les niouz


C’est fou comme un simple geste peut me mettre de bonne humeur ou de mauvaise humeur pour toute la journée. Quand je sors de chez moi, le matin, je ne teste pas la température de l’air mais plutôt la gentillesse des gens que je croise. Le sourire d’un chauffeur de streetcar, quelqu’un qui me laisse passer devant lui dans une file d’attente, ou quelqu’un qui me donne son siège dans le métro fera une différence incroyable dans ma journée. Dans le film « While You Were Sleeping, » que j’ai vu 250 000 fois (oui j’ai honte), l’héroïne (qui a le même prénom que moi) admire l’homme (moche) qu’elle aime parce qu’il laisse toujours sa place dans le métro aux gens qui en ont besoin. L’homme en question (dont elle tombera finalement amoureuse du frère) réplique que ce n’est pas du tout héroïque comme geste, ce à quoi la jeunne femme rétorque, « ça l’est pour la personne à qui tu laisses ta place! »

Pour Noël, je n’ai envie que d’une seule chose (à part de voir mes frangins, il est vrai): que tout le monde (moi inclue, hein) ouvre ses yeux. Ce n’est pas facile à faire, parce que même quand on fait attention, on n’est pas toujours au courant de ce qu’on peut faire de plus. Un exemple? Quand je monte dans le métro, certaines personnes me laissent leur siège si le métro est très plein. Merci du fond du coeur. MAIS… quand le métro n’est pas très plein, il arrive que les gens soient assis près des portes et qu’il reste seulement des places au milieu de la rame. Or, le métro démarre très vite et s’arrête très peu de temps aux stations. Les portes s’ouvrant et se refermant très rapidement, je n’ai pas toujours le temps de marcher jusqu’aux places plus éloignées avant que le métro redémarre et me retrouve donc coincée debout près de la porte sans pouvoir m’asseoir. Et si j’ai réussi à m’asseoir loin des portes, à l’arrivée, je n’ai ensuite pas toujours le temps d’attendre que la rame soit immobile pour me lever sans me casser la figure et courir aux portes avant qu’elles ne se referment. La personne que je bénis jusqu’à la huitième génération est celle qui me laisse sa place tout près de la porte et va s’asseoir plus loin. Ca c’est de l’héroïsme pour moi!

Alors voilà mon seul voeux de Noël: faites attention à ce qui se passe autour de vous, et aidez les gens en difficulté, les mamans avec les poussettes, les femmes enceintes, les personnes qui ont du mal à se déplacer, les éclopés, les cabossés par la vie, les mamies et les papis du monde entier. Quand on a sa santé, notre corps nous porte. Quand on ne l’a plus, c’est nous qui devons porter notre corps et c’est parfois douloureux, souvent humiliant, et toujours difficile.

Je déteste les gens qui me regardent avec pitié et qui ont peur de m’ouvrir une porte parce qu’ils pensent que je vais être fâchée. Je bénis ceux qui m’ouvrent la porte comme si c’était naturel de le faire pour tout le monde, ceux qui me disent « laissez-moi vous aider avec ces gros sacs » sans avoir l’air d’être en train de se dire « elle ferait mieux de rester chez elle celle-là, on aurait la paix. » Autres détails: utilisez les escaliers si ce n’est que pour un ou deux étages, pour ne pas faire attendre innutilement les gens qui en ont vraiment besoin. N’utilisez pas le petit bouton qui ouvre les portes automatiquement si je ne suis pas juste à côté de vous, sinon la porte se refermera sur moi. N’utilisez jamais les places handicapées, même pour deux minutes, parce que si moi j’arrive avec ma voiture à ce moment-là, je ne peux pas savoir que vous ne serez là que deux minutes et je vous maudirai. N’utilisez pas non plus les toilettes « accessibles, » certaines personnes ont du mal à marcher, mais d’autres ont du mal à attendre leur tour… Je maudis la personne que j’ai besoin de regarder avec des yeux de martyre avant qu’elle ne se lève en soupirant de son siège pour que je puisse m’y écrouler. Je ne suis pas fâchée quand c’est un geste naturel… et le naturel ne vient qu’avec l’expérience et avec le respect.

J’ai du mal à appuyer sur « publish » ce soir, avec ce post. Je me dis que c’est nul de faire ainsi la morale, et puis je n’aime pas trop parler de tout ça. En même temps, je me dis que si je ne le fais pas, qui le fera? Après tout, miss lulu a été « connue » et lue avant que ses lecteurs adoré se rendent compte de ce côté-là de moi, alors profitons de la célebrité :) (A ceux qui seraient fâchés parce que j’ai « caché » quelque chose, je ferai remarquer que ne l’ai jamais caché. Mes albums photos ont toujours été publiques et cette facette de moi a coloré bien des posts (et bien des commentaires) sur ce blog sans que j’aie à le mentionner directement). Et puis je ne m’expose pas trop en postant ça alors que la plupart de mes lecteurs sont en train de festoyer et ont oublié les blogs pour quelques jours…

Enfin, tout ça pour vous dire que je m’en vais pour 2-3 jours aux Etats Unis, pour y retrouver mes deux soeurs, leurs maris, mon neveux, et mon frangin. Je remonterai ici après Noël avec une soeur, un mari (pas le mien), et un frangin… et on va aller manger ensemble dans un endroit très très spécial… mais c’est une surprise! En attendant de nouvelles aventures, je vous abandonne donc à mon tour, mes chers lecteurs et chères lectrices, et vous souhaite beaucoup de bons moments et de joie où que vous soyez et avec qui que vous soyez! Et surtout, n’hésitez pas à vous régaler sans remors, on ne vit qu’une seule fois ;)

Juste un petit mot pour vous remercier tous de vos gentils messages et vos bonnes pensées. Je viens de parler à toute la petite famille et à ma Mamie et elle va bien, elle a été opérée (de la jambe) ce matin et doit être immobilisée six semaines, mais pour le moment son moral est bon, et elle est bien entourée. Désolée pour mon petit moment de panique hier soir, la distance rend les choses plus difficiles, surtout quand on ne sait pas ce qui s’est passé ni comment les choses évoluent. Saleté de décalage horaire! Je n’en voulais à personne en particulier mais à la vie en général, c’est tout…

On croise les doigts pour que ça continue à évoluer dans le bon sens et que ma Mamie se repose bien et reprenne vite des forces! Et encore merci à tous :)

Cet article est protégé par mot de passe. Pour le lire, veuillez saisir votre mot de passe ci-dessous :


première neige! première neige!

Cliquez sur les photos pour les voir en plus grand.

king5.jpg

Oh, il n’était pas de retour pour bien longtemps, mais j’en ai encore le goût sur la langue et le soleil dans les yeux!

king9.jpg

Paris aussi, était là, à Granbled, si si, je vous le promets, ses boulevards, la Seine, ses monuments, ses claxons, et son jazz…

king7.jpg

king8.jpg

Comme il faisait presque beau et presque pas trop froid, c’est en flanant sur King Street (d’où les photos) que je suis allée écouter Un Americain à Paris de Gershwin, le concerto pour deux pianos de Poulenc (absolument magnifique, je connaissais même pas, la honte!), le Carnaval des animaux de Saint-Saëns (en fait, Saint-Saëns est super connu pour son Carnaval, mais ses autres pièces sont très belles aussi), et l’Ouvertude de Candide de Bernstein (version pour piano à quatre mains).

