politique


Notre cher ami Moukmouk a bien voulu jouer le jeu l’autre jour et a créé un quiz exprès pour nous, à propos des differentes sortes de Canadiens qu’il peut exister. Bien sûr, ce quiz ne va pas vous dire si vous êtes un Canadien de Granbled ou de Saskatoon, un Liberal ou un Tory, un immigré ou un pure laine, mais c’est un bon début! Ce que j’aime beaucoup à propos de ce quiz c’est qu’il nous montre combien les différences d’interprétation de l’histoire peuvent être importantes! On apprend quelque chose dans un livre d’histoire et on y croit, mais ce n’est parfois qu’une seule facette d’une histoire beaucoup plus complexe…

Malgré son titre en anglais, ce quiz est en français, alors allez donc vous préparer une bonne tasse de chocolat chaud et hop hop hop, au boulot :)

Quel genre de Canadien êtes-vous donc?

Et merci à Moukmouk! Allez voir sur son blog, y’a plein de choses intéressantes à y apprendre sur toutes sortes de Canadiens, même ceux qui font cui-cui…

PS. Y’a plus d’bug :)

On ne refléchit pas assez sur ce blog. Heureusement que Protolapon nous y force parfois. Y’en a marre de mes états d’âme larmoyants, pensons plutôt un instant à l’état de mon âme, huhuh, (non en fait c’est très sérieux ce que je veux dire), parce que moi, j’aime bien le Carmina Burana de Carl Orff. Ma question est donc: suis-je une pro-Nazie parce que j’aime bien quelque chose que les Nazis ont eux aussi aimé, et même peut-être écrit, puisqu’Orff lui-même a peut-être été Nazi? Qu’est-ce qui rend la musique d’Orff bonne ou mauvaise, au fond? Qu’est-ce qui fait que je l’aime? Quelle image, quelle idéologie est-ce que je propage (à l’extérieur comme à l’intérieur de moi-même) lorsque j’écoute le Carmina Burana? Ne devrais-je pas plutôt condamner Orff et ne plus jamais écouter sa musique parce que je suis, en réalité, profondément contre la doctrine Nazie?

J’ai lu il y a quelques jours que Steven Spielberg a donné un million de dollars pour la reconstruction d’Israël après sa “guerre contre le Hezbollah.” J’espère que vous m’excuserez mais en ce moment, je pense qu’il faudrait plutôt donner cet argent au Liban… mais c’est le droit de Spielberg de faire ce qu’il veut de son argent. En attendant, si je vais voir ses films, qu’est-ce que ça dit sur moi? Est-ce que je trahis mes principes si je paye pour voir un film fait par quelqu’un avec qui je suis en complet désaccord sur des principes qui me tiennent très à coeur? Et si j’ai un de ses films à la maison? Est-ce qu’au moment où j’apprends la nouvelle de l’argent pour Israël je dois jeter ce film et boycotter tout ce que Spielberg a fait? Est-ce qu’à ce moment-là ce film, que je trouve par ailleurs excellent (Catch Me If You Can), devient un mauvais film qui trahit mes ideaux et propage une certaine immoralité?

Il y a des centaines d’exemples, bien sûr. On peut aussi penser à Céline, l’écrivain qui se dit lui-même “l’ennemi n°1 des juifs” (lettre au Docteur W. Strauss). Quelle image cela donne de nous, qu’est-ce que cela fait à notre âme, quels principes écrasons-nous du pied, et en quoi nous trahissons-nous nous-mêmes quand on lit Voyage au bout de la nuit? Ne serait-ce pas mieux pour la jeunesse française d’arrêter de lire ces horreurs qui risquent de propagers des idées obscènes et pernicieuses?

Et puis tant qu’on y est, ne devrait-on pas aussi renier sa foi Catholique parce que Benoît XVI a fait partie des jeunesses hitlériennes parce qu’il va corrompre l’Eglise et que d’approuver un pape “nazi” revient à approuver Hitler?

Quand je me pose ce genre de questions, j’essaye de me rappeller que je risque de faire, à ma petite échelle, ce que d’autres ont fait à plus grande échelle et que je critique ouvertement: fermer ses embassades, menacer, détruire, et boycotter parce que certains journalistes ont publié des caricatures de Mahomet qui allaient à l’encontre de leurs principes; et condamner à mort Salman Rushdie pour avoir osé écrire quelque chose qui ne correspondait pas à l’idée que certains veulent promulguer de leur religion. Entre autres.

D’ailleurs il faut que je vous dise, vous devriez arrêter de lire mon blog (et le brûler, même): j’ai piqué plein de sous à mon père quand j’étais petite, j’ai triché à des tas d’examens au lycée, j’ai vécu deux mois à Montréal avec un abonnement bus/métro pour les moins de 16 ans alors que j’en avais 18, j’ai passé 10 fois à la douane France-Suisse le coffre plein de viande, de produits laitiers, et d’alcool en jurant n’avoir rien à déclarer, et je suis allée deux fois à deux scéance de cinoche de suite alors que je n’avais payé pour qu’une. Je suis une voleuse, une menteuse, et une tricheuse. Et en plus j’écoute le Carmina Burana! Non seulement je risque de vous influencer par mes perfides missives bloggesques mais en plus vous donnez vraiment le mauvais exemple à vos enfants en lisant le blog de quelqu’un d’aussi immoral!

Tu m’as tué 3,000 soldats américains alors je te tue 200,000 civils japonais.

Tu m’as tué 3,000 américains alors je te tue 10,000 irakiens.

Tu m’as kidnappé 2 soldats israëliens alors je t’envahis le Liban.

Tu m’as dit une méchanceté sur ma soeur alors je te file un coup de tête dans le bide.

Quand j’étais jeune et bête, ma mère me lançait souvent des méchancetés (et des bouquins et des chaussures) à la figure. “Quoi, tu portes encore ce chiffon?” “T’es vraiment conne toi!” “Range ta chambre ou je te casse mon archet de violon sur la tête!” Et moi, bien sûr, je réagissais toujours en criant des horreurs, en jetant des bouquins à la tête de ma mère, en pleurant, en claquant les portes… Ma mère en rajoutait, j’en rajoutais, mon père s’en mêlait, mes soeurs pleuraient…

Et puis un jour, j’en ai eu marre de ces disputes qui me bouffaient l’énergie et le moral et j’ai tout simplement arrêté de répondre à ma mère. Elle me disait une méchanceté? Je l’ignorais. J’étais invitée à manger chez eux et j’ouvrais la porte de la maison… elle m’envoyait une idiotie avant même de dire bonjour et je repartais de chez eux illico, sans rien répondre. La tactique suivante de ma mère a été de me dire que j’étais lâche, que je n’acceptais même plus les critiques, que je refusais bêtement les conversations… Mais je m’en fichais, même quand ça faisait horriblement mal, même quand j’avais envie de hurler et de frapper, je refusais de m’abaisser aussi bas et de répondre pas des conneries toutes aussi bêtes que ce qu’elle m’avait dit. Au bout de quelques mois, ma mère a commencé à se rendre compte qu’on pouvait vivre sans gueuler tout le temps et que c’était bien plus agréable de passer du temps ensemble sans se lancer des méchancetés à la figure, et une relation mère-fille d’adulte et agréable a enfin pu naître.

J’ai entendu aujourd’hui quelque chose qui m’a fait réfléchir 2 minutes. Quelqu’un a dit “Oui, j’ai eu tort de réagir comme ça à ce qu’on m’a dit mais je ne le regrette pas (donc en gros je n’ai pas eu tort, je dis seulement ça parce qu’on m’a dit de le dire parce que les petits gosses qui m’idolâtrent font maintenant la même chose dans la cour de récré et il paraît que c’est pas bien). Et il est surtout important de se souvenir qu’on m’a insulté, qu’on m’a attaqué, qu’on m’a provoqué! C’est la provocation qu’il aurait fallu éviter. La réaction qui s’en est suivie était normale.” (En gros, hein, parce que je ne me souviens plus des mots exacts, et puis j’étais tellement stupéfaite par ce que j’entendais que j’ai vite arrêté de l’écouter).

