boulot boulot


Beaucoup de gens me demandent pourquoi je ne cherche pas de travail en France ou en Suisse. Il y a trois réponses: 1) parce que j’aime vivre en Amérique du Nord, 2) parce que je n’ai vécu en France que jusqu’à mes huit ans et je ne me vois pas vivre en France, et 3) parce que cela semble tout simplement impossible, pour le moment. Pourquoi?

Un jour, j’ai reçu un email de quelqu’un qui finissait un doctorat en France et qui voulait un boulot aux Etats Unis. Cette personne me demandait comment se passait la fin d’un doctorat et la recherche de boulot aux Etats Unis. Et c’est là que je me suis vraiment rendue compte que rien, rien n’était pareil des deux côtés de l’Atlantique! Et que ce n’était pas demain la veille que je pourrais trouver un boulot en Europe!

J’ai déjà expliqué en gros comment on arrivait au PhD (doctorat) et quels étaient les effets secondaires de ce genre d’entreprise… Aujourd’hui, je voudrais expliquer ce qui se passe vers la fin du doctorat: la recherche de travail.

En général, quand on est doctorant, on travaille déjà, en tous les cas à mi-temps. Quelques personnes ont des bourses, mais en gros, le boulot fait partie des études, qu’on bosse dans un labo, qu’on fasse de la recherche pour un prof, ou qu’on enseigne l’espagnol, les maths, ou l’histoire de l’art. Ce système fait en réalité tourner les université: les « grad students » (étudiants en Master’s ou en doctorat) travaillent à mi-temps pour se payer les études, et par conséquence, ils n’ont pas besoin de se faire payer beaucoup ni de se faire respecter ni de se faire offrir de « benefits » (retraite, assurence maladie, etc.). Ces grad students font en gros le boulot que les « vrais » profs ne veulent pas faire. Bref, on se fait exploiter. L’avantage de ce système, quand même, c’est que l’université coute moins cher (environ 50% de moins) et qu’on a déjà pas mal d’expérience quand on reçoit son diplôme.

A la fin d’un doctorat, donc, on travaille à mi-temps. En plus de ça, les cours sont terminés, donc on bosse à fond sur un travail de recherche et une « dissertation, » la thèse de doctorat. La complexité et la longueur du projet de recherche et de la « dissertation » dépendent beaucoup des départements et des universités. Pour moi, je dois écrire entre 300 et 500 pages, et ma recherche n’est pas complexe comme si je faisais de la chimie ou des maths, mais c’est complexe de part le nombre de personnes avec qui je travaille et qui participent à ma recherche, et aussi à cause de l’importance des résultats de ma recherche à très grande échelle. Un jour je reparlerai de ça. En plus, ma recherche couvre non seulement la linguistique mais aussi la psychologie et les statistiques… qui sont des domaines où j’ai beaucoup moins d’expérience et de connaissance.

La dernière année de doctorat, en plus du boulot et de la « dissertation, » on doit chercher du travail. On peut finir un doctorat quand on veut, à la fin de n’importe quel « semestre » ou « term » ou « quarter » de l’année. Encore une fois, ça dépend des universités, mais à Purdue je peux « graduer » en décembre, en avril, ou en août. Mais si je trouve du boulot en temps que prof dans une université nord-américaine, mon contrat commencera fin août ou début septembre. Après la défense de ma « dissertation » (soutenance de thèse), il y a une cérémonie de fin d’études, la « graduation, » dont j’ai déjà parlé avant, avec le petit chapeau et la robe noire et tout le baratin. Ensuite, il n’y a plus rien entre la graduation et le nouveau boulot, c’est-à-dire qu’il n’y a aucun concours. Chaque université recrute les personnes qu’elle veut et de la façon qu’elle veut. Et les candidats envoient leurs dossiers de candidature là où ça leur chante.

Pour trouver un boulot, donc, il faut commencer à chercher un an à l’avance. Il y a des listes sur internet où sont publiées les offres d’emploi et qui paraissent début septembre. Chaque université et département suit plusieurs étapes, et ces étapes peuvent changer un peu, ainsi que les dates limites pour chaque étape, mais en gros, il faut d’abord envoyer un dossier avant octobre ou novembre. Dans ce dossier, il faut en général mettre une lettre de candidature, un CV, des publications, et deux ou trois autres trucs du genre. Ensuite, après la première selection, les universités vont soit nous dire bye bye, soit prendre contact pour une « job interview, » un premier entretien d’embauche. Ce premier entretien peut avoir lieu soit sur place (c’est rare), soit lors d’une conférence nationale ou internationale (raison pour laquelle je suis allée à Washington la semaine dernière), soit par téléphone. Et par téléphone, c’est la galère! Il y a toujours au moins deux personnes qui participent à l’entretien et posent des questions, même si c’est par téléphone… et ce n’est pas toujours facile. Ce premier entretien peut durer de 30 minutes à une heure, environ, et a généralement lieu en décembre ou janvier.

Ensuite, soit on nous dit bye bye, soit on a la chance d’être invitée à une « campus visit. » Ces visites ont normalement lieu entre février et avril. Là, c’est le grand shlem! Ces visites durent en général un ou deux jours complets, sur le campus de l’université qui embauche. Pendant cette visite, on rencontre tous les profs du département où on veut travailler, tous les directeurs, les « deans » et les « chairs, » les chefs et les sous-chefs et les grands chefs, et aussi les élèves du département en question. On doit aussi faire deux présentations. La première, c’est un « teaching simulation, » donc on nous met devant une classe qu’on doit enseigner pendant une heure ou deux. La deuxième présentation, c’est une présentation sur notre recherche, et n’importe qui de l’université peut y assister. Ces « campus visits » sont terriblement fatiguantes et stressantes, parce qu’on n’a en général pas une minute à soi entre 7 heures du matin et 10 heures du soir. Même les repas sont pris en compagnie des membres du committé d’embauche, p’tit dèj inclu! Il faut être super bien habillée et souriante et répondre à dix mille questions et en poser cinq mille et paraitre intelligente et tout ça pendant deux jour non-stop! Il y a en général deux ou trois candidats qui sont invités à des « campus visits » pour chaque position (pas en même temps).

Ensuite, soit on nous dit bye bye soit on nous dit que oui, on a le boulot. Là, il faut savoir être intelligent… et c’est pas évident. Soit on veut le boulot et il ne reste plus qu’à négocier le salaire et les « benefits » et tout ça, soit on attend encore la réponse d’autres universités… donc on essaye de faire trainer les choses en longueur. En ce qui me concerne, je suis très embêtée parce que le Canada est environ deux mois en retard par rapport aux Etats Unis, ce qui veut dire que je peux avoir une offre d’une université américaine alors que je suis tout juste en train d’avoir un premier entretien par téléphone avec une université canadienne. Même aux Etats Unis, certaines universités sont en avance sur les autres. Par exemple une copine a déjà reçu une offre de Purdue il y a quelques semaines de ça, alors qu’elle attend encore des réponses de plusieurs autres universités, et donc elle a du mal à se décider à signer le contrat avec Purdue qui n’était pas son premier choix. D’un autre côté, c’est très risqué de trop attendre… Les très grandes universités vont aussi en général plus vite que les plus petites, parce qu’elles ont plus d’argent et de resources, et aussi parce qu’elles veulent les meilleurs candidats avant qu’on leur offre un contrat ailleurs.

Ce que je trouve intéressant, c’est qu’on cherche un boulot bien avant d’avoir fini ses études. La première question qu’on me pose à tous mes entretiens est « est-ce que vous êtes sûre de pouvoir finir vos études avant septembre prochain? » et je dis toujours que oui, bien sûr. Mais bon, rien n’est jamais sûr. Souvent, même si on n’a pas terminé ses études mais presque, on peut quand même commencer à bosser, mais on se fera payer beaucoup moins et le contrat ne sera que pour un an au lieu d’être permanent comme il le serait si on avait fini ses études.

Voili voilà. C’est là où j’en suis. Comme dit ma prof, c’est encore tôt dans la « job search season, » ce qui me fait penser à la « hunting » season, la saison de la chasse… J’ai envoyé des dossiers de demandes d’emploi à 38 universités différentes (dont huit ou neuf canadiennes, je crois) et j’en enverrai encore deux ou trois le week-end prochain. J’ai déjà reçu neuf réponses négatives (dont deux canadiennes) et eu quatre entretiens, dont deux par téléphone, et j’en ai encore un le 19… et j’espère plusieurs autres bientôt. On croise les doigts!

Petit récapitulatif:

- septembre – novembre: trouver les offres et envoyer les dossiers de demandes d’emploi,
- décembre – mars: avoir les premiers entretiens et les « campus visits » si on a de la chance; envoyer les derniers dossiers,
- mars – août: avoir les derniers entretiens et « campus visits » et signer un contrat, soutenir sa thèse, et graduer!

Ce n’est pas difficile. C’est juste long, fastidieux, et stressant! En règle générale, dans mon département à Purdue et si on a beaucoup de chance, on a entre quatre et huit entretiens pour chaque 40 dossiers envoyés. Et une offre de boulot pour chaque six entretiens. Si on a beaucoup de chance.

Merci mille fois à Arno pour son aide précieuse et sans laquelle je n’aurais jamais pu ouvrir ce nouveau blog!

En janvier 2002, j’attendais la réponse de Purdue pour savoir si j’étais acceptée en doctorat ou pas. 2001 avait été de loin la pire année de ma vie, et j’avais besoin de quelques bonnes nouvelles. Mais j’avais peur. Tellement peur, en fait, que j’avais l’impression d’être au pied d’une montagne gigantesque que je n’arriverais jamais à franchir. Peur de ne pas être acceptée mais en même temps peur de l’être. Peur de ne pas être à la hauteur, de ne pas y arriver, de décevoir ceux qui m’aiment, de me décevoir. J’avais tout simplement envie de disparaître de la surface du monde, de me faire toute petite et me cacher dans un trou de souris, de fermer les yeux et tout oublier, tout simplement.

Aujourd’hui, bientôt quatre ans plus tard, je me trouve non plus devant une montagne gigantesque, cette fois-ci, ni devant une immense muraille qui n’en finit pas, mais devant un mur de Berlin vengeur et violent et impossible à approcher, impossible à dépasser. Ce n’est pas comme une montagne, pour laquelle le premier pas est difficile et qui demande de la force et du courage. Non. Cette fois, le premier pas peut me tuer. Le deuxième aussi! Et même si j’arrivais de l’autre côté vivante, je pourrais encore y laisser ma peau! Il n’y a pas seulement mon égo, en face de moi, il y a l’ennemi.

Je ne veux pas avoir à y faire face. Je veux arrêter les pendules, changer les règles du jeu, inverser le cours des planètes. Je ne veux plus rien voir, plus rien entendre, plus rien savoir, plus rien être. Je ne veux pas me forcer, me pousser, me faire humilier, me sentir bête, ne pas être à la hauteur, décevoir ceux que j’aime, sourire quand je veux pleurer, devoir prouver quoi que ce soit, me dire que je peux y arriver et ne pas y arriver. Je veux m’évaporer dans l’air froid, me fondre dans la neige, dormir avec mes chats jusqu’au printemps, et tout oublier pour toujours.