Roy Thompson Hall

Le tout était joué par deux pianistes extraordinaires (Scott Meek et William Eddins (ce dernier étant aussi le chef d’orchestre)) et l’Orchestre Symphonique de Granbled, hier après-midi, au Roy Thompson Hall.

king3.jpg

J’en ai vu des masses, des pianistes, et j’en ai entendu un certain nombre, des concerts, mais là j’étais sur le cul.

king4.jpg

C’était drôle, beau, vivant, charmant, pétillant, ça sentait le croissant au beurre, et j’avais l’impression de resentir à nouveau le soleil sur ma peau et dans ma tête, comme après un long hiver.

king2.jpg

Allez, je vais voir si iTunes vend Poulenc…

king1.jpg

frite.gif

C’est déprimant d’être déprimée sans avoir aucune raison de l’être! Je pourrais me dire « bon, j’ai le droit d’être déprimée parce que… » mais non, je ne trouve aucune bonne raison… alors ça me déprime encore plus! En temps normal, je me donne le droit d’être déprimée si je le suis pour une bonne raison, et grace à ça, je me sens beaucoup plus vite mieux. Je me dis « allez, déprime un bon coup ma vieille, vas-y à fond, et trouve quelque chose qui t’en sortira » et ça passe, après un bon repas, un bon bouquin, une bonne sieste, un bon film, un week-end à rien fiche, une sortie entre copines…

Mais là, non. Y’a aucune raison et en plus ça dure. J’ai un bon job, un super appartement, des chatounes adorables, un doctorat, ma santé, de l’argent, des amis supers, une famille géniale, de quoi manger, et je n’habite même pas en Laponie!

J’ai lu une fois un truc qui m’a fait peur: le niveau (la quantité? la fréquence?) de dépression des gens est proportionel au nombre d’années d’études qu’ils ont fait. C’est-à-dire que plus vous avez de diplômes et plus vous serez déprimé facilement. Pourquoi? Est-ce parce que plus on a de diplômes et moins on a l’occasion d’avoir des boulots physiques et tuants qui ne nous permettent même plus de réfléchir tellement on est épuisé et on ne pense qu’à survivre? Ou est-ce que c’est parce que plus on a de diplômes et plus on a dû refléchir à la condition humaine et que ça ne peut qu’être déprimant? C’est bizarre, hein, parce que plus on a de diplômes et plus on gagne d’argent, aussi, en général, ce qui prouve bien que l’argent ne fait pas le bonheur (sauf si on hérite du pognon et qu’on n’en profite pas pour faire des études, donc).

Bref… je déprime probablement parce que j’ai trop de temps pour y penser. En fait, j’ai des tones de choses à faire mais je ne les fais pas ce qui fait qu’en plus je culpabilise de ne pas les faire et donc je déprime encore plus et je les fais encore moins… C’est un cercle vicieux qui ressemble plutôt à un tir-bouchon, ça tourne vicieusement et en même temps ça s’enfonce…

J’ai envie que d’une chose, c’est de faire la cuisine, mais je n’ai pas envie de manger et je n’ai pas assez d’argent pour acheter de quoi cuisiner des trucs sympas (je suis payée tous les 15 du mois, enfer et putréfaction!). Hier soir, sur les conseils avisés de jojo ( »va voir sur marmiton.org, banane! »), j’ai essayé de faire un far breton, le premier de ma vie. En fin de compte, j’avais 1/2 centimètre de pâte au fond du moule (pas mauvaise, d’ailleurs), les pruneaux au milieu, et 1 gros centimètre d’omelette par-dessus. Fulgurant, le succès… C’est ça qu’on appelle une omelette bretonne? (Et qu’est-ce que je vais en faire maintenant, hein?!)

A part ça on a eu une journée magnifique aujourd’hui, du soleil et 15 degrés celcius, on se croirait presqu’au printemps! Après la tempête de vent d’hier (celle qui a fait trois morts, entièrement détruit un immeuble en construction de Granbled, fait couler un grand nombre de bateaux, et privé d’électricité des milliers de gens en Ontario, au Québec, au Nouveau Brunswick, et au nord-est des Etats Unis), on le méritait bien…

hair.jpg

PS. Mon (ex) blog sur le site de Purdue a été effacé… J’ai perdu toutes les photos téléchargées par les visiteurs sympas et deux ans et demi de commentaires…. Si vous voulez être sympas et que vous vous ennuyez, allez visiter mes archives (sur ce blog) et laissez des commentaires au hasard pour que ça ait l’air moins vide (et dites-moi au passage dans quel post il manque des photos, et si vous avez posté des photos sur mon site et que vous en avez encore une copie, je serai vraiment heureuse de les reposter moi-même) :)

PPS. Ptain les poignées d’amour :cry:

J’ai une bonne et une mauvaise nouvelle. Laquelle voulez-vous en premier? Bon, je vous donne la bonne d’abord parce que la mauvaise a vu le jour à cause de la bonne. Donc, tenez-vous bien, j’ai enfin trouvé une femme de ménage! Oui je sais, je suis super flemmarde et tout, mais je ne pouvais plus faire face à la montagne de poils de chats qui s’accumulaient dans mon grand appartement. J’étais débordée. Alors j’ai cherché un bon moment et finalement j’ai trouvé quelqu’un de bien (que nous appellerons Cinderella) à travers une agence de nettoyage. Cinderella est venue cet après-midi et goodness gracious, que ça fait du bien d’être dans un appartement propre!

J’ai lu il n’y a pas longtemps un bouquin super intéressant qui s’appelle Nickel and Dimed, de Barnara Ehrenreich, une journaliste qui a passé un an à bosser dans les « petits jobs » de ceux qui n’ont pas de diplômes: serveuse, vendeuse (entr’autre à Wal-Mart, ça vaut le détour!), et femme de ménage. Elle raconte comment ces jobs payent si peu et n’offrent aucun « benefits » (assuances, etc.), et que finalement, il est impossible pour quelqu’un de vivre au-dessus du seuil de pauvreté même avec DEUX de ces jobs à plein temps, (super mauvais pour la santé à court terme, impossibilité de bosser longtemps pour la même boîte, impossibilité de louer un appartement décent, etc.). C’est édifiant comme bouquin et ça fiche la trouille.

Elle raconte aussi que les sociétés de nettoyage demandent par exemple $25 de l’heure aux clients mais ne payent les femmes de ménages elles-même que $9 de l’heure. Donc j’ai vraiment hésité à passer par une société de nettoyage mais comme je n’ai rien trouvé d’autre, j’ai finalement décidé d’essayer quand’même en me disant que le Canada était peut-être mieux de ce côté-là… Et ce qui m’a rendue bien triste c’est que Cinderella m’a raconté que c’était la même chose ici. Elle m’a dit que si je le voulais et que je ne disais rien à la société de nettoyage en question, elle viendrait « en privé » quand je voudrais et que je pouvais ne la payer que $15 de l’heure. En plus, la société en question me demandait 3 heures minimum par semaine (à $25/heure, donc, ce qui fait quand’même beaucoup), et Cinderella est d’accord de ne venir que pour deux heures par semaine. Sur un mois, ça me fait payer $120 au lieu de $300 et pour elle, ça lui fait gagner $120 au lieu de $108 et 4 heures de travail en moins (et moins d’impôts à payer aussi j’en suis sûre)! Tout le monde y gagne! Je sais, capitalistement parlant, ce n’est pas très honnête, mais humainement parlant, ça l’est. Et maintenant que j’ai avoué que j’ai une femme de ménage au noir, je ne pourrai plus jamais espérer devenir présidente, première ministre, ou sénateure. Tant pis…

La mauvaise nouvelle, c’est que Calinette avait joué avec l’un des couvercles de ma boîte de lentilles de contact et l’avait perdu, et que donc je gardais une lentille dans un récipient sans couvercle… et Cinderella n’a pas vu qu’il y avait une lentille dans le bidule avant de le rincer… donc byebye my lentille de contact, il va falloir que j’aille m’en refaire faire une paire très très vite! Bon, ça fait presque deux ans que j’avais les mêmes donc ça va (visiblement, mes changements de lentilles sont toujours dramatiques…). En plus, c’est bien, ça m’apprendra comment me faire rembourser ce genre de chose par mon assurance, espérons que ça marche aussi bien que le dentiste! Et comme en plus j’ai de la chance, je peux aller voir l’occuliste une fois tous les deux ans, mais comme une nouvelle « période de deux ans » commence en janvier 2006 pour mon assurance, en réalité je pourrai y retourner dans un an si je veux (ou si Cinderella refait des siennes).

Voili voilà, c’était les dernières aventures du docteur lulu en directe de son champs de maïs Granbled. Et vous, votre fin de semaine s’est bien passée?

