Archives de août 2006


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Du haut de sa branche Nougatine perchée me demande:

- Tu crois que si je grimpe encore plus haut, je pourrais voir Miss Lulu?

- Hum, je sais pas ma Nougat, Miss Lulu, elle habite très haut dans les nuages. Et Grandbled, tu sais, c’est pas la porte à coté…

- Et ses chats aussi ils habitent là-bas?

- Ben oui, elles habitent toutes ensemble…

- Mais ses chats, c’est des filles comme moi?

- Oui, je crois bien…

- Et tu crois qu’elles grimpent dans les nuages? Ça doit être drôle de pouvoir chevaucher un nuage, ça me plairait bien…

- Ah! Ça c’est certain…

En réponse à Cloclo, oui un poisson peut se noyer mais dans ses émotions………..

Petit rectificatif : économe, n’est pas à relier à l’argent c’est l’économie de ses forces, on peut être généreux globalement et savoir s’économiser, ce qui fait une grande différence.
Quant au Bélier, signe cher à mon coeur, on conjugue les verbes entreprendre, et affronter. Courageux parfois, téméraire sans nul doute, naif certainement. C’est l’impulsivité, l’énergie qui régit ce signe qui est cardinal et de feu.

Je n’irais pas plus loin, je suis chez Miss Lulu (et elle n’est pas Bélier) c’était juste pour lui dire à quel point elle était riche de ressources, dont elle ne se doute pas.

CAPRICORNE

signe Cardinal et de terre – Saturne gouverneur du signe qui est Maître du temps – Xème MAISON

Au capricorne se conjugue les verbes : persévérer et s’élever

Au capricorne, on doit gravir la montagne, pour ce faire on a besoin d’utiliser les qualités dont se pare le capricorne : abnégation, courage, rigueur, lenteur, persévérance, patience, organisateur.

Pessimiste : oui, par nature, mais il a l’autre côté de la face ; le réalisme. Et le réalisme dont il fait preuve joue toujours à faire la balance entre les deux. Ce qui au début peut être considéré comme un handicap devient chez lui une manière de faire la part des choses de façon tranchée, net et sans bavure. C’est son côté « rigueur chirurgicale » !

Lenteur : oui par nécessité, comme si il allait se jeter comme ça sur le premier projet venu ! N’importe quoi. A la lenteur il y a toujours l’autre face, la détermination, c’est « qui va piano va sano ». Mais attention quand il est parti, il est parti,  il ne s’arrête que parce qu’il n’y a plus de chemin !!!

Il faut du temps pour y arriver, en cela le capricorne s’appuie sur ses qualités d’économe en toutes choses. Il est prudent, non pas par peur mais par calcul. Il sait que pour durer il faut s’économiser. Ce n’est pas un coureur de 100m c’est un marathonien.

Il a besoin de solitude, oh non pas la solitude imposée, forcée, non et non c’est une solitude choisie, réfléchie, appréciée. Il est bien avec lui.

Le capricorne symbolise souvent les montagnes, l’aridité, la difficulté, les obstacles, il ne voit pas cela comme des difficultés, le commun des mortels serait anéanti, lui non, bien au contraire, il lui faut des défis, si c’est linéaire ou en pente douce, ou pire si c’est facile, c’est tout simplement pas pour lui.

C’est un réalisateur.

C’est pour cela aussi qu’il symbolise : la détermination, l’érudition, la science, le gouvernement,  les responsabilités, le pouvoir.

Mais n’oublions pas qu’au signe du Capricorne est attaché la sagesse, Saturne le Dieu du temps est celui qui a compris qu’il faut du temps, et de la réflexion, pour agir au mieux et au plus juste.

Il faut que je fasse une petit pause dans ma pause bloggistique (merci à tous ceux qui postent ici et à tous vos commentaires!) pour vous raconter la découverte de la semaine et ma fin de semaine épique.

