Il est incontredisable que ma bonne humeur passe par mon estomac! En cas de vague à l’âme, un bon repas japonais ou indien ou… français… ne pourra que me remettre les yeux en face des trous pour revoir le monde sous un meilleur angle. Ce n’est pas que la bouffe elle-même qui me fait cet effet mais aussi la présentation des plats, les couleurs, les odeurs, les formes, les goûts subtiles, et le décors, bien sûr. Pas besoin que ça soit « fancy » (chic), mais il faut que le tout soit agréable aux yeux comme aux oreilles comme au nez comme à la bouche! Et puis il faut que ça soit un truc confortable, pas super prétentieux, parce que là, j’ai tellement la trouille de faire une gaffe (manger ma salade avec la fausse fourchette, mon Dieu, quel crime!) que je ne profite plus de rien.

Je pense que c’est un truc qui me déprimait le plus dans les restaurants aux Etats Unis. La présentation des plats et la tenue à table (si on sait même ce que ça veut dire de manger à table) sont souvent le dernier des soucis des Américains. Et les buffets (où on se sert de ce qu’on veut, quand on veut, et autant qu’on veut) sont une invention géniale, mais j’étais souvent un peu dégoûtée de voir la mégatonne de bouffe empilée sur les assiettes et gobée d’un seul coup.

Bref, comme les Canadiens deviennent un peu trop les copains des Américains à mon goût, ces temps-ci, il fallait que je trouve de nouvelles raisons d’aimer mon nouveau pays d’adoption, et après la sympatique expérience du Clafouti la semaine dernière, je me suis dit que les Granbledois savaient peut-être ce que c’était que de la bonne bouffe française, et je suis allée essayer Le Saint Tropez, un petit « bistrot » qui se veut « aux accents du Sud de la France, » sur King Street, pas loin de chez moi.

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J’y suis donc allée vers midi, en ce lundi de Labor Day (pardon, Labour Day), jour de la fête du travail aux Etats Unis et au Canada et voilà ce que j’ai découvert: une grande salle assez sympatique, pas trop chic mais un peu exagéremment « française, » avec une petite terrasse sur le trottoir (mais il faisait trop frisquet pour y manger), de la musique un peu forte dans la grande salle, et une autre terrasse derrière mais que je n’ai pas vue.

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Ce qui était marrant et sympa, c’était les grandes fenêtres qui donnaient sur la rue et qui pouvaient se « remonter » grâce à un système de rails au plafond, ce qui faisait que par beau temps, ils peuvent entièrement ouvrir leur restaurant sur la rue. Là, un des pans était ouvert quand je suis arrivée, mais ils l’ont refermé parce qu’il faisait assez frisquet ce jour-là.

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En entrée, j’ai pris une soupe de poisson (moules et poisson blanc, carottes, tomates, oignons, et bouillon) qui était terriblement brûlante mais pas mauvaise mais pas transcendante. C’était visiblement fait maison mais ça n’avait pas beaucoup de goût. La baguette, par contre, était délicieuse.

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Ensuite, j’ai pris les saucisses de Toulouse (il y a quoi dedans?) avec de la sauce à la moutarde, qui sont visiblement une de leurs spécialités, et un petit Merlot pas mauvais mais comme je ne bois jamais de vin, c’était difficile de savoir si c’était du bon. Les frites étaient parfaites et délicieuses, ça c’était cool, et les saucisses assez bonnes, malgré la sauce qui n’avait aucun goût de moutarde. Les quantités étaient parfaites (bon, j’aurais pû manger plus de frites mais je peux toujours manger plus de frites, quelle que soit la quantié ;) ). Ca manquait de salade (j’aurais pu en prendre au lieu de la soupe mais j’avais envie d’une petite soupe…).

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Hélas, le dessert m’a beaucoup déçu! J’ai commendé des profiteroles mais je n’avais pas vu que c’était marqué PROFITEROLE sans S sur le menu… et c’était un gros choux rempli d’une glace à la vanille quelconque et dégoulinant de sauce au chocolat, tellement que ç’en était écoeurant. Le chou était tout molasson tellement il était imbibé de chocolat, et tout n’avait que le goût de chocolat, trop de chocolat. Bouh!

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Voili voilà. A part ça, le service était très très très lent, ce qui est certainement un plus par rapport aux restaurants Américains qui vous retirent les assiettes alors que vous ne les avez même pas encore finies, mais là c’était quand’même presque trop lent. Heureusement que j’avais apporté un bouquin avec moi pour préparer mes cours, donc je ne me suis pas ennuyée. Les prix? Très honnêtes pour un « bistrot » français au Canada. Pas donné mais honnête. Je dirais que c’était les mêmes prix que dans les autres restaurants du même style mais pas français à Grambled, ce qui est plutôt sympa je trouve.

Les serveurs étaient sympas et parlaient visiblement tous bien français. La « hostess » à l’entrée était même française, et c’est là que j’ai remarqué que je n’avais plus envie de dire que je parle français parce que 1) je n’ai pas envie d’essayer d’expliquer d’où je viens et tout le tralala, 2) je n’ai plus envie de me faire de nouveaux ami(e)s qui vont repartir bientôt (il y a beaucoup de française(s) qui sont ici pour un an seulement, avec un permis de travail spécial (PVT)), et 3) je suis une snob et je n’ai pas envie de passer pour une petite française qui est là pour un an et qui prendra le premier petit job qu’elle trouvera (pardon Estelle et Delphine ;) ). Alors je me cache sous mon anglais et personne ne remarque rien et tout le monde me fiche la paix.

Bref, en rentrant, j’ai été prise dans des embouteillages terribles, ce qui m’a permis de prendre cette photo de marmots devant leurs écrans télé dans leur voiture… Et la raison de ces embouteillages? Je vous la raconterai bientôt, mais sachez qu’une visite sur mon toit s’est imposée, et des boules quies aussi!

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Allez, je lui décerne un 15/20 au St Tropez, parce que j’ai quand même envie d’y retourner un jour voir s’il y a mieux que cette gigantesque profiterole!