daily life


J’ai plein de questionnaires en retard… alors bon, je fais celui de Miss épices parce que je lui en dois deux… hum…

1. 7 choses que je veux faire avant de mourir:
- voir le Machu Picchu et en général mieux connaître l’Amérique du Sud
- aller en Australie (pour voir l’opéra de Sydney et aller à Alice Spring et écouter l’accent de down under) et en Nouvelle Zélande
- avoir un vrai boulot stable et qui paye bien
- faire des milliers de bisous à mes chatounes
- faire de la plongée sous-marine et aller dans un volcan et sauter en parachute et faire un saut à l’elastique du haut du pont de Millau et escalader l’Everest… enfin, des trucs du genre…
- pouvoir m’appeler Dr. lulu
- vivre au Canada!

2. 7 choses que je fais bien:
- dépenser de l’argent, là c’est un vrai don que j’ai!
- faire des bisous à mes chatounes
- organiser des trucs pour le boulot ou pour s’amuser (mais je ne le fais pratiquement jamais)
- procrastiner et perdre du temps (surtout à lire des blogs et regarder mes statistiques)
- bosser vite et bien quand c’est absolument nécessaire
- causer à des conférences (j’adore)
- être prof… de temps en temps…

3. 7 choses que je déteste:
- les gens en retard
- le bruit (même les tout petits bruits, hein!)
- le céleri en branche, le réglisse, la rootbeer, les bettraves rouges crues, le peanut butter, et la menthe
- me sentir inférieure
- avoir tort
- ne pas tout savoir
- passer l’aspirateur tous les deux jours à cause des poils de chats

4. 7 choses que j’adore:
- rigoler comme une banane, surtout avec mes frangins
- regarder mes chatounes jouer ensemble
- les beaux couchers de soleil et les beaux clairs de lune
- l’océan et les montagnes
- la cuisine japonaise, indienne, française, suisse, … bref, manger!
- m’endormir en écoutant la pluie sur le toit
- le printemps et l’automne, mais surtout le printemps

5. 7 choses que je ne peux/sais pas faire:
- faire du riz et la cuisine en général, surtout sans que ce soit le b’del intégral dans ma cuisine
- faire du ski, du tennis, de basketball, et du patinage artistique
- faire des bisous à mes chatounes aussi souvent que je voudrais
- me souvenir du noms des gens en général et des acteurs et des politiciens et des gens importants en particulier
- ranger ma chambre (mais par contre ma cuisine est souvent bien rangée)
- me sentir à l’aise dans des réunions, rencontres, fêtes, soirées, et autres trucs plein de monde et de bruit
- faire la couture (ce qui est dramatique, parce qu’il faut toujours que je racoursisse mes pantalons et je ne peux même pas le faire moi-même. Oui j’ai honte)

6. 7 choses que je dis souvent:
- f*cking life! (c’est très différent de le dire en anglais et en français, je ne l’utilise pas du tout pour les mêmes choses)
- nan mais c’est pas vrai!? variation: nan mais je reve!?
- Calinette, viens me faire un bisou! avec les variations: Sosso, viens là ma p’tites pattes de velours, viens me faire un calin!
- Sosso, arrête! avec des variations: Calinette, non! Sosso, tu veux une fessée? Calinette, si tu continues comme ça, ça va mal finir! Sosso, arrête de casser la baraque steuplait!
- vous voyez ce que je veux dire?
- do you understand what I mean?
- any questions, comments, or complaints?

7. 7 choses que j’apprécie chez les hommes: (SEPT?? je sais pas si je vais y arriver!!)
- quand ils m’offrent des fleurs
- l’intelligence (c’est rare mais ça arrive! C’est d’autant plus apprécié ;) )
- une pilosité minimale (huhuh, comme heidi!)
- la force physique (pratique, surtout quand on déménage)
- leur respect (et amour) pour les p’tits chats et les animaux en général
- les dons musicaux et culinaires
- le sens de l’humour

8. 7 célebrités que j’aime bien:
- John Cleese
- Dr. Ross
- Oscar Wilde
- Mahatma Gandhi
- Frédéric Chopin
- Edward Norton
- Jamie Lee Curtis

9. 7 célebrités que j’aime pas du tout:
- le buisson maudit
- Noam Chomsky
- Clint Eastwood
- Angelina Jolie (qu’est-ce qu’elle est moche, celle-là!)
- Britney Spears
- Honoré de Balzac
- Joseph Haydn

10. 7 trucs que personne ne sait savait jusqu’à maintenant sur moi:
- je rêve de devenir écrivain (en anglais!), mais comme j’écris comme une poire, c’est mal barré
- je fume de temps en temps (environ 10 cigarettes par an)
- j’aime bien faire de la recherche (c’est chiant comme la pluie, parfois, pis je déteste écrire les articles, mais c’est cool de bosser sur son truc à soi
- je n’aime pas vraiment les chiens, surtout depuis que je me suis fait bouffer le nez par un gros chien et que j’ai vécu près d’un chenil pendant un an d’enfer
- je n’ai pas peur des araignées ou autres p’tites bêtes, mais j’ai peur des serpents
- je regretterai toujours d’avoir arrêté le piano
- j’ai super peur de devenir vieille et aigrie et seule
- je conduis super bien (et j’arrive même à me garer en un coup en parallel avec seulement 5 centimètres de rabe devant et derrière!) mais je suis très vulgaire quand les autres conduisent mal!

Les résolutions de nouvel an, c’est bien connu, c’est souvent de la rigolade. C’est pour ça que j’en prends rarement, parce que je n’aime pas me décevoir moi-même. Par contre, quand j’en prends, je les tiens. Ben oui, je ne prends que des résolutions que je sais à l’avance que je pourrai tenir. Pas du jeu? M’en fiche :)

Il y a environ quatre ans, j’ai pris la résolution de bien « tipper » les serveurs de réstaurants, c’est-à-dire de leur donner un bon pourboire. Ici, les serveurs se font payer des salaires très très bas, plus bas que le salaire minimal, alors ils dépendent beaucoup des pourboires pour survivre.

C’est sûr, il faut un minimum de service, pour que je sois généreuse. Je veux qu’on prenne ma commande avec un sourire, ou du moins sans me faire sentir que je leur casse les pieds et que je ferais mieux d’aller dans le macdo d’à côté; je veux qu’on m’apporte ce que j’ai commendé, bien sûr, même si mon « order » (ma commande) est compliquée et que ma vinaigrette doit être « on the side » et non pas déjà mélangée à ma salade et mon ice-tea « with no ice » please; je veux que mon serveur vienne me remplir mon verre d’ice-tea quand il se vide, et qu’il débarasse ma table des assiettes vides au fur et à mesure; mais surtout, surtout, je veux qu’on me fiche la paix!

Ce n’est pas facile, ici, d’avoir la paix. En effet, comme les serveurs dépendent tellement des pourboires pour survivre, ils ont intérêt à avoir le plus de « custommers » (clients) possibles pendant leur « shift » (les heures de travail). Il faut donc être le plus poli possible pour avoir le plus gros « tip » possible, et en même temps, il faut que les clients mangent le plus possible (puisque le « tip » est normalement 15% de la note totale mais si le serveur a été super sympa on peut laisser plus, et s’il a été nul on peut laisser moins), mais en même temps, il faut que les clients mangent très vite pour laisser rapidement la place aux clients suivants. C’est tout un art.

Mais moi, je n’aime pas qu’on me stresse. J’aime aller au restau toute seule avec un bon bouquin ou des piles de copies à corriger et manger beaucoup mais lentement (mais comme je suis seule, même si je mange beaucoup, ma note n’est jamais bien grosse). Et puis je n’aime pas qu’on soit « trop gentil » avec moi et qu’on vienne toutes les deux minutes voir si tout va bien. Je vais donc contre tous les principes de base des serveurs qui doivent donc me détester et me voir comme « le parfait client à ne JAMAIS avoir! »

C’est pour ça que je « tip » bien. En général, je laisse 20% ou plus si tout s’est bien passé. Et puis je ne vais jamais au restaurant pendant les « busy times » (heures de pointe) parce que ça serait vraiment méchant. (Là, c’est pratique que la plupart des restaurants soient ouverts toute la journée parce que je peux y aller vers 4 ou 5 heures, quand il n’y a pas encore beaucoup de monde). Parfois, je préviens les serveurs de mes intentions et je leur demande si c’est OK, et s’ils sont sympas et me fichent vraiment la paix, je suis super généreuse. Dans mes moyens, hein, quand même. Je ne laisse pas $50 de pourboire quand ma « bill » n’était que de $20! Et je tiens cette résolution depuis que je l’ai prise.

Tout ça pour dire que cette année, ma résolution est d’apprendre à bien faire le riz, parce que pour le moment, c’est la cata. Pas juste du riz au micro-onde, hein, mais du riz dans le « rice cooker, » des puddings de riz, du risotto, des tartes au riz, du riz pilaf, des croquettes de riz à la mozzarella, du riz mexicain, du riz créole, du riz asiatique, du riz sauvage, des crêpes de riz, des soupes au riz, des salades de riz, et plein d’autres recettes différentes avec du riz. J’ai donc acheté un petit bouquin qui s’appelle « The Essential Rice Cookbook » ($7.99 chez Borders, mais je ne le trouve pas sur Amazon ou Barnes and Noble) et qui explique plein de techniques différentes et plein de recettes d’un peu partout avec du riz. Miam!

A bas les pâtes! Vive le riz! Ma résolution est donc d’apprendre à faire plein de trucs et de vous présenter mes … heu… essais… et j’espère mes succès avec ces recettes. Comme je ne trouve que du « long grain rice » et du « short grain rice » dans mon champ de maïs, je vais aller acheter du bon riz chez ma sister ce weekend! Et ensuite, attention les casseroles, ça va riz-goler! Je n’ai pas peur du riz-dicule, moi, mesdames et messieurs, ni de prendre des riz-sques!

Beaucoup de gens me demandent pourquoi je ne cherche pas de travail en France ou en Suisse. Il y a trois réponses: 1) parce que j’aime vivre en Amérique du Nord, 2) parce que je n’ai vécu en France que jusqu’à mes huit ans et je ne me vois pas vivre en France, et 3) parce que cela semble tout simplement impossible, pour le moment. Pourquoi?

Un jour, j’ai reçu un email de quelqu’un qui finissait un doctorat en France et qui voulait un boulot aux Etats Unis. Cette personne me demandait comment se passait la fin d’un doctorat et la recherche de boulot aux Etats Unis. Et c’est là que je me suis vraiment rendue compte que rien, rien n’était pareil des deux côtés de l’Atlantique! Et que ce n’était pas demain la veille que je pourrais trouver un boulot en Europe!

J’ai déjà expliqué en gros comment on arrivait au PhD (doctorat) et quels étaient les effets secondaires de ce genre d’entreprise… Aujourd’hui, je voudrais expliquer ce qui se passe vers la fin du doctorat: la recherche de travail.

En général, quand on est doctorant, on travaille déjà, en tous les cas à mi-temps. Quelques personnes ont des bourses, mais en gros, le boulot fait partie des études, qu’on bosse dans un labo, qu’on fasse de la recherche pour un prof, ou qu’on enseigne l’espagnol, les maths, ou l’histoire de l’art. Ce système fait en réalité tourner les université: les « grad students » (étudiants en Master’s ou en doctorat) travaillent à mi-temps pour se payer les études, et par conséquence, ils n’ont pas besoin de se faire payer beaucoup ni de se faire respecter ni de se faire offrir de « benefits » (retraite, assurence maladie, etc.). Ces grad students font en gros le boulot que les « vrais » profs ne veulent pas faire. Bref, on se fait exploiter. L’avantage de ce système, quand même, c’est que l’université coute moins cher (environ 50% de moins) et qu’on a déjà pas mal d’expérience quand on reçoit son diplôme.

A la fin d’un doctorat, donc, on travaille à mi-temps. En plus de ça, les cours sont terminés, donc on bosse à fond sur un travail de recherche et une « dissertation, » la thèse de doctorat. La complexité et la longueur du projet de recherche et de la « dissertation » dépendent beaucoup des départements et des universités. Pour moi, je dois écrire entre 300 et 500 pages, et ma recherche n’est pas complexe comme si je faisais de la chimie ou des maths, mais c’est complexe de part le nombre de personnes avec qui je travaille et qui participent à ma recherche, et aussi à cause de l’importance des résultats de ma recherche à très grande échelle. Un jour je reparlerai de ça. En plus, ma recherche couvre non seulement la linguistique mais aussi la psychologie et les statistiques… qui sont des domaines où j’ai beaucoup moins d’expérience et de connaissance.

La dernière année de doctorat, en plus du boulot et de la « dissertation, » on doit chercher du travail. On peut finir un doctorat quand on veut, à la fin de n’importe quel « semestre » ou « term » ou « quarter » de l’année. Encore une fois, ça dépend des universités, mais à Purdue je peux « graduer » en décembre, en avril, ou en août. Mais si je trouve du boulot en temps que prof dans une université nord-américaine, mon contrat commencera fin août ou début septembre. Après la défense de ma « dissertation » (soutenance de thèse), il y a une cérémonie de fin d’études, la « graduation, » dont j’ai déjà parlé avant, avec le petit chapeau et la robe noire et tout le baratin. Ensuite, il n’y a plus rien entre la graduation et le nouveau boulot, c’est-à-dire qu’il n’y a aucun concours. Chaque université recrute les personnes qu’elle veut et de la façon qu’elle veut. Et les candidats envoient leurs dossiers de candidature là où ça leur chante.

