découvertes


Comme cadeaux de Noël, j’ai décidé d’inviter mon frangin, ma soeur, et son mari à manger en haut de la fameuse CN tower, la tour la plus haute du monde. Le restaurant, le « 360, » tourne pendant qu’on mange, et fait une rotation complète toutes les 74 minutes.

C’était vraiment chouette! Si on a une réservation pour le resto, on ne doit pas payer pour un ticket normal (et très cher) pour monter dans la tour et aller au fameux « plancher de verre » depuis lequel on voit la tour sous nos pieds! L’ascenseur, qui grimpe sur l’extérieur de la tour, fait du 22 kil/heure et ça se sent dans les oreilles! Et une fois en haut, on ne peut que faire oooohhhhhhhh, aaaaaahhhhhh, ouaaaahhhhhh, tellement la vue est impressionante malgré le temps couvert et les quelques flocons de neige qui se baladent autour de la tour.

Le repas était bon, surtout les tomates grillées avec fromage de chèvre et tapenade, mais à part ça, n’était pas vraiment extraordinaire. Heureusement, c’était joliment présenté et le service était agréable et ne nous poussait pas à manger vite, donc on a eu le temps de faire deux rotations et demi pour admirer la ville à nos pieds. Sur les photos prises par Momo (je rajouterai peut-être quelques photos plus tard, quand jojo aura appris comment télécharger les photos depuis son nouvel appareil génial), on dirait que la ville n’est pas si loin de nous, mais en réalité, on est VRAIMENT très haut et la vue est VRAIMENT superbe! On voit des détails qu’on aurait jamais deviné depuis en bas, la saleté des immeubles, les courts de tennis sur les toits, les fourmies (!) sur les patinoires, le placement des quartiers, la forme des façades, la longueur des rues, et plein d’autres petits détails marrants. Par beau temps et en été, la vue doit être absoluement extraordinaire, et il paraît qu’on peut même voir les chutes du Niagara, de l’autre côté du lac, si on a vraiment de la chance!

Voilà quelques photos, donc. Au printemps, je remonterai là-haut (il faut que quelqu’un me rende visite pour qu’on puisse y aller ensemble, c’est plus chouette), et je prendrai plein d’autres photos encore! En attendant, voici une première idée de ce qu’on peut voir de là-haut! Bonne visite :)

Ma copine Karibou est arrivée au Canada juste quelques jours après moi, mais son boulot l’a tellement occupée qu’elle n’a jamais eu le temps de faire la connaissance de Granbled. De mon côté, j’ai plutôt eu du mal à me mettre à bosser et j’ai donc pris le temps de me balader, de visiter, et d’apprivoiser ma nouvelle ville que j’aime maintenant beaucoup.

C’est pourquoi la semaine dernière, dès que Karibou a eu quelques jours de vacances, je l’ai tirée de son lit et embarquée dans trois jours d’aventures. Malgré le froid, on s’est balladées dans plein de jolis quartiers (d’autant plus que Karibou cherche à acheter une maison), on a mangé comme quatre dans des restos délicieux, on a visité The Beach et The Distillery, deux endroits très célèbres de Granbled, on a dépensé plein de sous, on a papoté papoté papoté, on n’a pas résisté à passer dans notre librairie française adorée, et on a même réussi à aller s’enregistrer au Consulat français et à s’inscrire pour les élections! C’était trois jours intensifs mais fort agréables!

C’est assez rare de faire du tourisme dans sa propre ville, mais finalement c’est génial, surtout quand c’est en agréable compagnie! Et surtout quand en plus on a la chance de tomber sur LES trois jours de beau temps de décembre!

Alors voilà quelques photos, pour la plupart prises par Karibou, de nos découvertes granblediennes. Et celui ou celle qui devine en premier dans quel quartier a été prise la photo qui se trouve juste après Little Italy (il me faut le nom exact) recevra une carte postale de Granbled. Bonne balade :)

Dans Granbled, il y a des trucs qu’il faut absolument voir et des trucs qu’il faut abslument faire. Un peu comme si on habite à Paris et qu’on est jamais monté sur la Tour Eiffel ou qu’on a jamais vu les Champs Elysées. Bien sûr, ici il y a la CN tower, la plus haute tour non-habitée du monde, mais celle-là je me la réserve pour quand mes frangins seront ici, dans quelques jours! Le Roy Thompson Hall, c’était quelque chose d’important pour moi, et le Music Garden aussi, ainsi que le Eaton Centre, et bien sûr, le fameux Rogers Centre aux pieds duquel j’habite.

… et puis il y a aussi le Four Seasons Centre for the Performing Arts, le magnifique et tout nouveau bâtiment où se trouve le National Ballet of Canada (ainsi que le Canadian Opera Company)! Je ne peux pas dire que je suis une fan de ballet (ni d’opéra d’ailleurs), puisque je n’en ai jamais vu, mais j’ai toujours eu, quelque part, depuis que je suis petite, envie de voir à quoi ressemblaient « en vrai » les petits rats de l’opéra.

Four Seasons Centre

Eh bien j’ai eu la chance immense d’y être invitée par le Padawan, l’autre soir, pour aller voir, en compagnie de Nat et son copain, Casse Noisette, le célèbre ballet de Noël. Comme je suis une banane, j’avais oublié mon appareil photo, mais elPadawan avait son portable, donc les photos de ce post sont de lui (cliquer dessus pour les voir en plus grand)… et de toutes les manières, il était interdit de prendre des photos à l’intérieur (hum…).

Casse Noisette

J’ai passé une soirée très sympa, vraiment. Le Nutcracker ( »see it again for the first time ») n’est pas un ballet très sérieux mais c’étaitparfait comme introduction au ballet, parce que je ne me suis pas ennuyée une seconde. Les costumes étaient superbes, les danseurs excellents, et tous les enfants et adultes du public ravis! Après avoir entendu parler de ce ballet à chaque Noël depuis des années et des années (c’est vraiment LE classique de Noël en Amérique du Nord), je peux enfin dire que je l’ai vu, moi aussi, et que j’ai été dans ce magnifique Four Seasons Centre! Merci, elPadawan et Nat!

Granbled, c’est une vraie boîte à bijoux remplie de bien des trésors!

Depuis des années, de très longues années, je rêve de prendre des cours de cuisine! A chaque fois que je vais à Paris, je me dis que je devrais m’offrir un petit cours chez Ducasse ou au Ritz, mais bon, je n’ai jamais vraiment pris le temps et n’ai jamais vraiment eu les moyens de me payer ce genre de folie. Alors quand un jour, dans le streetcar de Spadina, je suis passée devant le Calphalon Culinary Center, juste à côté de chez moi, je me suis dit que c’était le moment de me jeter à l’eau la pâte, et je me suis inscrite à un cours sur les cookies! C’est un peu cher, mais pas plus qu’un cours de musique, et pendant les trois heures de cours, on fait quatre recettes pour finir avec des quantités astronomiques de nourriture qu’on peut remporter chez soi! Miam! Et pour ne pas y aller toute seule, j’y ai traîné ma copine Karibou malgré ses réticences… quand j’insiste, j’insiste lourdement ;)

Et bien je n’ai pas regretté une seconde ni d’y être allée ni d’y avoir pris Karibou avec moi! C’était super chouette, avec une prof très chouette, une dixaine d’élèves sympas, et de délicieuses recettes. Ca m’a fait un bien fou d’être à nouveau une élève, de ne pas avoir à refléchir, de faire ce qu’on me disait, de pétrir, tourner, écraser, râper, couper, étaler, et rigoler, surtout! On a chacun son petit coin cuisine avec un tablier, une lavette, et un torchon, et tous les ustenciles dont on pourrait avoir besoin. Tous les ingrédients sont déjà pesés et coupés aux bonnes quantités devant nous. La prof est devant la classe et il y a un grand miroir au-dessus d’elle pour qu’on voit bien tout si on est au fond de la classe, et puis il y a aussi des assistants qui passent voir si tout va bien, si on arrive à faire mousser notre beurre, monter le batteur, faire fondre le chocolat, et râper le citron. Le rêve! Conclusions: y’a pas que dans ma cuisine que j’en mets partout, la pâte à cookies pas cuite c’est délicieux, et il va falloir que j’y retourne!

Voilà quelques photos prises par Karibou et moi de nous deux en pleine action (vous pouvez cliquer sur certaines photos pour les voir en plus grands)!

cal2.jpg

cal3.jpg

cal5.jpg

cal6.jpg

cal8.jpg

cal11.jpg

cal9.jpg

cal16.jpg

cal14.jpg

cal13.jpg

Je plaisante, Ottawa c’est pas encore le Grand Nord… mais par rapport à Granbled ça l’est presque :) En fait, quand j’étais là-bas, j’ai rencontré un couple qui venait de London, petite ville qui se trouve à deux heures à l’ouest de Granbled, et ils m’ont raconté qu’ils avaient réussi de justesse à sortir de la ville avant que le grand blizard de l’année qui leur a apporté UN METRE de neige en 24 heures paralyse la ville entière! Toutes les écoles étaient femées et même les transports publics arrêtés! Je me rends de plus en plus compte que Granbled est vraiment un micro-climat, bien moins froid (et pourtant, et pourtant!!!) que le reste du Canada!