Ce matin, Blognome et moi sommes allés au boulot. Blognome était très timide, parce qu’il a dit que mes élèves étaient très intelligents et que lui, il avait seulement fait des études internationales mais pas d’ingénieur! Et le petit coquin, pendant que j’enseignais, a pris quelques photos en cachette de mes élèves!

Mes élèves ont travaillé dur aujourd’hui, c’était même en fait assez rigolo. Pour un de leurs projets, ils doivent choisir un article scientifique dans leur branche, et l’analyser en détail. Mais comme je suis une prof méchante et que je ne comprends rien à leurs articles de chimie, physique, et autres neuropsychoarchéologies, je leur ai dit que leur premier devoir était d’expliquer leur article à quelqu’un qui n’y connaissait rien!

Ils étaient donc en paires, avec un autre élèves qui n’était pas du tout dans leur branche (l’ingénieur nucléaire avec l’entomologue, etc.), et ils devaient expliquer tous les termes compliqués et l’expérience décrite dans leur article jusqu’à ce que l’autre comprenne! Haha, c’était génial de les écouter! Malheureusement, Blognome n’a pas osé prendre de photos de de plus d’élèves ni de l’autre classe dans laquelle je suis prof… une prochaine fois peut-être!

Ensuite, Blognome et moi somme allés prendre un « late lunch » à Panera, qui est un endroit sympa avec des salades, des soupes, des sandwiches, et des gâteaux presques normaux…

Donc on s’est partgagé une bonne soupe à la pomme-de-terre et un petit gâteau aux pommes qui n’avait pas l’air mauvais… Mais en fait, ce qui aurait dû être de la pâte feuilletée était en réalité de la pâte à pain, donc c’était bof bof comme dessert. Blognome m’a raconté ses voyages en France et les délicieuses pâtisseries auxquelles il avait goûté, et je lui ai dit qu’il ferait mieux de se taire spèce de p’tit malin!

Après ce petit repas frugal, je suis allée me faire faire un massage de mon dos bien fatigué et foutu de passer 15 heures par jour devant l’ordinateur ou à quatre pattes sous mon lit pour jouer avec mes chatounnes. Pendant ce temps, Blognome a fait le tour du quartier et il a découvert… une maison… disons… un tantinet patriotique!

Après ça, on est allés faire les courses. J’ai appris à conduire à Blognome qui m’a dit qu’il avait seulement appris à conduire une moto mais jamais une voiture.

On a failli avoir deux-trois accidents mais rien de grave, il se débrouille assez bien finalement, et on est arrivés sans encombres à mon petit magasin préféré: Target (qui rime avec braguette).

Là, on a d’abord acheté du parmesan râpé ignoble au goût de carton parce qu’on ne trouve rien de mieux dans ce sacré champ de maïs (Blognome n’en revenait pas!).

Mais par contre, pour la première fois, j’ai vu de la sauce tomate BIO (organic) dans mon supermarché!!! Il y a de l’espoir! Je ne trouve pas de parmesan mangeable (et encore moins du bio), mais il y a des pâtes bios et de la sauce tomate bio, maintenant!!! Blognome était bien content pour moi!

Et finalement, on a acheté… heu… moi je ne voulais rien vous dire mais Blognome a insisté… mais vous ne le voyez pas, là, hein?

Et là? Noix de coco-banane, fraise-chocolat blanc, ou crème brûlée peut-être? ou bien préféreriez-vous ananas-noix de coco ou noix de pécan-caramel? Blognome a décidé d’essayer celle au chocolat-peanut butter (beurk, il peut se la garder!) et moi, bien sûr, j’ai pris… heu… pistache… et mangue :)

Au dernier moment, je me suis sentie coupable de nourrir si mal ce pauvre Blognome, donc on a acheté un grand cageot de clémentines (ça fait seulement un ou deux ans qu’on en trouve dans mon champ de maïs, alors j’en profite, ça me rappelle mes Noëls européens!) et on les a presques toutes mangées pour le dîner de ce soir! Miam! (J’adore cette photo parce qu’on voit ma petite Sosso aux yeux de braises derrière Calinette et Blognome).

Voilà, ce soit on a loué plein de DVDs et on a regardé les premieres épisodes de Nip / Tuck (beurk beurk, faut avoir l’estomac bien accroché pour regarder ça!!) et c’était notre journée du lundi. Cette semaine, le week-end commence mercredi grâce à Thanksgiving, et jeudi tout sera fermé, alors demain, je vais emmener Blognome dans mon coin favorit de mon champ de maïs… Qui devine? En attendant, Blognome et moi on vous embrasse bien fort et on va se coucher!

Tout d’abord, je voudrais dire à ces crétins de politiciens Hoosers (c’est-à-dire de l’Indiana) qu’ils me font vraiment CHIER avec leurs histoires de zones horaires. Eh oui, je me suis encore fait avoir et ma légendaire manière d’arriver toujours en avance n’a pas payé, cette fois-ci, puisqu’au lieu d’être une heure et demi en avance, j’ai été deux heures et demi en avance! J’avais repéré un petit restaurant japonais qui avait l’air sympa, pour aller y manger après l’interview l’entretien (soirée entièrement japonaise!), mais là, quand j’ai vu que mon interview entretien n’aurait pas lieu à 18 heures mais à 19 heures, et qu’il me faudrait encore trois heures pour rentrer chez moi, je me suis dit merdzutfluttrompètéguitare, et je suis allée bouffer une salade césar à la noix et un petit cheesecake au restau de l’hôtel dans lequel avait lieu l’interview l’entretien avant l’interview l’entretien en question. Nul… mais pas mauvais, quand même, le cheesecake ;)

Bref.

J’avais à peine déscendu les escaliers de chez moi que je me suis rendue compte que je portais un joli costume noir avec une petite chemise rose, le tout très classique et professionel, mais qu’il aurait mieux valu que je porte une jupe au lieu d’un pantalon, surtout pour un interview entretien japonais. Trop tard… et de toutes les manières je ne porte jamais de jupe.

Et puis le voyage s’est bien passé, sauf que cette fois-ci, j’ai décidé de prendre l’autoroute payante et avec moins de travaux… et qu’il y avait effectivement beaucoup moins de travaux mais tout autant d’embouteillages, et surtout, j’avais oublié qu’il fallait la payer, celle-là! Au premier péage, c’était 15 cents, et ça allait… au deuxième, c’était 50 cents et ça allais encore… mais au troisième, il me restait seulement $1.50 et le péage était de $2.50. La madame a donc dû me faire une facture spéciale en prenant toutes les informations sur mon permis et ma plaque et tout (avec les gens derrière qui attendaient…) et je dois leur envoyer un chèque pour $2.50. Haha, la honte!

Ensuite, je sais que certains pensent que ras le bol des photos de champs de maïs et d’autoroutes, mais franchement, un voyage de miss lulu sans photos de champs de maïs et d’autoroutes, c’est pas un vrai voyage de miss lulu! Et puis cette fois j’ai fait un effort pour vous montrer les magnifiques paysages de Gary, Indiana, la zone industrielle la plus sordide des Etats Unis. Alors vous y avez encore droit cette fois, mais j’ai de ne pas trop en faire, hein ;) (et en plus, grace à moi, mes lecteurs connaitront bientôt chacun des 2’384’362 champs de maïs de l’Indiana! Pas tout le monde peut en dire autant!)

Surtout que cette autoroute-là c’est quand même pas n’importe quoi, et à chaque fois que j’y passe, je suis sous le charme!

L’interview. Oui. Que dire? C’était mon premier interview entretien de boulot, pour de vrai, mais je n’avais pas vraiment la trouille. Je n’ai pas peur des gens ni de ce qu’ils pensent de moi, et de toutes les manières, je ne veux pas de leur job, donc c’était en observatrice, plutôt, que j’y allais. Une jeune femme m’a conduite dans un petit coin tranquille de l’hôtel où un vieux monsieur, qui est le directeur de l’université en question, m’attendait. Il était très gentil, mais ma première impression était que la barrière linguistique n’allait pas faciliter les choses, même s’il parait bien anglais.

Ce qui est intéressant, c’est qu’il a cru, jusqu’au bout, que j’étais américaine. A un moment, il a vu sur mon CV que j’avais été prof de français et m’a demandé si j’avais vécu en France… et j’ai répondu que j’avais effectivement vécu quelques années en Suisse. Pas un vrai mensonge. Et puis il m’a posé des questions auxquelles je ne m’attendais pas (dans la liste de vos publications, de laquelle êtes-vous la plus fière?) et des questions pour lesquelles j’étais prête mais pas assez (pourquoi voulez-vous enseigner dans NOTRE école et pas une autre? Pourquoi le Japon? Pourquoi Nagoya?), et j’ai baratiné deux-trois trucs mais il m’a dit qu’il fallait que je sois plus précise, que j’arrête de lui raconter des banalités, et qu’il interviewait entretientait (?) des centaines de personnes par an qui étaient plus prêtes que moi à répondre à ses questions! Bon. J’ai dit oui monsieur je suis désolée, mais ce qui est étrange, c’est que ça ne m’a pas du tout décontenancé. J’ai finalement réussi à trouver une bonne excuse pour le Japon, mais sur le coup de son université, j’ai échoué. En plus, et oui j’ai très honte sur ce coup-là, j’avais fait un peu de recherche sur leur département, mais je m’étais trompée de programme… donc je ne savais pratiquement rien de ce qu’ils faisaient dans leur département. Mais je n’ai pas rougi, je n’ai pas bafouillé, je n’ai pas commencé à trembler comme quand je suis un peu nerveuse… j’ai simplement continué à répondre à ses questions. Ca m’a surpris.

Il m’a aussi posé des questions pour lesquelles j’étais prête et auxquelles j’ai bien répondu, je crois. Il m’a demandé mon salaire, le nombre d’heures que je travaillais, combien j’avais d’élèves, ce que j’enseignais, quel genre de prof j’étais, et il a voulu voir mes évaluations. J’avais apporté les deux meilleures et il a été très impressioné. Il a aussi regardé mes articles et mes présentations et m’a demandé si j’avais l’intention de participer à des conférences. Je lui ai demandé si leur université permettait aux professeurs d’aller aux conférences et il m’a dit que oui bien sûr, et qu’ils payaient tout si on y présentait quelque chose.

Le problème, c’est qu’il voulait quelqu’un qui aurait un doctorat AVANT mars 2006. J’ai l’impression que son université est en train de basculer dans le système américain de recherche à fond, et il m’a dit qu’il n’embauchait que des profs qui avaient un doctorat avant le début de leur année scolaire, qui est en mars ou avril, je crois. Rapé pour moi. Mais bien sûr je m’en fiche. Sa secrétaire prenait des notes de tout, et a pris ma photo (mais ne m’a pas demandé mon âge, je dois avoir une tête assez jeune pour eux), puis m’a demandé à combien de kilomètres j’habitais et m’a donné $60 pour l’essence. Sympa. Ca aura payé pour l’essence et le repas un peu nul du restau de l’hôtel. Elle m’a encore posé quelques questions, une fois que lui était parti, et puis voilà, c’était la fin, au bout de 40 minutes.