Pour trouver un boulot, donc, il faut commencer à chercher un an à l’avance. Il y a des listes sur internet où sont publiées les offres d’emploi et qui paraissent début septembre. Chaque université et département suit plusieurs étapes, et ces étapes peuvent changer un peu, ainsi que les dates limites pour chaque étape, mais en gros, il faut d’abord envoyer un dossier avant octobre ou novembre. Dans ce dossier, il faut en général mettre une lettre de candidature, un CV, des publications, et deux ou trois autres trucs du genre. Ensuite, après la première selection, les universités vont soit nous dire bye bye, soit prendre contact pour une « job interview, » un premier entretien d’embauche. Ce premier entretien peut avoir lieu soit sur place (c’est rare), soit lors d’une conférence nationale ou internationale (raison pour laquelle je suis allée à Washington la semaine dernière), soit par téléphone. Et par téléphone, c’est la galère! Il y a toujours au moins deux personnes qui participent à l’entretien et posent des questions, même si c’est par téléphone… et ce n’est pas toujours facile. Ce premier entretien peut durer de 30 minutes à une heure, environ, et a généralement lieu en décembre ou janvier.

Ensuite, soit on nous dit bye bye, soit on a la chance d’être invitée à une « campus visit. » Ces visites ont normalement lieu entre février et avril. Là, c’est le grand shlem! Ces visites durent en général un ou deux jours complets, sur le campus de l’université qui embauche. Pendant cette visite, on rencontre tous les profs du département où on veut travailler, tous les directeurs, les « deans » et les « chairs, » les chefs et les sous-chefs et les grands chefs, et aussi les élèves du département en question. On doit aussi faire deux présentations. La première, c’est un « teaching simulation, » donc on nous met devant une classe qu’on doit enseigner pendant une heure ou deux. La deuxième présentation, c’est une présentation sur notre recherche, et n’importe qui de l’université peut y assister. Ces « campus visits » sont terriblement fatiguantes et stressantes, parce qu’on n’a en général pas une minute à soi entre 7 heures du matin et 10 heures du soir. Même les repas sont pris en compagnie des membres du committé d’embauche, p’tit dèj inclu! Il faut être super bien habillée et souriante et répondre à dix mille questions et en poser cinq mille et paraitre intelligente et tout ça pendant deux jour non-stop! Il y a en général deux ou trois candidats qui sont invités à des « campus visits » pour chaque position (pas en même temps).

Ensuite, soit on nous dit bye bye soit on nous dit que oui, on a le boulot. Là, il faut savoir être intelligent… et c’est pas évident. Soit on veut le boulot et il ne reste plus qu’à négocier le salaire et les « benefits » et tout ça, soit on attend encore la réponse d’autres universités… donc on essaye de faire trainer les choses en longueur. En ce qui me concerne, je suis très embêtée parce que le Canada est environ deux mois en retard par rapport aux Etats Unis, ce qui veut dire que je peux avoir une offre d’une université américaine alors que je suis tout juste en train d’avoir un premier entretien par téléphone avec une université canadienne. Même aux Etats Unis, certaines universités sont en avance sur les autres. Par exemple une copine a déjà reçu une offre de Purdue il y a quelques semaines de ça, alors qu’elle attend encore des réponses de plusieurs autres universités, et donc elle a du mal à se décider à signer le contrat avec Purdue qui n’était pas son premier choix. D’un autre côté, c’est très risqué de trop attendre… Les très grandes universités vont aussi en général plus vite que les plus petites, parce qu’elles ont plus d’argent et de resources, et aussi parce qu’elles veulent les meilleurs candidats avant qu’on leur offre un contrat ailleurs.

Ce que je trouve intéressant, c’est qu’on cherche un boulot bien avant d’avoir fini ses études. La première question qu’on me pose à tous mes entretiens est « est-ce que vous êtes sûre de pouvoir finir vos études avant septembre prochain? » et je dis toujours que oui, bien sûr. Mais bon, rien n’est jamais sûr. Souvent, même si on n’a pas terminé ses études mais presque, on peut quand même commencer à bosser, mais on se fera payer beaucoup moins et le contrat ne sera que pour un an au lieu d’être permanent comme il le serait si on avait fini ses études.

Voili voilà. C’est là où j’en suis. Comme dit ma prof, c’est encore tôt dans la « job search season, » ce qui me fait penser à la « hunting » season, la saison de la chasse… J’ai envoyé des dossiers de demandes d’emploi à 38 universités différentes (dont huit ou neuf canadiennes, je crois) et j’en enverrai encore deux ou trois le week-end prochain. J’ai déjà reçu neuf réponses négatives (dont deux canadiennes) et eu quatre entretiens, dont deux par téléphone, et j’en ai encore un le 19… et j’espère plusieurs autres bientôt. On croise les doigts!

Petit récapitulatif:

- septembre – novembre: trouver les offres et envoyer les dossiers de demandes d’emploi,
- décembre – mars: avoir les premiers entretiens et les « campus visits » si on a de la chance; envoyer les derniers dossiers,
- mars – août: avoir les derniers entretiens et « campus visits » et signer un contrat, soutenir sa thèse, et graduer!

Ce n’est pas difficile. C’est juste long, fastidieux, et stressant! En règle générale, dans mon département à Purdue et si on a beaucoup de chance, on a entre quatre et huit entretiens pour chaque 40 dossiers envoyés. Et une offre de boulot pour chaque six entretiens. Si on a beaucoup de chance.

Merci mille fois à Arno pour son aide précieuse et sans laquelle je n’aurais jamais pu ouvrir ce nouveau blog!

La caissière me regardait avec les yeux d’une huître pas très fraîche.

- Et ça, me demanda-t-elle en me montrant un radicchio, c’est un chou?

- Non madame, je lui ai répondu, c’est un radicchio. C’est une salade.

Ca lui a fait autant d’effet que si je venais de lui apprendre que les fourmis n’étaient pas des mammifères! Elle a longuement feuilleté son petit livre en plastique, celui qui contient tous les noms des fruits et légumes vendus dans ce magasin, et ne trouvant pas l’ortographe du mot, elle est passé sur les pages qui ont les images des fruits et légumes vendus dans le magasin. Heureusement, là, dans la catégorie « salade, » elle a trouvé l’image du radicchio, qui, si je peux me le permettre, coûte les yeux de la tête!

- Et ça, me demanda-t-elle en me montrant une tête de céleri-rave, c’est un ratabaga?

- Non madame, que je lui ai répondu en lui souriant, mais presque! Ce n’est pas un rUtabaga mais un « celeri root. »

La caissière a soupiré, mais cette fois, elle a trouvé ce légume mystérieux dans sa liste assez rapidement. Heureusement pour lui et pour moi, le céleri-rave ne ressemble pas à beaucoup d’autres légumes.

La laitue frisée, le chou chinois (de Nappa), les poireaux, les endives, les bettraves rouges, le persil, et le concombre (anglais, qu’ils l’appellent, pas celui tout court, grassouillet, avec plein de pépins super durs dedans), n’ont pas eu plus de chance. Heureusement qu’il y avait des images de tous ces légumes dans le petit livre en plastique de la caissière!

- On dirait des gros oignons verts, m’a dit la caissière en me montrant les poireaux.

- Bravo, madame, je me suis écriée! Vous êtes très forte, les poireaux et les oignons sont effectivement de la même famille!

Je ne suis pas prof américaine pour rien, hein. On m’a bien appri à redonner confiance aux élèves, à les féliciter même pour des petits riens, à mettre l’accent sur les points forts et non pas les faiblesses. Ma caissière sera fière d’avoir un nouveau sujet de conversation au diner de ce soir: les singularités de la famille des oignons!

- Vous êtes une jeune fille qui mange très sainement, a fait remarquer la personne derrière moi à la caisse, celle qui venait de décharger un cadis entier de chips, de pop-corn, et de fromage jaune « low fat, » de margarine « cholesterol free, » de pain « carbohydrates free, » de menus « lean cuisine » tout prêts à mettre au micro-onde, de céréales « low sugar, » de lait « 0% fat, » et de coca « light. »

- Bah, vous savez, c’est simplement que j’aime la variété, et je n’aime pas manger toujours la même chose, je lui ai répondu avec un grand sourire et sans même un regard sur ses hanches de championne olympique de Sumô.

La fin s’est mieux terminée. L’important, c’est de toujours mettre des légumes « faciles » au début et à la fin de ses courses, sur le tapis roulant de la caisse. Au début, on met les carottes, les oignons, et les pommes-de-terre, pour donner confiance à la caissière qu’elle sait ce qu’elle fait, qu’elle maîtrise la situation, et qu’on n’a rien contre elle. A la fin, on peut mettre les avocats et les tomates, et peut-être un choufleur (mais pas bio, parce que là ça fiche tout en l’air et elle doit demander l’aide du chef des caisses), pour ne pas finir sur une mauvaise impression, pour lui redonner confiance, pour lui montrer qu’elle sait quand même quelque chose, et surtout, pour prouver qu’on est quand même un peu normal.

Eh oui, c’est ça de vouloir trouver autre chose que de la laitue transgénique et des tomates hors-sol dans son champ de maïs, ma brave dame. Ca rend le passage à la caisse palpitant, ça permet de faire des rencontres émouvantes, et ça fait connaître au monde le persil plat. Et quand le soir venu, on mange sa première petite laitue frisée en dix ans devant un film allemand ET avec des sous-titres, on se dit que vraiment, ce n’est pas seulement dans un champ de maïs trangénique que l’on vit, mais bien sur la planète Mars!

Cliquez sur la porte pour l’ouvrir!

Phyllis

Depuis neuf ans et plus dans l’amphore scellée
Mon vin des coteaux d’Albe a lentement mûri ;
Il faut ceindre d’acanthe et de myrte fleuri,
Phyllis, ta tresse déroulée.

L’anis brûle à l’autel, et d’un pied diligent
Tous viennent couronnés de verveine pieuse ;
Et mon humble maison étincelle joyeuse
Aux reflets des coupes d’argent.

Ô Phyllis, c’est le jour de Vénus, et je t’aime !
Entends-moi ! Téléphus brûle et soupire ailleurs ;
Il t’oublie, et je t’aime, et nos jours les meilleurs
Vont rentrer dans la nuit suprême.

C’est toi qui fleuriras en mes derniers beaux jours :
Je ne changerai plus, voici la saison mûre.
Chante ! les vers sont doux quand ta voix les murmure,
Ô belle fin de mes amours !

*Charles-Marie Leconte de Lisle: Phyllis

PS. 30 centimètre en un après-midi, et ça va continuer toute la nuit… 40 minutes pour rentrer chez moi au lieu des 10 minutes normales… et comme tous les hivers, aucun, absolument aucun déneigement de la route! Je n’ai jamais compris pourquoi ils ne déneige pas à Lafayette. Ils n’ont peut-être pas encore inventé le camion avec la grosse raclette devant qui pousse la neige sur le côté! Ou le sel.

PPS. Tout ça n’arrange pas ma migraine!

Le site d’origine de la porte se trouve ici.

Allo allo, ici Blognome à l’appareil, miss lulu est en train de lire un bouquin sérieux et chiant généreusement offert par PrincessH pour se préparer à ses entretiens d’embauche. C’est la panique par ici… mais cela ne nous a pas empêchés d’aller nous régaler en charmante compagnie hier soir chez Gigi, pour fêter Thanksgiving!

Pour la fête, miss lulu m’a appris comment faire de la « cranberry sauce » ou, comme ils disent en France, de la sauce aux airelles ou aux canneberges. En fait, miss lulu ne savait pas trop comment faire cette sauce mais entre les conseils de sa soeur et ceux d’Estelle, elle a réussi à faire de la sauce délicieuse pour 30 personnes!

Là, c’est moi qui vous fait coucou depuis les cranberries! Joli, hein?

Et puis là, c’est tout ce qu’il faut mettre dans la caressole: deux paquets de cranberries, 1/2 cup de sucre, un peu de cannelle, le jus de deux oranges, et le zeste des deux oranges en question.

Ensuite, c’est super marrant, les cranberries font pop pop, comme du pop-corn! Miss lulu rigolait à chaque fois qu’une cranberry éclatait, mais pas trop quand même, parce que c’est comme la sauce tomate, ça éclabousse partout et c’est très rouge et très chaud!

Après 10 minutes, on dirait de la compote de prunes, en un peu plus épais, c’est drôle. C’est super bon mais un peu acidulé… et c’est délicieux avec la dinde!

Ohhh que le repas était délicieux! Il y avait tellement à manger qu’on a mangé pendant des heures et des heures…

Gigi avait préparé une superbe dinde et de vraie purée de pommes-de-terre! Miam! Les autres invités avaient tous apporté quelque chose: des haricots verts, de la salade, des gâteaux, des asperges, des légumes, des fruits, des petits appéritifs…

Et tout le monde a bien apprécié et s’est régalé en papotant pendant des heures avec des anciens et des nouveaux amis! Moi, je prennais des photos pendant que miss lulu se goinfrait la vilaine!

Et pour le dessert… ohhhh…. c’était difficile de trouver un peu de place… mais on n’y est quand même arrivés! Moi, j’ai préféré le gâteau au chocolat et citrouille, et miss lulu a adoré le cheesecake aux cerises (elle adore les cheesecakes, celle-là, une vraie amerloque!).

Merci Gigi! On a tous passé une excellente et délicieuse soirée!

