mer 22 nov 2006
Alors, suis-je amoureuse des Etats Unis ou du Canada, comme postscriptum le demande dans le post précédent? Est-ce que je préfère vivre ici ou est-ce que la vie de là-bas me manque mortellement? Est-ce que je vais retourner vivre le rêve américain le plus vite possible? Est-ce que le Canada est un pays aussi archaïque et déprimant que je l’ai décrit?
Bonnes questions. Avant d’y répondre, je dois encore expliquer trois points importants.
1. Oui, la vie est beaucoup plus facile aux Etats Unis pour quelqu’un qui a mon niveau d’éducation, mon soutient familial, mon travail, mon argent, ou plus. Il n’y a aucun doute là-dessus! Mais je crois que cette vie facile est le résultat d’un capitalisme sauvage où on sacrifie simplement les pauvres pour donner une meilleure vie aux riches. C’est très clair au niveau des assurances maladies, de la retraite, et de l’éducation, entr’autres. Au Canada, on ne court pas aussi férocement vers la belle vie américaine parce qu’on aime moins l’idée de laisser des cadavres et des fantômes derrière soit. C’est un concepte complètement anti-américain, anti- »the survival of the fittest, » anti-rêve américain. Le rêve américain dit que « je peux arriver à faire tout seul ce que je veux dans ma vie, personne ne me doit rien, et je ne dois rien à personne. » Le rêve canadien dit que « ça va pas être facile mais si on se serre les coude, on peut à peu près tous y arriver. » TRES grosse différence.
Et c’est bien agréable de profiter de la belle vie américaine, mais au bout d’un moment, on se sent quand’même vachement coupable… moi, en tous les cas (et j’en connais qui ne le sont pas du tout).
2. A part cette différence de mentalité et de vision du monde, il y a une autre très grosse différence entre les deux pays: l’économie. Il n’y a aucun doute que le marché économique est beaucoup plus limité au Canada (à cause du nombre d’habitants, des températures moyennes de plusieurs provinces, etc.) qu’aux US. Le résutat, c’est que la concurrence est pratiquement innexistante au Canada, et le gouvernement peut dicter sa loi beaucoup plus facilement (puisqu’il y a moins de privatisation). Au niveau des banques ou de LA compagnie aérienne, par exemple, il y a beaucoup moins ou aucune compétition et les prix sont donc plus élevés, le service à la clientele est moins bon (mais toujours meilleurs qu’en France, ouf), il y a plus de paperasserie et moins de changements, et tout est moins efficace. C’est comme ça et on y peut pas grand’chose!
3. Mon troisième point concerne les immigrants et l’image qu’ils ont du Canada. J’ai sûrement eu une vision plus négative du Canada que quelqu’un qui vient de France. Je dirais que le Canada est, sur une échelle de 1 (France) à 10 (Etats Unis)*, à 6 ou 7 (ça dépend dans quel domaine). Par exemple, au Canada, il est beaucoup plus facile (et immaginable) qu’en France de changer de carrière à 40 ans, de recommencer des études à 50 ans, de faire des emprûnts importants à 30 ans, de créer sa propre boîte, de trouver du boulot, de déménager dans un état à l’autre bout du pays… Aux Etats Unis, tout ça devient tellement facile que c’en est presque dangereux. Au Canada, le service à la clientèle est meilleur qu’en France parce qu’il existe! Au US, il est tellement bon que n’importe qui peut faire n’importe quoi pour n’importe quelle raison et ça en devient ridicule (au niveau des procès, par exemple). C’est pareil dans beaucoup d’autres domaines, et je pense que c’est pour ça que mon point de vue est très différent de ce qu’on entend souvent raconter en France par les français qui ont immigré au Québec, par exemple.
