Je veux aller au Canadaaaaaaaaaaaaaaaaaaa!!!!!!! Je veux je veux je veux!!!
Bon, je pourrais écrire trois bouquins sur ma visite à Granbled, mais essayons d’être brefs, huhuhuh.
Déjà, les canadiens s’embrassent dans l’autre sens et ouvrent les robinets dans l’autre sens. Sont fous ces gens. Et quand ils parlent français, huhuhuhuh, c’est trop drôle, ils peuvent raconter les pires histoires de tragédies que ça me fait quand même rigoler tellement leur accent est marrant. Par contre, j’ai bien fait attention, et il y a beaucoup moins de drapeaux canadiens sur les maisons, les habits, et les objets en général qu’aux Etats Unis. Plus qu’en France, c’est sûr, mais trois fois moins qu’aux Etats Unis! Et les gens qui presentent les information à la téloche n’ont pas d’accent ou très très peu, c’est intéressant. En tous les cas, c’était chouette de pouvoir ententre un peu de français. Y’avait même un film de Marguerite Duras avec Gerard Duperdidou (comme ils disent ici) qui a commencé mais c’était tellement ennuyeux que j’ai dû changer de chaine et aller voir le Fric Show, très bizarre mais intéressant, sur le trafique d’animaux domestiques et même que le Québec est la capitale de ce genre de trafique et de cruauté animale au Canada! On en apprend de belles!
Quand l’avion était prêt à atterrir à Granbled, je regardais par la fenêtre de l’avion et j’avais envie de crier “je suis au Canadaaaaaaaa!!!!!!!!!” dans tout l’avion, huhuhu! C’était vraiment chouette… même si je ne pense pas que j’aurai le boulot ni que je le veux, d’ailleurs. Ils décrivaient ce job (pardon, cette job) comme un post de prof, mais en fait c’est plutôt un post de directeur-à-tout-faire-avec-salaire-de-prof. Mais je m’en fiche, c’était vraiment sympa d’aller là-bas!!
Le comité d’embauche était composé de cinq personnes absolument fantastiques, intéressantes, marrantes, et sympatiques. A part pour les cinq premières minutes du premier entretien, à neuf heures du mat’ (et j’avais vraiment mal dormi!) qui étaient un peu tendues, le reste de la journée a été très chouette. J’ai discuté avec la “chair” du département et la “dean” de l’école de Liberal Arts qui étaient vraiment relaxes et qui ne posaient pas de questions nulles ou méchantes. C’est marrant, à part pendant l’entretien de deux heures pendant l’après-midi, j’ai eu l’impression que c’était eux qui essayaient de se vendre et de me donner envie de venir plutôt que de savoir si j’étais assez bien pour eux. Comme s’ils savaient déjà que j’étais assez bien pour eux!
Donc après les entretiens avec la chair et la dean, j’ai eu une “teaching demonstration” dans une classe de 10 élèves internationaux qui ressemblaient tellement aux miens que j’ai oublié les cinq membres du comité assis au fond de la classe et qui prenaient des notes et j’ai discuté et rigolé avec mes élèves comme si on se connaissait depuis toujours! Et ils ont été adorables. Je dois dire que ça m’a fait bien plaisir de voir les profs au fond de la classe rigoler eux aussi–il y en avait même une qui n’arrivait pas à s’arrêter de rigoler! Bref, ça c’était le meilleur moment de ma visite. Une heure absolument parfaite!
Ensuite, j’ai du faire une “research presentation.” Hum… C’était la première fois que je présentais mon nouveau projet de recherche pour mon doctorat et je ne sais pas pourquoi, normalement j’adore parler de ma recherche, mais là c’était un peu n’importe quoi. En plus, je ne m’étais pas rendue compte que les membre du comité n’avaient AUCUNE idée du genre de boulot que je fais (ce sont des profs de litérature qui veulent “ouvrir” une nouvelle section de linguistique qui n’existe pas encore à l’université donc je serais la première linguiste du département). Donc je n’ai pas assez expliqué ce que je faisais, les théories derrières mon projet, qui étaient exactement mes participants, etc. Ouais, ils ont trouvé ça intéressant mais au début j’étais vraiment nerveuse et je n’ai pas suivi mon “outline” de présentation ni lu les notes que j’avais préparées… N’importe quoi!
Après ce semi-désastre, j’ai été invitée à déjeuner dans un restaurant portuguais (très bon) avec deux des cinq profs et une autre prof qui ne faisait pas partie du comité d’embauche. C’était super relaxe et sympa. Une des profs est en train d’écrire un bouquin sur Anne of Green Gables (Anne et la maison au pignons verts) qui se passe dans l’île du Prince Edouard au Canada, et je lui ai raconté qu’on lisait ça avec passion chez moi, et qu’on adorait aussi regarder la mini-série! Je lui ai raconté que quand je suis arrivée aux Etats Unis, j’ai enfin pu lire les livres en anglais et que d’ailleurs, j’avais aussi lu La petite maison dans la prairie en anglais, après l’avoir lu en français toute mon enfance… et que c’était peut-être à cause de ces livres que j’avais eu envie d’aller vivre en Amérique du Nord… et l’autre prof, qui est d’origine allemande, a dit qu’elle aussi elle avait lu ces bouquins et que ça lui avait effectivement donné envie d’aller vivre en Amérique du Nord depuis toute petite!