Je n’étais pas épuisée comme je m’attendais l’être, à la fin. J’avais les mains un peu froides, mais pas gelées, et je n’ai pas transpiré, rougi, tremblé, bafouillé… Je ne me suis ni gratté les boutons sur le visage, ni tripatouillé les cheveux, ni arraché la peau autour des ongles, ce que je craignais. Bien sûr, je n’étais pas assez prête, mais je n’ai jamais perdu la tête ou paniqué. En général, je crois que cet interview entretien a été une excellente expérience, parce que j’ai vu comment je pouvais mieux me préparer pour les autres interviews l’entretiens (j’espère qu’il y en aura), et j’ai aussi vu que je savais me tenir raisonnablement bien dans ce genre de situation un peu stressante. La prochaine fois sera plus réelle, donc plus stressante, mais je crois que quand on a eu un interview entretien avec un directeur d’université japonais qui n’avait aucun sens de l’humour et qui ne semblait pas comprendre tout ce que je disais, on a vu le pire… ou peut-être pas, l’avenir nous le dira :)

J’ai pensé et repensé à cet interview entretien pendant le trajet de retour. En prennait de l’essence, juste à ma sortie d’autoroute, j’ai vu quelque chose qui m’a définitivement changé les idées et donné envie de vomir.

J’essayais d’arrêter de penser à cette image en reprenant la route vers chez moi, quand j’ai soudain remarqué que la route était rouge, mais vraiment rouge, comme si un pot de peinture s’était renversé… et puis j’ai remarqué des « débris » un peu partout… et ma voiture a fait bump bump sur un gros débris avant que je me rende compte que c’était probablement une des victimes du chasseur qui avait réussi à s’échapper… mais pas pour longtemps! Beurk! Je n’ai pu que rentrer en vitesse et faire un gros calin à mes chatounnes affamées.

Conclusions: Rouler plein nord en fin de journée, c’est super bon pour avoir des couleurs… sur la joue gauche… N’avoir que de la country music et du christian rock à la radio pendant 6 heures de route, c’est à rendre toute miss lulu complètement folle! Je n’ai rien fait de chouette à Chicago (je savais que ça allait finir comme ça) mais j’aime toujours autant passer devant la ville, dont l’architecture m’enchante. Et les japonais n’étaient pas aussi terribles que je me l’imaginais… et n’ont pas réussi à me convaincre de renoncer au Canada, malgré leurs sushis et leurs courbettes ;)

Quand j’étais petite et que quelqu’un me disait ce que je devais faire, me pensais toujours que « quand je serai grande, personne ne me dira ce que je dois faire, et je ferai ce que je voudrai! » Hélas… trois fois hélas! J’ai essayé, pourtant, hein, mais rien n’y fait, il y a toujours des gens qui me disent ce que je dois faire, et je suis toujours obligée de faire des tas de truc qui me cassent les pieds et le reste aussi! La vie c’est trop injuste!

Bon c’est sûr, je peux rayer le cèleri et les navets de ma liste de courses, et je peux aller au cinoche un jour de semaine, je peux dire plein de gros mots et personne ne me reprend, je peux manger avec les coudes sur la table et même la bouche ouverte, et je ne suis pas obligée de ranger ma chambre ni de faire mon lit. Mais pour le reste, franchement, il y a encore du boulot avant que je puisse faire VRAIMENT ce que je veux!

Par exemple, demain il parait que je DOIS aller à Chicago et je veux pas je veux pas je veux pas! Déjà que je veux pas chercher du travail, devoir faire semblant d’être une adulte responsable, corriger des copies d’élèves jusqu’à la fin de mes jours, et stresser parce que l’argent ne pousse pas sur les arbres et tout ça! Mais en plus, quand je me force à essayer de faire tout ça, je suis encore plus forcée de faire des choses que je veux encore moins faire. C’est une cercle vicieux! Là, j’ai une interview à Chicago, pour un boulot au Japon que je sais que je ne vais pas prendre même si on me l’offre sur un plateau d’argent. Alors dans ma petite tête, c’est le retour de Marignan, la bataille, l’émeute, la castagne entre mon petit ange qui me dit qu’il faut que j’y aille parce que ce sera un bon exercice pour les « vraies » interviews de boulots que je voudrai vraiment accepter si on me les offre, et puis une chance d’aller à Chicago qui est une très jolie ville et je pourrai prendre plein de photos pour mon blog et en profiter pour faire quelques courses de trucs impossibles à trouver dans mon champ de maïs et puis ce n’est pas si loin que ça et les interviews de boulot c’est difficile surtout avec les japonais alors autant voir le pire pour que les interviews suivantes me paraissent faciles… et d’un autre côté mon petit diable, qui me dit que merde, c’est loin et l’essence coûte cher, je n’ai pas que ça à faire d’aller causer avec des vilains japonais dont je n’ai rien à fiche, ça me stresse de devoir bien m’habiller et porter des chaussures qui me font mal aux pieds, et puis je connais déjà Chicago, avec ses autoroutes de l’enfer et son impossibilité de se garer, et je me connais, je vais arriver là-bas à la dernière minute, aller à l’interview, et repartir illico sans même faire de photos, parce que si j’y passe la journée, je vais dépenser des milles et des cents et déjà que mon immigration canadienne va me coûter les yeux de la tête alors faudrait pas exagérer quand même, je suis pas millionnaire, et puis merdàlafin, je le veux pas leur boulot de toutes les manières!

Je veux pas je veux pas je veux pas! Et le pire, c’est que si je demandais à mes parents, maintenant, de me dire ce que je dois faire, ils me diraient une idiotie du genre « ma chérie, fais ce que tu veux, fais ce qui te rend heureuse, on te fait confiance, on sait que tu prendras la bonne décision. » Les nuls! Pourquoi les parents donnent-ils toujours des ordres aux enfants qui n’en ont rien à cirer et arrêtent-ils de le faire quand justement on en aurait besoin? Merdàlafin, la vie est trop injuste!

Tout d’abord, il faut souhaiter joyeux anniversaire à mon blog chouchou qui a TROIS ans aujourd’hui! Ben oui, en années félines ça fait quand même 28 ans, et comme la technologie vieillit encore plus vite que les chats, en années d’ordinateur ça fait au moins 88 ans! Il aura donc fallu presque 88 ans à ma chère mère pour commencer à lire le blog de sa fille… mais bon, mieux vaut tard que jamais, hein ;)

Quant aux aveux… que dire… j’ai quelque chose de très important à avouer… même que je l’ai même pas dit à ma famille… seuls quelques petits malins le savent déjà… c’est difficile à dire parce que je tourne une grande page dans ma vie de miss lulu. En fait, je crois même qu’on finit le tome trois de ma vie. Tome 1: France. Tome 2: Suisse (c’était un gros volume celui-là). Tome 3: Etats Unis (pas mal gros, lui aussi… peut-être même un peu obèse…). Et le tome 4 est en préparation… qui aura deviné? Et oui, cher parents, chères soeurs, cher frère (lui, il commencera à lire mon blog quand il aura 124 ans (le blog, pas mon frangin!)), chère famille étendue (comme on dit en anglais, c’est joli non?), chers amis, chers lecteurs, chers visiteurs de passage, chers tous, bref, j’ai commencé à remplir les papiers pour… pour… allez, je vous donne un indice:

… et oui, pour immigrer au Canada! Même pas besoin d’avoir un boulot ou un mari! J’ai longuement discuté avec une conseillère en immigration il y a quelques jours, et elle m’a dit qu’avec un doctorat et le fait que je parle parfaitement français et anglais, je n’aurai absolument aucun problème!

Donc c’est fait, c’est décidé. Ca fait trop longtemps que j’en rêve! J’ai pensé aller vivre en France, mais je n’ai jamais vraiment vécu en France, seulement quelques années quand j’étais toute petite, et il y a vraiment trop de choses avec (sans) lesquelles je ne pourrais pas vivre là-bas, malgré la famille, la bouffe, et la culture (et ceci en particulier). J’ai pensé rentrer vivre en Suisse, où j’ai quand même vécu 15 ans, et j’aime beaucoup la Suisse, c’est sûr. J’y aurais quelques avantages certains, et ma vie serait probablement un peu plus facile qu’elle le serait en France, mais la Suisse a beaucoup changé depuis mon départ (bientôt 10 ans!), et mes parents ne pensent pas rester en Suisse pour toujours, donc bon. En plus au niveau boulot, je suis complètement à côté de la plaque pour les diplômes et tout.

Non, ce que je dois avouer, c’est que je me suis bien habituée à ma vie ici. Certe, la politique me rend folle, et le fait que j’habite en plein milieu d’un champ de maïs vide de toute culture et civilisation n’aide pas. Mais la vie est facile. Les choses marchent, tout est pratique, l’efficacité est reine, le client est roi… Et surtout, surtout, j’ai des droits que je n’aurais jamais en Europe! Ceci-dit, la politique étant ce qu’elle est et le système social étant ce qu’il est, il n’a jamais été question de rester ici pour toujours. C’est pour ça que le Canada me semble être la seule solution: pour moi, c’est le meilleur des Etats Unis et le meilleur de l’Europe. Je sais que rien n’est parfait nulle part et je ne m’attends pas à trouver le paradis, mais je crois que ce pays sera quand même MON petit paradis, mon petit coin de terre où je pourrai vivre le mieux possible et me construire une petite vie sympa. Donc voilà. C’est cher et très long, comme processus (au moins un mois de préparations du dossier et entre six et huit mois jusqu’à la réponse du Canada, le timing est parfait pour la fin de mon doctorat). Mais c’est mon rêve depuis plus de 13 ans… et mon rêve en a marre d’attendre :)

Mes enfants vous êtes nuls! Seules trois personnes ont trouvé quel animal se trouverait sur les cartes postales que je vais envoyer aux gagnants de mes petites devinettes! Et google? A quoi il sert alors?!

L’animal du Kentucky et surtout de Louisville, c’est le CHEVAL, le canasson, la bourrique, l’étalon, le pur-sang, le bidet, le dada, le coureur, le solipède, l’équidé! Tous les jours en été et en automne il y a des courses au « tracks » de Louisville, la fameuse « Kentucky Derby. »

Le Cambridge Dictionary me dit même, pour « derby »:

I. derby (SPORTING EVENT)
noun
1 a sports event between teams in the same area:
a local derby between Manchester United and Manchester City

2 MAINLY US a sports event in which any competitor can take part:
the annual New Hampshire fishing derby

II. Derby
noun
a type of horse race:
the Kentucky Derby

Bon, je n’ai pas eu la possibilité d’aller à une course, parce qu’il fallait que je bosse quand même un peu de temps en temps, entre deux repas et trois pauses-café. Par contre, on a eu droit à une reception de « desserts » divins au Derby Museum qui se trouve juste à côté du champ de courses. Dans ce musée, il y a une salle de projection à 360 degrés, et c’était difficile de prendre des photos dans le noir, mais j’ai quand même réussi à en prendre 2-3 pour vous donner une idée du truc. C’était une soirée géniale! J’ai hésité à y aller, tellement j’étais crevée, mais les desserts étaient exquis, la projection extraordinaire, et les gens très sympas!

Voilà quelques photos pour vous donner une idée de mes trois jours dans le Kentucky, mais si vous cliquez sur une des photos, vous pourrez voir tout l’album de ce petit voyage vraiment unique pour moi. Et je dois avouer que je pensais beaucoup de mal du Kentucky, mais Louisville est une ville très chouette, culturellement exceptionellement riche, et dans laquelle j’irais vivre sans hésiter si on m’y offrait un boulot!