Et merci à tous d’avoir suivi nos aventures pendant une semaine! Moi, je suis un peu crevé. Faut dire que miss lulu m’a exploité (j’ai dû lui faire à manger et prendre plein de photos pour elle!) mais on s’est bien amusés! Je reste encore dans le champ de maïs pendant quelques jours en attendant de nouvelles aventures, et miss lulu me dit que si on fait des trucs super cools ensemble, on vous le racontera, bien sûr!

En attendant, on va regarder un DVD avant d’aller se pieuter, si miss lulu veut bien arrêter de lire son bouquin à la noix, et on vous embrasse tous bien fort!

Lafayette, c’est mon petit trou perdu au milieu d’un champ de maïs si grand qu’on n’en voit jamais la fin. C’est joliement décoré vers Noël, mais ça n’empêche pas la crasse, la pauvreté, la laideur, et la tristesse de suer par chaque pore de la ville.

Voilà la station de police…

… et quelques policiers qui font une petite pause, visiblement, et causent avec les citoyens de passage…

Un vague hôtel qui se veut « riche, » avec dedans un restaurant dans lequel je ne suis jamais allée.

Le centre ville se trouve entre les rues 3th et 6th. Pour tout dire, ce n’est pas grand! Trois blocs dans un sens, trois blocs dans l’autre, avec le « City hall » au milieu.

Voilà le City hall, la mairie-court de justice.

Dans la ville, il y a soit des petits magasins ou restaurants fast-foods, soit des bâtiments abandonnés, soit des bureaux d’avocats, soit des banques, soit des bars, soit des églises.

Il y a aussi un temple Masonique.

Un joli immeuble d’avocats, je les vois travailler tous les jours en allant au boulot.

Le centre ville n’est pas entièrement moche… quand il y a du soleil ou qu’il fait nuit…

On se croirait parfois dans une ville vivante, même…

La 5th Street, celle qui fait vraiment le centre, est assez mignone, avec des cobblestones (c’est quoi en français??), et en partie fermée aux voitures pendant l’été pour un petit marché.

Voilà une publicité pour ce marché d’été, peinte en grand sur un mur de la 5ème, juste à côté d’un restaurant qui se veut français mais qui l’est autant que moi chinoise!

Je dirais que le plus gros problème de Lafayette c’est que rien ne dure jamais longtemps. Les nouveaux magasins et restaurants ferment en général avant leur premier anniversaire, les businesses s’en vont ailleurs, les gens vont vivre dans les banlieues, et les bâtiments restent à l’abandon, sans vie, vides, et sordides.

Même le théâtre de la ville est à louer… vide de toute joie depuis bien longtemps!

Les maisons se déteriorent…

Les murs sont gris…

Les vitrines vides…

Et même si parfois la devanture des immeuble reste jolie, des étages entiers sont à louer.

Encore un immeuble abandonné et pourtant pas si moche…

Là aussi, tout est vide depuis longtemps.

Et pourtant on continue de construire!

Mais ça n’améliore en rien l’attrait de la ville!

Voilà la gare de l’Amtrak, le train… que je n’ai jamais pris ni d’ailleurs jamais vraiment vu parce qu’il passe quand même rarement.

La gare sert aussi de terminaux pour les bus locaux et le Greyhound, les bus qui voyagent d’un bout à l’autre des Etats Unis.

Encore un petit bout de rue, avec des parkings à perte de vue, on se demande pour qui…

Et puis cette maison, qu’on a rénovée devant mes yeux et que je ne trouvais pas trop moche, pour une fois, en tous les cas différente que le reste de la ville…

.. et puis j’ai vu ce qu’on a construit juste à côté… et je me suis dit que là, vraiment, il n’y avait plus aucun espoir pour mon champ de maïs!

Dès qu’on s’éloigne un peu du centre ville, les quartiers sordides et les zones industrielles commencent. Je n’ai rien pris de tout ça en photo, ce sera pour une autre fois. Pour une autre fois, aussi, sera tout le trajet que je fais depuis l’université jusqu’à chez moi! En attendant, Blognome et moi allons nous coucher le ventre plein de dinde et de gateaux à la citrouille… mais on vous racontera tout ça demain :) Et pour vous faire patienter, on vous embrasse bien fort et vous souhaite un excellent vendredi!

Ici miss lulu, je reprends les rennes… les renes… les reines? En tous les cas je profite que ce coquin de lutin fasse la nouba avec les chatounes pour vous écrire un petit mot rapide. Blognome et moi on a pris 231 photos aujourd’hui!!! Rien que pour ce petit bloggounet chéri!!! Ze problème c’est que maintenant, il faut les trier, les photos… et comme j’ai passé la journée à corriger des tas de machins et de bidules, ben… on va trier tout ça demain! Mais promis, demain ça sera le reportage du siècle sur le champ de maïs le plus perdu du midwest!!! Voilà une petite photo pour vous faire patienter!

En fait de midwest, on a eu notre première grosse neige la nuit dernière! J’ai voulu prendre une photo quand c’était tout blanc, mais Sosso s’est mise sur mes genoux et s’est endormie profondément… alors je n’ai plus pu bouger pendant quelques heures… et ensuite, ben… la neige avait quand même beaucoup fondu! Je suis bien contente d’avoir décidé de ne pas aller passer Thanksgiving chez ma soeur, chez qui c’est toujours le blizzard depuis la nuit dernière…

Ensuite, Sosso s’est réveillée et m’a bien fait comprendre qu’il fallait que je range un peu la baraque… heu… comme elle ne m’obéit jamais, je ne lui ai pas obéi non plus ;)

Au lieu de ranger, Blognome et moi sommes partis dans mon coin favorit de mon champ de maïs, enfin, qui est… qui est… personne ne l’aura deviné? Mon restaurant indien préféré. J’y ai passé deux heures avec Blognome qui s’est régalé, à corriger mes copies, à corriger mes copies, et à corriger mes copies!

En rentrant, on a pris des mégatones de photos de la ville, et puis on a continué à corriger les copies, corriger les copies, corriger les copies! Pendant ce temps, Blognome a joué avec les chatounes et le soir, il nous a préparé des spanakos kritis, pour qu’on puisse expliquer à nos chers lecteurs ce que c’est: de la pâte feuilletée avec dedans des épinards à la crème cuits avec un peu d’oignon et des herbes et de la feta. Miam!!!

Sinon, pour les cheese fries du pauvre d’hier, c’est des frites surgelées passées au four, et 1 minute avant la fin on met dessus du parmesan en poudre immonde mais parfait pour ce genre de délice! Voilì voilà. Je voudrais, avant d’aller me pieuter, remercier les personnes qui ont eu la générosité de m’offrire un des livres dont j’ai tellement besoin. Papa, maman, mes frangin(e)s, mes ami(e)s, mes lecteurs/ices, vous vouliez savoir ce que je veux pour Noël? Et pour mon anniversaire qui arrive à grands pas, ne l’oublions pas? ;) Eh bien ce que je veux, et surtout, ce dont j’ai urgemment besoin, se trouve là. Le chocolat c’est bien, mais trouver un boulot c’est mieux! Mirci :)

Sosso ronfle… je vous quitte pour aller l’imiter, bisous à tous et à demain!

Allo allo, ici le Blognome à l’appareil. Miss lulu n’a pas un chat dans la gorge mais elle est de mauvais poil aujourd’hui… faut dire qu’avec tous ces poils de chats partout, ici, il est facile d’en avaler un de travers! Et puis faut dire qu’elle a passé la journée à l’école à faire des statistiques… pas vraiment marrant comme journée! Et pour cause de « trop de boulot, ca va chier dans les ventilos! » comme elle le dit si délicatement, on n’a pas pu aller à son coin de champ de maïs préféré, mais elle m’a promis qu’on y irait demain!!! Et au cinoche, aussi!

En ce qui concerne la bouffe, ça ne s’arrange pas par ici. Miss lulu me dit que quand elle est stressée et déprimée, elle mange n’importe quoi et tout le temps! Ca, c’est bien vrai! Pour le petit déjeuner on a eu des spanakos kritis, pour le 10 heures on s’est fait un sandwiche au thon (thon, mayo, cornichons), pour midi on a eu de la glace à la mangue, pour le 4 heures on a mangé des « cheese fries du pauvre » ou « waffle fries parmigiana » comme elle dit..

…pour le 8 heures on a dévoré des tas de clémentines (et miss lulu tient à vous démontrer la théorie de la perspective selon Platon ou Nietzsche, elle n’est plus sûre, qui explique que les clémentines de son champ de maïs sont de taille normale malgré l’opinion publique), et enfin, pour le 10 heures (du soir), on a eu de la polenta avec de la sauce tomate. Ouah, je dois avouer que là, elle m’a eu et je n’ai plus faim pour une fois!

Et puis pour se consoler des statistiques, on voulait aller se prendre en photo devant une maison décorée très américainement, mais malheureusement, les bonshommes de neige étaient dégonflés et les jolies décorations éteintes… pas drôle! Heureusement que miss lulu a reçu un cadeau super cool hier (du chocolat de Madame Pas Contente, merci!!) et aujourd’hui aussi: une jolie « mug » de sa station de radio préférée parce qu’elle leur a filé $80 parce qu’elle l’écoute tout le temps et elle aime NPR. Et comme elle a fait la même chose l’année dernière, elle a maintenant deux jolies tasses très larges et super solides, parfaites pour manger de la soupe. Voilà, à part me faire un p’tit bisou ce matin et des gros calins aux chatounes, ce petit cadeau d’aujourd’hui a été le seul bon moment de la journée de miss lulu.

En fait, elle se fait trop de soucis, la miss lulu. Elle n’en dort plus. Elle pense aux entretiens d’embauche, et d’un côté elle espère très fort en avoir parce que sinon ça sera trop la honte, et en même temps, elle prie pour qu’elle n’en ait pas, parce qu’elle se rend compte qu’elle ne sait rien du tout sur ce qu’on pourrait lui poser comme questions. Miss lulu n’a pas de mémoire, trop d’anesthésies, c’est pour ça qu’elle a un blog, pour se souvenir… Mais elle ne se souvient plus du tout du nom des grands linguistes, des théories de l’enseignement des langues, des titres des livres importants, de l’histoire de l’anglais… envolé, tout ça!!! Donc là, elle a rajouté des tas de bouquins importants et qui lui sauvront la vie sur sa ouichlist et elle vous rappelle que Noël c’est bientôt, et puis son anniversaire aussi, mais qu’elle a besoin de ces livres MAINTENANT, pas dans quelques semaines ou quelques mois :) (attention, il y a des priorités, dans les choix!).

Voilì voilà… c’était notre mardi. Demain, pas de cours alors miss lulu va en profiter pour corriger les 26’338’720’812 copies qu’il lui reste à corriger, et puis finir d’écrire son chapitre 3 (hum, hum…), préparer quelques petites douceurs pour la fete de jeudi (oh je me réjouis de celle-là!!), aller au cinoche, peut-être, visiter son coin favorit (je sais toujours pas ce que c’est!!), et… glandouiller :)

Bonne nuit et bonne journée à tous, en attendant!

Ce matin, Blognome et moi sommes allés au boulot. Blognome était très timide, parce qu’il a dit que mes élèves étaient très intelligents et que lui, il avait seulement fait des études internationales mais pas d’ingénieur! Et le petit coquin, pendant que j’enseignais, a pris quelques photos en cachette de mes élèves!

Mes élèves ont travaillé dur aujourd’hui, c’était même en fait assez rigolo. Pour un de leurs projets, ils doivent choisir un article scientifique dans leur branche, et l’analyser en détail. Mais comme je suis une prof méchante et que je ne comprends rien à leurs articles de chimie, physique, et autres neuropsychoarchéologies, je leur ai dit que leur premier devoir était d’expliquer leur article à quelqu’un qui n’y connaissait rien!

Ils étaient donc en paires, avec un autre élèves qui n’était pas du tout dans leur branche (l’ingénieur nucléaire avec l’entomologue, etc.), et ils devaient expliquer tous les termes compliqués et l’expérience décrite dans leur article jusqu’à ce que l’autre comprenne! Haha, c’était génial de les écouter! Malheureusement, Blognome n’a pas osé prendre de photos de de plus d’élèves ni de l’autre classe dans laquelle je suis prof… une prochaine fois peut-être!

Ensuite, Blognome et moi somme allés prendre un « late lunch » à Panera, qui est un endroit sympa avec des salades, des soupes, des sandwiches, et des gâteaux presques normaux…

Donc on s’est partgagé une bonne soupe à la pomme-de-terre et un petit gâteau aux pommes qui n’avait pas l’air mauvais… Mais en fait, ce qui aurait dû être de la pâte feuilletée était en réalité de la pâte à pain, donc c’était bof bof comme dessert. Blognome m’a raconté ses voyages en France et les délicieuses pâtisseries auxquelles il avait goûté, et je lui ai dit qu’il ferait mieux de se taire spèce de p’tit malin!

Après ce petit repas frugal, je suis allée me faire faire un massage de mon dos bien fatigué et foutu de passer 15 heures par jour devant l’ordinateur ou à quatre pattes sous mon lit pour jouer avec mes chatounnes. Pendant ce temps, Blognome a fait le tour du quartier et il a découvert… une maison… disons… un tantinet patriotique!

Après ça, on est allés faire les courses. J’ai appris à conduire à Blognome qui m’a dit qu’il avait seulement appris à conduire une moto mais jamais une voiture.

On a failli avoir deux-trois accidents mais rien de grave, il se débrouille assez bien finalement, et on est arrivés sans encombres à mon petit magasin préféré: Target (qui rime avec braguette).

Là, on a d’abord acheté du parmesan râpé ignoble au goût de carton parce qu’on ne trouve rien de mieux dans ce sacré champ de maïs (Blognome n’en revenait pas!).

