sam 30 déc 2006
Toute la smala est partie hier après-midi, snif… Mon coeur balance entre les larmes de tristesse de voir partir ainsi ceux que j’aime tant et le soulagement de me dire que les chatounes et moi avons enfin quelques jours de paix avant que le travail ne recommence. En gros, quand’même, je suis triste, très triste, même. Même si j’aime beaucoup ma nouvelle ville et mon nouveau pays, ce n’est pas facile de laisser partir les gens qu’on aime sans savoir quand on les reverra.
En même temps, quand on a la chance de se revoir, on remarque aussi parfois pourquoi on vit tous à un autre bout du monde. Avec le temps, je suis devenue une vraie sauvage et j’aime ma solitude. Et puis dans la famille (proche et moins proche), on a très facilement tendance à se dire des choses qui blessent même si on le regrette ensuite ou on ne se rend pas compte combien c’est blessant. On arrive à se contrôler assez bien avec les gens autours de nous dans notre vie de tous les jours, mais dès qu’on se retrouve en famille, on retombe dans nos mauvaises habitudes, même si on s’adore. Une réplique cinglante, un mot plus haut que l’autre, un soupire d’impatience, une requête égoïste, des regards énervés, des actions qui agacent, un geste malhabile, un manque de réaction, des critiques perfides, une réponse moqueuse, toutes ces petites choses n’ont aucune importance en soi mais font parfois plus mal qu’elles auraient dû et finissent par s’accumuler.
Quand je suis (ou parle) avec ma famille, je passe ainsi de « j’ai vraiment de la chance de passer ces moments avec Untel » à « je ne lui parlerai plus jamais » à « c’est tellement triste qu’on soit si loin les uns des autres » à « vivement qu’ils repartent » à « j’adore ma famille » à « comment peut-on tous être aussi méchants/ bêtes/ amers/ égoïstes/ rancuniers/ cyniques/ caustiques/ indifférents/ ingrats/ cruels/ négatifs/ agressifs/ cinglants/ sarcastiques/ hargneux/ grainçants/ blessants/ etc.!? » C’est l’histoire de ma vie.
Et pourtant je les adore. Tous. Mais je me demande parfois combien de fois on peut pardonner, combien de fois je pourrai me dire « cette fois c’est fini » et continuer pourtant comme si de rien n’était en ravalant ma colère ou ma tristesse et en oubliant tout… jusqu’à la fois suivante. Les bons moments font passer les mauvais, et les bons moments sont heureusement toujours plus nombreux que les mauvais, mais je remarque que je deviens aussi plus méfiante avec le temps, comme si je me préparais d’avance à encaisser les mauvais coups, comme ça je suis heureuse s’ils ne tombent pas et préparée dans le cas contraire.
Je me suis pas amère, je réfléchis, simplement. Je suis triste de voir que nous avons grandit, mon frère, mes soeurs, et moi, dans un environement pas toujours facile et qui nous a aidé à développer une façon de dire les choses qu’on regrette ensuite souvent. Ou à avoir du mal à exprimer ce qu’on ressent vraiment et cacher nos sentiments derrière des remarques cyniques ou blessantes. Une psy, un jour, m’a dit que cette violence, cette façon de répondre, cette façon de (ne pas) montrer nos sentiments, étaient comme gravés sur le CD de notre cerveau et qu’on ne pourrait jamais l’éffacer. Par contre, on pouvait choisir de ne pas écouter certaines parties du CD de notre cerveau comme on peut choisir de ne pas écouter certaines chansons sur un CD. Ce n’est pas facile à faire et ça demande beaucoup de patience, de conscience, et de détermination. C’est le travail de ma vie.
Mais ça en vaut la peine quand on s’aime tellement!
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13 commentaires que j'aime à “famille, je vous hais-me…”
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30 décembre 2006 à 2:06
Pas facile, en effet, tout cela ! On dirait que la présence des membres de notre famille fait ressortir ce que nous avons essayé de changer en nous au fil des ans. Quand ils réveillent cette part de nous que nous n’aimons pas,nous les détestons d’autant plus que c’est une bonne partie nous qu’en fait nous détestons en eux !
C’est comme si nous n’avions pas confiance que les membres de la famille puissent accepter que nous ayons changé.
Ça me fait penser à l’histoire du gars qui se prenait pour une souris, que je raconte sur mon blogue ;o)
30 décembre 2006 à 4:22
J’ai souvent réflechis à faire un article avec le meme genre de titre. Les histoires de famille c’est vraiment pas évident et je dois avouer que je suis assez gatée avec ça. Dans les bons moments, on oublie, on se dit qu’on va réussir à vivre avec. Dans les mauvais, on se dit que c’est pas possible, on y arrivera jamais.
En tout cas, je t’envie d’avoir des freres/soeurs, ça doit etre sympa. Je regrette souvent de ne pas connaitre ce type de relation.
Bonne fin d’année à toi miss Lulu.
30 décembre 2006 à 5:09
mais tu sais,même quand on vit pas trop loin l’un de l’autre, c’est la même chose ; une idée sur les pistes CD :le mettre en position shuffle, ça permet de ne pas réactiver tes propres soucis car la manière dont on perçoit les réactions des autres vient de notre propre regard, pas de celui qui émet ! donc, récepteur doit changer de piste, effectivement.
je t’embrasse très fort, le boeuf carottes cuit pour la famille qui débarque à midi ! je t’en garderai une portion au congélo ?
