sam 9 sept 2006
découverte de la semaine: le saint tropez
Ecrit par miss lulu dans cuisine, découvertes and oh CanadaIl est incontredisable que ma bonne humeur passe par mon estomac! En cas de vague à l’âme, un bon repas japonais ou indien ou… français… ne pourra que me remettre les yeux en face des trous pour revoir le monde sous un meilleur angle. Ce n’est pas que la bouffe elle-même qui me fait cet effet mais aussi la présentation des plats, les couleurs, les odeurs, les formes, les goûts subtiles, et le décors, bien sûr. Pas besoin que ça soit « fancy » (chic), mais il faut que le tout soit agréable aux yeux comme aux oreilles comme au nez comme à la bouche! Et puis il faut que ça soit un truc confortable, pas super prétentieux, parce que là, j’ai tellement la trouille de faire une gaffe (manger ma salade avec la fausse fourchette, mon Dieu, quel crime!) que je ne profite plus de rien.
Je pense que c’est un truc qui me déprimait le plus dans les restaurants aux Etats Unis. La présentation des plats et la tenue à table (si on sait même ce que ça veut dire de manger à table) sont souvent le dernier des soucis des Américains. Et les buffets (où on se sert de ce qu’on veut, quand on veut, et autant qu’on veut) sont une invention géniale, mais j’étais souvent un peu dégoûtée de voir la mégatonne de bouffe empilée sur les assiettes et gobée d’un seul coup.
Bref, comme les Canadiens deviennent un peu trop les copains des Américains à mon goût, ces temps-ci, il fallait que je trouve de nouvelles raisons d’aimer mon nouveau pays d’adoption, et après la sympatique expérience du Clafouti la semaine dernière, je me suis dit que les Granbledois savaient peut-être ce que c’était que de la bonne bouffe française, et je suis allée essayer Le Saint Tropez, un petit « bistrot » qui se veut « aux accents du Sud de la France, » sur King Street, pas loin de chez moi.

J’y suis donc allée vers midi, en ce lundi de Labor Day (pardon, Labour Day), jour de la fête du travail aux Etats Unis et au Canada et voilà ce que j’ai découvert: une grande salle assez sympatique, pas trop chic mais un peu exagéremment « française, » avec une petite terrasse sur le trottoir (mais il faisait trop frisquet pour y manger), de la musique un peu forte dans la grande salle, et une autre terrasse derrière mais que je n’ai pas vue.

Ce qui était marrant et sympa, c’était les grandes fenêtres qui donnaient sur la rue et qui pouvaient se « remonter » grâce à un système de rails au plafond, ce qui faisait que par beau temps, ils peuvent entièrement ouvrir leur restaurant sur la rue. Là, un des pans était ouvert quand je suis arrivée, mais ils l’ont refermé parce qu’il faisait assez frisquet ce jour-là.

En entrée, j’ai pris une soupe de poisson (moules et poisson blanc, carottes, tomates, oignons, et bouillon) qui était terriblement brûlante mais pas mauvaise mais pas transcendante. C’était visiblement fait maison mais ça n’avait pas beaucoup de goût. La baguette, par contre, était délicieuse.

Ensuite, j’ai pris les saucisses de Toulouse (il y a quoi dedans?) avec de la sauce à la moutarde, qui sont visiblement une de leurs spécialités, et un petit Merlot pas mauvais mais comme je ne bois jamais de vin, c’était difficile de savoir si c’était du bon. Les frites étaient parfaites et délicieuses, ça c’était cool, et les saucisses assez bonnes, malgré la sauce qui n’avait aucun goût de moutarde. Les quantités étaient parfaites (bon, j’aurais pû manger plus de frites mais je peux toujours manger plus de frites, quelle que soit la quantié
). Ca manquait de salade (j’aurais pu en prendre au lieu de la soupe mais j’avais envie d’une petite soupe…).