Voilà donc quelques photos de mon voyage. Le truc qui m’a intéressé le plus c’était de voir comment ils s’en sortaient avec le bilinguisme. En fait, tous les signes sont en anglais seulement jusqu’à ce qu’on monte sur la 416, l’autoroute qui relie la grande autoroute Granbled-Montréal (la 401) à Ottawa. A partir de ce moment-là, tout est en anglais et en français, ce qui complique tout, mais c’est rigolo. Tous les noms de rues sont marqués par exemple « Rue Nelson Street » ou « Avenue Blook Avenue. » Dans les rues, on entendait surtout de l’anglais et de temps en temps du français de France (des touristes, sans doute), et dans les magasins et restaurants, c’était surtout de l’anglais mais de temps en temps du québecois aussi. J’ai eu l’impression que certains vendeurs/serveurs montraient bien qu’ils étaient prêts à parler n’importe quelle langue mais d’autre voulaient bien montrer qu’ils ne parlaient qu’anglais. Par exemple, je suis entrée dans un magasin de souvenirs et le vendeur m’a tout de suite dit « Hello Madame, » avec le « hello » en parfait anglais et le « madame » en parfait français, comme ça j’avais le choix de répondre dans la language que je voulais. Et dans un magasin de poisson (quand je visite, je visite tout, moi!), le vendeur écoutait dans quelle langue ses clients parlaient dans la file d’attente et s’adressait à eux automatiquement dans leur langue, c’était vraiment cool à observer! Par contre, dans un des deux restos où je suis allée, le menu n’était qu’en anglais, et dans l’autre, le menu était en anglais et en français, mais le serveur n’a pas du tout parlé français, même s’il a bien dû voir que je lisais le menu français. Et assies à la table à côté de moi il y avait trois jeunes québecoises qui parlaient québecois bien haut et fort, et le serveur ne leur a parlé qu’anglais à elles aussi.

Que dire de plus? Mes photos sont presque toutes moches et grises et ratées parce qu’il faisait assez moche et gris et sombre, et conduire dans un coin qu’on ne connait pas du tout, la nuit, et essayer de prendre en même temps des photos, c’est pas évident! Et en plus la nuit tombe à 4 heures, alors c’est pas facile de faire des photos géniales, sorry. Mais ce sont de bons souvenirs, alors zou, par ici la visite guidée :)

ottawalarge.jpg

Eh oui, c’est bien à Ottawa que j’ai passé le week-end, et j’y ai rencontré un certain Dr. Gentil dont le prénom est le même que celui d’Apollinaire! Haha, y’avait tous les indices dans mon post, et avec Google, c’était assez facile! Bravo à tous ceux qui ont joué à mon petit jeu! Et non, il n’était ni libre ni intéressé… huhuh… mais on a bien parlé de boulot et c’est pour ça que je l’ai rencontré!

Les personnes suivantes ont donc gagné une carte postale (ou un petit paquet, si ils/elles ont trouvé le nom de l’université et du type) et sont priées de m’emailer leur adresse postale (je mets « ok » si je l’ai déjà) (par ordre d’emailage):

Bluelulie (ok) (a en plus trouvé le nom de l’université et du Dr. Gentil)
Alcib
Lenaig
Gaëlle
Isabelle
Clotilde
E. (ok)
monpère (ok)
A l’Ouest
Lune (ok) (a en plus trouvé le nom de l’université et du Dr. Gentil)
Denis (ok) (a en plus trouvé le nom de l’université et du Dr. Gentil)
Françoise
DoroT
Ze Mimimousse (ok)
nonmais (a en plus trouvé le nom de l’université et du Dr. Gentil)
Moukmouk

Ce voyage était génial! Il faisait -5 degrés quand je suis partie de Granbled vendredi en fin de matinnée, et -14 (ressenti comme -22 à cause du vent) quand je suis arrivé à Ottawa exactement quatre heures plus tard. Et ça a été comme ça tout le week-end: gelé! Pour visiter une ville, c’est pas très pratique, surtout quand on conduit un peu partout avec les fenêtres de la voiture grandes ouvertes pour ne pas avoir la crasse des fenêtres sur les photos… Heureusement, vendredi il faisait très beau, et samedi, il faisait couvert, mais il n’a neigé que pendant une nuit et il n’a jamais plu, donc j’ai réussi à bien me balader.

La route entre Granbled et Ottawa est CHIANTE à mourir! C’est abominable d’ennui, et je devais conduire vite pour ne pas m’endormir. Par contre, même si NPR, ma radio préférée au monde, me manquait beaucoup, je dois avouer que radio-canada (en français) n’est pas mal du tout et a bien aidé à passer le temps avec des débats sur, par exemple, le genre de litérature qu’il faut enseigner au lycée au Québec. Ce qui est vraiment agréable, aussi, c’est d’écouter la radio en français, ça ne m’arrivait jamais aux Etats Unis! (Je vous mets ci-dessous les paroles d’une chanson québecoise que j’ai entendue deux fois à la radio et que j’aime bien). Et puis surprise parmis les surprises, au retour, j’ai réussi à capter NPR pendant 45 minutes, puisqu’à cet endroit du trajet, on est environ à 10 kilomètres de la frontière avec les Etats Unis!

Ottawa? J’ai beaucoup aimé! C’est une ville beaucoup plus petite que Granbled, of course, mais ça la rend plus … manageable, plus facile à « rencontrer, » plus à ma taille. Les bâtiments sont souvent magnifiques, imposants, impressionants, et historiques, et on voit vraiment l’Histoire (avec un grand H) du Canada là-bas. J’ai souvent entendu dire que c’est une ville morte, et le Dr. Gentil l’a confirmé: le centre-ville n’est vivant qu’en semaine, lorsque les gens qui travaillent pour le gouvernement travaillent. Par contre, il y a une sorte de deuxième centre-ville, plus historique et plus mignon, et là, avec le marché de Noël et des dixaines de petites boutiques adorables, les maisons anciennes joliement décorées, et les foules venues admirer les lumières, c’était vraiment très sympa.

En allant me balader samedi après-midi, j’ai rencontré un flic qui était en train de mettre des PVs sur les voitures qui n’avaient pas payé le parking (dont la mienne, mais j’ai pu l’arrêter à temps) et avec qui j’ai longuement discuté de la ville et de parking et qui m’a raconté plein de choses très très intéressantes et envoyée dans un très bon restaurant. Je reparlerai de cette discussion bientôt, puisqu’elle venait à point après mes mésaventures de jeudi après-midi… Et en cherchant à me garer, vendredi soir, je me suis soudain retrouvée sur une autoroute… qui allait directement au Québec! Donc j’ai visité le Québec pendant au moins 10 minutes, le temps d’arriver à Gatineau, de faire demi-tour à la première sortie, et de repasser la rivière de Outaouais pour retourner en Ontario! (En fait j’y suis peut-être retourné le lendemain mais je ne suis pas sûre, faudra voir mes photos, parce que je sais que j’ai repassé un pont mais je ne sais pas lequel. J’adore conduire au hasard et me perdre, c’est comme ça qu’on tombe sur les plus belles découvertes).

J’ai dormi dans un adorable Bed & Breakfast, mais je n’ai pas vraiment bien dormi parce qu’il faisait trop chaud dans les chambres et que mes chatounes me manquaient. Par contre, je suis allée dans deux restos sympas et j’ai bien mangé, un peu trop bien, même, peut-être… Le truc le plus rigolo de l’affaire c’est que je suis arrivée au Bed & Breakfast vendredi en milieu d’après-midi et c’est au moment où le type m’a demandé comment je voulais payer pour la chambre que je me suis rendue compte que je n’avais pas UN DOLLARS sur moi ni sur mon compte en banque! Hahaha! Prévoyante la fille!

Voili voilà, un petit compte-rendu de ma fin de semaine. Je me suis bien amusée, j’ai pris plein de photos que je mettrai sur un album très bientôt, et si on m’offrait un job super super bien payé à Ottawa, je le prendrais (mais vraiment super bien payé, pour oublier le froid, hehe)! Même si on ne m’offre pas de job, il faudra que je retourne dans cette ville voir le canal gelé et ses patineurs et le festival des tulipes! A part ça, c’était quand’même un peu oppressant de rentrer à Granbled et de revoir les éternels embouteillages de fous sur l’autoroute à 12 voies, un dimanche à midi…

ottawa2.jpg
Cliquez sur la photo pour la voir en plus grand

Dégénération, par Mes Aïeux

Ton arrière-arrière-grand-père il a défriché la terre
Ton arrière-grand-père il a labouré la terre
Et pis ton grand-père a rentabilisé la terre
Pis ton père il l’a vendue, pour devenir fonctionnaire

Et pis toi mon p’tit gars tu sais pus c’que tu vas faire
Dans ton p’tit trois et d’mie, ben trop cher fret en hiver
Il te vient des envies de dev’nir propriétaire
Et tu rêves la nuit d’avoir ton petit lopin d’terre.