Je suis d’accord à 100% que c’est stupide de provoquer ainsi les individus, les gouvernements, n’importe qui. Mais en général, on provoque JUSTEMENT parce qu’on sait que l’autre va réagir (en faisant une connerie) et c’est ça qu’on veut! Malheureusement, il y aura toujours des cons, des gens que ça amuse de dire des méchancetés et des bêtises, ceux qui ne se rendent pas compte à quel point ils blessent autrui, et c’est bien triste. Mais si on réagissais tous à toutes les provocations qu’on vit tous les jours, le monde serait un vrai enfer.

C’est exactement ce qu’on critique à propos de la guerre en Irak et en Afghanistan, non? La disproportion de la réponse et le fait que les Etats Unis ont ignoré l’arbitrage international (et humain) (et logique). On n’est plus des barbares, enfin, merde! On devrait savoir la différence entre débattre, discuter, argumenter, négocier, s’expliquer, réagir comme des êtres civilisés, et ficher une baffe (ou envoyer 15 tones de bombes) dans la gueule de l’autre sans réfléchir aux conséquences, non? Et en réagissant avec la même violence (ou souvent pire) que le provocateur, est-ce qu’on ne s’abaisse pas au même niveau de bêtise que lui?

C’est juste une idée… mais je pense qu’il est facile de critiquer les gouvernements et d’oublier ce qu’on fait sur notre propre terrain de foot dans nos propres chaumières. Et honnêtement, avec toute l’expérience que j’ai (plus de 30 ans de provocations), je peux vous dire qu’il n’y a rien qui énerve plus la personne qui me provoque qu’une absence de réponse. Si je réponds à la provocation, le provocateur a gagné et j’ai perdu.

Gandhi a dit “An eye for an eye and the whole world goes blind.”

Enfin, moi j’dis ça mais c’est pas pour rien que je n’ai pas d’enfant, parce que je ne sais pas si je pourrais leur enseigner ce genre de principe aujourd’hui. Mais en attendant, si vous me dites que ma soeur est une terroriste, je vous dirai que vous avez probablement raison et je passerai mon chemin (et j’enverrai ma mère à vos trousses, mouahahaha) ;)

PS. Il y a plein de chouettes nouvelles photos sur mes albums et j’attends toujours celles qui manquent…

Oui je sais,j’ai pas l’habitude de faire des posts sérieux,mais sur ce sujet j’ai pas réussi à le rendre aussi comique qu’il pourrait (d’ailleurs si un auteur de blog-dessin est inspiré par mon histoire,il peut l’illustrer!)

Mais comme Miss Lulu a dit qu’on pouvait même causer du buisson et de Chichi…

Allez jme lance:

Alors jusqu’à hier, je faisais moi aussi partie des “Nuls” qui ne comprennent rien à l’affaire Clearstream.

Même si aujourd’hui c’est pas encore totalement “clear” dans ma tête, je fais tenter un début d’explication SIMPLE!

(et on va partir sur le même principe que Wikipédia:si quelqu’un a des choses à rajouter pour compléter mon article,il le rajoute dans la partie commentaires,oki?)

Donc:

En janvier 2000 naît une banque allemande du nom de Clearstream (en fait elle est le résultat de la fusion de 2 banques).Elle est spécialisée dans la compensation inter-bancaire.Me demandez pas pourquoi, mais apparemment il est nécéssaire de compenser les mouvements interbancaires.

Dans les années 70 est instauré un système de comptes non-publiés (ralala,jles vois venir de loin avec leurs gros sabots…non publié…zauraient-ils pas des tites choses à cacher ces msieurs-dames?) qui permet de faciliter les compensations entre les filiales distinctes d’une même banque. Puis dans les années 80 on élargit la possibilité aux mouvements interbancaires. Or ce qui était légal dans le cadre d’UNE banque devient une dérive du système. Ca a été denoncé par un de ses employés, Ernest Backes;ça a été la cause de son licenciement d’ailleurs!Bizarre bizarre…

Ce système, parallèle au système légal de compensation inter-bancaire, pourrait faire de Clearstream une plate-forme mondiale d’évasion fiscale et du blanchiment d’argent.Oulala lala,po bien tout ça!

A ce sujet,l’ex employé enervé (on le comprend) Ernest Backes et Denis Robert (journaliste) ont  co-écrit le livre “Révélation$“, publié en 2001 aux éditions Les Arènes et toujours controversé.

Vous me direz: mais qu’est ce qu’on s’en tape-pourquoi ça vient faire la une des journaux ecrits et télévisés du pays depuis plusieurs semaines -à tel point que c’est comme Les feux de l’Amour: si on n’a pas suivi depuis le début, on est perdu?

Chers amis, je vous ai compris!

(oula,le milieu politique déteint salement sur moi, faut que je me depêche de finir ce post!) et voici ZE explication!:

En fait ce gentil Ernest,très fâché avec son ancien employeur (je suis loin de dire qu’il a tort hein) a voulu se venger.

Il s’est trouvé un pote journaliste du nom de Denis Robert -ça fait un peu pseudonyme ça,Hein Denis?!(c’est facile de devenir pote avec un journaliste en fait: tu deviens son informateur, tu lui files discrétos un listing informatique faisant la preuve de certains mouvements de fonds douteux impliquant des banques peu recommandables. C’est l’origine de l’Affaire Clearstream 1. Là le journaliste t’aide à ecrire ton bouquin vengeur et à gagner des sous donc tout le monde il est content bien sûr).

Mais encore une fois,pourquoi on nous bassine les oreilles avec depuis fin avril?

PASSKEU!!!!!

Eh,le mec d’Orangina,tu te CASSES!!!

Donc :

C’est parce que depuis 2004 Clearstream est à nouveau mise en cause par un corbeau,en marge de l’affaire des frégates de Taiwan (oui, alors faut dire qu’à l’époque j’avais vraiment pas fait d’efforts donc me demandez pas d’explication:c’est qui Taiwan?Et les frégates c’est quoi?Et ta mère elle…ù%*$£?!)

AUJOURD’HUI ce qui se passe c’est que des hommes politiques avaient été soupçonnés A TORT de posséder des comptes Clearstream (donc ça, a priori,c’était pas du tout bon pour eux de posséder des comptes non publiés dans une banque dont l’argent n’a pas l’air d’avoir des sources très propres…)

Tain!J’ai beau essayer de faire simple,mais plus je me renseigne plus je me rends compte qu’il faut du temps pour bien expliquer!Mais comme la TV n’est pas foutue de faire ça comme il faut, je fais ma bonne âme et j’continue:

Donc ces faits nous ont été devoilés ya moins d’un mois.Les juges ont conclu que le listing du corbeau de 2004 avait été trafiqué EXPRES  (rooô les vilains!),pour que de pauvres hommes politiques soient impliqués (Tiens tiens,comme c’est bizarre, à 1 an des éléctions présidentielles,comme ça devait tomber bien pour certains!)

NOTA BENE: Il y a 2 listings! Et donc il existe un listing d’avant 2004 qui a poussé le Président Chichi a commander une enquête confidentielle (dirigée par ze famous Général Rondot dont tout le monde parle;le pauvre,il lui a fallu attendre sa retraite pour avoir son quart d’heure de gloire!Mais comme quoi,chacun peut encore espérer!) pour vérifier si c’était vrai.Ce premier listing contenait des noms d’industriels français ainsi que des membres des services secrets, rattachés au ministère de la Défense, qui possèderaient des comptes occultes chez Clearstream; c’est par ces comptes qu’une partie des rétrocommissions liées à l’affaire des frégates de Taiwan aurait transité.

ZE soucy: un des listings (le 2ème si j’ai bien compris) accuse Nicolas Sarkosy à travers plusieurs comptes avec des noms différents mais qui visent bien Sarkosy.Et il semblerait que De Villepin à l’époque supervisait les enquêtes (me demandez pas pourquoi).

Donc en gros Sarko porterait plainte contre X pour diffamation tout en ayant en claire ligne de mire un certain ministre dont le nom commence par V…

Donc tout ça fout comment dire, hum… un peu la merde à 1 an des élections…

Voilà,pour ma part j’estime avoir un poil débroussaillé le terrain,libre aux plus-au-courant-que-moi-et-qui-s’expriment-SIMPLEMENT de venir apporter un complément d’info voire une rectification (je ne suis pas infaillible)

VOUS REGARDEZ TROP LES BLOGS,BONSOIR! ;-)

Signé:lafouine

blog: http://lafouine.hautetfort.com/

Paris,France (je précise parce qu’il me semble que d’autres “Paris” existent…)

Imaginez que vous vous retrouviez en face du buisson maudit, vous savez, ce crétin échappé d’un asile au Texas qui fait joujou avec la planète comme si c’était un jeu vidéo et qui tue comme il respire? Vous avez deux minutes pour lui expliquer ce que vous pensez de son manque d’humanité, sa bêtises profonde, son abus de pouvoir, sa manipulation sans scrupule de ceux qui lui font confiance. Vous, devant la personne la plus puissante au monde. Le type qui peut vous envoyer la CIA aux fesses et vous faire passer des vacances au soleil dans une certaine prison un peu plus au sud simplement parce que vous avez une tête qui lui revient pas. Est-ce que vous oseriez? Franchement, honnêtement, est-ce que vous pensez que vous pourriez faire ça?