Mais par contre, pour la première fois, j’ai vu de la sauce tomate BIO (organic) dans mon supermarché!!! Il y a de l’espoir! Je ne trouve pas de parmesan mangeable (et encore moins du bio), mais il y a des pâtes bios et de la sauce tomate bio, maintenant!!! Blognome était bien content pour moi!

Et finalement, on a acheté… heu… moi je ne voulais rien vous dire mais Blognome a insisté… mais vous ne le voyez pas, là, hein?

Et là? Noix de coco-banane, fraise-chocolat blanc, ou crème brûlée peut-être? ou bien préféreriez-vous ananas-noix de coco ou noix de pécan-caramel? Blognome a décidé d’essayer celle au chocolat-peanut butter (beurk, il peut se la garder!) et moi, bien sûr, j’ai pris… heu… pistache… et mangue :)

Au dernier moment, je me suis sentie coupable de nourrir si mal ce pauvre Blognome, donc on a acheté un grand cageot de clémentines (ça fait seulement un ou deux ans qu’on en trouve dans mon champ de maïs, alors j’en profite, ça me rappelle mes Noëls européens!) et on les a presques toutes mangées pour le dîner de ce soir! Miam! (J’adore cette photo parce qu’on voit ma petite Sosso aux yeux de braises derrière Calinette et Blognome).

Voilà, ce soit on a loué plein de DVDs et on a regardé les premieres épisodes de Nip / Tuck (beurk beurk, faut avoir l’estomac bien accroché pour regarder ça!!) et c’était notre journée du lundi. Cette semaine, le week-end commence mercredi grâce à Thanksgiving, et jeudi tout sera fermé, alors demain, je vais emmener Blognome dans mon coin favorit de mon champ de maïs… Qui devine? En attendant, Blognome et moi on vous embrasse bien fort et on va se coucher!

Allo allo, toc toc, vous m’entendez? Comment ça marche ce truc?? Ici le Blognome, j’ai décidé de vous écrire ce soir parce que miss lulu est la paresse incarnée et il faut tout que je fasse moi-même ici! Nan, en fait c’est parce que miss lulu en a ras-le-bol de la vie parce qu’elle à super mal à sa jambe depuis deux jours, pis elle a des noeuds à l’estomac parce qu’elle mange trop de glace à la pistache pense trop à ses entretiens d’embauche, et elle a aussi une UTI (c’est quoi cette bête-là??) donc elle a passé la journée au pieu à bosser sur sa thèse lire des blogs avec 25 bières tisanes de cinorrau cynhorrau sinorodh gratte-cul et une bouillote sur le bide. (Je plaisante, hein, elle a vraiment bien bossé sur sa thèse, elle avait 52 pages dans son chapitre 3 au début de la journée, et plus que 44 à la fin, ce qui est un bon signe, d’après elle… sont fous ces thésards).

Donc cet après-midi il faisait super beau dehors, et j’ai demandé à miss lulu si on pouvait aller se balader dans les champs de maïs mais elle a doucement rigolé s’est moquée de moi et m’a dit « on voit bien que tu n’habites pas par ici mon p’tit vieux! » et elle a entr’ouvert la fenêtre… et là, mes ailleux, quelle froidure!!! Ma chope de bière a gelé d’un coup dans ma main, et la petite Calinette qui était venue pour me faire la causette et voir ce qui se passait (elle aime regarder par la fenêtre ouverte et faire peur aux oiseaux) m’a soufflé à l’oreille qu’il fallait vraiment être fou folle pour vivre dans un coin pareil!

Alors bon, j’ai passé l’après-midi à jouer avec les chatounnes qui sont sympas, quand elles essayent pas de me piquer ma bière ou de me bouffer mon chapeau! On a joué au lancé caché de nain: pendant que Sosso et Calinette comptaient jusqu’à 10 je me cachais dans les bouquins de miss lulu (y’en a tellement!!) et ensuite elles devaient me retrouver! Très drôle comme jeu! Ce soir, il parait qu’on va regarder un film, chouette! J’espère que ça sera pas un film de fille trop nunuche! Rambo, ou Kill Bill, ou bien Sin City ça serait cool…


Cliquez sur la photo et trouvez-moi!

Bon, sinon tout va bien. Miss lulu fait des efforts pour me nourrir décemment, mais c’est pas encore ça, hein. Elle m’a acheté du bon pain aux cranberries et noix, pas mauvais du tout, toasté avec un peu de confiture de prunes, pour le p’tit dèj. Par contre, hier soir, elle avait décidé de me faire un bon repas, alors elle a ouvert son livre de recette et a choisi une recette de gnocchi maison avec sauce à la crème et au saumon… miam! Et quand elle a eu fini de suivre la recette, on avait des tagliatelles vertes (aux épinards?) du magasin avec une sauce à la crème et aux champignons et aux broccolis. Moi j’dis d’accord, mais où est le steak? Et là, elle m’a sorti qu’ici, on essaye de pas se chopper la grippe espagnole aviaire ou la maladie de cretzfel-jackob kreuzfed-jacaub keureuzeuf… machin-bidule, quoi, que je sais même pas qui c’est mais je m’en fiche, je veux mon steak! Ca nourrit pas son homme tout ça! C’est que de la nourriture de fille! S’pas une vie, ça, j’vous jure!

… Et voilà, miss lulu vient de me dire qu’on va regarder Pieces of April, comme film, parce que c’est un très beau film de Thanksgiving! Pfff… les filles on les r’fait pas!

Il y a quelques jours, j’ai reçu un gros paquet de gourmandises de Bbsato ainsi qu’un livre de cuisine scandinave d’un deuxième admirateur anonyme, et puis dans un plus petit paquet envoyé par Estelle, bien emballé au milieu de chocolat et de barres de céréales aux fruits délicieuses, j’ai reçu un petit lutin malin! J’ai de la chance, le Père Noël est en avance par ici!

Ce petit gnome va passer quelques jours en ma compagnie avant de continuer son voyage. Nous avons longuement discuté de nos projets pour ces prochains jours, et avons finalement décidé d’en profiter pour faire des petits exposés sur ma vie champ-de-maïsesque, vue à travers les yeux d’un petit gnome de montagnes lointaines. Cette semaine sera donc… une surprise tous les jours, sur un aspect de ma vie quotidienne… et ça risque d’être joyeux, entre les cours que je prends et ceux que je donne, l’indien du jeudi, ma recherche, les courses, la recherche, les chatounnes, la bouffe, la sieste, ma deuxième vie secrète dont seule Aurélie connait l’existence… Bref, vous vous demandiez ce qu’une miss lulu pouvait bien faire dans son champ de maïs, et vous aurez enfin toutes les réponses!

Comme la semaine commence le dimanche, aux Etats Unis, voilà le premier petit volet des aventures de Blognome (c’est son nom officiel) dans mon champ de maïs. On commence bien sûr le matin, au réveil, avec une douche (Blognome est très pudique, il n’a pas voulu que je prenne une photo de lui dans ma magnifique baignoire!), et puis ce moment si spécial du ravallage de façade. Blognome a été effaré par le nombre de crèmes et autres lotions que j’ai et il s’est presque perdu au milieu de toutes mes bouteilles! Il a dit d’un ton moqueur « Pfff, t’es bien une fille toi! » et j’ai été très vexée!

Je lui ai expliqué que j’utilisais une crème différente tous les jours parce que j’aimais avoir plein de bons trucs différents qu’on trouve dans des crèmes différentes. Et puis aussi que ce moment du matin est mon dernier instant avant le stress de la journée donc que j’aime bien prendre un peu soin de moi! Il a fini par admettre que ma crème au citron pour les mains sentait bon et est parti boire une bière devant la télé jouer avec les chats pendant que je finissais de me préparer. Ah les hommes!

On a ensuite été manger un petit déjeuner. L’un de mes préférés, quand je suis super stressée, c’est de mixer une banane (bio) avec un grand verre de lait (bio) et une petite cuillère de sucre (bio) et hop hop, on avale ça d’un coup et on n’a plus faim pour des heures!

Blognome a trouvé que bon, le milkshake à la banane ça allait, mais que demain il lui faudrait quelque chose d’un peu plus sérieux, genre des oeufs au bacon avec des hashbrowns et une bonne bière. Mais je lui ai dit que sur ce coup-là, il pouvait aller se rhabiller parce que ce n’était pas le genre de la maison, et que s’il n’était pas content, il allait finir avec les croquettes des chats dans son assiette! Comme je suis quand même gentille, demain je vais faire un effort et lui offrir mon deuxième petit déjeuner préféré: de délicieuses céréales bio aux fraises! Haha, le pauvre, il n’a pas fini d’en voir des vertes et des pas mûres avec moi ;)

Pour la suite, il faudra attendre jusqu’à demain! Blognome dit qu’il crève la dalle (mais ouskils apprennent à causer comme ça ces jeunes??) mais qu’il vous fait quand même un gros bisou!

… mais je m’en fiche. Parce que je suis trop contente ce soir. Voilà exactement un an presque jour pour jour que j’ai rapporté à la maison ce petit machin-là et depuis, ça a été l’enfer. L’enfer noir pendant au moins un mois, et puis l’enfer tout court pendant environ six mois. Avec le retour du printemps, les choses se sont un peu calmées… mais ce n’est que cet été que notre petite vie de famille a réussi à prendre son rythme de croisière.

Mais ma Panthère n’a jamais plus été la même depuis l’arrivée de ma Tigresse. Elle n’a recommencé à ronronner que cet été, et encore, c’est extrêmement rare et ne dure que quelques secondes. Elle n’est plus jamais venue dans mes bras ou sur mes genoux d’elle-même, ne se laisse pas porter plus qu’une petite minute, n’est plus caline comme au début, ne joue plus, et sort seulement de sa léthargie pour tapper quelques minutes par jour sur Sosso.

Depuis que je la nourris un tout petit peu moins chaque jour, parce que je trouvais qu’elle prenait du poids vu qu’elle ne faisait rien de ses journées à part dormir, Calinette a retrouvé un peu de vigueur. Elle dort un peu moins, tappe un peu plus souvent sur Sosso, et me demande même parfois de jouer avec elle le soir, quand je rentre tard et qu’elles ont été seules toute la journée. Rien ne me fait plus plaisir que de jouer avec elle et Sosso, bien sûr, parce que ça lui fait du bien de courir un peu, et ça me fait du bien de rigoler un peu avec mes chatounnes.

Et ce soir, je ne sais pas pourquoi, ma Calinette a fait un nouveau petit pas vers la normalité. Je regardais un film (très nul), couchée dans mon lit devant mon ordinateur, quand elle est arrivée doucement et a posé ses pattes de devant sur moi (mes seins, merci!), et est venue me faire un grand bisou. On se fait souvent des bisous, du bout de mon grand nez et du leur tout humide, mes chatounnes savent bien ce que ce mot veut dire. Ce soir, ma Calinette m’a fait un grand bisou que je n’avais même pas demandé, et a marché sur moi pour la première fois depuis un an.

Je n’ai même pas senti la douleur de mes seins tellement j’étais heureuse! Oui je sais, il en faut peu pour me rendre heureuse, mais de savoir que ma petite chérie toute douce, celle qui m’a adoptée, celle qui m’a tellement adorée pendant quelques mois avant l’arrivée de Sosso, commence enfin à avoir de nouveau un peu confiance en moi me rend autant heureuse que d’avoir reçu une bourse pour ma recherche! Qu’elle est belle ma Calinette! Je la regarde dormir à mes pieds et je ne peux pas m’empêcher de sourire!

Moi, ce que j’aime, dans la vie, c’est mes chatounnes :)

Quand j’étais petite et que quelqu’un me disait ce que je devais faire, me pensais toujours que « quand je serai grande, personne ne me dira ce que je dois faire, et je ferai ce que je voudrai! » Hélas… trois fois hélas! J’ai essayé, pourtant, hein, mais rien n’y fait, il y a toujours des gens qui me disent ce que je dois faire, et je suis toujours obligée de faire des tas de truc qui me cassent les pieds et le reste aussi! La vie c’est trop injuste!

Bon c’est sûr, je peux rayer le cèleri et les navets de ma liste de courses, et je peux aller au cinoche un jour de semaine, je peux dire plein de gros mots et personne ne me reprend, je peux manger avec les coudes sur la table et même la bouche ouverte, et je ne suis pas obligée de ranger ma chambre ni de faire mon lit. Mais pour le reste, franchement, il y a encore du boulot avant que je puisse faire VRAIMENT ce que je veux!