30 décembre 2006 à 6:11
Ah ces histoires de famille! Je crois bien que c’est pour ça que les retrouvailles sont géniales mais il faut que ça demeure des « retrouvailles », ensuite chacun part de son côté
30 décembre 2006 à 9:09
C’est étrange, mais j’ai un peu l’impression de te voir parler de ma famille, quand tu parles de comment vous êtes entre vous… Après, chacun à sa façon de réagir, de gérer les rancoeurs qui pourraient s’accumuler au fur et à mesure… Combien de fois on peut pardonner? En principe, autant que nécessaire. Du point de vue de l’indulgence, y’a pas de différence entre un Saint, Simplet, et moi. J’finis toujours par pardonner, par exemple. Enfin j’pense être plus proche de Simplet que du Saint ^^. Au bout d’un moment, tu finis même par « pardonner d’avance »… L’essentiel est que tu sais qui ils sont, et que tu les aimes, non?
Bojou, et à bientôt.
31 décembre 2006 à 11:31
bon, Noël prochain, tu les invites tous à une séance de thérapie familiale à la place du resto en hauteur
en attendant profite bien des moments de solitude et des moments de foule tout au long de 2007.
31 décembre 2006 à 12:08
Salut Lulu, C’est l’impermanence de la vie. Toute bonne chose a toujours une fin. Ca c’est la loi immuable de l’univers.
Bonne année 2007 pour toi et tes deux bébés, qu’elle vous apporte bonheur joie et santé. Amicales bises.
31 décembre 2006 à 2:20
Chouette, le blog remarche!
Bah Lulu, te bile pas, on est bien tous pareil! Ce sont ceux qui s’entendent très bien dans leur famille qui sont anormaux!
Il y a un proverbe: « on choisit ses amis, mais rarement sa famille ». En famille, on est obligé de vivre comme si on était des amis, alors qu’on a parfois des caractères différents. Peut etre aussi qu’on tolère mal que des gens qui nous sont très proches et que l’on aime aient des défauts qui nous semblent sans importance chez des gens qu’on ne fréquente pas ou que nous méprisons. C’est pas facile d’admettre que même les héros vont aux WC! Peut-etre qu’avec les membres de sa famille, le truc c’est de ne pas les voir trop longtemps, et quand on les voit, de se préparer à leurs défauts et de se concentrer sur leurs qualités. Quand ils seront morts, ce sera plus difficile.
31 décembre 2006 à 3:58
Les ours (les petits noirs surtout) ont l’avantage sur les humains de sentir assez (très très) fort. Alors ils se débrouillent pour ne pas être ensembles mais de laisser partout leurs odeurs comme mots de passe, méssages et tendresses. Les mots-odeurs ont moins de chance de dépasser la pensée et de blesser l’autre. Avec toute ma tendresse.
1 janvier 2007 à 2:31
Ou alors faire comme les hérissons : trouver la bonne distance pour se tenir au chaud sans se piquer les uns les autres ;o)
2 janvier 2007 à 3:46
Ooooh Paolo. L’un de mes musiciens préférés…
Il était passé à Chicago il y a qq années et s’était produit dans l’enceinte du Chicago Symphonic Orchestra. L’accoustique était vraiment au poil et la vue fameuse (et non fumeuse); la section cuivre qui l’accompagnait était vraiment remarquable. Hmmmmmm. Rien que du bonheur.
5 janvier 2007 à 10:31
Alors là… Ca faisait longtemps que je cherchais sur les blogs quelqu’un qui parle de maniere honnete de sa famille// Car on a peur que la famille lise et se vexe… / Moi j’ai dit juste une petite phrase sur mon blog, en rentrant de vacances, qui a déclenché des folies dans ma famille… Pas de réponse à mes appels, plus aucun contact, plus aucun commentaire… ma famille a fait la tete, et je suis entrée en thérapie, a cause du blog!
Finalement je ne le regrette pas. Dommage que tu arrêtes ce blog.
15 janvier 2007 à 4:15
Dieu seul sait à quel point j’aime jouer avec les mots…Comme Pierre Doris, Pierre Desproges Raymond Devos et tant d’autres…Mais là sur ton blog je viens de faire une découverte extraordinaire qui me stupéfie « famille je vous hais…me ». Merci de me donner cette clarté à mes sentiments brumeux. Je les aime et je les hais. Attachement et éloignement. Je ne crois pas à l’histoire racontée par ta psy (cd imprimé sur le cerveau): dès que l’on sait les choses, on les comprend. Après il s’agit de les digérer et çà c’est une autre étape. Elle peut prendre toute la vie, ce n’est pas un travail inutile. Loin de là. Bonne adaptation à Barcelone. Gaudi, la Sagrada familia,la mer, les tapas, les rues , le bonheur. Tu vas aimer. Carrer Mallorca, un bar à tapas du tonnerre de Dieu. Et si tu as un bel événement à fêter avec quelqu’un que tu aimes, mange à Botafumeiro le meilleur resto de Barcelone.
Bonne vie et merci.
Michèle T.