Alors oui, je suis amoureuse du Canada, et oui, je veux y rester. Et oui, j’ai aimé et j’aime toujours les Etats Unis mais je n’irai jamais y revivre. On me dit « oui mais bientôt un certain buisson maudit ne sera plus au pouvoir » mais ça ne changera rien, la société américaine a toujours été excessive en bien et en mal et le restera toujours, que son président soit Républicain ou Démocrate. Aux Etats Unis, tout va toujours tellement rapidement et efficacement qu’on finit par oublier qu’il y a des êtres humains derrière tout ça, qui payent de leur santé mentale et physique pour nous offrir cette rapidité. Quand je suis arrivée ici, je gueulais contre la lenteur et l’inéficacité des employés (banques, magasins, etc.), et mon frangin m’a dit « oui mais c’est sûrement plus agréable et meilleur pour la santé de ces gens de pouvoir bosser à un rythme normal et sans se dire qu’à la première gaffe ils se retrouveront à la rue ou avec un procès sur le dos. » Je gueule toujours, mais je pense qu’il n’avait pas entièrement tort. On n’a rien sans rien. La « perfection » apparente des Etats Unis coûte cher, et sous sa lisse surface, on trouve beaucoup plus de problèmes sérieux (qui existent au Canada mais à des niveaux bien moins alarmants) comme le racisme, le fondamentalisme, l’excès, le puritanisme, l’orgueil, la corruption, l’obésité, l’ignorance, la bêtise, la peur, la haine, l’abrutissement, la xénophobie, la manipulation…
Alors oui, ma vie américaine me manque terriblement mais je lui préfère quand’même ma vie canadienne. Quant au rêve américain, les français en manquent sérieusement, mais les canadiens n’en ont pas besoin, la société change bien assez vite d’elle-même pour qu’on en rajoute. Et non, malgré mes médisances répétées que mes amis canadiens ont endurées patiemment, le Canada n’est pas un pays archaïque et déprimant, bien au contraire, et je ne peux raisonnablement que me plaindre du manque d’accessibilité, de la difficulté à trouver des médecins, et du système banquaire (et d’un certain harpagon, bien qu’à côté du buisson maudit, il soit un vrai enfant de coeur). Pour le reste, on s’y fait, et les changements empêchent de vieillir trop vite, pas vrai?
Alors vive le Canada, pays qu’on ne peut s’empêcher d’adorer malgré ses défauts
Moi je l’ai, mon rêve canadien, et je le garde!
* Ca veut pas dire que la France est nulle, putainborderldemerde! Mon échelle mesure tout en général, la bouffe, la violence, le prix de la vie, la culture… parfois c’est positif, parfois c’est négatif, et peut-êtr que mon échelle va de -10 à + 10, hein?! C’est marrant, très peu de canadiens me sont tombés dessus quand j’ai critiqué sans vergogne leur pays dans nombreux de mes posts, mais là, je dis trois mots sur la France, et la France au complet est prête à me passer à la guillotine! A chaque fois c’est la même chose…
33 commentaires que j'aime à “ze conclusion…”
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22 novembre 2006 à 9:23
Quelle belle conclusion ! Je ne pensais jamais que la raison profonde de ton « rêve canadien » était aussi altruiste, au prix d’une certaine facilité de vie pour toi…
Bon courage pour la suite et je te souhaite que les choses aillent 1) en s’améliorant et 2) en répondant à tes aspirations.
22 novembre 2006 à 9:25
Quant aux banques : on apprend à se faufiler entre les mailles pour minimiser les frais, et je te jure que ça peut être très efficace
Et les services à la clientèle : ça rend juste un peu plus combatif d’apprendre et savoir se battre avec eux
Je suis justement en cours de plainte chez Desjardins, et je pense que je vais obtenir gain de cause, avec dédommagements… Mais je me suis bien embêtée avec eux…
22 novembre 2006 à 10:12
très chouette analyse que tout cela, je ne suis pas déçue
par contre, c’est moi ou tu tu fais dans le french bashing ?
22 novembre 2006 à 10:26
krysalia: contente que ça t’aie plu
et pour la france je ne dirai qu’une chose: qui aime bien châtie bien
22 novembre 2006 à 10:30
Dre Papillon: ah la la, la Desjardins aussi, hein… et !Béo! qui avait l’air de dire que ce n’était que les banques ontariennes
pour l’altruisme je ne sais pas, c’est surtout du dégoût face aux excès de conneries et d’horreurs que j’ai pu voir et entendre dans ce pays… j’imagine que soit on ferme les yeux et on s’habitue, soit on part le plus vite possible, parce que ça ne sert à rien de vouloir essayer changer les choses…
22 novembre 2006 à 11:25
Analyse tres interessante, je dois dire. Ca fait deja 3 ans que je suis aux US, et dans 2-3 ans, c’est promis je me barre. Je ne sais pas ou je poserai mes valises mais je suis decidee a quitter mon petit nid douillet de privilegiee de la societe americaine (c’est-a-dire que j’ai un boulot avec assurance maladie et je peux me permettre de cotiser pour la retraite). Vive les voyages et les expatriations!