Moi je ne sais pas. Je voudrais penser que oui. Mais je pense que non. J’aurais trop les boules, et puis je serais super intimidée et j’en perdrais mon anglais, je bafouillerais, et je finirais par dire “nice to meet you” et je partirais en courant.

Je pensais à ça après avoir vu un film il y a quelques jours, un film qu’il faut impérativement voir. Un de ces films qui nous permettent de mieux comprendre le monde d’aujourd’hui même si ça ne parle pas d’aujourd’hui. Un de ces films qui disent exactement tout ce qu’on pense depuis longtemps sans avoir jamais su trouver les mots pour le dire. Et surtout, un de ces films où l’on se dit que vraiment, il y a des gens qui ont un sacré courage et qu’on aimerait en avoir autant. Pas du courage du genre “j’ai sauté à l’élastique du haut du pont du Gard, je suis super courageuse” mais de ce genre de courage qui change le monde et le cours des planètes. C’est du film Good Night and Good Luck que je parle, bien sûr.

Et puis j’ai repensé encore plus à tout ce courage très recemment, depuis qu’un certain Harry Taylor, même pas sénateur ni rien du tout, a exprimé le fond de sa pensée au buisson maudit, comme ça, tout simplement. Je suis sur le cul! Enfin quelqu’un qui a vraiment du courage. Pas sur internet, pas sur un blog, pas dans un journal, pas dans une conversation avec son voisin, non, ce type a eu le culot de dire enfin au buisson maudit ce que des milliers d’américains (et pas que!) pensent et n’osent pas dire ouvertement. Wouah! Regardez Good Night and Good Luck et admirez les similarités!

“You never stop talking about freedom, and I appreciate that. But while I listen to you talk about freedom, I see you assert your right to tap my telephone, to arrest me and hold me without charges, to try to preclude me from breathing clean air and drinking clean water and eating safe food. What I want to say to you, is that I, in my lifetime, I have never felt more ashamed of, nor more frightened by, my leadership in Washington. I feel like, despite your rhetoric, that compassion and common sense have been left far behind during your administration. I would hope, from time to time, that you have the humility and the grace to be ashamed of yourself.”

(Vous n’arrêtez pas de parler de liberté, et j’apprécie cela. Mais alors que je vous écoute parler de liberté, je vous vois prendre le droit d’écouter mes conversations téléphoniques, de m’arrêter et de m’emprisonner sans preuves, de m’empêcher de respirer de l’air propre et de boire de l’eau propre et de manger de la nourriture saine. Ce que je veux vous dire c’est que de ma vie entière, je n’ai jamais été aussi honteux ni plus effrayé par ce qui se passe à Washington. Je pense que malgré ce que vous ne cessez de dire, la compassion et le sens commun ont été abandonnés depuis que vous êtes président. J’aimerais bien que de temps en temps, vous ayez l’humilité et la grace d’avoir honte de vous-même.) (Pardonnez ma traduction très libre).

Je suis sur le cul. Merci du fond du coeur Monsieur Taylor! J’espère que vous n’allez pas bientôt être victime d’un accident de voiture ou d’un incendit accidentel…

On saura jamais c’qu’on a vraiment dans nos ventres
Caché derrière nos apparences
L’âme d’un brave ou d’un complice ou d’un bourreau?
Ou le pire ou plus beau ?
Serions-nous de ceux qui résistent ou bien les moutons d’un troupeau
S’il fallait plus que des mots ?

Jean-Jacques Goldman, Né en 17 à Leidenstadt.

Cette photo me choque terriblement, et je n’arrive pas à savoir pourquoi! C’est une photo de la parade de Mardis Gras à la Nouvelle Orléans… Est-ce la dévastation qui me choque? Le fait qu’on puisse s’amuser dans des moments aussi difficiles? La force et le courage de ces gens? La destruction et la misère qui y règnent encore alors qu’on est au XXIème siècle? L’immensité de la dévastation laissée dans le sillon de Katrina? Le fait qu’on puisse voir de telles images et ne rien essayer de faire pour améliorer la situation? La proximité de cette misère, à deux pas de chez nous? L’état dans lequel se trouve notre pauvre monde? Je ne sais pas. Plus j’y pense et moins je comprends ma réaction. J’ai vu cette photo et j’ai été estomaquée, atterrée, médusée. Quelqu’un peut m’expliquer?


Chang W. Lee/The New York Times

Je vous conseille de vous asseoir confortablement, parce que cette histoire est à dormir debout et je veux pas que vous vous fassiez mal en tombant!

Jusqu’en 1960, l’Indiana était divisé en deux zones horaires: à l’ouest, il y avait les “counties” (départements) qui étaient à l’heure “Central,” avec Chicago; à l’est, il y avait les counties qui étaient à l’heure “Eastern,” avec New York. En octobre et en avril, tout ce beau monde changeait d’heure comme le reste de la planète, ou presque. Jusque là, tout allait bien, sauf que bon, un état divisé en deux ça fait quand même con. Mais c’était en Indiana, rappelons-le.

En 1960, comme ce coup de fuseaux horaires fichait quand même le boxon dans tout l’état, il a été décidé de simplifier la situation. Maintenant, l’Indiana est divisé en TROIS, au lieu de deux! Le centre de l’Indiana ne change JAMAIS d’heure (donc par rapport au reste du monde, en fait, on en change), mais le nord-ouest et le sud-ouest de l’Indiana restent toujours à l’heure de Chicago (zone 2 (rouge) sur la carte ci-dessous), et le sud et le sud-est restent toujours à l’heure de Cincinnati, Ohio, et de Louisville, Kentucky (zones 3, vertes). Ceci qui veut dire qu’il y a TROIS zones horaires différentes dans ce petit état, et que tout l’Indiana n’est jamais à la même heure, comme vous pouvez le voir sur la carte suivante (si vous cliquez dessus il y aura toutes les explications):

Comme vous pouvez vous l’imaginer, les gens ont commencé à en avoir marre de cette organisation à la noix et ont décidé que l’Indiana allait faire comme le reste du monde: changer d’heure deux fois par an. On aurait sans doute pu penser qu’une lueur d’intelligence avait enfin éclairé le cerveau transgénique des habitants de ce maudit champ de maïs… mais non, la situation n’allait qu’empirer!!

Comment? Peut-on VRAIMENT faire pire que TROIS fureaux horaires dans un seul état??? Ben oui, chers amis, c’est l’Indiana, ne l’oublions pas!

C’est un petit malin de politicien républicain qui s’est fait élire gouverneur grâce à sa promesse de remettre de l’ordre dans ce bazard. Le problème, c’est qu’il avait oublié qu’en Indiana, ce n’est pas lui qui peut prendre ce genre de décision mais le “commissioner” (grand chef) de chaque county! Les 92 (nonente-deux!!) counties de l’Indiana avaient donc à se décider INDIVIDUELLEMENT pour savoir sur quel fuseau horaire ils allaient s’accrocher! Le merdier intégral!

Bien sûr, Indianapolis, la capitale, bien qu’à trois heures plein sud de Chicago, ne veut pas admettre que Chicago est importante et veut le prestige d’être sur Eastern time, avec New York, Washington, Boston, et autres grandes villes “qui ont de l’importance!” Le problème, c’est que le county de Tippecanoe, dont la capitale est Lafayette, là où je suis, se situe à deux heures plein sur de Chicago, et est donc géographiquement dans la zone Central, mais est beaucoup plus influencée par l’économie d’Indianapolis, qui ne se trouve qu’à une heure au sud. Donc basta, on est en Eastern! L’autre problème, c’est que pratiquement tous les counties autour du county de Tippecanoe ont décidé d’être en Central time. Et les villes qui se trouvent à la frontières des counties vont même être coupées en deux zones horaires, et tout le monde se dit déjà prêt à poursuivre tout le monde en justice!