Ton arrière-arrière-grand-mère elle a eu quatorze enfants
Ton arrière-grand-mère en a eu quasiment autant
Et pis ta grand-mère en a eu trois c’tait suffisant
Pis ta mère en voulait pas, toi t’étais un accident

Et puis toi, ma p’tite fille, tu changes de partenaire tout l’temps
Quand tu fais des conn’ries, tu t’en sors en avortant
Mais y a des matins, tu te réveilles en pleurant
Quand tu rêves la nuit, d’une grand’ table entourée d’enfants

Ton arrière-arrière-grand-père a vécu la grosse misère
Ton arrière-grand-père il ramassait les cennes noires
Et pis ton grand-père, miracle, y est devenu millionnaire
Ton père en a hérité il a tout’ mis dans ses REER

Et pis toi p’tite jeunesse tu dois ton cul au ministère
Pas moyen d’avoir un prêt dans une institution bancaire
Pour calmer tes envies de « hold-uper » la caissière
Tu lis des livres qui parlent de simplicité volontaire

Tes arrière-arrière-grands-parents ils savaient comment fêter
Tes arrière-grands-parents ça swinguait fort dans les veillées
Pis tes grands-parents ont connu l’époque yé-yé
Tes parents c’tait les discos c’est là qu’ils se sont rencontrés

Et pis toi mon ami qu’est-ce que tu fais de ta soirée ?
Éteins donc ta TV faut pas rester encabanné
Heureus’ment que dans vie certaines choses refusent de changer
Enfile tes plus beaux habits car nous allons ce soir danser

Quand j’étais gosse (pardon, on ne dit pas gosse en québecois, ça veut dire autre chose :lol: ), donc quand j’étais enfant, en Suisse, on se faisait parfois un « diner suisse » le soir (ce qui est une contradiction gastrolinguistique, puisque si c’était vraiment suisse, ce repas se serait appelé « souper suisse » puisque le diner est à midi et le déjeuner le matin, soyons logiques). Bref, ce repas mal nommé mais délicieux comportait des pommes-de-terre en robe des champs (aussi appelées pommes-de-terre en robe de chambre), plein de fromage, du pain, et du chocolat chaud si on avait été sages. Aaahhh que c’était bon!!!

Ce soir, j’ai donc décidé de me faire un « diner québecois, » (qui est lui aussi une contradiction gastrolinguistique puisque si ça avait vraiment été québecois, ça se serait appelé « souper québecois » (puisque le diner est à midi et le déjeuner le matin, restons logiques), mais on va pas pinailler)! L’idée m’en est venue après avoir vu le post de Nat ce matin. Je me suis dit que zut, j’allais moi aussi m’acheter une « stollen » (gâteau de Noël avec des fruits confits et plein de sucre dessus et qui vaut 250000 calories à la bouché mais dont je me suis empiffrée à chaque Noël de mon enfance suisse et que je n’ai jamais trouvé aux Etats Unis).

stollen de noel

Je suis donc allée à mon Loblows favorit (le supermarché où je fais toujours mes courses) et là, j’ai vu tout un étalage de fromages « québecois »! « Mangeons notre belle province » ou quelque chose comme ça, y’avait marqué partout! La fromageolique que je suis n’a pas pu résister même une seconde (dans mon cerveau, y’a toute une section qui ne se réveille qu’au mot « fromage » et qui, lorqu’elle s’éveille, fait passer le reste du cerveau en mode « off. » Les symptômes en sont bien connus: je deviens gaga, toute folle, impatiente, j’ai les yeux qui s’allument comme des phares à brouillard, et je dépense des fortunes en fromages sans réfléchir… et je n’ai ensuite aucun remors). Bref, j’ai acheté du Grand Délice et de l’Oka, pour mieux connaître le goût de mon nouveau pays, ainsi qu’un peu de bon pain.

soupe de courge

Avec un bol de soupe à la courge faite maison (miam, en hiver c’est ce qu’il y a de meilleur!), j’ai testé les fromages très scientifiquement et précisemment: en les mangeant! Résultats des courses? Le Grand Délice (qui n’est même pas sur la liste des fromages canadiens de Wikipedia!), c’est comme un Roblochon (en plus haut) trop blanc et trop salé. Bof. Et l’Oka, c’est à pâte un peu plus dure que le Grand Délice, un peu comme le Morbier, et très salé aussi, mais c’est pas mal, je pense que j’arriverai à aimer ça au bout de quelques kilos ;)

oka et grand delice

En tous les cas, Sosso et Calinette ont adoré! Et avec une (hum…) petite tranche de stollen pour finir, je dois avouer que moi aussi j’étais assez satisfaite de mon diner québecois!

Un jour, Nat m’a demandé si je voulais aller visiter Niagara-on-the-Lake avec des copains à elle que je connais aussi un peu… et j’ai dit OK, faut oser prendre des risques dans la vie ;)

En fait, je pensais qu’on allait voir les chutes du Niagara, mais pas du tout! J’avais même plutôt l’impression d’être en Californie (sauf qu’il faisait moche), soudain, après avoir longé le lac Ontario sur environ 150 kilomètres (150 kilomètres qui sont, il faut bien l’avouer, très gris, très pollués, très industriels, et très moches!).

Niagara-on-the-Lake, surnomée la ville la plus mignonne de l’Ontario, est une petite ville touristique à une trenteine de kilomètres des chutes et à deux pas, littéralement, de la frontière avec les Etats Unis, très riche, très « chou » (comme on dit en Suisse), très traditionelle, du style Victorien, et… très chère! C’est aussi une ville historique et on peut encore voir le fort et des remparts où se sont battus les Indiens, les Américains, et les Anglais (à mon avis, où que j’aille au Canada, j’entendrai la même histoire…). On s’est un peu baladé dans la ville, on a mangé des délicieuses glaces chez Cows et un déjeuné bon mais sans plus, et on a passé un après-midi très chouette avant de repartir juste au moment des premières gouttes.

Mais ce qui nous a pris le plus de temps, c’était la visite d’en endroit très spécial et qu’on ne s’attendrait pas à trouver si au nord… Mais quand on connaît leur spécialité, on comprend mieux :) Alors… on va visiter ça ensemble? Voici une première photo, essayez de deviner ce que c’est avant de cliquer dessus pour voir le reste de l’album :) Et bonne visite!

Merci à Nat pour une très chouette balade!

cuve.jpg

Vous vous souvenez du film Groundhog Day (un jour sans fin, en français, ou quelque chose comme ça)? Bill Murry doit aller faire un reportage sur la marmotte de Punxsutawney qui doit prédire si l’hiver va bientôt finir ou continuer encore six semaine… J’ai toujours adoré le nom de Punxsutawney, qui est une vraie ville de Pennsylvanie, près de laquelle j’ai failli trouver un boulot!

Alors quand dimanche dernier j’ai décidé d’aller faire un peu de tourisme autour de Granbled pour admirer les couleurs de l’été indien, je n’ai pas hésité longtemps quand j’ai vu sur ma carte le nom de Penetanguishene, petite ville a environ 150 kilomètres de chez moi, au bord de la Georgian Bay du Lac Huron.

Alors j’y suis allée. J’ai conduit pépère pendant environ deux heures en m’arrêtant de temps en temps pour prendre des photos (moches parce qu’il faisait un temps de cochon), et je suis arrivée dans le joli petit village de Penetanguishene (prononcer Pénétangüichéné), perché en haut d’une coline qui descendait doucement vers le petit port. Je n’avais aucune carte ni rien, donc je me suis simplement avancé vers le port pour y prendre quelques photos, quand j’ai soudain vu un petit attroupement de personnes dont on voyait à peine le bout du nez sortir des manteaux d’hiver parquées près d’un bateau. Je me suis dit ah, ça doit être pour un tour en bateau ça, pourquoi ne pas y aller aussi?

Le temps que je me gare et que j’arrive près du bateau en question, les gens avaient disparus dans le bateau… mais finalement, le capitaine, qui vendait les billets, m’a dit qu’ils ne partaient qu’à 1 heure de l’après-midi… et il était exactement 12:57! Il m’a aussi dit que normalement, ils faisaient un tour de quatre heures dans les « 30000 îles » de la baie mais que là, il faisait trop mauvais et que ça serait trop dangereux, donc le tour ne serait que de deux heures. J’ai donc vite pris mon billet et un petit dépliant touristique et j’ai embarqué! Et c’est là que j’ai remarqué que les tours en bateaux (un par jour seulement!) commençaient le 15 avril et finissaient le 15 octobre… et on était exactement le 15 octobre!

Tout ce que je peux dire c’est que je me suis gelée! Les couleurs n’étaient pas extraordinaires parce que c’était déjà la fin de l’été indien (qui paraît-il n’était pas particulièrement génial cette année en plus), mais j’ai quand’même appris qu’il y avaient beaucoup de francophones qui habitaient là, que l’histoire de la Baie Georgienne est remplie de batailles entre les français, les américains, les canadiens et les indiens, qu’une rive est granitique est l’autre pas, que les hivers sont tellement rudes qu’ils faut emballer les bâteaux et même enlever les pontons au bord du lac sinon ils se font détruire par les glaces, que plein de gens très célèbres y ont des « cottages » qui valent des fortunes, et que la seule prison psychiatrique de l’Ontario s’y trouve aussi!