Parce qu’il est déjà bien tard et que j’ai eu du mal à garder les yeux ouverts pendant les deux heures et demi du voyage de retour, parce qu’il me reste encore 23 copies de cinq pages chacune à corriger avant demain matin, parce que mes chats veulent jouer et encore jouer pour rattrapper trois jours de retard de jouage, parce que Calinette a vomi un peu partout dans la maison, parce que demain matin il faut que je me réveille aux aurores, et parce que j’ai 129 photos à trier, j’ai décidé de vous offrir une petite photo en attendant les deux grands albums de demain.

Et il faut que je remercie tous les participants à mes devinettes qui n’étaient pas toujours faciles, je l’avoue (je mets tous les jolis flocons sur ma page spéciale demain soir, promis, et je reponds à tous les emails auxquels j’ai promis de répondre le week-end dernier, aussi, promis que j’essaye, et merci à Aurélie pour la gentille carte qui m’a bien fait plaisir parmis les 25 factures qui m’attendaient à mon retour). Je viens donc de passer trois jours à Louisville, dans le Kentucky, et c’est une ville très jolie et intéressante, malgré tout le mal que je pouvais en penser avant d’y aller! J’y suis allée pour une conférence, NAFSA (il y avait une faute dans le troisième jeu, désolée), pour les directeurs d’écoles de langues, de programes d’études à l’étranger (genre Erasmus), et de bureaux d’universités pour les étudiants internationaux (ceux qui connaissent SEVIS, les F-1, J-1, H1-B, et autres rigolades de ce genre sauront de quoi je parle). C’était très intéressant et complex, archi fatiguant parce qu’on était « en conférence » depuis 7 heures du matin jusqu’à 10 heures du soir, j’ai rencontré des gens très chouettes et intéressants, et j’ai mangé très bien et beaucoup trop pendant trois jours! Ce qui était super pratique, c’est que la conférence avait lieu à l’hôtel où j’avais pris une chambre, donc je pouvais courir dans ma chambre de temps en temps pour un pipi ou me reposer les pieds 30 secondes. Bref, c’était super, je suis sur les rotules, je me suis bien amusée!

Au total j’aurai fait, allée-retour, 364 miles en un plein (13 gallons), en exactement 5 heures, et j’aurai dépensé $282 total, plein d’essence, hôtel, internet, et prix de la conférence inclus. Calculez-moi donc ça en litre au 100 kilomètres et anciens francs siouplait ;)

Voilà donc une photo prise dimanche soir, tout en haut de l’hôtel Hyatt, depuis le restaurant tournant dans lequel on nous a offert une réception de bienvenue (où j’ai trop mangé) avant de nous inviter à dîner dans un restaurant « du monde » très sympa (où j’ai trop mangé).

Entre deux repas et trois… je ne peux pas dire quoi, je voudrais rappeler à mes chers lecteurs que j’attends leurs flocons, leurs étoiles, leurs photos, et leurs réponses!

Ici tout va bien, j’ai pris mon ordinateur avec moi pour vous écrire mais j’ai oublié le fil pour le brancher donc il va mourir très rapidement. En plus, il fallait payer $10 par jour pour la connection internet que j’ai prise pour 3 jours et qui donc ne va me servir à rien puisque mon ordi va mourir. Et pour couronner le tout (ben oui, on va jusqu’au bout de la connerie, dans ma famille), je n’ai pas oublié mon appareil photo NI le cordon pour télécharger les photos sur mon ordinateur pour les mettre sur mon blog, mais par contre, c’était le mauvais cordon. DONC, j’ai des tas de jolies photos que je ne peux pas mettre ici, et tout ce qui me console c’est que j’en aurai encore plus ce soir, donc je pourrai faire un joli album à mon retour.

Je retourne à mes repas… je n’ai jamais autant mangé en si peu de temps! J’ai ultra sommeil, parce que je n’ai eu le temps de dormir que 5 heures la nuit dernière et 5 heures la nuit d’avant, parce que c’est pas de la tarte par ici, entre les repas, les collations, les goûters, les snacks, les réceptions, et les autres activités. Au moins on en a pour notre argent!

Dernière devienette avant de partir prendre 3 kilos de plus: quel est l’animal qui sera sur les cartes postales que j’enverrai aux gagnants de mon grand concours ci-dessous?

PS. Allez, je vais faire un effort pour ceux qui aiment le sport… Qu’est-ce qu’Indianapolis et la ville où je me trouve en ce moment ont en commun?

J’en ai marre du parmesan râpé qui a un goût de lessive en poudre!
J’en ai marre de la neige avant même qu’elle soit arrivée!
J’en ai marre de ne pas trouver de poisson frais ni même de pas frais, en fait!!
J’en ai marre de bosser comme une malade sans savoir si mon projet sera bon à mettre à la poubelle à la fin!
J’en ai marre de mes élèves qui bossent pas et qui s’en fichent!
J’en ai marre de ma maison qui continue de se remplir de poils de chats plus vite que l’aspirateur les aspire!
J’en ai marre de devoir me reveiller tous les matins!
J’en ai marre de toujours aller au même restaurant et de ne plus rien avoir à découvrir dans ce maudit champ de maïs!
J’en ai marre du bruit des camions poubelles, des aspirateurs de feuilles, et des voisins sourds-dingues!
J’en ai marre qu’il fasse encore nuit quand je vais au boulot et déjà nuit quand j’en sors!
J’en ai marre des milliers de trucs que je n’ai pas le temps de faire!
J’en ai marre de ne pas réussir à publier mon &/%£$*%£&/% d’article!
J’en ai marre de ne pas savoir faire la cuisine!
J’en ai marre de ne pas savoir ce que je deviendrai l’année prochaine!
J’en ai marre d’avoir mal au crâne quand je n’ai pas le temps de manger!
J’en ai marre de devoir m’acheter des fringues de temps en temps parce que je déteste ça!
J’en ai marre de la sève de sapin qui est tombée sur ma bagnole!
J’en ai marre de ne plus pouvoir rentrer en Europe avant que les poules aient des dents!
J’en ai marre de la pub qui est apparue sur mon blog sans que je sache d’où!
J’en ai marre du froid de canard qu’il fait déjà ici!
J’en ai marre de devoir sortir les poubelles, faire la lessive et la vaisselle, et nettoyer la baraque tout le temps!
J’en ai marre des gens que la musique pourrie qui passe à ma radio préférée!
J’en ai marre de ma chasse d’eau qui se coince tout le temps!
J’en ai marre de passer ma vie à corriger des copies et préparer des cours!
J’en ai marre de ne pas avoir de sous pour me louer des DVD le weekend quand je suis trop associale pour me sortir!
J’en ai marre de ne pas avoir plus de temps pour jouer avec mes chatounes!
J’en ai marre de ma vie de pignouffle!
J’en ai marre que le facteur ne m’apporte que des factures!
J’en ai marre de la violence, de la misère, de la déprime, de la pauvreté, de la souffrance, et de la corruption de ce monde!
J’en ai marre de tous ces gens à qui j’ai envoyé des demandes d’emploi et qui ne m’ont pas encore répondu!
J’en ai marre de ne jamais savoir comment m’habiller le matin!
J’en ai marre de ne pas pouvoir lire tous les livres que j’ai envie de lire!
J’en ai marre de l’ascenseur de l’école qui est foutu et des quatre étages à monter et descendre trois fois par jour!
J’en ai marre de devoir être sérieuse et adulte!
J’en ai marre de l’absence de tout produit civilisé et mangeable dans mon super-marché!
J’en ai marre des spams qui envahissent ma boîte aux lettres électronique!
J’en ai marre de mon compte en banque qui se vide toujours trop vite!

J’en ai marre d’en avoir marre!

L’autre jour, mes élèves et moi on en avait tous marre de parler de recherche, alors on a commendé plein de pizzas et on les a fait délivrer dans notre classe pour les manger au lieu de bosser! La petite discussion qu’on a eue pour savoir quelle était la pizzeria la moins chère, à combien on estimait notre total pour 25 élèves plus une prof si on voulait au moins deux parts chacun, et par conséquence combien chaque personne devait payer de sa poche pour participer non seulement au total mais en plus aux taxes, aux frais de « delivery, » et au « tip » (pourboire), a été bien rigolote… et quand le soir-même j’ai reçu ce message de mon amie Judy, j’ai vraiment rigolé!

Ou pleuré, je ne sais pas…

Alors voilà l’histoire de l’enseignement des maths aux Etats Unis. Je dois la raconter en anglais sinon c’est pas drôle mais voilà la traductions de quelques mots difficiles: un « logger » c’est à peu près un bucheron. Le « lumber » c’est le bois. Donc c’est l’histoire d’un bûcheron qui vend un camion plein de bois pour 100 dollars. Le problème de math typique.

Teaching Math in 1950:
A logger sells a truckload of lumber for $100. His cost of production is 4/5 of the price. What is his profit?

Teaching Math In 1960:
A logger sells a truckload of lumber for $100. His cost of production is 4/5 of the price, or $80. What is his profit?

Teaching Math in 1970:
A logger sells a truckload of lumber for $100. His cost of production! is $80. Did he make a profit?

Teaching Math in 1980:
A logger sells a truckload of lumber for $100. His cost of production is $80 and his profit is $20. Underline the number 20.

Teaching Math in 1990:
A logger cuts down a beautiful forest because he is selfish and inconsiderate and cares nothing for the habitat of animals or the preservation of our woodlands. He does this so he can make a profit of $20. What do you think of this way of making a living? How did the birds and squirrels feel as the logger cut down their homes? (There are no wrong answers.)

Teaching Math in 2005:
Un hachero vende una carretada de madera para $100. El costo de la producción es $80…

- Vais-je avoir assez de papier « letterhead » (à en-tête?) de Purdue pour écrire toutes mes lettres de candidature étant donné que j’en reçois environ trois feuilles par semaine et qu’il faut que j’envoie environ 50 lettres de candidature ce semestre?

- Etant donné que je peux demander 10 feuilles avec le « watermark » (?) de Purdue par jour, que mon CV fait huit pages, et que mes lettres de candidatures utilisent une page à letterhead et une page watermarked, combien de dossiers de candidature est-ce que je pourrai envoyer ce semestre si j’imprime mon CV sur du papier watermarked?

- Est-ce que les feuilles watermarked vont bien passer dans mon imprimante ou est-ce que je devrais plutôt utiliser les imprimantes à l’école?

- Dans quel sens est-ce que je dois mettre le papier watermarked et à en-tête de Purdue pour que le watermark se lise à l’endroit et que l’en-tête soit en haut et sur le dessus de la page, avec mon imprimante et à l’école?

- Dans quel ordre les pages d’un document à pages multiples vont-elles être imprimées par mon imprimante et par celle de l’école? (ces deux dernières questions sont particulièrement méchantes, parce que les réponses sont différentes pour mon imprimante et celle de l’école!).

- Est-ce que je pourrais imprimer les articles sur des feuilles watermarked ou bien est-ce que c’est du gâchis et je ferais mieux d’utiliser du papier cher mais qu’on peut acheter dans le commerce?

- Qu’est-ce qu’il y a de bien comme papier de qualité qui ne me coûtera pas les yeux de la tête, qui passera bien dans mon imprimante, qui ne sera pas trop lourd à envoyer, et qui donnera quand même une impression de « classe »?

