hautes études


J’en peux plus, je suis au bord des nerfs, à bout de patience, prête à exploser!!! Oui je sais, ça fait depuis le 30 mai que j’attends, et 24 heures de plus ne devraient pas faire une grande différence, mais là, franchement, vu l’enjeu, 24 heures d’attente c’est trop!!! Je ne dors plus, je mange non-stop, j’ai envie de frapper mon ordinateur pour que mes emails arrivent plus vite… en bref, je pête un plomb… de plus.

De quoi parlais-je? D’une bourse de recherche. Cette très importante association professionelle offre des bourses de recherche à quelques doctorants chaque année, mais la compétition est sérieuse. Pour des scientifiques, la quantité de dollars offerte serait négligeable, par rapport à ce qu’eux peuvent recevoir, mais pour une linguiste, c’est énorme! Cinq mille dollars! C’est ce que me coûte ma recherche: des milliers de photocopies et de coups de téléphone, $2,000 de traductions, et $1,500 de timbres! Plus des tas d’autres petites bricoles. Et pour le moment, j’ai payé tout ça de ma poche, ou presque (ma carte de crédit, surtout).

Pour avoir une chance de recevoir cette bourse, il fallait écrire un « proposal » d’environ 20 pages, avec des explications sur l’importance du projet, une description de comment ça allait marcher, qui allait participer, quand, comment, où, pourquoi, et ce que ça allait changer dans le monde de la linguistique, et puis un budget détaillé, et des tas de références, et une lettre de ma directrice de thèse, et des tas d’autres trucs aussi. J’y ai bossé vraiment beaucoup. En fait, j’ai écrit le bidule et puis j’ai tout foutu à la poubelle et j’ai recommencé à zéro, même. J’y ai bossé comme une folle pendant mon dernier séjour en France, entre autre, au moment où ma grand’mère mourait et que je voyageais d’un bout à l’autre de la France et que c’était la panique totale. Vraiment, pour de vrai de vrai, je me suis donnée du mal pour écrire ce machin.

Et ça fait depuis le 31 mai que j’attends. Ils ont dit qu’ils donneraient les résultats le 15 octobre, mais le 15, c’était un samedi, donc j’ai eu de l’espoir qu’ils les donnent le 14… et toute la journée j’ai vérifié mes messages chaque minute possible et j’avais du mal à tenir en place au boulot! Je n’arrête pas de me dire que de toutes les manières, il n’y a aucune chance que je la reçoive, cette bourse, parce que j’écris assez mal en anglais et puis mon projet n’était pas tout à fait le genre de projet auquel ils allaient donner priorité cette année… Et cet été, j’ai fait l’erreur de relir ce fameux « proposal » et j’y ai trouvé des tas d’erreurs…

La nuit dernière, je me suis battue contre moi-même pendant des heures, en me disant que si, j’avais une chance, après tout pourquoi pas, non, arrête de rêver, ça marchera jamais, ça serait trop beau, mais si, allez, mon projet n’est pas si nul que ça, faut avoir de l’espoir dans la vie, non, j’ai fait trop d’erreurs, et ce proposal est trop nul… etc. pendant des heures… et finalement j’ai craqué et j’ai relu le bidule. C’est vraiment pas si mal que ça, en fait. C’est vrai qu’il y a quelques erreurs et quelques « loopholes » comme on dit (des trucs vagues et pas très clair et dont j’ai évité de parler parce que je ne savais pas trop quoi dire dessus à l’époque), et puis mes explications se voulaient parfois tellement intelligentes que j’ai moi-même du mal à me comprendre… mais bon, on voit que c’est un projet sérieux, que ce n’est pas du vent, que j’y travaille rapidement et efficacement… Il y a quelques idées intelligentes aussi… Le budget est bien pensé, je trouve…

En fin de compte je n’en sais rien. Je serai dévastée si je ne reçois pas le bidule, ça je sais. Si je le reçois, c’est champagne pour tous! Visiblement, il va falloir que j’attende jusqu’à lundi pour avoir les résultats… et je me sens incapable de faire quoi que ce soit en attendant! Pour la petite histoire, j’ai essayé d’avoir la même bourse l’année dernière, et mon ennemi juré* l’a reçue et pas moi, mais au moins, personne ne savait que j’avais moi aussi fait la demande. Cette année, mon autre ennemie jurée** (j’en n’ai que deux, promis!) a aussi fait une demande… et si elle la reçoit et pas moi ce sera la honte de ma vie et sur les 15 générations prochaines! Et le pire, c’est que ce sera à moi de lui dire félicitations publiquement et devant des centaines de personnes qui savent que j’ai aussi fait la demande! Ohhhh…. je n’oserai plus jamais sortir de chez moi et je démissionerai de mes fonctions de grand chef pour ne pas avoir à faire ça, si c’est le cas…

Ca y est, j’ai pêté un 426ème plomb….

*Ennemi parce qu’il m’a volé mon idée originale, il y a trois ans de ça, et dans le monde de la recherche, ça fait mal, ce genre de truc.

**Ennemie parce qu’elle a trop de succès, c’est pas juste, et puis elle a déjà publié un bouquin alors que j’ai du mal avec mes articles et elle m’a fichu une partie de mon projet en l’air après avoir promis de m’aider si je l’aidais avec son projet à elle, et elle ne m’a pas aidée, mais je l’ai quand même aidée avec son projet…

- Vais-je avoir assez de papier « letterhead » (à en-tête?) de Purdue pour écrire toutes mes lettres de candidature étant donné que j’en reçois environ trois feuilles par semaine et qu’il faut que j’envoie environ 50 lettres de candidature ce semestre?

- Etant donné que je peux demander 10 feuilles avec le « watermark » (?) de Purdue par jour, que mon CV fait huit pages, et que mes lettres de candidatures utilisent une page à letterhead et une page watermarked, combien de dossiers de candidature est-ce que je pourrai envoyer ce semestre si j’imprime mon CV sur du papier watermarked?

- Est-ce que les feuilles watermarked vont bien passer dans mon imprimante ou est-ce que je devrais plutôt utiliser les imprimantes à l’école?

- Dans quel sens est-ce que je dois mettre le papier watermarked et à en-tête de Purdue pour que le watermark se lise à l’endroit et que l’en-tête soit en haut et sur le dessus de la page, avec mon imprimante et à l’école?

- Dans quel ordre les pages d’un document à pages multiples vont-elles être imprimées par mon imprimante et par celle de l’école? (ces deux dernières questions sont particulièrement méchantes, parce que les réponses sont différentes pour mon imprimante et celle de l’école!).

- Est-ce que je pourrais imprimer les articles sur des feuilles watermarked ou bien est-ce que c’est du gâchis et je ferais mieux d’utiliser du papier cher mais qu’on peut acheter dans le commerce?

- Qu’est-ce qu’il y a de bien comme papier de qualité qui ne me coûtera pas les yeux de la tête, qui passera bien dans mon imprimante, qui ne sera pas trop lourd à envoyer, et qui donnera quand même une impression de « classe »?

- Quelles enveloppes est-ce que je peux utiliser pour que ça fasse le plus sérieux possible, étant donné que les petites enveloppes sont facilement imprimables avec mon imprimante à la maison, les enveloppes moyennes peuvent utiliser des « labels » (étiquettes que j’imprime moi-même à la maison, ça fais sérieux), mais les grandes enveloppes n’ont pas l’en-tête officiel de Purdue?

- La différence entre un impression « de qualité » et une impression « normale » sur mon imprimante est-elle une question de vitesse d’impression, seulement, ou bien aussi une question de quantité d’encre utilisée par pixel par millimètre?

- Etant donné que mes articles sont longs et que certaines écoles en veulent des copies et que donc je dois utiliser les grandes enveloppes (sans en-tête officiel de Purdue) pour envoyer mes dossiers à ces écoles, est-ce que je ne devrais pas utiliser du papier watermarked pour imprimer les articles et mon CV?

- Si j’imprime mon CV (8 pages) ET mes articles (16 pages au moins) sur le papier watermaked de Purdue et que je ne peux en avoir que 10 feuilles par jour, combien de dossiers de candidature est-ce que je vais pouvoir envoyer ce semestre?

- Qu’est-ce qui est le plus lourd, et donc le plus cher à envoyer? Le papier avec le watermark de Purdue ou bien le papier de qualité et cher du commerce?

- Est-ce que c’est mieux d’imprimer les « graphs » de mes articles en couleur ou bien en noir et blanc? Lequel fera le plus sérieux?

- Etant donné que la secrétaire qui est supposé distribuer les 10 pages de papier watermaked par jour n’en a plus elle-même et que sa commande semble vouloir prendre du temps, sur quoi est-ce que je vais imprimer mes lettres de candidatures dans les jours à venir?

- Est-ce que mes lettres de recommendations, envoyées directement depuis le département, sont photocopiées sur du papier de qualité? Avec le letterhead de Purdue? Le watermark?

- Pourquoi est-ce que tous ces gens, qui vont refuser mes candidatures de boulot, ne peuvent pas lire des lettres et des CV et des articles imprimés du papier pourri et pas cher comme tout le monde???

(le premier qui peut me dire ce que c’est que cette bestiole et ce que signifie ce logo aura toute mon estime!!!)

Parfois, il faut bien l’avouer, je suis vraiment bête. C’est rare, mais ça arrive. Mais aujourd’hui, je me décerne la palme d’or de la bêtise! Bon, puisqu’il faut bien se trouver une excuse, je mets ça sur le compte de mon stress particulièrement stressant ces jours-ci…

Bref… j’avais donc rendez-vous à 10:30 du matin dans une certaine université qui s’appelle North Park University. C’est pas compliqué, hein, surtout que j’avais le plan du campus! Alors pour être sûre, j’ai regardé une carte sur internet et j’ai noté plein de directions dans tous les sens… et puis je suis partie!

D’abord, il faut que je vous dise que Chicago, c’est le bordel intégral! Sérieusement!! D’habitude je prends l’autoroute 90 qui est payante mais supposée être « bien »… et c’est toujours le merdier total. Donc cette fois-ci je me suis dit que ça suffisait de payer des milles et des cents pour des cacahuettes et que j’allais plutôt prendre la 80… qui est en plus mon autoroute favorite au monde parce que si je la conduis toujours tout droit pendant quelques jours, j’arrive en Utah :) L’avantage de la 80, c’est qu’elle est gratuite… mais c’est toujours le merdier total! Des travaux dans tous les sens, des camions en veux-tu en voilà et qui conduisent comme des fous, des embouteillages à n’en plus finir… bref… heureusement que c’était gratuit! Chicago: à éviter!

Donc, premièrement, je n’ai pas du tout suivi les directions parce que je prennais plein de photos alors je ne faisais pas pas vraiment attention à où j’allais… mais c’est tant mieux, parce que grâce à ça j’ai pris des jolies photos! Deuxièmement, les directions que j’avais écrites étaient pour une autre université, l’université de l’Illinois à Chicago… donc ouf que je ne les aie pas suivies… quoi que… et troisièmement, quand après QUATRE heures de route je suis enfin arrivée là où je pensais devoir aller, je me suis rendue compte que ce n’était encore une fois pas la bonne université. C’était NorthWESTERN et non pas North PARK où je devais aller! Mais je suis conne moi ou quoi???