Bref, les photos ne sont pas géniales parce qu’il pleuvait, grêlait, et/ou neigeait la plupart du temps, mais tout ça m’a quand’même donné envie de m’acheter un petit cottage au bord du lac pour y passer l’été tranquille, loin de la ville, dans une nature magnifique et encore très sauvage. Alors attendez quelques années et je vous invite tous à venir faire du kayak à mon cottage de Penetanguishene :)

Ce petit voyage était court mais bref, mais je me suis bien amusée (et le couché de soleil sur Granbled à mon retour était magnifique)! Oh, et la marmotte m’a prédit un long, long, long hiver…

Quand je suis allée au Centre for the Arts de Granbled pour y écouter Sibelius et du Tchopine, j’étais super bien fringuée parce que je me suis dit que y’avait que les riches qui pouvaient se payer ce genre de soirée et que les riches s’habillaient chic. En fin de compte, c’était seulement des semi-riches et des pas-trop riches qui étaient à ce concert et peu de gens s’étaient bien habillés. Donc j’avais l’air d’une poire.

Hier soir, je suis allée à un concert au Roy Thompson Hall, en plein centre ville (superbe salle de concert!), pour y écouter un concert de la 9ème de Beethoven jouée par l’orchestre Symphonique de Granbled que j’attendais avec impatience depuis des semaines. Et je m’étais habillée, heu… pas super chic pour ne pas avoir l’air d’une poire… mais cette fois-ci, les gens étaient en limousines et smokings et robes de soirées et rivières de diamants ultra chics et ultra snobs et… j’avais l’air d’une poire!

D’ailleurs, en regardant l’audience, je me suis rendue compte à quel point c’était un concert « pour les blancs, » ce qui est frappant compte tenu de la diversité de la population de Granbled. Même les chanteurs et les musiciens étaient blancs blancs blancs, à part quelques asiatiques et une soprano noire. La musique classique est-elle réservée aux blancs? Aux riches? Ou c’est la même chose? Est-ce une question de culture (les hindous s’en fichent de Beethoven, par exemple) ou d’argent?

RTH3.jpg

Vous avez remarqué comme on comprend mieux ce que disent les gens si on peut voir leur visage quand ils nous parlent? C’est pareil avec la musique. J’adore les concerts « live » parce que ça permet d’entendre des trucs qu’on n’entendrait jamais sur un CD parce que là, on peut regarder la taille des trompettes, le mouvement des archets des violons, le nombre de violoncelles, les bras du conducteur, la largeur des tambours… Et soudain, on se rend compte que les trombones ne jouent que tout à la fin de la 9ème symphonie mais que par contre, il y a des tas de contrebasses et que ça pédale ça pédale ça pédale pendant tout le concert. Et puis qu’il y a de jolis solos de haubois, qu’il y a des espèces de barrières transparantes (anti-bruit?) entre les vents et les tambours, et que le troisième mouvement est en fait assez nul.

RTH2.jpg

Bref, tout mon argent va y passer. La musique, y’a que ça de vrai. C’est ma drogue, mon air frais, ma raison, mon équilibre, mon océan, le sang qui coule dans mes veines. Hier soir encore j’ai acheté deux nouveaux billets pour des concerts (concerto numéro 3 pour piano de Rachmaninov et London Philharmonic Orchestra avec Kurt Masur et Sarah Chang) et j’aurais été prête à aller faire la manche dans la rue, à ne pas manger pendant trois jours, ou à laver la vaiselle dans un restau glauque tout un mois s’il avait fallu, pour pouvoir m’acheter ces billets.

RTH.jpg

Dans le metro qui me reconduisait à la maison, je me suis presqu’endormie. Mais pas vraiment, parce que j’étais déjà trop excitée par le prochain concert!

Il paraît que le basketball est une invention canadienne, ça doit expliquer pourquoi j’ai toujours aimé regarder les matches de basketball! J’en ai vu un en vrai, une fois, parce qu’un de mes élèves faisait partie de l’équipe de basket de Purdue et m’avait filé un super billet. J’ai aussi vu un petit match de cricket (pas un vrai, ils peuvent durer plus de 12 heures!), et 30 minutes d’un match de football américain. Et je rêve de voir un match de tennis mais je crois pas que ça soit la spécialité d’ici. Par contre, hier soir, je suis allée pour la première fois dans le Rogers CentRE (je fais des progrès) et pour la première fois voir un match de… de… de… et oui, c’est pas facile à avouer mais je suis allée voir un match de baseball. Ce qui, paraît-il, et aussi excitant qu’un jeu de golf quand on le regarde à la télé, mais je ne peux pas confirmer parce que je n’ai pas la télé et que même si je l’avais je ne regarderais jamais les chaînes de sport et encore moins le golf ou le baseball! Parce que c’est trop chiant! CQFD.

rogers5.jpg

C’était un jeu, donc, des Yankees de New York contre les Blue Jays de Granbled.

rogers10.jpg

Grace à ça, j’ai eu la grande joie d’entendre l’hymne national américain avant le canadien… Ironique, n’est-ce pas, que le premier hymne que j’entende au Canada soit l’hymne national américain!

rogers8.jpg

Y’avait même plein de publicité partout, même sur le gazon…

rogers13.jpg

Et ailleurs…

rogers12.jpg

Y’avait des joueurs très jeunes et des joueurs très vieux. Et les vrais fans qui prennaient des notes très compliquées à propos de chaque envois de balle…

rogers11.jpg

Et plein de bruit et de musique et des gens qui hurlaient et de machins bidules dans tous les sens, et trente mille personnes…

rogers9.jpg

Pis une fille qui connaissait tout, l’autre qui connaissait rien à rien (moi), et la troisième qui avait mal au bide et qui avait pas assez de place pour ses jambes.

rogers7.jpg

Y’avait aussi des joueurs qui s’étaient habillé dans le style classique (avec les chaussettes par-dessus les pantalons) et d’autres plus modernes (moches, quoi).

rogers6.jpg

Les frites étaient pas mauvaises mais hors de prix, et le hotdog était très mauvais et hors de prix. Mais fallait bien « jouer le jeu. » Ah, le toit du Rogers machin était fermé parce que l’hiver est arrivé et on se serait gelé les fesses s’il avait été ouvert! Dommage!

rogers4.jpg

Bref, c’était sympa, long (3 heures!), et le jeu n’était pas génial en soi, surtout quand on ne comprend pas grand’chose, et j’ai bien hurlé et crié même quand je ne savais pas pourquoi. Mais je pense franchement que la balle est trop petite pour un si grand stade. A mon avis, le jeu serait vachement plus intéressant si la balle était plus grosse, le terrain plus petit, le jeu plus rapide, les joueurs plus souvent en train de se courir après ou de s’entasser les uns sur les autres… et en plus, je n’ai jamais réussi à voir le panier, c’est dingue, non? Ah y’a pas de panier en baseball? Ptain, j’ai vraiment rien compris moi! P’tête que je devrais me mettre au golf…

rogers2.jpg
Cliquez sur la dernière photo!

J’écoute parfois une station de radio qui est vraiment pénible parce qu’il y a de la musique magnifique la moitié du temps, et de la musique absolument attroce l’autre moitié du temps. Mais il y a aussi des annonces culturelles. L’autre jour, j’ai entendu une annonce pour un concert du concerto pour violon de Sibelius et du deuxième concerto pour piano de Chopin, un de mes morceaux préférés au monde, alors j’ai pris mon courage à deux main et j’ai téléphoné pour prendre des billets. C’était la première fois que je faisais ça… j’étais un peu nerveuse… et j’ai dit à la madame « je voudrais un billet pour le concert de Tchopine » comme une complète illettrée d’Indiana, au lieu de dire « Chowpin » comme Chopin se dit en anglais. Haha. Haha.

philharmonique1.jpg

Bref, malgré une panne de métro et une foule si compacte que la moitié des gens qui attendaient le métro devait attendre la rame suivante (un jeudi soir à 7 heures!), je suis arrivée à North York, une banlieue au nord de Granbled (avant, Granbled s’appelait York), et j’ai facilement trouvé le Center (pardon, Centre) for the Arts où avaient lieu une pièce de théâtre chinoise et mon concert, joué par l’orchestre Philhamonique de Granbled (c’est quoi la différence entre un orchestre philharmonique et un orchestre symphonique?).

philharmonique3.jpg

J’avais imprimé mon billet depuis internet (c’est pratique la technologie parfois!) et malgré la meute de vieilles madames en robes de soirée accrochées aux bras de vieux monsieurs aux cheveux blancs, j’ai vite trouvé ma place au deuxième rang du balcon.

Après quelques discours d’autres vieux monsieurs aux cheveux blancs (en fait pas tous, il y avait aussi un chinois aux cheveux noirs qui parlait en chinois!), les musiciens sont arrivés (les femmes avec leur sac à main qu’elles mettaient sous leur chaise!). Le premier violon ressemblait à Dany deVito, et il y avait aussi un arraignée musicophile qui tissait sa toile au plafond, c’était très rigolo!

philharmonique4.jpg

D’abord, on a eu droit à la Suite Picasso, d’Henry Somers, un compositeur canadien moderne (pas mal, pas mal). Ensuite, un jeune violoniste canadien lui aussi est venu nous jouer le concerto (op. 47) de Sibelius. Je dois avouer que je ne suis pas fan de ce concerto que je trouve décousu, mais j’adore absolument les « sons » de Sibelius. Il a le grand talent d’arriver à me transporter magiquement dans les forêts infinies de Finlande où se cachent les trolls, les fées, les sorcières, et les dieux du Kalevala.