Ben ouais, c’est pratique, j’habite dans le cinquième arrondissement qui est en Central time et je travaille dans le sixième, qui est en Eastern time. Mes parents habitent dans le quatrième, qui est en Central time, et mes enfants ont leurs cours de piano dans le premier, qui est en Central time. Ben voyons, votez pour les politiciens, ils deviennent de plus en plus cons! Heureusement, ils auront toujours une excuse: c’est pas de leur faute, c’est le maïs transgénique!

Tout ça pour dire: n’oubliez pas, chers habitants des Etats Unis, de changer d’heure aujourd’hui! Moi je ne change pas, mais c’est la dernière fois que j’en profite, et j’attends avril avec impatience pour rigoler comme une baleine devant le merdier monumental que sera devenu mon champ de maïs atemporel!

Vous croyez que c’est tout?? Mes pauvres amis, vous n’avez pas encore entendu la fin de l’histoire! Elle vaut son pesant de cacahuettes! Non seulement chaque county de l’Indiana va être, dès avril 2006, dans une zone horaire différente, mais EN PLUS, à partir de 2007, l’Indiana ne changera plus d’heure d’été ou d’hiver NI en même temps que le reste du pays, NI en même temps que l’Europe (qui change deux semaines plus tard que les Etats Unis), mais UN MOIS après le reste du pays! Il faudrait inventer une nouvelle expression, parce que là, “bordel intégral” ne suffit même plus à exprimer le début des emmerdements dans lesquels l’Indiana est en train de foncer, la tête la première!

Mouahahahaha!

Ma copine Karen et moi sommes allées voir un film, aujourd’hui. En ressortant, j’ai dit “et maintenant qu’on est bien déprimées, retournons à notre vie de tous les jours pour nous sentir mieux.” Ma copine Karen a dit “c’est marrant, certaines personnes vont au cinéma pour rire et fuire la dure réalité de la vie de tous les jours. Nous, c’est le contraire. On va voir des films déprimants sur la vraie réalité de la vie, et ensuite, pour s’en échapper, pour se sentir mieux, pour oublier, on retourne dans notre vie de tous les jours tellement plus facile.” Et c’est vrai. Quand bien même on pourrait croire que notre vie est horriblement difficile, quand on y pense, et quand on la compare à la vie de la majorité des gens sur cette planète, notre vie est un vrai film sympa et rigolo qui nous permet d’oublier ce qui se passe dans le reste du monde.

C’est sûr qu’avec ma copine Karen, on ne va pas voir des films toujours rigolos. On a vu The Motorcycle Diaries, sur la vie du Che, et puis The House of Sand and Fog et Crash, sur le racisme, et puis aussi Hotel Rwanda, sur la guerre civile et l’abandon des noirs par les blancs. Aujourd’hui, on est allées voir The Constant Gardner (La constance du jardinier, en français), de Fernando Meirelles, avec Ralph Fiennes, sur des essais illégaux de médicaments sur la population du Kenya. Toujours la même chose: les riches blancs s’en mettent plein les poches. Les pauvres noirs meurent. Le pouvoir corrompt.

J’ai dit à ma copine Karen, en sortant, que des films comme ça, ça n’est pas toujours utile. En fait, les gens qui auraient besoin de voir ce film pour ouvrir les yeux sur la réalité du monde sont ceux qui ne vont pas aller le voir. Et les gens comme moi, qui ne se font aucune illusion sur la corruption, la haine, le fric, et la bêtise de ce monde, sont ceux qui vont aller le voir et souffrir encore plus de ne rien pouvoir faire pour changer le monde. Comme on dit en anglais: it’s preaching to the choir, c’est-à-dire que ça ne fait que convraincre les gens qui sont déjà convaincus. J’ai pensé la même chose en voyant les réactions des gens à Farenheit 9/11. Les gens qui savent que le buisson maudit est un crétin ne pourront qu’être d’accords avec ce que raconte le film. Les gens qui pensent que le buisson maudit est un dieu ne voudront pas voir ou croire le film et ne feront que de le critiquer bêtement.

Comme dit un critique de film sur The Constant Gardner (et j’ai lu exactement la même chose sur American History X, The Motorcycle Diaries, Farenheit 9/11, Hotel Rwanda, et tant d’autres): “[this movie] is a concoction of paranoia-drenched conspiracy theories and white liberal guilt over Africa that purports to sympathize with the plight of impoverished Kenyans, but whose real agenda is the vilification of evil Western corporations and the celebration of Africa-loving white martyrs.” Eh oui, dès qu’il y a des sentiments, dès que les méchants ne sont pas des extra-terrestres, et dès qu’on ose dire que le pouvoir corrompt et que l’homme blanc a peut-être tord, c’est tout de suite de la “propagande libérale” (au sens américain).

Alors je voudrais bien savoir, et s’il-vous-plaît, aidez-moi à comprendre, parce que là je ne pige vraiment pas: les républicains pensent-ils VRAIMENT que c’est bien de s’en mettre plein les poches en s’en fichant de savoir si les autres souffrent de leur succès? Peuvent-ils VRAIMENT être aveugles au point de refuser de voir ce qui se passe autours d’eux? Pensent-ils VRAIMENT que la misère du monde n’existe que par la faute des pauvres et des miséreux? Croient-ils VRAIMENT que leurs actions n’ont aucune conséquence sur la vie des gens autour d’eux? Sont-ils VRAIMENT naïfs au point de croire que les politiciens et les corporations internationales sont sincères et ne veulent que le bien du peuple? Ont-ils VRAIMENT un coeur si dur qu’ils peuvent rester sourds face aux cris de détresse du monde?

Ou bien c’est moi qui suis vraiment conne de laisser mes larmes couler devant un tel film, d’oser croire que ce qu’il raconte n’est pas entièrement faux, et d’avoir l’audace de penser que ce monde n’est pas tout beau tout gentil? Je ne comprends pas.

Cliquez sur l’image pour voir le reste de la bédé…

PS. Dommage que le ridicule ne tue pas…

Je déteste parler de politique mais là, j’y crois pas!

Dans ma petite tête à moi, les choses sont comme ça: les Palestiniens étaient heureux, les Israëliens ont débarqué et fichu le merdier. Les Palestiniens sont devenus violents, les Israëliens aussi, c’était la pagaille! Pendant des années. La faute à qui? A tout le monde en fin de compte. Et là, enfin, ENFIN une vraie décision a été prise. Un petit bout pour nous, un petit bout pour vous. C’est pas égal, je sais, c’est pas parfait, et beaucoup d’Israëliens en souffrent et beaucoup de Palestiniens ne sont pas prêts de trouver le bonheur. MAIS, c’est mieux que rien! C’est un pas dans la bonne direction. On ne va pas jeter tous les Israëliens d’Israël ni les Palestinins de Palestine, alors autant apprendre à vivre ensemble (je simplifie je simplifie!).

Mais quand je lis ça, je ne peux que me dire que vraiment, VRAIMENT, il y a des gens trop cons dans ce monde! Merde à la fin, pourquoi ne pas se réjouir de ce qu’on a réussi à gagner et concentrer ses forces à se reconstruire un pays stable et agréable à vivre autant que possible?? Pourquoi TOUJOURS chercher à fliguer les autres? Pourquoi la violence est-elle perçue comme la réponse à tout? Pourquoi la haine rend les gens si aveugles?? Là je suis dégoûtée, parce que je me disais que les deux côtés allaient enfin essayer de s’entendre… A mon triste avis, dans quelques jours, c’est un Israëlien qui va tenir le même discours à propos de la Palestine. Les cons!!!

Un homme masqué s’idendifiant comme Mohammed Deif, le fugitif et artificier numéro un du Hamas, a salué samedi le retrait de Gaza comme une victoire des groupes armés et juré d’éliminer Israël, dans son premier communiqué sur vidéo depuis son entrée dans la clandestinité, il y a plus de dix ans.

Le commandant de l’aile militaire du Hamas a rendu hommage aux centaines de combattants palestiniens morts dans des attaques contre Israël, qu’il promet de poursuivre jusqu’à l’éradication de l’Etat hébreu, et salué le retrait israélien de la Bande de Gaza comme une victoire de la résistance armée palestinienne, dans une cassette transmise à l’Associated Press par le Hamas.