23 novembre 2006 à 1:02
J’aime bien cette conclusion qui montre bien -si ce n’était déjà fait- que chaque contrée a ses points forts et ses points faibles.
Tu as mis le point sur ce qui nous différencient des américains: on ne veut pas ni faire comme eux, ni être comme eux; on préfère notre échelle qui demeure humaine.
23 novembre 2006 à 1:24
Je découvre en lisant tes derniers « articles » que je vis dans un pays cauchemardesque !
Que faire ?
Mais sans doute que cela fait longtemps que tu n’as pas réellement vécu en France, et que tu n’as plus tout à fait la vraie vision des choses. Je remarque tout de même que les expats ont tendance à vomir la France, et je me demande ce qui les poussent à le faire.
Lorsque j’écoute mon amie dont les filles habitent au Québec parler du Canada, là-bas tout y est magique, merveilleux, mais curieusement c’est ici en France que nous avons ouvert notre boîte !
23 novembre 2006 à 3:35
Bon, moi je n’ai jamais eu de rêve américain et je suis contente que mon rêve canadien ne soit pas brisé… bien que je n’envisage pas de quitter cette « maudite France »!
Tu as décidément un sacré esprit pionnier miss Lulu.
Bonne continuation…
23 novembre 2006 à 4:29
Dr Lulu,
rien de spécial a dire sauf que c’est une tres belle conclusion, pleine d’humanisme.
23 novembre 2006 à 7:32
david: merci
osteolala: oh la france n’a pas que des mauvais côtés, faut pas être négatif comme ça
Chamade: non, comme je l’explique dans mes articles précédents, le canada est loin d’être merveilleux, parfait, etc. et la france est loin d’être un pays horrible! mais une fois qu’on a goûté à la facilité nord-américaine, c’est difficile de retourner en france. mais la bouffe, la culture, les paysages, ma famille, la langue, (la sécu), tout ça me manque beaucoup de la france (et de la suisse) et rien ne peut le remplacer. la raison pour laquelle les expats « vomissent » souvent la france (devant les français, alors que dès qu’on la critique ailleurs ils la défendent farouchement, crois-moi), c’est souvent la raison qui les a poussés à partir: peu d’argent pour la recherche, peu de jobs, peu de flexibilité au niveau du travail… et c’est vrai que ça fait longtemps que je n’ai pas réellement vécu en france (25 ans pour être précise) mais ma famille y vit encore, et j’ai vu ma tante abandonner l’idée de recommencer des études à 45 ans parce que tout le monde l’en a découragée et que « ça ne se fait pas » en france et d’autres examples comme ça. mais pourquoi pas?!
!Béo! oui, c’est une question d’échelle, c’est certain, mais regarde la suisse à côté de ça, c’est minuscule mais ça va plus vite que la france dans la même direction que les etats unis… étrange, hein?
Clotilde: c’est pas un reproche, hein, moi j’y suis bien restée 10 ans et demi, aux Etats Unis… c’est difficile de ne pas aimer y vivre, et je pense que comme je travaillais dans l’éducation et qu’en plus j’ai vécu dans deux des trois états les plus férocement républicains, j’étais aux premières loges pour me rendre compte des problèmes sociaux et de l’étendue des dégâts…
23 novembre 2006 à 7:59
Votre conclusion me rassure un peu. Cela fait un moment que je suis votre blog et de jour en jour mon rêve canadien s’est un peu assombrit
Nous aimerions émigrer de notre beau pays (Suisse) vers un autre beau pays, le Canada, pour nous mettre a notre compte. (nous sommes les deux boulangers pâtissiers).
L’Amérique est un pays magnifique, les gens y sont très accueillant (nous l’avons visité de long en large, 32 états).mais se qui me dérange énormément c’est qu’ils sont complètement insouciants. Ils vivent sûrement bien mieux ainsi ! C’est peu être nous les c….On devrait aussi vivrent au jour le jour, mais avec notre éducation typique suisse où tout est assuré (2 fois c’est plus sûr
) ou nous faisons plus ou moins attention à la nature et espérons que nos petits enfants ne devrons pas se promener avec un masque à gaz, je peine un peu avec cette mentalité.
Mais vous m’avez montré certains points qu’il faudra vraiment encore bien étudier avant de partir (le système de santé où nous sommes quand même gâtés en Suisse).
