Sun 17 Sep 2006
J’écoute parfois une station de radio qui est vraiment pénible parce qu’il y a de la musique magnifique la moitié du temps, et de la musique absolument attroce l’autre moitié du temps. Mais il y a aussi des annonces culturelles. L’autre jour, j’ai entendu une annonce pour un concert du concerto pour violon de Sibelius et du deuxième concerto pour piano de Chopin, un de mes morceaux préférés au monde, alors j’ai pris mon courage à deux main et j’ai téléphoné pour prendre des billets. C’était la première fois que je faisais ça… j’étais un peu nerveuse… et j’ai dit à la madame “je voudrais un billet pour le concert de Tchopine” comme une complète illettrée d’Indiana, au lieu de dire “Chowpin” comme Chopin se dit en anglais. Haha. Haha.

Bref, malgré une panne de métro et une foule si compacte que la moitié des gens qui attendaient le métro devait attendre la rame suivante (un jeudi soir à 7 heures!), je suis arrivée à North York, une banlieue au nord de Granbled (avant, Granbled s’appelait York), et j’ai facilement trouvé le Center (pardon, Centre) for the Arts où avaient lieu une pièce de théâtre chinoise et mon concert, joué par l’orchestre Philhamonique de Granbled (c’est quoi la différence entre un orchestre philharmonique et un orchestre symphonique?).

J’avais imprimé mon billet depuis internet (c’est pratique la technologie parfois!) et malgré la meute de vieilles madames en robes de soirée accrochées aux bras de vieux monsieurs aux cheveux blancs, j’ai vite trouvé ma place au deuxième rang du balcon.
Après quelques discours d’autres vieux monsieurs aux cheveux blancs (en fait pas tous, il y avait aussi un chinois aux cheveux noirs qui parlait en chinois!), les musiciens sont arrivés (les femmes avec leur sac à main qu’elles mettaient sous leur chaise!). Le premier violon ressemblait à Dany deVito, et il y avait aussi un arraignée musicophile qui tissait sa toile au plafond, c’était très rigolo!

D’abord, on a eu droit à la Suite Picasso, d’Henry Somers, un compositeur canadien moderne (pas mal, pas mal). Ensuite, un jeune violoniste canadien lui aussi est venu nous jouer le concerto (op. 47) de Sibelius. Je dois avouer que je ne suis pas fan de ce concerto que je trouve décousu, mais j’adore absolument les “sons” de Sibelius. Il a le grand talent d’arriver à me transporter magiquement dans les forêts infinies de Finlande où se cachent les trolls, les fées, les sorcières, et les dieux du Kalevala.
Ensuite (et comme mes voisins allemands étaient partis, j’ai peu avoir une place un peu meilleure), une jeune (14 ans!) pianiste canadienne nous a joué le concerto pour piano de Chopin. Ce concerto est un joyau de délicatesse et de virtuosité! Par contre, j’ai toujours trouvé que l’orchestre derrière dérange presque tellement c’est un “accompagnement” sans intérêt. Je ne sais pas bien comment expliquer ça, mais avec Sibelius, l’orchestre a aussi une voix, c’est un équilibre entre le violon qui chante et l’orchestre qui lui répond. Avec Chopin, seul le piano a une voix, c’est le seul instrument qui ait vraiment de l’importance dans ce concerto, et l’orchestre est perdu, fondu, derrière le piano. C’était quand’même magnifique! Il n’y a rien de tel qu’un concert “live” pour me redonner le goût à la vie, me remplir d’énergie, m’inspirer, et me faire rêver. C’est magique de pouvoir non seulement entendre cette musique que j’adore mais aussi de pouvoir voir se construire les notes sous les doigts agiles des musiciens!

Dans le métro qui me reconduisait à la maison, il y avait une vieille chinoise en face de moi qui s’était teint les cheveux en blond et qui équeutait un sac de haricots verts.