Hélas, le dessert m’a beaucoup déçu! J’ai commendé des profiteroles mais je n’avais pas vu que c’était marqué PROFITEROLE sans S sur le menu… et c’était un gros choux rempli d’une glace à la vanille quelconque et dégoulinant de sauce au chocolat, tellement que ç’en était écoeurant. Le chou était tout molasson tellement il était imbibé de chocolat, et tout n’avait que le goût de chocolat, trop de chocolat. Bouh!

Voili voilà. A part ça, le service était très très très lent, ce qui est certainement un plus par rapport aux restaurants Américains qui vous retirent les assiettes alors que vous ne les avez même pas encore finies, mais là c’était quand’même presque trop lent. Heureusement que j’avais apporté un bouquin avec moi pour préparer mes cours, donc je ne me suis pas ennuyée. Les prix? Très honnêtes pour un « bistrot » français au Canada. Pas donné mais honnête. Je dirais que c’était les mêmes prix que dans les autres restaurants du même style mais pas français à Grambled, ce qui est plutôt sympa je trouve.
Les serveurs étaient sympas et parlaient visiblement tous bien français. La « hostess » à l’entrée était même française, et c’est là que j’ai remarqué que je n’avais plus envie de dire que je parle français parce que 1) je n’ai pas envie d’essayer d’expliquer d’où je viens et tout le tralala, 2) je n’ai plus envie de me faire de nouveaux ami(e)s qui vont repartir bientôt (il y a beaucoup de française(s) qui sont ici pour un an seulement, avec un permis de travail spécial (PVT)), et 3) je suis une snob et je n’ai pas envie de passer pour une petite française qui est là pour un an et qui prendra le premier petit job qu’elle trouvera (pardon Estelle et Delphine
). Alors je me cache sous mon anglais et personne ne remarque rien et tout le monde me fiche la paix.
Bref, en rentrant, j’ai été prise dans des embouteillages terribles, ce qui m’a permis de prendre cette photo de marmots devant leurs écrans télé dans leur voiture… Et la raison de ces embouteillages? Je vous la raconterai bientôt, mais sachez qu’une visite sur mon toit s’est imposée, et des boules quies aussi!

Allez, je lui décerne un 15/20 au St Tropez, parce que j’ai quand même envie d’y retourner un jour voir s’il y a mieux que cette gigantesque profiterole!
19 commentaires que j'aime à “découverte de la semaine: le saint tropez”
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9 septembre 2006 à 3:46
c’est vrai qu’a des milliers de kilomètre de la france, c’est dur de faire le/la difficile dans les restaus français
… si la bonne volonté est là, c’est l’essentiel finalement.
sauf pour la profiterolle, parce que là quand même …
c’était du vrai chocolat au moins ? pas le sirop de chocolat à 90% de sucre ?
9 septembre 2006 à 4:20
Quel chou!!! ma fois tout est plus grand sur ce continent et ils ont leur intérprétation. En tout cas ils ont de belles nappes provencales, ça j’ai bien remarqué!! Les fenêtres ça à l’air d’être une sacrée installation!!c’est toute la parois qui s’ouvre! mazette, on ne se refuse rien à grandbled!
Et bien mon dernier resto, c’était pour mon anniv, des raviolis aux morilles, bien gouteux, une bon vin cicilien corsé extra et une glace au nougat très bonne qui en jetait nettement moins que ton CHOU!! hihi. Continues bien à te régaler les papilles…
9 septembre 2006 à 4:54
hé bien mon dernier restau c’était heu… hmm…voyons… ben, ch’uis trop bête!!! les restaux c’est pas fait pour les momans, non mais alors! pfffffff!
J’adore tes explorations, de tout poil d’ailleurs! culinaires, culturelles, visuelles, etc… yess, trop chouette de découvrir un bout de la planète à travers ton regard! thank you!!!
9 septembre 2006 à 6:13
Excellent ce petit reportage. La profiterole pas tres apetissante ma foi.
Comme toi, je me deguise souvent sous mon anglais et pour les memes raisons que toi.