Continuez de nous parler de se beau pays (avec tout ses défauts)
Salutations de la Suisse
23 novembre 2006 à 8:43
Et vive le Québec!
Il est, je crois, normal que tu passes un temps d’adaptation, le Canada est proche des Etats sur plusieurs points mais la mentalité n’est pas la même! Un peu comme la France et le Québec, on parle français mais on pense les choses de façons si différentes! De mon bord, j’ai quitté la Frnce à 14 ans, à 25 j’y suis retournée voir si je pourrais y vivre. J’ai compris que j’étais trop québécisée, trop hors-norme pour y arriver, je connais peu le Canada anglais mais je connais pas mal d’anglophones, c’est encore une mentalité différente des québécois, un mode de vie aux nuances différentes. Cependant j’ai toujours trouvé les anglos plutôt doux, relax, amicaux. En plus à Grandbled, ton hiver ne devrait pas être si rude!
Toi qui es au Sud du pays!
23 novembre 2006 à 10:41
Depuis quelques jours, je me demandais bien comment allait se terminer ce long procès. J’admire la clémence de la Cour Lulu ;o)
Au fond, c’est une bonne transition que tu es en train de faire à Grandbled : dans un an ou deux, tu seras mûre pour améliorer ta qualité de vie en t’installant au Québec ;o)
23 novembre 2006 à 10:45
Très intéressant, ton bilan, Miss Lulu! Surtout que tu viens des Etats-Unis et que les comparaisons entre Canada et Etats-Unis, avec un oeil expert mais extérieur (oui je te flatte) ne sont pas si courantes.
Il faudra que tu expliques un jour ce que tu reproches à la France, et ce qu’elle pourrait faire pour aller mieux. Ca serait intéressant aussi.
Et la Suisse, dans tout ça? Où est elle, sur l’échelle de 1 à 10?
23 novembre 2006 à 10:51
2 – Dr Papillon: ah! Bon courage! J’ai bataillé tout mon samedi après midi avec Vidéotron pour une $£=% d’histoire de location de modem… les services au téléphone, c’est une calamité.
23 novembre 2006 à 10:55
Chamade, je trouve ça bien qu’on dise de la France que tout ne va pas bien, et qu’il y a des choses dont elle pourrait s’inspirer à l’étranger. Ce n’est pas vomir dessus que d’avoir une opinion. Au contraire. Sinon, on lui tournerait le dos et on passerait à autre chose.
Le « french bashing », c’est beaucoup plus facile: on dit que les Français ne se lavent pas, sont lâches et paresseux, que les Françaises ne se rasent pas les aisselles et sont fan de Jerry Lewis, tout le monde se marre … :-/
23 novembre 2006 à 10:58
Sinon, je suis d’accord avec osteolala: quel esprit pionnier!
23 novembre 2006 à 11:17
Jolie synthèse!
23 novembre 2006 à 1:24
qui a dit « les voyages forment la jeunesse » ? te voilà avec 10 ans de moins. Bon, je vous quitte, je dois me raser les aisselles (quelle horrible phrase) on dit « s’épiler… et non se raser, non mais…
La Française
23 novembre 2006 à 3:33
Je vis en Suisse avec l’affreuse idée que j’aime la Suisse et pas les Suisses, j’en fréquente peu, c’est vrai, et c’est à chaque fois c’est une surprise de taile quand je passe un peu de temps avec eux…..Ma chère voisine dont j’admirais le vélo me dit qu’elle en possède deux, un pour la gare et un pour les promenades en ville, le vieux pour la gare, on peut le voler, mais c’est déja pas si mal d’aller à la gare à vélo, bien qu’elle ne soit qu’à 5 mns a pieds, mais on peut toujours continuer à trouver ça spécial et suisse, comme d’avoir toujours une paire de bottes « pas dommage » dans le coffre de sa voiture, mais en quoi cela fait nul et critiquable ? J’essaie de ne pas être trop « fanatique » dans mes jugements, c’est l’âge.
23 novembre 2006 à 3:39
mom: donc moi j’ai le droit d’être plus fanatique dans mes jugements parce que c’est l’âge? cool, merci, je vais me lâcher, haha! (ou bien tu veux dire que je le suis déjà, fanatique, et tu essayes de m’excuser? ah…)….
la zia: heu, tout va bien?
Dominique: merci!