18 commentaires que j'aime à “découverte de la semaine: tchopine et prozac”
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17 September 2006 à 2:32 pm
C’est peut-être ça Lulu qui te manque finalement pour te sentir bien dans ta tête ( les pieds on n’en parle plus … plus d’soucis à s’faire pour eux tu t’es déjà assez mise en quatre pour eux … ) … : la pratique de ton violon d’Ingres … Peut-être en as -tu marre ( sans vouloir le reconnaître ) du pipo universitaire et as -tu besoin de redonner de l’agilité à tes doigts engourdis de pianiste assoupie ..? … trouve -toi un club ou tu puisses en jouer alors
… comme disent il me semble les italiens ( bien que je ne sois pas sûre de l’aurtocraft : ” qui va piano va sano ” 
P.S :et qui te dit que ” l’équeuteuse ” de haricots n’était pas plus justement une vieille canadienne qui ne parle pas un mot de chinois ? ! … faut pas se fier aux apparences … Tiens au fait … d’où vient l’expression ” s’occuper de ses haricots ” que met si bien en pratique cette vieille métropolitaine ? ?
17 September 2006 à 3:22 pm
Dans un orchestre symphonique, y’a pas de joueur d’harmonica.
17 September 2006 à 3:41 pm
Ils prononcent Tchowpin à Granbled? Et Debussy, c’est The Bus ou The Boss?
17 September 2006 à 5:14 pm
J’aime aussi Chopin et Sibélius. De Chopin surtout les nocturnes que je peux écouter et réécouter en boucle sans m’en lasser.
Au sujet de ta question:
philharmonique: se dit de sociétés d’amateurs de musique, d’associations de musiciens (cf. mon dico 9 dictionnaires indispensables).
symphonique: dont les effectifs sont adaptés à des salles de plus grandes dimensions, et à un répertoire spécifique (cf. Wikipédia)
orchestre de chambre: orchestre de taille modeste — aux alentours d’une trentaine de musiciens — dédié, aux œuvres du XVIIe siècle au XXIe siècle n’exigeant pas un très grand nombre d’instrumentistes (cf. Wikipédia).
Bises
17 September 2006 à 6:41 pm
Wash…. pas que les haricots verts me dégoutent, ni les dames chinoises… mais bon… ça fait redescendre sur terre après un tel concert ou bien: ça fait une suite?
Parce que d’équeuter des haricots verts: c’est zen si on veut non?
Depuis quand tu utilises le terme: madame? Hein?
Il est venu en Suisse une jeune de 14 ans mais c’était pour le Irish Party… ça doit pas être la même!
17 September 2006 à 6:57 pm
Ça me rappelle les dix jours que j’avais passés à New York dans un superbe appartement sur Broadway où deux portiers gantés de blanc nous ouvraient successivement la grille puis la porte de l’immeuble avant devenir nous conduire à l’étage en ascenseur. Nous étions à quelques minutes des marches des salles de concert (Carnegie Hall, Metropolitan Opera, …) et nous ne manquions pas d’y aller, sans compter les ballets. Ah, c’était le bon temps où j’allais plus souvent entendre des concerts, voir des spectacles…
Les haricots dans le métro, c’est chouette : la vie est faite de nourritures spirituelles et de nourritures terrestres ;o)
Et si le péril jaune se met au vert, c’est encore mieux ;o)
17 September 2006 à 7:18 pm
” J’écoute parfois une station de radio qui est vraiment pénible parce qu’il y a de la musique magnifique la moitié du temps, et de la musique absolument attroce l’autre moitié du temps. ”
ah, c’est ça qu’on appelle le rock alternatif ?
