresse où vous pouvez écrire des emails au TTC (pas besoin de remplir les informations à propos du jour, du lieu, etc., ni de mettre votre adresse email à la fin) (je mets l’adresse sur une image pour ne pas que le nom de la ville soit trouvable par notre ami Google):

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(Si le lien ne marche pas (attention, c’est httpS), aller à http://ttc.ca ->TTC Information -> Contact Us -> On-line comment form -> Online Form -> Complaint / Suggestion? -> TTC Service?)

Allez-y, harassez-les, parce que je suis fatiguée de le faire. Moi, demain, je téléphone à un avocat (j’aurai le temps, je ne vais pas au boulot, j’ai trop mal aux jambes)!

PS. Pour ceux qui n’auraient pas encore remarqué, je marche avec des béquilles, ben oui. J’ai aussi deux chatounes hystériques, une bagnole de bientôt 10 ans, deux soeurs et un frère, des comptes en banque dans quatre pays différents, et une bosse sur le nez, c’est pas ma faute.

PPS. Si vous écrivez à la TTC et ne mettez pas votre adresse email à la fin de votre message, ils vont croire que tous ces messages viennent de la même personne qui les spamme… Oups…

PPPS. Visiblement, je ne suis pas la seule à pense que leur système est vraiment nul:

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Il semblerait que mon « disclaimer » au début du dernier post n’ait pas été lu ou compris par certaines personnes et en particulier mes lecteurs canadiens que j’adore et que je comprends qu’ils s’énervent en lisant mes conneries parce que s’ils osaient faire des GENERALITES à la con sur la Suisse ou la France, je serais aussi fâchée à mort. Alors je le redis plus clairement: mes OBSERVATIONS sont SEULEMENT des GENERALITES qui me sont venues à l’esprit après SEULEMENT QUATRE MOIS dans UNE SEULE VILLE CANADIENNE. Il est donc ABSLUMENT CERTAIN que ce que je raconte n’est que des idioties GENERALISEES qui ne concernent QUE MOI. JE M’EXCUSE auprès de tous les canadiens du monde que j’offusque en GENERALISANT ainsi sur un pays aussi grand et diversifié que le Canada. Et pour que tout le monde se sente mieux, les suisses sont tous des banquiers et des voleurs d’or juif, et les français puent et sont arrogants. (Et je parle même pas des belges!) Tout le monde est fâché? Je peux continuer?

Thème du jour: la santé. Parlons d’abord de mon amie (que nous appellerons Karibou): Karibou, étant tombée dans les escaliers, elle ressentit une douleur terrible au pied et décida d’aller voir un médecin. Clopinant et souffrant le martyre, elle prit le métro et se rendit dans la première clinique qu’elle trouva sur son chemin. Hélas, cette clinique ne prenait pas de nouveaux clients et on l’envoya dans une deuxième clinique. Clopin clopant, elle prit le bus et se retrouva devant une clinique qui la renvoya illico, cette fois parce qu’elle se spécialisait dans les problèmes de drogués seulement. Bien mal en point et au bord de l’évanouissement, notre amie Karibou se rendit donc dans une troisième clinique et là, miracle, on l’accepta. Par contre, le médecin qui la vit pendant exactement deux minutes lui expliqua qu’elle s’était probablement bousillé l’orteil, qu’elle devait payer $50 pour la visite, et qu’elle devait se rendre dans une QUATRIEME clinique pour se faire faire des radios. Une semaine plus tard, le médecin lui dit de repasser par la troisième clinique parce qu’il avait reçu les resultats de ses radios. Là, une infirmière expliqua en deux minutes à Karibou qu’elle s’était cassé le gros orteil, qu’elle devait se mettre du scotch pour tenir ses deux orteils immobiles, et qu’elle devait payer $50 pour la visite. Aux US, Karibou aurait vu un médecin dans la première clinique où elle aurait débarqué, ses radios auraient été prises au même endroit, et elles auraient été interprétées immédiatement (OK, peut-être au bout d’une heure ou deux). La facture aurait été beaucoup plus salée (probablement de $400 de plus) mais l’assurence de Karibou aurait tout couvert sauf les « deductibles » (en général $20-$50). Il est a noter que Karibou n’avait à l’époque pas droit à l’OHIP (assurance maladie de l’Ontario) et que c’est peut-être pour ça qu’elle a dû payer les $100 (plus le coût des radios) de sa poche. C’est à voir.

Quand je suis arrivée au Canada, on m’a prévenue qu’il me fallait urgemment un « médecin de famille » que j’irais voir en cas de pépins et qui me « réfèrerait » à d’autres médecins (orthopédistes, neurologistes, etc.) si nécessaire. Une amie m’ayant recommendé un médecin, j’ai téléphoné là-bas pour me faire dire (on était fin juillet) que je pouvais retéléphoner en JANVIER pour mettre mon nom sur leur LISTE D’ATTENTE.

Il me semble que le système social du Canada est réputé de part le monde pour être excellent… et je ne dis pas qu’il est nul. Je dirais plutôt qu’il est très moyen pour tout le monde au lieu d’être, aux US, excellent pour les gens qui peuvent se l’offrir et pratiquement inexistant pour ceux qui ne le peuvent pas. Aux US, beaucoup d’employeurs offrent une couverture à leurs employés à plein temps (une couverture qui est donc excellente par rapport au Canada), mais les employés à mi-temps ne sont que rarement couverts et ceux sans travail ne le sont que par Medicare et Medicaid, des couvertures médicales à faire pleurer tout ce qui ne se dit pas Républicain. Au Canada, tout le monde est couvert par les assurences de l’état, mais le service est dangereusement lent et inéficace. Certains employeurs offrent des couvertures privées à leurs employés (avec déductions mensuelles sur le salaire, bien sûr), comme c’est le cas pour moi, mais même ainsi, avec l’OHIP plus un assurance privée, je dois payer DE MA POCHE tous les frais médicaux dont je peux avoir besoin et ENSUITE me les faire rembourser (à part le dentiste que je ne paye pas du tout). Payer $329 de ma poche pour des nouvelles lentilles de contacte ça passe, mais imaginez si j’étais allée voir un neurologiste, que j’avais eu des radios, des médicaments à acheter, etc.!

On dit que les médecins sont sous-payés et débordés, au Canada, mais je ne sais pas pourquoi. Beaucoup de cabinets de médecins ne prennent pas de nouveaux clients ou ont des listes d’attentes démentielles. En plus, pour aller voir un spécialiste il faut d’abord passer par son médecin de famille qui vous permet ou non d’aller voir le spécialiste en question (avec donc un rendez-vous six mois plus tard chez ce spécialiste si vous avez de la chance).

Enfin, en Ontario, au Québec (sauf pour les français), au Nouveau-Brunswick, et en Colombie-Britanique, les nouveaux immigrants ne sont pas couverts par l’OHIP (ou l’équivalent de chaque province) pendant leurs trois premiers mois au Canada. Mais même après trois mois et pour tous les habitants de ces provinces, les médicaments, lunettes/lentilles, soins dentaires, et services d’ambulances ne sont pas couverts. Je ne sais pas exactement si un même système existe aux Etats Unis, en ce qui concerne les immigrants, puisque moi j’ai tout de suite été couverte par l’assurance de mon université.

Alors… le Canada possède-t-il le meilleur programme d’assurance maladie au monde? Certainement pas! Comparé à la France, le système est déplorable (et ne me dites pas que la Sécu est au bord de la faillite, elle l’a toujours été). Comparé aux Etats Unis, le système est tout simplement différent, mais je dirais que pour environ 1/3 de la population, le système américain est de très loin meilleur. Bien sûr, je ne sais pas si ça serait possible d’avoir un système aussi efficace que le bon côté des Etats Unis pour tout le monde…

Un dernier petit truc: au Canada comme aux US, on appelle le 911 en cas d’urgence.

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C’est déprimant d’être déprimée sans avoir aucune raison de l’être! Je pourrais me dire « bon, j’ai le droit d’être déprimée parce que… » mais non, je ne trouve aucune bonne raison… alors ça me déprime encore plus! En temps normal, je me donne le droit d’être déprimée si je le suis pour une bonne raison, et grace à ça, je me sens beaucoup plus vite mieux. Je me dis « allez, déprime un bon coup ma vieille, vas-y à fond, et trouve quelque chose qui t’en sortira » et ça passe, après un bon repas, un bon bouquin, une bonne sieste, un bon film, un week-end à rien fiche, une sortie entre copines…

Mais là, non. Y’a aucune raison et en plus ça dure. J’ai un bon job, un super appartement, des chatounes adorables, un doctorat, ma santé, de l’argent, des amis supers, une famille géniale, de quoi manger, et je n’habite même pas en Laponie!

J’ai lu une fois un truc qui m’a fait peur: le niveau (la quantité? la fréquence?) de dépression des gens est proportionel au nombre d’années d’études qu’ils ont fait. C’est-à-dire que plus vous avez de diplômes et plus vous serez déprimé facilement. Pourquoi? Est-ce parce que plus on a de diplômes et moins on a l’occasion d’avoir des boulots physiques et tuants qui ne nous permettent même plus de réfléchir tellement on est épuisé et on ne pense qu’à survivre? Ou est-ce que c’est parce que plus on a de diplômes et plus on a dû refléchir à la condition humaine et que ça ne peut qu’être déprimant? C’est bizarre, hein, parce que plus on a de diplômes et plus on gagne d’argent, aussi, en général, ce qui prouve bien que l’argent ne fait pas le bonheur (sauf si on hérite du pognon et qu’on n’en profite pas pour faire des études, donc).

