Archives de octobre 2006


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C’est déprimant d’être déprimée sans avoir aucune raison de l’être! Je pourrais me dire « bon, j’ai le droit d’être déprimée parce que… » mais non, je ne trouve aucune bonne raison… alors ça me déprime encore plus! En temps normal, je me donne le droit d’être déprimée si je le suis pour une bonne raison, et grace à ça, je me sens beaucoup plus vite mieux. Je me dis « allez, déprime un bon coup ma vieille, vas-y à fond, et trouve quelque chose qui t’en sortira » et ça passe, après un bon repas, un bon bouquin, une bonne sieste, un bon film, un week-end à rien fiche, une sortie entre copines…

Mais là, non. Y’a aucune raison et en plus ça dure. J’ai un bon job, un super appartement, des chatounes adorables, un doctorat, ma santé, de l’argent, des amis supers, une famille géniale, de quoi manger, et je n’habite même pas en Laponie!

J’ai lu une fois un truc qui m’a fait peur: le niveau (la quantité? la fréquence?) de dépression des gens est proportionel au nombre d’années d’études qu’ils ont fait. C’est-à-dire que plus vous avez de diplômes et plus vous serez déprimé facilement. Pourquoi? Est-ce parce que plus on a de diplômes et moins on a l’occasion d’avoir des boulots physiques et tuants qui ne nous permettent même plus de réfléchir tellement on est épuisé et on ne pense qu’à survivre? Ou est-ce que c’est parce que plus on a de diplômes et plus on a dû refléchir à la condition humaine et que ça ne peut qu’être déprimant? C’est bizarre, hein, parce que plus on a de diplômes et plus on gagne d’argent, aussi, en général, ce qui prouve bien que l’argent ne fait pas le bonheur (sauf si on hérite du pognon et qu’on n’en profite pas pour faire des études, donc).

Bref… je déprime probablement parce que j’ai trop de temps pour y penser. En fait, j’ai des tones de choses à faire mais je ne les fais pas ce qui fait qu’en plus je culpabilise de ne pas les faire et donc je déprime encore plus et je les fais encore moins… C’est un cercle vicieux qui ressemble plutôt à un tir-bouchon, ça tourne vicieusement et en même temps ça s’enfonce…

J’ai envie que d’une chose, c’est de faire la cuisine, mais je n’ai pas envie de manger et je n’ai pas assez d’argent pour acheter de quoi cuisiner des trucs sympas (je suis payée tous les 15 du mois, enfer et putréfaction!). Hier soir, sur les conseils avisés de jojo ( »va voir sur marmiton.org, banane! »), j’ai essayé de faire un far breton, le premier de ma vie. En fin de compte, j’avais 1/2 centimètre de pâte au fond du moule (pas mauvaise, d’ailleurs), les pruneaux au milieu, et 1 gros centimètre d’omelette par-dessus. Fulgurant, le succès… C’est ça qu’on appelle une omelette bretonne? (Et qu’est-ce que je vais en faire maintenant, hein?!)

A part ça on a eu une journée magnifique aujourd’hui, du soleil et 15 degrés celcius, on se croirait presqu’au printemps! Après la tempête de vent d’hier (celle qui a fait trois morts, entièrement détruit un immeuble en construction de Granbled, fait couler un grand nombre de bateaux, et privé d’électricité des milliers de gens en Ontario, au Québec, au Nouveau Brunswick, et au nord-est des Etats Unis), on le méritait bien…

Vous vous rappelez peut-être de mes déboirs avec le yaourt cuit… Ben j’ai abandonné! Mais j’avais tellement envie d’une recette indienne à base de yaourt que j’ai décidé de me faire, finalement, du poulet tandoori, qui doit mariner dans le yaourt mais pas cuire dedans! Et c’était une idée judicieuse parce que MIAM et c’était super facile à faire!

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Pour 4 personnes il faut:

- 4 gros morceaux de poulet (moi je n’avais que deux blancs que j’ai coupés en petits morceaux et j’ai ensuite divisé toutes les proportions qui suivent par deux)
- 3/4 de cup (175 ml) de yaourt nature
- 1 petite cuillère de garam marsala
- 1 petite cuillère de gingembre frais rapé (j’ai de la pulpe toute prête)
- 1 petite cuillère d’ail écrasé
- 1,5 petite cuillère de poudre de chili
- 1/4 de petite cuillère de turmeric (truc jaune qui ressemble à du curry mais qui n’en est pas)
- 1 petite cuillère de coriandre en poudre
- 1 petite cuillère de jus de citron (pas mise, j’avais pas envie de refaire tourner mon yaourt)
- 1 petite cuillère de sel
- 2 cuillères à soupe d’huile
- quelques gouttes de colorant rouge (pas mis, j’en avais pas).

1. Rincer et essuyer le poulet et faire des entailles dans la chair.
2. Mélanger le yaourt avec tous les autres ingrédients (épices etc.).
3. Mettre le poulet dans la mixture de yaourt et laisser mariner en retournant de temps en temps pendant trois heures au moins.
4. Préchauffer le four à 240 degrés celcius (475 degrés fahrenheit).
5. Mettre les bouts de poulet dans un plat qui va au four et laisser cuire pendant 25-30 minutes ou jusqu’à ce que le poulet soit bien grillé.
6. Transferer le poulet sur des assiettes garnies de salade, de tomates, de quartiers de citron, et de riz, bien sûr (basmati, cuit à l’autocuiseur)!

Bon appétit :)

PS. Mon (ex) blog sur le site de Purdue a été effacé… J’ai perdu des tones de photos téléchargées par les visiteurs sympas et deux ans et demi de commentaires, en gros tout ce que j’avais sur mon blog avant janvier 2006…. Si vous vous ennuyez, allez visiter mes archives (sur ce blog) et laissez des commentaires au hasard pour que ça ait l’air moins vide (et si vous avez posté des photos sur mon blog (avant 2006, donc) et que vous en avez encore une copie, je serai vraiment heureuse de les reposter moi-même si vous me les envoyez).

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PS. Mon (ex) blog sur le site de Purdue a été effacé… J’ai perdu toutes les photos téléchargées par les visiteurs sympas et deux ans et demi de commentaires…. Si vous voulez être sympas et que vous vous ennuyez, allez visiter mes archives (sur ce blog) et laissez des commentaires au hasard pour que ça ait l’air moins vide (et dites-moi au passage dans quel post il manque des photos, et si vous avez posté des photos sur mon site et que vous en avez encore une copie, je serai vraiment heureuse de les reposter moi-même) :)

PPS. Ptain les poignées d’amour :cry:

Et je sais même pas qui sont la plupart de ces femmes…

Isabella Rossellini deux fois quand’même, ça pourrait être pire!

