C’est fou comme un simple geste peut me mettre de bonne humeur ou de mauvaise humeur pour toute la journĂ©e. Quand je sors de chez moi, le matin, je ne teste pas la tempĂ©rature de l’air mais plutĂ´t la gentillesse des gens que je croise. Le sourire d’un chauffeur de streetcar, quelqu’un qui me laisse passer devant lui dans une file d’attente, ou quelqu’un qui me donne son siège dans le mĂ©tro fera une diffĂ©rence incroyable dans ma journĂ©e. Dans le film “While You Were Sleeping,” que j’ai vu 250 000 fois (oui j’ai honte), l’hĂ©roĂŻne (qui a le mĂŞme prĂ©nom que moi) admire l’homme (moche) qu’elle aime parce qu’il laisse toujours sa place dans le mĂ©tro aux gens qui en ont besoin. L’homme en question (dont elle tombera finalement amoureuse du frère) rĂ©plique que ce n’est pas du tout hĂ©roĂŻque comme geste, ce Ă  quoi la jeunne femme rĂ©torque, “ça l’est pour la personne Ă  qui tu laisses ta place!”

Pour NoĂ«l, je n’ai envie que d’une seule chose (Ă  part de voir mes frangins, il est vrai): que tout le monde (moi inclue, hein) ouvre ses yeux. Ce n’est pas facile Ă  faire, parce que mĂŞme quand on fait attention, on n’est pas toujours au courant de ce qu’on peut faire de plus. Un exemple? Quand je monte dans le mĂ©tro, certaines personnes me laissent leur siège si le mĂ©tro est très plein. Merci du fond du coeur. MAIS… quand le mĂ©tro n’est pas très plein, il arrive que les gens soient assis près des portes et qu’il reste seulement des places au milieu de la rame. Or, le mĂ©tro dĂ©marre très vite et s’arrĂŞte très peu de temps aux stations. Les portes s’ouvrant et se refermant très rapidement, je n’ai pas toujours le temps de marcher jusqu’aux places plus Ă©loignĂ©es avant que le mĂ©tro redĂ©marre et me retrouve donc coincĂ©e debout près de la porte sans pouvoir m’asseoir. Et si j’ai rĂ©ussi Ă  m’asseoir loin des portes, Ă  l’arrivĂ©e, je n’ai ensuite pas toujours le temps d’attendre que la rame soit immobile pour me lever sans me casser la figure et courir aux portes avant qu’elles ne se referment. La personne que je bĂ©nis jusqu’Ă  la huitième gĂ©nĂ©ration est celle qui me laisse sa place tout près de la porte et va s’asseoir plus loin. Ca c’est de l’hĂ©roĂŻsme pour moi!

Alors voilĂ  mon seul voeux de NoĂ«l: faites attention Ă  ce qui se passe autour de vous, et aidez les gens en difficultĂ©, les mamans avec les poussettes, les femmes enceintes, les personnes qui ont du mal Ă  se dĂ©placer, les Ă©clopĂ©s, les cabossĂ©s par la vie, les mamies et les papis du monde entier. Quand on a sa santĂ©, notre corps nous porte. Quand on ne l’a plus, c’est nous qui devons porter notre corps et c’est parfois douloureux, souvent humiliant, et toujours difficile.

Je dĂ©teste les gens qui me regardent avec pitiĂ© et qui ont peur de m’ouvrir une porte parce qu’ils pensent que je vais ĂŞtre fâchĂ©e. Je bĂ©nis ceux qui m’ouvrent la porte comme si c’Ă©tait naturel de le faire pour tout le monde, ceux qui me disent “laissez-moi vous aider avec ces gros sacs” sans avoir l’air d’ĂŞtre en train de se dire “elle ferait mieux de rester chez elle celle-lĂ , on aurait la paix.” Autres dĂ©tails: utilisez les escaliers si ce n’est que pour un ou deux Ă©tages, pour ne pas faire attendre innutilement les gens qui en ont vraiment besoin. N’utilisez pas le petit bouton qui ouvre les portes automatiquement si je ne suis pas juste Ă  cĂ´tĂ© de vous, sinon la porte se refermera sur moi. N’utilisez jamais les places handicapĂ©es, mĂŞme pour deux minutes, parce que si moi j’arrive avec ma voiture Ă  ce moment-lĂ , je ne peux pas savoir que vous ne serez lĂ  que deux minutes et je vous maudirai. N’utilisez pas non plus les toilettes “accessibles,” certaines personnes ont du mal Ă  marcher, mais d’autres ont du mal Ă  attendre leur tour… Je maudis la personne que j’ai besoin de regarder avec des yeux de martyre avant qu’elle ne se lève en soupirant de son siège pour que je puisse m’y Ă©crouler. Je ne suis pas fâchĂ©e quand c’est un geste naturel… et le naturel ne vient qu’avec l’expĂ©rience et avec le respect.

J’ai du mal Ă  appuyer sur “publish” ce soir, avec ce post. Je me dis que c’est nul de faire ainsi la morale, et puis je n’aime pas trop parler de tout ça. En mĂŞme temps, je me dis que si je ne le fais pas, qui le fera? Après tout, miss lulu a Ă©tĂ© “connue” et lue avant que ses lecteurs adorĂ© se rendent compte de ce cĂ´tĂ©-lĂ  de moi, alors profitons de la cĂ©lebritĂ© :) (A ceux qui seraient fâchĂ©s parce que j’ai “cachĂ©” quelque chose, je ferai remarquer que ne l’ai jamais cachĂ©. Mes albums photos ont toujours Ă©tĂ© publiques et cette facette de moi a colorĂ© bien des posts (et bien des commentaires) sur ce blog sans que j’aie Ă  le mentionner directement). Et puis je ne m’expose pas trop en postant ça alors que la plupart de mes lecteurs sont en train de festoyer et ont oubliĂ© les blogs pour quelques jours…

Enfin, tout ça pour vous dire que je m’en vais pour 2-3 jours aux Etats Unis, pour y retrouver mes deux soeurs, leurs maris, mon neveux, et mon frangin. Je remonterai ici après NoĂ«l avec une soeur, un mari (pas le mien), et un frangin… et on va aller manger ensemble dans un endroit très très spĂ©cial… mais c’est une surprise! En attendant de nouvelles aventures, je vous abandonne donc Ă  mon tour, mes chers lecteurs et chères lectrices, et vous souhaite beaucoup de bons moments et de joie oĂą que vous soyez et avec qui que vous soyez! Et surtout, n’hĂ©sitez pas Ă  vous rĂ©galer sans remors, on ne vit qu’une seule fois ;)