Bref… je déprime probablement parce que j’ai trop de temps pour y penser. En fait, j’ai des tones de choses à faire mais je ne les fais pas ce qui fait qu’en plus je culpabilise de ne pas les faire et donc je déprime encore plus et je les fais encore moins… C’est un cercle vicieux qui ressemble plutôt à un tir-bouchon, ça tourne vicieusement et en même temps ça s’enfonce…

J’ai envie que d’une chose, c’est de faire la cuisine, mais je n’ai pas envie de manger et je n’ai pas assez d’argent pour acheter de quoi cuisiner des trucs sympas (je suis payée tous les 15 du mois, enfer et putréfaction!). Hier soir, sur les conseils avisés de jojo ( »va voir sur marmiton.org, banane! »), j’ai essayé de faire un far breton, le premier de ma vie. En fin de compte, j’avais 1/2 centimètre de pâte au fond du moule (pas mauvaise, d’ailleurs), les pruneaux au milieu, et 1 gros centimètre d’omelette par-dessus. Fulgurant, le succès… C’est ça qu’on appelle une omelette bretonne? (Et qu’est-ce que je vais en faire maintenant, hein?!)

A part ça on a eu une journée magnifique aujourd’hui, du soleil et 15 degrés celcius, on se croirait presqu’au printemps! Après la tempête de vent d’hier (celle qui a fait trois morts, entièrement détruit un immeuble en construction de Granbled, fait couler un grand nombre de bateaux, et privé d’électricité des milliers de gens en Ontario, au Québec, au Nouveau Brunswick, et au nord-est des Etats Unis), on le méritait bien…

Il m’est pratiquement impossible de trouver des chaussures

1) qui soient à ma taille (j’ai des tout petits pieds)
2) qui soient confortables au départ
3) qui soient toujours confortables à l’arrivée
4) qui ne soient pas moches
5) qui ne coûtent pas la peau des fesses
6) qui soient solides et de bonne qualité.

Je veux dire, parfois je trouve des chaussures jolies et à ma taille, mais dès que je les ai portées plus de 5 minutes, j’ai mal aux pieds. Ou bien elles sont super confortables tout le temps mais aussi super moches. Ou bien confortables et de bonne qualité mais trop chères ou trop moches. Ou bien parfaites sauf qu’elles n’existent pas à ma taille. La chaussure parfaite à mon pied, je la trouve une fois tous les cinq ans, et encore!

Mais là, je sais pas comment ça se fait, j’ai trouvé une paire parfaite. Les talons sont hauts mais pas trop, et je m’y trouve plus confortable que dans beaucoup de mes chaussures sans talons! Et étrangement, malgré les talons hauts, je m’y sens bien en équilibre et bien stable, alors que c’est rarement le cas avec des talons hauts, sauf s’ils font 20 centimètres de diamètre! Je peux aussi marcher pendant des heures sans avoir mal aux pieds. Elles ont l’air relativement solides (pas super beaucoup mais bon, un peu quand’même), et elles n’étaient pas hors de prix. Et elles sont relativement jolies, assez en tous les cas pour le boulot, les conférences, les concerts, et les mariages de frangines. Et il y avait même du 5… mais pour une fois le 6 m’allait mieux. Je les ai portées portées portées pendant des jours pour être sûre qu’elles n’allaient pas se fiche en l’air ou me faire mal partout, mais non, nada. J’ai les pieds un peu enflés après, mais c’est comme avec toutes les chaussures « ouvertes » (pas à lacets). Le miracle!

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Bref, le miracle était tel que je suis allée racheter exactement la même paire une deuxième fois, parce que c’est trop rare de trouver une perle!

Et puis c’est rigolo, regardez, l’intérieur (moche mais on s’en fout, on ne voit pas l’intérieur quand je les porte) est différent dans chaque chaussure! J’aime ça :)

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Existe-t-il un traitement pour les humains capable de soigner l’ingestion et l’inhalation massive de poils de chats? Vais-je bientôt recracher des boules de poils? L’asbestose dite « du chat à poils » a-t-elle déjà été répertoriée dans l’index des maladies du 21ième siècle?

Impossible d’écrire plus de deux mots à la suite sans hurler de douleur: mon épaule, coude, poignet, et même mes doigts ont abdiqué, j’ai l’impression d’avoir des aiguilles dans les muscles, des bleus sur chaque centimètre de peau, des fourmies qui s’amusent dans mes doigts, et du jus de navet à la place des os. En gros, j’ai l’impression de m’être fait massacrer tout le côté droit à la batte de baseball! Même une nuit de repos n’a pas amélioré ze situation.

Merde.

La maman zèbre est enceinte pendant un an. La poulette, pendant moins d’un mois. La truie, quant à elle, est enceinte pendant presque quatre mois et la maman girafe pendant 15 mois, comme la chamelle, alors que madame hippopotame n’est enceinte que pendant huit mois et la souricette pendant 19 jours. Les thésardes, elles, sont généralement enceintes pendant 36 mois!!

Moi, j’ai été enceinte pendant exactement 20 mois, plus longtemps qu’une girafe mais moins longtemps qu’une thésarde normale, et heureusement, mon bébé n’a pas un cou de deux mètres ni deux bosses sur le dos comme le bébé chameau! Par contre, il fait presque 2 inches d’épaisseur, 8.5 inches de largeur, 11 inches de hauteur, et pratiquement 400 pages! C’est un gros bébé!

Accoucher, comme ça, après avoir été enceinte pendant si longtemps, c’est douloureux. C’est un peu comme si soudain, on ne servait plus à rien. On perd aussi le statut prestigieux et le titre de « thésarde, » ainsi que les encouragements qui vont avec (tu vas y arriver, courage, je t’admire, etc.) et on passe dans le camp de ceux qui ont réussi. Les autres, celles qui sont enceintes pour 36 mois, sont jalouses mais arrivent quand même à me féliciter alors que je me sens maintenant inutile, très bête, et que je m’ennuie ferme. Vingt mois de travail jour, nuit, semaine, et weekend, 20 mois sans vacances, 20 mois sans arrêter d’y penser, 20 mois de soucis, 20 mois d’espoir, 20 mois de hauts et de bas, 20 mois où les nausées alternaient avec la perte de poids, la prise de poids, les jambes enflées, du mal à dormir, des envies de cornichons au chocolat, des besoins pressants, et du mal à digérer, ça ne s’oublie pas comme ça!

Mon bébé est tout seul sur la table de mon bureau, abandonné, et je ne veux plus le voir ni en entendre parler. Il a besoin d’encore beaucoup de travail, la lutte n’est pas finie, mais ma tête est comme citrouille et mon corps se révolte. Mon cerveau semble s’être mis en grève générale et mon énergie est probablement partie se resourcer aux Bahamas.

Même une soirée avec des copains sympa n’a pas aidé, même un bon repas avec une chouette amie, même Les Visiteurs, même des bisous de chatounes qui se font encore la gueule mais que j’adore. Même le sommeil semble en avoir marre d’avoir travaillé si longtemps à réparer tant de dégâts et ne veut plus me rendre visite, me laissant épuisée, les yeux grands ouverts, l’esprit vide, du sang de navet dans les veines, et l’envie de ne plus jamais sortir de mon lit pour le restant de mes jours.

Je vous mets ma première tentative d’abstract (c’est quoi en français?) comme ça vous pouvez vous amuser à essayer de comprendre mon baratin pendant que moi je me remets de mes émotions. Y’a plein de fautes et des tas de trucs qui ne veulent pas dire grand’chose, et c’est encore très nul, mais je m’en fiche complètement! Moi, je retourne me pieuter pour quelques semaines!

The number of learners of English as an international means of communication increases hand in hand with the number of nonnative English-speaking teachers (NNESTs) of English as a Second Language (ESL) and the number of Native English-Speaking ESL teachers (NESTs). At the same time, scholars (Kamhi-Stein, 1999; Liu, 1999; Llurda, 2005) have estimated non-native English speakers to account for 40% to 70% of the North-American student teacher population. However, few studies investigated the working conditions of NESTs and NNESTs at Intensive English Programs (IEP) and the different factors that affect their successes and challenges. This research thus investigates 1040 ESL students’ attitudes towards NESTs and NNESTs, the variables (students’ first language, gender, class, level, and expected grades, teachers’ first language, and the different IEPs) that influenced students’ responses, and the effects of time on students’ attitudes, with questionnaires completed both at the beginning and at the end of the fall 2005 semester. Online questionnaires also solicited 18 NNESTs and 76 NNESTs’ self-perceptions about proficiency and teaching skills, as well as 21 IEP administrators’ beliefs about, and experiences with, NNESTs and NESTs. Results showed that overall, students’ attitudes were more positive towards NESTs than towards NNESTs, although students taught by NNESTs held a significantly more positive attitude towards them than students taught by NESTs. This positive attitude towards NNESTs increased significantly with time and exposure. Results also showed that students and teachers’ first languages, among others, strongly influenced students’ responses and that NNESTs were not necessarily seen as grammar experts but could be esteemed Listening/Speaking teachers. Teachers’ responses revealed NNESTs’ lack of confidence in their linguistic and teaching skills but also their beliefs that NNESTs’ language learning experience was an asset for ESL students. Finally, administrators also recognized NNESTs’ strengths as well as their poor self-confidence. While they did not use nativeness as hiring criteria, they emphasized the importance of linguistics preparation and international knowledge, as well as teaching experience.

Je vais vivre jusqu’à 102 ans! « Your life expectancy is 102 years old » m’a dit ce crétin de questionnaire. Ca ne s’invente pas!