Ca faisait quelques semaines que je me disais qu’il faudrait que je trouve l’adresse d’un vétérinaire sympa avant que quelque chose arrive à mes chatounes… mais bien sûr je n’ai rien cherché du tout et pendant la nuit de jeudi à vendredi, j’ai bien regretté ma paresse car dans la nuit de jeudi à vendredi, je me suis réveillée en sursaut à trois heures du matin parce qu’un Sosso venait de vomir dans le couloir. Les mêmes bruits me réveilleront toujours malgré l’autoroute, l’air conditionné, les voisins, les sirènes de police…

Elle a vomi une fois… et puis une deuxième fois vers cinq heures… et encore une fois vers 8 heures du matin. Là, j’ai pris les quatre tones de pages jaunes de Granbled et j’ai cherché un véto pas trop loin de chez nous, et j’ai finalement téléphoné à l’Annex Animal Hospital. La réceptioniste était sympa et m’a donné un rendez-vous à 2 heures.

A Lafayette, j’allais voir le meilleur vétérinaire de la ville, et bien sûr ce n’était pas donné mais les gens étaient sympas, ils avaient le temps d’aider et d’écouter et de prendre soin de mes chatounes, c’était confortable, et Sosso, Calinette, et moi, on aimait beaucoup Stéphanie, notre gentille docteure. J’avais entendu le pire sur l’état des hôpitaux canadiens (surchargés, sans argent, etc.) mais je ne connaissais rien sur la situation des vétérinaires canadiens… Ben ça n’a pas l’air d’être la joie non plus!

Déjà, la foule était compacte. Et puis c’est tout juste s’il y a des chaises dans la salle d’attente, et dans les « exam rooms » il n’y a rien du tout pour s’asseoir. Le véto est tout seul et n’a aucun(e) assistant(e) pour l’aider à tenir la Sosso si nécessaire, donc c’est moi qui devait la porter, la tenir, la garder tranquille. Ensuite, le véto m’a dit « il faut lui faire une radio, on pourra peut-être faire ça dans deux ou trois heures, revenez plus tard! » J’ai dit « quoi?? J’attends ici, et j’espère que vous pourrez me faire cette radio rapidement! » Et après les radios, 20 minutes plus tard, le véto ne m’a pas écouté une minute. Sosso bouffe tout le temps n’importe quoi et Stéphanie lui filait toujours un « barium meal » (pâte blanche épaisse) qui permettait de voir son estomac et intestins aux radios et qui poussait le truc coincé et basta, c’était fini en 48 heures. J’ai bien essayé de dire ça au véto canadien mais il m’a répondu « le barium, c’est pour les diagnostiques, c’est tout. C’est comme si vous me disiez que de faire des radios de son estomac ça va pousser le truc coincé, c’est ridicule! » Bon.

Ensuite il m’a dit « il faut opérer » et là j’ai dit « oh, eh, ça va pas non?! » Alors il m’a dit « on vous garde Sosso en observation toute la nuit et on opère demain si ça ne va pas mieux. Oh, il faut que je vous dise qu’il n’y a personne ici pendant la nuit. » Ben si y’a personne pour l’observer, la Sosso, autant qu’elle soit à la maison avec moi qui pourrai l’observer et tout nettoyer si elle vomit pendant la nuit et la conduire aux urgences si ça va soudain pas bien du tout, et en plus ça me coûtera moins cher, non? « Ben ça ne fait pas de différence, » m’a répondu le véto, « seulement $50 de différence et vous devrez la rapporter ici demain matin! » Pfff… il comprend pas qu’on puisse aimer une Sosso, lui, ni que $50 c’est pas rien! Le véto a donc donné un peu de liquide en subcutanné à Sosso, pour pas qu’elle se déshydrate, et on est parties (et en fait, il avait fichu le liquide dans les muscles de la pauvre Sosso qui a souffert de la patte (en plus!) pendant plus de 24 heures).