Ensuite (et comme mes voisins allemands étaient partis, j’ai peu avoir une place un peu meilleure), une jeune (14 ans!) pianiste canadienne nous a joué le concerto pour piano de Chopin. Ce concerto est un joyau de délicatesse et de virtuosité! Par contre, j’ai toujours trouvé que l’orchestre derrière dérange presque tellement c’est un « accompagnement » sans intérêt. Je ne sais pas bien comment expliquer ça, mais avec Sibelius, l’orchestre a aussi une voix, c’est un équilibre entre le violon qui chante et l’orchestre qui lui répond. Avec Chopin, seul le piano a une voix, c’est le seul instrument qui ait vraiment de l’importance dans ce concerto, et l’orchestre est perdu, fondu, derrière le piano. C’était quand’même magnifique! Il n’y a rien de tel qu’un concert « live » pour me redonner le goût à la vie, me remplir d’énergie, m’inspirer, et me faire rêver. C’est magique de pouvoir non seulement entendre cette musique que j’adore mais aussi de pouvoir voir se construire les notes sous les doigts agiles des musiciens!

philharmonique5.jpg

Dans le métro qui me reconduisait à la maison, il y avait une vieille chinoise en face de moi qui s’était teint les cheveux en blond et qui équeutait un sac de haricots verts.

Il est incontredisable que ma bonne humeur passe par mon estomac! En cas de vague à l’âme, un bon repas japonais ou indien ou… français… ne pourra que me remettre les yeux en face des trous pour revoir le monde sous un meilleur angle. Ce n’est pas que la bouffe elle-même qui me fait cet effet mais aussi la présentation des plats, les couleurs, les odeurs, les formes, les goûts subtiles, et le décors, bien sûr. Pas besoin que ça soit « fancy » (chic), mais il faut que le tout soit agréable aux yeux comme aux oreilles comme au nez comme à la bouche! Et puis il faut que ça soit un truc confortable, pas super prétentieux, parce que là, j’ai tellement la trouille de faire une gaffe (manger ma salade avec la fausse fourchette, mon Dieu, quel crime!) que je ne profite plus de rien.

Je pense que c’est un truc qui me déprimait le plus dans les restaurants aux Etats Unis. La présentation des plats et la tenue à table (si on sait même ce que ça veut dire de manger à table) sont souvent le dernier des soucis des Américains. Et les buffets (où on se sert de ce qu’on veut, quand on veut, et autant qu’on veut) sont une invention géniale, mais j’étais souvent un peu dégoûtée de voir la mégatonne de bouffe empilée sur les assiettes et gobée d’un seul coup.

Bref, comme les Canadiens deviennent un peu trop les copains des Américains à mon goût, ces temps-ci, il fallait que je trouve de nouvelles raisons d’aimer mon nouveau pays d’adoption, et après la sympatique expérience du Clafouti la semaine dernière, je me suis dit que les Granbledois savaient peut-être ce que c’était que de la bonne bouffe française, et je suis allée essayer Le Saint Tropez, un petit « bistrot » qui se veut « aux accents du Sud de la France, » sur King Street, pas loin de chez moi.

sttropez1.jpg

J’y suis donc allée vers midi, en ce lundi de Labor Day (pardon, Labour Day), jour de la fête du travail aux Etats Unis et au Canada et voilà ce que j’ai découvert: une grande salle assez sympatique, pas trop chic mais un peu exagéremment « française, » avec une petite terrasse sur le trottoir (mais il faisait trop frisquet pour y manger), de la musique un peu forte dans la grande salle, et une autre terrasse derrière mais que je n’ai pas vue.

sttropez2.jpg

Ce qui était marrant et sympa, c’était les grandes fenêtres qui donnaient sur la rue et qui pouvaient se « remonter » grâce à un système de rails au plafond, ce qui faisait que par beau temps, ils peuvent entièrement ouvrir leur restaurant sur la rue. Là, un des pans était ouvert quand je suis arrivée, mais ils l’ont refermé parce qu’il faisait assez frisquet ce jour-là.

sttropez6.jpg

En entrée, j’ai pris une soupe de poisson (moules et poisson blanc, carottes, tomates, oignons, et bouillon) qui était terriblement brûlante mais pas mauvaise mais pas transcendante. C’était visiblement fait maison mais ça n’avait pas beaucoup de goût. La baguette, par contre, était délicieuse.

sttropez3.jpg

Ensuite, j’ai pris les saucisses de Toulouse (il y a quoi dedans?) avec de la sauce à la moutarde, qui sont visiblement une de leurs spécialités, et un petit Merlot pas mauvais mais comme je ne bois jamais de vin, c’était difficile de savoir si c’était du bon. Les frites étaient parfaites et délicieuses, ça c’était cool, et les saucisses assez bonnes, malgré la sauce qui n’avait aucun goût de moutarde. Les quantités étaient parfaites (bon, j’aurais pû manger plus de frites mais je peux toujours manger plus de frites, quelle que soit la quantié ;) ). Ca manquait de salade (j’aurais pu en prendre au lieu de la soupe mais j’avais envie d’une petite soupe…).

sttropez4.jpg

Hélas, le dessert m’a beaucoup déçu! J’ai commendé des profiteroles mais je n’avais pas vu que c’était marqué PROFITEROLE sans S sur le menu… et c’était un gros choux rempli d’une glace à la vanille quelconque et dégoulinant de sauce au chocolat, tellement que ç’en était écoeurant. Le chou était tout molasson tellement il était imbibé de chocolat, et tout n’avait que le goût de chocolat, trop de chocolat. Bouh!

sttropez5.jpg

Voili voilà. A part ça, le service était très très très lent, ce qui est certainement un plus par rapport aux restaurants Américains qui vous retirent les assiettes alors que vous ne les avez même pas encore finies, mais là c’était quand’même presque trop lent. Heureusement que j’avais apporté un bouquin avec moi pour préparer mes cours, donc je ne me suis pas ennuyée. Les prix? Très honnêtes pour un « bistrot » français au Canada. Pas donné mais honnête. Je dirais que c’était les mêmes prix que dans les autres restaurants du même style mais pas français à Grambled, ce qui est plutôt sympa je trouve.

Les serveurs étaient sympas et parlaient visiblement tous bien français. La « hostess » à l’entrée était même française, et c’est là que j’ai remarqué que je n’avais plus envie de dire que je parle français parce que 1) je n’ai pas envie d’essayer d’expliquer d’où je viens et tout le tralala, 2) je n’ai plus envie de me faire de nouveaux ami(e)s qui vont repartir bientôt (il y a beaucoup de française(s) qui sont ici pour un an seulement, avec un permis de travail spécial (PVT)), et 3) je suis une snob et je n’ai pas envie de passer pour une petite française qui est là pour un an et qui prendra le premier petit job qu’elle trouvera (pardon Estelle et Delphine ;) ). Alors je me cache sous mon anglais et personne ne remarque rien et tout le monde me fiche la paix.

Bref, en rentrant, j’ai été prise dans des embouteillages terribles, ce qui m’a permis de prendre cette photo de marmots devant leurs écrans télé dans leur voiture… Et la raison de ces embouteillages? Je vous la raconterai bientôt, mais sachez qu’une visite sur mon toit s’est imposée, et des boules quies aussi!

sttropez7.jpg

Allez, je lui décerne un 15/20 au St Tropez, parce que j’ai quand même envie d’y retourner un jour voir s’il y a mieux que cette gigantesque profiterole!

Il y a des jours où je m’en veux à mort d’avoir quitté la vie facile des Etats Unis, et puis il y a des jours où je m’en veux un peu moins… Et si je cherche bien, il y a même, oh miracle, des jours où je suis bien contente de vivre à Granbled!

Lundi dernier, par exemple, j’eu la joie d’avoir à dîner chez moi trois charmantes françaises fort sympatiques, un peu fofolles sur les bords, c’est vrai, et qui ne chantent pas toujours juste, mais qui dansent par contre très bien (sauf en cas d’orteils démolis).

visit1.jpg

Ensemble et dans la bonne humeur, nous nous régalâmes d’un repas étrange composé de poulet rôti, de chips, de salade de riz, de salade grècque, de glace au caramel, de compote de pêches, et de vers gommeux qui ne sentaient pas la rose.

visit2.jpg

Comme quoi, il y a certaines choses dans la vie qu’on aurait préféré ne jamais connaître…

Après ce surprenant festin, nous decidâmes d’aller rendre visite à mon toit, ce dernier se situant au 22ème étage et proposant, d’après la rumeur, de larges BBQ, des tables de pic-nic, et une vue transcendante sur la ville. Effectivement, nous ne pûmes qu’être déçues en bien par cet immense toit d’où nous admirâmes l’autoroute, la CN tower, les BBQ, le lac, les îles, un petit port, le fameux Rogers Center (pardon, Centre), et Granbled dans toute sa splendeur!

toit1.jpg

toit2.jpg

toit3.jpg

toit4.jpg

toit5.jpg

toit6.jpg

toit7.jpg

Comme quoi, il est parfois bon de savoir ce qui nous traîne par-dessus la tête et pas seulement dans la tête! (Et je me demande si je ne vais pas aller planter ma tente sur mon toit pour le restant de l’été, moi, tiens…).

