J’écoute parfois une station de radio qui est vraiment pénible parce qu’il y a de la musique magnifique la moitié du temps, et de la musique absolument attroce l’autre moitié du temps. Mais il y a aussi des annonces culturelles. L’autre jour, j’ai entendu une annonce pour un concert du concerto pour violon de Sibelius et du deuxième concerto pour piano de Chopin, un de mes morceaux préférés au monde, alors j’ai pris mon courage à deux main et j’ai téléphoné pour prendre des billets. C’était la première fois que je faisais ça… j’étais un peu nerveuse… et j’ai dit à la madame “je voudrais un billet pour le concert de Tchopine” comme une complète illettrée d’Indiana, au lieu de dire “Chowpin” comme Chopin se dit en anglais. Haha. Haha.

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Bref, malgré une panne de métro et une foule si compacte que la moitié des gens qui attendaient le métro devait attendre la rame suivante (un jeudi soir à 7 heures!), je suis arrivée à North York, une banlieue au nord de Granbled (avant, Granbled s’appelait York), et j’ai facilement trouvé le Center (pardon, Centre) for the Arts où avaient lieu une pièce de théâtre chinoise et mon concert, joué par l’orchestre Philhamonique de Granbled (c’est quoi la différence entre un orchestre philharmonique et un orchestre symphonique?).

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J’avais imprimé mon billet depuis internet (c’est pratique la technologie parfois!) et malgré la meute de vieilles madames en robes de soirée accrochées aux bras de vieux monsieurs aux cheveux blancs, j’ai vite trouvé ma place au deuxième rang du balcon.

Après quelques discours d’autres vieux monsieurs aux cheveux blancs (en fait pas tous, il y avait aussi un chinois aux cheveux noirs qui parlait en chinois!), les musiciens sont arrivés (les femmes avec leur sac à main qu’elles mettaient sous leur chaise!). Le premier violon ressemblait à Dany deVito, et il y avait aussi un arraignée musicophile qui tissait sa toile au plafond, c’était très rigolo!

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D’abord, on a eu droit à la Suite Picasso, d’Henry Somers, un compositeur canadien moderne (pas mal, pas mal). Ensuite, un jeune violoniste canadien lui aussi est venu nous jouer le concerto (op. 47) de Sibelius. Je dois avouer que je ne suis pas fan de ce concerto que je trouve décousu, mais j’adore absolument les “sons” de Sibelius. Il a le grand talent d’arriver à me transporter magiquement dans les forêts infinies de Finlande où se cachent les trolls, les fées, les sorcières, et les dieux du Kalevala.

Ensuite (et comme mes voisins allemands étaient partis, j’ai peu avoir une place un peu meilleure), une jeune (14 ans!) pianiste canadienne nous a joué le concerto pour piano de Chopin. Ce concerto est un joyau de délicatesse et de virtuosité! Par contre, j’ai toujours trouvé que l’orchestre derrière dérange presque tellement c’est un “accompagnement” sans intérêt. Je ne sais pas bien comment expliquer ça, mais avec Sibelius, l’orchestre a aussi une voix, c’est un équilibre entre le violon qui chante et l’orchestre qui lui répond. Avec Chopin, seul le piano a une voix, c’est le seul instrument qui ait vraiment de l’importance dans ce concerto, et l’orchestre est perdu, fondu, derrière le piano. C’était quand’même magnifique! Il n’y a rien de tel qu’un concert “live” pour me redonner le goût à la vie, me remplir d’énergie, m’inspirer, et me faire rêver. C’est magique de pouvoir non seulement entendre cette musique que j’adore mais aussi de pouvoir voir se construire les notes sous les doigts agiles des musiciens!

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Dans le métro qui me reconduisait à la maison, il y avait une vieille chinoise en face de moi qui s’était teint les cheveux en blond et qui équeutait un sac de haricots verts.