Conclusion de l’affaire, je suis arrivée en retard de 30 minutes à mon rendez-vous, qui, si vous me connaissiez, sauriez que ça ne m’est JAMAIS arrivé d’être autant en retard que ça. Même en général, si je suis moins que 10 minutes en avance, j’ai l’impression d’être en reard! Ptainbordeldemerde! La honte que je me suis prise!!! Heureusement que le monsieur était gentil et que j’ai pu faire ce que j’avais à faire, quand même (pipi, en fait, en premier, parce qu’après quatre heures de stress pendant lesquelles je suis sûre que tout Chicago m’a entendu gueuler I HATE MY LIFE!, les pipirooms étaient plus que bienvenus!!). Finalement, tout est bien qui fini bien… et c’était pareil au retour, j’ai eu du mal à sortir de ma voiture tellement l’envie était pressante… huhuh… bref… (ben oui, je déteste m’arrêter dans les aires de repos sordides, et y’a pas de macdo entre Chicago et Lafayette alors bon, faut attendre…).

Tout ça pour dire que … je suis une vraie patate! Et que les toreaux c’est les Chicago Bulls (équipe de basketball), les Ours c’est les Bears (football américain), les oursons les Cubs (baseball), et les chaussettes blanches c’est les White Socks (encore du baseball), et que toutes ces équipes viennent de Chicago! Et que j’ai plein de photos pour vous (j’obéis à mes lecteurs, moi)!! Cliquez sur celle-ci, et ensuite cliquez sur chaque photo pour la voir en plus grand! Bonne visite :)

Bonjour, je lis toujours votre blog avec intérêt et plaisir d’autant plus que vous avez beaucoup de points communs avec ma fille, doctorante à Paris. Je vous dis ce que j’ai toujours dit à mes 2 filles: ne jamais se laisser humilier ou maltraiter par quiconque surtout quand on est soi-même respectueux de toute personne. De plus éviter de ruminer le passé, y penser certes, en tirer des leçons à l’occasion mais ne pas culpabiliser, c’est trop tard. je suis très forte pour donner des leçons car c’est pour moi-même d’abord qui suis le stress personnifié et qui veux l’éviter aux autres.
Ma fille en ce moment , comme beaucoup de doctorants, doute beaucoup en ce moment elle n’est même plus sûre de son sujet de thèse et comme je lui sert de « punching ball » essayer de remonter le moral ça me connait.
Bon courage et continuez, vous êtes super.

Ladies and gentlemen, je dois vous faire des aveux bien tristes: je suis naze! Epuisée jusqu’à l’os, la corde, la moëlle, et le coeur d’artichaut. J’ai du jus de navet dans les veines, les muscles réduits en confiture, les os tout fondus, le cerveau en bouillie, et l’énergie d’un calamar neurasthénique échoué sur une platforme d’exploitation d’ydrocarbures par temps de canicule. En un mot comme en mille, j’ai l’impression d’avoir passé sous un rouleau compresseur.

Je lisais ce soir un vieux post qui date du 30 avril, à la fin du semestre de printemps… et où je faisais une liste de tout ce que je devais faire cet été. Et bien je l’ai fait, tout ça… à part bronzer et dormir! Je n’ai pas arrêté. Même pendant mes 10 jours en France en juin, je n’ai pas arrêté de bosser sur une demande de bourse que je devais envoyer quelques jours après, et en plus, avec la débacle familiale qu’on connait, on ne peut pas vraiment dire que ça ait été des vacances. Le reste de l’été, j’ai bossé à fond sur ma recherche, écrit 3 articles, dont deux qui ont déjà été acceptés, préparé et présenté deux présentations de conférences, lu des tonnes et des tonnes de bouquins et d’articles, me suis occupée de l’association dont je suis la présidente (budget, etc.), écrit cinq « proposals » pour des conférences de l’année prochaine, préparé deux nouveaux sites internet pour les deux cours que j’enseigne cet automne, suis allée dans le Michigan, le sud de l’Indiana, le Wisconsin, Paris, l’est de la France, la Belgique, le sud de la France, et l’Ouest de la France, ai appris deux ou trois trucs sur les statistiques, ai appris des tonnes de trucs pas faciles en psychologie, ai pris des tas de cours pour savoir me servir d’Excel, trouvé 40 directeurs d’écoles d’anglais qui ont accepté de participer à mon projet, envoyé 30 dossiers à 30 universités pour qu’ils acceptent que j’y fasse ma recherche, fini par me trouver un nombre totallement inconnu de participants dans une vingtaine d’écoles, écrit trois questionnaires, les ai testés et fait traduire en 12 langues différentes (traductions dont j’ai reçu la facture ce matin: $2050,28), ai envoyé ces questionnaires avec des lettres individuelles, des timbres (j’ai réussi à dépenser pour plus de $600 de timbres en deux jours!!), des étiquettes à mon adresse, et des enveloppes de retour de courrier à ces 20 écoles… lundi dernier…

Et là, au moment où on pourrait croire que je peux enfin respire deux minutes en attendant les réponses des participants, ben non. Les cours ont repris et j’ai beaucoup d’élèves, des pas faciles, et dont je devrai lire et noter des papiers de 5 pages chacun chaque semaine. Et ce soir, je suis allée à mon premier « job search meeting, » qui est une réunion pour apprendre comment chercher du boulot… et je dois dire que je suis complètement découragée. Cette semaine, il faut donc que je révise mon CV, finisse d’écrire une lettre de motivation (je suis trop nulle pour ça!!!), écrive un résumé de ma thèse, écrive un « teaching philosophy » ou explication sur ma façon d’enseigner, écrive des emails aux 4 personnes qui ont promis de m’écrire des lettres de recommendation pour leur demander de le faire rapidement, demande des « transcripts » (lettre officielle des écoles où je suis allée qui expliquent quels cours j’ai passé et les notes reçues) à deux universités, et écrive un « writing sample » de 20 pages pour montrer comment j’écris mal parce que je n’ai pas encore de bonnes publications. Et dès le début de septembre, des centaines d’offres d’emplois seront envoyées par des centaines d’universités, et il faudra que je les trouve et y réponde… Le temps qu’il faut passer pour répondre à UNE (un?) offre d’emploi est entre 8 et 10 heures. Le nombre de réponses qu’il faut envoyer, en moyenne, pour se faire inviter à 2 interviews dans les universités et finalement recevoir UNE offre d’emploi (si on a beaucoup de chance!), est de 40.

Je peux pas. Ce soir, je peux pas. Je suis trop naze!

Essayez un peu cet exercice: prenez une personne qui vous fait chier plus que tout au monde, qui vous emmerde depuis au moins deux mois, qui vous horripile même plus que le céleri en branche, dont le nom vous fait frémir et vous donne envie d’hurler à la mort, qui vous empêche de faire votre boulot alors qu’une centaine de personnes sont prêtes à vous aider, crayon en main, et n’attendent qu’un mot d’elle, qui vous casse les pieds (et les couilles, si vous en avez) en vous envoyant des emails insultants tous les deux jours, qui vous traite de menteuse derrière votre dos, qui vous demande encore plus de boulot inutile à chaque fois qu’elle ouvre la bouche, qui est encore plus inéfficace que l’administration française à ses pires heures, qui fait TOUT pour vous mettre les bâtons dans les roues, et qui en plus, le fait avec le sourire. Une fois que vous avez trouvé la bonne personne, essayez de répondre à tous ses emails et ses coups de téléphones (que vous payez, bien sûr) sans l’insulter, sans hurler, sans lui dire ce que vous pensez vraiment d’elle et de sa façon de bosser, en disant oui madame quand vous avez envie de répondre vieille conne va te faire voir (ou pire), en faisant des pieds et des mains pour réussir à accomplir toutes les tâches inutiles qu’elle vous demande de faire alors que vous savez très bien que cette histoire a pris tellement de temps que ça ne marchera jamais et que c’est bien trop tard maintenant, tout va tomber à l’eau, en emmerdant 25 personnes parce que vous n’avez pas les bons papiers qui se trouvent dans un bureau fermé pour l’été, la signature du directeur en vacances, le format exact, et le mot requis précisemment, en restant polie au téléphone, et en disant merci et meilleures salutations à la fin de chaque email. Essayez aussi de ne pas prendre votre couteau le plus aiguisé dans votre cuisine et de conduire 250 kilomètres à tombeau ouvert à travers les champs de maïs pour aller égorger cette connasse et épargner à ce pauvre monde d’avoir à cohabiter avec une telle imbécile. Essayez de vous répéter jour après jour, heure après heure, semaine après semaine, qu’il ne faut jamais brûler les ponts derrière soi, qu’il ne faut pas se fâcher avec des gens avec qui on pourrait avoir à travailler un jour, que de réussir à faire un projet deux mois en retard alors que vous devez finir cette putain de thèse en un an vaut mieux que de ne jamais le faire, que d’insulter les gens c’est se mettre à leur niveau et ils ne valent pas la peine qu’on tombe aussi bas, qu’il suffit de respirer profondément et tout ira mieux demain, que peut-être un jour elle va se réveiller et vous aider après tout, que d’avoir un meurtre sur la conscience ça n’a jamais aidé personne à finir un doctorat, que c’est peut-être ça le but du doctorat, apprendre à se laisser marcher dessus et se faire traiter comme de la merde sans broncher, qu’on espère que ce n’est pas que ça, de faire de la recherche, et qu’heureusement il y a des bons médecins pour soigner les ulcers et des bonnes teintures pour couvrir les cheveux blancs. Essayez-voir un peu!

On peut dire que cet été, j’aurai appris la patience et la haine. La haine, surtout.

… c’est Heidi qui l’a trouvée en premier! Et elle me l’a envoyée en image ;)

J’ai plein de cartes postales, alors ceux qui ont trouvé une partie de l’énigme ou l’énigme toute entière et qui ne m’ont pas encore envoyé leur adresse peuvent encore le faire! Distribution générale de carte postale!

Demain: photos. Ce soir: tonnes d’emails en retard à lire, des chats à caliner, et une maison à nettoyer… et je suis naze, alors bonne nuit!

… mais où? Telle est la question! Je vous donne un indice: Peru est dans l’Indiana, Paris est au Texas, Kansas City est dans le Missouri, New York est dans le Kentucky, Kentucky est dans le Michigan, Michigan est dans le Vermont, America est dans l’Oklahoma, Indiana est en Pennsylvanie, Pennsylvanie est dans l’Alabama, Nashville est dans l’état de New York, Sacramento est dans le Nebraska, et Michigan City est dans l’Indiana. Et la ville dans laquelle je suis se trouve entre autre dans le Tennessee, et le film qui porte son nom ne se passe pas dans cette ville!

Je vous mets une petite photo du centre des congrès dans lequel je vais passer quelques jours. Qui devinera le nom de la ville ? Et l’autre état dans lequel se trouve cette ville, celui dans lequel je me trouve vraiment, pas le Tennessee? Et le nom et l’architecte de ce centre des congrès? Les extrêmités de la construction devraient aider à trouver la réponse… La personne qui trouve en plus le nom de la conférence à laquelle je suis recevra une carte postale de cette ville! Attention: ceux qui lisent mon autre blog n’ont pas le droit de tricher et de donner les réponses, je sais qui vous êtes (all two of you!) ;) (et si vous êtes trop intelligents, donnez une chance aux autres, hein, huhuh).

Alors… où suis-je?

misslulu13@gmail.com

… c’était miss lulu qui passait en coup de vent entre un dîner de gala un torticoli persistant une présentation de conférence une engueulade avec un directeur d’école une tornade un début d’article avec un monsieur très célèbre …

Il y a trois ans de ça, quand j’ai annoncé à mes prof de maîtrise que j’allais faire un doctorat, mon prof préféré m’a dit: le doctorat, c’est seulement une question de résilience, de résistance, de survivance. Il m’a dit: lire des milliers de bouquins, écrire un thèse de doctorat, réussir des dixaines d’examens, ce n’est pas difficile. Ce qui est difficile c’est que pendant cinq ans, ça ne finit jamais. Une chose après l’autre, pas si difficile que ça en soit, mais extrêmement difficile mentalement. Quand tu as ton doctorat, on s’en fiche de ce que tu as étudié, mais on sait que tu es un survivant, et c’est ça qui fait ta force, ta puissance, ton succès.