Et vous?

C’est moi. Parfois. Non sérieux, y’a des jours où je suis tellement conne que je pourrais me donner des baffes. Y’a des jours où je me déçois vraiment d’arriver à être si méchante. Et y’a même des jours où je peux pas me voir dans un miroir. Y’a vraiment plein de jours comme ça, en fait.

Mais y’a aussi des jours pas comme ça. Y’a des jours où je suis fière de moi parce qu’un de mes articles a été accepté par un journal. Y’a des jours où les gens sont si sympas avec moi que je me dis que je ne dois pas être que méchante avec eux. Et y’a même des jours où j’aime bien jouer avec mes cheveux comme une gamine et me sourire dans le miroir, ou regarder des vieilles photos et me dire que j’ai mes heures photogéniques (comme par exemple ici ou ). Y’en a pas beaucoup mais y’en a des jours comme ça, en fait.

Je pense à ça parce que ça fait quelques jours que je vois ce petit spot publicitaire pour Dove (tourné par une agence à Granbled d’ailleurs) passer sur plein de blogs. C’est édifiant. C’est attristant. Mais ça ne veut pas dire que la vraie beauté n’existe pas. Je ne parle pas de la beauté intérieure, celle qu’on essaye de nous faire croire qu’elle peut remplacer l’autre. Non, je parle de la vraie beauté du visage, du corps. Je sais que les canons de la beauté changent avec le temps mais ça n’empêche pas que parfois, on ne peut pas détacher son regard de quelqu’un qui sort du commun, de quelqu’âge que ce soit. Pas besoin de Photoshop, certaines personnes sont exceptionellement belles (je ne parle pas de gros seins, je parle de beauté simple et entière).

Et puis je pense aussi que nous, les femmes, on a tendance à se photoshoper un peu (certaines plus que d’autres, bien sûr) tous les jours et cela depuis que la femme existe. On s’épile les sourcils et plein d’autres choses à grands cris, on se maquille, on porte des fringues et des chaussures inconfortables, on se troue les oreilles et ailleurs aussi, on se met du parfum, on passe des heures (et on dépense des fortunes) à s’occuper de nos cheveux, de nos ongles, de notre peau… Est-ce que c’est la faute à ce genre d’images fausses dont les campgnes publicitaires nous bombardent ou est-ce que c’est simplement parce qu’on ne peut pas aller au boulot en pyjama, les cheveux crades et en désordre, et la mine hagarde?

Je me demande: à la base, d’où nous vient ce besoin d’être belles? Est-ce une question de charactère typiquement féminin (donc génétique) ou bien une question de machisme (les hommes veulent montrer qu’ils ont la plus belle)? Est-ce acquis ou inné? Est-ce qu’on est obligées d’être présentables ou est-ce qu’on se l’inflige à soi-même? Est-ce que ce genre de publicité mensongère (les mannequins anorexiques photoshopées) est né de ce besoin qu’ont les femmes d’être parfaites ou est-ce que le besoin d’être parfaites est né de ce genre de publicité mensongère? Ou bien n’est-ce pas plutôt, depuis la nuit des temps, notre peur immémoriale de mourir (en passant donc par la vieillesse) qui ne nous donne ce besoin viscérable de cacher les jours qui passent (et les rides et les kilos qui s’accumulent)?

J’ai trois questions:

1. Quelqu’un pourrait-il m’expliquer pourquoi mon anti-spam, Akismet, me dit que j’ai par exemple 268 spams aujourd’hui mais sur la page où je vois les spams en question, je n’en vois qu’une cinquantaine? Est-ce qu’il a du mal à compter ou est-ce qu’il m’en cache certain, et lorsque je clique sur « erase all » j’efface plein de spams qui n’en sont peut-être pas?

2. Quelqu’un pourrait-il m’expliquer pourquoi la même paire de lentilles de contacte (même ordonnance, même marque) coûte exactement $40 aux Etats Unis et exactement $260 au Canada?? Je n’en reviens pas, est-ce parce que ce genre de chose se fait (partiellement) rembourser par les assurances maladie au Canada et pas aux Etats Unis qu’ils se permettent de demander autant pour deux petits bouts de plastique?

3. Quelqu’un pourrait-il m’expliquer pourquoi je suis tellement à bout de nerfs ces jours-ci? Je n’arrive plus rien à faire pour le boulot, tout m’énerve, je suis découragée, et je n’ai plus envie de rien…

J’ai une bonne et une mauvaise nouvelle. Laquelle voulez-vous en premier? Bon, je vous donne la bonne d’abord parce que la mauvaise a vu le jour à cause de la bonne. Donc, tenez-vous bien, j’ai enfin trouvé une femme de ménage! Oui je sais, je suis super flemmarde et tout, mais je ne pouvais plus faire face à la montagne de poils de chats qui s’accumulaient dans mon grand appartement. J’étais débordée. Alors j’ai cherché un bon moment et finalement j’ai trouvé quelqu’un de bien (que nous appellerons Cinderella) à travers une agence de nettoyage. Cinderella est venue cet après-midi et goodness gracious, que ça fait du bien d’être dans un appartement propre!

J’ai lu il n’y a pas longtemps un bouquin super intéressant qui s’appelle Nickel and Dimed, de Barnara Ehrenreich, une journaliste qui a passé un an à bosser dans les « petits jobs » de ceux qui n’ont pas de diplômes: serveuse, vendeuse (entr’autre à Wal-Mart, ça vaut le détour!), et femme de ménage. Elle raconte comment ces jobs payent si peu et n’offrent aucun « benefits » (assuances, etc.), et que finalement, il est impossible pour quelqu’un de vivre au-dessus du seuil de pauvreté même avec DEUX de ces jobs à plein temps, (super mauvais pour la santé à court terme, impossibilité de bosser longtemps pour la même boîte, impossibilité de louer un appartement décent, etc.). C’est édifiant comme bouquin et ça fiche la trouille.