Ladies and gentlemen, j’ai une grande nouvelle à vous annoncer: je déménage au Mexique dès demain! C’est pas possible autrement, j’ai fait une gaffe, j’m'ai trompé, y’a erreur, et d’ailleurs mon ordinateur vient de m’envoyer ce message:
default11.png

Si je restais ici, il me faudrait impérativement et urgemment aller dévaliser le Eaton Center (pardon, Centre, ce qui est canadien con parce qu’on dit entER et non ENTRE et lettER et non lettRE) pour y acheter: une combinaison lunaire une fourrure en lapin polaire albinos, des mounbouttes helvétiques aux noisettes, un bonnet à grelots harmoniques, des collants triple épaisseur en laine vierge de Trinidad & Tobago, des lunettes de ski hautes définitions, un masque à gaz (en espérant que ça fonctionne par -80 degrés celcius), des gants en peau de chèvres et soie sauvage, des raquettes en nylon anti-gèle, et des pantalons doublés de fourrure de cariboux blancs nourris au grain bio. PARCE QU’ON S’LES GELE!!!!!

Bon d’accord il y a 50 centimètres de neige qui sont tombés à deux heures de Granbled et nous n’avons vu que quelques flocons hier et aujourd’hui, donc relativement parlant, on a de la chance, mais je peux vous dire que j’ai rarement eu autant de mal à avancer et respirer et ne pas geler sur place que depuis deux jours tellement la bise est violente et les températures polaires.

Les lèvres? Interdit de se mettre du rouge à lèvres parce qu’on s’enfouit le visage dans une écharpe ou deux. Même le baume qui pourrait soulager nos lèvres gercées par le froid est interdit sous peine de poils-de-chats-et-d’écharpite intense. Les mains? On oublie, y’a pas de solution, on prie pour qu’elles ne se détachent pas cet hiver. Les oreilles? Il faut soit sacrifier les oreilles soit sacrifier le chignon (et avec lui son air civilisé), c’est un choix comme un autre. Les pieds? On ne les sent plus malgré les chaussettes de laine et les grosses godasses, ça fera moins mal si on se fait marcher dessus c’est déjà ça.

Et le pire dans tout ça? C’est que les stations de métros et les magasins et les bureaux sont surchauffés à mort et que dès qu’on est à l’intérieur, on étouffe, on sue comme des boeufs, et on a plus qu’une envie c’est de se mettre à poil! Vive le capitalisme!

Et on est seulement début octobre :cry:

Premier jour d’école pour le dr. lulu! Et mon estomac en était tellement chamboulé que j’ai bien failli arriver en retard, moi qui allait passer la moitié du cours à rabacher à mes chers bambins que s’ils osaient arriver même une minute en retard à mes cours, j’en serais mortellement offensée!

Donc je suis partie de chez moi en retard, et puis j’ai failli trucider le streetcar qui a mis bien longtemps pour arriver, et puis je me suis dit qu’il fallait décidemment aussi trucider la compagnie des transports de Granbled (TTC) parce qu’ils n’ont aucuns sièges où on peut s’asseoir dans leurs stations de métro et de streetcar et qu’avec un cheval mort trois tonnes de bouquins dans mon sac à dos et le bide en compote, c’était vraiment la galère.

Finalement, je ne suis arrivée en classe que 10 minutes avant le début du cours, ce qui, pour moi, est être en retard. Je me suis assise au bureau du professeur (ça me fait toujours bizarre) et j’ai attendu mes élèves en priant pour qu’ils aient tous la brillante idée de choisir un autre cours que le mien parce qu’il y avait 25 élèves inscrits sur ma liste et que c’était 25 élèves de trop! Malheureusement, certains n’avaient pas été inspirés et ils sont arrivés les uns après les autres, tous avec des yeux de merlans frits à la vue de leur prof qui avait une tête de lycéenne anorexique.

Au fur et à mesure que les élèves entraient dans la salle de classe, je leur demandais leurs noms et les langues qu’ils parlaient. Au début, je me suis dit « oh un iranien, c’est original ça, » et puis « tiens, deux iraniens dans la même classe, c’est inhabituel, » et puis « trois iraniens? mais c’est le débarquement de Normandie par ici! » et puis quand j’en étais à huit iraniens, j’ai bien été forcée de me rendre à l’évidence que soit je m’étais trompée de salle de classe et que j’avais atterri dans une mosquée iranienne par erreur, soit j’avais mal lu la description de l’université et je ne m’étais pas rendue compte que tous mes élèves seraient iraniens, soit le ciel m’envoyait un signe comme quoi mon prochain mari serait iranien. Toujours est-il que j’étais bien soulagée en voyant s’asseoir dans ma classe un coréen (c’est bien la première fois que j’étais heureuse de voir un coréen!), un azerbaïdjanais, un hong kongois, un sri lankais, et un irakien.

Moi j’aime pas les premiers jours de classe. On fait des risettes aux élèves, on leur parle de plein de trucs importants et qu’ils oublieront deux minutes plus tard, on leur dit de ne pas dire docteur lulu mais miss lulu parce que ça fait trop sérieux, on leur explique en long et en large comment on va les tortuer mais qu’ils doivent garder le sourire aux lèvres sinon ça va barder, et à la fin de l’heure, tout le monde il est content, tout le monde il se connaît, tout le monde il a tout compris, et on se dit que finalement ça va bien se passer parce qu’avec une prof aussi chouette que ça des élèves aussi chouettes que ça, ça ne peut QUE bien se passer… Et puis il y a le deuxième jour de classe qui arrive et là paf, les douze élèves qui manquaient le premier jour (désolée m’dame, le métro a eu un accident, j’ai pas trouvé le bon building, y’avait une chèvre sur l’autoroute, mon chat a mangé mon réveil) débarquent et il faut TOUT recommencer à zéro et on les aime beaucoup moins, ces nouveaux élèves, ils ne font pas partie du « groupe » et ils cassent l’atmosphère et ils seront jamais bien intégrés, et on regarde les « anciens » élèves avec une petite larme à l’oeil en se disant qu’eux ils étaient bien sympas et qu’on le regrette bien notre petit groupe de 13 élèves à majorité iranienne et que ces nouveaux ils nous fonch’ et que le semestre est foutu!

En tous les cas, saviez-vous qu’en farsi, on peut laisser tomber les pronoms personels comme en espagnol? C’est pour apprendre des trucs comme ça que je suis devenue prof, et avec tous ces élèves iraniens, le farsi n’aura bientôt plus de secrets pour moi. Tout n’est pas perdu…

Quand je suis arrivée à Granbled, il y environ un mois, il y a eu pratiquement en même temps l’excitation d’arriver dans un nouveau pays, de se créer un petit nid douillet dans mon appartement avec mon frangin puis mes parents, la découverte d’une nouvelle ville, les sorties avec les nouvelles copines, mais aussi les tracasseries de paperasserie, les problèmes de sous, le nouveau style de vie (byebye la voiture, bonjour les kilomètres à pieds), la joie et l’angoisse d’être tata pour la première fois, les chatounes patraques, et le stress du nouveau boulot. Tout ça étant bien sûr fort agréable mais assez terrifiant en même temps, très chouette mais aussi épuisant, amusant mais un brin démoralisant.

Ca fait deux semaines, depuis que la famille est partie en gros, que mon moral joue aux montagnes russes mais curieusement, il est plus souvent au niveau de la Vallée de la Mort (- 86 mètres sous le niveau de la mer) qu’au niveau de l’Everest. J’ai de plus en plus de mal à savoir quoi faire et quoi dire au boulot, je hais de plus en plus me voir dans les miroirs, je supporte de moins en moins le bruit de l’autoroute sous ma fenêtre (encore une voiture toutes les 4 secondes en moyenne à 2 heures du matin dans la nuit de dimanche à lundi), je n’ai qu’une envie c’est de dormir, j’angoisse ferme à l’idée que les cours commencent dans 10 jours, je me fais du soucis à cause de l’hiver qui arrive (certains pourront imaginer pourquoi), je n’en peux plus de discutailler sans fin avec les compagnies d’assurances de voiture et de santé, les banques, et autres abrutis qui me reclament de l’argent, j’ai la hantise de faire des fautes dès que j’écris un mot en français (et en anglais aussi, sauf qu’en anglais je fais des fautes même en parlant), je me fais beaucoup de soucis pour Calinette qui n’a pas l’air de bien s’habiter à Granbled (elle passe ses nuits et ses jours à pleurer devant la porte), je ne me vois pas bosser à plein temps et en plus écrire des articles et des demandes de bourses sans pouvoir respirer une minute, et je pourrais continuer cette liste pendant trois pages.