Quand mon prof m’a dit ça, j’ai dit oui oui bien sûr. Et puis lentement, j’ai commencé à comprendre ce qu’il voulait dire. Ici, faire un doctorat prend cinq ans. Deux ans de cours, d’abord. Et rien que ça, il faut y arriver. On est des adultes, on est à l’école depuis des dixaines d’années, on a passé des centaines d’examens, écrit des dixaines de papiers, reçu des tas de diplômes, déjà, et pourtant, on a encore des profs sur le dos qui nous disent ce qu’on doit faire, comment, et pour quand. On reçoit encore des notes, on procrastine honteusement, on rend des devoirs pourris, comme si on avait dix ans. On stresse à cause des examens, on déteste certains profs, on fait les zouaves en classe, comme si on avait dix ans. Et surtout, on déteste ne pas être respectés, n’être encore rien parce qu’on n’est pas encore « docteurs. »

Après les cours viennent encore quelques examens, des papiers sur les projets de thèse, un peu de stress.. mais rien de bien mauvais. On est tellement content que ce soit la fin des cours qu’on se réjouit presque de la suite! Mais c’est là que le bât blesse! La suite, c’est l’enfer. C’est l’enfer dans lequel je me trouve depuis quelques mois: un projet de thèse que je veux être impeccable, des participants qu’il faut trouver et réussir à convaincre de travailler avec moi, des milliers de papiers à remplir, d’autorisations à demander, de frais à payer, de photocopies à faire (430 copies, rien qu’hier, pour seulement UNE école), des gens sur qui on compte et qui vous lâchent au dernier moment, des sourire et des compliments qu’il faut faire alors qu’on veut rentrer sous terre, tout laisser tomber, et s’echapper aux Bahamas sous une nouvelle identité secrète. Faire tout ça n’est en soit pas difficile, vraiment. Ce qui est insupportable, c’est la quantité de choses à faire, de gens de qui on dépend et sur qui on compte, et donc la quantité de trucs qui peuvent (et qui vont) mal se passer. Les efforts pour bien faire, les bonnes pensées positives qu’on essaye de garder dans sa tête et dans son coeur mais qui s’envolent quand tout s’effondre et qu’on a l’impression que rien ne marchera jamais, que le monde entier est contre nous, que tout ces gens s’en fichent de ce qu’on fait, et que de toutes les manières, tout ça ne sert strictement à rien.

Quand en plus on est anti-sociale et trop nulle pour essayer de se bouger le cul de temps en temps, la vie devient vite un vrai enfer. Enfermée chez soi jour et nuit, devant son ordinateur 15 heures par jours, au téléphone le reste du temps, avec des mauvaises nouvelles qui pleuvent plus vite que leur ombre, on send son dos sa nuque se tendre rapidement, le moral baisser aussi vite que la chaleur caniculaire augmente, la patience s’amenuiser dangereusement, et les larmes monter aux yeux toutes seules. Rajoutez là-dessus des blogs désertiques, la famille et les amis en vacances à Barcelone ou à Venise, une connection internet qui ne marche pas bien, une santé qui fait des siennes, et une facture de $3’000 qui débarque, et vous aurez une miss lulu en bien mauvais état et sans espoir d’amélioration.

C’est pas très grave en soi, certe. Je voulais juste prévenir les quelques personnes qui passent encore par ici de temps en temps que je suis désolée si depuis quelques semaines je n’ai plus de patience, je réponds pas toujours gentillement aux commentaires que je reçois, et la qualité de mon blog laisse à désirer. Je ne suis plus moi, depuis quelque temps. Je suis une secrétaire, un robot, une montagne de soucis, un désastre, un petit bout de rien qui essaye de survivre en se disant que ce qui se passe aujourd’hui n’est rien à côté des embrouilles qui vont arriver demain. Et que de toutes les manières, c’est ça, un doctorat, mon prof avait raison, c’est une question de survie, ce doctorat à la con. Ne pas sauter par la fenêtre, ne pas brûler mon ordinateur, ne me faire aucun ennemi en gueulant trop après les gens qui ne m’ont rien fait, ne tuer personne, et ne pas m’enfuir dans un pays lointain sous une nouvelle identité seront mes buts de chaque heure, chaque jour, chaque semaine, jusqu’en été prochain… les paris sont ouverts.

Joyeux 14 juillet à tous!

A l’automne dernier, j’avais une classe de phonology, et je ne sais pas si vous connaissez la phonology mais c’est vaiment … chiant! Nan, en fait c’est intéressant mais la prof était nulle et stressante. Alors avec une copine indienne qui était dans la même classe, on a décidé de faire nos devoirs ensemble. C’était pas de la triche, hein, la prof avait dit que c’était d’accord de faire les devoirs ensemble mais pas les examens. Le coup des examens, je vous le raconterai peut-être un jour… quand j’aurai mon doctorat dans ma poche ;)

Toujours est-il qu’avec cette copine indienne, Karen, on a descidé de faire nos devoirs ensemble, deux ou trois fois par semaine, parce que c’était super difficile, dans un petit restaurant indien de West Lafayette, qui s’appelle Tanakazana. On arrivait un peu avant midi, on se servait de grandes assiettes de nourriture multicolore et odorante, on ouvrait mon ordinateur et les 36 bouquins qu’on avait, et on bossait pendant 2 heures sur nos devoirs. C’était génial. On a fait ça chaque semaine entre fin août et début décembre. Et j’aimais beaucoup la nourriture indienne avant déjà, mais là, j’en suis tombée amoureuse!

Le cours de phoncrapologie s’est terminé en décembre, heureusement, mais j’ai continué d’aller à Tanakazana de temps en temps, peut-être une fois toutes les deux ou trois semaines. La nourriture est abondante, délicieuse, parfumée, épicée mais pas trop, et surtout, elle me redonne de l’énergie quand je n’en ai plus. Je fais ce que j’adore faire depuis toujours: je vais toute seule au restaurant avec un tas de copies d’élèves à corriger, ou un bouquin que je dois lire, ou un truc que je dois écrire, et je me serts une grande assiette de mets toujours différents et toujours délicieux… et je bosse pendant des heures.

C’est sûr que d’aller au restau avec une copine c’est super. Mais j’adore être seule. Quand je suis seule, je mange ce que je veux sans être jugée, de la façon que je veux, à la vitesse que je veux, les quantités que je veux. Je peux me concentrer sur mon boulot sans avoir besoin de tenir une conversation, rêver la tête dans les nuages autant que je veux, regarder les gens vivre autour de moi, et les serveurs comprennent vite qu’ils doivent me ficher la paix. D’ailleurs, ils me connaissent tous, maintenant, et m’apportent directement mon petit verre de jus de mangue à ma table quand j’arrive. Comme je reste longtemps et que ça ne se fait pas, ici, parce que les serveurs sont payés avec les « tips » (pourboires) et donc que plus il y a de clients, plus ils se font d’argent, je laisse toujours un gros pourboire. C’est pas difficile, le buffet à midi est de seulement $9 pour manger à volonté!

Parfois, comme hier, je suis « under the weather » comme on dit, un peu déprimée ou surmenée. Parfois, je n’arrive plus à me motiver à bosser sur mon projet qui n’avance pas et c’est trop frustrant. Alors je me récompense un peu, je me dis que si j’arrive à écrire 3 pages, ou à lire 50 pages, ou à corriger 10 copies, j’aurai le droit de m’offrir Tanakazana pour le déjeuner. Ca marche toujours! J’embarque mon boulot dans un grand sac, je vais m’asseoir à une petite table près des fenêtres, et je mange, je mange, je mange, et le boulot se fait presque tout seul.

Aux Etats Unis, il n’est pas interdit de téléphoner en conduisant. En fait, on peut faire ce qu’on veut en conduisant, porter des sandales, pas de chaussures, et encore plein de choses qui sont interdites en France. Comme par exemple il est interdit de mettre des radars portables sur la route sans prévenir à l’avance les conducteurs qu’il y aura un radar à 1 kil de là ou quelque chose comme ça. Ou il est interdit d’arrêter quelqu’un qui n’a pas sa ceinture de sécurité si on a pas prévenu, 500 mètres avant le contrôle, qu’il y aurait un contrôle. Ouaip, bizarre… Enfin, tout ça pour dire que je trouve qu’il devrait être interdit d’avoir un blog quand on conduit. Sérieux. Je ne peux même plus compter sur les doigts de mes mains et de mes pieds le nombre d’accidents que j’aurais pu avoir et que j’ai failli avoir en essayant de prendre des photos pour les mettre sur mon blog en conduisant! C’est criminel! Je suis un vrai danger public dans ma voiture, depuis que j’ai un blog! Je suis la seule?

Bref, hier je suis allée dans le sud de l’Indiana. Pas le sud sud, mais presque. Pour la première fois. Et je dois avouer que j’ai été plus qu’étonnée par ma visite! Mais tout d’abord, une bonne nouvelle: la moitié de l’autoroute pour aller à l’aéroport est maintenant limitée à 70 miles à l’heure (120 kil/heure) au lieu de 65. Thank God! Donc, moi je croyais que tout l’Indiana n’était qu’un grand champ de maïs, hein, et quand je vais au nord et à l’est et à l’ouest, j’ai raison. Mais j’étais jamais allée vraiment au sud, et sous mes yeux, hier, j’ai vu le paysage se transfomer petit-à-petit, d’immenses champs de maïs tout plats et entourés de quelques arbres, en douces collines très boisées avec des petits champs de maïs ici et là mais aussi des vergers et… et… même des vignobles! C’est fou ça!

J’aime bien conduire comme ça toute seule pendant des heures. C’est très américain… et je m’y suis vraiment habituée. J’aime écouter la musique à la radio, la country souvent, que je n’écoute que pendant ces longs voyages, et puis les nouvelles locales des petits bleds que je traverse. Et puis j’aime l’anglais, j’aime la facilité des routes ici, des endroits faciles à trouver parce que 300 east sera toujours plus à l’est que 200 east, et perpendiculaire à tout ce qui s’appelle north ou south. J’aime ces grandes routes larges, ces magnifiques camions énormes, et les paneaux de publicités débiles qui disent « Christ is returning soon, as you ready? » Tout est démesuré et parfois ridicule, mais j’y suis confortable.

Donc hier je suis allée à Bloomington, ville où se trouve Indiana University, ou IU, le plus grand ennemi de Purdue (en football). IU est une université où les sciences « dures » sont moins importantes qu’à Purdue et qui est surtout célèbre pour ses départements de sciences humaines. Donc la ville, bien que ressemblant beaucoup à Lafayette en un peu plus petit, est beaucoup plus libérale, au sens américain du terme (donc anti-bush, pro-avortement, etc.).