“Aujourd’hui, vous quittez Gaza dans la honte”, déclare Mohammed Deif en s’adressant à Israël. “Aujourd’hui vous quittez l’enfer. Mais nous vous promettons que demain c’est la Palestine entière qui sera l’enfer pour vous, si Dieu le veut”, ajoute le fugitif le plus recherché par l’Etat hébreu.

“Nous n’aurons pas d’hésitation ou de repos tant que nous n’aurons pas libéré totalement notre terre sacrée”, a ajouté le leader en fuite.

Sur Yahoo Actualité, le 27 août 2005.

… Oui oui, je sais, comment puis-je porter un tel jugement sur une situation que je n’ai pas à vivre au jour le jour…

Et si j’étais né en 17 à Leidenstadt
Sur les ruines d’un champ de bataille
Aurais-je été meilleur ou pire que ces gens
Si j’avais été allemand ?

Bercé d’humiliation, de haine et d’ignorance
Nourri de rêves de revanche
Aurais-je été de ces improbables consciences
Larmes au milieu d’un torrent

Si j’avais grandi dans les docklands de Belfast
Soldat d’une foi, d’une caste
Aurais-je eu la force envers et contre les miens
De trahir: tendre une main

Si j’étais née blanche et riche à Johannesburg
Entre le pouvoir et la peur
Aurais-je entendu ces cris portés par le vent
Rien ne sera comme avant

On saura jamais c’qu’on a vraiment dans nos ventres
Caché derrière nos apparences
L’âme d’un brave ou d’un complice ou d’un bourreau?
Ou le pire ou plus beau ?
Serions-nous de ceux qui résistent ou bien les moutons d’un troupeau
S’il fallait plus que des mots ?

Et qu’on nous épargne à toi et moi si possible très longtemps
D’avoir à choisir un camp.

Jean-Jacques Goldman.

Vendredi, on a eu une grande réunion avec tous les profs du département d’anglais, parce que les cours recommencent demain. Et pendant cette réunion, un type de l’administration de Purdue (l’université dans laquelle je bosse, pour les touristes qui passent par ici) est venu nous parler du “typical freshman” que nous aurons la joie d’avoir dans nos classes cette année. Les “freshmen” ce sont les étudiants en première année, et ceux de deuxième année sont les sophomores, puis il y a les juniors, et enfin les seniors. Or cette année, il y a beaucoup plus de freshmen que d’habitude, parce que Purdue est une univesité publique et que l’état n’a plus de sous… donc il faut remplir les classes avec des étudiants qui payent!

J’ai trouvé que l’information donnée par ce type confirmait mon opinion sur le Midwest et en même temps m’attristait beaucoup. Voilà quelques extraits de ce que le papier reçu explique:

- contrairement à la moyenne nationale, Purdue a plus d’élèves masculins (59%) que féminins (41%), mais c’est normal, étant donné que c’est une université d’ingénieurs.
- il y a plus de 40′000 étudiants à Purdue, dont seulement environ 6′000 “graduate students” (qui font des études en master ou doctorat). Il y aura environ 8′000 “freshmen” cette année à Purdue.
- 82,3% des freshmen sont blancs (caucasians, comme on dit ici), 11,3% de “ethnic minorities,” et 6,3% d’étudiants internationaux, seulement. Purdue est pourtant la deuxième université publique qui a le plus d’étudiants internationaux.
- 89,7% vivent dans les dortoirs universitaires, contrairement à 77,5% de moyenne nationale.
- 79,5% vont à l’université pour se faire de l’argent avec un meilleur boulot (73% de moyenne nationale) mais seulement 52,9% ont l’intention de faire un master ou un doctorat (59.1% de moyenne nationale).
- 79,5% sont venus parce que Purdue a une excellente réputation (58,8%).

Et là pour les trucs qui (me) font peur, et les gros chiffres qui font des grosses différences:

- 83% vont à l’église régulièrement (79,6% de moyenne nationale).
- 58,2% on eu des contactes ou se sont fait des amis d’autres races/ethnicités (67,2% de moyenne nationale ), ce qui veut dire que nos élèves no fréquentent pas beaucoup de gens qui ne leur ressemblent pas.
- seulement 47,6% pensent que l’avortement devrait être légal (54,7% de moyenne nationale).
- 25% pensent que la discrimination raciale n’est PLUS un problème aux Etats Unis (22,9%).
- seulement 52,9% pensent que les discours racistes et sexistes devraient être interdits à l’université (57%).
- 40% pensent que l’armée devrait recevoir plus d’argent du gouvernement (33,1%).
- 50,8% pensent que les mariages “same-sex” devraient être légaux (57,3%).
- 58,3% pensent que l’”affirmative acction” (discrimination positive) devrait être interdite à l’université (52,8%).
- seulement 29,3% pensent que la peine de mort devrait être abolie (33%).
- 2,3% sont de “far left” politiquement (2,9%),
- 20,7% “liberal” (26,8%),
- 44,2% “middle-of-the-road” (46,4%),
- 29,5% “conservative” (22%),
- 3,3% “far right” (1,9%).

Je ne sais pas pourquoi, mais je n’ai pas très envie de rencontrer mes nouveaux élèves demain…

Imaginez le buisson maudit. Sa gueule de crétin, son sourire niais, ses yeux de faux jeton… et sa façon de cracher des conneries plus vite que son ombre. Et souvenez-vous de cette sombre histoire dont on ne parle plus trop, mais oui, vous savez, cette histoire d’apporter la paix et la démocratie en Irak…

Maintenant, pensez à vos lectures de jeunesse. Tintin, par exemple. Ah, que je les ai lus et relus, tous ces albums, surtout Tintin au Tibet parce qu’il avait le courage de sauver Tchang malgé le méchant Yéti… Et Tintin en Amérique…. huhuh, vous vous souvenez du moment où il trouve du petrol au milieu de la prairie, et en trois jours il y a une ville construite autour du puit? Qu’est-ce qu’on rigolait! Qu’est-ce qu’on était innocents…

Maintenant que vous avez tous ces éléments dans votre petite tête, essayez de trouver qui pourrait jouer le rôle du buisson maudit le mieux, des personnages de Tintin. Qui pourrait jouer Blair? Et Powell, et Chichi, et Raffarin, mais oui, qui, dans les albums de Tintin, ferait le meilleur Jospin? C’est un sacré défit, n’est-ce pas? Mais marrant comme idée, je trouve. Ou bien allez dans l’autre sens et imaginez qui pourraient être chaque personnage dont vous vous souvenez, dans Tintin. Qu’est-ce que les Dupont et Dupond pourraient jouer comme rôle? Et il pourrait être qui, lui? Allez, essayez sans tricher!

Eh bien c’est fait, quelqu’un l’a eue cette idée merveilleuse, et raconte, avec des VRAIES images tirées d’albums de Tintin, l’histoire de la guerre en Irak. Et c’est extraordinairement bien fait. C’est tout un album, un album entier (61 pages!), qui raconte l’histoire de la préparation de la guerre, du début, du milieu, et… …. bon je ne peux pas tout raconter, hein, je veux pas vous gâcher la fin ;)

C’est à voir absolument par ici, et j’ai trouvé ce chef-d’oeuvre chez Marquette. Et ce que j’adore, c’est qu’on voit où les dialogues ont été changés et où ce sont les originaux des albums de Tintin. Bonne lecture!

PS. Est-ce que quelqu’un peut m’expliquer ça? Pleine de curiosité que je suis, j’ai essayé ça et ça marche aussi…. bizarre… mais pas en avec google.com, et avec google.ch c’est très étrange, les O bougent et la moitié de la page est presque normale… Please explain!!

PS. Mon père m’a dit que je ne devrais pas avoir peur de dire ce que je pense sur mon blog, alors voilà un petit texte que j’avais écrit cette nuit et effacé parce qu’il me semblait trop moraliste… mais bon, il explique ce que je pense et pourquoi je n’ai pas fait de grand reportage sur le 4 juillet cette année.

Dans le passé, j’ai écrit plusieurs posts sur ma vie aux Etats Unis, dans mon petit champ de maïs, sur les gens qui m’entourent, la politique américaine, les événements, mes pensées, les fêtes de Halloween ou de la Saint valentin, et les choses que je voyais autour de moi. Plusieurs fois, j’ai fait des petits reportages sur la vie américaine telle que je la vis, avec ses bons et ses mauvais côtés, et souvent, je me suis un peu moquée de mon champ de maïs et de ses habitants ou j’ai osé le critiquer, parfois gentillement, parfois méchamment, et souvent en faisant des généralisations dignes du buisson maudit.