J’ai donc pris Sosso avec moi à la maison et nous nous sommes enfermées toutes les deux dans le bureau/catroom avec une litière (parce que Calinette était bien sûr pas trop contente de nous revoir) avec un bon bouquin et le fauteuil Ikea, et on a passé la moitié de la nuit ensemble, la Sosso dans mes bras toute tranquille et moi un peu naze mais heureuse de pouvoir garder un oeil sur elle. Finalement, vers une heure du matin, je suis allée me coucher… mais j’ai été réveillée à 5 heures du matin par de nouveaux vomissements.

A 8 heures, on était de nouveau chez le véto. Un samedi matin, à l’heure d’ouverture, il y avait déjà un grand nombre de clients dans tous les sens dans la toute petite salle d’attente, avec les chiens qui essayaient de se battre les uns avec les autres et les chats terrorisés par les chiens. Pendant que j’attendais (pratiquement une heure, alors que j’avais un rendez-vous) qu’on fasse une nouvelle radio à la Sosso pour voir si le bidule coincé avait bougé, j’ai eu la grande joie d’entendre la réceptioniste parler à une certaine Madame Johnson à propos de l’euthanasie de son chat. Le chat en question était visiblement en trop mauvais état pour qu’on le pique et il fallait donc le gaser, et Madame Johnson je comprenait pas qu’on ne pouvait pas le piquer, et elle demandait combien ça coûterait de le piquer au lieu de le gaser, et la réceptioniste lui expliquait que ce n’était pas une question d’argent et que non, elle ne pouvait pas être là pendant qu’on gasait son chat mais que ça ne prenait que deux minutes et ensuite elle pouvait être avec lui et que non, il n’y avait pas de convulsion comme dans les camps nazis (!) et que non, c’était impossible de le piquer parce qu’il se débattait trop et ses veines étaient en trop mauvais état et que non, ce n’était pas une question d’argent et que non, on ne permettait pas aux clients d’assister à ce genre d’opération… tout ça en mettant Madame Johnson « on hold » toutes les deux minutes pour recevoir de nouveaux clients et faire payer les clients sortants et répondre aux autres coups de téléphone… La conversation (qui tournait et tournait en rond) a bien dûré une heure, peut-être plus mais ensuite je suis partie. C’était probablement une des heures les plus déprimantes de ma vie!

Le discours du véto était exactement le même samedi que vendredi: il faut opérer, non, pas de barium, le truc ne bouge pas (alors que bon, je suis pas experte mais j’ai vu les intestins de Sosso un certain nombre de fois et le truc avait visiblement bien bougé (dans quelle direction, là c’est plus difficile à dire, c’est vrai)), et qu’une opération allait me coûter $2,000. Gloups. Et en plus, comme c’était samedi, ils ne pouvaient pas faire l’opération eux-mêmes et il fallait que j’aille aux urgences. Là j’ai dit « bon, je rembarque le chat et je l’observe tout le weekend et si elle ne va pas mieux lundi, je vous la rapporte! » Il n’était pas content, le véto, d’autant plus que je lui ai demandé de me filer les radios de la Sosso pour les emporter avec moi aux urgences si nécessaire et ça ne se fait pas de filer les radios aux clientes (surtout celles qui visiblement n’y connaissent rien à rien).

Sosso et moi, on s’est renfermées dans le bureau/catroom avec un nouveau bouquin (c’est bien, j’ai jamais le temps de lire, et là j’ai pu lire deux bouquins entiers en deux jours!) et on est restées tranquillement ensemble toute la journée et pendant la moitié de la nuit. De temps en temps, j’allais jouer un peu avec Calinette qui m’attendait bien tristement dans le salon. Sosso n’a pas vomi cette nuit, et je lui ai donné un tout petit peu à manger ce matin… on verra ce que ça donnera!

Pour les prix, voilà la comparaison avec les prix de mon champ de maïs:

- rendez-vous et examination: US$35 (US$75 aux urgences) à Lafayette, CA$56 à Granbled
- 2 radios: US$56 à Lafayette (US$80 aux urgences), CA$122 à Granbled
- réhydratation: US$10 à Lafayette, CA$32.

