frite.gif

C’est déprimant d’être déprimée sans avoir aucune raison de l’être! Je pourrais me dire “bon, j’ai le droit d’être déprimée parce que…” mais non, je ne trouve aucune bonne raison… alors ça me déprime encore plus! En temps normal, je me donne le droit d’être déprimée si je le suis pour une bonne raison, et grace à ça, je me sens beaucoup plus vite mieux. Je me dis “allez, déprime un bon coup ma vieille, vas-y à fond, et trouve quelque chose qui t’en sortira” et ça passe, après un bon repas, un bon bouquin, une bonne sieste, un bon film, un week-end à rien fiche, une sortie entre copines…

Mais là, non. Y’a aucune raison et en plus ça dure. J’ai un bon job, un super appartement, des chatounes adorables, un doctorat, ma santé, de l’argent, des amis supers, une famille géniale, de quoi manger, et je n’habite même pas en Laponie!

J’ai lu une fois un truc qui m’a fait peur: le niveau (la quantité? la fréquence?) de dépression des gens est proportionel au nombre d’années d’études qu’ils ont fait. C’est-à-dire que plus vous avez de diplômes et plus vous serez déprimé facilement. Pourquoi? Est-ce parce que plus on a de diplômes et moins on a l’occasion d’avoir des boulots physiques et tuants qui ne nous permettent même plus de réfléchir tellement on est épuisé et on ne pense qu’à survivre? Ou est-ce que c’est parce que plus on a de diplômes et plus on a dû refléchir à la condition humaine et que ça ne peut qu’être déprimant? C’est bizarre, hein, parce que plus on a de diplômes et plus on gagne d’argent, aussi, en général, ce qui prouve bien que l’argent ne fait pas le bonheur (sauf si on hérite du pognon et qu’on n’en profite pas pour faire des études, donc).

Bref… je déprime probablement parce que j’ai trop de temps pour y penser. En fait, j’ai des tones de choses à faire mais je ne les fais pas ce qui fait qu’en plus je culpabilise de ne pas les faire et donc je déprime encore plus et je les fais encore moins… C’est un cercle vicieux qui ressemble plutôt à un tir-bouchon, ça tourne vicieusement et en même temps ça s’enfonce…

J’ai envie que d’une chose, c’est de faire la cuisine, mais je n’ai pas envie de manger et je n’ai pas assez d’argent pour acheter de quoi cuisiner des trucs sympas (je suis payée tous les 15 du mois, enfer et putréfaction!). Hier soir, sur les conseils avisés de jojo (”va voir sur marmiton.org, banane!”), j’ai essayé de faire un far breton, le premier de ma vie. En fin de compte, j’avais 1/2 centimètre de pâte au fond du moule (pas mauvaise, d’ailleurs), les pruneaux au milieu, et 1 gros centimètre d’omelette par-dessus. Fulgurant, le succès… C’est ça qu’on appelle une omelette bretonne? (Et qu’est-ce que je vais en faire maintenant, hein?!)

A part ça on a eu une journée magnifique aujourd’hui, du soleil et 15 degrés celcius, on se croirait presqu’au printemps! Après la tempête de vent d’hier (celle qui a fait trois morts, entièrement détruit un immeuble en construction de Granbled, fait couler un grand nombre de bateaux, et privé d’électricité des milliers de gens en Ontario, au Québec, au Nouveau Brunswick, et au nord-est des Etats Unis), on le méritait bien…