9 septembre 2006 à 6:41
C’est drôle, sur la première photo, le parcmètre fait aussi très français
Le système d’ouverture, on dirait une porte de garage
Ca manque un peu de déco le plat quand même !! Et la profiterolle semble un peu bof
9 septembre 2006 à 10:25
« incontredisable » c’est une invention de linguiste ça
Pas de chichis dans la présentation du plat principal en effet, mais ça a l’air bien bon! Je t’aurais bien piqué une frite
La prochaine fois tu essayes Marcel’s?
10 septembre 2006 à 6:28
Chic, les comptes-rendus reprennent, j’adore tes petits reportages illustrés sur la vie, les gens, les magasins, les restaux de par chez toi …
10 septembre 2006 à 7:13
Moi je ne digère pas ce reportage
… j’aurais aimé quelque chose de moins exotique … par exemple quelques mots sur un restau iranien … fais bien attention aux enseignes … tu dois bien avoir des trucs du genre … » au bon chat persan » … « le resto perso … » le saint drapé » … etc .. etc …
10 septembre 2006 à 7:56
Cloclo:
devine quoi? hier soir, j’ai rencontré une fille qui travaille dans le même domaine que moi (pas dans la même université) et qui est… iranienne
elle v’a m’apprendre à faire le riz et quelques recettes et va me donner des bonnes adresses de restos iraniens! cool, hein?
La Miss: un jour faudra que tu viennes vérifier par toi-même que je n’ai pas raconté des bobards
à l’ouest: je pense que Marcel c’est beaucoup plus chic (et donc cher et plein de chichis) donc c’est pas sûr que je l’essayerai… mais sait-on jamais
Ze Minimousse: ben oui, mais pour ces prix, on ne peut pas demander beaucoup plus… on n’est pas en france, mon cher, malheureusement
fab: ouf, contente de savoir que je ne suis pas la seule snob
Candy: quand tes deux petits loupiots seront à l’école, tu pourras venir essayer tout ça ici avec moi
michouille: ohhhh de la glace au nougat, je sais pas si ça se trouverait ici, tu me donnes trop envie, maintenant
je vais leur proposer d’offrir ça au lieu de leur chou elephantesque, au saint tropez!
krysalia: je pense qu’il y avait du vrai chocolat et aussi du sirop par-dessus, c’était vraiment trop sucré et écoeurant… mais comme tu dis, faut pas être trop exigent
même la profiterole d’ici était mieux que ce que j’aurais pu trouver dans mon champ de maïs, c’est déjà ça!
10 septembre 2006 à 8:46
ah oui !… cool … très cooooooooooooool
10 septembre 2006 à 10:12
Moi aussi j’ai remarqué la nappe! Si on compare aux quantités contenues dans les assiettes en Suisse: la tienne aurait pu avoir un peu plus de frites quand même!
C’est une adresse à retenir je crois, pour d’éventuelles découvertes
10 septembre 2006 à 10:31
J’ai des amis qui y vivent, mais il y a longtemps que je suis allé à T… pardon : à Grandbled. Je ne peux donc pas vraiment prétendre connaître, mais il me semble qu’il s’agit là de restaurants pour touristes ou pour grandblédois en mal d’exootisme. Tout de même bizarre que le « Marcel’s » ne s’affiche pas plutôt « Chez Marcel » et que son n’enseigne n’indique pas « Fine cuisine française » si… des Français s’y aventurent. Cela ressemble à des restaurants pour « vague à l’âme » ou « nostalgie de l’Europe » plutôt que de vrais restaurants français ; en cela, ils remplissent donc leur mission puisque d’y être t’a fait du bien ;o)
Pour les grandes fenêtres, ce sont effectivement des « portes de garage » ; c’était assez à la mode au Québec à une certaine époque pour ouvrir les restaurants sur la rue sans avoir vraiment un espace terrasse. L’avantage, c’est que l’hiver, ça garde chaud ;o)
10 septembre 2006 à 12:08
Saint Tropez, c’est encore bien plus chiqué que ça. Je ne pourrais pas m’offrir de manger au restaurant dans cette ville. La dernière fois que j’ai mangé au restaurant c’était dans un restaurant irlandais à Paris, et la bière était délicieuse, pourtant d’habitude je ne bois pas d’alcool.