Par exemple, demain il parait que je DOIS aller à Chicago et je veux pas je veux pas je veux pas! Déjà que je veux pas chercher du travail, devoir faire semblant d’être une adulte responsable, corriger des copies d’élèves jusqu’à la fin de mes jours, et stresser parce que l’argent ne pousse pas sur les arbres et tout ça! Mais en plus, quand je me force à essayer de faire tout ça, je suis encore plus forcée de faire des choses que je veux encore moins faire. C’est une cercle vicieux! Là, j’ai une interview à Chicago, pour un boulot au Japon que je sais que je ne vais pas prendre même si on me l’offre sur un plateau d’argent. Alors dans ma petite tête, c’est le retour de Marignan, la bataille, l’émeute, la castagne entre mon petit ange qui me dit qu’il faut que j’y aille parce que ce sera un bon exercice pour les « vraies » interviews de boulots que je voudrai vraiment accepter si on me les offre, et puis une chance d’aller à Chicago qui est une très jolie ville et je pourrai prendre plein de photos pour mon blog et en profiter pour faire quelques courses de trucs impossibles à trouver dans mon champ de maïs et puis ce n’est pas si loin que ça et les interviews de boulot c’est difficile surtout avec les japonais alors autant voir le pire pour que les interviews suivantes me paraissent faciles… et d’un autre côté mon petit diable, qui me dit que merde, c’est loin et l’essence coûte cher, je n’ai pas que ça à faire d’aller causer avec des vilains japonais dont je n’ai rien à fiche, ça me stresse de devoir bien m’habiller et porter des chaussures qui me font mal aux pieds, et puis je connais déjà Chicago, avec ses autoroutes de l’enfer et son impossibilité de se garer, et je me connais, je vais arriver là-bas à la dernière minute, aller à l’interview, et repartir illico sans même faire de photos, parce que si j’y passe la journée, je vais dépenser des milles et des cents et déjà que mon immigration canadienne va me coûter les yeux de la tête alors faudrait pas exagérer quand même, je suis pas millionnaire, et puis merdàlafin, je le veux pas leur boulot de toutes les manières!

Je veux pas je veux pas je veux pas! Et le pire, c’est que si je demandais à mes parents, maintenant, de me dire ce que je dois faire, ils me diraient une idiotie du genre « ma chérie, fais ce que tu veux, fais ce qui te rend heureuse, on te fait confiance, on sait que tu prendras la bonne décision. » Les nuls! Pourquoi les parents donnent-ils toujours des ordres aux enfants qui n’en ont rien à cirer et arrêtent-ils de le faire quand justement on en aurait besoin? Merdàlafin, la vie est trop injuste!

Je vous conseille de vous asseoir confortablement, parce que cette histoire est à dormir debout et je veux pas que vous vous fassiez mal en tombant!

Jusqu’en 1960, l’Indiana était divisé en deux zones horaires: à l’ouest, il y avait les « counties » (départements) qui étaient à l’heure « Central, » avec Chicago; à l’est, il y avait les counties qui étaient à l’heure « Eastern, » avec New York. En octobre et en avril, tout ce beau monde changeait d’heure comme le reste de la planète, ou presque. Jusque là, tout allait bien, sauf que bon, un état divisé en deux ça fait quand même con. Mais c’était en Indiana, rappelons-le.

En 1960, comme ce coup de fuseaux horaires fichait quand même le boxon dans tout l’état, il a été décidé de simplifier la situation. Maintenant, l’Indiana est divisé en TROIS, au lieu de deux! Le centre de l’Indiana ne change JAMAIS d’heure (donc par rapport au reste du monde, en fait, on en change), mais le nord-ouest et le sud-ouest de l’Indiana restent toujours à l’heure de Chicago (zone 2 (rouge) sur la carte ci-dessous), et le sud et le sud-est restent toujours à l’heure de Cincinnati, Ohio, et de Louisville, Kentucky (zones 3, vertes). Ceci qui veut dire qu’il y a TROIS zones horaires différentes dans ce petit état, et que tout l’Indiana n’est jamais à la même heure, comme vous pouvez le voir sur la carte suivante (si vous cliquez dessus il y aura toutes les explications):

Comme vous pouvez vous l’imaginer, les gens ont commencé à en avoir marre de cette organisation à la noix et ont décidé que l’Indiana allait faire comme le reste du monde: changer d’heure deux fois par an. On aurait sans doute pu penser qu’une lueur d’intelligence avait enfin éclairé le cerveau transgénique des habitants de ce maudit champ de maïs… mais non, la situation n’allait qu’empirer!!

Comment? Peut-on VRAIMENT faire pire que TROIS fureaux horaires dans un seul état??? Ben oui, chers amis, c’est l’Indiana, ne l’oublions pas!

C’est un petit malin de politicien républicain qui s’est fait élire gouverneur grâce à sa promesse de remettre de l’ordre dans ce bazard. Le problème, c’est qu’il avait oublié qu’en Indiana, ce n’est pas lui qui peut prendre ce genre de décision mais le « commissioner » (grand chef) de chaque county! Les 92 (nonente-deux!!) counties de l’Indiana avaient donc à se décider INDIVIDUELLEMENT pour savoir sur quel fuseau horaire ils allaient s’accrocher! Le merdier intégral!

Bien sûr, Indianapolis, la capitale, bien qu’à trois heures plein sud de Chicago, ne veut pas admettre que Chicago est importante et veut le prestige d’être sur Eastern time, avec New York, Washington, Boston, et autres grandes villes « qui ont de l’importance! » Le problème, c’est que le county de Tippecanoe, dont la capitale est Lafayette, là où je suis, se situe à deux heures plein sur de Chicago, et est donc géographiquement dans la zone Central, mais est beaucoup plus influencée par l’économie d’Indianapolis, qui ne se trouve qu’à une heure au sud. Donc basta, on est en Eastern! L’autre problème, c’est que pratiquement tous les counties autour du county de Tippecanoe ont décidé d’être en Central time. Et les villes qui se trouvent à la frontières des counties vont même être coupées en deux zones horaires, et tout le monde se dit déjà prêt à poursuivre tout le monde en justice!

Ben ouais, c’est pratique, j’habite dans le cinquième arrondissement qui est en Central time et je travaille dans le sixième, qui est en Eastern time. Mes parents habitent dans le quatrième, qui est en Central time, et mes enfants ont leurs cours de piano dans le premier, qui est en Central time. Ben voyons, votez pour les politiciens, ils deviennent de plus en plus cons! Heureusement, ils auront toujours une excuse: c’est pas de leur faute, c’est le maïs transgénique!

Tout ça pour dire: n’oubliez pas, chers habitants des Etats Unis, de changer d’heure aujourd’hui! Moi je ne change pas, mais c’est la dernière fois que j’en profite, et j’attends avril avec impatience pour rigoler comme une baleine devant le merdier monumental que sera devenu mon champ de maïs atemporel!

Vous croyez que c’est tout?? Mes pauvres amis, vous n’avez pas encore entendu la fin de l’histoire! Elle vaut son pesant de cacahuettes! Non seulement chaque county de l’Indiana va être, dès avril 2006, dans une zone horaire différente, mais EN PLUS, à partir de 2007, l’Indiana ne changera plus d’heure d’été ou d’hiver NI en même temps que le reste du pays, NI en même temps que l’Europe (qui change deux semaines plus tard que les Etats Unis), mais UN MOIS après le reste du pays! Il faudrait inventer une nouvelle expression, parce que là, « bordel intégral » ne suffit même plus à exprimer le début des emmerdements dans lesquels l’Indiana est en train de foncer, la tête la première!

Mouahahahaha!

J’en ai marre du parmesan râpé qui a un goût de lessive en poudre!
J’en ai marre de la neige avant même qu’elle soit arrivée!
J’en ai marre de ne pas trouver de poisson frais ni même de pas frais, en fait!!
J’en ai marre de bosser comme une malade sans savoir si mon projet sera bon à mettre à la poubelle à la fin!
J’en ai marre de mes élèves qui bossent pas et qui s’en fichent!
J’en ai marre de ma maison qui continue de se remplir de poils de chats plus vite que l’aspirateur les aspire!
J’en ai marre de devoir me reveiller tous les matins!
J’en ai marre de toujours aller au même restaurant et de ne plus rien avoir à découvrir dans ce maudit champ de maïs!
J’en ai marre du bruit des camions poubelles, des aspirateurs de feuilles, et des voisins sourds-dingues!
J’en ai marre qu’il fasse encore nuit quand je vais au boulot et déjà nuit quand j’en sors!
J’en ai marre des milliers de trucs que je n’ai pas le temps de faire!
J’en ai marre de ne pas réussir à publier mon &/%£$*%£&/% d’article!
J’en ai marre de ne pas savoir faire la cuisine!
J’en ai marre de ne pas savoir ce que je deviendrai l’année prochaine!
J’en ai marre d’avoir mal au crâne quand je n’ai pas le temps de manger!
J’en ai marre de devoir m’acheter des fringues de temps en temps parce que je déteste ça!
J’en ai marre de la sève de sapin qui est tombée sur ma bagnole!
J’en ai marre de ne plus pouvoir rentrer en Europe avant que les poules aient des dents!
J’en ai marre de la pub qui est apparue sur mon blog sans que je sache d’où!
J’en ai marre du froid de canard qu’il fait déjà ici!
J’en ai marre de devoir sortir les poubelles, faire la lessive et la vaisselle, et nettoyer la baraque tout le temps!
J’en ai marre des gens que la musique pourrie qui passe à ma radio préférée!
J’en ai marre de ma chasse d’eau qui se coince tout le temps!
J’en ai marre de passer ma vie à corriger des copies et préparer des cours!
J’en ai marre de ne pas avoir de sous pour me louer des DVD le weekend quand je suis trop associale pour me sortir!
J’en ai marre de ne pas avoir plus de temps pour jouer avec mes chatounes!
J’en ai marre de ma vie de pignouffle!
J’en ai marre que le facteur ne m’apporte que des factures!
J’en ai marre de la violence, de la misère, de la déprime, de la pauvreté, de la souffrance, et de la corruption de ce monde!
J’en ai marre de tous ces gens à qui j’ai envoyé des demandes d’emploi et qui ne m’ont pas encore répondu!
J’en ai marre de ne jamais savoir comment m’habiller le matin!
J’en ai marre de ne pas pouvoir lire tous les livres que j’ai envie de lire!
J’en ai marre de l’ascenseur de l’école qui est foutu et des quatre étages à monter et descendre trois fois par jour!
J’en ai marre de devoir être sérieuse et adulte!
J’en ai marre de l’absence de tout produit civilisé et mangeable dans mon super-marché!
J’en ai marre des spams qui envahissent ma boîte aux lettres électronique!
J’en ai marre de mon compte en banque qui se vide toujours trop vite!

J’en ai marre d’en avoir marre!

L’autre jour, mes élèves et moi on en avait tous marre de parler de recherche, alors on a commendé plein de pizzas et on les a fait délivrer dans notre classe pour les manger au lieu de bosser! La petite discussion qu’on a eue pour savoir quelle était la pizzeria la moins chère, à combien on estimait notre total pour 25 élèves plus une prof si on voulait au moins deux parts chacun, et par conséquence combien chaque personne devait payer de sa poche pour participer non seulement au total mais en plus aux taxes, aux frais de « delivery, » et au « tip » (pourboire), a été bien rigolote… et quand le soir-même j’ai reçu ce message de mon amie Judy, j’ai vraiment rigolé!

Ou pleuré, je ne sais pas…

Alors voilà l’histoire de l’enseignement des maths aux Etats Unis. Je dois la raconter en anglais sinon c’est pas drôle mais voilà la traductions de quelques mots difficiles: un « logger » c’est à peu près un bucheron. Le « lumber » c’est le bois. Donc c’est l’histoire d’un bûcheron qui vend un camion plein de bois pour 100 dollars. Le problème de math typique.

Teaching Math in 1950:
A logger sells a truckload of lumber for $100. His cost of production is 4/5 of the price. What is his profit?

Teaching Math In 1960:
A logger sells a truckload of lumber for $100. His cost of production is 4/5 of the price, or $80. What is his profit?

Teaching Math in 1970:
A logger sells a truckload of lumber for $100. His cost of production! is $80. Did he make a profit?

Teaching Math in 1980:
A logger sells a truckload of lumber for $100. His cost of production is $80 and his profit is $20. Underline the number 20.

Teaching Math in 1990:
A logger cuts down a beautiful forest because he is selfish and inconsiderate and cares nothing for the habitat of animals or the preservation of our woodlands. He does this so he can make a profit of $20. What do you think of this way of making a living? How did the birds and squirrels feel as the logger cut down their homes? (There are no wrong answers.)

Teaching Math in 2005:
Un hachero vende una carretada de madera para $100. El costo de la producción es $80…

Comme mon papa et ma maman m’ont bien élevée, à la ferme avec le crotin de chèvre et le boudin fait maison et les légumes du jardin, je suis une fille bien et qui essaye de se nourrir correctement. Or, dans mon champ de maïs, on l’aura deviné, la mode n’est pas aux produits bios du terroire produits sur place par le fermier local le jour même. Non, ici c’est maïs transgénique et steak aux hormones ou rien! Donc quand par le plus grand des hazards je trouve enfin quelque chose d’organic (bio, en anglais), je me jette dessus avec la férocité d’une Sosso sur un morceau de fromage!

Cette fois-ci, ce sont des céréales que j’ai trouvées. Même truc que celles que j’aime bien manger le matin: cranberry cereals (avec des canneberges sèches, miam!). Et je dois dire que le label était tentant (cliquer sur l’image pour la voir en grand, ça vaut le détour): moins de calories, beaucoup moins de cochoneries artificielles, des trucs tout simples et naturels, que des bonnes choses, le rêve! Ici, tout a toujours besoin d’avoir des tonnes de trucs dedans, c’est jamais simple et fait avec des produits qui n’ont pas de numéros dedans ou de noms de bestioles transgéniques!