- Quelles enveloppes est-ce que je peux utiliser pour que ça fasse le plus sérieux possible, étant donné que les petites enveloppes sont facilement imprimables avec mon imprimante à la maison, les enveloppes moyennes peuvent utiliser des « labels » (étiquettes que j’imprime moi-même à la maison, ça fais sérieux), mais les grandes enveloppes n’ont pas l’en-tête officiel de Purdue?

- La différence entre un impression « de qualité » et une impression « normale » sur mon imprimante est-elle une question de vitesse d’impression, seulement, ou bien aussi une question de quantité d’encre utilisée par pixel par millimètre?

- Etant donné que mes articles sont longs et que certaines écoles en veulent des copies et que donc je dois utiliser les grandes enveloppes (sans en-tête officiel de Purdue) pour envoyer mes dossiers à ces écoles, est-ce que je ne devrais pas utiliser du papier watermarked pour imprimer les articles et mon CV?

- Si j’imprime mon CV (8 pages) ET mes articles (16 pages au moins) sur le papier watermaked de Purdue et que je ne peux en avoir que 10 feuilles par jour, combien de dossiers de candidature est-ce que je vais pouvoir envoyer ce semestre?

- Qu’est-ce qui est le plus lourd, et donc le plus cher à envoyer? Le papier avec le watermark de Purdue ou bien le papier de qualité et cher du commerce?

- Est-ce que c’est mieux d’imprimer les « graphs » de mes articles en couleur ou bien en noir et blanc? Lequel fera le plus sérieux?

- Etant donné que la secrétaire qui est supposé distribuer les 10 pages de papier watermaked par jour n’en a plus elle-même et que sa commande semble vouloir prendre du temps, sur quoi est-ce que je vais imprimer mes lettres de candidatures dans les jours à venir?

- Est-ce que mes lettres de recommendations, envoyées directement depuis le département, sont photocopiées sur du papier de qualité? Avec le letterhead de Purdue? Le watermark?

- Pourquoi est-ce que tous ces gens, qui vont refuser mes candidatures de boulot, ne peuvent pas lire des lettres et des CV et des articles imprimés du papier pourri et pas cher comme tout le monde???

(le premier qui peut me dire ce que c’est que cette bestiole et ce que signifie ce logo aura toute mon estime!!!)

En classe, cette semaine, on travaille à se créer un curriculum vitae digne de ce nom! C’est pas facile. Les CV américains ne ressemblent pas du tout à ceux d’autres pays. Il faut aussi bien connaître la différence entre un « CV » (long, complet), et un « résumé » (en français dans le texte! De deux pages maximum, avec seulement les choses les plus importantes sur sa vie professionelle). Et en plus, chaque discipline a ses propres règles. On cogite sur les catégories qu’on peut utiliser dans un CV…

élève 1: Education!

miss lulu: Bien, et quoi d’autre?

élève 7: Le noms de références qui peuvent nous écrire des lettres de recommendation?

miss lulu: Oui, bien, dans un CV on mettra le nom, l’adresse, et le numéro de téléphone de chaque référence. Dans un résumé on mettra simplement les noms ou bien « References available upon request. » Autre catégorie, à mettre dans son CV?

élève 4: Expériences de travail!

miss lulu: Très bien, ça c’est vraiment important bien sûr! Et qu’est-ce qu’on peut mettre d’autre, comme catégorie sur son CV? Pensez à quelque chose qu’on reçoit…

élève 2: Heu… les mentions et les récompenses (« awards »)?

miss lulu: Oui, ça c’est très important aux Etats Unis! Tout le monde a des awards. Si vous n’en avez pas, commencez à y penser. On doit souvent envoyer sa propre candidature pour ce genre de chose, ça vient rarement tout seul. Maintenant pensez à quelque chose d’autre qu’il est encore plus difficile de recevoir (je pense aux fameuses « grants » (bourses de recherche) américaines) et qu’on peut mettre dans son CV…

élève 6: Les prix Nobels!

huhuhuh!

Non mais pourquoi pas après tout!? Même les Prix Nobels ont été à l’école! Ces jeunes ont de l’ambition: peut-être qu’un jour je pourrai dire que j’ai été la prof d’un Prix Nobel :)

Parfois, il faut bien l’avouer, je suis vraiment bête. C’est rare, mais ça arrive. Mais aujourd’hui, je me décerne la palme d’or de la bêtise! Bon, puisqu’il faut bien se trouver une excuse, je mets ça sur le compte de mon stress particulièrement stressant ces jours-ci…

Bref… j’avais donc rendez-vous à 10:30 du matin dans une certaine université qui s’appelle North Park University. C’est pas compliqué, hein, surtout que j’avais le plan du campus! Alors pour être sûre, j’ai regardé une carte sur internet et j’ai noté plein de directions dans tous les sens… et puis je suis partie!

D’abord, il faut que je vous dise que Chicago, c’est le bordel intégral! Sérieusement!! D’habitude je prends l’autoroute 90 qui est payante mais supposée être « bien »… et c’est toujours le merdier total. Donc cette fois-ci je me suis dit que ça suffisait de payer des milles et des cents pour des cacahuettes et que j’allais plutôt prendre la 80… qui est en plus mon autoroute favorite au monde parce que si je la conduis toujours tout droit pendant quelques jours, j’arrive en Utah :) L’avantage de la 80, c’est qu’elle est gratuite… mais c’est toujours le merdier total! Des travaux dans tous les sens, des camions en veux-tu en voilà et qui conduisent comme des fous, des embouteillages à n’en plus finir… bref… heureusement que c’était gratuit! Chicago: à éviter!

Donc, premièrement, je n’ai pas du tout suivi les directions parce que je prennais plein de photos alors je ne faisais pas pas vraiment attention à où j’allais… mais c’est tant mieux, parce que grâce à ça j’ai pris des jolies photos! Deuxièmement, les directions que j’avais écrites étaient pour une autre université, l’université de l’Illinois à Chicago… donc ouf que je ne les aie pas suivies… quoi que… et troisièmement, quand après QUATRE heures de route je suis enfin arrivée là où je pensais devoir aller, je me suis rendue compte que ce n’était encore une fois pas la bonne université. C’était NorthWESTERN et non pas North PARK où je devais aller! Mais je suis conne moi ou quoi???

Conclusion de l’affaire, je suis arrivée en retard de 30 minutes à mon rendez-vous, qui, si vous me connaissiez, sauriez que ça ne m’est JAMAIS arrivé d’être autant en retard que ça. Même en général, si je suis moins que 10 minutes en avance, j’ai l’impression d’être en reard! Ptainbordeldemerde! La honte que je me suis prise!!! Heureusement que le monsieur était gentil et que j’ai pu faire ce que j’avais à faire, quand même (pipi, en fait, en premier, parce qu’après quatre heures de stress pendant lesquelles je suis sûre que tout Chicago m’a entendu gueuler I HATE MY LIFE!, les pipirooms étaient plus que bienvenus!!). Finalement, tout est bien qui fini bien… et c’était pareil au retour, j’ai eu du mal à sortir de ma voiture tellement l’envie était pressante… huhuh… bref… (ben oui, je déteste m’arrêter dans les aires de repos sordides, et y’a pas de macdo entre Chicago et Lafayette alors bon, faut attendre…).

Tout ça pour dire que … je suis une vraie patate! Et que les toreaux c’est les Chicago Bulls (équipe de basketball), les Ours c’est les Bears (football américain), les oursons les Cubs (baseball), et les chaussettes blanches c’est les White Socks (encore du baseball), et que toutes ces équipes viennent de Chicago! Et que j’ai plein de photos pour vous (j’obéis à mes lecteurs, moi)!! Cliquez sur celle-ci, et ensuite cliquez sur chaque photo pour la voir en plus grand! Bonne visite :)

miss lulu et ses élèves:

miss lulu: Alors, racontez moi comment vous avez appris l’anglais.

élève 1, de Corée: Ben moi j’avais un prof super méchant et difficile, mais maintenant je suis contente, parce que grâce à lui, j’ai bien appris l’anglais.

élève 3, de Chine: Moi j’ai toujours détesté l’anglais et j’ai toujours eu des mauvaises notes.

élève 4, de Taiwan: Alors moi, j’ai surtout appris à lire et écrire en anglais, à l’école, et quand je suis arrivée ici je ne pouvais pas dire un mot d’anglais et je ne comprennais rien de ce que les gens disaient.

élève 7, de Chine: moi j’avais un ami qui parlait très bien anglais. Un jour, je lui ai demandé comment il faisait, et il m’a dit qu’il prennait des notes sur tout ce que disait le prof mais aussi ses gestes, ses intonations, etc. C’était une vraie révélation, cet ami a été une inspiration pour moi.

miss lulu: Alors grâce à cet ami, tu as commencé à prendre des bonnes notes en cours?

élève 7: non, à la fin de chaque cours d’anglais je photocopiais ses notes!

miss lulu: Racontez-moi pourquoi vous étudiez ce que vous étudiez ici.

élève 2, doctorant en « civil engineering »: Moi, je voulais devenir écrivain, mais mes parents voulaient que je sois un ingénieur, alors j’ai dû leur obéir. Maintenant je fais de la recherche sur l’asphalte.

élève 4, doctorante en « electrical engineering »: J’adore la photographie, et je veux être photographe un jour. En attendant, je travaille sur les appareils photos numériques.

élève 5, doctorant en « computer engineering »: J’ai toujours été fasciné par les ordinateurs et je veux les rendre plus rapides et plus performants.

élève 7: doctorante en « mechanical ingineering »: Quand j’étais petite, je lisais des histoires de science fiction sur des voitures qui se conduisaient toutes seules… et mainenant, je travaille à ce que ça devienne une réalité.

élève 9: doctorant en « entomology »: Dans une classe de biologie de ma jeunesse, un de mes profs nous a montré qu’on pouvait manger certains insectes. Ce jour-là, j’ai décidé d’étudier les insectes. J’étudie ceux qui ont le meilleur goût comme ça je peux toujours en manger quelques uns au passage!

Ladies and gentlemen, je dois vous faire des aveux bien tristes: je suis naze! Epuisée jusqu’à l’os, la corde, la moëlle, et le coeur d’artichaut. J’ai du jus de navet dans les veines, les muscles réduits en confiture, les os tout fondus, le cerveau en bouillie, et l’énergie d’un calamar neurasthénique échoué sur une platforme d’exploitation d’ydrocarbures par temps de canicule. En un mot comme en mille, j’ai l’impression d’avoir passé sous un rouleau compresseur.