Après le déjeuner, j’ai eu droit à deux heures de questions plus ou moins difficiles. Au début, ça allait, je n’étais pas du tout nerveuse, surtout qu’une des profs (l’allemande) m’avait en secret filé la liste des questions quelques minutes avant le début de l’entretien (j’avais 15 minutes de “repos”) donc je n’étais pas surprise pas les questions. Mais après une heure, j’ai commencé à être vraiment fatiguée, et vers la fin, je n’arrivais plus à parler anglais sans faire de fautes, je ne savais plus trop quoi répondre alors que c’était des questions faciles, et j’avais du mal à ne pas simplement quitter la pièce pour aller m’effondrer sur mon lit à l’hôtel. Vers la fin, j’ai commencé à vraiment douter de moi, alors que pendant le reste de la journée, je n’avais pas trop de mal à me dire que j’étais la personne qu’il leur fallait. C’est aussi à ce moment-là que je me suis dit que vraiment, je ne voulais pas faire ce boulot, que c’était beaucoup trop de travail, beaucoup trop vague et général, beaucoup trop de responsabilités, et que j’allais y laisser ma peau en trois mois si je le prenais!
Ensuite, on est allés diner dans un restau italien pas mal! Cette fois-ci, j’étais avec deux autres des cinq profs, deux types très marrants et sympas, et encore une autre prof qui ne faisait pas partie du comité d’embauche. Là, je dois dire, je n’ai pas brillé non plus, et je pense qu’ils se sont rendus compte que j’étais pratiquement morte, et on a parlé de moi mais pas autant qu’on aurait pu et probablement dû. Ce diner était encore une occasion pour eux de me griller sur des questions plus personnelles mais ils m’ont aussi raconté plein d’histoires sur leurs études (l’un des profs avait fait son doctorat à Montréal) et plein de trucs comme ça. Le seul moment “brillant” de l’affaire, c’est quand quelqu’un m’a demandé si j’avais des enfants et que j’ai dit “non, … mais j’ai deux chats…” avec hésitation (pas vraiment le truc à dire à un comité d’embauche), et tout le monde a rigolé et raconté que le prof qui avait fait ses études à Montréal avait lui aussi un chat dont il aimait raconter les aventures à tout le département d’anglais.
Vraiment, ça a été tout le temps comme ça: ils ont TOUT fait pour me mettre à l’aise pendant ma visite, et ce sont des gens avec qui je veux garder contacte même si je ne prends pas leur boulot. Le soir, en rentrant, j’étais tellement naze et j’avais tellement mal aux pieds et partout d’ailleurs que j’ai failli aller me coucher sur le canapé du lobby de l’hôtel parce que j’ai cru que je n’arriverais jamais à aller jusqu’à ma chambre (qui d’ailleurs était à l’étage “signature club” donc super confortable et chère mais c’est pas moi qui ai payé!).
Le retour s’est bien passé à part que j’étais super malade dans l’avion, mais j’ai quand même réussi à manger quelques sushis à Detroit. On est partis de Detroit vachement en retard parce qu’un gros blizzard était en train de s’abattre sur la ville et on a été l’un des derniers vols à avoir le droit de partir après s’être fait déglacer pendant plus d’une heure. Heureusement, il n’y avait pas de neige à Indianapolis et j’ai roulé jusqu’à chez moi a demi-endormie mais sans incident, pour y retrouver mes deux chatounes boudeuses et 69 emails urgents auxquels je n’ai même pas commencé à répondre.
En gros, la situation est la suivante: ils me diront dans environ un mois si j’ai le boulot ou non (j’étais la première candidate à être invitée donc il faut attendre qu’ils aient vu les autres). Mais je ne pense pas qu’ils me le fileront. Je VOUDRAIS qu’ils me le filent, ça serait excellent pour mon égo, mais je pense sincèrement que c’est trop pour moi, ce boulot. L’université est excellente, les profs très chouettes, et ça serait un boulot assez prestigieux, mais il leur faut quelqu’un qui a plus d’exprérience que moi dans certains domaines. J’adorerais, par exemple, qu’ils embauchent quelqu’un d’autre cette année et moi l’année prochaine, comme visiblement c’est un département qui va grandir. Mais au niveau estime personnelle, c’est sûr que je le veux, ce boulot! Le problème, c’est que je pense que je l’accepterais si on me l’offrait, et là, ça serait probablement un désastre.
Cette petite visite canadienne a été très chouette et vraiment agréable, en gros. C’était bon pour le moral, pour pour mon égo, et bon pour me redonner de l’énergie pour ma recherche et ma demande de permi de séjour canadien. Si je n’ai pas de boulot à Granbled, je pense que j’irai plutôt vivre à Vancouver parce que Granbled m’a paru vraiment immense et… gelée! Mais faut voir. … et en fait de gelé, le fameux blizzard est en train d’arriver sur mon champ de maïs, alors je retourne me coucher, puisque c’est comme ça, et tant pis pour les 69 emails urgents qui pourront bien attendre jusqu’à demain! Bonne journée nuit
PS. J’avais bien pensé à prendre un pantalon noir très chic et une veste noire bien échancrée et très chic… mais je n’avais absolument rien à mettre dessous! Petit choc vendredi matin, au moment de se préparer pour la journée d’entretiens… Mouahahaha la miss lulu! Les lumières sont allumées mais personne n’est à la maison, comme on dit en anglais