Elle raconte aussi que les sociétés de nettoyage demandent par exemple $25 de l’heure aux clients mais ne payent les femmes de ménages elles-même que $9 de l’heure. Donc j’ai vraiment hésité à passer par une société de nettoyage mais comme je n’ai rien trouvé d’autre, j’ai finalement décidé d’essayer quand’même en me disant que le Canada était peut-être mieux de ce côté-là… Et ce qui m’a rendue bien triste c’est que Cinderella m’a raconté que c’était la même chose ici. Elle m’a dit que si je le voulais et que je ne disais rien à la société de nettoyage en question, elle viendrait « en privé » quand je voudrais et que je pouvais ne la payer que $15 de l’heure. En plus, la société en question me demandait 3 heures minimum par semaine (à $25/heure, donc, ce qui fait quand’même beaucoup), et Cinderella est d’accord de ne venir que pour deux heures par semaine. Sur un mois, ça me fait payer $120 au lieu de $300 et pour elle, ça lui fait gagner $120 au lieu de $108 et 4 heures de travail en moins (et moins d’impôts à payer aussi j’en suis sûre)! Tout le monde y gagne! Je sais, capitalistement parlant, ce n’est pas très honnête, mais humainement parlant, ça l’est. Et maintenant que j’ai avoué que j’ai une femme de ménage au noir, je ne pourrai plus jamais espérer devenir présidente, première ministre, ou sénateure. Tant pis…

La mauvaise nouvelle, c’est que Calinette avait joué avec l’un des couvercles de ma boîte de lentilles de contact et l’avait perdu, et que donc je gardais une lentille dans un récipient sans couvercle… et Cinderella n’a pas vu qu’il y avait une lentille dans le bidule avant de le rincer… donc byebye my lentille de contact, il va falloir que j’aille m’en refaire faire une paire très très vite! Bon, ça fait presque deux ans que j’avais les mêmes donc ça va (visiblement, mes changements de lentilles sont toujours dramatiques…). En plus, c’est bien, ça m’apprendra comment me faire rembourser ce genre de chose par mon assurance, espérons que ça marche aussi bien que le dentiste! Et comme en plus j’ai de la chance, je peux aller voir l’occuliste une fois tous les deux ans, mais comme une nouvelle « période de deux ans » commence en janvier 2006 pour mon assurance, en réalité je pourrai y retourner dans un an si je veux (ou si Cinderella refait des siennes).

Voili voilà, c’était les dernières aventures du docteur lulu en directe de son champs de maïs Granbled. Et vous, votre fin de semaine s’est bien passée?

Vous vous souvenez du film Groundhog Day (un jour sans fin, en français, ou quelque chose comme ça)? Bill Murry doit aller faire un reportage sur la marmotte de Punxsutawney qui doit prédire si l’hiver va bientôt finir ou continuer encore six semaine… J’ai toujours adoré le nom de Punxsutawney, qui est une vraie ville de Pennsylvanie, près de laquelle j’ai failli trouver un boulot!

Alors quand dimanche dernier j’ai décidé d’aller faire un peu de tourisme autour de Granbled pour admirer les couleurs de l’été indien, je n’ai pas hésité longtemps quand j’ai vu sur ma carte le nom de Penetanguishene, petite ville a environ 150 kilomètres de chez moi, au bord de la Georgian Bay du Lac Huron.

Alors j’y suis allée. J’ai conduit pépère pendant environ deux heures en m’arrêtant de temps en temps pour prendre des photos (moches parce qu’il faisait un temps de cochon), et je suis arrivée dans le joli petit village de Penetanguishene (prononcer Pénétangüichéné), perché en haut d’une coline qui descendait doucement vers le petit port. Je n’avais aucune carte ni rien, donc je me suis simplement avancé vers le port pour y prendre quelques photos, quand j’ai soudain vu un petit attroupement de personnes dont on voyait à peine le bout du nez sortir des manteaux d’hiver parquées près d’un bateau. Je me suis dit ah, ça doit être pour un tour en bateau ça, pourquoi ne pas y aller aussi?

Le temps que je me gare et que j’arrive près du bateau en question, les gens avaient disparus dans le bateau… mais finalement, le capitaine, qui vendait les billets, m’a dit qu’ils ne partaient qu’à 1 heure de l’après-midi… et il était exactement 12:57! Il m’a aussi dit que normalement, ils faisaient un tour de quatre heures dans les « 30000 îles » de la baie mais que là, il faisait trop mauvais et que ça serait trop dangereux, donc le tour ne serait que de deux heures. J’ai donc vite pris mon billet et un petit dépliant touristique et j’ai embarqué! Et c’est là que j’ai remarqué que les tours en bateaux (un par jour seulement!) commençaient le 15 avril et finissaient le 15 octobre… et on était exactement le 15 octobre!

Tout ce que je peux dire c’est que je me suis gelée! Les couleurs n’étaient pas extraordinaires parce que c’était déjà la fin de l’été indien (qui paraît-il n’était pas particulièrement génial cette année en plus), mais j’ai quand’même appris qu’il y avaient beaucoup de francophones qui habitaient là, que l’histoire de la Baie Georgienne est remplie de batailles entre les français, les américains, les canadiens et les indiens, qu’une rive est granitique est l’autre pas, que les hivers sont tellement rudes qu’ils faut emballer les bâteaux et même enlever les pontons au bord du lac sinon ils se font détruire par les glaces, que plein de gens très célèbres y ont des « cottages » qui valent des fortunes, et que la seule prison psychiatrique de l’Ontario s’y trouve aussi!

Bref, les photos ne sont pas géniales parce qu’il pleuvait, grêlait, et/ou neigeait la plupart du temps, mais tout ça m’a quand’même donné envie de m’acheter un petit cottage au bord du lac pour y passer l’été tranquille, loin de la ville, dans une nature magnifique et encore très sauvage. Alors attendez quelques années et je vous invite tous à venir faire du kayak à mon cottage de Penetanguishene :)

Ce petit voyage était court mais bref, mais je me suis bien amusée (et le couché de soleil sur Granbled à mon retour était magnifique)! Oh, et la marmotte m’a prédit un long, long, long hiver…

Ca fait exactement trois mois que j’habite au Canada. Je peux profiter, à partir de demain, de l’OHIP, Ontario Health Insurance Plan, auquel les immigrants n’ont droit qu’après trois mois, mais je m’en fiche parce que j’avais déjà l’assurance de mon boulot. Depuis mon arrivée, j’ai vu une bonne centaine d’embouteillages en direction de l’ouest et une bonne dixaine d’embouteillages en direction de l’est sur l’autoroute sous ma fenêtre. L’immeuble d’en face s’est rajouté 10 étages, et la température a diminué d’environ 30 degrés celcius. J’ai reçu un permis de conduire de l’Ontario et des plaques d’immatriculation de l’Ontario et mes chatounes ont découvert plein de bonnes planques dans la maison. J’ai pris quatre kilos et Sosso deux, et mes cheveux trois centimètres, mais Calinette a beaucoup maigri. J’achète des produits « President’s Choice » (ce qui est crétin parce qu’il n’y a pas de président ici) et je m’habitude à manger plus souvent thailandais qu’indien.

Mais tous les jours, quand je marche depuis le tram jusqu’à chez moi, quand je me balade dans les rues de Granbled, quand je regarde par la fenêtre, quand je regarde les plaques d’immatriculation sur les voitures, quand je voir les taxes qu’on rajoute à mes factures, quand j’entends « abOOt, » et quand je vois un drapeau canadien flotter dans le vent, je dois encore me rappeler à moi-même que je suis ici chez moi. Au Canada. Chez moi. Je ne suis pas une touriste en visite au Canada, y’a pas d’autre « chez moi » où je pourrai rentrer dans quelques jours.