Je lisais ce soir un vieux post qui date du 30 avril, à la fin du semestre de printemps… et où je faisais une liste de tout ce que je devais faire cet été. Et bien je l’ai fait, tout ça… à part bronzer et dormir! Je n’ai pas arrêté. Même pendant mes 10 jours en France en juin, je n’ai pas arrêté de bosser sur une demande de bourse que je devais envoyer quelques jours après, et en plus, avec la débacle familiale qu’on connait, on ne peut pas vraiment dire que ça ait été des vacances. Le reste de l’été, j’ai bossé à fond sur ma recherche, écrit 3 articles, dont deux qui ont déjà été acceptés, préparé et présenté deux présentations de conférences, lu des tonnes et des tonnes de bouquins et d’articles, me suis occupée de l’association dont je suis la présidente (budget, etc.), écrit cinq « proposals » pour des conférences de l’année prochaine, préparé deux nouveaux sites internet pour les deux cours que j’enseigne cet automne, suis allée dans le Michigan, le sud de l’Indiana, le Wisconsin, Paris, l’est de la France, la Belgique, le sud de la France, et l’Ouest de la France, ai appris deux ou trois trucs sur les statistiques, ai appris des tonnes de trucs pas faciles en psychologie, ai pris des tas de cours pour savoir me servir d’Excel, trouvé 40 directeurs d’écoles d’anglais qui ont accepté de participer à mon projet, envoyé 30 dossiers à 30 universités pour qu’ils acceptent que j’y fasse ma recherche, fini par me trouver un nombre totallement inconnu de participants dans une vingtaine d’écoles, écrit trois questionnaires, les ai testés et fait traduire en 12 langues différentes (traductions dont j’ai reçu la facture ce matin: $2050,28), ai envoyé ces questionnaires avec des lettres individuelles, des timbres (j’ai réussi à dépenser pour plus de $600 de timbres en deux jours!!), des étiquettes à mon adresse, et des enveloppes de retour de courrier à ces 20 écoles… lundi dernier…

Et là, au moment où on pourrait croire que je peux enfin respire deux minutes en attendant les réponses des participants, ben non. Les cours ont repris et j’ai beaucoup d’élèves, des pas faciles, et dont je devrai lire et noter des papiers de 5 pages chacun chaque semaine. Et ce soir, je suis allée à mon premier « job search meeting, » qui est une réunion pour apprendre comment chercher du boulot… et je dois dire que je suis complètement découragée. Cette semaine, il faut donc que je révise mon CV, finisse d’écrire une lettre de motivation (je suis trop nulle pour ça!!!), écrive un résumé de ma thèse, écrive un « teaching philosophy » ou explication sur ma façon d’enseigner, écrive des emails aux 4 personnes qui ont promis de m’écrire des lettres de recommendation pour leur demander de le faire rapidement, demande des « transcripts » (lettre officielle des écoles où je suis allée qui expliquent quels cours j’ai passé et les notes reçues) à deux universités, et écrive un « writing sample » de 20 pages pour montrer comment j’écris mal parce que je n’ai pas encore de bonnes publications. Et dès le début de septembre, des centaines d’offres d’emplois seront envoyées par des centaines d’universités, et il faudra que je les trouve et y réponde… Le temps qu’il faut passer pour répondre à UNE (un?) offre d’emploi est entre 8 et 10 heures. Le nombre de réponses qu’il faut envoyer, en moyenne, pour se faire inviter à 2 interviews dans les universités et finalement recevoir UNE offre d’emploi (si on a beaucoup de chance!), est de 40.

Je peux pas. Ce soir, je peux pas. Je suis trop naze!

Vendredi, on a eu une grande réunion avec tous les profs du département d’anglais, parce que les cours recommencent demain. Et pendant cette réunion, un type de l’administration de Purdue (l’université dans laquelle je bosse, pour les touristes qui passent par ici) est venu nous parler du « typical freshman » que nous aurons la joie d’avoir dans nos classes cette année. Les « freshmen » ce sont les étudiants en première année, et ceux de deuxième année sont les sophomores, puis il y a les juniors, et enfin les seniors. Or cette année, il y a beaucoup plus de freshmen que d’habitude, parce que Purdue est une univesité publique et que l’état n’a plus de sous… donc il faut remplir les classes avec des étudiants qui payent!

J’ai trouvé que l’information donnée par ce type confirmait mon opinion sur le Midwest et en même temps m’attristait beaucoup. Voilà quelques extraits de ce que le papier reçu explique:

- contrairement à la moyenne nationale, Purdue a plus d’élèves masculins (59%) que féminins (41%), mais c’est normal, étant donné que c’est une université d’ingénieurs.
- il y a plus de 40’000 étudiants à Purdue, dont seulement environ 6’000 « graduate students » (qui font des études en master ou doctorat). Il y aura environ 8’000 « freshmen » cette année à Purdue.
- 82,3% des freshmen sont blancs (caucasians, comme on dit ici), 11,3% de « ethnic minorities, » et 6,3% d’étudiants internationaux, seulement. Purdue est pourtant la deuxième université publique qui a le plus d’étudiants internationaux.
- 89,7% vivent dans les dortoirs universitaires, contrairement à 77,5% de moyenne nationale.
- 79,5% vont à l’université pour se faire de l’argent avec un meilleur boulot (73% de moyenne nationale) mais seulement 52,9% ont l’intention de faire un master ou un doctorat (59.1% de moyenne nationale).
- 79,5% sont venus parce que Purdue a une excellente réputation (58,8%).

Et là pour les trucs qui (me) font peur, et les gros chiffres qui font des grosses différences:

- 83% vont à l’église régulièrement (79,6% de moyenne nationale).
- 58,2% on eu des contactes ou se sont fait des amis d’autres races/ethnicités (67,2% de moyenne nationale ), ce qui veut dire que nos élèves no fréquentent pas beaucoup de gens qui ne leur ressemblent pas.
- seulement 47,6% pensent que l’avortement devrait être légal (54,7% de moyenne nationale).
- 25% pensent que la discrimination raciale n’est PLUS un problème aux Etats Unis (22,9%).
- seulement 52,9% pensent que les discours racistes et sexistes devraient être interdits à l’université (57%).
- 40% pensent que l’armée devrait recevoir plus d’argent du gouvernement (33,1%).
- 50,8% pensent que les mariages « same-sex » devraient être légaux (57,3%).
- 58,3% pensent que l’ »affirmative acction » (discrimination positive) devrait être interdite à l’université (52,8%).
- seulement 29,3% pensent que la peine de mort devrait être abolie (33%).
- 2,3% sont de « far left » politiquement (2,9%),
- 20,7% « liberal » (26,8%),
- 44,2% « middle-of-the-road » (46,4%),
- 29,5% « conservative » (22%),
- 3,3% « far right » (1,9%).

Je ne sais pas pourquoi, mais je n’ai pas très envie de rencontrer mes nouveaux élèves demain…

Adrian
Bethany
Sharon
Tanusree
Andrew
Pei-Lun
Yun
Rachel
Timothy
Myeong-Eun
Emily
Keith
Hajeong
Karol
Yin-Ming
Matthew
Joohyung
Ryan
Courtney
Kathleen
Nicholas
Daniel
Robert
Sorawit
Cheryl
Brian
Akash
Kristen
Brielle
Madeline
Adam
Corina
Timothy
Yu-Min
Natalie

késkeusékça?

Oui, mon été a été pourri! Quoi, « a été »? Ben oui, le travail payé (élèves, cours, réunions, tout le tralala) recommence déjà le 15 août, avec premier salaire de l’année scholaire le 15 septembre, ouéééééé, à moi la fortune!! Donc mon été a été pourri, à part mon petit voyage à Madison et la rencontre d’un monsieur très chouette (mais qui est marié, je le précise tout de suite) que j’avais très envie de rencontrer depuis très longtemps. Les problèmes avec ma recherche se sont accumulés les uns sur les autres sans répit, et mes tensions arterielle et nerveuse sont montées bien trop haut et bien trop vite. Mais mais mais…

Ce matin j’avais trop mal au dos et à la nuque, et je me suis dis merdoum, il est temps que tu te bouges le cul chère lulu et que tu prennes soin de toi! Ecoute ton corps, comme dit ma mère. Alors j’ai pris un rendez-vous pour un long massage. Cet après-midi! Ohhhhh que c’était bon! Mon corps entier me dit merci ce soir! Tout l’été j’en ai rêvé, d’un moment aussi relaxant et agréable!

Et en rentrant de mon massage, j’ai trouvé un gros paquet devant ma porte… et dedans, ohhhhhhh là là, c’était la caverne d’Ali Baba, la chasse au trésor, les mille et une nuits, le chat botté… heu non pardon, je m’égare là. Bref, c’était un gros paquet très lourd, bien emballé, et sur lequel Sosso a tout de suite jeté son dévolu. Et dedans, il y avait des tas de choses que je califierais de fromageuses, chocolateuses, délicieuses, fondeuses, miameuses, merveilleuses, savoureuses, et succuleuses! (Quoi je parle mal français? J’ai jamais prétendu le contraire, hein ;) ). Je vous laisse jeter un coup d’oeil au contenu du paquet mais pas touche, hein! Il manque les biscuits, sur la photo, parce qu’il n’en restait déjà plus beaucoup dans le paquet au moment de la photo et que je ne voulais pas avoir l’air gloutonne… et ça ne se voit pas, mais dix minutes après cette photo, il y avait un monstre trou dans le fromage!!! MONSTRE!!!

Merci mille mille mille mille fois kiara, c’est beaucoup trop et je ne mérite pas tout ça!!!! Mais c’est sûr que ça vaut tous les cheveux blancs et les ulcers que je me suis fait cet été :) Je recommencerais, si c’était à recommencer avec une telle récompense à la fin (enfin, au milieu du projet, en fait, mais à la fin de l’été, quand même). Mes cheveux blancs rougissent déjà de plaisir à la dégustation de ces pâtes italiennes divines avec cette sauce tomate avec des VRAIES feuilles de basilique dedans! Et mes ulcers sont déjà guéris à la vue (et à l’odeur!!) de ce fromage des dieux! kiara t’es trop gentille, je sais pas quoi dire!!! Et je sais pas comment te remercier!!!

Pour la petite histoire, les pâtes et le pesto sont vraiment italiens et je m’en suis émerveillée pendant un moment en admirant boîtes et petit pot joli où tout était écrit en italien… et puis je me suis tournée vers ce qu’il restait de biscuits et j’ai lu ce qu’il y avait écrit sur le paquet… et je me suis dit ouah, je comprends vraiment vachement bien l’italien!!! … jusqu’au moment où je me suis rendue compte que c’était de l’espagnol! Huhuh!

Pour l’autre petite histoire: la sauce tomate est divine avec les gnocchis!

Pour la troisième petite histoire: demain matin: fromage blanc et compote de pêche pour le petit déjeuner! Ouééééééé!!!!!

Finalement, cette journée a été tout à fait parfaite (enfin, j’ai pas écrit mon article urgent mais l’inspiration vient beaucoup plus vite quand on est bien nourri, non?) et un moment bien apprécié de mon été pourri! Petit massage du dos et petit massage du ventre… la vie n’est pas si mauvaise après tout :)

Pour la petite histoire finale: huhuh, je viens de finir ce post et je vais chez toi pour prendre ton adresse et la mettre en lien ici, et je vois que toi aussi, non seulement tu parles de bouffe, mais en plus tu as utilisé Ali Baba… les grands esprits estomacs se rencontrent ;)

Ca y est, c’est officiel, c’est 98% sûr, c’est certain: je dois finir mon doctorat dans un an! UN AN! Les gens normaux finissent leurs doctorats en au moins cinq ans, en général, ou même plus… mais non, moi je vais essayer de tout faire en quatre ans. Hah! Je vais essayer, hein, parce que c’est pas encore gagné, mais ma directrice de thèse pense que c’est possible. Elle veut se débarasser de moi en fait, je suis sûre!

Tout cela signifie quelque chose de très important: I AM ON THE JOB MARKET! En français: je cherche un boulot :) Je déteste l’expression anglaise, ça me fait penser au meat market, le marché à viande… huhuh… une belle entrecôte ma p’tite dame? Et en plus, on dit qu’on a des qualités « marketable, » mais je sais pas le mot en français, ça veut dire vendable, en gros. Par exemple si j’ai étudié le génie méchanique, je suis plus « marketable » que si j’ai étudié la linguistique! Mais si je parle plus d’une langue étrangère, je suis plus « marketable » que si je ne parle qu’une seule langue.