Bref, les discussions sur ce blog du début de cette semaine m’ont achevée. C’était la petit goutte qui a fait déborder le bol qui était déjà bien rempli à ras (d’où l’expression ras-le-bol). Ce n’est pas grave, je sais que ça ira mieux un jour, comme toujours, mais là je n’en peux plus, d’autant plus que j’ai une grippe d’enfer aujourd’hui et j’ai mal partout et je beux blus resbirer.

Pratiquement tout bloggeur qui se respecte a pris des vacances cet été, et c’est donc à mon tour d’en prendre. Je ne sais pas pour combien de temps ça sera, peut-être deux jours, peut-être quinze, peut-être trois cent septente-dix-huit… En attendant, la porte de ce blog reste ouverte, comme d’habitude. Vous pouvez y écrire ce que vous voulez quand vous voulez en cliquant sur FOR RENT sur la plaque du Michigan dans le menu de droite, comme ça ce blog ne mourra peut-être pas tout de suite d’ennui.

Alors… à bientôt peut-être :) Et en attendant, voilà une jolie photo de mon piti neveu avec son daddy:

don.jpg

parents.jpg

J’écoute ma radio préférée en directe depuis mon champ de maïs à travers la magie d’internet. Le couché de soleil est sublime et les températures enfin vivables. Mon appartement est rangé, propre, en ordre, joli, pratique. Les chatounes dorment tranquillement quelque part. Je regarde le lac onduler tranquillement et je me dis que je suis chez moi, si si, pour de vrai, chez moi. Seule. C’est ma vie. Maintenant. Comme ça. Ici. Chez moi. A Granbled. Au Canada!

Ces quelques jours avec mes parents ont été vraiment chouettes. C’est différent d’être en visite chez mes parents en Suisse et de les avoir chez moi, en visite chez moi, chez moi, chez moi… si si, c’est vraiment chez moi… Bref, c’est chouette et c’était sympa. En plus, je me suis fait gâter pourrir comme c’est pas permis, même que j’arrive toujours pas à croire que tous, tous les détails que je voulais pour fignoler mon petit chez-moi (si si, c’est chez moi, pour de vrai) ont été vissés, cloutés, trouvés, attachés, montés, jetés, démontés, remplacés, achetés, et … fignolés! Depuis les étagères des placards jusqu’aux étagères à épices de la cuisine, depuis la petite table ronde du salon jusqu’au nettoyeur de moquette, depuis le dictionnaire de canadien jusqu’aux jolies assiettes et bols d’Ikea pour remplacer mes vieux trucs dépareillés et cassés, depuis les croissants de la boulangerie française d’à côté (pas trop à côté, heureusement) jusqu’au magnifique sac à dos en cuir pour faire plus « professeure » et sérieuse! Domage qu’ils soient partis parce qu’à ce rythme, demain c’était la télé plasma de 160 centimètres et la Mercedes ;)

Bon, les cadeaux c’était génial, mais c’était aussi particulièrement agréable de parler de ma nouvelle vie, de Granbled, du boulot, du Canada, du petit neveu-petit-fils, de la Suisse, des croissants de la boulangerie française d’à côté (pas trop à côté, heureusement), et de tout et de rien. C’était marrant aussi d’être « celle qui sait comment ça marche à Granbled » alors qu’en fait je ne connais rien du tout et que si mes parents n’avaient pas été se balader à pieds dans tous les sens et contre-sens, je n’aurais jamais découvert la boulangerie française d’à côté (pas trop à côté, heureusement). Et puis quand je vais en visite chez mes parents, ils ont toujours leur vie qui continue en même temps, alors que là, ils étaient vraiment loin de cette vie de tous les jours, des vrais touristes, et rien qu’à moi pour quelques jours! J’ai cru que ça allait vite me tapper sur les nerfs mais même pas, pas une seule fois! C’était bien triste de les laisser partir!

Après leur départ, Sosso, Calinette, et moi nous sommes regardées… On était assises par terre dans la chambre, seules pour de vrai de vrai, chez nous, et on a écouté le silence et les voitures sur l’autoroute et le cabot de la voisine et le vent sur le lac. On s’est dit que c’était bien triste de ne plus avoir le petit frère qui faisait si bien les calins aux chatounes, les bureaux d’Ikea, et la banane avec nous. On s’est dit que c’était bien triste de ne plus avoir un papa et une maman qui racontaient Granbled avec plein d’enthusiasme et nous faisaient des bons petits plats. Et puis on s’est fait un gros bisou sur le nez et on a fait une grosse sieste!

A notre réveil, quelques heures plus tard, on était heureuses, toutes les trois, et on s’est dit que notre vie à Granbled, dans notre joli petit chez nous, allait peut-être être bien agréable, après tout :)

Dans Granbled, parfois souvent, on voit des drôles de trucs. Faudrait avoir un appareil photo intégré à l’oeil pour pouvoir tout mettre sur ce blog, parce que malheureusement, je ne suis pas encore assez à l’aise pour conduire dans cette ville de dingues et prendre des photos en même temps. Heureusement, y’a le p’tit frère qui ose parfois sortir de notre nid haut perché et agréablement climatisé pour braver les éléments (36 degrés celcius cet après-midi, 46 avec l’humidex) et prendre quelques photos.

On commence avec trois trucs marrants: d’abord une voiture très écologique, très « verte, » comme on dit :lol:

voiture2.jpg

Et puis si on regarde bien derrière la voiture, on voit quelque chose d’autre: un rickshaw! On en a vu quelques uns, tirés par des mecs qui courent vachement vite, et c’est super impressionant!

voiture1.jpg

Et enfin un… heu… nouveau musée? Gaudi? Ah non, pardon, Michael Lee-Chin Crystal!

voiture3.jpg

La première bonne nouvelle c’est que finalement, j’aurai un bureau avec fenêtre! Je vais même pouvoir choisir la couleur de la peinture et les meubles qui iront dedans, ouah, la classe! La deuxième bonne nouvelle, c’est que je pourrai finalement avoir une place (chère!) de parking sur le campus donc en hiver, je n’aurai pas besoin de marcher des heures dans la neige.

La dernière nouvelle, et qui n’est pas si bonne que ça finalement, c’est que je commence à bosser demain (jour de fête nationale suisse)… à plein temps… vrai job… responsabilités… faire semblant d’être intelligente… sourire… rencontrer des tas de gens dont je ne me souviendrai jamais des noms… travailler pour de vrai…

Le début du reste de ma vie commence!

Ouiiiinnnnnnnnnnn!!!!!! Je veux paaaaaaaaaaaaaaaaas!!!!

Après quelques jours nourris aux chips et aux sandwiches pendant la journée et finis par des restaurants délicieux mais plus chers les uns que les autres, nous avons enfin réussi à dégager assez la cuisine pour pouvoir manger quelque chose de décent « à la maison. »

D’abord, on a acheté une quiche qu’on a réussi à réchauffer dans mon petit four et même à manger dans des assiettes (assis sur des cartons)! Et puis hier, on s’est secoués et on a terminé les cartons de la cuisine! Tout est encore un peu n’importe où parce que ma nouvelle cuisine est beaucoup plus petite que celle de mon champ de maïs, mais bon, on peut quand même trouver quelques poeles et casseroles, des assiettes, des couverts, et des verres: y’a du progrès! Il a aussi fallu trouver un endroit où acheter de la nourriture, et là, c’était une autre paire de manche, et c’est pas encore gagné! On a bien trouvé Whole Foods, super magasin bio, mais les trois légumes achetés là-bas ont coûté une fortune. Va falloir trouver autre chose, parce que les dettes de cartes de crédit s’accumulent… Heureusement, la pharmacie en bas de mon immeuble vend des petits pois surgelés, on est sauvés!