Ca m’a pris environ quatre ans avant d’arrêter de me dire « c’est fou, j’habite vraiment aux Etats Unis » à chaque fois que je voyais un drapeau des Etats Unis, quand j’y étais. Je pense que j’ai vraiment commencé à me sentir chez moi aux Etats Unis après quatre-cinq ans… et puis il y a eu le 11 septembre et après c’était fichu, je n’ai plus jamais pu me sentir chez moi aux Etats Unis, même si maintenant je me sens plus américaine que suisse ou française.

Je suis heureuse ici, c’est certain. Mais je ne me suis pas encore habituée à la vie d’une grande ville, à la vie canadienne, et à la vie de prof d’université. Je découvre encore de nouvelles choses tous les jours sur les banques (absurdement ridicules), le boulot, la poste (qui ne distribue pas le courrier le samedi), la ville, le pays, les magasins (souvent fermés le dimanche), les gens, la façon de parler… Je pensais que le Canada serait beaucoup plus similaire aux Etats Unis qu’il ne l’est. En gros, je suis parfois déçue, parfois heureusement surprise, parfois contente, et parfois énervée, mais je pense que dans un an déjà je me sentirai un peu plus chez moi (enfin, si je survis à mon premier hiver, of course).

En attendant, tous les matins et tous les soirs je passe en tram devant la CN tower et je me dis « c’est fou, j’habite vraiment au Canada! »

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PS. Juste une petite anecdote pour vous montrer à quel point je ne suis pas encore adaptée au coin: l’autre jour je voulais prendre de l’essence et on ne pouvait payer qu’en billet. Les choix étaient en dollars canadiens et en litres alors que moi je sais qu’en général, je paye pour un plein environ US$30 pour 12 gallons d’essence, et j’ai été absolument incapable de savoir combien il me fallait pour remplir mon … heu… tank (c’est quoi en français?). J’ai mis CAD$20 au hasard pour ne pas risquer de faire déborder le truc et ça m’a à peine rempli 1/4 de tank! Tabernac’!

Je suis partie pour l’Italie en me répétant moultes fois et avec résignation que je n’y allais pas pour voir Venise mais pour le mariage de ma soeur. $1200 de billet pour quatre jours, dont un attérissage et un décolage à Venise, ce n’est pas grand’chose quand on aime sa soeur! Mais quand’même, le petit pincement au coeur était là… parce que ce n’est pas tous les jours qu’on va en Europe (ça faisait presqu’un an et demi que je n’y étais pas retournée) et encore moins en Italie!

Je crois que le seul moment où j’étais vraiment écoeurée, pendant ce voyage, était lors de l’attérissage sur Venise: je me suis dit que je n’aurais pas le temps de visiter Venise mais qu’au moins, lors de l’attérissage, je pourrais l’appercevoir… mais j’étais assise du mauvais côté, dans l’avion, et je n’ai vu qu’une zone industrielle immense et déprimante avant de tomber dans les bras de mes parents et mon petit frère (et bon, ça me faisait plaisir de les voir mais je les avais vus à peine un moins avant, alors bon ;) ).

En plus, tous les amis et la famille n’arrêtaient pas de me rabacher les oreilles (pendant trois jours) qu’après le mariage, ils allaient profiter de ce qu’ils étaient en Italie pour aller à Venise… Là, j’ai commencé à penser que c’était une conspiration du monde entier, que TOUT LE MONDE verrait Venise sauf moi, et que la vie était trop injuste!

Heureusement que mes parents connaissent bien leur fille et se sacrifient pour elle depuis des années (et des années), et ils ont bien deviné (ou c’est moi qui étais chiante?) que j’avais trop envie d’aller voir Venise, ne serait-ce que pour quelques minutes! On a essayé de coincer un petit voyage (deux heures pour y aller et deux heures pour le retour, quand’même) entre les déjeuners en famille, la mairie, les pizzas, les cérémonies, les petits déjeunés inclus dans le prix de la chambre, la villa, et les dîners dançants, mais ça n’a pas été facile, parce qu’on pouvait quand’même difficilement être en retard au mariage de notre propre fille/soeur!

Finalement, on a décidé de partir un peu plus tôt du « brunch » du dimanche matin et de passer l’après-midi à Venise. On était obligés de rentrer à l’hôtel le soir et de repartir pour Venise très tôt le lendemain matin pour attraper mon avion, ce qui était complètement con, mais moi je ne recule devant aucun sacrifice au nom de la culture et mes parents ne reculent devant aucun de mes caprices :)

Donc on est allés tous les trois à Venise dimanche après-midi, et malgré la recherche épique d’une place de parking pendant quelques heures, on a passé environ trois heures géniales, dans les bateaux et à la Place St Marc, et… et c’est des souvenirs innoubliables! On a eu de la chance parce qu’on est arrivés pépères, on s’est balladés, on a pris plein de photos, et puis on est allés dans la Basilique, la belle, la merveilleuse Basilique, et on en est ressortis… et c’est là qu’on s’est rendus compte qu’on était arrivés 15 minutes avant qu’elle ne ferme! Le pot! (ou le Pô?) En tous les cas, la gellato était délicieuse, le temps magnifique, et mon coeur chantant!

C’est sûr, en trois heures on ne voit pas tout Venise. Mais je m’en fiche. Maintenant, je peux dire que j’y suis allée, je ne suis plus jalouse à chaque fois que mes frangin(e)s en parlent, j’ai vu de mes propres yeux un chef-d’oeuvre d’architecture, de culture, et de beauté, je sais pourquoi je voudrai un jour y retourner, et en attendant, j’ai encore tout l’or de Venise dans les yeux!

Merci à jojo d’avoir fait son mariage dans un pays magique, et merci à mes parents de m’avoir offert ces souvenirs pleins de soleil :)

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Cliquez sur la photo pour voir tout l’album.

Et pour tous ceux qui ont deviné l’Italie et Venise (et Udine!) juste lors de mon petit concours: envoyez-moi vos adresses postales (misslulu chez rogers point com) et je vous enverrai des cartes postales ce week-end, PROMIS!