Et vous? Dites-moi que vous en avez aussi pour un moment, que je sois pas toute seule à me morfondre…

Quand je pense que pour le moment je ressemble à ça:

Et que je ressemblerai à ça (ou pire!) pendant au moins cinquante ans:

Je vais de ce pas me finir mon carton de glace au caramel! Espérons que ça me réduira ma peine de quelques semaines au moins…

Dear miss lulu,
 
Following is important information regarding the H5N1 Type A influenza virus, commonly called  »bird flu. »

Recently, the United States Center for Disease Control (CDC) has not recommended that the general public avoid travel to any of the countries affected by avian flu virus, but persons visiting areas with reports of outbreaks among poultry or humans are advised to follow some basic guidelines:

Travelers should avoid all contact with poultry (chickens, ducks, geese, pigeons, turkeys and quail) or any wild birds, and avoid settings where infected poultry may be present, such as commercial or backyard poultry farms and live poultry markets. Also, travelers should not eat uncooked or undercooked poultry or poultry products, including dishes made with uncooked poultry blood.

For up-to-date information on travel notices, precautions and warnings, visit the CDC Web site at http://www.cdc.gov/travel/outbreaks.htm.

Information about Purdue planning and other topics related to the potential pandemic is available on the Web at http://www.purdue.edu/news/fluinfo/. Individuals can register there to receive alerts when the Web site has been updated.
 
Sincerely,
 
The Director, International Students and Scholars, April 2006.

Ils sont fous ces Romains!

Ce blog est de plus en plus souvent en anglais, c’est quoi ce binz?!

Hier matin, nous avons eu la grande joie de voir notre moquette dégueue du couloir du troisième étage être enfin remplacée! Ouéééé me direz-vous! Mais non, en fait, car nous avons aussi eu la joie de respirer de doux effluves de colle à moquette toute la journée et je peux vous dire une chose: CA PUE!

Vers la fin de la matinée, n’en pouvant plus et me sentant vaguement shootée par cette chimie, j’ai décidé d’ouvrir la fenêtre. Et là, joie, le printemps était enfin arrivé dans mon champ de maïs et les oiseaux gasouillaient, à la grande joie des chatounes, et les jardiniers avaient décidé de venir arroser les plat-bandes sous nos fenêtres de terraux nouveaux et d’engrais frais. Et je peux vous dire une chose: CA PUE!

En début d’après-midi, saoûlée par la colle et nauséeuse à cause de l’engrais, j’ai décidé de faire de la cuisine bien épicée pour embaumer ma maison d’odeurs exotiques et enivrantes… qui se sont mélangées à l’odeur de pneus brûlés de la couche d’huile anti-corrosion dont avait été peinturlurée ma toute nouvelle cuisinière, la précédente ayant rendu l’âme il y a quelques jours. Et je peux vous dire une chose: CA PUE!

Ce soir, la tête comme une citrouille grâce à la colle, l’équilibre un peu chaviré à cause de l’engrais, et des hauts-le-coeurs solides m’assayant avec l’huile chimique brûlée, j’ai décidé de sortir une vieille bougie parfumée offerte par une copine que je n’avais jamais utilisée parce que je ne suis pas fan des bougies parfumées, croyant qu’un léger parfum orange-cotton-concombre ne pouvait qu’effacer les odeurs envahissantes. Mais je peux vous dire une chose: CA PUE!

Et là, en train de mourir dans un mélange de vapeurs pestilentielles et douçâtres à vous tuer un troupeau entier de caribous, je me suis dit une chose, une seule, avant d’aller vomir mon dîner au goût de colle anti-corrosive: prions pour que ma cabane au Canada ne soit pas trop près d’une ferme à cochons parce que là, je demande l’asile politique au Zimbabwe!

Franchement, voir les anglais débarquer une fois toutes les neuf semaines c’est vachement pratique, mais scrogneugneu de punaise de bon sang de bonsoir de purée de lieux d’aisance (comme dirait la copine), QU’EST-CE QUE CA FAIT MAL!!!!!!

&∞%#¿‡€¥Ω*&@∫!! §#Ø$?!%!!!? §∆◊≈¢∫£≥‡‰$@÷¥%£∫&??!! ±∆∏%§¶ø∫π≈Ω!!! @#§¿¥£€$?±≥∑∞!!!!!!!

La p’tite Sosso ne va pas bien du tout. Je croyais vraiment pouvoir attendre, ou même ne rien faire et laisser les choses se réparer d’elles-mêmes, mais le boitillement s’accentue de jour en jour. Elle boite même quand son genoux n’est pas disloqué, maintenant. Et elle mange de moins en moins… ce qui m’inquiète plus que tout. Je dois vraiment la forcer tous les matins à finir son bol.

Ce qui m’inquiète beaucoup, aussi, c’est que j’ai fait un peu de recherche sur internet sur ce genre de problèmes chez les chats, et ce que j’ai lu n’est pas très rassurant. Visiblement, si on ne fait rien, il y a des risques très sérieux d’arthrite non seulement dans la patte blessée mais l’autre, aussi, puisque l’équilibre entre les deux pattes est rompu. Il y a aussi des risques d’inflamation de l’articulation.

Ma vétérinaire, celle que ne j’aimais pas beaucoup, a finalement été très gentille. Elle m’a donné des gélules pour renforcer les articulations des chatounes, et Sosso les mange sagement tous les soirs (en fichant un peu de poudre sur la moquette mais elle est bien brave). Elle a aussi téléphoné un peu partout autour du champ de maïs et a trouvé un vétérinaire qui fait cette opération et qui serait d’accord de le faire pour moins que l’hôpital vétérinaire de Purdue! L’opération sera donc $600, avec en plus $200 à $300 de frais de pré-opération (radios, sang, etc.), plus les charges post-opératoires (médicaments, soins, jours à l’hôpital, examens, etc.), et là c’est difficile d’en estimer le coût, ça dépend de Sosso. Donc ce n’est pas donné, même si ça sera toujours moins pire qu’avec l’hôpital de l’école vétérinaire de Purdue.

Donc voilà, le dossier de Sosso a été transmis à ce nouveau docteur et je dois les appeler lundi pour prendre un rendez-vous le plus vite possible. Je suis un peu soulagée d’avoir pris la décision, parce qu’à chaque fois que je voyais Sosso marcher, je me disais que ce n’était pas possible de laisser les choses comme ça. J’ai longuement hésité mais j’ai finalement décidé d’ouvrir un compte PayPal (dans le menu de droite) parce que sans aide, je n’y arriverai pas. Je déteste demander ainsi de l’aide, mais je promets que quand j’aurai un boulot stable, j’aiderai tous ceux que je peux aider! Mais ne vous sentez pas non plus obligés, hein. Je sais qu’il y a de meilleures causes auxquelles donner son argent, et je sais aussi que beaucoup ne roulent pas sur l’or!

L’opération « opération Sosso » est officiellement ouverte!

[Rajoutage] Ouahhh, merci pour tous ces gentils cadeaux que Sosso et moi on reçoit! On est très touchées par votre générosité! Et on aimerait bien savoir qui vous êtes pour vous remercier (parfois on trouve en jouant au détective, mais parfois on trouve pas alors on est tristes)… alors n’oubliez pas de mettre votre nom de bloggeur ou bloggeuse dans le message :) Merci mille fois à toutes et à tous!!!

Cliquez sur la porte pour l’ouvrir!

Heures

Aumône au malandrin en chasse
Mauvais oeil à l’oeil assassin !
Fer contre fer au spadassin !
- Mon âme n’est pas en état de grâce ! -

Je suis le fou de Pampelune,
J’ai peur du rire de la Lune,
Cafarde, avec son crêpe noir…
Horreur ! tout est donc sous un éteignoir.

J’entends comme un bruit de crécelle…
C’est la male heure qui m’appelle.
Dans le creux des nuits tombe : un glas… deux glas

J’ai compté plus de quatorze heures…
L’heure est une larme – Tu pleures,
Mon coeur !… Chante encor, va – Ne compte pas.

*Tristan de Corbière: Heures

PS. Mon entretien s’est passé… bien… je ne sais pas, en fait, c’était difficile de savoir. Les gens (cinq personnes) étaient sympas et les questions pas trop difficiles, mais comme d’habitude je cause je cause je cause, j’ai essayé d’être concise et rapide dans mes réponses. Alors j’ai l’impression que je n’ai pas vraiment répondu à leurs questions. Bon… on en saura plus fin janvier, pour cette université.

PPS. Ma masseuse a dit que mon cou et ma nuque étaient des sacs de noeuds comme elle en avait rarement vu. Mes maux de tête sont donc bien le résultat de sterno-cléïdo-occipito-mastoïdiens en bien mauvais état, comme je m’en doutais. Elle m’a fait du bien mais c’est pas encore la joie. Je pense que le stresse de la fin du semestre et des entretiens d’embauche et de ma recherche, la neige qui rend chacun de mes pas péreilleux, le froid polaire, et les 12 heures par jour que je passe devant mon ordinateur n’aident pas. En attendant mon prochain rendez-vous, je me shoot aux anti-douleurs et j’essaye de ne pas garder ma tête dans la même position plus de quelques minutes de suite…

Le site d’origine de la porte se trouve ici.

Attention, ce post contient des informations que certains pourraient ne pas avoir envie de lire… Enfin, si vous avez survécu à ce post-là, vous survivrez bien à celui-ci!

