Wed 6 Dec 2006
Quand j’Ă©tais gosse (pardon, on ne dit pas gosse en quĂ©becois, ça veut dire autre chose
), donc quand j’Ă©tais enfant, en Suisse, on se faisait parfois un “diner suisse” le soir (ce qui est une contradiction gastrolinguistique, puisque si c’Ă©tait vraiment suisse, ce repas se serait appelĂ© “souper suisse” puisque le diner est Ă midi et le dĂ©jeuner le matin, soyons logiques). Bref, ce repas mal nommĂ© mais dĂ©licieux comportait des pommes-de-terre en robe des champs (aussi appelĂ©es pommes-de-terre en robe de chambre), plein de fromage, du pain, et du chocolat chaud si on avait Ă©tĂ© sages. Aaahhh que c’Ă©tait bon!!!
Ce soir, j’ai donc dĂ©cidĂ© de me faire un “diner quĂ©becois,” (qui est lui aussi une contradiction gastrolinguistique puisque si ça avait vraiment Ă©tĂ© quĂ©becois, ça se serait appelĂ© “souper quĂ©becois” (puisque le diner est Ă midi et le dĂ©jeuner le matin, restons logiques), mais on va pas pinailler)! L’idĂ©e m’en est venue après avoir vu le post de Nat ce matin. Je me suis dit que zut, j’allais moi aussi m’acheter une “stollen” (gâteau de NoĂ«l avec des fruits confits et plein de sucre dessus et qui vaut 250000 calories Ă la bouchĂ© mais dont je me suis empiffrĂ©e Ă chaque NoĂ«l de mon enfance suisse et que je n’ai jamais trouvĂ© aux Etats Unis).
Je suis donc allĂ©e Ă mon Loblows favorit (le supermarchĂ© oĂą je fais toujours mes courses) et lĂ , j’ai vu tout un Ă©talage de fromages “quĂ©becois”! “Mangeons notre belle province” ou quelque chose comme ça, y’avait marquĂ© partout! La fromageolique que je suis n’a pas pu rĂ©sister mĂŞme une seconde (dans mon cerveau, y’a toute une section qui ne se rĂ©veille qu’au mot “fromage” et qui, lorqu’elle s’Ă©veille, fait passer le reste du cerveau en mode “off.” Les symptĂ´mes en sont bien connus: je deviens gaga, toute folle, impatiente, j’ai les yeux qui s’allument comme des phares Ă brouillard, et je dĂ©pense des fortunes en fromages sans rĂ©flĂ©chir… et je n’ai ensuite aucun remors). Bref, j’ai achetĂ© du Grand DĂ©lice et de l’Oka, pour mieux connaĂ®tre le goĂ»t de mon nouveau pays, ainsi qu’un peu de bon pain.
Avec un bol de soupe Ă la courge faite maison (miam, en hiver c’est ce qu’il y a de meilleur!), j’ai testĂ© les fromages très scientifiquement et prĂ©cisemment: en les mangeant! RĂ©sultats des courses? Le Grand DĂ©lice (qui n’est mĂŞme pas sur la liste des fromages canadiens de Wikipedia!), c’est comme un Roblochon (en plus haut) trop blanc et trop salĂ©. Bof. Et l’Oka, c’est Ă pâte un peu plus dure que le Grand DĂ©lice, un peu comme le Morbier, et très salĂ© aussi, mais c’est pas mal, je pense que j’arriverai Ă aimer ça au bout de quelques kilos
En tous les cas, Sosso et Calinette ont adorĂ©! Et avec une (hum…) petite tranche de stollen pour finir, je dois avouer que moi aussi j’Ă©tais assez satisfaite de mon diner quĂ©becois!