Bref, j’ai même invité Nat a dîner avec nous hier soir alors c’était le branle-bas le combat pour enlever les dixaines de cartons sur et sous la table, trouver les chaises, dégager un petit chemin entre la cuisine et la table, et donner à l’appartement en général un air presque normal malgré les cartons dans tous les sens. Pfiou, c’était la course!

Le repas cuisiné pour notre premier vrai festin, c’était un curry de légumes et crevettes avec du riz et… heu… du pain et du fromage. Heureusement que Nat avait apporté des chocolats (merci :) ) pour le dessert, sinon on serait un peu restés sur notre faim. Malgré le manque d’appéritif, d’entrée, de salade, de fruits, et de café, c’était chouette de s’asseoir à la table et de manger un bon repas en charmante compagnie. Mon nouvel appartement devient un peu plus un vrai « chez-moi. » Et il y a beaucoup de progrès: j’avais attendu trois ans avant d’inviter des amis à manger dans mon champ de maïs!

Bon, Calinette était toute patraque hier et a testé la résistance de la moquette aux tâches de vomit ce matin, et je n’ai toujours pas de connection à internet (merci voisin), mais à part ça, tout va très bien à Granbled, et ma liste de 253 082 choses à faire cette semaine est prête! Bon lundi :)

Pardon pour le silence, je n’ai que 1,5 minutes pour vous donner des nouvelles:

- la connection internet ne marche toujours pas
- le téléphone marche depuis hier soir
- ma nouvelle carte de crédit canadienne marche
- on a dévalisé Ikéa hier
- la moitié des trucs qu’on a acheté ne sont pas de la bonne couleur ou de la bonne taille donc il va falloir y retourner (et c’était pas de notre faute)
- les déménageurs ont téléphoné (et réveillée) ce matin à 8 heures ce matin pour m’annoncer qu’ils m’attendaient au bureau de douane et que où est-ce que j’étais, alors que je n’avais aucune nouvelle d’eux depuis leur départ d’Indiana
- je me suis grouillée d’aller à une heure d’ici (en me perdant un bon coup) pour dédouaner mon déménagement et ça c’est bien passé sauf que visiblement, la douane avant-hier a fait des erreurs donc va falloir que je m’occupe de régler ça
- je n’ai pas besoin de payer de taxes d’importation de la voiture parce que je n’ai pas encore de permis permanent
- par contre, dédouaner ses affaires ça coûte cher
- j’ai reçu un numéro de sécurité sociale en dix minutes (mais ça m’a bien pris une heure pour trouver où je devais aller pour faire ça)
- on a trouvé un bon restaurant indien hier soir
- j’ai failli nous tuer vingt fois en roulant dans Granbled et la circulation me rend déjà folle (rien que pour sortir de l’autoroute pour aller chez moi, il faut faire deux fois le tour du pâté de maison avant de réussir à entrer dans le parking)
- j’ai dit aux « concierges » d’ici que les portes du parking étaient trop lourdes pour moi alors ils vont installer des portes automatiques
- le déménagement est bien arrivé mais maintenant on n’a plus de place dans la maison et il va falloir vider les cartons alors qu’on a à peine commencé à monter les trucs qu’Ikea a délivré ce matin
- les chatounes s’habituent bien à leur nouvelle maison mais n’étaient pas trop heureuses d’être enfermées dans la salle de bain toute la matinée pendant que les déménageurs apportaient les cartons
- Rogers c’est de la m.e.r.d.e en boîte mais c’est trop tard maintenant, je suis avec eux pour un an
- je n’ai encore réussi à m’occuper ni du boulot ni des trucs de banque ni des transformations de la voiture
- les « concierges » sont très sympas
- la vue est vraiment jolie si on regarde à gauche et j’ai pris des photos mais je n’ai toujours pas trouvé le cable pour les transférer sur mon ordinateur
- mon frangin est trop cool et a bien mal au dos après tout ça (et ce n’est que le début)
- faut que j’y aille, il y a 121 cartons qui m’attendent et il est 4 heures de l’après-midi et je n’ai pas encore trouvé le temps de faire pipi aujourd’hui!
- à bientôt j’espère :)

Joli petit logo de 80 pix sur 80 qui représenterait ce blog et son écrivaine atitrée le mieux possible. Tout style est accepté, et la créativité est fortement recommendée et valorisée! Concours ouvert à tous et à toute jusqu’à la fin de la semaine. Les logos proposés seront publiés sur ce blog avec les liens des blogs des participants (s’ils en ont!). La gagnante ou le gagnant recevra un vrai cadeau en provenance d’un célèbre champ de maïs.

RECU:

Des tas de cadeaux beaucoup trop gentils, en plus de cartes, poèmes, et messages adorables de plein de gens. Je suis bien gâtée ces temps-ci, et je dois avouer que ça fait du bien :)

gift1.jpg
Du chocolat de mon 5ème renne (?), merci mille fois, j’adore!

gift2.jpg
Du chocolat de kiara, (ohhhhh ça remet les idées en place, ça!), merci mille fois, c’est à tomber ce chocolat!

gift3.jpg
Deux bouquins très chouettes de laurange, comme ça j’aurai de quoi lire dans l’avion pendant mes voyages en mars, merci mille fois, je me réjouis de lire tout ça!

gift4.jpg
Et une poêle à frire avec couvercle de la part de moonliza, merci mille fois, je vais enfin pouvoir arrêter de me brûler les doigts à chaque fois que j’utilise une assiette comme couvercle!

Pis si ça vous voulez rajouter quelques cadeaux à cette charmante liste, vous pouvez toujours aller voir ma ouichlist qui devient de plus en plus sérieuse! La machine à coudre me sauverait la vie, là, ainsi que les trucs pour ranger les machins dans la cuisine pour pas que ça se renverse partout et que les petites bêtes viennent dans les paquets… miam…

On a mangé ensemble. Il a choisi un restau nul, ce que j’ai trouvé un peu dommage. On a payé chacun sa part, ce que j’ai trouvé plutôt bien. On a parlé de ses études, et c’était intéressant. Il m’a dit que j’étais bien française, parce que je semblais toujours être « passionnée » quand je parlais. Bon… ?

Il m’a demandé ce que je voulais faire après mes études, et je lui ai répondu que je voulais quitter les Etats Unis. Il m’a demandé pourquoi, et j’ai dit parce que je n’en aimais pas la politique. Il m’a dit « c’est partout pareil » et j’ai dit « pareil mais différent! » Il a dit « moi je m’en fiche de la politique » et j’ai dit « pas moi. » J’ai dit « ça fait quelques années que je me sens assez mal dans ce pays » et il m’a dit « moi je ne parle jamais de politique. » J’ai dit « bon. » Et il a ajouté « je ne parle que de ce dont je suis sûr. La politique c’est trop subjectif, la vie c’est trop complex, le monde c’est trop partial. » Bon… ?

On a parlé d’autre chose. De son pays et de sa vie, et puis du tsunami. Et il m’a dit « moi je ne parle jamais du tsunami parce qu’on n’en sait rien. » J’ai dit « de quoi? » Et il m’a dit « de la bombe atomique qui l’a causé. » Alors on a parlé du temps. De la tempête de glace et de la neige. Et puis on n’a plus parlé, et j’avais pas fini mon mauvais sandwich mais le repas lui était fini.

Il m’a demandé si on se reverrait, et j’ai dit « je crois pas, je suis trop occupée avec mes études. » Alors il a dit « bonnes études alors! » et il est parti. Y’a pas à dire: je suis peut-être super douée en papotages et radotages passionnés, mais je suis super nulle en bombe atomique!

Merde, vraiment, ça devait pas m’arriver ce genre de connerie, c’est pas possible! J’ai pas le temps, pas l’énergie, pas l’argent, pas la motivation, … pas le temps, surtout, et puis je me connais, je suis comme les montagnes russes dans ces situations-là, une seconde en haut et la seconde d’après en bas, et tout va trop vite, et j’ai la tête qui tourne, et je perds le nord. Non je peux pas, c’est impossible!