Et comme les bonnes surprises arrivent rarement seules (comme les mauvaises, d’ailleurs), j’invitai à déjeuner chez moi ce midi-même un charmant couple mi-française mi-canadien tout frais débarqué de leur Georgie profonde (Atlanta, pas Tbilisi) et tout aussi déboussolé que moi par un choc culturel impitoyable et passionné. Pour nous remettre un peu de nos émotions et contempler la vie sous de meilleurs auspices, je décidai de nous offrir un de ces petits desserts alléchants dont me rabattait les oreilles le guide des restaurants, boulangeries, et magasins français à Granbled offert par mon frangin sans pitié. Je fis donc la connaissance de Clafouti, une accueillante pâtisserie française se trouvant sur Queen Street (mais heureusement pas trop près de chez moi) et dont les petites tartes aux fruits aussi divers que biscornus (lychees, vous avez dit lychees?) firent la joie de nos pupilles et nos papilles (sans compter le divin pain aux raisins que je m’offris au passage parce que je le vaux bien (et le pain au chocolat que je me garde pour demain matin mais que je ne sais pas si j’aurai la patience d’attendre jusque là)).

clafouti.jpg

Comme quoi, il est parfois difficile d’abandonner un champ de maïs mais le clafouti en vaut irrévocablement la chandelle!

Il faut que je fasse une petit pause dans ma pause bloggistique (merci à tous ceux qui postent ici et à tous vos commentaires!) pour vous raconter la découverte de la semaine et ma fin de semaine épique.

Ca faisait quelques semaines que je me disais qu’il faudrait que je trouve l’adresse d’un vétérinaire sympa avant que quelque chose arrive à mes chatounes… mais bien sûr je n’ai rien cherché du tout et pendant la nuit de jeudi à vendredi, j’ai bien regretté ma paresse car dans la nuit de jeudi à vendredi, je me suis réveillée en sursaut à trois heures du matin parce qu’un Sosso venait de vomir dans le couloir. Les mêmes bruits me réveilleront toujours malgré l’autoroute, l’air conditionné, les voisins, les sirènes de police…

Elle a vomi une fois… et puis une deuxième fois vers cinq heures… et encore une fois vers 8 heures du matin. Là, j’ai pris les quatre tones de pages jaunes de Granbled et j’ai cherché un véto pas trop loin de chez nous, et j’ai finalement téléphoné à l’Annex Animal Hospital. La réceptioniste était sympa et m’a donné un rendez-vous à 2 heures.

A Lafayette, j’allais voir le meilleur vétérinaire de la ville, et bien sûr ce n’était pas donné mais les gens étaient sympas, ils avaient le temps d’aider et d’écouter et de prendre soin de mes chatounes, c’était confortable, et Sosso, Calinette, et moi, on aimait beaucoup Stéphanie, notre gentille docteure. J’avais entendu le pire sur l’état des hôpitaux canadiens (surchargés, sans argent, etc.) mais je ne connaissais rien sur la situation des vétérinaires canadiens… Ben ça n’a pas l’air d’être la joie non plus!

Déjà, la foule était compacte. Et puis c’est tout juste s’il y a des chaises dans la salle d’attente, et dans les « exam rooms » il n’y a rien du tout pour s’asseoir. Le véto est tout seul et n’a aucun(e) assistant(e) pour l’aider à tenir la Sosso si nécessaire, donc c’est moi qui devait la porter, la tenir, la garder tranquille. Ensuite, le véto m’a dit « il faut lui faire une radio, on pourra peut-être faire ça dans deux ou trois heures, revenez plus tard! » J’ai dit « quoi?? J’attends ici, et j’espère que vous pourrez me faire cette radio rapidement! » Et après les radios, 20 minutes plus tard, le véto ne m’a pas écouté une minute. Sosso bouffe tout le temps n’importe quoi et Stéphanie lui filait toujours un « barium meal » (pâte blanche épaisse) qui permettait de voir son estomac et intestins aux radios et qui poussait le truc coincé et basta, c’était fini en 48 heures. J’ai bien essayé de dire ça au véto canadien mais il m’a répondu « le barium, c’est pour les diagnostiques, c’est tout. C’est comme si vous me disiez que de faire des radios de son estomac ça va pousser le truc coincé, c’est ridicule! » Bon.

Ensuite il m’a dit « il faut opérer » et là j’ai dit « oh, eh, ça va pas non?! » Alors il m’a dit « on vous garde Sosso en observation toute la nuit et on opère demain si ça ne va pas mieux. Oh, il faut que je vous dise qu’il n’y a personne ici pendant la nuit. » Ben si y’a personne pour l’observer, la Sosso, autant qu’elle soit à la maison avec moi qui pourrai l’observer et tout nettoyer si elle vomit pendant la nuit et la conduire aux urgences si ça va soudain pas bien du tout, et en plus ça me coûtera moins cher, non? « Ben ça ne fait pas de différence, » m’a répondu le véto, « seulement $50 de différence et vous devrez la rapporter ici demain matin! » Pfff… il comprend pas qu’on puisse aimer une Sosso, lui, ni que $50 c’est pas rien! Le véto a donc donné un peu de liquide en subcutanné à Sosso, pour pas qu’elle se déshydrate, et on est parties (et en fait, il avait fichu le liquide dans les muscles de la pauvre Sosso qui a souffert de la patte (en plus!) pendant plus de 24 heures).

J’ai donc pris Sosso avec moi à la maison et nous nous sommes enfermées toutes les deux dans le bureau/catroom avec une litière (parce que Calinette était bien sûr pas trop contente de nous revoir) avec un bon bouquin et le fauteuil Ikea, et on a passé la moitié de la nuit ensemble, la Sosso dans mes bras toute tranquille et moi un peu naze mais heureuse de pouvoir garder un oeil sur elle. Finalement, vers une heure du matin, je suis allée me coucher… mais j’ai été réveillée à 5 heures du matin par de nouveaux vomissements.

A 8 heures, on était de nouveau chez le véto. Un samedi matin, à l’heure d’ouverture, il y avait déjà un grand nombre de clients dans tous les sens dans la toute petite salle d’attente, avec les chiens qui essayaient de se battre les uns avec les autres et les chats terrorisés par les chiens. Pendant que j’attendais (pratiquement une heure, alors que j’avais un rendez-vous) qu’on fasse une nouvelle radio à la Sosso pour voir si le bidule coincé avait bougé, j’ai eu la grande joie d’entendre la réceptioniste parler à une certaine Madame Johnson à propos de l’euthanasie de son chat. Le chat en question était visiblement en trop mauvais état pour qu’on le pique et il fallait donc le gaser, et Madame Johnson je comprenait pas qu’on ne pouvait pas le piquer, et elle demandait combien ça coûterait de le piquer au lieu de le gaser, et la réceptioniste lui expliquait que ce n’était pas une question d’argent et que non, elle ne pouvait pas être là pendant qu’on gasait son chat mais que ça ne prenait que deux minutes et ensuite elle pouvait être avec lui et que non, il n’y avait pas de convulsion comme dans les camps nazis (!) et que non, c’était impossible de le piquer parce qu’il se débattait trop et ses veines étaient en trop mauvais état et que non, ce n’était pas une question d’argent et que non, on ne permettait pas aux clients d’assister à ce genre d’opération… tout ça en mettant Madame Johnson « on hold » toutes les deux minutes pour recevoir de nouveaux clients et faire payer les clients sortants et répondre aux autres coups de téléphone… La conversation (qui tournait et tournait en rond) a bien dûré une heure, peut-être plus mais ensuite je suis partie. C’était probablement une des heures les plus déprimantes de ma vie!

Le discours du véto était exactement le même samedi que vendredi: il faut opérer, non, pas de barium, le truc ne bouge pas (alors que bon, je suis pas experte mais j’ai vu les intestins de Sosso un certain nombre de fois et le truc avait visiblement bien bougé (dans quelle direction, là c’est plus difficile à dire, c’est vrai)), et qu’une opération allait me coûter $2,000. Gloups. Et en plus, comme c’était samedi, ils ne pouvaient pas faire l’opération eux-mêmes et il fallait que j’aille aux urgences. Là j’ai dit « bon, je rembarque le chat et je l’observe tout le weekend et si elle ne va pas mieux lundi, je vous la rapporte! » Il n’était pas content, le véto, d’autant plus que je lui ai demandé de me filer les radios de la Sosso pour les emporter avec moi aux urgences si nécessaire et ça ne se fait pas de filer les radios aux clientes (surtout celles qui visiblement n’y connaissent rien à rien).

Sosso et moi, on s’est renfermées dans le bureau/catroom avec un nouveau bouquin (c’est bien, j’ai jamais le temps de lire, et là j’ai pu lire deux bouquins entiers en deux jours!) et on est restées tranquillement ensemble toute la journée et pendant la moitié de la nuit. De temps en temps, j’allais jouer un peu avec Calinette qui m’attendait bien tristement dans le salon. Sosso n’a pas vomi cette nuit, et je lui ai donné un tout petit peu à manger ce matin… on verra ce que ça donnera!

Pour les prix, voilà la comparaison avec les prix de mon champ de maïs:

- rendez-vous et examination: US$35 (US$75 aux urgences) à Lafayette, CA$56 à Granbled
- 2 radios: US$56 à Lafayette (US$80 aux urgences), CA$122 à Granbled
- réhydratation: US$10 à Lafayette, CA$32.