Total avec les taxes canadiennes (pas de taxes aux US): US$101 (CA$112.08 avec le change d’aujourd’hui) pour le meilleur cabinet vétérinaire à Lafayette (US$165 (CA$183.11 avec le change) aux urgences), CA$223.13 avec un rendez-vous à Granbled. En gros, CA$100 de plus à Granbled pour la même chose, alors que ce n’était sûrement pas le cabinet vétérinaire le plus sympa ni le plus cher de la ville!

Aujourd’hui? Je retourne à ma pause bloggesque et je vais faire la sieste :)

J’ai une petite histoire à raconter, il ya 2 semaines environ je suis allé rendre visite à  une femme que j’ai connu il y a 30 ans et dont j’étais eperduement amoureux. Nous avons gardé des contacts episodiques, une lettre ici ou là, un e mail de temps en temps. Bref j’ai toujours su ou elle était. Elle a eu plusieurs aventures depuis et elle est mariée depuis une vingtaine d’années maintenant. Il y a 3 ou 4 mois j’ai eu envie de l’appeler au téléphone un matin, la communication a duré 3 heures. Depuis les lettres et les e mails se sont multipliés, nous avons échangé des photos, et nous avons décidé de nous revoir pour une fin de semaine. Après 9 heures d’autoroute, j’ai débarqué dans son bled, nous nous étions donné rendez-vous sur une petite plage devant le petit hotel que j’avais reservé. Je ne voulais pas necessairement rencontrer son mari en allant chez elle. J’étais allongé sur la plage depuis une demi heure deja quand j’ai entendu sa voix derrière moi. Elle était là, comme je l’imaginais dans mes rèves les plus fous. Nous nous sommes tombés dans les bras. Nous ne nous étions pas vus depuis 18 ans. Pendant 2 jours nous nous sommes raconté nos vies, nous n’avons pas arreté de parler. Elle était la petite fille que j’avais connu quand nous étions au début de la vingtaine. Nous avons passé une bonne partie de la journée sur la plage presque deserte. Elle avait préparé un pique-nique, j’avais amené une bonne boutteille de vin. Le soir nous avons choisi un petit resto dans le port. Elle est retournée bien sagement chez elle après diner, et le lendemain matin, nous nous sommes retrouvés au petit dejeuner à mon hotel et nous avons passé encore une mémorable journée avant que je reprenne le chemin du retour. Depuis j’ai l’impression d’avoir ajouté 20 ans à ma vie, j’ai envie de changer de voiture, de changer de garde robe, de repeindre la cuisine, de refaire le sous-sol, bref  je pensais que ça n’arrivait qu’au cinéma ou dans les romans, mais non ça m’arrive à moi aussi. Bon il ya bien des obstacles à cette histoire, elle aurait beaucoup à perdre en quittant son mari, lui qui la trompe avec d’anciennes amies,  sa part sur la maison, une maison et un coin qu’elle adore, mais depuis des années que son mari ne la regarde plus, elle aussi à l’ìmpression de revivre. Elle n’a jamais eu d’enfants. De mon coté je suis libre comme l’air, je ne me suis jamais marié. Il faut prendre cela un jour à la fois, je comprends qu’il faut doucement l’habituer à ma présence dans son esprit et ses pensées. Mais je suis un peu perdu, je ne sais pas trop quoi faire maintenant pour faire que les choses se passent. guizee, (montréal)

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Quand je suis arrivée à Granbled, il y environ un mois, il y a eu pratiquement en même temps l’excitation d’arriver dans un nouveau pays, de se créer un petit nid douillet dans mon appartement avec mon frangin puis mes parents, la découverte d’une nouvelle ville, les sorties avec les nouvelles copines, mais aussi les tracasseries de paperasserie, les problèmes de sous, le nouveau style de vie (byebye la voiture, bonjour les kilomètres à pieds), la joie et l’angoisse d’être tata pour la première fois, les chatounes patraques, et le stress du nouveau boulot. Tout ça étant bien sûr fort agréable mais assez terrifiant en même temps, très chouette mais aussi épuisant, amusant mais un brin démoralisant.