C’est pas le premier à me faire le coup, depuis que je suis dans mon champ de maïs. Il y a eu celui-là, le tout premier jour, qui voulait apprendre le français pour pouvoir lire Derrida en version originale. Il était sympa, lui, et il savait toujours me faire rire dans les pires moments. Et puis il y a eu le joueur de basketball qui faisait 2 mètres de haut et qui avait 13 ans de moins que moi. Sympa aussi, celui-là, mais on n’avait pas grand’chose à se dire à part « what a delicious cheesecake! » Ensuite, et ça c’était moins drôle, il y a eu ce gentil monsieur qui devait avoir l’âge de mes parents et qui travaille avec moi, alors c’était plus difficile de ne pas accepter et d’expliquer, et il a fallu que je mente, même, pour me dépatouiller de cette sombre histoire-là. Finalement il y a eu ce charmant jeune homme, brillant, mignon, galant, fort sympatique, qui a un avenir prometteur devant lui, et à qui il m’a été difficile de dire la vérité mais je la lui ai quand même dite: je ne veux sortir avec personne! Je veux finir mes études, je ne veux pas vivre, pas rigoler, pas m’amuser, pas perdre de temps, JE VEUX ME CASSER DE CE BLED! Et accessoirement, je ne veux pas rester dans ce pays!

C’est tout, c’est la simple vérité. Je me connais quand je suis amoureuse. Oh c’est bien agréable, ça c’est sûr, ce pincement de joie trop forte au creux de l’estomac quand il vous regarde, ces moments où on oublie tout ce qu’on n’aime pas de soi et on devient l’être adoré et parfait, ces cadeaux, ces calins, ces rigolades sans fin, cette intimité qui ne fait plus peur, cette attente si cruelle mais si douce à la fois… Mais avec ça viennent aussi les doutes, beaucoup de discussions, les attentes déçues, les roses jamais offertes, ces moments où l’on a rien à se dire, ces blessures au coeur, du temps perdu, les larmes, plein d’argent qui part, et puis surtout tout ce temps qu’il faut passer à penser à l’autre, à rêver, à attendre, à partager, à espérer, à aimer. Je suis trop nulle pour le « multi-tasking » moi, quand je suis amoureuse, c’est tout ce que je peux être. Je ne peux pas être amoureuse et en même temps une bonne prof, une bonne élève, et une bonne amie. Alors pendant que je suis sur mon petit nuage, le monde autour de moi s’effondre. Je me connais. Ca fait 32 ans que je me connais!

Et il y a une semaine, le dernier m’est tombé dessus. Il est charmant lui aussi, vient d’Afrique du Sud, a exactement mon âge, et fait un doctorat en génie nucléaire. Je suis tellement égoïste que je ne veux même pas prendre le temps ni l’énergie de penser à ça… Il y a toujours bien sûr cette débile de petite voix à l’intérieur qui me dit « c’est peut-être ta dernière chance, c’est pas tous les jours qu’on en trouve un comme ça, tu vas te retrouver toute seule et tu le regretteras toute ta vie, tu n’as plus 20 ans, il sera bientôt trop tard pour faire des enfants, t’es qu’un sale snob, etc. etc. etc. » Oui mais ta gueule! Premièrement je ne voudrai jamais d’enfants et même si j’en voulais je n’en ferais pas, et deuxièmement JE VEUX FINIR CES PUTAINS D’ETUDES! Après on verra. Après il y aura la vie. Après, si je découvre que je me suis mentie toutes ces années et que je ne suis pas réellement heureuse toute seule, je changerai peut-être d’avis. Et il n’est jamais trop tard. Je me connais. Avec moi il n’est jamais trop tard! Et puis de toutes les manière je m’en fous!

Mais j’en ai marre. Je n’ai pas envie d’écrire ce message à monsieur le génie nucléaire pour lui expliquer tout ça. Ca fait moche. Et puis j’ai l’impression d’être une personne horrible. Et puis les gens vont se dire « elle est gonflée celle-là, elle se rend pas compte de la chance qu’elle a! » Et puis ça me torture, et puis je déteste y penser. Voilà, c’est typique de moi, ça: j’ai même pas commencé une relation avec un mec et je perds déjà du temps et de l’énergie à cause de lui! Franchement, qu’est-ce qu’il faut que je fasse pour qu’on me fiche la paix? Me tatouer « leave me alone » sur le front?!

* Tous ces gros mots devraient être différents mais je n’ose pas, parce que parfois mon petit frère lit ce blog…
Attention, ce post risque de détruire l’image de gentille fille qu’on se fait de moi…
Ω J’adore les « small prints » comme dans les contrats de cartes de crédit ou de téléphone…
§ APR: 29.9% per $30, $3 minimum, not including monthly process fees and late fees.

Il était une fois une gentille rivière d’environ 3 mètres (9 pieds) de profondeur (4 mètres en hiver) qui coulait tranquillement et sans se dépêcher dans son petit lit douillet. Sur ses plages, les pêcheurs aimaient à pêcher et les enfants à barboter. Mais un jour, le temps avait décidé de protester contre l’élection d’un certain buisson maudit qui avait refusé de signer les accords de Kyoto et en avait fait voir de toutes les couleurs au Midwest. Les éléments s’étaient déchaînés sous des formes toutes plus rares les unes que les autres et avec une violence haineuse. C’est ainsi que notre pauvre rivière normalement si calme et accueuillante avait soudain gonflé, enflé, monté, et grondé, jusqu’à presque tripler sa taille (25 pieds) et envahi les alentours, noyé ses belles plages, inondé les caves, devasté les jardins, et submergé les routes du Midwest, et en particulier celles de Lafayette.

Voilà quelques photos prises par notre journaliste en herbe favorite qui vous donneront une petite idée de la fureur de la Wabash. Malheureusement, pour cause d’inondation et de pluies torrentielles, peu de photos ont pu être prises afin d’éviter une noyade inéluctable ainsi qu’une broncho-pneunomie fatale.


Nouveaux marécages de Lafayette… attention aux crocodiles!


D’un côté de la route…


De l’autre côté de la route…

flood1.jpg
Au milieu de la route… hier un bateau a dû aller chercher deux fous qui y avaient coulé leur voiture!


Il est fortement déconséillé aux habitants de Lafayette d’aller faire leur jogging quotidien le long de la rivière… heu… DANS la rivière!


Ah ben oui, normallement il y a la rivière (flèche rouge), ensuite la plage, puis les arbres, et enfin le petit chemin pour le jogging… mais là non, apu, fini, parti!


Par contre on peut aller faire du bateau dans la cave!


Le train va bientôt aussi pouvoir laver ses essieux… Pour voir le pont en un peu plus grand, cliquer sur l’image. Les flèches rouges montrent la largeur normale de la rivière autour du pilier central. Le premier pont est pour les voitures, celui de derrière pour les trains.

J’aurais quand même dû croire ce panneau de circulation qui disait que la route était impraticable… pis ça monte vite, dis-donc!!

flood11.jpg

Il a pleuvu, il a gelu, il a neigu, il a dégelu, il a replevu, et ça continue… Pour la petite histoire, une Wabash rivière de 4 mètres c’est normal, mais une Wabash rivière de 8 mètres ça fait un peu marécages de Louisiane…

Plus de photos dès que je me serai remise de la crève de canard que je me suis payée hier en allant me balader pendant des heures dans un déluge apocalyptique pour les prendre, ces fameuses photos! Mais soyez patients, elles en valent le détour!

Le début de l’année est toujours le moment le plus difficile pour mon compte en banque! L’école à payer pour les quatre prochains mois, toutes les associations desquelles je suis membre à payer pour l’année, les conférences auxquelles je vais aller cette année à payer pour m’y inscrire, tous les trucs pas payés de l’année dernière, les tas de bouquins pour les nouveaux cours, l’assurance de la voiture à payer pour les six prochains mois, en plus des payements courants comme les cartes de crédit, le loyer, le téléphone, internet, le parking, la voiture, l’électricité, la bouffe pour chat, l’eau, l’essence, l’assurance maladie, la femme de ménage, la bouffe, et j’en passe! Ah, et j’oubliais qu’il va falloir commencer à penser aux impôts à déclarer entre mainteant et avril…

Cette année, c’est la deuxième fois que mon université me fait un sale coup et me baisse mon salaire! La première fois c’était parce que je venais d’arriver ici et que mon nouveau salaire était beaucoup plus bas que mon précédent, en Utah. Cette fois, c’est parce que j’enseignais une classe spéciale le semestre dernier alors j’étais payée un peu plus… mais les beaux jours sont terminés et viennent les vaches maigres!