Je me trouve donc devant un dilemme cruel et douloureux, depuis quelques mois. Dans les commentaires du post sus-mentionné, un lecteur for sympatique m’ouvrait les portes d’une vie meilleure, avec des anglais et les douleurs les accompagnant qui ne débarqueraient que toutes les neuf semaines! J’ai donc décidé d’adopter cette nouvelle méthode… après quelques mois sans rien du tout. Voilà les résultats des observations très scientifiques que j’ai pu recueillir ces derniers mois:

1. Vivre sans pilule, c’est vraiment pas pratique parce que je ne sais jamais quand les anglais vont débarquer. Par contre, mes seins ne gonflent pas et ne sont pas du tout douloureux, deux semaines avant le jour fatidique, comme quand je prends la pilule! En plus, quand les anglais débarquent, les douleurs sont quand même bien moindres que d’habitude. Deux avantages fort agréables, surtout quand on a un chat qui trouve ma poitrine très confortable pour y dormir, la nuit!

2. Le deuxième choix, c’est la pilule normale. L’inconvénient, c’est que ces fichus anglais débarquent tous les mois, mais je sais quand, exactement. De plus, mes seins sont très douloureux deux semaines par mois, mais tout redeviens normal après le débarquement en question.

3. La pilule de trois mois, c’est mon troisième choix. Ahhh, que c’est agréable, de passer neuf semaines sans soucis et sans douleurs! Enfin, sans douleurs… il faut croire que mes pauvres seins ne sont pas habitués à ce rythme, parce qu’au bout de deux semaines, comme d’habitude, ils commencent à enfler et devenir douloureux… très douloureux… et le restent pendant les SEPT semaines restantes! Ahhhh!!! Avec une Sosso qui n’a plus le poids d’un chaton et qui marche, court, et saute à coeur joie sur ma pauvre poitrine, sept semaines de douleurs, c’est quand même… douloureux!

Alors je ne sais pas quoi faire. Je ne sais pas si mon corps va s’habituer à vivre neuf semaines sans rien… Je ne sais pas si j’ai le courage de prendre le risque de ne jamais savoir quand la tornade va me tomber dessus, surtout en ce moment où je voyage beaucoup et j’ai des interviews importantes… Y’a des jours où vraiment, j’aime pas trop être une femme!!!

Wouah, l’automne est arrivé sur mon blog, cette fois c’est sûr, plus d’hésitation, il a débarqué avec ses trompettes et ses belles couleurs! Merci merci merci!!! Continuez, chers visiteurs, à mettre de belles photos sur mon blog, cette collection est admirablement belle et me rechauffe le coeur! La porte vous est toujours ouverte, pas besoin de demander la permission!

Là, je viens de rentrer… Comme d’habitude quand je suis en vacances, j’étais malade pendant trois jours… mais j’ai quand même bien profité de mon long week-end. Par contre, faire aujourd’hui deux décolages et deux aterrissages avec une grippe d’enfer, c’est idéal pour se faire une otite du tonerre… et je n’entends pour le moment plus rien de l’oreille droite. Alors pour les détails et les photos (hummm…) ça sera pour demain, parce que là, j’ai la tête comme une citrouille (c’est de saison, c’est bien), le nez rouge comme une tomate (ça doit être La Miss qui m’a refilé ça, huhuh), l’oreille à la Van Gogh, la gorge en feu, et j’ai en même temps trop chaud et trop froid. Alors je vais me coucher!


Une citrouille de Bretagne envoyée par une gentille lectrice!

Je ne suis pas sûre de ce que j’ai envie de dire ce soir, ni de comment le dire… mais ça fait longtemps que ça traîne dans ma p’tite tête alors bon, faut que ça sorte d’une façon où d’une autre. Mais je vous préviens, je décline toute responsabilité en cas d’incompréhension et de trucs mal dits, choquants, tristes, bêtes, ou sans queue ni tête! Ceci est un « essai pas littéraire à la façon de James Joyce dans Ulysses mais sans les histoires de sexe. » Sorry. Je vous aurai prévenus!

L’histoire a commencé il y a bientôt 33 ans (aaaahhhhh… bon, c’est pas de mon grand âge que je veux vous parler, passons!). Non, ce que je veux dire, c’est qu’en fait, cet été je me suis disputée avec quelqu’un que j’aime beaucoup, qui m’a souvent fait rire, qui m’a soutenu dans des mauvais moments, et que je pensais être un vrai ami. Mais l’électronique ne facilite pas toujours la communication, quoi qu’on puisse en dire, et les commentaires de blogs et autres emails n’ont fait qu’envenimer les choses et c’est très bête. Bref. Un des sujets de dissidence était les blogs personnels et les autres. Les blogs de cuisine, de technologie, de politiques, et ceux plus personnels, où les auteurs crachent leurs tripes et leur coeurs, parfois en rigolant, parfois en émouvant, parfois en pleurant. Ce que mon ami perdu disait, c’était que ça l’ennervait de lire, sur ces blogs personnels (dont le mien, j’imagine), les petits problèmes de la vie dont pouvaient se plaindre les gens. C’est vrai, quoi, je viens de raconter que mon allergie aux aubergines était une tragédie! Pour quelqu’un qui a de « vrais » problèmes dans la vie, c’est sûr que de lire ce genre d’ânerie n’aide pas. Enfin, j’ai répondu que moi aussi j’avais des problèmes (même des plus sérieux que mes allergies aux aubergines) et que ceux des autres me paraissaient parfois bien insignifiants, mais qu’on connaissait rarement toute l’histoire de ces gens et qu’il était donc difficile de les juger, et que chacun a des forces différentes et peut survivre à des problèmes différents. Si on n’a jamais eu de soucis dans sa vie (si si, ça existe des gens comme ça!!), un truc qui paraît débile à d’autres peut devenir un énorme soucis. Je suis énervée quand ma soeur me dit que son dernier soucis était le retard de l’avion qui devait la conduire aux Iles Vierges… alors que ça fait des mois que je n’ai pas eu de vacances et que je ne suis jamais allée aux Iles Vierges, moi, et que je dois payer mon loyer avec une carte de crédit parce que sinon je n’aurai pas de quoi manger ce mois-ci. Bon. C’est la vie. C’est pas parce que je n’ai pas un sous qu’elle, qui en a, va avoir une vie facile. C’est chiant d’attendre son avion, c’est certain! Et quand ça m’arrive, j’ai vite fait de m’en plaindre à tout le monde! Alors pourquoi pas elle?

J’ai souvent repensé à ces histoires… Et puis j’ai lu des commentaires sur un blog que j’aime bien, celui d’Ardvisura et d’Ulysses (pas celui de James Joyce), qui discutaient de tout ça, aussi… et ça a remis la question sur le tapis donc c’est pour ça que je cause de tout ça ce soir… pis aussi parce que j’ai plein de trucs chiants à faire que j’ai pas envie de faire!

Quand j’étais jeune, j’en voulais au monde entier parce que moi j’avais des probèmes et « pas eux! » Je racontais à qui voulait ma vie horrible et essayais sûrement de faire que tout le monde se sente coupable d’avoir une vie « plus facile » que moi. Bien sûr, je me suis pas fait beaucoup d’amis avec ce genre d’attitude! Et je n’en étais pas plus heureuse! Petit-à-petit, je me suis rendue compte que ce genre d’attitude ne me mênerait à rien et que si j’avais des probèmes qui se voient, les gens autour de moi en avaient aussi, et parfois des bien pires que les miens, même si ça ne se voyait pas toujours (être américain, par exemple, hein, c’est pas une sinécure, huhuh ;) ).

En plus, et je crois que c’est ce qui m’a fait ouvrir les yeux, certaines personnes dans ma chère famille chérie bien-aimée que j’adore ont exactement le même genre d’attitude. Plaignez-moi, regardez comme ma vie est horrible, faites attention à moi, et dites-vous bien que VOUS, vous avez (eu) une vie bien facile comparée à la mienne! MOI, quand j’étais jeune… MOI, quand me me suis mariée… MOI, quand j’ai eu des enfants… Bon, c’est pas de ma famille disfonctionelle que je veux vous parler, passons, et j’espère que les personnes concernées me pardonneront cette petite digression… Mais en fait, j’imagine que ça m’a aidé à ouvrir les yeux, de voir ce genre de chose chez les autres, parce que je me suis dit que je ne voulais pas faire la même chose. Chacun a son fardeau. Ce n’est pas à moi de juger, et je ne veux pas en rajouter en racontant mes problèmes qui vont faire que les gens se sentiront mal parce qu’ils ne pourront rien y faire!

Oui oui, je sais, les amis c’est fait pour ça, c’est bien de s’exprimer, tout ça tout ça. Heureusement qu’il y a les blogs et les psy, pour s’exprimer, hein?! Parce que maintenant, une des choses que je DETESTE le plus, c’est qu’on me dise « j’essaye d’être plus forte, dans la vie, parce que quand je pense à toi, je me dis que mes problèmes ne sont vraiment pas grand’chose! » Bon, c’est trop complexe ce que je voulais dire, je savais que j’allais m’embourber… Je n’essaye pas de dire que ce n’est pas bien de garder une vision de la réalité (c’est vrai que je parle, me vois, j’entends, me marche, j’ai un toit sur la tête et des diplômes dans la poche (ou sur le mur, plutôt), une famille qui m’aime, tout ça, et que ce n’est pas le cas de tout le monde, je le sais!), mais en même temps, de dire qu’il y a des problèmes dont on ne devrait QUE avoir le droit de rire et qui ne sont que du vent comparés à d’autres problèmes, je trouve que c’est bête. On a tous nos petits et nos grands problèmes, et certains en parlent, d’autres pas, certains les montrent, d’autres pas, certains sont forts, d’autres pas, certains y font face, d’autres pas, certains ont le choix, d’autres pas.