Pour mon déjeuner, je suis allée dans un Irish Pub (ben oui, on me l’avait conseillé) et je suis restée pendant une heure à la terrasse du restau, à regarder la vie passer devant mes yeux. Pendant tout ce temps, je n’ai pas vu UNE SEULE voiture passer devant moi avec un de ces petits autocollants de ruban qui dit « support our troops » ou « God bless the USA » ou un truc comme ça. PAS UNE SEULE! Alors qu’à Lafayette, faut se lever tôt pour voir UNE voiture qui n’en a pas deux ou trois! C’est comme si j’étais dans un autre pays! Les gens aussi, sont différents. Ils ont une tête beaucoup plus « grunge » et « funky » qu’à Lafayette. Quant à la bouffe de l’Irish Pub, bof bof, pas géniale du tout. La seule chose bouffable était les potato puffballs, petites croquettes de patates avec du fromage et de l’ail à l’intérieur, à manger avec ses doigts et de la sour cream. La salade composée avec chicken était plus que moyenne (mais énnorme en taille!). Mouais…

Et puis le campus d’IU est absolument superbe! Purdue, c’est des briques rouges et c’est assez joli je trouve, un mélange de vieilles briques et de verre moderne. IU, c’est blanc, et un mélange de gothique-romanesque-moderne très chouette. Et on dirait que le campus a été construit au milieu de la forêt. C’est magnifique! Wouah, j’ai vraiment été impressionnée par cette petite ville et l’université (mais à part ça, c’est vraiment minuscule et perdu au milieu du grand vide indianesque!).

Et avec ces quelques photos prises du musée d’art, je demande aux parisiens de trouver qui en est l’architecte! Regardez bien les détails des deux premières photos.

Voili voilà. Conclusion: tous les champs de maïs de l’Indiana ne se ressemblent pas! Et tous les habitants de l’Indiana (les Hoosiers, à prononcer houjeurz) non plus! J’y retourne dans 10 jours… cette fois, j’essayerai un restau japonais!

Il y a des jours où les directeurs d’écoles sont super sympas, où les papiers sont faciles à remplir, où les secrétaires rappellent, où tout marche comme sur des roulettes, où on a plein d’énergie pour faire des trucs supers. Et puis il y a des jours où on trouve déjà trois emails de directeurs qui disent non dès le réveil, où les papiers à remplir semblent ne jamais devoir s’arrêter, où on ne comprend rien au nouveau programme pour les questionnaires, où il fait tellement chaud qu’il est impossible de penser, où rien ne marche comme ça devrait, où on a envie de tout laisser tomber et d’aller bosser au macdo.

Heureusement, ces jours-là, on peut causer avec une jojo d’Italie pour rigoler un p’tit coup, et puis on peut aussi regarder des tas de photos du Larzac et de Paris Carnet pour se remettre plein de souvenirs merveilleux dans la tête.

Alors ensuite, tout va déjà un peu mieux…

Ca y est, c’est officiel, c’est 98% sûr, c’est certain: je dois finir mon doctorat dans un an! UN AN! Les gens normaux finissent leurs doctorats en au moins cinq ans, en général, ou même plus… mais non, moi je vais essayer de tout faire en quatre ans. Hah! Je vais essayer, hein, parce que c’est pas encore gagné, mais ma directrice de thèse pense que c’est possible. Elle veut se débarasser de moi en fait, je suis sûre!

Tout cela signifie quelque chose de très important: I AM ON THE JOB MARKET! En français: je cherche un boulot :) Je déteste l’expression anglaise, ça me fait penser au meat market, le marché à viande… huhuh… une belle entrecôte ma p’tite dame? Et en plus, on dit qu’on a des qualités « marketable, » mais je sais pas le mot en français, ça veut dire vendable, en gros. Par exemple si j’ai étudié le génie méchanique, je suis plus « marketable » que si j’ai étudié la linguistique! Mais si je parle plus d’une langue étrangère, je suis plus « marketable » que si je ne parle qu’une seule langue.

Etre « on the job market » ça veut dire que je dois commencer dès maintenant à chercher du boulot pour l’automne 2006! Ben oui, en « academia » c’est comme ça, les « job openings » sont publiés entre août et octobre, et ensuite, on reçoit les réponses vers février ou mars, et là soit c’est non, soit c’est une invitation à aller visiter le campus (l’université où on veut bosser) pour faire une présentation et se faire interviewer par 25 personnes dont les étudiants qui seront nos élèves. Ensuite, quelques semaines après la visite, on reçoit soit un non, soit un oui! Et là on est super content! Mais tout ce cirque signifique qu’entre février et mars, on voyage beaucoup et parfois sans avoir eu le temps de tout planifier, parce des écoles peuvent vous dire non mais vous rappeler à la dernière minute (avril-août) pour vous offrir le job après tout parce que leur candidat préféré à finalement accepté l’offre d’une autre école. Les écoles qui vous invitent à une campus visite payent pour le billet d’avion et une nuit d’hôtel, mais c’est super crevant, parce qu’il faut tout savoir sur les gens qui vous invitent, l’école, les programmes, et être prêt à faire une présentation et être interviewé non-stop pendant toute une journée!

Enfin… moi j’ai jamais vraiment fait ça sauf une fois où je suis allée visiter une école pendant une semaine et c’était assez cool, mais là c’est différent! Donc ça va pas être facile de mener la barque de la recherche d’emploi tout en faisant ma recherche, en écrivant 300 pages de thèse, et en enseignant deux classes différentes et que je n’ai jamais encore enseignées! Toute personne cherchant une directrice d’école de langues sera gentille de me le dire. En fait, je ne veux pas aller en France… je chercherai plutôt au Canada ou en Suède ou un truc comme ça… mais bon, si jamais quelqu’un a des tuyaux…

Le copain avec moi, sur la photo, c’est Xiaoye, un super copain chinois, grâce à qui j’ai reçu quelques prix et réussi à finir d’écrire un gros article! Si j’avais voulu sortir avec quelqu’un, ici, c’est avec lui que j’aurais voulu sortir. Sauf qu’il veut rester aux Etats Unis et pas moi. Il vient de finir son doctorat, il y a quelques jours, et il a trouvé un boulot super chouette et ultra bien payé à Penn State qui est une école géniale! Alors voilà, peut-être que dans un an, ça sera moi, sur la photo, qui serai habillée en noir (gown) et bleu avec le petit chapeau (mortar board). Knock on wood, comme on dit…

miss lulu essaye de téléphoner aux 40 et quelques écoles auxquelles elle a envoyé un email samedi ou dimanche dernier:

Secrétaire école numéro 1: Allo ici l’école Machin Bidule, how can I help you?
miss lulu: Bonjour, je voudrais parler à Madame Bidule s’il-vous-plaît.
S.: Une minute, je vous connecte.
ml: Merci beaucoup!
Madame Bidule: Oui bonjour, ici Madame Bidule, how can I help you?
ml: Bonjour Madame. Je m’appelle miss lulu et je vous ai écrit un message il y a environ une semaine à propos d’un project de recherche auquel j’aimerais que votre école participe. Est-ce que vous avez reçu ce message?
MB: Oui oui, je crois que ça va marcher. Il vous faut remplir tels et tels papiers et envoyer les documents X, Y, et Y, mais si tout ça se passe bien, vous pouvez utiliser nos élèves et nos profs pour votre recherche.
ml: Oh merci, je vais m’occuper de tout ça, alors, et je vous recontacte dès que tout est en ordre. Merci encore et à bientôt!

Ouééééééé trop géniale, la madame, trop cool, mon projet de recherche, ça va marcher, je vais y arriver un jour!!

Ecole numéro 2: Allo ici l’école Machin Truc, how can I help you?
miss lulu: Bonjour, je voudrais parler à Monsieur Truc s’il-vous-plaît.
Monsieur Truc: Oui bonjour, ici Monsieur Truc, how can I help you?
ml: Bonjour Monsieur. Je m’appelle miss lulu et je vous ai écrit un message il y a environ une semaine à propos d’un project de recherche auquel j’aimerais que votre école participe. Est-ce que vous avez reçu ce message?
MT: Non. Quel message?
ml: Heu… ben…
MT: C’est peut-être parce que la secrétaire est en congé maternité et donc n’ouvre plus ses messages. Renvoyez-moi l’email en question et recontactez-moi dans quelques jours.
ml: D’accord, je vous renvoie tout ça tout de suite, merci Monsieur, et à bientôt!

Ahhh ggggrrrr….. bon allez, tout n’est pas perdu…. ne perdons pas espoir.

Secrétaire école numéro 18: Allo ici l’école Machin Autchoze, how can I help you?
miss lulu: Bonjour, je voudrais parler à Madame Autchoze s’il-vous-plaît.
S.: Une minute, je vous la passe.
ml: Merci.
Madame Autchoze: Oui bonjour, ici Madame Autchoze, how can I help you?
ml: Bonjour Madame. Je m’appelle miss lulu et je vous ai écrit un message il y a environ une semaine à propos d’un project de recherche auquel j’aimerais que votre école participe. Est-ce que vous avez reçu ce message?
MA: Oui, mais non, merci, ça ne nous intéresse pas du tout, au revoir!
ml: ???!!!! …. Bien, au revoir alors.

Bouuuuhouuuuhhh c’est l’horreur, je vais jamais y arriver, mais qu’est-ce qu’ils ont tous à être aussi méchants avec moi??? Ca suffit, j’abandonne ma recherche et je fais autre chose de plus facile!

Secrétaire écoles numéro 5, 15, 17, 21, 28, 31, 37, etc.: Allo ici l’école Bidule Chose, how can I help you?
miss lulu: Bonjour, je voudrais parler à Madame Chose s’il-vous-plaît.
S.: Elle n’est pas là, elle est en conférence/meeting/classe/voyage/année sabbatique/etc.
ml: Bon, d’accord, je rappelerai plus tard alors, merci.

Ils fichent quoi les gens?? Sont jamais au boulot, c’est fou ça! Chouette boulot quand même, directeur d’école de langues, on a jamais besoin d’être au bureau, visiblement!

Secrétaire école numéro 3: Allo ici l’école Machin Chose, how can I help you?
miss lulu: Bonjour, je voudrais parler à Monsieur Chose s’il-vous-plaît.
S.: Une minute, je vous connecte.
ml: Merci beaucoup!
Monsieur Chose: Oui bonjour, ici Monsieur Chose, how can I help you?
ml: Bonjour Monsieur. Je m’appelle miss lulu et je vous ai écrit un message il y a environ une semaine à propos d’un project de recherche auquel j’aimerais que votre école participe. Est-ce que vous avez reçu ce message?
MC: Ah oui, et bien figurez-vous que j’étais en train d’en parler avec mon assistante! Nous trouvons votre recherche très intéressante et nous aimerions beaucoup vous aider, donc nous allons contacter les gens de l’université pour remplir tous les papiers dont vous aurez besoin et quand tout est prêt, nous vous téléphonerons. Est-ce que ça vous va?
ml: !!?? Heu… très bien oui, merci beaucoup, donc j’attendrai de vos nouvelles la semaine prochaine et je n’ai rien d’autre à faire, c’est ça?
MC: C’est exact, nous nous occupons de tout. A propos, que voulez-vous faire quand vous aurez fini votre doctorat?
ml: Heu… avoir un job comme le votre…
MC: Et bien envoyez-moi donc votre CV et je verrai ce que je peux faire.
ml: !!!????!!! Bien Monsieur, je fais ça tout de suite. Merci pour tout et à bientôt, donc!

Ouééééééééééé trop génial!!!! Super sympa le mec!!!!!!! Top de chez top ma recherche!!!! Ahhh la vie est belle!!!!

Secrétaire écoles numéro 4, 8, 9, 13, 4, 13, 22, 24, 35, 8, 9, 4, 22, etc.: Ici le répondeur de l’école Chose Bidule, nous ne sommes pas là pour le moment, veuillez rappeler plus tard!
ml: Bon… d’ac alors!

Ggrrrrr…. ça coûte cher quand même le téléphone! Pis ils s’en fichent tous de moi ou ils font exprès de m’ignorer, ça se voit, c’est certain! J’ai plus qu’à me jeter sous un train!