La bonne et surprenante nouvelle est que je viens d’apprendre que j’ai bossé 30 heures pendant ces vacances! Et oui, c’est bien pratique d’avoir une si gentille directrice de thèse pour qui je fais des petits boulots de temps en temps (construire un site internet pour une conférence, trouver des informations sur la France, etc.) et qui contrefait ma signature pour pouvoir me payer pendant que je ne suis même pas là et que je ne fais visiblement rien du tout à part bouffer des pains au chocolat et rencontrer des bloggeurs sympas!

Comme je suis une étudiante internationale, je n’ai normalement pas le droit de bosser plus que 20 heures par semaine, ce que je fais en donnant des cours, mais pendant les vacances, je peux bosser jusqu’à 40 heures, et donc ma très chère directrice de thèse s’est dit qu’il était temps d’en profiter et de me payer pour tout ce que j’avais fait pendant l’année sans me faire payer un penny. Sans me prévenir. Je lui avais dit que j’avais bossé environ 10 heures pour elle le semestre dernier… et elle m’a fait payer pour 30 heures! Sympa, hein? TRES bonne surprise, et qui arrive au bon moment, en plus! Bon, on ne peut pas encore dire que ça mettra du beurre dans les épinards… mais au moins ça mettra des épinards dans mon assiette! … tiens, c’est une bonne idée, ça: salade d’épinards frais avec oeuf dur, bacon grillé, et échalotte… miam!

I work all night, I work all day, to pay the bills I have to pay
Ain’t it sad
And still there never seems to be a single penny left for me
That’s too bad
In my dreams I have a plan
If I got me a wealthy man
I wouldn’t have to work at all, I’d fool around and have a ball…

Money, money, money
Must be funny
In the rich man’s world
Money, money, money
Always sunny
In the rich man’s world
Aha-ahaaa
All the things I could do
If I had a little money
It’s a rich man’s world

A man like that is hard to find but I can’t get him off my mind
Ain’t it sad
And if he happens to be free I bet he wouldn’t fancy me
That’s too bad
So I must leave, I’ll have to go
To Las Vegas or Monaco
And win a fortune in a game, my life will never be the same…

Money, money, money
Must be funny
In the rich man’s world
Money, money, money
Always sunny
In the rich man’s world
Aha-ahaaa
All the things I could do
If I had a little money
It’s a rich man’s world.

Ah merde, mon aspirateur vient de mourir…. heeeeeeelp!!!!!

tree6.jpg

ça s’arrange pas…

Il est 8 heures, Paris s’éveille,
Il est 2 heures, je crève de sommeil…

… et on attend toujours! hah! Je veux pas être comme ma mère, hein, mais je crois qu’il va bientôt falloir que je dise « je vous l’avais bien dit! » Oui, ça me paraît mal barré, là, 249/220… et visiblement, l’Ohio de 2004 est la Floride de 2000. En plus de ça, cent mille votes perdus au Nouveau Mexique et soixante huit mille perdus en Floride… bon, il est trop tard et je suis trop crevée pour pleurer… Quand même: 27 états pour le buisson maudit contre 17 pour l’autre idiot… ça fait mal!

Certains diront que je suis défaitiste. Mais en fait non, je préfère m’attendre au pire comme ça si le buisson perd, je ne pourrai qu’être surprise et heureuse, et si il gagne, je ne serai pas sous le choc (bon, quand même un peu, hein), je serai déjà prête au pire. C’est un peu la philosophie de ma vie. Oui ça craint je sais, j’ai pas beaucoup d’espoir dans ma vie, parce que j’aime pas l’espoir. J’aime mieux être surprise positivement que négativement, ou « déçue en bien, » comme on dit en Suisse. Brave Suisse, va…

Donc il est bientôt 2 heures du matin ici, et je vais aller me coucher. Il y a 8 ans de ça, Clinton se faisait réélire et tout le monde se moquait de son saxophone. Il y a 4 ans, j’attendais mon petit copain à sa sortie du boulot en regardant la télé (j’ai pas la télé ici, alors je m’emmerde, en fait), et en voyant la débacle de Floride je croyais que tout serait fait pour que ça ne puisse plus jamais arriver. Je croyais que les Américains allaient se réveiller et se rendre compte que le monde entier se moquait d’eux. Je croyais que les choses allaient changer, que les gens refuseraient de se ridiculiser encore une fois comme ça. Mon copain est sortit du boulot en retard, mais on n’avait toujours pas les résultats. On n’y croyait pas. On était innocents.

Il reste Hawaii, l’Iowa, le Michigan, le Nevada, New Mexico, l’Ohio, et le Wisconsin. J’aurais aimé rester vivre dans ce pays. J’aurais voulu pouvoir discuter avec mes élèves. J’aurais dû essayer de changer les choses… Savez-vous que jusqu’en 1940, les états pouvaient choisir la date pour le vote du nouveau président? Après un certain temps, on s’est rendu compte que certaines personnes votaient un jour dans un état et voyageaient ensuite d’état en état pour voter plusieurs fois… Alors on a changé tout ça et décidé d’une date unique pour tous les états: le premier mardi de novembre. Et savez-vous pourquoi le premier mardi de novembre? Parce que c’est la fin des récoltes, mais il ne fait pas encore trop froid et neigeux pour que les gens puissent se déplacer pour voter. Comme le dimanche est sacré, il est impossible de voter un dimanche, et de voyager aussi, donc le lundi est un jour de déplacement pour aller voter le mardi. Ce qui est très intéressant, c’est que le vote « en avance » est de plus en plus permis, maintenant, comme en Floride, où ça fait déjà 2 semaines qu’ils pouvaient voter…

Douce France, cher pays de mon enfance, bercée de tendre insouciance…

… on dirait que j’ai bu, hein, mais en fait même pas! Comme quoi, la politique c’est plus dangereux qu’on ne le croit!

A vous l’antenne, chers lecteurs… décrivez-moi ce que vous entendez chez vous, ce qu’il y a à la télé, ce que vous pensez, si les choses changent pendant que je dors. Et si vous avez une bonne nouvelle à m’annoncer à mon réveil, vous avez tous le droit de poster sur mon blog, les instructions sont toujours sous « for rent » et le mot de passe est « lafayette ». And God bless this world!

sleep.jpg

it was HOT yesterday, and i mean really hot, like 25C degres au moins or something like that! and so, for the first time this year i didn’t freeze in my house et meme que mon ordinateur et moi on avait un peu trop chaud and i had to turn off all the heaters and open the windows… and… oh delice… pour la premiere fois de l’annee… i was able to sleep without heavy pjs de flanelle et d’hiver … and to instead sleep in a comfortable et coquine petite chemise de nuit! (can’t say it in english, i’d offend respectable americans!) ah, sentir l’air de la nuit sur ma peau enfin… such comfort, such sweetness… petit plaisir de la vie…

zut, je sens que je vais encore choquer le gratin parisien…

petite note en francais en bas de page… qui a besoin de commentaires… j’attends!

