Il faut que je fasse une petit pause dans ma pause bloggistique (merci à tous ceux qui postent ici et à tous vos commentaires!) pour vous raconter la découverte de la semaine et ma fin de semaine épique.

Ca faisait quelques semaines que je me disais qu’il faudrait que je trouve l’adresse d’un vétérinaire sympa avant que quelque chose arrive à mes chatounes… mais bien sûr je n’ai rien cherché du tout et pendant la nuit de jeudi à vendredi, j’ai bien regretté ma paresse car dans la nuit de jeudi à vendredi, je me suis réveillée en sursaut à trois heures du matin parce qu’un Sosso venait de vomir dans le couloir. Les mêmes bruits me réveilleront toujours malgré l’autoroute, l’air conditionné, les voisins, les sirènes de police…

Elle a vomi une fois… et puis une deuxième fois vers cinq heures… et encore une fois vers 8 heures du matin. Là, j’ai pris les quatre tones de pages jaunes de Granbled et j’ai cherché un véto pas trop loin de chez nous, et j’ai finalement téléphoné à l’Annex Animal Hospital. La réceptioniste était sympa et m’a donné un rendez-vous à 2 heures.

A Lafayette, j’allais voir le meilleur vétérinaire de la ville, et bien sûr ce n’était pas donné mais les gens étaient sympas, ils avaient le temps d’aider et d’écouter et de prendre soin de mes chatounes, c’était confortable, et Sosso, Calinette, et moi, on aimait beaucoup Stéphanie, notre gentille docteure. J’avais entendu le pire sur l’état des hôpitaux canadiens (surchargés, sans argent, etc.) mais je ne connaissais rien sur la situation des vétérinaires canadiens… Ben ça n’a pas l’air d’être la joie non plus!

Déjà, la foule était compacte. Et puis c’est tout juste s’il y a des chaises dans la salle d’attente, et dans les “exam rooms” il n’y a rien du tout pour s’asseoir. Le véto est tout seul et n’a aucun(e) assistant(e) pour l’aider à tenir la Sosso si nécessaire, donc c’est moi qui devait la porter, la tenir, la garder tranquille. Ensuite, le véto m’a dit “il faut lui faire une radio, on pourra peut-être faire ça dans deux ou trois heures, revenez plus tard!” J’ai dit “quoi?? J’attends ici, et j’espère que vous pourrez me faire cette radio rapidement!” Et après les radios, 20 minutes plus tard, le véto ne m’a pas écouté une minute. Sosso bouffe tout le temps n’importe quoi et Stéphanie lui filait toujours un “barium meal” (pâte blanche épaisse) qui permettait de voir son estomac et intestins aux radios et qui poussait le truc coincé et basta, c’était fini en 48 heures. J’ai bien essayé de dire ça au véto canadien mais il m’a répondu “le barium, c’est pour les diagnostiques, c’est tout. C’est comme si vous me disiez que de faire des radios de son estomac ça va pousser le truc coincé, c’est ridicule!” Bon.

Ensuite il m’a dit “il faut opérer” et là j’ai dit “oh, eh, ça va pas non?!” Alors il m’a dit “on vous garde Sosso en observation toute la nuit et on opère demain si ça ne va pas mieux. Oh, il faut que je vous dise qu’il n’y a personne ici pendant la nuit.” Ben si y’a personne pour l’observer, la Sosso, autant qu’elle soit à la maison avec moi qui pourrai l’observer et tout nettoyer si elle vomit pendant la nuit et la conduire aux urgences si ça va soudain pas bien du tout, et en plus ça me coûtera moins cher, non? “Ben ça ne fait pas de différence,” m’a répondu le véto, “seulement $50 de différence et vous devrez la rapporter ici demain matin!” Pfff… il comprend pas qu’on puisse aimer une Sosso, lui, ni que $50 c’est pas rien! Le véto a donc donné un peu de liquide en subcutanné à Sosso, pour pas qu’elle se déshydrate, et on est parties (et en fait, il avait fichu le liquide dans les muscles de la pauvre Sosso qui a souffert de la patte (en plus!) pendant plus de 24 heures).

J’ai donc pris Sosso avec moi à la maison et nous nous sommes enfermées toutes les deux dans le bureau/catroom avec une litière (parce que Calinette était bien sûr pas trop contente de nous revoir) avec un bon bouquin et le fauteuil Ikea, et on a passé la moitié de la nuit ensemble, la Sosso dans mes bras toute tranquille et moi un peu naze mais heureuse de pouvoir garder un oeil sur elle. Finalement, vers une heure du matin, je suis allée me coucher… mais j’ai été réveillée à 5 heures du matin par de nouveaux vomissements.