Y’a une de ces quantités de photos à trier, je vous raconte pas! Entre les cérémonies à droite et à gauche, ma petite escapade dans une jolie ville italienne (à venir), et ma petite escapade d’hier dans le Grand Nord (à venir aussi), ça me fait une belle quantité de photos à trier et améliorer. Vous croyiez que les photos étaient bien prises? Haha. Mon cousin (et mon pôpa, et moi, dans certains cas) a fait un excellent boulot, c’est certain, mais les photos sont quand’même pratiquement toutes coupées, traffiquées, passées à l’anti yeux-rouges, ajustées, recadrées, colorées, et changées de luminosité. Bon d’accord, le résultat n’est pas toujours à la hauteur, mais c’est mieux que rien croyez-moi!

Donc, voilà deux nouveaux albums de photos de mariage: nouméro uno, et nouméro doué. Il manque encore quelques photos que je rajouterai demain ou un de ces quatres sur ces pages (et je viens de remarquer que l’ordre des photos n’est pas toujours très logique) parce que là j’ai trop mal aux yeux pour passer plus de temps devant l’ordinateur.

La famille et les amis: vous pouvez bien sûr copier et imprimer toutes les photos que vous voulez, et aussi envoyer le lien de ces pages à tout le monde! Moi, je vais au cinoche (et c’est pas ça qui va me corriger la pile de copies qui m’attend, hum…).

Ladies and gentlemen, j’ai une grande nouvelle à vous annoncer: je déménage au Mexique dès demain! C’est pas possible autrement, j’ai fait une gaffe, j’m'ai trompé, y’a erreur, et d’ailleurs mon ordinateur vient de m’envoyer ce message:
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Si je restais ici, il me faudrait impérativement et urgemment aller dévaliser le Eaton Center (pardon, Centre, ce qui est canadien con parce qu’on dit entER et non ENTRE et lettER et non lettRE) pour y acheter: une combinaison lunaire une fourrure en lapin polaire albinos, des mounbouttes helvétiques aux noisettes, un bonnet à grelots harmoniques, des collants triple épaisseur en laine vierge de Trinidad & Tobago, des lunettes de ski hautes définitions, un masque à gaz (en espérant que ça fonctionne par -80 degrés celcius), des gants en peau de chèvres et soie sauvage, des raquettes en nylon anti-gèle, et des pantalons doublés de fourrure de cariboux blancs nourris au grain bio. PARCE QU’ON S’LES GELE!!!!!

Bon d’accord il y a 50 centimètres de neige qui sont tombés à deux heures de Granbled et nous n’avons vu que quelques flocons hier et aujourd’hui, donc relativement parlant, on a de la chance, mais je peux vous dire que j’ai rarement eu autant de mal à avancer et respirer et ne pas geler sur place que depuis deux jours tellement la bise est violente et les températures polaires.

Les lèvres? Interdit de se mettre du rouge à lèvres parce qu’on s’enfouit le visage dans une écharpe ou deux. Même le baume qui pourrait soulager nos lèvres gercées par le froid est interdit sous peine de poils-de-chats-et-d’écharpite intense. Les mains? On oublie, y’a pas de solution, on prie pour qu’elles ne se détachent pas cet hiver. Les oreilles? Il faut soit sacrifier les oreilles soit sacrifier le chignon (et avec lui son air civilisé), c’est un choix comme un autre. Les pieds? On ne les sent plus malgré les chaussettes de laine et les grosses godasses, ça fera moins mal si on se fait marcher dessus c’est déjà ça.

Et le pire dans tout ça? C’est que les stations de métros et les magasins et les bureaux sont surchauffés à mort et que dès qu’on est à l’intérieur, on étouffe, on sue comme des boeufs, et on a plus qu’une envie c’est de se mettre à poil! Vive le capitalisme!

Et on est seulement début octobre :cry:

Y’a pas à dire, ça me fait quand’même bizarre de me dire que mes deux petites soeurs sont mariées. Il reste encore le petit frère, qui je l’espère se mariera dans un endroit très exotique pour qu’en plus de nous forcer à retrouver toute la famille qu’on ne verrait jamais sans ces mariages, ça nous donne aussi au passage l’occasion de visiter un nouvel endroit aussi chouette que l’Italie.

Dans quelques années, j’aurai plein de neveux et de nièces, et dans quelques années, mes frangins seront grands’parents, et dans quelques années, on sera tous vieux. Quand on était jeune, ça n’arrivait qu’aux autres, ce genre d’histoire! Nous, on devait rester jeunes éternellement.

Ce passage à la mairie de San Daniele était très impressionant. La famille était assise devant, dans les hautes chaises en bois des dignitaires, et Madame la Maire était magnifique avec son joli ruban italien. En plus, elle parlait un excellent anglais quand elle a expliqué que le reste de la cérémonie se passerait en italien! Donc je n’ai pas compris grand’chose mais ça ne m’a pas empêché d’avoir les larmes aux yeux plus d’une fois!

Elle était magnifique, ma jojo, rayonnante de bonheur, et son momo aussi! Entre vous et moi, je pense qu’elle a fait un excellent choix et lui aussi. Elle est belle, intelligente, forte, drôle, têtue, créative, talentueuse, et excellente cuisinière. Lui n’est pas mal non plus. Je trouve qu’il devrait venir faire un post-doc au Canada mais ça n’a pas l’air d’être dans leurs plans… Croisez les doigts pour les Etats Unis ;)

Allez, j’arrête de barratiner et je vous laisse regarder les photos!

Nous interrompons momentanément les programmes italiens (parce qu’en plus les photos ne sont toujours pas arrivées) pour demander à tous et à toute de l’aide et de l’inspiration divine parce que là ça va pas mais alors pas du tout et je suis prête à pêter un plomb ou deux ou à envoyer valser toutes mes casseroles par ma fenêtre de 20ème étage!

La journée a mal commencé parce que j’ai essayé de mettre mes lentilles de contact après avoir coupé un petit piment serano en jolies rondelles et j’ai donc eu les yeux rouges et brûlés pendant toute la matinée. J’aurais dû me méfier. Mais j’ai refusé d’abandonner la partie si vite parce que même quand le destin me fout des baffes je l’ignore et j’ai essayé de faire des pommes-de-terre avec une sauce indienne au yoghourt. J’avais acheté du yogourt* « sans gélatine » juste pour voir, et quand je l’ai mis dans une poêle (au lieu d’une casserole comme la recette l’indiquait) et que j’ai chauffé le tout, le yahourt s’est séparé, comme de la mayonnaise qui tourne, et c’était immonde et liquide avec des bouts jaunes d’une sorte de fromage blanc flottant misérablement au milieu.

Je me suis donc dit que j’aurais dû mettre tout ça dans une casserole comme indiqué dans la recette et chauffer moins rapidement et que ça m’apprendrait à ne pas suivre les recettes, ce que j’ai fait avec l’autre moitié de mon yahourt, mais hélas, le mauvais sort s’est acharné sur moi (et pourtant les anglais n’avaient même pas débarqué et ce n’était pas la pleine lune ni un vendredi 13) et ma mixture s’est de nouveau immédiatement liquéfiée en une sorte de sauce ignoble et inqualifiable qui est elle aussi passée dans l’évier!