Franchement, ce post c’est de la crotte de bique en tube! Je ne sais toujours pas ce que je voulais dire… peut-être que merdàlafin, on a le droit de se plaindre, parce que parfois, ça fait vachement de bien, même si ce n’est que parce qu’on rêvait de glace à la pistache et qu’il n’y en avait plus au magasin… et en même temps que merdàlafin, arrêtons de nous plaindre parce que ça ne sert pas à grand’chose sauf si c’est fait intelligemment (avec modération, psy, etc.)! Huhuhuh… que je suis bête parfois! Je crois que j’écris ce genre de post pour que mes lecteurs puissent se sentir plus intelligents que d’habitude, parce qu’au moins, ils ne sont pas aussi bête que moi ;)

Bon, ma conclusion peu concluante, c’est que je suis sûre que quand j’ai envie de me plaindre de mes « vrais » problèmes, qui, sur l’échelle de Richter, sont quand même entre 4,0 et 4,9, et que je trouve parfois TRES embêtants, il y a plein de gens qui se disent que vraiment, je me plains pour rien du tout et je ne sais pas ce que c’est que les VRAIS problèmes de la vie! Mais ça me donne quand même le droit de me plaindre! Mais que je vais quand même pas me plaindre tout le temps de tout parce que sinon je vais perdre tous mes lecteurs (et mon lecteur de DVDs serait particulièrement regretté ;) ), et puis que de toutes les manières, les psy c’est fait pour ça, et en plus c’est pas drôle de se plaindre tout le temps, mieux vaut rigolassioner de ce dont on peut rigolassioner! CQFD.

Ptain, demain faut que je vous raconte une histoire de sexe, pour faire passer les platitudes de ce soir!

Certains et certaines auront probablement pensé que ce post n’avait été écrit que dans l’intention de faire remonter des statistiques dignes d’un mois d’août bien trop vide et calme, ou d’attirer les les jeunes hommes… Et puis il y aura ceux qui ont vu le 1 du titre et se seront dit que peut-être, à part les petites culottes, il y avait anguille sous roche. Eh bien anguille sous roche il y avait, en effet!

J’imagine que mes chers lecteurs auront surtout regardé les images… et passé moins de temps à faire une analyse du texte qui les précédait. Pourtant, au détours de ces quelques mots, il y avait beaucoup de choses que j’aurais voulu dire sans y arriver. Beaucoup de sentiments et d’émotions cachés au creux de ces phrases anodines. Mais l’histoire n’était pas facile à raconter… et même aujourd’hui, après plusieurs semaines, je ne sais toujours pas bien mettre les mots sur tout ce que je ressens.

L’histoire remonte à un certain soir de juin. Ce soir-là, je suis allée à mon premier Paris Carnet et j’y ai rencontré Ebb. Avec elle et Racontars, nous avons longuement parlé du système de santé publique du Canada, et Racontars nous expliquait qu’une amie était morte d’un cancer à cause de la lenteur du sysème. Pas la joie. Et imaginez ma surprise quand, le soir-même, nue devant mon ordinateur par une chaleur toujours écrasante à passé minuit et en train de raconter cette soirée sur mon blog, je me suis soudain rendue compte que j’avais quelque chose de rond et dur et pas tout à fait normal à l’intérieur de mon sein gauche!

Si cette nuit-là j’ai surtout réfléchi, au lieu de dormir, les jours suivants n’ont pas été trop difficiles, parce que j’avais pris une décision: si c’est quelque chose de grave, je ne le dirai jamais à personne! Et en même temps, je savais que toute ma vie n’a été qu’un miracle de survie d’un problème après l’autre, donc je savais que ce ne serait pas grave. Mais quand même. Ca faisait mal, en plus, surtout pour moi qui ne dort que sur le ventre! Après quelques jours, j’en ai parlé à mes soeurs, mais elles savaient que c’était un secret.

A mon retour aux Etats Unis une semaine plus tard, je suis allée voir un médecin qui m’a envoyée faire des ultra-sons… cinq semaines plus tard! Et après ça, on se plaint au Canada! Inutile de vous dire que mes mois de juin et juillet n’ont pas toujours été faciles, même si au fond de moi je savais que ça ne pouvait pas être grave. Ce qui est intéressant, c’est que j’ai commencé à avoir des pensées qui m’étaient tout à fait inconnues jusqu’alors. Je me suis dit que je ne voulais pas aller faire ces ultra-sons, que je ne voulais pas qu’on me tripote, me pique, me regarde, me détaille, me trafique, me palpe, me tripatouille, et me fasse mal. Et surtout, pire que ça, je ne voulais pas qu’on puisse atteindre à la beauté de mon petit sein joli!

Oui je sais, c’est con à dire comme ça, mais je les aime bien mes seins, moi. C’est même une des seules choses dont je suis fière, une des seules choses qui ne soit pas mal foutue chez moi, une des seules choses qui n’a jamais eu de problèmes! Et surtout, surtout, c’est ma féminité! Je ne m’habille pas particulièrement joliement, je ne mets pas de maquillage, je porte rarement des chaussures à talons, mes cheveux sont souvent en gros chignon quelconque… mais mes seins sont toujours là, eux, mignons, petits certes, mais une preuve certaine que je suis une femme et que même si je cache bien mon jeu, j’ai parfois envie d’en profiter. Le reste de moi est fort peu intéressant, moche même, parfois, et douloureux ou trivialement négligeable. Le reste de moi s’est aussi fait charcuter un certain nombre (inconnu) de fois, jusqu’à ce que ça devienne normal. Allez-y, coupez, collez, endomagez, tailladez, rafistolez, cousez, trafiquez tout ce que vous voudrez chez moi, mais ne touchez pas à mes nichons! Ne touchez pas à cette femme en moi! Voilà ce que j’ai pensé pendant ces cinq semaines. Je me les garderai intactes jusqu’au bout, mes seins! Je resterai une femme!

Comme je l’avais prévu, ce n’était rien de bien grave. Qu’un simple kyste enflammé qu’il a été intergalactiquement infiniment bigrement douloureux de vider (mais très intéressant à regarder, il faut bien l’avouer). Et qui n’est pas revenu depuis. Mais mes pensées restent les mêmes. Si on m’avait parlé d’une telle histoire il y a quelques mois de ça, j’aurais dit bah, mais c’est rien, c’est pareil de se casser un bras et de se faire aspirer le kyste d’un sein! Mais cet été, j’ai réalisé que non, c’est TRES différent! Un bras est un bras, mais un sein représente quelque chose de plus intime, de plus profond, de mythique, presque. Si un bras fait partie du corps humain en entier, le sein, lui, fait partie de la féminité, de l’identité, du mystère que sont les femmes, des tréfonds de nos sensations secrètes et profondes. Si vous ne me croyez pas, touchez le bras d’une femme… et puis touchez son sein… et vous comprendrez!

Ce fameux post parlait de ce dont on peut orner ses seins, de cette « façon agréable de se sentir jolie, de se sentir une « vraie femme, » de porter des jolies choses, même si personne (ou presque?) d’autre que moi ne peut le voir. » C’est peut-être ridicule, surtout qu’on ne pense pas souvent de cette façon et à ce genre de détails, et puis je n’ai pas les bons mots pour le dire, mais être une femme ce n’est pas qu’une questions d’apparence extérieure, de voix plus aigüe ou de cheveux plus longs. C’est aussi se sentir femme, se savoir femme, et s’affirmer femme, à l’intérieur comme à l’extérieur.

c’édait biss dudu en direcde du jamp de baïs, gui redourne ze gouger abec sa gribbe russe de Hong Kong aviaire sous espagnole asiatique gédédiquebent bodifiée (c’est la faute à kiara, huhuh!).

… où j’en ai vraiment marre de devoir me battre toute seule contre cette putain de vie depuis si longtemps!

- quand j’ai tellement mal aux jambes la nuit que je ne peux même pas me lever pour aller prendre un anti-douleur,
- quand je tremble tellement de fièvre que je n’arrive même pas à aller nourrir mes chats,
- quand j’ai une attaque de panique telle que je me demande si je ne vais pas mourir étouffée, là, toute seule,
- quand je me bats contre moi-même jour et nuit parce que j’ai plus envie de vivre mais je sais que je n’ai pas le droit de penser à ça,
- quand je suis trop épuisée pour me faire à manger et que de ne rien manger m’épuise encore plus et que je mange donc encore moins…
- quand je passe des nuits entière sans pouvoir dormir à me demander comment je vais réussir à finir ma thèse, payer mes factures, réussir à ce que mes élèves ne me détestent pas, continuer malgré ma santé pourrite, et graduer dans un an,
- quand je me prépare à faire des demandes d’emploi et que la seule chose qui passe et repasse sans fin dans ma tête c’est « t’y arriveras jamais, arrête de rêver, personne voudra de toi, »
- quand j’ai une chute brutale de tension et que je me retrouve étalée sur le carrelage de la salle-de-bain à vomir tout ce que je peux.