Total avec les taxes canadiennes (pas de taxes aux US): US$101 (CA$112.08 avec le change d’aujourd’hui) pour le meilleur cabinet vétérinaire à Lafayette (US$165 (CA$183.11 avec le change) aux urgences), CA$223.13 avec un rendez-vous à Granbled. En gros, CA$100 de plus à Granbled pour la même chose, alors que ce n’était sûrement pas le cabinet vétérinaire le plus sympa ni le plus cher de la ville!

Aujourd’hui? Je retourne à ma pause bloggesque et je vais faire la sieste :)

Je boude parce personne n’a trouvé la réponse à ma charade d’hier. Pis je suis crevée. Pis j’en ai marre. Pis j’ai rien fait aujourd’hui à part à manger une salade de pommes-de-terre crues. Pis je comprends pas comment il peut n’y avoir des embouteillages que dans un sens sur mon autoroute, c’est trop bizarre, matin, soir, le weekend, en semaine, les embouteillages sont toujours dans le même sens: celui pour sortir de la ville. Ca doit vouloir dire quelque chose, tous ces gens qui veulent à tout prix sortir de cette maudite ville à toute heure du jour et de la nuit!

music1.jpg

Ah, la découverte de la semaine: les concerts gratuits dans le joli petit « music garden » à deux pas de chez moi (200 mètres à tout casser). Je n’ai pas visité le jardin, mais j’essayerai de le faire cette semaine, parce qu’il paraît que c’est génial (et créé entre autre par Yo Yo Ma). Tous les jeudis et les dimanches, il y a des concerts gratuits là-bas, de juin à septembre.

music2.jpg

Nat m’a invitée à écouter « Heartbeat of Japan » par le Kiyoshi Nagata Ensemble, jeudi dernier, et c’était vraiment super sympa. Les gens sont assis sur des gradins d’herbe et des bancs au début, mais au fil du concert, il y a de plus en plus de monde qui s’agglutine autour des musiciens et un peu partout (les photos sont de plus en plus sombres parce que la nuit tombait et je ne voulais pas utiliser mon flash).

music41.jpg

J’étais assez découragée ce soir-là, sans raison, et j’avais passé ma journée à me battre contre des banques halucinantes de conneries, donc je n’étais pas en très bon état, mais je me suis forcée à sortir…. Et de passer une heure en charmante compagnie à écouter de la musique énergisante en regardant les fleurs du jardin et les bateaux passer sur le lac, ça m’a fait beaucoup de bien.

music3.jpg

Faudra que j’y retrourne!

Question à cent balles cinquante: comment ça se passe quand on va chez le dentiste au Canada?!

Question à deux millions septente-trois balles: qu’est-ce qui se passe quand on reçoit son salaire au Canada?!?!

Qu’est-ce que ça fait quand on reçoit son salaire au Canada? Ca fait OUILLE!!! OUCH! OH LA VACHE! PTAINDBORDELDEMERDE!!!! Pourquoi tant de violence, me demanderez-vous? Ben parce qu’un GROS tiers du salaire qu’on attendait est partit en fumée impôts, comme ça, pouf, a pu, byebye, l’est plus là le gros salaire, bonjour le salaire tout riquiqui! UN TIERS! Genre vous attendez impatiemment votre sympatique salaire qui devrait être $3000* d’après vos savants calculs et votre contrat qui ne saurait mentir, surtout que le loyer de votre appartement avec moquette et une superbe vue sur la CN tower est de $1000 par mois alors $2000 c’est pas de trop pour survivre pendant un mois dans la plus grande ville du Canada (en comptant le téléphone, internet, l’essence, l’assurance de la voiture, le passe de métro, la bouffe, le vétérinaire, l’électricité, les fringues pour le boulot, les remboursements urgent de cartes de crédit à 25% d’intérêts, et j’en passe)…

Hélas, trois fois hélas, vous recevez enfin votre feuille de paye chérie et tant attendue (à grand renfort de cartes de crédits) et là, mamamia, enfer et putréfaction, c’est l’hécatombe, le carnage, la boucherie chevaline, le massacre à la tronçonneuse, l’extermination des espèces en voie de disparition (vous): votre feuille de salaire vous explique, à coups de massue acronyms plus longs et incompréhensibles les uns que les autres que non, finalement, comme l’administration doit se mettre du pognon dans les poches il faut bien payer pour tous ces services publiques, on ne vous donne que $2000 au lieu des $3000 attendus! Gloups! Donc après payement du loyer pour un appartement qui est hors de prix pour cette vue vraiment moche et la moquette dégueue et que vous auriez mieux fait d’aller vivre dans un sous-sol glauque dans une vague banlieue à Trifouillilézoua où y’a même pas de métro qui passe paskeu là vous allez bientôt finir sous les ponts vu qu’il ne vous reste plus que $1000 pour vivre pendant le mois (avec le téléphone, internet, l’essence, l’assurance de la voiture, le passe de métro, la bouffe, le vétérinaire, l’électricité, les fringues pour le boulot, les remboursements urgents de cartes de crédit à 25% d’intérêts, et j’en passe) et qu’est-ce qui vous a prit de venir vous installer dans ce pays d’arnaqueurs! Viva Canada!

Les mains dans les poches (vides) et l’âme en peine, vous allez ensuite à votre rendez-vous chez le dentiste (celui choisi parce qu’il se trouve dans la station de metro donc c’est pratique même si c’est pas le meilleur parce que là vous en avez raz-les-basquettes de marcher des kilomètres rien que pour aller au boulot (celui qui vous paye des cacahuettes (et encore, des cacahuettes transgéniques, c’est sûr))) sûre que le coup des services publiques c’est de la rigolade et que de toutes les manières, vous vous faites toujours avoir! La receptioniste avec son sourire mieleux vous asseoit donc dans un fauteuil intergalactique et AVEC TELEVISION intégrée (et réglée sur CNN, ce qui, vous en conviendrez, n’est pas du meilleur goût, y’a déjà assez de tragédies dans les cabinets de dentistes pour qu’on vous montre en plus celles du monde en même temps) dans lequel vous allez vous faire malmener, triturer, tourmenter, et tout ça la gueule grande ouverte mais pour une fois vous auriez mieux fait de la fermer, ça aurait fait moins mal, par un charmant dentiste qui a l’air tellement jeune qu’il pourrait être votre petit-fils et qui vous raconte tout plein de choses qui ont l’air importantes mais vous ne comprenez rien parce qu’il est indien et que vous n’avez pas encore appris à comprendre les indiens qui parlent canadien tout en vous tripotant les dents et en regardant la télévision en même temps!

Bref, vous avez souffert mais vous vous attendez à pire à la sortie du cabinet où la charmante réceptioniste vous attend avec son sourire mieleux et là vous devez vous asseoir pour mieux accuser le choc de la facture qu’on va vous tendre et vous essayez déjà de vous rappeler quelle carte de crédit a encore quelques dollars dessus malgré ses 25% d’intérêts et que maintenant c’est les pâtes à l’huile pour le reste du mois et les dettes jusqu’à la retraite quand la gentille réceptioniste s’approche de vous sournoisement et vous tend une facture longue comme un jour sans cartes de crédit… au bout de laquelle il est écrit « Total: $287.65. Amount due: $0.00. » ZERO. Zirwo, comme disent les américains. Zérwo, comme disent ces braves canadiens qui ont inventé le plus chouette pays du monde et qu’est-ce que vous avez foutu pendant 10 ans aux Etats Unis dans ce pays de malheur qui n’avait même pas d’assurance maladie pour couvrir vos petits bobos et une politique sociale de merde et que ohhhh, que c’est bien de vivre dans un pays civilisé! Viva Canada!

*Ceci est un exemple fictif, hein, mon salaire est quand-même un tout petit plus élevé que ça, pas la peine d’appeler la SPA!

J’ai décidé (mais je change d’avis comme de chemise donc faut pas rêver non plus) de « découvrir » au moins une chose intéressante, belle, moche, ou surprenante dans Granbled au moins une fois par semaine. Au début je crois que ça sera facile, parce que je découvre où sont les boîtes aux lettres un jour et où sortir les poubelles le lendemain, mais j’essayerai de prendre des jolies photos (pas des poubelles, quoi que…) et de découvrir des choses dignes d’être découvertes pour vous donner envie de venir me rendre visite ;)

Ma découverte précédente on dira que c’était la voiture « verte » et le ROM, le Royal Ontario Museum d’accord? Et ma découverte de cette semaine, oh la la, c’est le plus grand mall de l’univers d’Amérique du Nord du Canada? En tous les cas le plus grand mall de Granbled et de mon champ de maïs, et l’attraction numéro UNE de Granbled! Pour vous donner une idée de grandeur, dans mon champ de maïs y’avait un « grand » mall mais qui ne faisait qu’un étage. Là, je dirais que le Eaton Center (pardon, Centre, j’arriverai jamais à m’habituer à l’ortographe canadienne) est de la même longueur que celui de mon champ de maïs mais sur au moins 4 ou 5 étages (j’ai d’ailleurs pas trop compris comment ça marche, y’a des demi-étages de temps en temps et Sears est sur au moins 4 étages qui ne sont pas montrés sur la carte…). En tous les cas, il y a plus de 250 magasins différents là-dedans, de quoi combler toutes vos envies de folies!

eaton1.jpg

Bref, pour vous donner une (autre) idée de grandeur, je suis entrée à un bout (Dundas St.) et resortie à l’autre bout (Queen St.) trois heures après SANS AVOIR FAIT d’allés-retours sur différents étages! J’étais entre deux étages, en gros. Tout en bas, il y a entre autres les « food courts » (tous les petits magasins de bouffe rapide du monde entier, macdo inclu) et j’ai découvert Richtree, un magasin de bouffe fraiche de qualité un peu comme Manora (pour ceux qui connaissent la place St. François à Lausanne), et recommendé par mes parents, mais c’était trop tard pour y trouver du pain ou des croissants, tout était partit!

