Depuis que je suis arrivée à Granbled il y a quelques semaines, j’ai souvent souhaité avoir un enregistreur attaché au cou 24 heures sur 24 pour réussir à me souvenir de tous ces « moments bloggables » et surtout de tous ces moments géniaux, difficiles, hilarants, tristes, et tellement uniques dont j’aurais tant voulu me souvenir.

Les deux semaines avec mon petit frère sont passées trop vite! On a tellement travaillé, acheté, monté, démonté, roulé, sué, mangé, visité, cherché, papoté, argumenté, et rigolé, qu’on ne peut résumer tout ça qu’avec ces mots: tu nous manques, Nils, à moi et aux chatounes et à mon appartement et à Ikéa ;)

Notre retour aux Etats Unis jeudi soir a été plutôt difficile à cause des embouteillages terribles (même sur la Lake Shore Avenue qui ne voulait plus nous laisser rentrer sur l’autoroute) et les averses dignes de Noé. D’accord, on n’avait pas une Calinette qui faisait la gueule, pleurait non-stop, et jouait au tyran avec Sosso, ni une Sosso terrorisée dans mes bras, cette fois-ci, mais quand même, six heures pour arriver à Ann Arbor c’était beaucoup! Heureusement que le douanier ne s’est pas demandé pourquoi deux personnes du même nom de famille et n’habitant pas du tout dans le même pays pouvaient être de deux nationalités différentes.

Bref, tout ça pour dire qu’il était bien décevant de ne pas trouver à notre arrivée un petit nouveau-né… Mais cela nous a sûrement permis de dormir quelques heures, c’est déjà ça de gagné!

Repartis à 7 heures du mat’ d’Ann Arbor, la suite du voyage jusqu’à Lafayette a aussi été longue et pénible, mais sans aucune raison, cette fois, à part notre ennui. A l’arrivée, nous sommes directement allés manger à Khana Khasana, mon restaurant indien favorit, pour nous reposer l’esprit et nous remplir l’estomac avant d’entreprendre de nouvelles aventures! Ah que ce restaurant va me manquer!

Le reste de l’après-midi s’est passé sur le campus à aller à la pharmacie pour profiter une dernière fois de l’assurance de Purdue, visiter le Elliot Hall of Music où allait se passer la cérémonie du lendemain, chercher un permis spécial pour se garer, louer et essayer la robe noire avec la longue cape bleue et jaune et le chapeau carré, acheter des « wipes » et autres trucs qui me manquent déjà tellement au Canada à mon Target préféré (et aussi un joli rideau de douche pour Nat qui s’est occupé des chatounes pendant mon absence), prendre possession de notre petite chambre d’hôtel où le pauvre Nils allait devoir dormir illégalement sur son lit gonflable, et surtout, surtout, retrouver les parents bronzés mais piqués et que je n’avais pas vus depuis plus d’un an! Manger ensemble (un blooming onion et des cheese fries, miam!!) à Outback comme nous l’avions fait lors de ma graduation en Utah six ans plus tôt était un moment très spécial, sauf qu’il manquait Cath et Annie, cette fois, et surtout mon Papy et ma Mamie chéris qui nous font bien du soucis en ce moment et à qui on a beaucoup pensé.

Ecouter ma radio préférée dans la voiture, faire un tour de la ville et du campus avec la famille, leur faire visiter mon petit champ de maïs, revoir la Wabash, pouvoir enfin respirer sans cette humidité horrible de Granbled, et revoir quelques amies a aussi été vraiment agréable… et un peu triste aussi…

Samedi? Je dois avouer que c’était en même temps très spécial et un peu décevant. Déjà, j’avais oublié d’acheter des épingles à cheveux pour faire tenir mon chapeau donc on a dû se lever très tôt pour aller en acheter en vitesse. Ensuite, alors que j’aurai aimé aller faire une photo « officielle, » Nils s’est rendu compte qu’on avait oublié le permis spécial qui me permettait de me garer juste à côté du Elliot Hall of Music, et on a dû retourner à l’hôtel. Bref, on a juste réussi à faire quelques photos (sans la jolie cape, domage) avant que Nils me conduise à l’endroit où je devais me rendre pour rejoindre la procession d’élèves graduants et que la cérémonie ne commence.

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La cérémonie elle-même était sympa mais un peu nunuche et de loin pas aussi chouette que ce que ça avait été en Utah. Il n’y avait pas de discours offert par une célebrité (à BYU on avait eu Jehan Sadat (femme de feu Anwar al-Sadat) et Roderick Paige (secretary of Education), quand même), et le président de Purdue n’est pas quelqu’un que j’aime beaucoup (heureusement, je viens d’apprendre qu’il prendra bientôt sa retraite). Mais bon, de monter sur la scène avec tous les doctorants, d’entendre mon nom (bien prononcé, bravo, et je ne savais pas qu’on disait Mahéilia Jackson), de recevoir ma cape et mon (moche) diplôme, c’était quand même un moment spécial et rempli d’émotions.

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Les doctorants, en robes noires et velour étaient appelés par leurs noms et recevaient leur cape (toutes de la même couleur) et leur vrai diplôme avec plein de serrements de mains de gens importants (dont le président de l’université); les « masterants » (MA, MS, MBA), en robe noire avec des longues manches et une petite écharpe aux couleurs de leur « faculty, » étaient aussi appelés par leurs noms et recevaient un « diploma cover » (truc pour mettre leur diplôme mais vide (ils recevraient leur diplôme par courrier quelques semaines plus tard) avec un serrement de main de quelqu’un d’un peu important; et les « bachelorants » (BA, BS), en robe noire toute simple (seule la couleur du petit pompon du chapeau indiquait leur spécialisation) voyaient leurs noms défiler sur un grand écran et défilaient sur la scène pour recevoir leur « diploma cover » en serrant la main de quelqu’un de pas très important.

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Ce qui était sympa, c’est que l’audience n’avait pas le « droit » d’applaudir à l’annonce de chaque nom, mais la famille et les amis de ceux qui étaient appelés criaient quand même souvent un petit quelque chose à chaque fois et j’ai eu droit moi aussi aux applaudissements de quelques personnes, dont mon pôpa, ma môman, et mon petit frangin en costard-pas cravate-baskets! C’était chouette :)

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Après la cérémonie, on a pris quelques photos pas géniales du tout (sorry, j’ai même dû en trafiquer quelques unes) et puis il a fallu rendre la robe, la cape, et le chapeau avant d’aller faire une longue sieste à l’hôtel (dont la clim faisait un boucant d’enfer) avant d’aller dîner à Khana Khasana pour que les parents fassent la connaissance de mon restau préféré.

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Le retour de Nils et moi le lendemain jusqu’à Ann Arbor a de nouveau été pénible, surtout que la radio de ma voiture semblait mal marcher et la cassette qui me permettait d’écouter mon iPod semblait foutue… et en plus, aucun nouveau-né ne nous attendait… Après avoir déposé Nils et bu un double cappuccino, je suis repartie, seule cette fois, pour Granbled, et là, tout c’est bien passé, d’autant plus que j’ai capté une station de radio sympa pendant plus d’une heure, qu’ensuite, la cassette de mon iPod a bien remarché, et qu’il n’y a eu aucun embouteillage ni pluie diluviene! En quatre heures, j’étais dans mon nouveau chez-moi, seule avec mes chatounes (heureuses de me revoir!!) pour la première fois!

Demain, le travail recommence et les parents débarquent… Pfiou, quel été plein d’aventures!