Ca fait deux semaines, depuis que la famille est partie en gros, que mon moral joue aux montagnes russes mais curieusement, il est plus souvent au niveau de la Vallée de la Mort (- 86 mètres sous le niveau de la mer) qu’au niveau de l’Everest. J’ai de plus en plus de mal à savoir quoi faire et quoi dire au boulot, je hais de plus en plus me voir dans les miroirs, je supporte de moins en moins le bruit de l’autoroute sous ma fenêtre (encore une voiture toutes les 4 secondes en moyenne à 2 heures du matin dans la nuit de dimanche à lundi), je n’ai qu’une envie c’est de dormir, j’angoisse ferme à l’idée que les cours commencent dans 10 jours, je me fais du soucis à cause de l’hiver qui arrive (certains pourront imaginer pourquoi), je n’en peux plus de discutailler sans fin avec les compagnies d’assurances de voiture et de santé, les banques, et autres abrutis qui me reclament de l’argent, j’ai la hantise de faire des fautes dès que j’écris un mot en français (et en anglais aussi, sauf qu’en anglais je fais des fautes même en parlant), je me fais beaucoup de soucis pour Calinette qui n’a pas l’air de bien s’habiter à Granbled (elle passe ses nuits et ses jours à pleurer devant la porte), je ne me vois pas bosser à plein temps et en plus écrire des articles et des demandes de bourses sans pouvoir respirer une minute, et je pourrais continuer cette liste pendant trois pages.

Bref, les discussions sur ce blog du début de cette semaine m’ont achevée. C’était la petit goutte qui a fait déborder le bol qui était déjà bien rempli à ras (d’où l’expression ras-le-bol). Ce n’est pas grave, je sais que ça ira mieux un jour, comme toujours, mais là je n’en peux plus, d’autant plus que j’ai une grippe d’enfer aujourd’hui et j’ai mal partout et je beux blus resbirer.

Pratiquement tout bloggeur qui se respecte a pris des vacances cet été, et c’est donc à mon tour d’en prendre. Je ne sais pas pour combien de temps ça sera, peut-être deux jours, peut-être quinze, peut-être trois cent septente-dix-huit… En attendant, la porte de ce blog reste ouverte, comme d’habitude. Vous pouvez y écrire ce que vous voulez quand vous voulez en cliquant sur FOR RENT sur la plaque du Michigan dans le menu de droite, comme ça ce blog ne mourra peut-être pas tout de suite d’ennui.

Alors… à bientôt peut-être :) Et en attendant, voilà une jolie photo de mon piti neveu avec son daddy:

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On ne refléchit pas assez sur ce blog. Heureusement que Protolapon nous y force parfois. Y’en a marre de mes états d’âme larmoyants, pensons plutôt un instant à l’état de mon âme, huhuh, (non en fait c’est très sérieux ce que je veux dire), parce que moi, j’aime bien le Carmina Burana de Carl Orff. Ma question est donc: suis-je une pro-Nazie parce que j’aime bien quelque chose que les Nazis ont eux aussi aimé, et même peut-être écrit, puisqu’Orff lui-même a peut-être été Nazi? Qu’est-ce qui rend la musique d’Orff bonne ou mauvaise, au fond? Qu’est-ce qui fait que je l’aime? Quelle image, quelle idéologie est-ce que je propage (à l’extérieur comme à l’intérieur de moi-même) lorsque j’écoute le Carmina Burana? Ne devrais-je pas plutôt condamner Orff et ne plus jamais écouter sa musique parce que je suis, en réalité, profondément contre la doctrine Nazie?