A 8 heures, on était de nouveau chez le véto. Un samedi matin, à l’heure d’ouverture, il y avait déjà un grand nombre de clients dans tous les sens dans la toute petite salle d’attente, avec les chiens qui essayaient de se battre les uns avec les autres et les chats terrorisés par les chiens. Pendant que j’attendais (pratiquement une heure, alors que j’avais un rendez-vous) qu’on fasse une nouvelle radio à la Sosso pour voir si le bidule coincé avait bougé, j’ai eu la grande joie d’entendre la réceptioniste parler à une certaine Madame Johnson à propos de l’euthanasie de son chat. Le chat en question était visiblement en trop mauvais état pour qu’on le pique et il fallait donc le gaser, et Madame Johnson je comprenait pas qu’on ne pouvait pas le piquer, et elle demandait combien ça coûterait de le piquer au lieu de le gaser, et la réceptioniste lui expliquait que ce n’était pas une question d’argent et que non, elle ne pouvait pas être là pendant qu’on gasait son chat mais que ça ne prenait que deux minutes et ensuite elle pouvait être avec lui et que non, il n’y avait pas de convulsion comme dans les camps nazis (!) et que non, c’était impossible de le piquer parce qu’il se débattait trop et ses veines étaient en trop mauvais état et que non, ce n’était pas une question d’argent et que non, on ne permettait pas aux clients d’assister à ce genre d’opération… tout ça en mettant Madame Johnson “on hold” toutes les deux minutes pour recevoir de nouveaux clients et faire payer les clients sortants et répondre aux autres coups de téléphone… La conversation (qui tournait et tournait en rond) a bien dûré une heure, peut-être plus mais ensuite je suis partie. C’était probablement une des heures les plus déprimantes de ma vie!

Le discours du véto était exactement le même samedi que vendredi: il faut opérer, non, pas de barium, le truc ne bouge pas (alors que bon, je suis pas experte mais j’ai vu les intestins de Sosso un certain nombre de fois et le truc avait visiblement bien bougé (dans quelle direction, là c’est plus difficile à dire, c’est vrai)), et qu’une opération allait me coûter $2,000. Gloups. Et en plus, comme c’était samedi, ils ne pouvaient pas faire l’opération eux-mêmes et il fallait que j’aille aux urgences. Là j’ai dit “bon, je rembarque le chat et je l’observe tout le weekend et si elle ne va pas mieux lundi, je vous la rapporte!” Il n’était pas content, le véto, d’autant plus que je lui ai demandé de me filer les radios de la Sosso pour les emporter avec moi aux urgences si nécessaire et ça ne se fait pas de filer les radios aux clientes (surtout celles qui visiblement n’y connaissent rien à rien).

Sosso et moi, on s’est renfermées dans le bureau/catroom avec un nouveau bouquin (c’est bien, j’ai jamais le temps de lire, et là j’ai pu lire deux bouquins entiers en deux jours!) et on est restées tranquillement ensemble toute la journée et pendant la moitié de la nuit. De temps en temps, j’allais jouer un peu avec Calinette qui m’attendait bien tristement dans le salon. Sosso n’a pas vomi cette nuit, et je lui ai donné un tout petit peu à manger ce matin… on verra ce que ça donnera!

Pour les prix, voilà la comparaison avec les prix de mon champ de maïs:

- rendez-vous et examination: US$35 (US$75 aux urgences) à Lafayette, CA$56 à Granbled
- 2 radios: US$56 à Lafayette (US$80 aux urgences), CA$122 à Granbled
- réhydratation: US$10 à Lafayette, CA$32.

Total avec les taxes canadiennes (pas de taxes aux US): US$101 (CA$112.08 avec le change d’aujourd’hui) pour le meilleur cabinet vétérinaire à Lafayette (US$165 (CA$183.11 avec le change) aux urgences), CA$223.13 avec un rendez-vous à Granbled. En gros, CA$100 de plus à Granbled pour la même chose, alors que ce n’était sûrement pas le cabinet vétérinaire le plus sympa ni le plus cher de la ville!

Aujourd’hui? Je retourne à ma pause bloggesque et je vais faire la sieste :)