… mais d’un autre côté je me dis que je n’aimerais vraiment pas que quelqu’un me voit dans cet état…

Le magazine The Week du 29 juillet 2005 écrit ce petit commentaire fort intéressant:

Now here’s an economic statistic I can drink to, said Arthur C. Brooks in The Wall Stree Journal. Economists say that people who enjoy a couple of beers or glasses of wine a night earn a « drinker bonus » of 10 percent to 25 percent in pay over their nondrinking colleagues. But wait: « Research also shows that beyond about two drinks a day, wages start to fall. » Moderate drinkers, it turns out, are also more generous with their money. Assuming the same income and education levels, drinkers give between $50 to $100 more a year to charity than their dry counterparts. Economists can’t exactly explain the connection between income, altruism, and booze. One camp says the health benefits of moderate drinking improve productivity; another argues that alcohol is a « social lubricant » that serves as an inducement for deal making; still another believes the high achievement comes first, and that people with high-pressure jobs simply use alcohol to « self-medicate. » No matter. You don’t have to understand the process to benefit from it. Just crack open a cold one and toast your favorite charity. « But stop at two and don’t forget to write the check. »

En gros ça dit que les gens qui boivent de l’alcool modérément gagnent de 10 à 25% de plus que les gens qui ne boivent pas et donnent entre $50 et $100 de plus par an à des associations caritatives. Les gens qui disent ça ne savent pas pourquoi les choses marchent comme ça. Certains disent que de boire augmente la productivité. D’autres disent que l’alcool est un lubricant social (huhuhuh que c’est moche) et que donc on a moins peur de prendre des risques. Enfin certains disent qu’on gagne d’abord plus d’argent que les autres et qu’on utilise ensuite l’alcool pour se détendre.

Bref, je comprends mieux pourquoi je gagne des cacahuettes et je suis si pingre: je n’aime pas l’alcool! Si vous voulez gagner plein de blé et être super généreux, allez donc boire un coup! Et n’oubliez pas de m’envoyer un chèque de temps en temps pour vous avoir refilé ce si bon tuyau, quand vous aurez fait fortune (ça ne devrait pas être trop difficile, comme vous devriez en plus être devenus très généreux)! (Comme quoi, une deuxième façon de se faire du blé c’est de saoûler ses copains! J’l'aime bien leur idée!)

mots du jour: le « booze » c’est l’alcool; « a cold one » c’est une bière.

Tchintchin (ce qui veut dire quéquette en japonais, donc ne dites pas ça lors de votre prochaine réunion avec les investisseurs nippons!)!!

Oui, mon été a été pourri! Quoi, « a été »? Ben oui, le travail payé (élèves, cours, réunions, tout le tralala) recommence déjà le 15 août, avec premier salaire de l’année scholaire le 15 septembre, ouéééééé, à moi la fortune!! Donc mon été a été pourri, à part mon petit voyage à Madison et la rencontre d’un monsieur très chouette (mais qui est marié, je le précise tout de suite) que j’avais très envie de rencontrer depuis très longtemps. Les problèmes avec ma recherche se sont accumulés les uns sur les autres sans répit, et mes tensions arterielle et nerveuse sont montées bien trop haut et bien trop vite. Mais mais mais…

Ce matin j’avais trop mal au dos et à la nuque, et je me suis dis merdoum, il est temps que tu te bouges le cul chère lulu et que tu prennes soin de toi! Ecoute ton corps, comme dit ma mère. Alors j’ai pris un rendez-vous pour un long massage. Cet après-midi! Ohhhhh que c’était bon! Mon corps entier me dit merci ce soir! Tout l’été j’en ai rêvé, d’un moment aussi relaxant et agréable!

Et en rentrant de mon massage, j’ai trouvé un gros paquet devant ma porte… et dedans, ohhhhhhh là là, c’était la caverne d’Ali Baba, la chasse au trésor, les mille et une nuits, le chat botté… heu non pardon, je m’égare là. Bref, c’était un gros paquet très lourd, bien emballé, et sur lequel Sosso a tout de suite jeté son dévolu. Et dedans, il y avait des tas de choses que je califierais de fromageuses, chocolateuses, délicieuses, fondeuses, miameuses, merveilleuses, savoureuses, et succuleuses! (Quoi je parle mal français? J’ai jamais prétendu le contraire, hein ;) ). Je vous laisse jeter un coup d’oeil au contenu du paquet mais pas touche, hein! Il manque les biscuits, sur la photo, parce qu’il n’en restait déjà plus beaucoup dans le paquet au moment de la photo et que je ne voulais pas avoir l’air gloutonne… et ça ne se voit pas, mais dix minutes après cette photo, il y avait un monstre trou dans le fromage!!! MONSTRE!!!

Merci mille mille mille mille fois kiara, c’est beaucoup trop et je ne mérite pas tout ça!!!! Mais c’est sûr que ça vaut tous les cheveux blancs et les ulcers que je me suis fait cet été :) Je recommencerais, si c’était à recommencer avec une telle récompense à la fin (enfin, au milieu du projet, en fait, mais à la fin de l’été, quand même). Mes cheveux blancs rougissent déjà de plaisir à la dégustation de ces pâtes italiennes divines avec cette sauce tomate avec des VRAIES feuilles de basilique dedans! Et mes ulcers sont déjà guéris à la vue (et à l’odeur!!) de ce fromage des dieux! kiara t’es trop gentille, je sais pas quoi dire!!! Et je sais pas comment te remercier!!!

Pour la petite histoire, les pâtes et le pesto sont vraiment italiens et je m’en suis émerveillée pendant un moment en admirant boîtes et petit pot joli où tout était écrit en italien… et puis je me suis tournée vers ce qu’il restait de biscuits et j’ai lu ce qu’il y avait écrit sur le paquet… et je me suis dit ouah, je comprends vraiment vachement bien l’italien!!! … jusqu’au moment où je me suis rendue compte que c’était de l’espagnol! Huhuh!

Pour l’autre petite histoire: la sauce tomate est divine avec les gnocchis!

Pour la troisième petite histoire: demain matin: fromage blanc et compote de pêche pour le petit déjeuner! Ouééééééé!!!!!

Finalement, cette journée a été tout à fait parfaite (enfin, j’ai pas écrit mon article urgent mais l’inspiration vient beaucoup plus vite quand on est bien nourri, non?) et un moment bien apprécié de mon été pourri! Petit massage du dos et petit massage du ventre… la vie n’est pas si mauvaise après tout :)

Pour la petite histoire finale: huhuh, je viens de finir ce post et je vais chez toi pour prendre ton adresse et la mettre en lien ici, et je vois que toi aussi, non seulement tu parles de bouffe, mais en plus tu as utilisé Ali Baba… les grands esprits estomacs se rencontrent ;)

Bon, soyons rationels et logiques, hein. Pas de « quoi?? t’es toujours pas allée voir un docteur??? » parce que ça marche pas avec moi ce genre de truc. Si j’allais voir un docteur à chaque fois que j’ai mal quelque part, j’y serais 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Alors ne dramatisons pas. J’ai une vraie question.

Il y a quelque temps, je ne sais déjà plus quand parce que je n’ai aucune notion du temps cet été, je me suis cassée la figure dans les escaliers. Vous vous souvenez. Depuis, tout va bien, je ne me suis visiblement rien cassé, mais mon coude et mon pouce m’embêtent un peu. Pas beaucoup. J’ai pas « mal » vraiment, mais quand je tends le bras, mon coude me fait mal, et quand je plie le pouce un peu trop, il me fait aussi mal, comme quand j’ai de l’arthrite dans les doigts mais un peu plus. J’ai de l’arthrite et souvent mal aux articulations des doigts et des épaules, donc ça a peut-être à voir avec ça… surtout qu’il fait une humidité à couper au couteau depuis quelques temps… mais c’est un peu plus persistant. Ca ne me fait pas souvent mal mais disons que ça me gêne plutôt, et quand je fais certains mouvements sans y penser, ça fait mal.

Le problème est que ça n’est pas cassé, puisque tout marche très bien à part ça. Et puis ça fait plusieurs semaines que ça s’est passé et je n’ai rien qui ait enflé, qui soit rouge, brûlant, particulièrement douloureux… Et je me dis que si je m’étais fait une petite fracture de l’humérus, par exemple, ça ne servirait à rien de le savoir parce qu’on ne pourrait rien y faire. N’est-ce pas? A part me mettre le bras en écharpe pour ne pas que je bouge pour ne pas que j’aie mal, on n’y pourrait rien. Pareil pour le pouce. On ne met pas un plâtre pour une petite fracture d’un os qui ne bouge pas. Et comme je le disais lorsque je racontais ma chute, si j’ai le bras en écharpe, je peux plus marcher. Oui, c’est ennuyeux! Donc j’ai décidé de laisser passer. Mais ça ne part pas. Donc je commence à me faire du soucis. Un peu, hein, pas encore beaucoup.

Avant que tout le monde me crie d’aller voir un docteur, je voudrais vous rappeler l’état critique de mes finances, et non, je n’exagère pas, je n’ai pas de salaire depuis le mois d’avril, et on ne vit pas facilement de calins de chats et d’eau claire, surtout quand on doit aller à des conférences un peu partout, que sa voiture en profite pour faire des siennes, et qu’on doit payer $3000 de sa poche pour un projet de recherche à la noix. Je voudrais aussi vous rappeler qu’on n’est pas en France, ici, et qu’une visite à un médecin coûte non seulement cher, mais une radio ou deux coûteraient les yeux de la tête. Et pas de sécurité sociale magique, ici. C’est aux frais de la princesse! Donc je veux bien croire que ça en vaut la peine et le sacrifice (vivent les cartes de crédit), mais je voudrais savoir si ça en vaut VRAIMENT la peine et le sacrifice. Ce que je veux dire, c’est que si on trouve une petite fêlure du cerveau de l’humérus ou du métacarpe, à quoi ça nous avance?? Je ne peux de toutes les manières pas envisager un plâtre… pas la peine d’insister… donc vraiment, cela en vaut-il vraiment la peine? Les fêlures peuvent-elles s’aggraver? Peut-il y avoir des effets secondaires à long terme?