10 septembre 2006 à 4:47
Ah-hah! On commence à percer le mystère de Granbled: c’est une ville en Ontario, on y parle français et ça commence par T. Voyons voir… ah! Je l’ai: c’est Tottawa.
11 septembre 2006 à 11:52
Amusant, cette recherche de localisation
J’adore le commentaire de rjf, « on y parle français », c’est génial !
En Ontario (puisque c’est la supposition de rjf), j’ai eu seulement deux personnes qui m’ont parlé en français : 1/ A Ottawa, il s’agissait d’une mère de famille, avec deux bébés et une poussette, qui cherchait à entrer dans le Centre Rideau. Je lui ai tenu les deux portes (oui, les portes sont doubles et pas automatiques dans ce centre commercial) alors que tout le monde entrait et sortait sans même s’occuper d’elle (ça donne une belle idée du Canada). Lui tenant les deux portes ouvertes tandis qu’il neigeait dehors, j’ai eu droit à un beau sourire avec un « merci monsieur » des plus francophones pendant que la pauvre dame se débrouillait avec sa poussette et ses deux autres enfants. Des anglophones qui passaient m’ont regardé avec étonnement…
2/ Dans une autre ville, bien plus grande (allez savoir laquelle…), j’ai dû sortir le plan de la ville de ma poche : une femme demandait en français son chemin, et personne ne voulait lui répondre. J’arrivais de la veille au soir, et je ne connaissais rien comme noms de rue. Je l’ai renseignée en français grâce à mon plan (elle en était heureuse), puis une idée m’est venue : demander la même adresse en français, en anglais, en espagnol et en italien (je n’avais pas plus de langues à ma disposition).
J’ai eu droit à une réponse (qui m’aurait conduit à la bonne adresse de surcroît) dans trois langues : en français, je n’ai eu droit qu’à un mépris des plus significatifs.
Le Canada est-il vraiment un pays bilingue ? Parler anglais au Québec est un peu moins déplacé que de parler français (vraiment mal vu) dans les autres provinces.
En revanche, on peut y parler espagnol ou italien sans peine
Je me suis donc rendu compte que, en dehors du Québec, je pouvais parler toutes les langues sauf le français. Je n’ai pas eu le temps d’essayer le japonais à Vancouver, je n’avais pas le temps de m’y rendre (et je le regrette), ni le temps d’apprendre le japonais (bon, je suis flemme sur ce coup).
Mais j’ai du mal à considérer le Canada comme un pays bilingue, tellement il y a de l’animosité entre les deux communautés.
11 septembre 2006 à 1:23
En direct de mon champ de tournesol en plein sud ouest, je crois que tu t’es fait avoir pour les saucisses de Toulouse. va voir sur http://www.oberti.fr/produitsfrais.htm , tu verras une vrai saucisse de Toulouse.
bisous
11 septembre 2006 à 2:08
Va au Paradis!!! The Best French cuisine à un prix raisonable…
Et qu’est-ce que t’as contre les PVTistes, hein?
11 septembre 2006 à 3:52
elle est rigolote l’enseigne du restau, elle est faite comme une plaque de place ou de rue parisienne,mais je connais pas la rue « le St TRopez » à Paris ???? mamamia, quelle profiterole ? t’avais mis un zoom sur ton appareil ou elle était transgénique ???
11 septembre 2006 à 7:23
La zia détient sans doute la clé du mystère du faux restaurant français. Je n’avais pas trop fait attention à l’affiche, mais elle reprend effectivement la présentation d’une plaque de rue parisienne (rien de trop tropézien), sauf le lettrage…
Il y a aussi un « air de famille » entre les deux affiches des restaurants voisins. Ne s’agirait-il pas de deux restaurants appartenant au même propriétaire grec ou pakistanais (ou peu importe le pays d’origine : on a le choix à Grandbled) ? Et comme on le sait, la saucisse des uns ne ressemble pas forcément à la saucisse des autres ; et c’est souvent une question d’assaisonnement.