Hélàs, mal m’en a pris, cette fois! Alors que j’aime malheureusement beaucoup les céréales Post, malgré leur artificialité et leur affiliation avec Kraft et donc Philip Morris, les céréales Kashi, pour lesquelles j’étais prête à sacrifier Post, avaient le goût de popcorn avec des cranberries en plastique pas sucré trempés dans du lait. Immangeable! Et au bout de 30 secondes, le popcorn avait la consistence d’une purée de maïs blanchâtre, pour bébé. Ignoble! Oui je sais que le « crunchiness » (le fait d’être croquant pendant longtemps malgré le lait) est artificiel, chez Post. Je sais que je suis simplement habituée à trop de sucre, trop de colorants, trop de sirop de glucose, trop de partially hydrogenated oil, trop de goût rajouté, trop de vitamines artificielles… Oui c’est bien triste. Mais comment est-ce que Kashi peut penser que les gens vont abandonner Kraft pour aller manger leurs trucs qui n’ont ni le goût, ni la couleur, ni la consistence de céréales « normales »? Ce n’est pas étonnant si les gens ont de plus en plus de problèmes de poids, si on ne peut plus manger une pomme toute bête et qu’on ira chercher un semblant de pomme avec du suchrose cancérigène, des couleurs trafiquées, du goût renforcé, et du chocolat par-dessus pour « faire passer »! Où va le monde, si la normalité devient l’artificialité?

A la poubelle, Kashi! Pfff… je me déçois!

L’avantage avec les « waterbeds, » c’est que même les voisins deux étages en-dessous peuvent en profiter! Non, je ne parle pas du traditionel ressort qui fait cric cric quand les amoureux font crac crac, mais bien de ce qui fait tout le charme de ce type de lit: l’eau! Surtout quand on commence à remplir son matelas avec l’eau en question, un soir de fin d’été, et que l’on s’endort au milieu… avec l’eau qui continue de couler…

Quelle ne fut pas ma surprise, en ce guilleret matin déjà étouffant de chaleur et d’humidité (!), d’entendre quelqu’un frapper à ma porte à 6 heures du matin! En bonne fille que je suis, encore au lit et en pyjama, je n’allais point ouvrir! Je ne suis pas celle que vous croyez! Malheureusement, au moment où j’allais me rendormir du sommeil de juste, j’entendis que le « frappeur » était en train d’utiliser une clé pour ouvrir ma porte! Et que la porte en question s’ouvrait! Terreur! (Là, je dois interrompre l’histoire pour avouer que sur le moment, je n’ai pas trouvé etrange que quelqu’un ait MA clé; j’ai simplement pensé que quelqu’un s’était trompé d’appartement. Il était six heures et je dormais, je précise!)…

S’ensuivit le dialogue suivant (moi toujours dans mon lit, le mystérieux visiteur toujours à la porte):

miss lulu: Hey, c’est MA maison!
l’autre: Maintenance!
miss lulu: Il est SIX HEURES DU MATIN!
l’autre: grdfmiblahskvoisinbsdfiowbiolkahverifiersdfkhsfksh!
miss lulu: Mmmmmppphh, au revoir!
l’autre: Au revoir!

… Alors que je pensais pouvoir me rendormir illico, le doux son d’énormes aspirateurs passant et repassant dans le couloir finirent de me réveiller (et de terroriser mes chatounes!), et je commençais à me demander ce qui se passait et QUI avait bien pu venir chez moi comme ça! En sortant de mon lit et de chez moi, hirsute et les yeux à peine ouverts, je remarquais que la moquette du couloir était un tentinet humide… Et c’est là que j’appris la grande nouvelle du champ de maïs: mon voisin, le bizarre, celui qui vit tout seul avec un chat obèse, qui dort dans son salon parce que sa chambre est pleine de cartons jamais ouverts, et qui se balade parfois avec des yeux au beurre noir, celui-là même qui ne me tient jamais la porte ouverte et ne dit jamais bonjour quand on se croise dans le couloir… bref, ce voisin d’en face mais pas tout-à-fait (heureusement!), s’était endormi la nuit dernière alors qu’il remplissait son matelas d’eau… et l’eau avait continué à couler toute la nuit… Jusqu’à ce qu’à 4 heures du matin, le voisin du premier (rez, ici) appelle « maintenance » (les gens qui prennent soin de notre immeuble) pour dire que son appartement était innondé!

Et entre quatre et six heures du matin, les pauvres responsables (qui ont toutes les clés) étaient allés faire du porte-à-porte pour voir quels appartements, de côté et en-dessous, avaient été touchés (deux appartements par étage quand même!). Résultats des courses: deux des appartements du premier évacués (tout ça entre 5 et 6 heures du matin!), une armée d’aspirateurs d’eau, de nettoyeurs, et de déménageurs débarquant en trombe dans l’immeuble (toujours entre 5 et 6 heures du matin!), des gens gueulant dans les couloirs (entre 4 et 6 heures du matin, je le rappelle!), et tout un immeuble en émoi toute la journée!

Mon appartement n’a rien, merci de vous faire du soucis pour moi! Par contre, je me demande bien comment j’ai pu être aussi inconsciente et laisser un type entrer dans mon appartement sans même me lever pour voir qui c’était (peut-être que je rêvais que c’était Brad Pitt…)! Et j’ai appris une bonne leçon aujourd’hui: qui veut mettre un peu d’animation dans son immeuble peut toujours essayer de remplir son waterbed ;)

Lundi et jeudi matins c’est poubelles, et la pauvre Sosso est terrorisée!

Mardi et samedi matins, avec le retour de ça…

… c’est ça, juste sous mes fenêtres, pendant des heures:

… jusqu’aux premières neiges…

miss lulu: ah tiens, on est vendredi (samedi), ça serait chouette de faire quelque chose, ce soir…

miss lulu: oui allez, il serait temps que tu bouges ta graisse de temps en temps, tu fais jamais rien!

miss lulu: ben oui je sais, mais je suis bien chez moi, dans mon lit, avec un bon film et sosso sur le bide!

miss lulu: haha, laisse-moi rire! t’as jamais assez de tune pour te louer des films et tu regardes toujours les mêmes vieux trucs!

miss lulu: ouais… mais c’est des bons films quand même! mais bon c’est vrai…

miss lulu: tu sais très bien que j’ai raison! allez, fais quelque chose de toi, sors, vois des gens, va au cinoche, au restau, au concert, au théâtre, merdeàlafin!

miss lulu: oui oui oui… mais il pleut en plus, pis y’a pas de théâtre ou de concert, et l’essence est tellement chère que ça me fait râler de devoir retraverser la ville!

miss lulu: toujours des excuses! allez, fais-toi plaisir de temps en temps, tu as bien bossé cette semaine, tu mérites un petit moment sympa.

miss lulu: ouais c’est vrai! je pourrais aller dans un restau sympa, commander des tas des trucs délicieux, et les manger en corrigeant les copies de mes élèves…

miss lulu: ou tu pourrais lire un livre DROLE et INTERESSANT que TU choisis, pour une fois…

miss lulu: nan, pas le temps, faut vraiment que je corrige ces copies. sinon faut que je numérote tous ces questionnaires, mais là ça serait le boxon sur la table du restau…

miss lulu: pfff… toi alors, t’arrives toujours avec 150 trucs et c’est le fourbi partout et je suis sûre que tous les restaurateurs de la ville te connaissent!

miss lulu: et alors? ça me va très bien, qu’est-ce que tu veux que je fasse d’autre? regarder les autres clients manger? merci bien!

miss lulu: tu pourrais sortir avec quelqu’un, tu sais, ça se fait ce genre de truc, chez les gens normaux, avoir une conversation agréable tout en mangeant, et passer une soirée sympa en bonne compagnie…

miss lulu: mouais… et avec qui je pourrais faire ça, hein?? je veux pas sortir avec des mecs, et d’ailleurs j’en connais aucun de bien et pas déjà marié, et les trois filles que je connais sortent toutes avec leurs mecs à elles, alors!

miss lulu: skeuté chiante parfois! allez, on cause on cause, mais il est déjà presque 9 heures du soir et tout ferme à 10 heures dans ton bled, alors bouge-toi! va au restau avec tes fichues copies et basta!

miss lulu: ouais mais dans quel restau? franchement, outback j’y vais tout le temps et il fait froid, c’est sombre, et j’ai promis de plus manger de viande. heisei c’est trop loin et trop cher. olive garden c’est pas vraiment bien. khana khasana j’y vais déjà tout le temps, bientôt la proprio va me mettre un lit de camp dans la cuisine si ça continue. tous les autres trucs de la ville sont soit des mexicains pas terribles, soit des steakhouses, soit des fastfoods!

miss lulu: …

miss lulu: …

miss lulu: … ouaip, t’as raison, y’a vraiment rien de potable dans ton bled! mais quel trou, aussi! qu’est-ce que t’es venue faire ici ma pauvre??

miss lulu: …

miss lulu: … allez, merdeàlafin, faut que tu te casses d’ici, c’est plus possible, c’est la dèche, y’en a trop marre du champ de maïs, il est temps que tu ailles dans un coin civilisé!

miss lulu: ouais… en attendant, je vais aller finir le reste de glace à la pistache et regarder un vieux film pour la quinzième fois avec sosso sur le bide!

miss lulu: ptain quelle faignasse celle-là! … … bon… … ben alors apporte la glace rhum-raisins, hein, tant que t’y es! allez sosso, raboule!

Une de mes lectures préférées, quand j’étais gamine, en plus de La Petite maison dans la prairie (les bouquins, pas la série télévisée, la télé n’existait pas à l’époque), c’était Treize à la douzaine. C’était la vraie histoire d’une famille de 12 enfants, écrite par deux de ces enfants, et dont le père, Frank Gilbreth, est ingénieur industriel et invente plein de trucs géniaux pour faire gagner du temps à sa progéniture (surtout dans la salle-de-bain). Il utilisait aussi ses enfants pour des tas d’expériences bizarres et marrantes. Ce qui est drôle, c’est qu’il n’y a pas longtemps de ça, je me suis souvenue que plusieurs des enfants Gilbreth étaient allés à Purdue, et que Lillian Gilbreth, la mère, à la mort de son mari était devenue prof en génie industriel à Purdue (et est une des premières femmes à avoir obtenu un doctorat d’ingénieur!). Avec Armstrong (pas le cycliste, Neil) et Amelia Earhart, c’est une des célébrités de l’université! J’ai aussi appris que le système d’autoroutes utilisé aujourd’hui en Indiana avait été conçu, entre autre, par Frank Gilbreth. J’ai dû être profondément influencée par ce livre, sans m’en rendre compte, et c’est pour ça que j’ai choisi de venir étudier à Purdue!

Bref, ce que je voulais raconter c’est que les Gilbreth avaient un « homme à tout faire » un peu fou et qui s’appelait Tom. Tom avait un chat à qui il avait appris à sauter sur son dos quand il ouvrait la porte du frigidaire, pour aller sur le dessus du frigidaire boire son lait qui l’y attendait. Tout allait très bien dans le meilleur des mondes jusqu’à ce que Madame Gilbreth décide un jour de passer à la télévision (ils étaient vraiment célèbres!) et de montrer sa cuisine. Elle ne savait rien cuisiner, mais pour l’occasion elle avait décidé prétendre faire une tarte aux pommes en directe devant les caméras. Et bien sûr, au moment où elle a ouvert le frigidaire pour prendre le beurre, le chat de Tom, bien dressé, lui a sauté sur le dos et elle a hurlé de peur et tout laissé tomber par-terre devant l’Amérique entière.

Le souvenir de cette aventure m’est revenu ce soir, alors que je me disais que j’avais élevé une vraie tigresse! A peine suis-je dans la cuisine que Sosso arrive en courant, et elle saute sur mes genoux, sur le comptoire de la cuisine, dans le frigidaire, n’importe où où il peut y avoir de la nourriture! Elle attend impatiemment que je lui donne un petit bout de fromage, une assiette à lècher, un peu de glace rhum-raisin, des pâtes au pesto, du gratin d’aubergines, bref, d’absolument tout et n’importe quoi. Il n’y a rien qu’elle n’aime pas, à part la soupe micro-onde thailandaise.

En suivant l’exemple de célebrités avant elle, telles que Fifi brindacier, Suzie risquetout, et Dora l’exploratrice (admirez la culture!), j’ai bien peur que ma p’tite Sosso soit en phase de devenir Sosso la terreur!

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Heureusement que je n’ai aucune intention de passer à la télé, moi ;)

… où j’en ai vraiment marre de devoir me battre toute seule contre cette putain de vie depuis si longtemps!

- quand j’ai tellement mal aux jambes la nuit que je ne peux même pas me lever pour aller prendre un anti-douleur,
- quand je tremble tellement de fièvre que je n’arrive même pas à aller nourrir mes chats,
- quand j’ai une attaque de panique telle que je me demande si je ne vais pas mourir étouffée, là, toute seule,
- quand je me bats contre moi-même jour et nuit parce que j’ai plus envie de vivre mais je sais que je n’ai pas le droit de penser à ça,
- quand je suis trop épuisée pour me faire à manger et que de ne rien manger m’épuise encore plus et que je mange donc encore moins…
- quand je passe des nuits entière sans pouvoir dormir à me demander comment je vais réussir à finir ma thèse, payer mes factures, réussir à ce que mes élèves ne me détestent pas, continuer malgré ma santé pourrite, et graduer dans un an,
- quand je me prépare à faire des demandes d’emploi et que la seule chose qui passe et repasse sans fin dans ma tête c’est « t’y arriveras jamais, arrête de rêver, personne voudra de toi, »
- quand j’ai une chute brutale de tension et que je me retrouve étalée sur le carrelage de la salle-de-bain à vomir tout ce que je peux.

… mais d’un autre côté je me dis que je n’aimerais vraiment pas que quelqu’un me voit dans cet état…

Ladies and gentlemen, je dois vous faire des aveux bien tristes: je suis naze! Epuisée jusqu’à l’os, la corde, la moëlle, et le coeur d’artichaut. J’ai du jus de navet dans les veines, les muscles réduits en confiture, les os tout fondus, le cerveau en bouillie, et l’énergie d’un calamar neurasthénique échoué sur une platforme d’exploitation d’ydrocarbures par temps de canicule. En un mot comme en mille, j’ai l’impression d’avoir passé sous un rouleau compresseur.