Secrétaire école numéro 7: Allo ici l’école Machin Chosemachin, how can I help you?
miss lulu: Bonjour, je voudrais parler à Madame Chosemachin s’il-vous-plaît.
S.: Une minute, je vous la passe.
ml: Merci.
Madame Chosemachin: Oui bonjour, ici Madame Chosemachin, how can I help you?
ml: Bonjour Madame. Je m’appelle miss lulu et je vous ai écrit un message il y a environ une semaine à propos d’un project de recherche auquel j’aimerais que votre école participe. Est-ce que vous avez reçu ce message?
MC: Ahh oui, je m’en souviens, mais je ne m’en souviens plus, est-ce que vous pourriez me rappeler les détails de votre recherche?
ml: Bien sûr. Alors c’est pas compliqué, il suffit que vos élèves fassent ci et vos profs ça.
MC: Ahhh oui… bien, je ne sais pas encore quoi vous répondre mais je vais demander à nos profs si ça les intéresse. Rappelez-moi la semaine prochaine.
ml: Bien, merci Madame, à bientôt alors.

Ah là là, ça marchera jamais, vu comme c’est partit, elle ose pas me dire non, c’est terrible, ma recherche est inutile et elle ne veut pas me blesser en me le disant, je vais abandonner le doctorat, c’est tout, et me mettre à bosser chez macdo, y’a plus d’espoir!

Secrétaire école numéro 32: Allo ici l’école Machin Bidouillet, how can I help you?
miss lulu: Bonjour, je voudrais parler à Monsieur Bidouillet s’il-vous-plaît.
S.: Une minute, je vous la passe.
ml: Merci.
Monsieur Bidouillet: Oui bonjour, ici Monsieur Bidouillet, how can I help you?
ml: Bonjour Monsieur. Je m’appelle miss lulu et je vous ai écrit un message il y a environ une semaine à propos d’un project de recherche auquel j’aimerais que votre école participe. Est-ce que vous avez reçu ce message?
MB: Non, mais expliquez-moi ce que vous voudriez faire avec nous.
ml: Alors c’est pas compliqué, il faut que vous fassiez ci, vos profs ça, et vos élèves cela.
MB: Ah c’est très intéressant, en effet! Je suis d’accord de vous aider mais il faut d’abord que j’en parle avec mes collègues. Mais normalement, ça devrait bien marcher!
ml: Chouette, merci. Je vais me renseigner de mon côté pour la paperasse et je vous recontacte dans quelques jours, ça marche?
MB: Parfait, à bientôt alors!

Ouf, une de plus! C’est pas sûr mais visiblement il y a quand même des gens prêts à aider et fort sympatiques! Ca ira, je continue, il me suffit d’en avoir trois ou quatre autres comme ça et ma recherche marchera impec! Allez, on continue, et avec le sourire!

Secrétaire école numéro 32: Allo ici l’école Machin Trucmuche, how can I help you?
miss lulu: Bonjour, je voudrais parler à Monsieur Trucmuche s’il-vous-plaît.
S.: Une minute, je vous la passe.
ml: Merci.
Monsieur Trucmuche: Oui bonjour, ici Monsieur Trucmuche, how can I help you?
ml: Bonjour Monsieur. Je m’appelle miss lulu et je vous ai écrit un message il y a environ une semaine à propos d’un project de recherche auquel j’aimerais que votre école participe. Est-ce que vous avez reçu ce message?
MT: Oui, j’allais d’ailleurs vous répondre par email. Je voudrais beaucoup vous aider mais la paperasse de l’école pour avoir la permission de faire de la recherche ici est impossible à remplir, il faut s’y prendre des mois à l’avance, et je n’ai pas le temps de vous aider avec tout ça, désolée!
ml: Oh… c’est bien dommage, merci quand même.

Ah merde! Ils exagèrent avec leur paperasse, merde à la fin, c’est quoi ces conneries? J’y ai déjà passé des heures à Purdue pour faire approuver ma recherche et il faut refaire tout le truc partout ailleurs??? C’est n’importe quoi leur système, ça marchera jamais, j’aurai jamais le temps et l’énergie pour refaire autant de paperasserie, j’y arriverai jamais! Pfff… mon project va être nul, mon doctorat minable, et personne ne sera intéressé par ce que j’ai fait, j’arriverai jamais à publier quoi que ce soit… Quelle galère!!

Secrétaire école numéro 26: Allo ici l’école Tructruc, how can I help you?
miss lulu: Bonjour, je voudrais parler à Madame Tructruc s’il-vous-plaît.
S.: Une minute, je vous la passe.
ml: Merci.
Madame Tructruc: Oui bonjour, ici Madame Tructruc, how can I help you?
ml: Bonjour Madame. Je m’appelle miss lulu et je vous ai écrit un message il y a environ une semaine à propos d’un project de recherche auquel j’aimerais que votre école participe. Est-ce que vous avez reçu ce message?
MT: Oui je l’ai bien reçu.
ml: … Et alors je voulais aussi savoir si vous seriez d’accord de participer…
MT: Ben… moi je serais bien d’accord, mais vous devez savoir qu’on a aucun prof comme ça alors je pense pas que ça va marcher pour vous…
ml: Oh mais si, pas de problème, ça marchera quand même très bien!
MT: …. Et… on est aussi une toute petite école, alors je sais pas si ça vous sera vraiment utile…
ml: Oh mais si bien sûr, je veux que le plus possible d’écoles participent, même si c’est avec peu de participants dans chaque école!
MT: Ahh… bon… mais avec les dates, on est un peu différent des autres écoles, ici, alors je pense que ça sera trop compliqué pour vous…
lm: Pas du tout, pensez-vous! C’est parfait, tout ira bien!
MT: Bon, si vous le dites, alors d’accord.
ml: Très bien, je m’occupe de la paperasserie et je vous rappelle dans quelques jours!

Ahahhh, bien vu, miss lulu, quelle négociatrice! Quels talents! Quel courage! Allez, ça va marcher, ça sera super, tout ira bien mieux que je ne le pensais, tip-top, impec! Super, on continue!

Ecole numéro 29: Allo ici l’école Bidulette, how can I help you?
miss lulu: Bonjour, je voudrais parler à Madame Bidulette s’il-vous-plaît.
Madame Bidulette: Oui bonjour, c’est moi!
ml: Bonjour Madame. Je m’appelle miss lulu et je vous ai écrit un message il y a environ une semaine à propos d’un project de recherche auquel j’aimerais que votre école participe. Est-ce que vous avez reçu ce message?
MB: Oui je l’ai bien reçu. Et je serais tout à fait heureuse de vous aider!
ml: Ahh bien!
MB: Oui, alors dites moi, que proposez vous comme « incentives » pour faire participer les gens?
ml: ???? Heu… que voulez-vous dire?
MB: Et bien oui, si vous pensez que les gens vont répondre à votre questionnaire gratuitement, vous avez tort!
ml: Ahh je vois… Je dois vous avouer, chère Madame, que je suis au chomage tout l’été et que le reste de l’année, je suis étudiante à plein temps donc fort peu rémunérée… Et que donc je je vois pas du tout comment je payerais les gens pour qu’ils participent à ma recherche…
MB: Bien, dommage, au revoir alors.
ml: ??? Au revoir….

Alors là c’est la meilleure! Nan mais ils pensent quoi les gens?? Que je suis millionnaire?? Ils ont jamais fait un doctorat ou quoi?? C’est l’enfer, si les gens commencent à me demander ça je suis finie, je peux tout laisser tomber et me jeter par la fenêtre! Merde de vie!

Secrétaire école numéro 33: Allo ici l’école Machin Untel, how can I help you?
miss lulu: Bonjour, je voudrais parler à Monsieur Untel s’il-vous-plaît.
S.: Une minute, je vous connecte.
ml: Merci beaucoup!
Monsieur Untel: Oui bonjour, ici Monsieur Untel, how can I help you?
ml: Bonjour Monsieur. Je m’appelle miss lulu et je vous ai écrit un message il y a environ une semaine à propos d’un project de recherche auquel j’aimerais que votre école participe. Est-ce que vous avez reçu ce message?
MU: Oui, alors nous pouvons vous aider, mais il faudrait que vous soyez sur place pour distribuer et ramasser les questionnaires et répondre à nos questions…
ml: Heu… ça peut se faire…
MU: Il faudrait aussi que les questionnaires des élèves soient sur internet et pas sur papier.
ml: Heu… ils seront en 10 langues différentes… mais je pourrais essayer…
MU: Et puis il faudrait donner ces questionnaires aux élèves et qu’ils les remplissent à la maison, pas à l’école, l’école c’est pas fait pour ça.
ml: Heu… oui, j’imagine qu’on pourrait s’arranger…
MU: Il faudrait aussi qu’au lieu de 30 questions il n’y en ai que 20, parce que 30 c’est trop!
ml: Heu… ben…
MU: Oui, et puis pour les élèves et les profs ça va, mais pas les administrateurs, on est trop occupés, nous, ici!
ml: Bien, cher Monsieur, je vais voir ce que je peux faire et je vous rappellerai, d’accord?
MU: D’accord. Je me réjouis de travailler avec vous!
lm: Moi aussi… heu… …

Compte là-dessus mon cher! Y’a vraiment des gens j’vous jure! Ah là là… ça avance pas mon affaire… bon ben merde, je laisse tomber pour aujourd’hui, j’en ai trop marre, et puis j’ai trop peur de ce que va me dire la prochaine personne que j’appelle… Je vais parler à ma directrice de thèse et lui dire que mon projet est trop con, impossible, et que tout le monde s’en fout. Voilà.

Secrétaire école numéro 35: Allo ici l’école Machin Untelmuche, how can I help you?
miss lulu: Bonjour, je voudrais parler à Monsieur Untelmuche s’il-vous-plaît.
S.: Une minute, je vous connecte.
ml: Merci beaucoup!
Monsieur Untelmuche: Oui bonjour, ici Monsieur Untelmuche, how can I help you?
ml: Bonjour Monsieur. Je m’appelle miss lulu et je vous ai écrit un message il y a environ une semaine à propos d’un project de recherche auquel j’aimerais que votre école participe. Est-ce que vous avez reçu ce message?
MU: Oui, bien sûr, nous pouvons vous aider. Jeudi prochain ça vous irait?
ml: ??!!! Heu… ben … oui, j’imagine que oui…
MU: Bien… alors à jeudi, alors…
ml: ….. ???? A jeudi….?????!!!

Huhuh, sont fous les gens… Bon…. trois en une journée c’est pas mal… ma facture de téléphone va chier dans les ventilos mais ça en valait la peine… Il y a des gens sympas, heureusement… Bon, p’tête que ma recherche a de la valeur, après tout… peut-être que je ne perds pas mon temps… P’tête que j’y arriverai… …. …. Allez, on continue… …. ….

kek l’a commencé et miss lulu l’a (presque) terminé. Oui oui, il y a encore quelques … couilles dans le potage, je sais… Mais en gros ça marche et c’est pas trop moche! Enfin… les pages que kek a faites sont très jolies, les miennes un peu moins … mais j’aime bien mon champ de tulipes :) Ca change du maïs! Youpedidou, quel boulot mes amis!

Sinon à part ça c’est la galère en ce qui concerne ma recherche. Le coup des 41 écoles (en fait plutôt 45 je crois mais je suis plus sûre, j’ai perdu le compte) était… … heu… disons… ambitieux. Je passe mes journées à répondre à des emails et à parlementer au téléphone avec des gens du Nouveau Mexique, de l’Illinois, de Floride, de Pennsilvanie, et de dixaines d’autres états…. mais rien n’est gagné! Parfois c’est des bonnes nouvelles, souvent des mauvaises, rarement des excellentes… mais rien n’est perdu!

