Mon 30 Oct 2006
C’est dĂ©primant d’ĂŞtre dĂ©primĂ©e sans avoir aucune raison de l’ĂŞtre! Je pourrais me dire “bon, j’ai le droit d’ĂŞtre dĂ©primĂ©e parce que…” mais non, je ne trouve aucune bonne raison… alors ça me dĂ©prime encore plus! En temps normal, je me donne le droit d’ĂŞtre dĂ©primĂ©e si je le suis pour une bonne raison, et grace à ça, je me sens beaucoup plus vite mieux. Je me dis “allez, dĂ©prime un bon coup ma vieille, vas-y Ă fond, et trouve quelque chose qui t’en sortira” et ça passe, après un bon repas, un bon bouquin, une bonne sieste, un bon film, un week-end Ă rien fiche, une sortie entre copines…
Mais lĂ , non. Y’a aucune raison et en plus ça dure. J’ai un bon job, un super appartement, des chatounes adorables, un doctorat, ma santĂ©, de l’argent, des amis supers, une famille gĂ©niale, de quoi manger, et je n’habite mĂŞme pas en Laponie!
J’ai lu une fois un truc qui m’a fait peur: le niveau (la quantitĂ©? la frĂ©quence?) de dĂ©pression des gens est proportionel au nombre d’annĂ©es d’Ă©tudes qu’ils ont fait. C’est-Ă -dire que plus vous avez de diplĂ´mes et plus vous serez dĂ©primĂ© facilement. Pourquoi? Est-ce parce que plus on a de diplĂ´mes et moins on a l’occasion d’avoir des boulots physiques et tuants qui ne nous permettent mĂŞme plus de rĂ©flĂ©chir tellement on est Ă©puisĂ© et on ne pense qu’Ă survivre? Ou est-ce que c’est parce que plus on a de diplĂ´mes et plus on a dĂ» reflĂ©chir Ă la condition humaine et que ça ne peut qu’ĂŞtre dĂ©primant? C’est bizarre, hein, parce que plus on a de diplĂ´mes et plus on gagne d’argent, aussi, en gĂ©nĂ©ral, ce qui prouve bien que l’argent ne fait pas le bonheur (sauf si on hĂ©rite du pognon et qu’on n’en profite pas pour faire des Ă©tudes, donc).
Bref… je dĂ©prime probablement parce que j’ai trop de temps pour y penser. En fait, j’ai des tones de choses Ă faire mais je ne les fais pas ce qui fait qu’en plus je culpabilise de ne pas les faire et donc je dĂ©prime encore plus et je les fais encore moins… C’est un cercle vicieux qui ressemble plutĂ´t Ă un tir-bouchon, ça tourne vicieusement et en mĂŞme temps ça s’enfonce…
J’ai envie que d’une chose, c’est de faire la cuisine, mais je n’ai pas envie de manger et je n’ai pas assez d’argent pour acheter de quoi cuisiner des trucs sympas (je suis payĂ©e tous les 15 du mois, enfer et putrĂ©faction!). Hier soir, sur les conseils avisĂ©s de jojo (”va voir sur marmiton.org, banane!”), j’ai essayĂ© de faire un far breton, le premier de ma vie. En fin de compte, j’avais 1/2 centimètre de pâte au fond du moule (pas mauvaise, d’ailleurs), les pruneaux au milieu, et 1 gros centimètre d’omelette par-dessus. Fulgurant, le succès… C’est ça qu’on appelle une omelette bretonne? (Et qu’est-ce que je vais en faire maintenant, hein?!)
A part ça on a eu une journĂ©e magnifique aujourd’hui, du soleil et 15 degrĂ©s celcius, on se croirait presqu’au printemps! Après la tempĂŞte de vent d’hier (celle qui a fait trois morts, entièrement dĂ©truit un immeuble en construction de Granbled, fait couler un grand nombre de bateaux, et privĂ© d’Ă©lectricitĂ© des milliers de gens en Ontario, au QuĂ©bec, au Nouveau Brunswick, et au nord-est des Etats Unis), on le mĂ©ritait bien…