Je lisais ce soir un vieux post qui date du 30 avril, à la fin du semestre de printemps… et où je faisais une liste de tout ce que je devais faire cet été. Et bien je l’ai fait, tout ça… à part bronzer et dormir! Je n’ai pas arrêté. Même pendant mes 10 jours en France en juin, je n’ai pas arrêté de bosser sur une demande de bourse que je devais envoyer quelques jours après, et en plus, avec la débacle familiale qu’on connait, on ne peut pas vraiment dire que ça ait été des vacances. Le reste de l’été, j’ai bossé à fond sur ma recherche, écrit 3 articles, dont deux qui ont déjà été acceptés, préparé et présenté deux présentations de conférences, lu des tonnes et des tonnes de bouquins et d’articles, me suis occupée de l’association dont je suis la présidente (budget, etc.), écrit cinq « proposals » pour des conférences de l’année prochaine, préparé deux nouveaux sites internet pour les deux cours que j’enseigne cet automne, suis allée dans le Michigan, le sud de l’Indiana, le Wisconsin, Paris, l’est de la France, la Belgique, le sud de la France, et l’Ouest de la France, ai appris deux ou trois trucs sur les statistiques, ai appris des tonnes de trucs pas faciles en psychologie, ai pris des tas de cours pour savoir me servir d’Excel, trouvé 40 directeurs d’écoles d’anglais qui ont accepté de participer à mon projet, envoyé 30 dossiers à 30 universités pour qu’ils acceptent que j’y fasse ma recherche, fini par me trouver un nombre totallement inconnu de participants dans une vingtaine d’écoles, écrit trois questionnaires, les ai testés et fait traduire en 12 langues différentes (traductions dont j’ai reçu la facture ce matin: $2050,28), ai envoyé ces questionnaires avec des lettres individuelles, des timbres (j’ai réussi à dépenser pour plus de $600 de timbres en deux jours!!), des étiquettes à mon adresse, et des enveloppes de retour de courrier à ces 20 écoles… lundi dernier…

Et là, au moment où on pourrait croire que je peux enfin respire deux minutes en attendant les réponses des participants, ben non. Les cours ont repris et j’ai beaucoup d’élèves, des pas faciles, et dont je devrai lire et noter des papiers de 5 pages chacun chaque semaine. Et ce soir, je suis allée à mon premier « job search meeting, » qui est une réunion pour apprendre comment chercher du boulot… et je dois dire que je suis complètement découragée. Cette semaine, il faut donc que je révise mon CV, finisse d’écrire une lettre de motivation (je suis trop nulle pour ça!!!), écrive un résumé de ma thèse, écrive un « teaching philosophy » ou explication sur ma façon d’enseigner, écrive des emails aux 4 personnes qui ont promis de m’écrire des lettres de recommendation pour leur demander de le faire rapidement, demande des « transcripts » (lettre officielle des écoles où je suis allée qui expliquent quels cours j’ai passé et les notes reçues) à deux universités, et écrive un « writing sample » de 20 pages pour montrer comment j’écris mal parce que je n’ai pas encore de bonnes publications. Et dès le début de septembre, des centaines d’offres d’emplois seront envoyées par des centaines d’universités, et il faudra que je les trouve et y réponde… Le temps qu’il faut passer pour répondre à UNE (un?) offre d’emploi est entre 8 et 10 heures. Le nombre de réponses qu’il faut envoyer, en moyenne, pour se faire inviter à 2 interviews dans les universités et finalement recevoir UNE offre d’emploi (si on a beaucoup de chance!), est de 40.

Je peux pas. Ce soir, je peux pas. Je suis trop naze!

J’ai reçu dimanche un drôle de coup de téléphone! Monsieur et Madame Grandsparentsdemisslulu ont adopté un chat! Et oui, tout peut arriver dans ce bas monde. Il paraît qu’il a trois mois, qu’il est noir et blanc, adorable, calin, téméraire, et qu’il s’appelle Appache. Appache le Valeureux même. Alors Monsieur et Madame Grandsparentsdemisslulu m’ont téléphoné parce qu’ils savent que je suis la reine de p’tits chats et ils voulaient me demander conseil. Je vais donc essayer d’écrire ici tout ce que je sais des chats, et j’espère que mes fidèles lecteurs rajouteront ce qu’il manque.

A la base, un chat à besoin de quatre choses: 1) beaucoup d’amour, 2) dormir, 3) manger, et 4) jouer. S’il a tout ça en bonne quantité, le chat sera un chat heureux. Regardons tout ça de plus près.

1) Les chats, surtout les petits, sont fragiles et ont besoin de beaucoup beaucoup de calins. Ils sont calins naturellement, mais si on les ignore ou les maltraite, ils ne viendront plus dans nos bras, ne se laisseront plus carresser, et seront très malheureux. Ils peuvent même arrêter de manger! Quand je ne suis pas là, ma Calinette ne mange pas même une croquette, alors je vous laisse imaginer son état après mes deux semaines en France en juin! Les calins n’ont pas besoin d’être « actifs. » Mes chatounes aiment bien se poser sur mes genoux quand je travaille, lis, ou regarde un film, ou sur mon bureau à côté de mon ordinateur en m’observant ou dormant, ou sur le comptoire de la cuisine où elles ont le droit d’aller, quand je fais la cuisine et que je mange. Elles ont besoin d’être dans la même pièce que moi, et ont besoin de tas de petits bisoux de temps en temps. Elles aiment que je leur parle et que je les brosse, aussi, pour éviter les poils partout, mais je sais que pas tous les chats aiment ça. Calinette aime bien que je lui gratouille la tête, tout près du nez, et les oreilles. Sosso préfère que je lui gratouille le bidon et le menton.

2) Un chat dort! Environ 70% du temps. C’est normal. Mais un petit chaton dormira beaucoup moins et sera plus actif qu’un chat plus vieux. Ce qui est marrant, je trouve, c’est que le chat dort n’importe où. Ma Calinette a un petit lit qu’elle adore, mais ça ne la dérange pas du tout de dormir sur la moquette dans le salon, sur mon lit, sur les fauteuils, et surtout sur la bibliothèque. Mais c’est quand même important qu’elle ait son petit coin à elle. Sosso adore plutôt dormir dans les petits endroits sombres comme ma penderie ou sous mon lit. Je lui ai fait une petite « niche » dans une de mes étagères, bien sombre, bien cachée, et elle adore s’y mettre. Elle n’aime pas beaucoup les « lits pour chats » ronds, parce qu’elle aime bien s’étaler de tout son long, pour dormir. Calinette c’est le contraire, elle aime se mettre en « boule » de chat. Quand elle était petite, Sosso dormait sur mon ventre, la nuit, et elle vient encore de temps en temps s’étaler sur mon ventre ou mon cou. Calinette ne dort jamais sur moi ou dans mes bras.

3) Manger, ah manger! Si on donne assez de nourriture régulièrement aux chats depuis qu’ils sont petits, ils apprendront à manger assez mais pas plus. Cela veut dire qu’on peut laisser un bol plein de nourriture pour partir deux jours, et je chat ne mangera pas tout le premier jour. C’est bien pratique. Sosso est comme ça, elle mange très peu à la fois mais souvent. Sinon on peut donner juste assez par jour tous les matins et/ou tous les soirs. Calinette ne mangera rien, même s’il y a quelque chose dans son bol, tant que je n’aurai pas mis de la nourriture à la bonne heure matin et soir et lui aurai fait un gros calin et dit « mange ma puce. » Elle mangera à sa faim, sans finir nécessairement son bol… et viendra me chercher le soir ou le matin suivant pour sa ration suivante. Pas besoin non plus de se réveiller aux aurores. Pendant l’année scolaire, je me réveille à six heures et donc les nourris à ce moment-là. Pendant les vacances, je veux dormir un peu plus longtemps donc les premiers jours sont difficiles parce qu’elles attendent (ou pas!) que je me réveille, mais au bout de quelques jours, elles sont habituées à ne se faire nourrir que vers neuf heures. Et ils leur faut toujours, toujours de l’eau bien fraîche! A part ça, Sosso veut toujours goûter ou sentir ce que je mange, et parfois, je lui donne un tout petit bout de fromage ou de gâteau, ou je lui laisse lècher mon doigt sur lequel il y a un peu de beurre, de chocolat fondu, ou de sauce tomate. Mais Calinette ne fait pas ça, c’est marrant, à part avec le yahourt!

4) Le chat a besoin de bouger. S’il reste dans un apartment, il faut jouer avec lui, le faire grimper et courir un peu, surtout s’il est jeune. Sosso, qui a bientôt un an, voudrait tout le temps jouer et elle me le fait bien comprendre. C’est mieux d’acheter des jouets pour chats plutôt que d’attendre qu’ils jouent avec les papiers, crayons, élastiques à cheveux, bobines de fil, fils électriques, sacs en plastique, et tout ce qu’ils trouvent partout. Et là, il faut faire très très attention où on marche, surtout si on a du parquet bien glissant! C’est bien d’avoir deux chats qui peuvent jouer ensemble, mais pour ça, il faut qu’ils s’entendent! Ah, c’est pas toujours évident, et même comme ça, ils veulent quand même notre attention. Les « arbres à chats » sont bien pour qu’ils se fassent les griffes dessus, sinon c’est le canapé et les rideaux qui y passent! Et ces coquines aiment se cacher, sauter partout, se courir après, essayer d’attraper tout ce qui dépasse, et même faire des blagues! Elles savent aussi m’apporter leurs jouets et m’emêcher de bosser pour que je joue avec elles!

Voilà pour la base. A part ça, il faut se souvenir qu’un petit chat c’est comme un bébé de deux ou trois ans. Ca comprend à peu près ce qu’on raconte (viens, mange, attends, arrête, non, allez zou, Sosso, Calinette, fais dodo, bisous, descends, t’as faim?, t’es où? gratouilles, etc.). Ca aime l’attention, et ça veut tout apprendre et découvrir le monde. Les chats iront partout où ils pourront aller, surtout si c’est dangereux! Et puis ça développe son caractère, un chat. Je sais quand Calinette boude, et quand elle en a marre que je la brosse, elle me donne un petit coup de patte… Et, comme les petits enfants, les chats sont innocents (ne comprennent pas quand on se moque d’eux, quand on est méchants, etc.), et n’ont pas beaucoup de mémoire. Si Calinette a fait une bêtise, ça ne sert à rien que je l’engueule 10 minutes plus tard parce qu’elle ne saura pas pourquoi je suis fâchée. Par exemple, je n’ai jamais permi à mes chats de me griffer! Quand je joue avec elles et qu’elles sortent leurs griffes, je leur dit « non! » tout de suite avec une petite tappe sur la tête et j’arrête de jouer. Au bout de quelques mois elles ont appris la leçon. Pareil pour sauter sur le comptoire de la cuisine. Et marcher sur l’ordinateur. Non!

Encore deux-trois trucs. Les chats sont naturellement propres, sauf s’ils ont été séparés trop tôt de leur maman. Donc surtout s’ils ne sortent pas dehors, il n’y a vraiment pas de quoi avoir peur. Calinette va dans sa caisse et se nettoye ensuite pendant 10 minutes à chaque fois! Elle se nettoye après avoir mangé, à chaque fois qu’elle se réveille d’une sièste, quand elle a beaucoup joué, et tout simplement n’importe quand pendant la journée. Si on a fait vacciner le chat et qu’on garde la caisse propre (le mieux c’est de la nettoyer tous les soirs, c’est fait rapidement avec un seul chat!), il n’y a aucune raison d’avoir peur de la propreté d’un chat. Pas besoin de le passer à la douche ou la machine à laver non plus ;) Pour leur apprendre à obéir (viens, arrête, etc.), la mailleure façon c’est d’avoir des petites gâteries et de leur en donner quand elles obéissent. Par exemple j’ai acheté une petite boîte de gâteries qui fait du bruit quand on la secoue. Au début, j’en donnait à Sosso en secouant la boîte. Et puis j’ai dit à Sosso « viens, viens ici ma Sosso » tous les soirs en secouant la petite boîte et elle arrivait à chaque fois en courant, alors je lui donnais une petite gâterie. Petit à petit, je continuais à lui dire « viens » mais lui donnais de moins en moins souvent de gâteries. Il faut parfois reprendre l’apprentissage, surtout après que je lui ai dit « viens » pour lui couper les griffes… après ça, elle se méfie pendant quelques jours.

Pour les griffes, je leur coupe celles de devant toutes les deux semaines, parce que je ne veux pas qu’elles détruisent complètement la baraque. Au début, il fallait que je les emballe dans une grande serviette de bain et je les assayais sur mes genoux contre moi pour leur couper les griffes avec ces ciseaux spéciaux pour chats. Il ne faut pas couper trop court sinon elles saignent et ça leur fait mal (au début c’est pas facile). Je leur donne toujours des gâteries pour les faire patienter, entre deux pattes et à la fin, et je leur parle toujours doucement en leur expliquant ce que je fais et en leur faisant plein de bisous sur la tête, et maintenant elles connaissent le système. Elles n’aiment toujours pas ça, mais je n’ai plus besoin de la serviette de bain pour qu’elles restent sur mes genoux.