Les présentations de conférences ne sont pas encore prêtes, l’article à peine commencé, les 36 bouquins même pas lus, le grant proposal un désastre intersideral, le budget dû le 15 pas commencé … … ah si, quand même, les questionnaires sont pratiquement terminés, et la lettre du mois de mai envoyée à mon association internationale que je suis la présidente de, comme on dit en anglais, et mon poignet semble survivre encore assez bien. Comme dirait Sosso qui allait pas trop mal aujourd’hui, tankia d’la vie y’a d’l'espoir!

Voili voilu lézamis, sasuffit pour aujourd’hui, j’ai du mal à écrire tellement il est tard et je suis trop naze (ah ouais pis mon estomac se revolte contre mon régime chips-pizza-glace-rhum-raisins-pizza-chips). Mille fois merci à kek et bises à tous et … bonne nuit, huhuh ;)

Etrange sentiment que de passer d’une grande énergie, un boulot de fou, une série de bonnes nouvelles, une estime de soi et une confience en l’avenir qui pête le feu à un vide total, des pleurs de tout un après-midi à cause d’une toute petite Sosso, une tristesse angoissante à la lecture de certains blogs, une incapacité sans fond à lire ou écrire quoi que ce soit, et une envie de tout abandonner difficile à résister.

Repasser en mode « positif » le plus vite possible… mais comment?

Juste un petit coucou pour vous tenir au courant de mes aventures. Ce week-end j’ai envoyé 41 emails à des écoles pour leur demander de participer à ma recherche, et en ce lundi matin, j’ai déjà plein de réponses, dont une en particulier qui me fait bien plaisir parce que ça va peut-être me permettre d’aller rencontrer Estelle en Pennsylvanie :) Ouéééé!! Trop top cool!!!

Sinon j’ai bien avancé sur ma demande de bourse, j’en suis à 8 pages… il y a de l’espoir! C’est pas facile, mais j’ai un ami en Australie qui a reçu cette bourse il y a 2 ans et qui m’a proposé de lire mon papier quand je l’aurai fini et de m’aider à le rendre meilleur. C’est sympa.

Il paraît qu’il ne fait pas vraiment beau en France ces jours-ci… ben profitez bien, parce qu’ici l’été est arrivé! Il a fait entre 28 et 30 degrés tout le week-end! Les chatounnes sont mortes, les pauvres, j’ai presqu’envie de les raser… huhuh… je plaisante!

Et puis dernière petite nouvelle: j’ai acheté des billets de train pour aller rencontrer moonliza et Samantdi et voir le petit pont de Millau!!!!! Ouééééé, plein de rêves qui vont se réaliser :)

Voili voilà, donc en gros tout va bien, le bras est encore attaché à mon épaule et les anti-douleurs aident, et une bonne copine à moi m’a donné l’adresse de quelqu’un qui fait des bons massages, donc ça devrait aider. Ca bosse dur, comme vous voyez, mais ça avance et c’est chouette de voir les choses avancer! Allez, un p’tit carré de chocolat et ça repart!

Bises à tous!!

Mes lecteurs me pardonneront de ne plus beaucoup écrire ici et dans mes commentaires et les votres pendant quelques jours étant donné qu’en 2 semaines je dois:
- faire le budget de mon organisation pour l’année qui vient,
- organiser 3 présentations de conférence, écrire les 3 proposals, et les envoyer,
- écrire un article (pas commencé) et l’envoyer,
- écrire un grant proposal de 13 pages pour demander $20.000 pour ma recherche,
- envoyer 10 emails à des écoles pour mon pilot de l’été et 28 à des écoles pour ma recherches de l’automne (en moyenne, 30-40 minute de boulot par email),
- finir d’urgence 2 questionnaires pour ma recherche,
- écrire la grande grande lettre du mois de mai à tous les membre de mon association,
- organiser une petite virée dans le sud de la France,
- faire des tas d’autres choses comme aller à des réunions, parler de ma recherche avec ma prof, répondre à 150 emails par jour, etc.,
- survivre, étatnt donné que le carpal tunnel syndrome et la tendinite du poignet-épaule me font souffrir le martyre et que c’est pas en passant 12 heures par jour devant mon ordinateur comme ça que ça va s’améliorer!

Voilà, dès que j’aurai 2 minutes j’irais sur vos blogs… et j’essayerai de continuer à écrire par ici régulièrement… mais ne m’en veuillez pas si je suis un peu moins présente sur la bloggosphère. Et n’hésitez pas à garder mon blog vivant s’il le faut en jouant au visiteur sympa, (détails en cliquant sur RENT dans le menu de plaques d’immatriculation à droite). Comme je le dis souvent, tout ce qui me fait rire me rend plus forte :)

Bises à tous!!!!! Ne partez pas, hein…. siouplait…

Chers amis qui n’avez pas la chance de vivre aux Etats Unis,

Je suis désolée, mais cette fois il faut que je m’adresse aux personnes qui vivent dans ce merveilleux pays que sont les Etats Unis, et hélas, les habitants de France, de Suisse, de Belgique, d’Italie, d’Ecosse, du Canada, et de tous les autres pays dans lesquels vous habitez, chers lecteurs bien-aimés, ne pourront cette fois pas me venir en aide. … enfin, on sait jamais :)

Je disais donc. Oyez oyez chers « expats, » ou « personnes francophones vivants aux Etats Unis, » ou « amis lecteurs vivant par ici, » j’ai un grand service à vous demander. Pour ma recherche, j’ai besoin de beaucoup de gens, et plus précisement d’élèves du monde entier qui sont venus apprendre l’anglais aux Etats Unis, dans une école d’anglais exprès pour ça. Donc pas des élèves qui sont à l’université ou au lycée et qui ont des cours d’anglais en plus, mais des élèves qui ne font qu’apprendre l’anglais dans ce qui s’appelle souvent un Intensive English Program ou un English Language Center. De plus, il faut que cette école d’anglais soit rattachée à une université, pas à un Community College, mais bien une université.

Le problème est le suivant: je cherche des élèves comme ça (une cinquantaine) pour mi-fin juin. Je voudrais des élèves dans une école qui ne soit pas tout près de mon champ de maïs parce que je viens de recevoir $200 de billet d’avion à utiliser cet été. Je voudrais donc en profiter pour aller visiter un coin que je ne connais pas, un endroit sympa, et plus précisement des GENS sympas :) Vous l’aurez deviné, les $200 de billet d’avion ne viennent pas avec l’hôtel et tout le reste. Je trouve donc que ce serait une chance de rencontrer des amis bloggeurs ou lecteurs qui vivent par ici, de visiter un peu du pays, et d’en profiter pour faire ma recherche.

Les questions sont donc les suivantes: QUI habite près d’une université, et QUI voudrait avoir la chance de voir débarquer une miss lulu mi-fin juin au plus tard? Je me charge de trouver si l’université en question a un Intensive English Program (je sais que Cornell, Rice, UPenn, Columbia, et UHartford ont un tel programme, entre autre). De plus, je louerai une voiture donc je serai tout à fait indépendante. Et ça serait pour 3-4 jours au plus.

Ce n’est pas dit que le programme en question accepte de me laisser faire ma recherche, donc plus il y a de candidats et plus j’aurai de chance de trouver quelqu’un qui accepte. Un autre problème est que cette petite étude n’est qu’un « pilot » (essai) et que je ne voudrais pas faire ce pilot dans une des écoles qui peut me servir pour la vraie grande étude de l’automne (j’ai une liste de 30 écoles possibles, mais je ne peux pas la publier ici parce que je ne leur ai pas encore demandé de participer). Et en plus, il faut que je trouve un billet pour $200 au moins et au plus. Cela veut dire que même si un(e) charmant(e) lecteur(ice) « m’invite, » il est possible que ça ne marche pas. Mais moi j’ai envie de voir du pays et de rencontrer des gens, alors… à vous la parole :)

Et oui, ladies and gentlemen, je suis officièlement au chomdu à partir d’aujourd’hui même et ce jusqu’à fin août! Les cours sont terminés, les élèves en plein examens, les derniers papiers en train d’être écrits, et les copies d’examens en train d’être corrigées. Aïe aïe aïe, on va se serrer la ceinture et le reste aussi! Je rappelle à tous ceux qui aimeraient soutenir l’effort de guerre qu’ils peuvent toujours participer à la survie de la race des miss lulu dans leur champ de maïs en cliquant sur la plaque de Floride dans le menu à droite, là où il est écrit « ouichlist. » Et pour ceux qui seraient ultra généreux et voudraient m’offrir le piano, je suis touchée, mais rappelez-vous qu’un piano ne se mange pas et ne me sera donc pas d’une grande utilité cet été… sauf pour la nourriture spirituelle, bien sûr!

L’avantage de ne plus avoir un sou c’est que ça me permettra de perdre un peu de poids avant mon prochain voyage en France… et comme ça je pourrai manger sans restrainte une fois en France, aux frais de … heu… la princessh, entre autre ;) L’inconvéniant de ce système, par contre, c’est qu’avec le cours (court? cour? coure?) du dollar, je ne vais rien pouvoir me rapporter dans mon champ de maïs comme petites provisions de chocolat et autres douceurs françaises! Dommage! Bref, on n’y est pas, et avec un peu de chance, d’ici là, l’économie américaine pourrait avoir le temps de se redresser et le dollar de reprendre du poil de la bête (je pourrais lui filer un peu de poils de mes p’tites bêtes, hein, si ça peut aider!).

Ce que je trouve ironique dans l’histoire, c’est que c’est pas parce que je ne vais pas recevoir de salaire pendant quatre mois que je vais en profiter pour me tourner les pouces, couper mes cheveux en quatre, mettre les points sur les i, faire la grasse matinée, couper la poire en deux, jeter de l’huile sur le feu, avoir les quatre fers en l’air, chercher midi à quatorze heures, pleurer comme une madeleine, monter sur mes grands chevaux, être une poule mouillée, tuer la poule aux oeufs d’or, mettre la charue avant les boeufs, finir en queue de poisson, me jeter dans la gueule du loup, voir rouge, casser du sucre sur votre dos, boire comme un trou, tourner autour du pot, et me dorer la pilule! Non non, ladies and gentlemen, cet été il faut que:

- je bosse à fond sur ma recherche,
- j’écrive deux articles et arrive à les faire publier,
- je prépare deux présentations de conférences,
- j’aille à ces deux conférences (dont une est dans le Wisconsin, chouette, je suis jamais allée dans le Ouiskonnsine!),
- je lise environ 150 bouquins et commence à écrire ma « dissertation » (au moins 80 pages),
- je m’occupe de l’association dont je suis présidente (budget, lettre semi-annuelle, journal, etc.),
- j’écrive et envoie deux « proposals » de conférences pour l’année prochaine,
- je refasse tout mon site internet qui « suck » comme on dit en anglais,
- je prépare deux nouveaux sites internet et tout le materiel pour les deux classes que je vais enseigner l’automne prochain,
- j’aille passer 2 semaines en France, et pendant ces 2 semaines, que je vois le viaduct de Millau, ma famille, et tous mes amis, mange dans au moins la moitié des restaus de Paris, et fasse baptiser mon filleul,
- j’aille dans le Michigan passer quelques jours avec ma soeur pour son anniversaire,
- j’apprenne à faire des ANOVAs, des regressions, des Chi squares, des Crombach alphas, et des factor analyses,
- je trouve des tas de participants (entre 500 et 700) pour ma big study de l’automne,
- je joue avec mes chatounnes chéries,
- je fasse plein de photos de Lafayette et les mette sur mon blog,
- je dorme, parce que c’est pas l’automne prochain que ça pourra se faire, ce genre de chose,
- je bronze… … au moins du dessus de mes mains et des bras, si j’ai de la chance!