Olivier: je ne reproche rien à la france, la france est un pays parfait à 100%, que dire de plus? quant à la suisse, si le canada est à 7 sur l’échelle de miss lulu, alors la suisse doit être à 5, facilement, dans beaucoup de domaines en tous les cas…
Alcib: qui sait
Etolane: après des débuts difficiles, l’hiver se montre un peu plus clément en ce moment, profitons-en
les p’tits suisses: bienvenue sur mon blog
loin de moi l’envie de vous décourager, le canada est un pays extraordinaire où tout est possible. vous devriez lire les blogs de français/suisses qui ont immigré au canada, plutôt que le mien, mon point de vue est vraiment différent à cause de ces 10 ans aux etats unis. ceci-dit, si l’un de vous a des problèmes de santé, je vous conseille effectivement de bien penser à ce côté un peu moins reluisant avant de venir ici, quand on n’a pas de problèmes sérieux ça passe, mais … bref… allez plutôt voir le blog d’Olivier (à cheval sur l’atlantique) il est plus objectif et positif que moi
et bonne chance!!! passez donner des nouvelles!
23 novembre 2006 à 4:10
Hum… on a bien bossé ici pendant que je bossais… (bon ok: j’ai regardé un dvd aussi)
Miss lulu: je suis tout à fait d’accord que le rythme de vie en Suisse est affreusement approchant à celui des US… je me demande encore pourquoi… tout ce stress inutile et encore plus pourquoi: les blagues versus les Suisses parlent encore de lenteur…
Mom: je suis sidérée autant que vous sur certains aspects! Encore plus sur des broutilles qui peuvent tenir une conversation sur 2 heures… sans jamais trouver de solution et dailleurs: ces broutilles n’en avaient cure de solutions!
Pour les p’tits suisses: surtout; ne programmez pas votre sortie de Suisse pour avoir meilleur, dans le sens de conserver vos acquis ici en ajoutant ceux possibles au Canada car c’est totalement irréaliste. Ce qui n’empêche pas un nouveau départ en boulangerie dans mon cher pays!
23 novembre 2006 à 4:21
Une remarque sur la France: ils gagnent moins et en plus ils ont le meme gouffre entre riches et pauvres.
23 novembre 2006 à 10:54
Miss Lulu.
Etant donnee que ton blog est lu majoritairement par des francais, j’avoue ne pas etre surpris que plusieurs te tombent dessus quand tu critiques la France. Tu serais americaine et lue par des americains, tu te serais fait incendier par certains de tes lecteurs pour la moindre remarque sur les USA (du style: » on est bien content que tu soies partie » ). Tu serais lue par une majorite de canadiens, certains t’auraient surement proposer de rentrer chez toi, si ca te plait pas.
La meme chose etait arrivee a Pasfolle lorsqu’elle quittait le Texas pour la Chine et s’etait permise de faire quelques commentaires sur la France (certains lui avaient balancee » ce n’est vraiment pas ton meilleur post – ca se voit que tu as quitte la France il y a longtemps » La ressemblance est frappante non?)
Le plus amusant en fait est que ce sont souvent les memes personnes qui vont se plaindre qu’en France tout va mal, que l’Etat (ce voleur) leur pique tout leur argent, qu’ils n’ont pas assez de vacances, que les chinois/arabes/whatever leur prennent leur boulot ….
C’est une des raisons qui me fait apprecier l’expatriation. Il y a des gens comme ca aux USA (comme partout ailleurs), mais ils ne veulent pas nous rencontrer car on est des « sales etrangers qui prennent leur boulot ». Du coup, on n’a meme pas besoin de se forcer a les frequenter pour des raisons familiales, professionnelles (ou autres).
23 novembre 2006 à 11:25
Pou: je comprends bien ce que tu veux dire et je suis d’accord pour ce qui est des etats unis et de la france… mais j’ai peut-être reçu trois « critiques » de canadiens me disant que l’ontario c’était vraiment trop différent du québec pour généraliser ainsi et c’est tout. et je peux te dire que j’ai beaucoup de lecteurs canadiens, et très peu sont ontariens! c’est une nouvelle raison qui me fait encore plus apprécier mon nouveau pays: personne ici ne m’a dit « si t’es pas contente tu peux toujours te casser »
Vilay: chut, on ne critique plus la france maintenant
!Béo! marrant, de tous les pays où j’ai vécu, j’ai vécu le plus longtemps en suisse, mais je n’ai pas grand’chose à dire dessus. étrange, hein?