J’étais aussi à l’étage d’au-dessus pour essayer d’y trouver quelques jolies chemises « sérieuses » pour le boulot dans des magasins genre Esprit (recommendé par mes parents, merci, vous n’avez par regardé les prix avant de me dire d’y aller) et Banana Republic (pas exactement le moins cher non plus, mais c’est tout ce que j’ai trouvé). Si je me rappelle bien, le Banana Republic pour femmes était au troisième étage donc j’ai rapidement visité le troisième étage aussi, mais c’est tout ce que j’en ai vu. J’ai vu qu’en face il y avait un Indigo, genre de Borders ou Barnes and Noble ou FNAC, mais mes pieds ont refusé d’y aller! Donc en gros, je n’ai vraiment pas vu grand’chose de ce mall, mais à la fin, j’étais en morceaux et mes pieds en compote, surtout que c’était un vendredi soir et qu’il y avait les soldes et que c’était difficiles d’avancer parfois tellement il y avait de monde! Faut vraiment pas être clostrophobe à Granbled!

eaton2.jpg

De ce que j’ai vu, il y avait donc beaucoup de magasins de bouffe et aussi de fringues, mais surtout des fringues de jeunes, genre jeans déchirés et t-shirts au-dessus du nombril: plus trop mon genre (je suis plutôt du genre classic et snob, maintenant). Il y avait aussi un truc étonnant: plein de magasins de chaussures mais pratiquement tous les mêmes, Aldo je crois. Bizarre, non? Donc je voulais des chaussures, aussi, mais je n’ai rien trouvé, et en plus c’est encore la mode été donc il faudra que j’y retourne dans quelques semaines, zut de zut! Par contre, j’ai trouvé trois jolis pulls pour la mi-saison, un bleu clair, un brun (manches mi-longues), et un blanc très chic (très simple, quoi), et deux chemises à manches courtes pour la fin de l’été, une verte (couleur pas géniale mais faut prendre des risques) et une rose (ultra classique). Tout ça « for a shitload of money » comme on dit dans mon champ de maïs et sûrement par ici aussi!

Pour les « disabled people » (ceux qui ont du mal à marcher) il y avait seulement des chaises roulantes PAS électriques (et il fallait en plus laisser $5.00 et son permis de conduire en caution!) alors expliquez-moi QUI pourrait avoir le courage de se pousser tout seul en chaise roulante dans cet immense bidule (je reparlerai bientôt de ce problème dont je découvre l’étendue tragique tous les jours)! Il y a aussi des tas d’étages de parking (attention, les étages de parking ne sont pas les mêmes que les étages du mall, c’est confusant!) à $3.00 la demi-heure! Donc $6.00 par heure, vous avez bien lu! J’ai donc fait $15.80 ($18.00 moins les deux tickets de streetcars/métro à $2.10) d’économie en y allant en streetcar! Sont fous ces canadiens!

eaton3.jpg

Bref, c’était très chouette tout ça! C’était un bain de foule unique, odorant, coloré, et compact! C’est sûr que ça vallait le détour et il faudra que j’y retourne pour découvrir les autres étages (je pense que pour tout bien visiter, il faut une dixaine d’heures au moins)! Je me suis finalement acheté une tranche de strudel aux pommes à Richtree avant de reprendre le métro pour rentrer avec mon sac-à-dos bien rempli, et mon porte-monnaie bien vidé! La mise en pratique du capitalisme sauvage n’est point charitable envers les comptes en banque…

Dans Granbled, parfois souvent, on voit des drôles de trucs. Faudrait avoir un appareil photo intégré à l’oeil pour pouvoir tout mettre sur ce blog, parce que malheureusement, je ne suis pas encore assez à l’aise pour conduire dans cette ville de dingues et prendre des photos en même temps. Heureusement, y’a le p’tit frère qui ose parfois sortir de notre nid haut perché et agréablement climatisé pour braver les éléments (36 degrés celcius cet après-midi, 46 avec l’humidex) et prendre quelques photos.

On commence avec trois trucs marrants: d’abord une voiture très écologique, très « verte, » comme on dit :lol:

voiture2.jpg

Et puis si on regarde bien derrière la voiture, on voit quelque chose d’autre: un rickshaw! On en a vu quelques uns, tirés par des mecs qui courent vachement vite, et c’est super impressionant!

voiture1.jpg

Et enfin un… heu… nouveau musée? Gaudi? Ah non, pardon, Michael Lee-Chin Crystal!

voiture3.jpg

La première bonne nouvelle c’est que finalement, j’aurai un bureau avec fenêtre! Je vais même pouvoir choisir la couleur de la peinture et les meubles qui iront dedans, ouah, la classe! La deuxième bonne nouvelle, c’est que je pourrai finalement avoir une place (chère!) de parking sur le campus donc en hiver, je n’aurai pas besoin de marcher des heures dans la neige.

La dernière nouvelle, et qui n’est pas si bonne que ça finalement, c’est que je commence à bosser demain (jour de fête nationale suisse)… à plein temps… vrai job… responsabilités… faire semblant d’être intelligente… sourire… rencontrer des tas de gens dont je ne me souviendrai jamais des noms… travailler pour de vrai…

Le début du reste de ma vie commence!

Ouiiiinnnnnnnnnnn!!!!!! Je veux paaaaaaaaaaaaaaaaas!!!!

When i hurt that much, physically, and can’t sleep, can’t think, can’t work, can’t study, can’t do anything but hurt, i feel like this:
peterdejong0004.jpg
or like that (that’s right now):
peterdejong0005.jpg

I’ve always been intrigued and attracted by spirals… I don’t know why, that’s what represents my emotions and feelings the best. It’s the first time I find pictures of spirals that represent exactly what I am feeling at this precise moment in time! They came from this page. It is simply incredible, extraordinary, amazing! Click on the link, and then scroll down a little until you see the small, medium, or large applets that can be lauched… choose one… and then click on the picture… wait… click again… wait… click again… wait sometimes a minute or two if the picture looks especially interesting… In fact, the whole website is simply unbelievable. You have to find out what your cursor does to the pictures and shapes and words and images… move it around… wait… click… play with the mathematical equations behind all this… Really fun, weird, beautiful, odd, cool!

Start here or there for other amazing stuff.

Y aurait-il donc des gens qui parlent francais et qui lisent ce bidule? Moi, je n’ai ni la prose facile ni les accents accessibles, donc ecrire en francais est plutot un exploit! C’est meme fou, je viens de lire un article a propos de la mort de Nougaro, et en retournant sur une autre page, je me dis soudain « zut, cet article sur Nougaro, c’etait en francais ou en anglais?? » J’ai du faire marche arriere et c’etait en anglais… c’est fou, non, ce que l’anglais est devenu ma premiere langue!?
Completement patraque ce matin! Il faut dire que j’ai papote sur MSN avec un de mes eleves jusqu’a point d’heure cette nuit, que je n’ai pas beaucoup mange depuis quelques jours, que je stresse a mort sans vraiment rien faire pour arranger les choses (moi, plus j’ai de choses a faire et moins j’en fais!), et que le temps est pourri! Enfin, la nouvelle marrante est qu’avant-hier, je me balladais entre blogs et autres carnets de papotages nombrilicaux-internetistes quand soudain je suis tombee sur… devinez… une AUTRE lulu!!! HA! Tout est donc possible dans ce bas monde! Et en plus, cette lulu-la (ca fait un peu Lula, president du Bresil…) n’a pas la teloche, ce qui est incroyable, parce que pensez-y bien, combien de gens n’ont pas la teloche?? Meme mes PARENTS, qui ont resiste pendant vingt ans, ont fini par craquer (juste au moment ou je quittais la maison, d’ailleurs, je me suis toujours demandee si il y avait une correlation entre les deux evenements)… et moi je dois avouer que j’ai vecu pendant trois ans dans une maison avec une tele, mais ca n’etait pas la mienne, mais je la regardais quand meme, surtout les games du NBA et ER (Urgences, pour les francophiles). Mais le reste de ma vie a ete tele-free et c’est pas pret de changer! Bon, donc elle a l’air marrante cette lulu-la, et elle aime les coquelicots, ce qui est un autre bon point en sa faveur! Les coquelicots et les jonquilles, y a que ca de vrai!
C’est pas tout ca mes enfants, mais il faut que je me leve pour aller bosser alors que tout tourne autour de moi… enfin… ca donne une nouvelle vision du monde. Ce soir, on regarde Lost in Translation, a notre « class movie night » et je me rejouis, j’adore ce film! C’est quoi le titre en francais d’ailleurs? Allez, have a great day everyone, (haha, qui c’est qui va rigoler quand je vais me mettre a ecrire en allemand et en espagnol aussi?) e bacci bacci a tutti!