Voili voilà. Je crois que c’est tout pour le moment. Qu’est-ce que j’oublie? J’ai oublié de dire combien il est bon d’avoir un chat! C’est une compagnie tellement douce et élégante, tellement mignonne et drôle, que je ne sais pas comment j’ai pu vivre tant d’année sans chat. Cet après-midi, je faisais la sieste et soudain, j’ai senti une toute petite tête se mettre dans ma main et commencer à ronronner… c’était tellement agréable et adorable! Et quand je rentre chez moi, je les vois qui attendent patiemment mon retour, et je leur dit « bisous » et elles courent sur le lit et on se fait plein de p’tits bisous sur le nez. Quand je prends une douche, je vois Sosso assise sur le trône (qu’il faut TOUJOURS bien fermer!!!) et m’observer… et parfois elle ose venir plus près mais elle n’aime vraiment pas l’eau! Je ne peux pas m’empêcher de sourire. C’est sûr que c’est pas drôle de nettoyer la caisse tous les soirs, mais c’est pas pire que de changer les couches d’un bébé, si on a une bonne petite pelle et des petits sacs adaptés. Et puis bon, on a des poils partout, surtout en été, mais on apprend à s’habiller avec les bonnes couleurs et puis il suffit de passer souvent l’aspirateur et d’avoir un de ces petits rouleaux à poils qu’on se passe dessus à chaque fois qu’on sort et voilà, pas de soucis. Ce sont vraiment les deux seuls « problèmes » que j’ai avec mes chatounes, et c’est un bien petit sacrifice que je fais en comparaison de tout ce qu’elles me donnent, tous ces moments chaque jour où je ne peux pas m’empêcher de rigoler, et tous ces petits bisous et ces calins!

Oui, mon été a été pourri! Quoi, « a été »? Ben oui, le travail payé (élèves, cours, réunions, tout le tralala) recommence déjà le 15 août, avec premier salaire de l’année scholaire le 15 septembre, ouéééééé, à moi la fortune!! Donc mon été a été pourri, à part mon petit voyage à Madison et la rencontre d’un monsieur très chouette (mais qui est marié, je le précise tout de suite) que j’avais très envie de rencontrer depuis très longtemps. Les problèmes avec ma recherche se sont accumulés les uns sur les autres sans répit, et mes tensions arterielle et nerveuse sont montées bien trop haut et bien trop vite. Mais mais mais…

Ce matin j’avais trop mal au dos et à la nuque, et je me suis dis merdoum, il est temps que tu te bouges le cul chère lulu et que tu prennes soin de toi! Ecoute ton corps, comme dit ma mère. Alors j’ai pris un rendez-vous pour un long massage. Cet après-midi! Ohhhhh que c’était bon! Mon corps entier me dit merci ce soir! Tout l’été j’en ai rêvé, d’un moment aussi relaxant et agréable!

Et en rentrant de mon massage, j’ai trouvé un gros paquet devant ma porte… et dedans, ohhhhhhh là là, c’était la caverne d’Ali Baba, la chasse au trésor, les mille et une nuits, le chat botté… heu non pardon, je m’égare là. Bref, c’était un gros paquet très lourd, bien emballé, et sur lequel Sosso a tout de suite jeté son dévolu. Et dedans, il y avait des tas de choses que je califierais de fromageuses, chocolateuses, délicieuses, fondeuses, miameuses, merveilleuses, savoureuses, et succuleuses! (Quoi je parle mal français? J’ai jamais prétendu le contraire, hein ;) ). Je vous laisse jeter un coup d’oeil au contenu du paquet mais pas touche, hein! Il manque les biscuits, sur la photo, parce qu’il n’en restait déjà plus beaucoup dans le paquet au moment de la photo et que je ne voulais pas avoir l’air gloutonne… et ça ne se voit pas, mais dix minutes après cette photo, il y avait un monstre trou dans le fromage!!! MONSTRE!!!

Merci mille mille mille mille fois kiara, c’est beaucoup trop et je ne mérite pas tout ça!!!! Mais c’est sûr que ça vaut tous les cheveux blancs et les ulcers que je me suis fait cet été :) Je recommencerais, si c’était à recommencer avec une telle récompense à la fin (enfin, au milieu du projet, en fait, mais à la fin de l’été, quand même). Mes cheveux blancs rougissent déjà de plaisir à la dégustation de ces pâtes italiennes divines avec cette sauce tomate avec des VRAIES feuilles de basilique dedans! Et mes ulcers sont déjà guéris à la vue (et à l’odeur!!) de ce fromage des dieux! kiara t’es trop gentille, je sais pas quoi dire!!! Et je sais pas comment te remercier!!!

Pour la petite histoire, les pâtes et le pesto sont vraiment italiens et je m’en suis émerveillée pendant un moment en admirant boîtes et petit pot joli où tout était écrit en italien… et puis je me suis tournée vers ce qu’il restait de biscuits et j’ai lu ce qu’il y avait écrit sur le paquet… et je me suis dit ouah, je comprends vraiment vachement bien l’italien!!! … jusqu’au moment où je me suis rendue compte que c’était de l’espagnol! Huhuh!

Pour l’autre petite histoire: la sauce tomate est divine avec les gnocchis!

Pour la troisième petite histoire: demain matin: fromage blanc et compote de pêche pour le petit déjeuner! Ouééééééé!!!!!

Finalement, cette journée a été tout à fait parfaite (enfin, j’ai pas écrit mon article urgent mais l’inspiration vient beaucoup plus vite quand on est bien nourri, non?) et un moment bien apprécié de mon été pourri! Petit massage du dos et petit massage du ventre… la vie n’est pas si mauvaise après tout :)

Pour la petite histoire finale: huhuh, je viens de finir ce post et je vais chez toi pour prendre ton adresse et la mettre en lien ici, et je vois que toi aussi, non seulement tu parles de bouffe, mais en plus tu as utilisé Ali Baba… les grands esprits estomacs se rencontrent ;)

Le mudslide, ou coulée de boue, très sympatiquement, c’est un petit cocktail très chouette que j’aime beaucoup. En fait, je n’aime pas du tout l’alcool (je dois en boire peut-être trois fois par an, vin inclu)… mais parmis les alcools que je connais, la vodka, le bailey’s irish cream, et le kahlua, je peux supporter. Et le rhum épicé aussi, mais ça c’est pas dans le mudslide. Bref. Pour le mudslide (ça peut vouloir dire glissades dans la boue, aussi), il faut d’abord des glaçons:

Ensuite, il faut de la bonne vodka, autant qu’on veut (j’ai jamais goûté à la grey goose, mais la finlandia m’est chère pour des raisons historiques et amoureuses, huhuh):

Et puis un peu de kahlua, ça dépend de combien on aime le goût du café, moi je suis pas fan mais un peu c’est délicieux. J’ai découvert le kahlua, qui est de la liqueur de café, au Mexique, dans un dessert divin: glace à la vanille mélangé au kahlua! miam!):

Ensuite, une grande rasade de bailey’s, le meilleur de l’histoire (probablement le seul alcool que j’aime quand même vraiment, à part la liqueur de cassis):

Et enfin, il faut mettre plein de lait ou de crème, si vous n’avez pas peur de prendre quelques kilos:

A déguster devant un bon film. Moi j’ai regardé « I am with Lucy » hier soir, avec mon mudslide, et c’était absolument parfait! J’ai pas terminé mon verre, hein, c’était un peu beaucoup, mais le film était excellent!

Après de nombreux jours passés à des températures qu’on pourrait qualifier de mortelles, les nuages sont revenus et le thermomètre a un peu remonté dans l’estime de nos concitoyens. Ce matin à 8 heures il ne faisait que 28 degrés celcius et à 16 heures à pein une petit 35. Bientôt on se croira Groenland si ça continue!

L’étude internationalement importante de miss lulu continue de commencer mais a du mal à acquérir la qualité nécessaire pour devenir une étude de qualité et d’importance internationale. Son enthusiasme étant inversemment proportionnel à son découragement, et l’efficacité des gens avec qui elle travaille étant aussi infiniment glorieux que ce qui lui reste sur son compte en banque, les choses n’avancent pas à tombeau ouvert. Ce n’est pas encore demain que les vaches rentreront seules à l’étable, que les poules auront des dents, ni qu’il gèlera en enfer.

Calinette et Sosso ont décidé de pêter un plomb chacune. Se traduisant par: la démolition systématique de tout ce qui se trouve dans l’appartement de miss lulu, des déchirages et griffages de peau, de sacs en papier et en plastique, de vêtements, de moquette, de rideaux, et de sofas, des mangeailles en cachette d’absolument tout à part la soupe taïlandaise au micro-onde, des concours de saut en hauteur, en largeur, et en longueur si possible pour attérir sur l’estomac, la vessie pleine, la figure, ou les nibards de miss lulu toutes griffes dehors, et autant d’autres exploits que seuls deux chats qui ont mangé du lion seraient capables d’égaler!

L’état sus-mentionné dudit compte en banque étant aussi navrant qu’un chien abandonné sous une pluie battante, le frigidaire de miss lulu se retrouve lui aussi dans une situation que l’ont pourrait déclarer d’affligeante, navrante, ou même encore fâcheuse. En outre, le radiateur et la transmission du fidel tacot de la résidence ayant décidé de révolutionner le schmilblick avec une frénésie digne d’un sauveur de liberté mondiale en croisade contre le mal, il est une nouvelle fois prouvé que l’argent est préférable à la pauvreté, ne serait-ce que pour des raisons financières, comme le clamait si bien ce cher Woody.

Pour ces raisons et oh combien tant d’autres que nous tairons par pudeur et vanité, ce blog et son auteur ont décidé de se complaire dans la panade, la dèche, le massacre à la tronçonneuse, et la déréliction avec fierté, ivresse, et langueur. Si nous aurions su nous ne serions pas venus, et si nous ne serions pas venus, mes liones n’auraient pas tout démolu, mes projects n’auraient pas merdu, la banque ne se serait pas fâchu, la bagnole n’aurait pas pétu, la chaleur ne m’aurait pas fait fondu, et je ne serais pas votre préférée miss lulu toute étourdue en train de vous raconter mes bévues!

Y’a des trucs dans la vie qui sont trop bizarres. Comme moi, par exemple. Et trop bête aussi… mais ça je le savais depuis longtemps! Donc j’avais un miroir, tout bête, tout normal, sympa et pratique, pas trop moche, et qui marchait très bien pour un miroir, y’avait rien à redire. Et un jour, il est tombé et s’est un peu cassé et a perdu son cadre. Bon, j’me dis trop rien, il marche toujours, je suis pauvre, je vais pas faire la difficile, je garde mon miroir fidel. Quelques années plus tard, je me suis assise dessus et l’ai cassé un peu plus… bon… il en restait 1/3 qui marchait toujours, et entre temps, je n’avais pas réussi à en trouver un aussi bien, donc tant pis, on va pas faire la difficile, je l’ai gardé.

Ce soir, il est encore arrivé une aventure à mon beau miroir. Il y avait une grosse mouche qui volait dans ma chambre et m’énervait bien. Sosso et Calinette aussi était bien énervées et essayaient de l’attrapper en faisant des petits bruits bizarres et en sautant partout dans la chambre comme des folles. A un moment, la mouche s’est mise dans ma lampe de chevet… et a commencé à faire bzzzz bzzzzzz en tournant comme une folle en se cognant contre l’ampoule et tout. Et moi, petite maline que je suis, je me suis dit que j’allais la garder pour Sosso et Calinette et j’ai mis mon miroir sur la lampe retournée, ampoule vers le haut, comme le couvercle sur une casserole…. huhuh… Au bout de cinq minutes, la mouche avait réussi à s’echapper par je ne sais pas où, Sosso et Calinette étaient toujours en train de démolir la baraque, et l’odeur douçâtre et toxique qui s’échappait de ma lampe m’avait prévenue que mon miroir… était… tout fondu! Ah ben oui! C’est ce qui arrive quand on met du plastique sur une ampoule brûlante!

Bon, je regarde le trou, je regarde le miroir, je regarde la coulée de plastique noir sur l’ampoule, et je me dis qu’il marche encore très bien ce miroir, y’a aucun raison de le jeter… Oui je sais, je dois avoir un problème psychologique sérieux à quelque part, comme on dit en Suisse. Mais ça fait tellement longtemps que ce miroir et moi on est ensemble! On a partagé le meilleurs et le pire de ma vie! Il a vu tous mes boutons et quelques explosions comédoneuses historiques, mes cheveux gras, mes beaux yeux, mes sourires de chochottes, mes noirs sourciles se faire épiler rageusement, multiples couleurs appliquées avec précision sur mes lèvres dodues, mes jolies coiffures pour sortir avec les garçons, quelques cicatrices accidentelles, mes yeux rougis par les larmes, ma peau délicate de jeune fille, et il a été le premier témoin de mes rides naissantes et de ma cellulite envahissante! Alors c’est dur de se séparer quand on a vécu autant ensemble, et des choses si personelles, surtout! Ce soir, je me sens déchirée entre la raison et la fidélité, la sagesse et l’opiniâtreté, la précarité et l’immortalité. Mon Dieu que la vie est dure parfois…

Vie homérique. Petite tornade… conférences jeudi, vendredi, samedi, et de mercredi à samedi la semaine prochaine aussi, mais à Madison cette fois… rien de préparé… angine qui débarque… gros orage… désastre du côté de la recherche… encore une méchante tornade… stress total et de pire en pire depuis des semaines… sirène qui perce les tympans, orage multidimentionnel, invasion furieuse de pluie par la boîte à air conditionné. Sosso est curieuse. J’ai trop mal à la tête.


Première seconde…


Deuxième seconde…


Troisième seconde…


Cinq minutes après…