( huhu, je sors vite vite vite )
18 September 2006 à 1:12 am
Ce qui m’énerve de la radio classique ici c’est qu’on dirait qu’elle joue toujours la même chose! Au début, quand je devais connaître tous ces titres pour mes cours d’histoire c’était un bon exercice, mais maintenant c’est juste “plate”.
bizzzzz
18 September 2006 à 8:47 am
Lady Iphigenia: haha, c’est très vrai, et c’est l’un des gros problèmes de cette station. les concertos brandenburg et les 4 saisons de vivaldi, ça devient un peu lassant quand c’est joué au moins deux fois par jour…
krysalia:
Alcib:
je suis entourée de périls jaunes ici
!Béo! dans cette ville, ce n’est qu’une suite très logique
Lancelot: ahhh, merci
je comprends mieux les petites imperfections de ce concert.
Louison:
non justement, on ne dit tchopin que si on ne connait rien à rien… debussy… bus?
rjf: lol: donc en fait, toi, tu ne peux jouer que dans des orchestres philharmoniques, c’est ça?
Cloclo: ohh crois moi, ici les chinois parlent chinois… et parfois seulement chinois, même. j’entends parler anglais au maximum 30% du temps, ici, pas plus! le reste du temps, c’est chinois, arable, hindi, farsi, russe, français, allemand (même suisse allemand l’autre jour, misère!), japonais, indonésien, telugu, espagnol, tamil, grec, urdu, italien, portugais, tagalog, et toutes les autres langues possibles et inimaginables! être canadien ne veut pas dire parler anglais, à granbled, c’est très intéressant, parce qu’être “américain” (aux etats unis) veut au contraire toujours dire parler anglais. c’est un des trucs que j’aime le plus ici
18 September 2006 à 11:10 am
Et Prozac dans tout ça?
18 September 2006 à 11:29 am
Ah bon, ils parlent anglais ici aux States?
Ce n’est pas toujours l’opinion de mes collègues brits.
Peace,
18 September 2006 à 12:02 pm
Chez nous on ne dit pas occupe-toi de tes haricots, mais occupe toi de tes oignons, et je crois que c’est grossier, à moins qu’il ne s’agisse d’oignons de tulipes…et d’une expression hollandaise, comme la sauce, mais pour les haricots, je ne vois pas le sens, à moins qu’il ne s’agisse d’haricots en grains ? Cela veut-il dire de l’argent ?
18 September 2006 à 12:11 pm
C’est marrant, la semaine dernière j’ai écouté tchopine et j’ai pensé exactement la même chose à propos de l’orchestre! A part l’introduction, il ne sert vraiment à rien!
D’après ton titre, j’ai pensé que tu avais commencé à boire de la bière à la chopine…
18 September 2006 à 1:05 pm
basler ?
berner ?
zürcher ?
T’es partite en courant j’espère
18 September 2006 à 3:07 pm
J’avoue que j’ai bien ri avec “Tchopine”. Il y a aussi “ballet”, qui se dit “balleeee” et non “ballette”. Celle-la je l’ai faite plusieurs fois !
, avec l’accent d’ici ca donne un peu “Daibiouuussi” lol
Quant a Debussy: on va en jouer avec “mon” orchestre (qui doit donc etre un symphonique-philarmonique) et ils me l’ont fait prononcer a la francaise l’autre jour
La musique, ya rien de tel pour mettre un peu de douceur dans la vie
18 September 2006 à 7:12 pm
C’est bien ça, à ne pas confondre avec “C’est bien, ça”
19 September 2006 à 4:48 am
J’aime bien la chute de ta note, qui fait bien redescendre sur terre, après le lyrisme musical …
Je ne vais pas suffisamment écouter de musique classique, c’est une grave lacune.
19 September 2006 à 7:02 am
Lulu …comme cela doit être agréable de vivre dans un bain de langue ! … la langue arable … est-ce une langue particulièrement fertile ?
peut-être quelques précisions sur le tagalog ? svp …
time after time … ce que c’est quand même de vivre trop longtemps loin de la terre natale ! … non seulement on en perd parfois son vocabulaire … mais on transforme aussi les expressions ! ! … mais c’est bien sûr ! ‘ s’occuper de ses oignons ‘ et non pas … s’occuper de ses haricots ‘ !! ça fait du bien de rire de soi-même