Et tout ça pour PAS UN ROND! Un carré quand même peut-être? … de chocolat?

One statistical technique is the Cochran’s Q test, which is designed to assess differences across conditions in which there is a dichotomous outcome. For usability data, users might generate success data in multiple conditions or across multiple tasks. Cochran’s Q can test whether the responding across the conditions are significantly different from each other. It can be effective for data sets with a small number of users. In fact, for designs with dichotomous responses (0′s and 1′s), a sample size of 16 or greater allows the analyst to safely conduct traditional analysis of variance (ANOVA). Cochran’s Q is effective with smaller samples, especially when the probability of a response (success for example) is approximately .5.

Jusque là ça va.

Each user generates a dichotomous response, success or failure, for each task. It also should be noted that in Nielsen’s data, he had coded some tasks as partial successes, which have been recoded here as failures for purposes of exposition. This example speaks to the value of a formal statistical test in that the pattern of data may not be obvious from simple success rates, especially with only four users. The analyst may want to determine if the six tasks differ amongst themselves.

A formal statistical test can be conducted by positing the following null hypothesis:

π1=π2=π3=π4=π5=π6

where πk is the probability of success on the kth task. Note in this case, there are k=6 tasks.

In the Cochran’s Q test, the null hypothesis is that the probability of the target response is equal across all groups. For those unfamiliar with formal statistical tests, the question being asked is the following: « What is the probability I would have obtained my result assuming the null hypothesis is true? » If the obtained results are likely assuming the null hypothesis, then the analyst concludes there is no difference among the groups.

Je suis déjà un peu perdue, là…

Assuming S represents users completing a different tasks, each denoted as a level of the factor A, the Q statistic is defined as:

Q=SSA/MSA/S

where SSA (sums of squares for factor A) is computed by the mean at the jth level of A and subtracting the grand mean from it, and then squaring that quantity. Note that « j » is an index for the a levels of the factor A. For Nielsen’s data, note that a=6 because there are six tasks. This squared quantity is computed for each subject and summed across each subject. See Appendix A for the equations that go into the Q statistic. MSA/S (mean squared A within S) is simply the average variance of the scores within a subject across the levels of A, and then averaged across subjects. In other words, the variance of the a scores averaged across each of the n users. Recall a refers to the number of levels of the factor A. In addition, n refers to the number of users. Note that for Nielsen’s data, the number of users is n=4. Recall that factor A is the different tasks. The n users compose the S source of variability.

The Q statistic is distributed as a c2 statistic with degrees of freedom equal to the number of levels (e.g., tasks) in the experiment minus one (i.e., a-1). It should be noted that the spreadsheet contains the critical values of the c2 distribution for degrees of freedom ranging from 1 to 20 (most usability tests will not have more than 20 tasks). The critical values cut off the 95th and 90th percentile of the c2 distribution so that Type I error rate will be at the conventional .05 and also the more liberal .1. The more liberal criterion of .1 might be indicated for usability testing with few users.

Là c’est sûr, je vais arrêter la linguistique et faire un doctorat en pipeau!

Automne 2001, je finis ma thèse de maîtrise et je me prépare pour la suite. Mais quelle suite? Telle est la question. Comme je suis une étudiante professionelle, je me dis que je ne peux faire qu’une seule chose: continuer mes études! Alors je commence à envoyer des dossiers de candidature à plusieurs universités… mais en fait, je ne finis qu’un seul dossier, celui pour Purdue. Pas envie d’aller en Ohio, New York me snob et me demande de repasser le TOEFL alors que ça fait trois ans que je suis prof de TOEFL et quand je le repasse avec 298 (sur 300) je me trouve trop bien pour eux, la Californie c’est pas un bon programe, et le Canada c’est trop compétitif… donc il ne me reste que Purdue. Et je stresse à mort: que ferai-je si Purdue ne m’accepte pas?!

Février 2002, je craque. Je téléphone à Purdue un matin à 7 heures (mais avec le décalage horaire ça marche juste) et je les implore de me dire si j’ai été acceptée. La secrétaire me dit qu’elle vient de mettre la lettre d’acceptance à la poste! Et puis là, la panique: mon Dieu, moi?? faire un doctorat?? mais je suis folle!!! Et d’abord c’est où Purdue?? Ah en Indiana? C’est où l’Indiana??!! Holly cow!!! Que puis-je faire d’autre? Je ne m’en sortirai jamais! Je suis trop nulle! Il faut que je trouve un appartement! Il faut que je pense à mon déménagement! Il faut que je trouve un boulot de prof aussi pour payer mes études! Il faut que je quitte mon boulot que j’adore et mes élèves chéris et mes profs adorés. Je vais quitter l’Utah, après plus de six ans… je commençais à m’y faire… en fait j’étais très bien ici… … ma petite maison était si chouette… …

Avril 2002, je « défends » ma thèse avec succès. J’aime ça, être une star! Et puis je commence à chercher des déménageurs. Avec un peu de chance, je pourrai bosser encore pendant tout l’été, envoyer tous mes cartons et meubles dans un camion deux semaines avant mon départ, et puis quitter l’Utah avec ma voiture le dernier jour du semestre, rouler deux jours, arriver en Indiana dimanche soir, et commencer les cours et le boulot lundi matin. Alors je cherche sur internet: tant de pieds cubes de meubles et de cartons, tant de miles entre l’Utah et l’Indiana, tant de jours, tant d’argent! Je compare, je trifouille, je téléphone un peu partout, et je finis par choisir un déménageur pas trop cher et qui a l’air pas mal. Quand il faut faire un « deposit, » sa machine à carte de crédit ne marche pas mais je peux envoyer un chèque, ouf! Tout va bien, le camion sera là 2 semaines avant la fin du semestre et arrivera en Indiana au même moment que moi. Je pourrai donc quitter mon appartement exactement à la fin du mois de juillet et vivre quelques jours chez des copains jusqu’à la fin du semestre.

Fin juillet 2002, jour-J, j’attends le camion. Mes cartons sont faits, et le camion doit arriver à 10 heures du matin. J’attends. J’attends. Je dois aller bosser et le camion n’est toujours pas là. Je rentre du boulot et le camion n’est toujours pas là. J’essaye d’appeler et personne ne répond, il est trop tard, et le lendemain c’est samedi, personne ne travaille! Je panique. Je dois avoir quitté l’appartment avant mardi. Où est le camion? Où est mon argent? Que vais-je faire de mes affaires si le camion ne vient pas?? J’ai la flemme de défaire mes cartons alors je vais m’acheter un drap et une chemise pour le lendemain… et puis je téléphone à ma soeur qui se lance à la trace du-dit camion… Mauvais week-end!

Lundi matin, verdict numéro 1 de la compagnie de transports: le camion ne pourra pas venir, en fin de compte, et non, il n’y aura pas de remplacement et de toutes les manières on ferme boutique, au revoir madame, ce numéro de téléphone n’existe plus, votre correspondant a mis la clé sous le paillasson! Verdict numéro 2 de la soeur: la compagnie de transport en question est sur la liste des déménageurs malhonnêtes de Floride, quand les gens sont riches ils vont prendre leurs affaires et ne les rendent que si on paye une rançon faramineuse ou bien ils vendent tout simplement les affaires des gens… Quand les gens sont pauvres (comme moi, Dieu merci), ils prennent seulement les chèques de « deposit » et ne se donnent pas le mal d’aller chercher les 3 meubles minables et invendables. Verdict numéro 3: mes très chers élèves, à qui j’ai raconté mon histoire au bord des larmes et un peu stressée, décident de m’aider. Toute la classe arrive chez moi, refait les cartons, nettoye la maison, transporte toutes mes affaires chez une élève qui a une grande maison, y passe la journée et la moitié de la nuit, et le lendemain, l’appart est quitté en bonne et dûe forme avec le proprio!

Première semaine d’août, bilan du désastre: je suis une vraie conne de m’être fait avoir comme ça, il faut que je loue un camion et le conduise moi-même avec mes affaires à travers tous les Etats Unis et avec ma voiture attachée derrière, je dois continuer à bosser jusqu’à la fin du semestre, je dois fermer mon compte en banque avant que la « compagnie de déménagement » lave mon chèque et en ré-écrive un pour des milles et des cents, j’ai perdu de l’argent, du temps, de l’énergie, le camion va être très très cher, et vraiment, je suis une vraie conne! Trouver un camion n’est pas si difficile, et heureusement, ma soeur et ma tata viennent à ma rescousse et on va conduire le camion ensemble. Par contre, conduire un gros camion de déménagement à trois prend plus de temps que de conduire une voiture vide toute seule, et donc je dois quitter mon boulot avant la fin du semestre, payer quelqu’un pour faire passer les examens à mes élèves, les corriger, et calculer les notes finales de mes élèves pour moi. Encore de l’argent perdu! Et beaucoup de stresse!

Epilogue: Que c’était triste de quitter mes élèves en ce mardi après-midi où nous sommes toutes les trois parties dans notre gros camion (rempli bien sûr par ces élèves)! Qu’est-ce qu’on a rigolé dans ce camion pendant quatre longs jours à travers l’Utah, le Wisconsin, le Nebraska, l’Iowa , l’Illinois, et l’Indiana! Que mes élèves, mes amis, ma tata, et ma soeur ont été chouettes de m’aider avec tout ça, sans eux j’aurais bien été dans la merdouille! Qu’il y été bon de recevoir une lettre de ma banque d’Utah, deux mois plus tard, disant qu’après une investigation (que je n’avais même pas demandée!), ils avaient décidé de me rembourser le montant du chèque piqué par la compagnie de déménagement! Qu’il a été difficile de commencer une nouvelle vie, des nouveaux cours, et un nouveau boulot dès le lendemain de mon arrivée en Indiana! Qu’est-ce que j’ai rigolé, en ce premier matin de classe et de boulot, quand ma voiture est tombée en panne et que j’ai dû trouver une nouvelle batterie pour qu’elle reparte! Qu’est-ce que le zona sur mon dos, déclaré quelques jours après mon arrivée en Indiana, a été long et douloureux! Et surtout, qu’est-ce qu’il m’en a fallu du temps pour me pardonner et réussir à mettre cette histoire dans la catégorie des « aventures qui m’ont appris plein de choses, que je ne recommencerai pas de si tôt, qui m’ont quand même permi de passer de très bons moments avec mes élèves, mes amis, ma tata, et ma soeur, et que je ne suis pas prête d’oublier! » Qu’est-ce que la vie rigole, parfois!

qu’est-ce que ça peut bien vouloir dire???

- to sleep
- to forget about life
- to see my friends
- to be in france
- my mom
- french cheese
- a home-cooked dinner
- to forget my accident
- to be taken care of
- the ocean
- to laugh
- to stop thinking
- the people i love to be happy
- no snow this winter
- to be done with my prospectus defense
- no snow this winter
- the people i love to be happy
- to stop thinking
- to laugh
- the ocean
- to be taken care of
- to forget my accident
- a home-cooked dinner
- french cheese
- my mom
- to be in france
- to see my friends
- to forget about life
- to sleep

Ici Miss Kitty Calinette. Je prends la plume ce soir parce que miss lulu est débordée de boulot et très stressée, mais elle me dit de remercier du fond du coeur tous ceux qui ont pris le temps de mettre quelque chose de gentil sur son blog. Ca la fait sourire dans les mauvais moments, et elle espère bien que beaucoup d’autres amis ne vont pas rester timides!