24 novembre 2006 à 12:16
Miss Lulu : j’ai été passionnée par ton post que je lis seulement aujourd’hui (j’ai un peu de retard je sais, et en plus, vu l’heure, je me dis que je prends un gros risque à me lancer dans le commentaire !).
Passionnée par la justesse de ton analyse, malgré toute sa subjectivité, ou justement en raison de sa subjectivité qui lui donne un accent de matière à réflexion profonde.
D’autant plus intéressée par ta définition originale des manifestations – et conséquences – du rêve américain, que je n’entre justement pas dans les catégories classiques de l’expatriée aux USA : je ne suis pas partie pour quitter la France, je ne suis pas partie parce que les postes m’y étaient fermés, je ne suis pas partie parce que je poursuivais le rêve classique, etc… j’ai commencé en fait à un peu narrer sur mon blogue les éléments qui permettront peut-être de remettre mon puzzle personnel en place.
Et je me retrouve aujourd’hui, dans la situation des « exclus » du rêve, mais bénéficiaire de la mentalité propre à l’Amérique des pionniers, celle que tu décris par le “je peux arriver à faire tout seul ce que je veux dans ma vie, personne ne me doit rien, et je ne dois rien à personne.” que j’extrapolerais volontiers en mes termes « malgré tout ce qui vient me dire que ce n’est pas faisable, j’y arriverai parce que je ne veux pas renoncer et c’est possible parce que je veux y croire ».
Je m’en tiens là, après tout, parce que je suis sur ton blogue et pas à raconter ma vie, mais en tous cas merci pour ton billet qui me donne beaucoup de matière à cogiter ! Et peut-être à écrire sur cette lancée.
24 novembre 2006 à 12:50
Oui Miss Lulu je suis comme toi écoeurée par le sort fait à la recherche. Ma soeur qui est une chercheuse reconnue hors de France, vit misérablement dès qu’elle revient ici. Trop âgée lui dit-on (alors qu’elle a été trop jeune bien longtemps)
)
Je voulais juste dire que moi j’aime la France, j’aime bien aussi faire un tour en Suisse parce que là bas le paysage est vraiment encore très protégé, je ne suis pas une fanatique de « mon pays » et j’aurais vraiment voulu aussi faire la connaissance d’autre manière de vivre ailleurs (certains éléments de ma vie font que je suis un peu scotchée ici et j’en ai pris mon parti). Et pour répondre à Pou, je suis foncièrement optimiste et ce caractère fait que je fuis ceux qui râle toute la journée et critique à longueur de journée leur pays quel qui soit. (cela ne t’es pas adressé Miss lulu parce que je sais aussi faire la part entre le râleur négatif et ceux qui constate calmement la différence positive ou négative
Et je te fais un baiser doux Miss lulu
24 novembre 2006 à 7:33
merci, Chamade
bisous de ma part et calin des chatounes!
24 novembre 2006 à 10:43
« je ne reproche rien à la france, la france est un pays parfait à 100%, que dire de plus?’
Alors on n’est pas d’accord!
24 novembre 2006 à 10:49
« Vilay: chut, on ne critique plus la france maintenant »
Mais si!
Je pense que tu as mal pris ma remarque, qui n’était pas du tout agressive ou quoi.
J’ai trouvé intéressante ta comparaison, tu mets une mauvaise note à la France, et j’aurais aimé savoir pourquoi, c’est tout.
Je ne suis pas le dernier à dire qu’elle ferait bien de regarder ailleurs ce qui se passe pour corriger ce qui ne va pas. Pas de chauvinisme, ou quoi… bien au contraire.
24 novembre 2006 à 12:18
Olivier: je n’ai pas mis de mauvaise note a la france, mon echelle est positive et negative (comme je l’explique dans mon ajout de dernier enervement). pis de toutes les manieres, tout le monde (ok, tous les expats/immigres) savent tres bien ce qui ne va pas en france, pas besoin de continuer la meme discussion over and over… et je n’ai pas mal pris ta remarque, t’inquietes pas
25 novembre 2006 à 3:45
mais je m’insurge, on n’est pas du tout suceptible par ici! Pfff
hehe
j’ai adoré tes derniers posts! J’espère que tu nous raconteras encore le Canada sous de multiples facettes!