Il y a un peu plus d’un an, j’ai reçu un courriel de l’éditeur d’un grand journal de linguistique. Ce monsieur m’expliquait qu’il avait lu ma thèse de maîtrise (ça doit bien être le seul) et qu’il voulait que j’écrive un « state-of-the-art article » sur le sujet. Un article « state-of-the-art » c’est un peu une bibliographie mais en plus détaillé, une sorte d’explication de tous les articles, livres, thèses, présentations de conférences, projects de recherche écrits sur le sujet dans le monde entier. Unutile de dire que j’ai dit « oh oui monsieur, je serais heureuse d’écrire votre machin! » et qu’ensuite je me suis rendue compte de ce que ça voulait dire et j’ai paniqué à mort.

J’ai donc envoyé un courriel à quelqu’un que je n’avais jamais rencontré mais qui venait d’écrire un gros bouquin sur le sujet et qui avait l’air sympa, et je lui ai demandé s’il voulait écrire le « state-of-the-art article » avec moi. Il a dit OK. Or, il se trouve que ce cher monsieur qui m’a sauvé la vie (enfin, pas encore tout à fait) habite en Espagne… et qu’on a jusqu’à l’été prochain pour finir (enfin, il faudrait peut-être le commencer d’abord) notre article et l’envoyer à l’éditeur du grand journal.

On a écrit un « proposal » détaillé de l’article, et il a été accepté, et après on s’est donnés des « deadlines, » des dates limites quand moi je devais avoir fini cette section et lui cette section et nous ce passage, etc…. Mais en fin de compte, on n’y arrive pas. C’est vraiment difficile de travailler comme ça, à distance, et c’est un article tellement gros (et différent des autres articles qu’on écrit en général) qu’on ne sait pas très bien comment s’y prendre.

J’ai donc eu une brillante idée: aller en Espagne bosser avec lui, tout simplement! C’est plus facile quand on se voit et qu’on peut se parler. C’est plus facile de se donner des limites de temps très courtes, du genre « on bosse sur ce passage jusqu’à trois heures de l’après-midi et après on va visiter Barcelone mais seulement si on a fini le passage en question! » Génial, non?

Alors hier je suis allée voir ma cheffe et je lui ai demandé quand je serai libre en été. Les cours finissent mi-avril, mais ensuite il y a les examens, les rapports, et plein d’autres trucs à faire avant de pouvoir aller en vacances. Elle m’a dit que je serai libre vers la mi-juin… mais que si je voulais aller en Espagne, je devrais prendre 10 jours de vacances en février plutôt, parce que c’est à ce moment-là qu’on a le plus besoin de soleil et de chaleur et que comme ça, en plus, je n’attendrais pas trop longtemps avant de pouvoir bosser sur mon article. Et comme on a une semaine de vacances en février, justement, ça tombe parfaitement bien! (Et elle m’a dit que tous les profs profitaient de cette semaine de vacances pour aller en Floride, au Mexique, en Espagne, dans n’importe quel endroit chaud et ensoleillé de la planête!) Elle a des bonnes idées parfois, ma cheffe, hein?

Alors voilà, j’ai enfin un petit projet à moi, quelque chose qui m’aidera à sortir ce matin alors qu’il fait -6 degrés et qu’on attend de la neige pour ce soir. Un petit rêve de soleil qui m’aidera à passer les vacances de Noël à bosser comme une folle à la maison parce que parfois j’ai des idées tordues et qu’il faut ensuite en payer le prix. Je n’ai pas encore le billet, je n’ai pas encore les détails (et je n’ai pas encore demandé à mon ami espagnol si ce moment de l’année lui convient bien, hum), mais je m’en fiche, parce que maintenant j’ai l’Espagne dans la cabeza, et Dieu que ça fait du bien!!!

Hola, me llamo doctor lulu y estoy muy feliz :D