I just finished reading two amazing books that I highly recommend to anyone trying to avoid doing the dishes, cleaning the house, doing homework, or going out in the rain: The Life of Pi (l’histoire de Pi en francais) by Yann Martel and Waiting (la longue attente en francais) by Ha Jin.

waiting.jpg I first heard about this book in my World Englishes class because the author is from China but lives in the US and writes in English. He served in the People’s Liberation Army and has also written poetry and other successful texts such as The Pond (la mare), which I want to read next. This is the story of our lives: we wait for better jobs, the end of school, more money, a vacation, a better relationship… but while we wait, we waste the time we have now, and when we actually get what we want, we still want something else. So, we wait and wait and wait, but we never enjoy today! This story is culturally very interesting because it takes place right after the Cultural Revolution. It addresses the problems of ancient vs. modern civilizations, divorce, family, politics, the countryside vs. the city, fame, miracles, fear, and missed opportunities. Towards the end of the story, Lin, the anti-hero, finally realizes something we should all try to remember: « All those years you waited torpidly, like a sleepwalker, pulled and pushed about by others’ opinions, by external pressure, by your illusions, by the official rules you internalized. You were misled by your own frustration and passivity, believing that what you were not allowed to have was what your heart was destined to embrace. » … but that was only 1/2 the truth…

pi.jpg The Life of Pi is an amazing story too because it makes the reader laugh, cry, understand the world better, and learn tons of interesting facts about surviving, animals, courage, zoos, school, power, faith, India, Japanese officials, and odd carnivorous trees. This is the story of a young Indian boy sadly named « Piscine Patel, » who decides to become a Muslim, a Christian, and a Buddhist, and whose family owns a zoo in Pondicherry in India. When they decide to go live in Canada they take several of their animals and go on a boat… which sinks, leaving Pi soon alone in a small lifeboat in the company of a Bengal tiger named Richard Parker! This story made me laugh so often… especially the first 1/3 and the last 1/3. In the middle, it gets a little boring if you’re not highly interested in fishing techniques and boat terminology, but keep reading, it is worth it! I love to imagine my students from India in that boat, I can just picture someone very well… Pi, while on his lifeboat, says, « My greatest wish–other than salvation–was to have a book. A long book with a never-ending story. One that I could read again and again, with new eyes and fresh understanding each time. » Well, The Life of Pi is definitely one of these books.

PS: J’espere que cette information ne vous choque pas trop! … en effet il parait (information de quatrieme main) que la famille cote parisien trouve ce blog trop prive et choquant. Bon… vous n’avez pas besoin de le lire si ca vous choque… tant pis, etant-donne que je l’ecris en partie pour vous, pour vous tenir au courant de ma vie « de folle » (comme dirait ma chere mere)… mais comme on dit en anglais, « it’s your loss! » Qu’en pensent les autres francais, les italiens et les suisses (et les autres aussi)? Je peux aussi arreter d’ecrire…

PPS: My poor previous attempt at some kind of design for this blog didn’t work on Macs and with IE, so I had to change it… and I decided to go back to the original greens (check that, back from 11/12/2002 – 12/07/2002. Like it?

So during the night, suddenly, I heard my printer go on and off and on and off… and I’m like « what the hell, man, this is creepy, either I’m dreaming or there’s someone in my apartment playing with my stuff! » This morning, no music to wake me up… and then I understood! Always have two alarms ringing in the morning–first, music from the radio, and a few minutes later, the actual bip-bip-bip… sometimes, the power goes down (like tonight!!!) and the music doesn’t start, and sometimes the battery of my little alarm clock is dead and thank goodness for the music! power outage tonight? strange, we must have had some serious thunderstorms during the night! Anyway, that’s why the printer went crazy, and the microwave too, and my radio’s time too. Hah… always be ready for Indiana :)
Yesterday the little rebel in me went all crazy: I went to target to buy some apples, oranges, and cookies for my students (I love them, what can I say!?) and in those 30 minutes, I missed two stop signs, went through a quite-very-almost red light, parked in an unauthorized space, swore profusely because the little cart-thingy didn’t work, changed lanes in the middle of this really suicidal intersection, and didn’t stop before I turned right at a red light. Fun fun fun! No seriously, the one thing I’m noticing about my little experience is this: the first thing that goes away when you don’t eat enough is your brain!! Yep, I can’t concentrate, can’t read, can’t spell, can’t drive, can’t think, can’t write, can’t teach, can’t listen to something for more than 2 minutes, can’t do anything well! The worst thing though is concentration: GONE!!! And I thought my little fat belly would be the first one to go :(
Jeanne ma soeur Jeanne tu pourrais me trouver les paroles de Lo Scapolo de Paolo Conte? J’adore cette chanson et j’aimerais bien savoir ce qu’il dit mais je ne trouve pas ses paroles. Grazie mille!
Ok good people, I had this idea yesterday and I created a little survey (below) to see if my idea was good, so PLEASE help me by taking it, it’ll take you 3 minutes maximum, I promise!! THANK YOU :)
… merde l’euro se recasse la gueule, et merde ca y est, je vais etre en retard a ma reunion!!! ciao!

i am 31 today, and not in the best mood. the question is: what have i done with my life so far???? if anyone has an idea, please let me know!!! also, other question: should i keep or drop economics of education? if i drop it, i’ll have to take it some other time, probably in the summer, right before my august prelims!!! if i keep it, i will only have 2 more classes to take to complete my coursework… that’s not so bad, only 60 pages of research paper to write… but taking this plus human resources plus world englishes just seems too much for me. i am so lazy!!! ok people, you need to write to cheer me up!!! final question of the evening: does life get better with time??? please tell me that it does because i had this dream last night where i was watching a movie of my life and ended up asking me dad « so it just gets worse and worse and worse? » and he said YES. and i woke up crying. so… i seriously need some cheering up here!!! i had sushi tonight, by myself, and for the first time in a long time, wished i had a b-friend… well, someone to spend the evening with, really. the good things about today are: i got long and fake nails, and they are just gorgeous! and i like my new students so far. and some really cool people called me today for my b-day!! and there is no snow here yet!!

Thought of the day: « If all mankind minus one, were of one opinion, and only one person were of the contrary opinion, mankind would be no more justified in silencing that one person, than he, if he had the power, would be justified in silencing mankind. »
John Stuart Mill, English philosopher (1806-1873).

Those pinks I’m choosing are really ugly. What can I say tonight? I am not writing in my own journal so I’m feeling guilty… did anyone notice that I have been writing on this thing for more than a year already!!?? Wow… It was supposed to be snowing TONS tonight but I don’t see a flake yet, keep my fingers crossed, knock on wood, and all the other ones too!! Now that I won’t have a covered parking space I think I can say that my winter will be one long hell… haha… that’s funny… hell’s supposed to be hot… BUT NOT INDIANA!!!! In Indiana, hell is FREEZING! In fact, it might even be here that the beautiful saying « when hell freezes over » was coined!
Tonight, I tried to write my paper, and can I just say I honestly thought of dropping out of school and go work at the next door gas station for the rest of my life? I felt so dumb and unninterested in this stupid thing that I didn’t even know how to feel, and that’s pretty scary. I thought ok, if you write 3 pages, then you can go get something really good to eat! This kind of rewarding system usually works with me, especially when I haven’t eaten out in 2 months because of car problems… but tonight, I couldn’t even find an ounce of enthusiasm about eating a good dinner… so I tried the second trick: if you write 2 pages (uh ho, lowering my expectations already!), you can go to Border’s and spend $30 on books about web page design. Now THAT one works really well, usually, even though I have tons of books that I still haven’t read/learned yet… but I LOVE to buy a book, learn one thing from it, and then feel discouraged because the rest is too tough… and go buy another book! (Although I hate to have to admit that recently, I have had to go back to books I bought a while ago and actually LEARN the tough stuff, and more than once, darnit!) So anyway, even that trick didn’t work. The last thing I could try was this: if you don’t write SOMETHING tonight, you’re going to have to clean your room!!! OK, ok, guess what?? I DID clean my room! Ashley cleaned the rest of the house for the $30 I made by selling my notes to Steve, but I did clean my room… The argument that made me write something, in the end (well, a couple of pages at least) was that it was too cold to go shopping, too late by then to go eat out, too annoying to write in my journal, and… last but not least… I remembered my poor students who have to write a paper for ME… and I felt so guilty! I am a PhD student for goodness’ sake, and I can’t make myself write 20 pages!!!??? And I’m asking my poor, sick of engineering exams, homesick, overwhelmed international students to actually write a paper too??? How cruel of me!!!! I remembered the great drafts I read today… the enthusiasm these kids show… the hard life of freshmen… the difficulties of being an international student… and I thought: if these guys can do it, so can I! Shame on me! –the music on Purdue’s radio really sucks this fall! It’s either some ugly flute concerto or some nasty modernistic so-called music… So anyway, I DID write a few pages… so now I have 6 pages… and need 20 total… I don’t know what argument I can use next time. And I only have 10 days to write the damn thing!!!! OK, enough complaining for tonight! No snow, halleluia! In France in 10 days!!! AMEN!