Et presque tous mes lecteurs ont beaucoup aimé mes petits reportages, ont bien rigolé avec moi, ont été horrifiés avec moi, et se sont bien moqués de mon champ de maïs, des gens, et de la politique. Beaucoup en ont même rajouté.

Dans le passé, j’ai aussi écrit quelques posts sur la France, sur la vie là-bas telle que je la comprends à travers ma famille qui y vit, mes visites, et mes amis bloggeurs français, sur la politique, les gens, Paris, la bouffe, ce que j’aime, et ce que j’aime moins de ce pays. Je me suis parfois un peu moquée des français, j’ai été parfois fâchée contre certains d’entre eux, j’ai parfois critiqué leur vision du monde ou leur façon de vivre et de penser.

Et malheureusement, certains de mes lecteurs me sont tombés dessus pour avoir osé critiquer les français, m’être moquée de la France, avoir fait des généralisations, avoir pu dire que tout n’était pas rose en France. Pas tous mes lecteurs. Mais certains. Certains n’ont rien dit mais n’en pensaient pas moins.

L’année dernière, à la même époque exactement, j’ai fait tout un petit reportage moqueur sur les décorations du 4 juillet, jour de fête nationale aux Etats Unis. Cette année, j’ai commencé à me ballader dans les rues de Lafayette pour prendre des nouvelles photos des décorations du 4 juillet pour les mettre sur ce blog et encore une fois me faire un record de visites. … … Et puis je me suis dit que non, cette fois-ci, je n’allais pas laisser mes lecteurs me donner la permission de me moquer encore une fois de mon champ de maïs et de faire des généralisations grosses comme des maisons (de taille américaine) sur ce pays. Pourquoi me donnerait-on le droit de critiquer les Etats Unis et pas la France? Pourquoi ai-je le droit de dire du mal des autres mais pas de nous? Pourquoi m’autorise-t-on à incendier la paille dans l’oeil des américains mais pas à hacher menue la poutre dans nos yeux à nous autres, français?

Oui, les américains sont attrocement patriotiques, fous, aveugles, cons, débiles, obèses, superficiels, crétins, égoïstes, violents, nombrilistes, racistes, bigots, hypocrites, bornés, prétentieux, arrogants, vulgaires. Mais pas tous. Et ce ne sont pas les seuls! Alors cette fois-ci, je ne donnerai à personne, ni même moi, la satisfaction de pouvoir dire du mal du pays dans lequel j’habite depuis presque 10 ans, dont j’adore certains de ses habitants, dans lequel je suis respectée (au moins jusqu’à ce que je dise que je suis française, hein!), et où je vis confortablement. Cette année, donc, pas de super reportage de drapeaux (de toutes les façons, un drapeau en ressemble à un autre, allez voir ceux de l’année dernière si vous voulez) et je souhaiterai seulement un joyeux 4 juillet à tous ceux qui le veulent… et j’en profite pour souhaiter un joyeux 14 juillet à tous ceux qui le veulent aussi. Voilà!

miss lulu n’a que quelques certitudes, dans la vie:

- le ruisseau ne retourne jamais à sa source,
- plus on en sait et moins on en sait,
- refuser de changer c’est accepter de mourir,
- tout a une fin, sauf le saucisson qui en a deux.

Le reste n’est pas aussi clairement noir ou blanc. En fait, le reste est tout gris.

miss lulu n’aime pas ce monde capitaliste et consommateur, mais elle sait qu’elle n’ira pas vivre dans une grotte, d’amour et d’eau fraîche. Elle aimerait bien trouver un emploi stable qui lui offre la sécurité, mais elle se rend bien compte que ce n’est pas toujours mauvais de devoir se remettre en question et toujours chercher à devenir meilleure pour ne jamais s’endormir sur ses lauriers.

miss lulu n’aime pas que des immigrés mexicains illégaux viennent voler le boulot des pauvres Américains, mais elle n’ignore pas que pas un seul Américain ne voudrait faire le boulot qu’ils font. Elle sait que ces travailleurs sont exploités et maltraités, mais elle aime que ceux qui ont besoin de travail en trouvent.

miss lulu trouve génial que les gens se battent pour leurs droits, mais elle n’oublie pas que la bataille ne doit jamais être égoïste et faire du mal à autrui. Elle voudrait croire que sa vision du monde est la meilleure, mais elle se rend bien compte qu’il ne faut jamais oublier que le reste du monde vivra très bien avec une vision entièrement différente qu’elle.

miss lulu a peur de ne pas comprendre les gens qui sont différents d’elle, mais elle adore sa copine Karen d’Inde, sa copine Hae-Jin de Corée, son copain Xiaoye de Chine, et son copain Jarkko de Finlande. Elle voudrait effacer le racisme sur cette planète, mais elle sait que le petit paysan du Larzac aurait tort de ne pas être raciste.

miss lulu est horrifiée par la recherche des cellules souches, mais elle voudrait pouvoir sauver des vies et refaire marcher Christopher Reeve. Elle voudrait bien que l’avortement ne soit pas si mal vu, mais elle sait qu’il y a des abus et que certaines personnes ne pensent pas assez aux conséquences de leurs actes.

miss lulu a peur du nucléaire, des OGM, et des nouvelles inventions qui sortent tous les jours, mais elle aime bien sa voiture, son four micro-onde, les voyages en avion d’un bout à l’autre du monde, et ses anti-douleurs. Elle trouve que le monde va trop vite, mais en même temps elle est frustrée par la lenteur de certaines choses qu’il faudrait urgemment changer.

Et encore, le reste n’est pas aussi clairement noir ou blanc.

J’ai passé une fin de semaine géniale et je remercie du fond du coeur Moonliza et Samantdi et tous ceux (en particulier le mari de Moonliza, Flo, Baptiste, Coloc, et Nini) qui m’ont offert un week-end de rêve! J’ai 200 tonnes de souvenirs à raconter et de photos géniales… mais là, ma famille est en train de se demander si ils vont aller à un enterrement, interner ma tante qui déprime beaucoup trop, ou aller à un baptême, le week-end qui vient. Ma soeur du Michigan est en train de penser qu’elle va venir passer trois jours en France mais ne sait pas si elle choisira le camp du baptême ou de l’enterrement… Mon frangin ne veut plus venir parce que tout ça le rend fou… on ne sait pas ce que devient jojo qui est à Berlin et qui ne sait rien de tout ça… et moi je n’arriverai pas à être à deux endroits à la fois et faire un baptême avec la grand’mère du bébé en hôpital psychiatrique et mes parents à l’enterrement de ma grand’mère (l’arrière grand’mère du bébé), ça me paraît un peu éprouvant! En plus ça voudrait dire que je ne verrai pas mes parents cette année ni pour encore un ou deux ans!

Bref!

Bref… les souvenirs vont encore rester dans ma tête et mes yeux pour quelques jours pendant que je passe mes journées au téléphone avec le monde entier pour savoir si la famille va s’effondrer dans les deux jours qui viennent ou sera en mesure de survivre encore à peu près une semaine ou deux… Heureusement que Moonliza et Samantdi m’ont mis plein de soleil dans les yeux, ça aide à garder un peu le sourire face à tout ça, les 200 emails non lus ce week-ends, et pas de nouvelles de mes chatounnes!

Enfin…

Comme il faut que je me défoule, pardonnez-moi de dire ceci, mais les américains sont HEUREUX que les européens n’arrivent pas à s’unir, comme ça ils ne pourront jamais être une vraie menace politique et économique pour les Etats Unis! Hah! Moi je fais une demande de carte verte dès mon retour… si j’arrive à partir, avec une famille dans cet état… et si Le Pen ne fait pas un coup d’Etat, renverse le gouvernement et ferme les frontières!

racisme et nombrilisme.

PS. Mèèèèè non ce n’est pas de Moonliza et de Samantdi que je parle ;)
PPS. Pour plus d’aventures, revenir demain. Là, j’ai un train à attrapper.

Je viens de voir deux films qui parlent de race, de couleurs, de cultures, de haine, de traditions, de differences, d’amour, de changements, de pleurs, de rires: Crash et Bend it like Beckham. Deux films tellement différents et pourtant similaires sur le fond: la vision qu’on a des autres.