Etre « on the job market » ça veut dire que je dois commencer dès maintenant à chercher du boulot pour l’automne 2006! Ben oui, en « academia » c’est comme ça, les « job openings » sont publiés entre août et octobre, et ensuite, on reçoit les réponses vers février ou mars, et là soit c’est non, soit c’est une invitation à aller visiter le campus (l’université où on veut bosser) pour faire une présentation et se faire interviewer par 25 personnes dont les étudiants qui seront nos élèves. Ensuite, quelques semaines après la visite, on reçoit soit un non, soit un oui! Et là on est super content! Mais tout ce cirque signifique qu’entre février et mars, on voyage beaucoup et parfois sans avoir eu le temps de tout planifier, parce des écoles peuvent vous dire non mais vous rappeler à la dernière minute (avril-août) pour vous offrir le job après tout parce que leur candidat préféré à finalement accepté l’offre d’une autre école. Les écoles qui vous invitent à une campus visite payent pour le billet d’avion et une nuit d’hôtel, mais c’est super crevant, parce qu’il faut tout savoir sur les gens qui vous invitent, l’école, les programmes, et être prêt à faire une présentation et être interviewé non-stop pendant toute une journée!

Enfin… moi j’ai jamais vraiment fait ça sauf une fois où je suis allée visiter une école pendant une semaine et c’était assez cool, mais là c’est différent! Donc ça va pas être facile de mener la barque de la recherche d’emploi tout en faisant ma recherche, en écrivant 300 pages de thèse, et en enseignant deux classes différentes et que je n’ai jamais encore enseignées! Toute personne cherchant une directrice d’école de langues sera gentille de me le dire. En fait, je ne veux pas aller en France… je chercherai plutôt au Canada ou en Suède ou un truc comme ça… mais bon, si jamais quelqu’un a des tuyaux…

Le copain avec moi, sur la photo, c’est Xiaoye, un super copain chinois, grâce à qui j’ai reçu quelques prix et réussi à finir d’écrire un gros article! Si j’avais voulu sortir avec quelqu’un, ici, c’est avec lui que j’aurais voulu sortir. Sauf qu’il veut rester aux Etats Unis et pas moi. Il vient de finir son doctorat, il y a quelques jours, et il a trouvé un boulot super chouette et ultra bien payé à Penn State qui est une école géniale! Alors voilà, peut-être que dans un an, ça sera moi, sur la photo, qui serai habillée en noir (gown) et bleu avec le petit chapeau (mortar board). Knock on wood, comme on dit…

Chers amis qui n’avez pas la chance de vivre aux Etats Unis,

Je suis désolée, mais cette fois il faut que je m’adresse aux personnes qui vivent dans ce merveilleux pays que sont les Etats Unis, et hélas, les habitants de France, de Suisse, de Belgique, d’Italie, d’Ecosse, du Canada, et de tous les autres pays dans lesquels vous habitez, chers lecteurs bien-aimés, ne pourront cette fois pas me venir en aide. … enfin, on sait jamais :)

Je disais donc. Oyez oyez chers « expats, » ou « personnes francophones vivants aux Etats Unis, » ou « amis lecteurs vivant par ici, » j’ai un grand service à vous demander. Pour ma recherche, j’ai besoin de beaucoup de gens, et plus précisement d’élèves du monde entier qui sont venus apprendre l’anglais aux Etats Unis, dans une école d’anglais exprès pour ça. Donc pas des élèves qui sont à l’université ou au lycée et qui ont des cours d’anglais en plus, mais des élèves qui ne font qu’apprendre l’anglais dans ce qui s’appelle souvent un Intensive English Program ou un English Language Center. De plus, il faut que cette école d’anglais soit rattachée à une université, pas à un Community College, mais bien une université.

Le problème est le suivant: je cherche des élèves comme ça (une cinquantaine) pour mi-fin juin. Je voudrais des élèves dans une école qui ne soit pas tout près de mon champ de maïs parce que je viens de recevoir $200 de billet d’avion à utiliser cet été. Je voudrais donc en profiter pour aller visiter un coin que je ne connais pas, un endroit sympa, et plus précisement des GENS sympas :) Vous l’aurez deviné, les $200 de billet d’avion ne viennent pas avec l’hôtel et tout le reste. Je trouve donc que ce serait une chance de rencontrer des amis bloggeurs ou lecteurs qui vivent par ici, de visiter un peu du pays, et d’en profiter pour faire ma recherche.

Les questions sont donc les suivantes: QUI habite près d’une université, et QUI voudrait avoir la chance de voir débarquer une miss lulu mi-fin juin au plus tard? Je me charge de trouver si l’université en question a un Intensive English Program (je sais que Cornell, Rice, UPenn, Columbia, et UHartford ont un tel programme, entre autre). De plus, je louerai une voiture donc je serai tout à fait indépendante. Et ça serait pour 3-4 jours au plus.

Ce n’est pas dit que le programme en question accepte de me laisser faire ma recherche, donc plus il y a de candidats et plus j’aurai de chance de trouver quelqu’un qui accepte. Un autre problème est que cette petite étude n’est qu’un « pilot » (essai) et que je ne voudrais pas faire ce pilot dans une des écoles qui peut me servir pour la vraie grande étude de l’automne (j’ai une liste de 30 écoles possibles, mais je ne peux pas la publier ici parce que je ne leur ai pas encore demandé de participer). Et en plus, il faut que je trouve un billet pour $200 au moins et au plus. Cela veut dire que même si un(e) charmant(e) lecteur(ice) « m’invite, » il est possible que ça ne marche pas. Mais moi j’ai envie de voir du pays et de rencontrer des gens, alors… à vous la parole :)

Et oui, ladies and gentlemen, je suis officièlement au chomdu à partir d’aujourd’hui même et ce jusqu’à fin août! Les cours sont terminés, les élèves en plein examens, les derniers papiers en train d’être écrits, et les copies d’examens en train d’être corrigées. Aïe aïe aïe, on va se serrer la ceinture et le reste aussi! Je rappelle à tous ceux qui aimeraient soutenir l’effort de guerre qu’ils peuvent toujours participer à la survie de la race des miss lulu dans leur champ de maïs en cliquant sur la plaque de Floride dans le menu à droite, là où il est écrit « ouichlist. » Et pour ceux qui seraient ultra généreux et voudraient m’offrir le piano, je suis touchée, mais rappelez-vous qu’un piano ne se mange pas et ne me sera donc pas d’une grande utilité cet été… sauf pour la nourriture spirituelle, bien sûr!

L’avantage de ne plus avoir un sou c’est que ça me permettra de perdre un peu de poids avant mon prochain voyage en France… et comme ça je pourrai manger sans restrainte une fois en France, aux frais de … heu… la princessh, entre autre ;) L’inconvéniant de ce système, par contre, c’est qu’avec le cours (court? cour? coure?) du dollar, je ne vais rien pouvoir me rapporter dans mon champ de maïs comme petites provisions de chocolat et autres douceurs françaises! Dommage! Bref, on n’y est pas, et avec un peu de chance, d’ici là, l’économie américaine pourrait avoir le temps de se redresser et le dollar de reprendre du poil de la bête (je pourrais lui filer un peu de poils de mes p’tites bêtes, hein, si ça peut aider!).

Ce que je trouve ironique dans l’histoire, c’est que c’est pas parce que je ne vais pas recevoir de salaire pendant quatre mois que je vais en profiter pour me tourner les pouces, couper mes cheveux en quatre, mettre les points sur les i, faire la grasse matinée, couper la poire en deux, jeter de l’huile sur le feu, avoir les quatre fers en l’air, chercher midi à quatorze heures, pleurer comme une madeleine, monter sur mes grands chevaux, être une poule mouillée, tuer la poule aux oeufs d’or, mettre la charue avant les boeufs, finir en queue de poisson, me jeter dans la gueule du loup, voir rouge, casser du sucre sur votre dos, boire comme un trou, tourner autour du pot, et me dorer la pilule! Non non, ladies and gentlemen, cet été il faut que:

- je bosse à fond sur ma recherche,
- j’écrive deux articles et arrive à les faire publier,
- je prépare deux présentations de conférences,
- j’aille à ces deux conférences (dont une est dans le Wisconsin, chouette, je suis jamais allée dans le Ouiskonnsine!),
- je lise environ 150 bouquins et commence à écrire ma « dissertation » (au moins 80 pages),
- je m’occupe de l’association dont je suis présidente (budget, lettre semi-annuelle, journal, etc.),
- j’écrive et envoie deux « proposals » de conférences pour l’année prochaine,
- je refasse tout mon site internet qui « suck » comme on dit en anglais,
- je prépare deux nouveaux sites internet et tout le materiel pour les deux classes que je vais enseigner l’automne prochain,
- j’aille passer 2 semaines en France, et pendant ces 2 semaines, que je vois le viaduct de Millau, ma famille, et tous mes amis, mange dans au moins la moitié des restaus de Paris, et fasse baptiser mon filleul,
- j’aille dans le Michigan passer quelques jours avec ma soeur pour son anniversaire,
- j’apprenne à faire des ANOVAs, des regressions, des Chi squares, des Crombach alphas, et des factor analyses,
- je trouve des tas de participants (entre 500 et 700) pour ma big study de l’automne,
- je joue avec mes chatounnes chéries,
- je fasse plein de photos de Lafayette et les mette sur mon blog,
- je dorme, parce que c’est pas l’automne prochain que ça pourra se faire, ce genre de chose,
- je bronze… … au moins du dessus de mes mains et des bras, si j’ai de la chance!

Et tout ça pour PAS UN ROND! Un carré quand même peut-être? … de chocolat?


Photo prise par jojo en Italie

Quand jétais moi, je me levais une heure plus tôt tous les matins pour écrire sur mon blog et lire celui des autres.

Quand j’étais moi, je recevais 10 emails de spam et 5 emails du boulot et des amis par jour.

Quand j’étais moi, je me faisais du soucis à propos de ma famille, de mes amis, de mes chats, de mes cours, de mes élèves, et de ma recherche.

Quand j’étais moi, j’aimais prendre mon bouquin de droit ou de statistiques et le lire au soleil, dehors, pour profiter du printemps qui montrait son nez.

Quand j’étais moi, je mangeais des céréales au petit déjeuner, un bon déjeuner fait maison, et une petite salade avec un milkshake à la banane le soir.

Quand j’étais moi, je stressais un peu mais ça allait.

Mais depuis que je suis devenue directeuse de machin-bidule-et-truc et que j’ai plein d’idées et que j’ai 1000 personnes sous mon aile, je ne suis plus moi!

Je me lève deux heures plus tôt pour répondre aux 200 emails de tas de gens pas contents et qui croient m’aider.

Je me fais du soucis à propos de machin qui ne comprend rien, untel qui n’est pas d’accord, et truc-muche qui pense autrement.

Je passe mes journées à travailler sur le site de l’organisation, les présentations qu’il faut organiser, les lettres qu’il faut envoyer, et les idées qu’il faut essayer.

Je mange un carré de chocolat le matin, un macdo dans la voiture à midi, et une tartine le soir.