Têtue mais obstinée, je suis allée acheter du yoghourte « avec gélatine » (normal, quoi) en rentrant du boulot et j’ai réessayé ma petite sauce (et c’est là que j’ai aussi remarqué que je n’avais cuit que la moitié des pommes-de-terre que j’avais épluchées, pour une raison inconnue, ce qui prouve bien que je suis soit débile soit carrément à interner) et j’ai retenté l’expérience parce qui ne tente rien n’a rien et qu’impossible n’est pas français! Cette fois-là, j’ai suivi la recette à la lettre et au mot, avec exactement le bon nombre de grains de sel, de demi-cuillérées de coriandre en poudre, de pointes de couteau de truc jaune dont je ne me rappelle plus le nom, de rondelles de piments, et de « cups » de yogurte frais à 2% de matière grasse parce c’est tout ce qu’il y a à Granbled à part le 0% mais là faut quand’même pas pousser!

Et? Ben ça a râté. Pareil. Sous mes yeux larmoyants et ma mine dégoûtée, sous mon regard fulminant et mes douces mains maladroites, mon beau yaourt crêmeux et ses épices odorantes se sont transformés en vomissure d’huître grippée, en dégueuli de printemps pourri, en dégobillis d’un vendredi soir sans rédemption.

Je suis maudite!

Ma question est donc, en gros: où ai-je merdé? Lecteur généreux en conseils avisés et féru de cuisine indienne ou passionné de Lactobacillus bulgaricus et autres laits fermentés, pourrais-tu, je t’en prie à deux genoux, me remettre dans le droit chemin avant que je n’aie épuisé les stocks de yogourt canadiens et me sois mise à dos toute la communauté indienne de Granbled? Grâce t’en sera rendue jusqu’à la troisième génération (ou même quatrième si non seulement tu m’expliques ze problème mais arrives en plus à me dévoiler les secrets du réchauffement de la planète du yaourt à des fins de sauçage de pommes-de-terre)!

En attendant, moi je vais noyer mon chagrin dans… un lassi à la mangue, mouahahaha!

*J’essaye toutes les orthographes possibles, y’en aura bien une qui sera juste…

 

PS. Shiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiit, it’s SNOWING!!!! (added on October 11, 2006, 4:42 PM from work).

Beaucoup des photos d’Italie étant en ce moment-même coincées sur l’ordinateur de mon beau-frère et ce dernier étant en balade quelque part en Italie, je ne peux pas encore vous parler de la raison principale de mon voyage court mais bref… mais je peux vous parler de quelques impressions de voyage et de la rencontre des familles des mariés pour vous faire patienter :)

Le truc le plus marrant c’était de partir, pour la première fois de ma vie, de « chez moi » depuis l’aéroport de Granbled. C’était une impression bizarre de ne pas savoir à quoi ressemblait Granbled vu de haut, de me dire que je quittais le Canada mais que j’y reviendrais, de voir cette ville au bord du lac et de me dire que c’était « chez moi. » Bien sûr, la vue était plus intéressante que quand je quittais mon champ de maïs par avion mais moins belle quand’même que quand je quittais Salt Lake City par avion, parce que j’ai rarement vu de plus belle vue que le lac et les étangs salés et multicolores de Salt Lake City au couché du soleil depuis un avion!

Mais Granbled c’est pas mal. Par contre, et je vous prie de me croire et de ne pas oublier ce conseil sage et avisé (après tout, je suis docteure, vous devriez me croire sur parole): ne prennez JAMAIS un avion qui atterrit à ou décole de l’aéroport de New York (JFK)! C’est toujours la galère intégrale et les retards ne sont pas probables, ils sont si certains qu’ils sont déjà prévus en partie dans votre horaire de voyage! Par exemple le vol entre JFK et Granbled est des 55 minutes mais mon horaire me disait qu’on partait à 18:30 et qu’on arrivait à 20:30. On est arrivés à 21:45.

Mon arrivée à Venise (bravo pour les gagnants!) après un très long voyage a été très décevante, parce que ma fenêtre d’avion ne donnait que sur la zone industrielle et je n’ai rien vu de la ville! Par contre, c’était génial de retrouver mes parents et mon frangin qui m’attendaient et de faire avec eux la route vers Udine (bravo pour LE gagnant :) ) et la petite ville juste à côté où allaient se dérouler les festivités. J’étais bien naze, mais très heureuse de retrouver ensuite mon autre petite soeur, son mari et leur bébé, ainsi que la reine de la fête, mon futur beau-frère et ses parents lors d’un déjeuner fort sympatique et délicieux.

La chose la plus rigolote mais qui m’a épuisée le plus dans ce voyage, à part le fait que j’ai dû dormir au maximum 10 heures en 5 jours, c’était la multilingualité de ce mariage: les langues principales étaient le français (langue de la future mariée et de sa famille), l’allemand (langue du futur mari et de sa famille), l’italien (langue du pays et de plein d’amis), et l’anglais (langue de ceux qui essayaient de se parler). C’était souvent difficile de savoir quoi parler avec qui et de mélanger toutes ces langues avec les gens qui en parlaient plusieurs ou aucune, et tous les discours devaient être traduits dans au moins deux langues à chaque fois! J’ai fait ma cure d’allemand et d’italien pour un moment, mais j’ai baragouiné avec plein de personnes super intéressantes et sympatiques!

Bref, voilà un premier album avec quelques photos prises avant le mariage en question. Cliquez sur la photo ci-dessous et vous y arriverez. Bon voyage :)

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Maintenant que vous savez dans quel pays je me trouve (enfin, j’espère), voilà une photo satelite de la ville dans laquelle j’ai atterri. Très très malheureusement, c’est une ville que je n’ai jamais eu l’occasion de visiter et c’est pas mon rapide passage à l’aéroport qui va me le permettre, mais j’espère qu’au moins la vue de l’avion sera sympa!

italy.jpg

Donc, pour aujourd’hui, essayez de deviner quelle est cette ville, et si vous êtes super forts, de deviner dans quelle ville, à (environ?) deux heures en voiture au nord de celle de la photo, je me trouve réellement.

Et le top du top, c’est de deviner pourquoi j’y suis. Vous voulez un indice? Je suis avec quelqu’un dont le blog est lié depuis ce blog et c’est pour un événement très particulier! (C’est bien, ça va vous faire découvrir plein de supers blogs cette histoire, huhuh).