Je dois avouer que de voir ces films me fait me sentir très mal à l’aise… beaucoup trop blanche, en fin de compte. Et puis beaucoup trop ignorante, impuissante, et arrogante, aussi, avec mes discours prétentieux sur l’amour de ton prochain et des différences, l’importance de la diversité, la valeur de cultures différentes… blah blah blah, je peux tenir ce discours tout simplement parce que je suis blanche. Bon d’accord je suis une femme et pas blonde, mais je suis blanche, de bonne famille, hétérosexuelle, éduquée, riche, et en fin de compte je n’ai jamais dû me battre pour rien, pas pour survivre, pas pour aider ma famille à subsister, pas pour avoir le droit d’aller à l’école ou de ne pas travailler 10 heures par jour dans une fabrique de Nike, pas pour la liberté, la parole, le droit d’avoir un bon boulot, … rien. Tout ça m’est tombé tout rôti dans le bec et j’ose encore parler de tolérence, de différences, d’acceptance, de largeur d’esprit, de non-violence, d’indulgence, d’harmonie, de fraternité, de compassion, de compréhension, d’humanité!

Crash n’est certainement pas le plus joyeux des films que j’ai vus dans ma vie mais c’est une jolie parabole, une fable sur la vie. Une des critiques que j’ai lues disait que le plus gros problème de ce film est qu’il ne parle que de conflits raciaux. Hah, ben je crois que c’était en fait le BUT du film, banane! Ce qui m’a le plus frappé dans ce film, à part les deux acteurs principaux qui étaient minables (Sandra Bullock et Brandon Fraser, mais Don Cheadle, qui joue dans Hotel Rwanda (encore un film joyeux) est pas mal), c’est qu’on voit que ces conflits ne sont pas seulement entre les blancs et les noirs, comme on le pense si souvent. Ca m’a fait penser aux blagues belges que racontent les suisses, et aux blagues suisses que racontent les français. On rigole toujours de ce qui est différent de nous, et tant qu’on rigole, ça passe… Ca m’a aussi rappelé un post de Parisian Smile qui racontait combien les Algériens n’aimaient pas les Marocains et les Marocains n’aimaient pas les Tunisiens et les Tunisiens n’aimaient pas… et ça continue comme ça pendant longtemps. Personne n’aime ceux qui sont différents. On a beau dire, on a peur. Peur qu’ils deviennent plus puissants que nous, peur qu’ils soient plus intelligents, peur qu’ils nous prennent ce qu’on a, peur de se faire fiche une baffe. Le directeur du Homeland Security, ici, a un jour dit qu’ils s’en fichaient des immigrés Mexicains qui entraient illégalement aux Etats Unis pour cueuillir des fraises en Californie ou nettoyer les toilettes des stars d’Hollywood. Par contre, ils faisaient très attention aux gens qui entraient aux Etats Unis pour faire des études, pour travailler et gagner plus que l’Américain moyen, pour avoir des meilleures notes que l’élève universitaire moyen. C’était EUX le danger.

Bend it like Beckham c’est l’histoire charmante d’une jeune Indienne qui vit à Londres et veut faire du foot. Elle doit se battre contre les traditions de sa famille et de sa culture et les préjugés de ces Indiens contre les anglais. Mes élèves étrangers m’ont un jour raconté qu’en Inde, plus on est “clair” de peau et plus on est respecté. Plus on est “sombre,” plus on est rien. Il y a donc un “racisme” terrible qui existe entre les Indiens du sud et ceux du nord. Et je ne parle pas des suisses allemands! Pareil pour les noirs. Sauf ici, ou plus on est grand plus on est respecté parce que les chances de pouvoir faire du basketball et donc de se faire offrir une éducation universitaire croissent proportionellement à la taille. Dans mon cours de droit, on a étudié les problèmes de ces jeunes noirs, recrutés pour leurs talents sportifs par des universités de haut niveau et qui en sortent sans presque savoir lire et écrire parce qu’on ne leur a jamais demandé d’aller en classe. Tout ce qu’on voulait d’eux c’est qu’ils rapportent de l’argent à l’université. C’est pas du racisme puisqu’on leur offre une éducation gratuite et une vie de star! Mes élèves m’ont aussi raconté la vie terrible des chinois immigrés depuis des générations en Malaisie ou en Indonésie, et qui sont devenus tellement plus riches et puissants que les Indonésiens qu’ils emploient les Indonésiens pour faire leur ménage et la cuisine! Bien sûr, il est strictement interdit de parler chinois, d’apprendre le chinois, de fêter les fêtes chinoises, de vendre des produits chinois, ou de mettre des chinois à la tête du gouvernement. Par contre il est fortement recommendé de brûler les maisons des chinois, de violer les chinoises, et d’injurier les chinois qui ont le malheur de s’aventurer dehors. Qui a tort? Who cares?

Et alors? Alors rien. Je continue avec mes discours de snobe blanche, supérieure, et intellectuelle. Je n’ai qu’une envie c’est d’aller me cacher dans le plus misérable des coins du TIbet et de disparaître à jamais pour essayer d’oublier combien je me sens coupable, non seulement coupable pour ce que je représente mais aussi coupable pour ce que je ne fais pas. Je ne fais rien pour ce monde de fous. J’offre $50 à Medecins sans frontières pour le tsunami et puis j’oublie. Je ne comprends pas mieux mes élèves quand ils me racontent leurs traditions. Je j’arrive pas à ne pas me sentir supérieure quand “j’aide” mes élèves noirs. Je n’arrive pas à savoir quoi faire quand je suis entourée d’étrangers. Je les adore, mes élèves internationaux, mais c’est parce que je suis leur prof, j’ai quelque chose à leur apprendre, je suis celle qui peut les aider. Je n’ai rien à apprendre, je n’ai pas à sortir de ma vie pour comprendre la leur. Et de toutes les manières, j’aurai toujours raison: les blancs ont la vraie démocracie, la paix, le commerce, la liberté, l’anglais, le père Noël, la sécurité, la puissance, l’art, la sagesse, la raison, l’argent, l’éducation, l’autorité, la discipline, l’ordre, la constitution (hum hum), la loi, la justice.

Souvent j’ai honte de ma chance. Mais ça veut rien dire…

Il est intéressant de voir que je voulais parler de droit hier, juste avant de tomber sur ce triste article dans le journal. Ca tombe bien, je pourrai peut-être expliquer deux ou trois choses là-dessus aussi. En fait, je voulais parler de droit après une petite discussion intéressante que j’ai eue chez Jerome, à propos de macdo, d’assurance maladie, de syndicats, et de café renversé.

Les Etats Unis sont un pays réputé pour ses poursuites en justice à droite et à gauche. Et jusqu’à il n’y a pas très longtemps, je trouvais que ce système était assez nul et qu’il était trop facile de poursuivre en justice n’importe qui pour n’importe quoi. En réalité, depuis que je prends des cours de droit et d’aministration, je vois la situation sous un tout autre angle, et c’est passionnant. Je voudrais en parler un petit peu ici, pas beaucoup, parce que j’aurai du mal à m’exprimer en français sur des choses apprises en anglais, et en plus, je ne connais pas bien le système français. Il faut aussi se souvenir que chaque état, aux Etats Unis, a ses propres lois et régulations, et donc qu’il est difficile de généraliser. Il y aura toujours des exeptions! Mais je vais essayer de généraliser quand même un peu… et comme on dit en anglais, bear with me!

En fait, il y a plusieurs constitutions: celle du pays entier, qui est la plus puissante, et puis celle de chaque état, qui est parfois bien différente mais qui ne peut en aucun cas contredire la constitution fédérale. Heureusement, cette dernière est quand même assez vague dans certains domaines, comme par exemple l’éducation, et donc chaque état fait sa loi en ce qui concerne la façon de payer pour l’éducation, ce qu’on enseigne, et comment. C’est pourquoi le système d’éducation peut varier tellement d’un état à l’autre. Quand il y a un problème, par exemple quelqu’un se fait virer de son boulot sans raison, comme cela arrive souvent dans l’Indiana (un état où on n’a pas besoin de donner des raisons pour virer quelqu’un du jour au lendemain), on peut poursuivre en justice celui qui a causé le tort (donc là, l’employeur). Tout d’abord, on ira dans les courts locales, et puis d’appel en appel, on montera dans la hiérarchie et on arrivera aux courts de l’état en question. Si un juge prononce un jugement au niveau de la court de l’état, ce jugement influencera tout l’état. Par exemple, si le type s’est fait virer parce qu’il était trop vieux et que l’état trouve que ce n’est pas juste de discriminer contre les vieux, plus personne dans cet état ne pourra discriminer contre les vieux. Si la court suprême des Etats Unis trouve que le cas est important et descide d’accepter un appel (ils ont le choix, et dans le cas de Terri Chiavo ils avaient refusé les appels), alors là, leur jugement influencera le pays entier.