Je dors 5 heures par nuit, j’oublie que j’ai des devoirs et des élèves, ma famille, mes amis, et mes blogs deviennent un vague souvenir de jeunesse, et ma recherche commence à battre de l’aile.

Depuis que je ne suis plus moi, ça chie dans les ventilos et je perds la tête.

Il y a environ cinq ans de ça, j’étais prof d’anglais (tiens, ça n’a pas beaucoup changé depuis…) pour des élèves étrangers internationaux du monde entier pas américains et pas anglophones à la base. Cette classe-là, ce semestre-là, cette année-là, était super chouette, et on s’entendait tous très bien et on rigolait beaucoup et on travaillait vachement beaucoup aussi, mais il y avait deux élèves qui n’étaient jamais contents! Et le pas rigolo de l’affaire est qu’ils venaient tous les deux de Corée, un pays étrange et lointain et que je connaissais pas bien mais que ma meilleure copine elle venait de là aussi. Donc ce jeune homme et cette jeune fille de Corée ne m’aimaient pas beaucoup mais bon ça allait quand même, mes autres élèves m’adoraient.

Or, il se trouva qu’un jour, je demandais à mes charmants et bien-aimés élèves, qui étaient assis en cercle comme d’habitude, de bouger leur chaise, un sur deux, et de rentrer un peu plus vers le centre du cercle, parce que j’allais leur donner un examen, méchante que j’étais, et que je ne voulais pas qu’ils puissent regarder les réponses de leurs voisins! L’un après l’autre, mes élèves chéris m’obéirent sans broncher, mais soudain, le jeune homme coréen refusa d’obtempérer! Et c’est là que, après trois demandes gentillement répétées, le jeune homme coréen refusa de bouger et je fus fière de moi pour la première fois de ma vie! Je n’ai pas crié, je n’ai pas imploré, je n’ai pas supplié, et je ne me suis pas énervée… Je lui ai simplement dit qu’il ne pouvait pas passer l’examen, et il a dit « fine » et il n’a rien fait pendant toute l’heure pendant laquelle ses camarades de classe travaillaient sur leur examen!

A la fin du cours, il est parti sans rien dire, et moi, j’ai dû aller enseigner une autre classe. Quand je suis allée voir la secrétaire et le directeur de l’école, à la fin de la journée, pour leur raconter mes aventures coréennes, ils ont dit que tous mes autres élèves, même la jeune fille coréenne qui ne m’aimait pas beaucoup, étaient tout de suite allés parler au directeur après le cours et avaient dit que je n’avais rien fait de mal et que personne ne comprenait pourquoi le jeune homme coréen avait fait ça! Supers élèves!!! Quand le jeune homme en question est allé se plaindre, il a expliqué que je lui avait donné « l’ordre » de bouger sa chaise et qu’aucune femme ne donnait d’ordres aux homme coréen, et qu’en plus j’étais plus jeune que lui, et que jamais personne ne donnait d’ordres aux coréens plus âgés qu’eux! Mon cher directeur lui a simplement dit qu’on était aux Etats Unis et qu’ici, femme ou pas femme, jeune ou pas jeune, les profs avaient le droit de donner des ordres à leurs élèves, et que si ça ne lui plaisait pas, il pouvait retourner en Corée!

Mais ce n’était que le début de mes aventures coréennes. Je ne sais pas si c’est de ma faute, mais j’ai toujours eu (à part une fois, avec un élève absolument adorable) des problèmes avec les élèves coréens, en Utah comme en Indiana, dans les écoles privées comme dans les univesités publiques, avec les jeunes et les moins jeunes… et que je suis malheureusement devenue méfiante. C’est pourquoi ce que je viens de faire m’étonne grandement!

Pour ma recherche, je dois interviewer plein d’élèves internationaux de l’université où je suis, des « graduate students » et des « undergraduate students, » des hommes et des femmes, des jeunes et des vieux, et des gens qui viennent de n’importe quel département de l’université. Donc, en fin de compte, j’interview des gens d’un peu partout et c’est super chouette et intéressant! Et vendredi matin, j’ai interviewé un jeune homme coréen, doctorant en génie chimique, et très, très charmant! On a beaucoup parlé, pas mal rigolé, et un peu travaillé… et le soir même, je lui écrivais un petit email en lui disant « ceci n’est PAS pour ma recherche et va te paraître un peu fou, mais j’aimerais beaucoup te revoir! On pourrait peut-être déjeuner ensemble un de ces jours? » Huhuhuh, je suis folle! Déjà que c’est complètement fou de faire ça avec n’importe qui (on a vu mes derniers déboirs dans ce domaine il n’y a pas longtemps), mais en plus c’est un coréen!!!

Le charmant jeune homme en question a répondu le soir même avec un gentil message qui disait « chère miss lulu, oui c’est un peu fou comme message, mais moi aussi j’aimerais bien te revoir, pas cette semaine parce que j’ai trop d’examens, mais peut-être le weekend prochain? » … …

Bon, ben la suite au prochain épisode, hein :)

PS. La jeune fille coréenne qui ne m’aimait pas beaucoup non plus m’a écrit un message, trois ans plus tard, en me racontant qu’elle faisait des études pour devenir prof d’anglais et que c’était grâce à moi, parce que j’avais été une inspiration pour elle et la meilleure prof qu’elle ait jamais eue! Comme quoi…

Il y a des jours comme ça où heureusement que le réveil de la chambre voisine sonne à 5 heures du matin, parce qu’on ne sait jamais, notre réveil aurait pu ne pas sonner à 6 heures et on aurait pu rater l’avion!

Il y a des jours comme ça où on est super content de ne pas avoir d’aide à l’aéroport et de devoir porter toute seule un sac super lourd, comme ça on a le temps de s’arrêter dans un petit bar miteux pour se reposer et boire un café avant de partir!

Il y a des jours comme ça où les Etats Unis ont bien fait les choses et ont mis Little Rock, Arkansas entre San Antonio et Cincinnati, pour qu’on puisse s’y arrêter pour urgence médicale au lieu de devoir atterrir à un aéroport qui ne serait pas sur notre trajectoire!

Il y a des jours comme ça où on a de la chance qu’un arrêt d’urgence au milieu de notre voyage en avion ne dure que trois heures et qu’on ne rate qu’une seule correspondance, parce qu’après tout ça aurait pu durer plus longtemps et on aurait pu devoir passer la nuit à Cincinnati comme la dernière fois qu’on a raté l’avion!

Il y a des jours comme ça où on a de la chance de ne pas avoir eu le temps de manger quoi que ce soit depuis le super déjeuner avec Pasfolle & Co. sur le Riverwalk le jour d’avant, comme ça on n’a rien à vomir dans le petit coucou qui fait Cincinnati-Indianapolis en se secouant sans vergogne!

Il y a des jours comme ça où une soeur dans le Michigan c’est bien pratique à utiliser comme secrétaire privée quand on a oublié le numéro de téléphone de la fille qui devait venir nous chercher et à qui on doit dire qu’on aura 7 heures de retard et que ce n’est pas la peine d’attendre et merci d’avoir fait deux heures de route pour rien!

Il y a des jours comme ça où heureusement qu’on rate la navette entre Indianapolis et Lafayette de 30 minutes, parce que sinon ça aurait été trop râlant de l’avoir ratée de cinq minutes seulement! Et comme ça en plus on ne doit attendre la prochaine navette qu’une heure et demi au lieu de deux!

Il y a des jours comme ça où on est super contente que la navette de rechange ne mette que 40 minutes à arriver quand la première navette tombe en panne sérieuse (fumée et tout) entre Indianapolis et Lafayette. Après tout, on aurait pu devoir attendre deux heures jusqu’à la navette suivante!

Il y a des jours comme ça où on a de la chance que le deuxième conducteur de navette se perde dans les champs de maïs pendant plus d’une demi heure en essayant de gagner du temps, parce que comme ça, on évite les embouteillages du centre ville et on a l’occasion d’admirer un couché de soleil sur champ de maïs magnifique bien qu’on ait encore du mal à garder les yeux ouverts!

Il y a des jours comme ça où on a vachement de chance d’avoir enfin quitté un San Antonio fondant sous un soleil de plomb et de se retrouver bien au frais dans un champ de maïs qui ne s’est pas encore rendu compte que le printemps aurait dû être arrivé!

Il y a des jours comme ça où on se dit qu’on a vraiment eu de la chance de ne pas avoir trouvé de billet de retour pour samedi et d’avoir dû rentrer lundi, comme ça on a pu passer une journée sympa avec les Pasfous et puis se retrouver avec 43 email de gens qui nous aiment et qui veulent enlargir notre penis et nous vendre du viagra ou nous rappeler qu’on a oublié de payer l’assurence de la voiture et que ça va nous coûter $200 de plus, et aussi vivre toutes ces aventures et même rater un jours de cours avec une bonne excuse!

Il y a des jours comme ça où il faut souhaiter un JOYEUX ANNIVERSAIRE A MAMAN et a TATA!!!!!!

Où se trouve ce bâtiment? Dans quel pays? Quelle ville? Et quel est son nom? Et pourquoi m’est-il important?
Celle ou celui qui trouve toutes les bonnes réponses aura droit à un bisou et un macaron à la noix de coco virtuel! Ouais, virtuel parce que j’ai déjà mangé tous ceux qui étaient dans la boîte!

Allez, zou, c’est pas difficile! Je vous aide:

Quand on ajoute zero à 10 on obtient mon premier,
Chaque année, on en a un de plus, de mon deuxième,
Mon troisième n’est pas tard,
Mon quatrième est une conjonction de coordination,
Mon cinquième n’est ni l’air, ni la terre, ni le feu…
Et mon tout est une ville pleine de touristes!

Et je vous aide encore avec une deuxième photo… Quand on vous fait un coup comme ça, il suffit de mettre tous les noms de rues que vous voyez dans google et ça vous sort la ville en question :)

Encore quelques photos! Mais promis, je raconterai tout tout tout très bientôt. Je suis juste hyper-ultra-mucho-vachement-molto-very-stressée en ce moment, et en plus, comme le dit si bien ma chère mère, je suis usée, usée, usée!

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L’hôtel dans lequel j’ai passé trois nuits divines… un peu courtes, à cause du décalage horaire (3 heures, quand même!) mais très chouettes! J’aime les palmier et le soleil et les fleurs!!

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Ocean’s Boulevard et aquarium, très célèbres, mais je n’y suis pas allée, je préfère rôtir au soleil et admirer la mer!

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Photo très moche des présentatrice d’une présentation très réussie! Zut, le bleu ça va vraiment pas avec le noir…

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Repas chez mon japonais préféré adoré en charmante compagnie. Mais il n’y avait pas de spider roll… là, ce sont des Las Vegas rolls, des Gyoza, et des vegetable tempura. Miam!!!

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Avec Jun (qui a pris cette dernière photo), et à part manger des sushi, on a parlé, parlé, parlé… pendant plus de HUIT heures, à côté du célèbre Queen Mary, en dégustant de la tarte aux pommes et des cocktails délicieux, et en profitant du soleil, du ciel bleu, des mouettes, et de la vie qui n’est pas si mauvaise que ça, parfois :)

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vue d’avion, centre ville sous fog…

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petite chambre d’hôtel sans charactère particulier mais avec lits divins…

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salle de bain confortable et accueillante…

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Long Beach Convention Center: merdique au possible mais on s’en fiche :)