Comme d’habitude, il est interdit de donner la réponse (ou les réponses) dans les commentaires! Envoyez-moi tout ça par email à misslulu @ rogers . com :)

Je pense qu’au moment où vous êtes en train de lire ça, je dois déjà être dans l’avion de retour :cry:

Je suis partie, kikiriki,
Vachement très loin, poil à la main,
J’vous dit pas où, tourloutoutou,
A vous d’d'viner, poil au morbier!

(J’espère que vous admirez mon sens de la poésie :lol: )

Bon, voyons d’abord dans quel pays je suis. Si vous devinez, envoyez-moi un email AUJOURD’HUI (à misslulu @ rogers . com) mais ne l’écrivez pas dans les commentaires siouplait!

Superficie totale: 301 230 kilomètres carrés
Population: 58 133 509 habitants
Date de l’indépendance: 17 mars 1861
Nombre de langues protégées: 12
Nombre de langues officielles: 2 (mais ça dépend des régions)
La capitale se situe à 41° 53′N, 12° 29′E.

Faaaastoche! Demain je vous fais deviner dans quelle région je suis et dans quelle ville… Et pis ensuite plein d’autres trucs inutiles :D Ceux qui devinent tout le jour où la devinette est publiée recevront mes premières cartes postales de Granbled!

Je vous explique un peu mon boulot parce que certaines l’ont demandé… Mais pas en détail sinon tout le monde va s’endormir et en plus c’est trop compliqué (mais le bouquin sortira en décembre prochain ;) ).

Je suis, en gros, prof de 1) grammaire, 2) composition, et 3) sociolinguistique. Tout ça pour le prix d’un. Alors c’est le gros foutoire parce qu’on essaye de tout faire en même temps et c’est pas facile. Nos élèves (tous internationaux) sont forcés de prendre ce cours parce qu’ils doivent se préparer à repasser un examen qu’ils ont raté (sinon ils ne seraient pas dans nos classes) et donc ils sont de mauvaise humeur.

Ce que je trouve anti-pédagogique en particulier (en plus du reste qui est un merdier total mais franchement, pardonnez-moi de résumer), c’est de tout enseigner et tout tester à la fois. On a trois « textbooks » (livres de classe) mais aux tests, on pose des questions sur les trucs de sociolinguistique tout en disant aussi aux élèves que leur grammaire et leur organisation compte. C’est effectivement comme ça qu’ils seront testés à la fin, mais s’ils ont raté l’examen, c’est justement parce qu’ils ne savent pas le faire correctement. Et la méthode scientifique de trouver où se trouve un problème c’est de tester un truc à la fois, pas tout à la fois. D’abord la grammaire, par exemple, et si il y a des problèmes de grammaire on se concentre sur la grammaire jusqu’à ce que ce ne soit plus un problème. Si la grammaire n’est pas un problème, on travaille sur l’organisation des textes, et on ne fait que ça jusqu’à ce que les élèves soient au point à ce niveau. Et ainsi de suite. (Par exemple, les élèves étrangers ont beaucoup de mal à développer et organiser leurs idées dans un texte parce qu’ils sont obsédés par les erreurs de grammaire. Il faut donc leur donner la chance d’écrire beaucoup et souvent en ce concentrant sur le développement des idées et sans que leur grammaire compte.) Or, pour le moment, aucune méthode « scientifique » n’est appliquée pour découvrir et « soigner » les problèmes particuliers des élèves.

Un autre truc que je trouve anti-pédagogique c’est la façon dont on doit traiter les élèves. Nos cours acceptent peu d’élèves (maximum 25 par classe) parce qu’on essaye de donner de l’attention à chaque élève en particulier. Cela veut dire, en même temps, que nos cours ne sont pas le genre de cours typiques de l’université (avec 200 élèves ou plus par classe) où il suffit de lire les bouquins et les notes des profs pour réussir les examens. Non, dans ma classe, c’est l’interaction qui est importante, les discussions, les questions, et le travail en petits groupes, parce que je base et réévalue ce que j’enseigne, au jour le jour, sur les besoins des élèves qui sont « révélés » par ce genre de travail quotidien. Mais d’après l’administration, les étudiants sont des adultes et on ne peut pas les forcer à venir en classe et on ne peut donc pas dire aux étudiants que leur participation est importante et qu’ils auront une moins bonne note à la fin de l’année s’ils courbent (un p’tit suisse pour vous ;) ) leurs cours. En même temps, et c’est là que je trouve l’hypocrisie criante, on ne peut pratiquement jamais donner de devoirs aux élèves et on perd un temps incroyable à faire les devoirs en classe (!) parce qu’on a peur que les élèves trichent. Donc par exemple on ne peut pas leur donner un exercice de grammaire à faire à la maison parce qu’ils risquent de demander à leurs copains de le faire pour eux. Or, s’ils étaient vraiment des adultes, on leur laisserait le choix de tricher ou pas comme on leur laisse le choix de venir en classe on pas. Non? Et on arrêtrait de perdre un temps fou pour se concentrer plutôt sur des choses importantes dont les élèves qui ne trichent pas bénéficieraient et puis voilà!

Encore un truc nul? Le bouquin de sociolinguistique qu’on utilise est un bouquin british. Tous les exemples viennent d’Angleterre, et franchement, ça craint! Alors qu’on essaye de parler de language et de société (immigration, sexisme, ethnicité, age, classes, dialects, etc.), on n’est même pas fichus de parler de la société canadienne! Et en plus, on a même pas le doit de dire le mot « sociolinguistique » sinon le chef du département de sociologie gueule parce que d’après lui, la sociolinguistique n’a rien à voir avec la sociologie. Alors il faut trouver un nouveau nom à une section importante de la linguistique connue du monde entier sous le nom de sociolinguistique simplement parce que monsieur Untel l’a dit et qu’on ne peut pas le froisser! (Ce qui n’a pas grand’chose à voir avec mon cours je l’admets, sauf qu’il y a des milliers de petits trucs ridicules comme ça qui m’énervent tous les jours).

Bref. Il faut que je m’arrête ici (parce que je m’énerve très vite et je pourrais encore écrire des pages et des pages là-dessus). Mais j’espère que ce petit apperçu d’une partie de mon travail répond aux questions posées hier et vous donne une meilleure idée de ce que je fais et de pourquoi je veux changer certains trucs.

Dites-moi ce que vous en pensez… mais ne m’en veuillez pas si je ne vous réponds pas tout de suite parce que yé souis partie sous le soleil de Mexicooooo! Au son des rythmes tropicooooooox! (et je ne vous dirai où que demain, na na nère!) :D

J’imagine que d’être prof ça veut dire ça: 40% de réunions, 20% d’enseignement devant des élèves, 60% de corrections de copies, et 50% d’écrivage d’articles à la noix (et remerciez le ciel que je ne sois pas prof de maths).