Je demande ça parce que peut-être que mes chers lecteurs auront eu des expériences similaires ou sont docteurs, sait-on jamais! (Pas docteur en biologie, hein, désolée, mais là faut un docteur en bobos!). Tout ça pour dire que si vous avez des informations intéressantes et intelligentes (oui je sais, c’est dur au mois d’août!), c’est le moment où jamais! Mais pas de dramatisation, hein! Pas de « mais l’argent c’est moins important que la santé blah blah blah » parce que ça marche pas avec moi ce genre d’argument!

Merci :)

Littéralement. D’abord, j’étais en haut des escaliers et j’ai perdu l’équilibre. Ensuite, j’ai entendu le gros « boink » de ma tête qui frappait la rambarde d’escalier en métal, très fort. Et puis je me suis dit: j’ai toujours eu peur que ça m’arrive, eh bien c’est arrivé! Mieux que dans les films! Faudrait que j’arrête de rouler comme ça quand même! Finalement, j’étais en bas des escaliers, en train de crier: mais arrêtez de tirer sur ma tête! et en train de penser tout en même temps et dans le désordre: c’est pas possible d’avoir tellement mal, je dois m’être cassé quelque chose, oh mon Dieu, je ne peux plus bouger, j’ai trop mal, la nuque c’est le pire, j’ai dû me briser la nuque, oh mon Dieu est-ce que je peux bouger mes bras, mes jambes, j’espère que quelqu’un va me trouver ici, merde c’est pas vrai, si je finis tétraplégique aurant me laisser mourir tout de suite, c’est dingue de faire une telle chute et d’être encore vivante, dans tous les films les méchants qui font de telles chutes meurent, je peux bouger les mains c’est déjà ça, haha j’ai encore mes lunettes sur mon nez, ptain j’ai trop mal, je refuse de bouger, c’est quand même triste de crever dans des escaliers même pas chez soi, j’aurais dû ranger mon appartement, qui est-ce qui va prendre soin de mes chatounnes, si je finis à l’hôpital j’aurai pas besoin de causer à cette stupide conférence jeudi c’est déjà ça de gagné, life is a bitch, j’ai trop mal!

J’aurais vraiment dû me briser la nuque, sur ce coup-là, j’ai fait la chute de la mort! Celle où on fait des galipettes dans l’escalier sans pouvoir s’arrêter, et heureusement qu’il y a le mur en bas contre lequel on peut s’écraser pour finir en beauté. C’est ma nuque que j’ai sentie en premier, j’avais tellement mal que je n’arrivais plus à arrêter de pleurer même quand une madame est sortie de chez elle pour aller chercher sa lessive et m’a trouvée comme ça, les quatre fers en l’air, et que j’avais bien honte de ma tronche! Elle m’a dit: oh là là, vous voulez que j’appelle une ambulance? Je lui ai répondu: attendez, laissez-moi réfléchir deux minutes. Elle a dit: d’accord, je vais chercher ma lessive et je reviens tout de suite, ne bougez pas! C’est là que j’ai commencé à trembler. Et puis à essayer de me relever, un peu chancelante, tout en me disant: mais c’est pas possible que je sois encore en un morceau, c’est incroyable!

A deux centimètres près, je m’éclatais les lunettes dans les yeux contre la rambarde, au lieu que ce soit ma tête. Et puis en essayant en vain d’expliquer à Laurel quelques rudiments d’Excel que j’étais venue lui apprendre, je sentais mon corps se réveiller petit à petit, d’abord le genoux gauche, que j’avais l’impression d’avoir déchiré, et puis la grosse bosse sur ma pauvre tête, juste au-dessus de l’oeil, bien rouge et douloureuse. Ensuite, mon dos s’est réveillé violemment, comme si j’avais voulu en arracher tous les muscles. Un peu plus tard, les brûlures faites par la moquette sur le bras droit et la jambes gauche ont commencé à brûler un peu aussi. Et puis j’ai senti mes doigts, mon poignet, et mon coude surtout, sur lequels j’ai dû tomber de tout mon poids en bas des escalier, commencer à protester vivement. Mais le pire, c’est ma nuque, mon pouce, et mon coude. (Et ironiquement, si je me suis fracturé le coude, je suis bonne pour la chaise roulante, alors prions pour que ça passe!) Au bout de trente minutes, je ne pleurais plus, je ne tremblais plus, mais chaque cellulue de mon corps était en train de me crier haut et fort que cette méchante chute ne lui avait pas plu du tout!

J’aurais dû me démolir le crâne, me briser la nuque, m’éclater les lunettes dans les yeux, me couper le front, me pulvériser un bras ou une jambe, me broyer le poignet, me disloquer une épaule ou une hanche, me fracturer quelques côtes, me casser les doigts, me déchirer quelques ligaments. Mais rien. J’ai terriblement mal partout, mais rien n’est cassé! Je suis sacrément solide, et j’ai une chance invraisemblable! J’ai roulé deux fois sur moi-même, tête la première, et comme d’habitude, je m’en sors avec trois égratignures et un torticoli. Et en plus, ça m’a donné une excuse pour dormir comme une souche tout l’après-midi au lieu de préparer ma présentation pour la conférence de jeudi!

Comme dans les films, pourtant! C’était vraiment incroyable! Je n’en reviens toujours pas!

J’ai un peu de mal à penser clairement, ce soir, quand même…

Visiblement, je suis horriblement, terriblement, affreusement allergique aux familles Prunus et Malus, aux Padus, aux Cerasus, et aux Amygdalus, mais pas encore à la famille Rubus… mais ça vient! De quoi parlais-je? Des fruits! Je suis désespérée! Je pourrais vivre de fruits, pendant l’été, ne me nourrir que de pêches qui sentent encore le soleil, d’abricots juteux, de cerises qui me tâcheraient la langue, de fraises exquises, de prunes collantes… Mais non, je ne peux pas, et ça devient de pire en pire. Je me souviens du verger de mon arrière-grand-père dans lequel on allait voler des pêches, pendant la nuit, aux Aresquiers. Mais je me souviens aussi des premières brûlures à la langue, de ma gorge qui se serrait, et de mes lèvres qui enflaient douloureusement à chaque fois que je mordais dans ces fruits défendus. Défendus ils étaient! C’est peut-être la culpabilité de ces vols nocturnes qui m’a rendue si allergique à tous les fruits de la famille des rosacées.

Faites une petite recherche sur google, et vous verrez qu’il existe plus de 2000 fruits différents dans cette famille! Les plus grandes sous-familles, que je nomais ci-dessus, sont: les Prunus (abricots, amandes, cerises, pêches, prunes), les Fragaria (fraises), les Cydonia (coings), les Malus (pommes), les Pyrus (poires), et les Rubus (mûres, framboises). Jusqu’à peu de temps, je pouvais encore manger les baies de la famille des Rubus sans problème, mais l’autre jour, après avoir fait ma collection hebdomadaire de framboises et de mûres pour mon petit-déjeuner, j’ai remarqué que mes lèvres commençaient à être un peu douloureuses et enflées après avoir mangé quelques mûres! Merdum, cacum, bibendum!

Ca me crève le coeur de ne pas pouvoir manger de tous ces fruits! Ma seule consolation est de pouvoir les manger, autant que j’en veux, quand ils sont cuits. Et puis c’est embêtant pour mon régime, mais je ne peux manger de fraises fraîches qu’avec plein de crème fouettée dessus! Pas de ma faute! Je peux aussi, parfois, couper une pomme dans mes céréales et arriver à la manger après l’avoir laissée un bon moment mariner dans le lait et en ne touchant surtout pas les bouts avec mes lèvres! Pas très pratique! Ma tata, qui est médecin, dit que c’est en fait au gas qui s’échappe des fruits frais quand on les coupe que je suis allergique, ce qui expliquerait que l’autre soir, j’aie pu m’enfiler un saladier entier de fraises fraîches lavées et coupées en morceaux le matin-même. Enfin, « fraîches » est un grand mot dans ces cas-là…

Bref, à chaque fois que je vais faire les courses, je passe devant des caisses et des caisses de pêches. Les pommes ça va, ça ne sent rien, mais les pêches, ça sent jusqu’à l’autre bout du magasin, et il m’est presqu’impossible d’y resister! Donc l’autre jour, quand j’ai vu un petit paquet tout prêt de « crumble minute, » je me suis dit chouette, bonne idée, je vais faire un crumble au pêches! Dans le petit paquet, il y avait cinq pêches qu’il fallait éplucher et couper en morceaux dans un moule, et un petit sachet auquel il fallait mélanger un peu de beurre fondu. Mettre ensuite le mélange sur les pêches et enfourner tout ça… et hop, on a du peach crumble! Bon, c’était pas ultra bon parce que c’était trop sucré et artificiel… mais les pêches étaient délicieuses et sont passées comme une lettre à la poste! J’ai donc décidé de faire mon propre crumble maison, alors que je n’y connais strictement rien et que mes essais culinaires sont, heu, en général un désastre!

Mais là, je dois dire que je suis VACHEMENT fière de moi et que c’était DELICIEUX!!! DIVIN!!! SUBLIME!!! Alors je vous file la recette mais c’est pas de ma faute si ça marche pas pour vous, parce que j’y suis allée tout-à-fait au pif… Il vous faut, pour 2-3 personnes: 5 pêches, 3/4 de cup de sucre, 3/4 de cup de farine, 3/4 de cup d’amandes éffilées, un peu d’extrait de vanille, un peu de cannelle, 3/4 de cup de beurre… et je crois que c’est tout.