Alors voici quelques nouvelles du front. J’ai eu une grosse infection de l’oeil et miss lulu a dû m’apporter à l’hôpital d’urgence mercredi soir. Je lui en voulais beaucoup d’avoir partagé son amour avec cette folle de Soso depuis deux semaines, et je me suis dit qu’il fallait vraiment qu’elle me prouve qu’elle m’aimait encore. Alors après le docteur, j’ai refusé de rentrer à la maison, mais miss lulu m’a tenue gentillement dans ses bras pendant une demi heure et m’a parlé doucement pendant qu’on regardait les voisins, les chiens, et les écureuils passer. Ce soir-là, j’ai bien vu que miss lulu m’aimait encore et je lui ai pardonné sa trahison. Depuis, je suis beaucoup plus gentille avec elle et mon oeil va un peu mieux tous les jours, même si je n’aime pas trop quand miss lulu y fourre son doigt pour mettre la pommade du docteur.

Mais bon, il faut quand même pas croire que j’ai accepté cette folle de Soso! Cette petite ne sait pas quand dormir, se nettoyer correctement, manger proprement, ne pas sauter partout et tout casser, ronronner au bon moment, ne pas vomir sur la moquette, et accueillir miss lulu quand elle revient du travail, alors il faut tout que je lui apprenne. Bien sûr, elle n’aime pas ça du tout quand je lui lèchouille le cucul pour la nettoyer, par exemple, alors il faut toujours que je lui file trois bons coups de patte, que je lui mordille les oreilles, et que je m’asseoie sur elle, et ensuite elle me laisse la lèchouiller tranquillement. Enfin, tranquillement!! Vous entendriez les bruits qu’elle fait quand elle n’est pas contente, celle-là!!! Tout le quartier en profite!! De temps en temps, elle veut jouer avec moi alors elle me tanne, et je la laisse faire parce que je suis vachement patiente et il faut bien que jeunesse se passe, mais en général ça finit avec un bon coup de patte dans la gueule! J’veux bien être gentille mais faut pas pousser quand même!

Voilà, à part ça on est toutes les trois bien contentes qu’il ne neige pas encore ici. Il fait même tellement chaud depuis quelques jours que miss lulu peut me laisser la fenêtre ouverte pendant la journée comme ça je peux encore faire peur aux écureuils. J’aime aussi beaucoup essayer d’attraper les coccinelles et les feuilles mortes qui volent dans les airs. Je suis triste de ne pas souvent voir miss lulu qui est tout le temps au boulot ou à la bibliothèque, mais quand elle rentre j’aime l’écouter me raconter sa journée, ses élèves qui sont toujours aussi nuls, ses gentils profs qui l’encouragent, le stress de la date fatidique qui approche, les longs articles et bouquins à lire, les statistiques à apprendre, et les examens de phonocrapologie, comme elle dit. Je sais pas trop ce que c’est, ce machin, mais ça a bien l’air de la faire autant chier que Soso avec sa colique! Enfin, elle se réjouit parce que jeudi c’est Thanksgiving, et elle va aller voir sa soeur dans le Michigan pendant 2 jours. Pas plus longtemps, à cause du boulot, bien sûr! … ça me fait penser que Soso et moi on va rester toutes les deux seules pendant 2 jours… haha, je vais en profiter pour lui faire les pieds à cette petite folle!

Bon je vous laisse, j’entends que miss lulu est en train de remplir mon bol de croquettes. Miss lulu me dit que je dois bien vous embrasser tous et vous dire que vous lui manquez et qu’elle espère avoir de vos nouvelles très vite sur son blog. Entre vous et moi, on dirait bien qu’elle en a vraiment marre de ses histoires, notre miss lulu, qu’elle est crevée et souvent découragée, et qu’elle a bien besoin de vacances! Moi, je vais manger et me recoucher! C’est crevant d’écrire tout un roman comme ça, c’est pas demain que j’ouvre mon propre blog! Je vous lèchouille les oreilles et vous envoie un gros ronronnement qui sent la croquette. Bonne nuit, lézamis de miss lulu!

Miss Kitty Calinette, en directe du champs de maïs de miss lulu.

Under the [-irative] parameter, material preceding the antepenult remains unmetrified; it thus is unexplained why the lexical stress in konzumàtor fails to emerge when suffixation places it beyond the antepenult. An otherwise unnecessary rule is required to remove this stress. If the Macedonian suppression of lexical stresses falling outside the main stress foot represents the norm, then we have evidence for the conflation mechanism over the [+/-irative] parameter. Proponents of the [+/-irative] parameter have rightly pointed to the fact that very little positive evidence has so far been found that would justify the hypothetical metrification of the pretonic string that is canceled by conflation. For example, segmental rules sensitive to stress seemm to fail to discriminate among the syllables composing the pretonic stress. The case for conflation would be strengthened considerably if such a situation could be demonstrated empirically. Attaching the V-P1 node as a subtree under C-P1 predicts that rules streading a V-P1 feature from one vowel to another across an intervening consonant will block when the consonant is specified for the relevant feature as a secondary but not as a primary articulation. Herzallah treats this process as spreading [dorsal] to a higher vowel; a later rule enhances the resultant back vowel by adding a labial articulator.

Vous y pigez quelque vous à ce charabia? MOI NON PLUS!! Et j’en ai MARRE de lire ces âneries!!!! J’en ai déjà marre après trois pages et il m’en reste 684 à lire!! Je sais pas qui va finir par passer par la fenêtre en premier: moi, ou le bouquin!

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Jour-J moins quatre semaines… panique à babord, panique à tribord, panique dans la soute, panique dans les grandes voiles! Dans 4 semaines, je dois avoir terminé mon « prospectus » et le soutenir, to defend my prospectus, en anglais. Je les entends d’ici, les français: koa? keskeséstruk? kestufou? Donc voilà un petit résumé (attention, « a résumé » en anglais veut dire un CV) du système de higher education américain.

1. Finir la high school (le lycée) c’est déjà pas évident. En moyenne (ça dépend des états, des écoles, et de l’éthnicité), seuls 71% des élèves de lycée finissent avec un diplôme de fin de high school. Ceux qui ne finissent pas et ont des regrets peuvent retourner à l’école plus tard et recevoir un GED, ou diplôme équivalent… qui ne vaut pas grand’chose mais bon…

2. Après le lycée, il faut passer soit le SAT (prononcer èséiti) soit le ACT (prononcer éiciti), qui sont des examens d’anglais et de maths. Ensuite, il faut se faire accepter dans une université ou un college. Les collèges et universités sont soit publiques (donc d’état, ce qui veut dire que les étudiants qui viennent de l’état payent très peu, mais ceux qui viennent d’un autre état payent beaucoup), soit privés (et là tout le monde paye autant, souvent très cher). Purdue est publique, donc les étudiants d’Indiana (in-state students) payent environ $4’000 par semestre (4 mois de cours), les autres environ $10’000, et les étudiants internationaux environ $12’000. Ca, c’est pour les premières années à Purdue, mais ça dépend beaucoup des écoles, des programmes, et du niveau d’étude. Pour faire une maîtrise de management, c’est déjà $14’000 par semestre à Purdue. A Harvard, c’est $25’000 par semestre pour tout le monde.

3. La différence: l’université offre des maîtrises et des doctorats, le college s’arrête après 2 ou 4 ans. Après 2 ans d’études plus ou moins générales (« general education »), on peut recevoir un Associate Degree. Ensuite, on peut continuer pendant encore 2 ans (si on travaille vite et bien) et recevoir un Bachelor’s Degree (en robe et chapeau noir = cap (ou mortar) and gown) dans un domaine spécific, en histoire (Bachelor of Arts = BA), en chimie (Bachelor of Science = BS), ou dans d’autres domaines comme ça. Donc pendant ces 4 ans, on a été un « undergraduate student. »

4. Si on veut faire droit, médecine, ou business, alors là il faut faire un BA ou un BS en n’importe quoi, et ENSUITE il faut passer des examens difficiles: le LSAT (èlsat) pour faire du droit, le MCAT (èmkat) pour faire médecine, ou le GMAT (djimat) pour faire business. Si on veut simplement continuer ses études et aller en « graduate school » pour faire une maîtrise (un Master’s Degree) dans des autres domaines que le droit/médecine/business, on peut passer le GRE (djiari). C’est ce que j’ai fait. Il y avait des maths, de l’anglais, et de la logique. Beurk.

5. Donc, on est en « graduate school. » En général, ça dure 2 ans (ben moi 3 parce que je me suis faite virée de l’université au milieu). A la fin, on reçoit on MA (Master of Arts, c’est ce que j’ai reçu il y a 2 ans, voir photo ci-dessus, avec l’écharpe d’hermine que recoivent les Master’s students), ou un MS (Master of Science) ou un MBA (Master’s of Business and Administration). Certains programmes durent 3 ans… ça dépend un peu des écoles. En médecine et en droit, je sais pas comment ça marche, vous avez cas regarder ER (à prononcer iar, = Urgences) ou The Practice (je sais pas si ça existe en Europe) (ou LA Law, ou Law and Order).

6. Ensuite… (goodness, je n’arrive pas à croire que j’ai déjà fait tout ça!)… avec un MA ou un MS, soit on en a marre, soit on est un étudiant professionel comme moi et on continue… avec le doctorat, ou PhD. En général, un doctorat prend 5 ans. CINQ! Deux de cours, et trois d’écrivage de la « dissertation » (=thèse de doctorat). Avant de pouvoir commencer la dissertation, il faut finir les cours et passer des examens (les « prelims » ou « preliminary exams » ou « quals » ou « qualifying exams, » ça dépend des programmes) sur ces 2 ans de cours. C’est ce que j’ai fait en août. Ensuite, il faut écrire et « défendre » (= soutenir) son « prospectus, » qui est une explication de ce qu’on veut faire et pourquoi et comment et avec qui et avec quel argent pour sa recherche de dissertation (j’en suis là), et ENSUITE seulement, on peut commencer sa recherche et écrire sa thèse (300 pages). A la fin, il faut bien sûr la défendre, elle aussi! Et là, on gradue avec toute la robe en hermine aux couleurs de l’école et on se fait adouber pour devenir DOCTEUR! Voilà les couleurs de Purdue… heureusement que c’est pas rose ou orange comme dans d’autres universités…

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7. Pendant la dernière année de doctorat, en général, on cherche un boulot… On a légalement le droit de commencer à chercher du travail après avoir soutenu le prospectus. A partir de ce moment-là, on est ABD (à prononcer éibidi = All But Dissertation), et on peut chercher du boulot en disant qu’on a presque fini sa dissertation. Donc, si tout va bien, je serai ABD en décembre… wouah la classe!! Wouah ze stress!

8. Ah oui, si vous n’avez pas envie de vous jeter par la fenêtre après tout ça, vous pouvez encore faire un « post-doc » … mais là je sais pas trop comment ça marche… et je veux même pas y penser!

9. J’ai oublié de dire qu’en général, peu de gens payent leur graduate school parce qu’on peut travailler pour l’université, soit comme assistant de recherche pour les profs (RA (aré)= research assistant), soit pour faire les corrections pour des profs (TA (tié) = teacher’s assistant) soit comme prof (TA = teaching assistant, ce que je fais, et donc je ne paye que $550 par semestre). On peut aussi avoir des « scholarships » (des bourses d’études), ou bien être riche, ou bien simplement faire des emprunts banquaires (ce dernier cas est le plus courant). Beaucoup de gens finissent leurs études avec entre $50’000 et $100’000 de dettes.

10. Sur ce, je vous laisse pour continuer à bosser sur mon @#&!%#*!&@# de prospectus! ABD = A Bas la Dissertation; Another Big Disaster; Associação Brasileira de Documentarista! … oui oui, je m’y remets…