Bref, comme je le disais l’autre jour, je n’ai pas vraiment été engagée pour faire le boulot que je devrais/pourrais faire avec mon diplôme, et écrire des tas d’articles c’est bien beau, mais j’ai quand’même aussi envie de me sentir utile de temps en temps. Donc, après ma petite déprime passagère, j’ai décidé d’aller parler avec ma cheffe pour lui dire que ras-le-bol, j’en avais marre de servir à rien! Je lui ai expliqué que le cours que j’enseigne est vachement nul pour des tas de raisons et que j’avais envie de changer plein de trucs et d’enseigner cette même classe encore une fois en hiver, pour « tester » ma nouvelle méthode, au lieu d’enseigner un truc différent comme prévu.

Elle a dit OK.

C’est vachement gonflé parce que je n’ai absolument rien de prêt pour enseigner cette classe différemment (en gros, je n’ai aucune idée de ce que je vais faire mais je sais ce que je ne vais PAS faire, c’est un début), et ça va être beaucoup de boulot de préparation, surtout pendant mes « vacances » de Noël, snif snif… Et comme ça va être la première fois que c’est enseigné de cette nouvelle façon, il faudra que je note tous les détails de la préparation, de l’organisation, du pourquoi et du comment, et de tout ce qui se passe pendant tout le cours-même, pour que les profs qui l’enseigneront dans le futur sachent comment le faire et pourquoi (si tout se passe bien)… Mais au moins ça m’occupera pendant les longues nuits d’hiver et j’aurai l’impression de servir à quelque chose!

Les autres profs qui enseignent cette classe ce semestre (on a plusieurs sections de la même classe) ne vont probablement pas être super contentes. Premièrement, elles ne savent pas que je suis leur boss et me traitent pour le moment comme la nouvelle petite jeune qui ne sait rien (c’est à peu près ça, faut dire), alors ça ne va pas leur plaire que je change tout à ma façon alors qu’elles enseignent ce cours à leur façon depuis des années. Deuxièmenent, je leur pique leur boulot (elles se font payer par classe alors que moi, je me fais payer par année, quel que soit le nombre de classe que j’enseigne) alors ça va râler dans les chaumières (et oui je sais, là c’est pas sympa).

Mais faut positiviser! Les élèves perdront moins leur temps avec leur cours à la noix, moi je perdrai moins d’énergie à m’énerver parce que je suis forcée de faire des trucs anti pédagogiques, le niveau de l’université n’en deviendra que plus prestigieux, et le monde deviendra meilleur. Si si, grâce à moi et à mon impertinence héroïsme, le monde deviendra meilleur, y’a aucun doute là-dessus!

Aaahhhh, j’ai déjà les boules… ça fait du bien de se sentir utile :D

Vous connaissez le genre d’invitation généralisée qu’on lance sans y faire attention quand on déménage quelque part et qu’on veut avoir l’air sympa sans que ça nous engage à quoi que ce soit parce que personne ne nous prend jamais au mot: « J’espère que vous viendrez me rendre visite dans mon nouveau chez-moi, hein, parce que c’est super ici! » Ben évidemment je l’ai envoyée, cette invitation, quand je suis arrivée à Granbled, et… quelqu’un m’a pris au mot! C’est fou non? Il va maintenant falloir que je fasse attention à ce que je raconte sur ce blog, sinon monsieur et madame Tout-le-monde débarqueront bientôt chez moi ;)

Nan je plaisante, j’ai été vraiment heureuse de savoir que ce que je raconte sur ma nouvelle ville d’adoption a donné envie à Lou:) de venir me rendre visite, non seulement parce que c’est chouette d’avoir des visites mais aussi parce que j’aime bien avoir l’impression de jouer les guides (et finalement c’est Lou qui m’a conseillé un bon restau que je ne connaissais pas sur une rue sur laquelle je n’étais encore jamais allée :lol: )! Mais surtout, surtout, j’ai été très heureuse de rencontrer en chair et en os (et en jolie jaquette (= chemise de nuit en québécois) rose avec des petits moutons mignons ;) ) une bloggeuse dont j’aime beaucoup le blog depuis longtemps.

Ce qui est marrant, c’est que quand je lis les blogs de personnes qui ne mettent pas (ou peu) de photos d’eux sur leurs blogs, je me les imagine d’une façon qui correspond rarement à la réalité. Ensuite, je rencontre ces personnes, mais pendant longtemps, je continue à lire leurs blogs en continuant d’imaginer mon « bloggeur imaginaire » derrière les mots. Je n’arrive pas à rattacher la vraie personne à son blog, c’est comme si je connaissais deux Lou maintenant, celle aux cheveux noirs et aux yeux noirs (que j’imagine en lisant son blog), et celle aux cheveux roux et aux yeux bleus (la vraie). Ca m’arrive à chaque fois!

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Entre les papotages et les rigolages et les bloggages (on est addicté aux blogs ou on ne l’est pas!) et les ragotages (tu sais, untel lit ton blog depuis longtemps et bidule habitait à Montréal mais…) et les calins à Calinette qui voulait toute notre attention, nous somme allées manger dans un restaurant ibérico-lusitanien un repas fort sympatique malgré la serveuse impréhensible et les voisins hystériques (et l’addition sur laquelle il manquait une grosse somme mais dont la correction de notre part ne nous valût qu’un vague petit merci de la part de la serveuse!). Mais la compagnie était fort charmante et le repas délicieux et c’était ça qui importait.

Nous nous sommes ensuite vite effondrées de sommeil et je dois avouer que je n’avais pas aussi bien dormi depuis plusieurs semaines! Lou aussi je crois, parce qu’elle m’a bien expliqué qu’elle se levait tôt et que ça ne la dérangerait pas que je nourrisse les chatounes à 7 heures du matin… et effectivement, ça ne l’a pas trop dérangé puisqu’elle dormait encore à 10 heures et moi aussi ;) Bref, c’était râpé pour la visite touristique de la ville, comme son train repartait tôt dans l’après-midi, mais on a quand’même pu regarder plein de photos, papoter blogs, familles, et projets, et manger un petit bagel à Second Cup avant de se dire au revoir. C’était une visite courte mais intense! Merci Lou :)

Donc je vous préviens, vous êtes toutes et tous invités chez moi quand vous voulez! Y’a un canapé dépliant et un large matelas gonflable confortable, des céréales et du thé au p’tit dèj, deux ordinateurs et une connection wifi, une Calinette qui veut des calins 24 heures sur 24, une Sosso cachée sous le lit, un racleur de ciel, une porte d’entrée pas facile à trouver, une autoroute bruyante, une jolie vue sur le lac, et une miss lulu qui papote qui papote qui papote qui papote! A qui le tour?