C’est vrai que les Américains ont un peu tendence à poursuivre en justice pour un oui ou pour un non. Le problème, c’est que le système social est entièrement différent de celui de la France. Ici, il y a très peu de sécurité de l’emploi, et il faut se battre pour qu’une assurance paye, pour recevoir des “benefits” (retraite, assurance sociale, etc.). Les patrons ont tous les droits. Mais petit à petit, à coup de poursuites en justice, les employés ont réussi à obtenir de ne pas se faire virer pour certaines raisons: âge, handicappe, et grossesse! Et même encore aujourd’hui, peu d’états donnent plus de trois jours de congé payé aux femmes enceintes! Après maintes poursuites en justice, elles ont maintenant le droit de prendre jusqu’à deux semaines de congés après la naissance, mais ce ne sera pas des congés payés. Pareil pour les accidents de travail! Il a fallu des dixaines et des dixaines de poursuites pour que les employeurs soient enfin obligés de payer pour les maladies et accidents et ne virent pas leurs employés au moindre accident. C’est là que je dis que souvent, ces poursuites en justice sont nécessaires! Et jamais gagnées d’avance, dans ce pays où l’individualisme et le capitalisme sont rois!

Dans tout ça, il y a un niveau très intéressant un peu à part et qui me plait bien: “academia,” comme on dit en anglais, ou le système universitaire. Là, les choses ne se passent pas de la même façon qu’ailleurs. Les poursuites en justice ne sont pas rares mais beaucoup plus récentes que celles dans les autres domaines, et elles sont traitées par les courts de justice un peu différemment. Il y a ce qu’on appelle la “academic deference,” qui veut que les juges avouent ne pas tout connaître dans le domaine de l’éducation et donc respecter les décisions des profs. Par exemple, si un élève en génie civil poursuit en justice son prof parce qu’il a eu une mauvaise note, le judge admettra souvent qu’il n’est pas en mesure de juger si la note était méritée ou injuste parce qu’il ne s’y connaît pas en génie civil et donc l’élève perdra son procès. Si un élève n’est pas accepté dans tel ou tel programme, le juge vérifiera que les profs n’ont pas été racistes, sexistes, ou anti-handicappés, mais c’est tout, pour le reste, il fera confience aux profs qui n’ont pas accepté cet élève pour X raison. Cela marche rarement, par contre, pour tout ce qui conerne le sexisme (les sports, par exemple), le racisme (les bourses d’étude pour les athlètes noirs qui ne ne sont pas obligés d’apprendre quoi que ce soit mais qui rapportent des millions aux universités) et tout ce qui concerne les handicappés (obligation de mettre des assenceurs et rampes dans les nouveaux buildings, interprètes, aides spéciales dans les dortoirs et les classes, etc.). Ce qui est intéressant, c’est de voir que les élèves poussent maintenant la chose à un autre niveau, puisque celui-ci ne marche pas bien, et commencent à parler de “contrat” et là, c’est une autre affaire! Par exemple l’université disait, dans ses guides et publications, que les élèves de tel programme devaient prendre tel et tel cours pour recevoir leur diplôme. Or, soudain l’université change d’avis et demande aux élèves de ce programme de prendre des autres cours. Si, au départ, il n’était pas clair que les cours requis pouvaient changer au milieu du programme, les élèves ont le droit de dire que le contrat n’a pas été tenu. Mêmes combine avec la sécurité sur les campus (prévention, crime, etc.), les salaires des employés, le sexisme et le racisme contre les employés, etc. Malgré tout, en général, l’université va gagner pour tout ce qui concerne l’enseignement, la connaissance, et la “academic freedom,” qui laisse les élèves et les profs dire à peu près tout ce qu’ils veulent (c’est pour ça que Jennifer, hier, a pu dire ce qu’elle a dit et que personne ne pourrait gagner un procès contre elle).

Allez, une dernière chose et puis je me tais. C’est les étrangers. Je viens de faire une présentation dans ma classe de droit sur les étrangers… eh ben c’est pas joyeux! En fait, depuis le 11 septembre, le Patriot Act fait la loi (ce fameux act que personne n’a eu le temps de lire avant de l’approuver, 3 jours après le 11 septembre, comme l’a si bien montré Michael Moore), et je l’ai lu, et ce qui est très intéressant et que peu de gens savent c’est qu’il fait que tous les droits que les citoyens américains ont (liberté d’expression, privacy, etc.) ne sont plus valables pour les étrangers. Par exemple, dans les écoles, il est absolument interdit de dire à qui que ce soit les notes des élèves (à part à l’élève en question) ou des informations sur les élèves (adresse, numéro de tel, combien il a reçu pour sa bourse d’étude, etc.). L’information est extrêmement privée. Et puis si quelqu’un veut tout savoir sur vous, il doit vous prévenir qu’il fait des recherches (warrant). Mais plus pour les étudiants étrangers! Grace au Patriot Act, maintenant, il est possible d’envoyer des Trojan viruses dans les ordinateurs de n’importe qui et ce Trojan va enregistrer chaque page internet regardée, chaque documment ouvert, et chaque touche tappée sur le clavier, donc aussi tous les mots de passe. Des agences comme le FBI ou la CIA ou la Homeland Security peuvent aussi aller dans les bibliothèques, par exemple, et demander ce que j’ai pris comme bouquins, et il sera strictement interdit à la bibliothèque de me dire que quelqu’un a regardé ce que j’avais emprûnté et lu! De même la Constitution fédérale donne droit à tout citoyen de savoir pourquoi on l’arrête, d’avoir un avocat, et de se défendre, mais les étrangers (pas seulement les illégaux, hein, je parle de gens comme moi!) n’ont plus aucun de ces droits! Les embassades, les juges, et n’importe quelle agence fédérale ont le droit d’annuler les visas de n’importe qui, n’importe quand, et pour n’importe quelle raison sans avoir besoin de se justifier. Et de dire que n’importe quel étranger est un “suspect terroriste” sans explication ni preuve aucune.

Enfin, tout ceci est tellement complexe que je pourrais écrire 25 bouquins là-dessus! J’aime me sentir protégée par la academic deference, mais j’aime pas trop ce fichu Patriot Act!

Comment ça s’appelle ces machins entortillés? Ca a commencé le 11 septembre, quand les gens portaient des petits rubans rouges, blancs, et bleus, pour montrer leur patriotisme, et puis on en a vu partout, en autocollants sur les voitures surtout, mais aussi en pins sur les vestes des équipages d’avion, des profs, des vendeurs dans les magasins, avec des slogans qui disaient d’abord “God bless America” et puis maintenant seulement “God bless the USA,” ou “Support our troups,” “Let Freedom Ring,” “Home of the brave,” ou “United We Stand.” (Lire un article très marrant là-dessus). Bref, ces petits machins sur les voitures étaient un bon début… mais on ne s’arrête pas à ça!

Bon, un drapeau à la fenêtre c’est tellement courant ici que ça ne se remarque même plus. Alors on en met partout ailleurs, et surtout sur les voitures! J’adorerais voir un drapeau français de cette taille sur une voiture en France!!! Ou même un drapeau de n’importe quelle taille sur une voiture française, d’ailleurs! Mais passons, disons que le drapeau est un signe que les Etazuniens aiment leur pays, leur président, la pauvreté, le manque d’éducation, les crimes, les mensonges, la corruption, la bigotterie, etc. A côté du drapeau, le petit machin entortillé dit “Freedom isn’t free” et il m’a fallu une minute pour réaliser que ça ne veut pas dire “la liberté n’est pas libre” (ce qui fairait trop de sens pour la situation, c’était suspect) mais plutôt “la liberté n’est pas gratuite” (ce qui veut BEAUCOUP dire, compte tenu de la situation de ce pauvre monde. D’ailleurs c’est intéressant comme on peut le comprendre de deux façons différentes: “la liberté demande des sacrifices,” ou “on va vous faire p