Le coup des amandes éffilées était génial. Je sais que souvent, on utilise des amandes déjà écrasées, mais là, j’ai mis les amandes et le sucre dans un petit sachet en plastique que j’ai bien fermé (ceux que j’utilise pour mettre mes sandwiches, ou bien les oignons pas entièrement utilisés au frigidaire), et puis avec un rouleau à pâte, j’ai écrasé tout ça! J’aurais pas dû mettre le sucre avec. Mais c’est pas grave. Il y avait encore des bouts d’amandes et c’était délicieusement croquant avec la pêche bien juteuse….

Ensuite, j’ai mis amandes et sucre plus farine dans un saladier. J’ai mis le beurre dans un petit bol au micro-onde pendant une minute pour le fondre et puis je l’ai mélangé avec les trucs dans le saladier en rajoutant une cuillère d’extrait de vanille et un peu de cannelle, et voilà! Mon mélange était un peu trop liquide, il ne faut pas que ça fasse une pâte lisse mais plutôt que ça soit un peu comme de la pâte brisée avant de mettre de l’eau…

Ensuite, j’ai épluché et coupé les pêches en morceaux et les ai mis dans un plat beurré. En fait, je vous conseille de prendre des pêches pas très mures, parce que là, les miennes étaient trop juteuses, et comme ma « pâte » était aussi un peu trop mouillée, ça a fait plutôt gratin de fruits au lieu de crumble.

J’ai mis la « pâte » sur les fruits et j’ai mis tout ça au four pendant 30 minutes sur, heu, 350 degrés, donc au 3/4, quoi. Pas trop chaud. En vérifiant de temps en temps que le dessus ne crammait pas.

Le résultat était au-dessus de mes attentes! Exquis! Délicieux tiède avec de la glace à la vanille, ou même froid du frigidaire, par ces temps caniculaires! Un peu liquide, donc pas super présentable, je dirais, mais je m’en fiche, j’avais pas l’intention de partager avec qui que ce soit ;) C’est peut-être dû au fait que j’ai pas fait très attention DU TOUT à mes proportions et qu’en plus j’ai mangé pas mal du mélange avant de le mettre sur les pêches parce qu’il était super bon (oui je sais, la farine pas cuite c’est pas digeste… mais c’était trop bon). Je suis allée voir chez Estelle et elle a une recette de crumble aux pommes… donc suivez sa recette, mais faites attention que les pommes sont moins juteuses que les pêches! Bref, Sosso et Calinette m’ont fait la gueule toute la soirée parce que je ne les ai pas laissées me manger la part du crumble que je me garde pour le p’tit dèj de demain! Et j’ai eu du mal à ne pas tout manger d’un coup, moi aussi, tellement c’était bon!

Bon d’accord, je sais pas faire cuire le riz et je rate même les salades de patates, mais qu’est-ce qu’il est bon mon crumble!! (J’aurais peut-être dû essayer de rajouter une courgette râpée dessus, ça aurait sûrement été encore meilleurs!)

Une miss lulu qui n’a pas dormi depuis 30 heures ça:

- a une démarche de saoularde,
- a toujours mal au ventre malgré que les anglais ne se soient pas encore décidés,
- est encore capable de prendre le RER,
- aime que le monsieur qui chante avec sa guitare la tienne réveillée,
- se sent comme sur une autre planète,
- se sent crade et moche,
- a des frissons tout le temps,
- a les yeux lourds,
- est contente de manger des sushis en charmante compagnie pour le petit déjeuner,
- a le vertige et vaguement envie de vomir,
- parle trop et raconte n’importe quoi,
- a du mal a refléchir intelligemment et a retrouver les mots de passe de son ordinateur,
- a les pieds enflés comme des baleines et les jambes remplies de plomb,
- n’est pas trop heureuse de se faire coincer pendant une heure dans la circulation parisienne,
- a du mal à se souvenir du code, trouver le bon étage dans l’ascensseur, et trouver la bonne clé,
- n’a aucun mal à trouver sa chambre, poser sa valise, et s’effondrer sur son lit pour dormir comme une souche,
- se réveille un peu vaseuse trois heures plus tard et passer une soirée sympa, manger des pasta, et bosser quelques heures,
- a l’impression que la terre tourne dans le mauvais sens et un peu trop vite et aller se coucher à une heure du mat’ heure de Paris,
- n’a aucun mal à dormir d’une traite jusqu’à huit heures du mat’ heure de Paris!

Une miss lulu qui est en France depuis 24 heures avec sept heures de décalage horaire dans les pattes, ça a:

- du mal à trouver les lettres sur le clavier français,
- se rend compte de toutes les choses importantes oubliées dans son champ de maïs,
- a l’impression que son cerveau a été coupé de moitié,
- n’a pas du tout envie de se mettre a bosser malgré l’urgence,
- a froid et plein de frissons malgré le joli soleil dehors,
- a toujours les pieds enflés comme des ballons de foot,
- a du mal à manger un délicieux pain aux raisins à deux heures du mat’ heure de son champ de maïs,
- a juste envie de se coller devant la télé pour regarder des conneries sur TF1,
- se demande pourquoi les prises françaises ne sont pas les mêmes que les prises américaines et comment son ordinateur va survivre,
- regarde l’ecran d’un oeil morne et vide sans que la moindre petite pensée intelligente ne traverse son cerveau embrumé,
- a du mal à se rendre compte qu’elle est à Paris,
- voudrait lire plein de blogs mais a mal au dos sur cette chaise et du mal à se concentrer sur ce qu’elle lit,
- a envie de voir plein de copains et de copines,
- a très envie de vomir et la tête qui tourne,
- continue de se shooter aux anti-douleurs et ne sait toujours pas trop à quoi s’attendre,
- a envie de faire plein de choses mais en même temps rien du tout,
- va retourner se coucher même si elle sait que c’est vraiment une mauvaise idée!

Là je trouve la vie trop injuste! C’est vrai, quoi, je prends la pilule pendant CINQ ans, pour RIEN, presque, hein, parce que je suis la fille la plus anti-sociale qui existe dans ce monde de fous et qu’en plus ça sert à rien parce que bon il y aurait d’autres moyens pour se protéger si jamais il m’arrivait de vouloir faire crac-crac, et là, paf, un mois avant de partir en France, plus de pilule! Bon d’accord, c’était pas très malin de me la procurer en contrebande depuis la France et donc de ne pas pouvoir en acheter ici sans aller voir un de ces tortureurs de bonne-femmes pour me la faire préscrire. Mais la vie était belle, réglée comme un coucou suisse, sans problème, sans soucis. Je savais même « oublier » de prendre la dernière petite pilule rose de la petite plaquette pour éviter que les anglais ne débarquent un jour d’examen ou de voyage, et c’était super pratique de savoir exactement QUAND ils allaient débarquer! Parce que mine de rien, c’est vraiment chiant comme histoire! Je suis d’accord que les mecs doivent se raser tous les jours mais ça ne les retient pas au lit pendant deux jours par mois avec des douleurs attroces et tous les autres inconvénients que je ne décrirai pas ici pour ne pas choquer mon audience même que j’espère que ma grand’mère ne lit pas ce post parce que la pauvre ne s’en remettrait jamais de voir que sa petite-fille écrit publiquement de telles horreurs sur sa vie privée!

Bref, la vie c’est pas juste! Je me suis dit ben tant mieux, j’ai plus de pilule, c’est pas grave, je vais essayer un mois sans pour voir si j’ai plus mal ou moins mal, de toutes les manières c’est pas comme si j’en avais besoin pour ne pas tomber enceinte, hein, pis en plus il paraît que c’est mauvais pour la santé ces machins! Et comme je retourne en France bientôt (là était ma bourde, je n’ai pas regardé le calendrier!!), je pourrai en racheter là-bas une fois que j’y serai si je pense que j’en ai vraiment besoin… PAS DE SOUCIS! HAH!! QUELLE CONNE je suis parfois!! Parce que si le coup du coucou suisse ça marche impec avec la petite tablette avec les petites pilules roses, CA NE MARCHE PAS DU TOUT SANS RIEN! Mère nature est mal fichue, en tous les cas chez moi, et là, ça fait quatre jours, QUATRE JOURS, que j’attends… j’attends… et ces foutus anglais ne débarquent pas… et je me casse de mon champ de maïs dans quelques heures et je serai DANS LES AVIONS ET LES AEROPORTS PENDANT DES HEURES (plus de 12, pour être précise), et JE SAIS QUE CES FICHUS ANGLAIS CHOISIRONT DE DEBARQUER A LA SECONDE OU MOI J’EMBARQUERAI! Et là, attention la crise, même si je suis shootée de tous les anti-douleurs les plus forts, même si je suis prête psychologiquement pour affronter la bataille, et même avec toute la meilleure volonté du monde (ce qui ne sera certainement pas le cas), CA SERA LA GALERE! JE SUIS TROP CONNE!!!!

Conclusion de l’affaire: je vais POUR SUR rapporter 250 petites plaquettes de petites pilules roses de France, et je continuerai à me shooter avec cette chimie (comme dirait ma mère) jusqu’à la fin des temps pour que ce genre d’aventure dont je saurais PARFAITEMENT bien me passer ne m’arrive plus JAMAIS! Hah, c’est bien beau de dire que c’est pas bon pour la santé de la prendre pendant trop longtemps, la pilule, mais essayez voir de vivre avec ce genre d’épé de Damoclès constamment au-dessus de la tête et qui peut vous tomber dessus N’IMPORTE QUAND et SURTOUT aux pires moments et vous rendre la vie INFERNALE et sans espoir de retour! C’est pas juste!

Sur ce, je vous laisse, je dois aller m’épiler les sourcils et me raser les jambes… et j’ai un avion à prendre. Grrrmmpppfff!!