J’ai lu il y a quelques jours que Steven Spielberg a donné un million de dollars pour la reconstruction d’Israël après sa « guerre contre le Hezbollah. » J’espère que vous m’excuserez mais en ce moment, je pense qu’il faudrait plutôt donner cet argent au Liban… mais c’est le droit de Spielberg de faire ce qu’il veut de son argent. En attendant, si je vais voir ses films, qu’est-ce que ça dit sur moi? Est-ce que je trahis mes principes si je paye pour voir un film fait par quelqu’un avec qui je suis en complet désaccord sur des principes qui me tiennent très à coeur? Et si j’ai un de ses films à la maison? Est-ce qu’au moment où j’apprends la nouvelle de l’argent pour Israël je dois jeter ce film et boycotter tout ce que Spielberg a fait? Est-ce qu’à ce moment-là ce film, que je trouve par ailleurs excellent (Catch Me If You Can), devient un mauvais film qui trahit mes ideaux et propage une certaine immoralité?

Il y a des centaines d’exemples, bien sûr. On peut aussi penser à Céline, l’écrivain qui se dit lui-même « l’ennemi n°1 des juifs » (lettre au Docteur W. Strauss). Quelle image cela donne de nous, qu’est-ce que cela fait à notre âme, quels principes écrasons-nous du pied, et en quoi nous trahissons-nous nous-mêmes quand on lit Voyage au bout de la nuit? Ne serait-ce pas mieux pour la jeunesse française d’arrêter de lire ces horreurs qui risquent de propagers des idées obscènes et pernicieuses?

Et puis tant qu’on y est, ne devrait-on pas aussi renier sa foi Catholique parce que Benoît XVI a fait partie des jeunesses hitlériennes parce qu’il va corrompre l’Eglise et que d’approuver un pape « nazi » revient à approuver Hitler?

Quand je me pose ce genre de questions, j’essaye de me rappeller que je risque de faire, à ma petite échelle, ce que d’autres ont fait à plus grande échelle et que je critique ouvertement: fermer ses embassades, menacer, détruire, et boycotter parce que certains journalistes ont publié des caricatures de Mahomet qui allaient à l’encontre de leurs principes; et condamner à mort Salman Rushdie pour avoir osé écrire quelque chose qui ne correspondait pas à l’idée que certains veulent promulguer de leur religion. Entre autres.

D’ailleurs il faut que je vous dise, vous devriez arrêter de lire mon blog (et le brûler, même): j’ai piqué plein de sous à mon père quand j’étais petite, j’ai triché à des tas d’examens au lycée, j’ai vécu deux mois à Montréal avec un abonnement bus/métro pour les moins de 16 ans alors que j’en avais 18, j’ai passé 10 fois à la douane France-Suisse le coffre plein de viande, de produits laitiers, et d’alcool en jurant n’avoir rien à déclarer, et je suis allée deux fois à deux scéance de cinoche de suite alors que je n’avais payé pour qu’une. Je suis une voleuse, une menteuse, et une tricheuse. Et en plus j’écoute le Carmina Burana! Non seulement je risque de vous influencer par mes perfides missives bloggesques mais en plus vous donnez vraiment le mauvais exemple à vos enfants en lisant le blog de quelqu’un d’aussi immoral!

Je boude parce personne n’a trouvé la réponse à ma charade d’hier. Pis je suis crevée. Pis j’en ai marre. Pis j’ai rien fait aujourd’hui à part à manger une salade de pommes-de-terre crues. Pis je comprends pas comment il peut n’y avoir des embouteillages que dans un sens sur mon autoroute, c’est trop bizarre, matin, soir, le weekend, en semaine, les embouteillages sont toujours dans le même sens: celui pour sortir de la ville. Ca doit vouloir dire quelque chose, tous ces gens qui veulent à tout prix sortir de cette maudite ville à toute heure du jour et de la nuit!

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Ah, la découverte de la semaine: les concerts gratuits dans le joli petit « music garden » à deux pas de chez moi (200 mètres à tout casser). Je n’ai pas visité le jardin, mais j’essayerai de le faire cette semaine, parce qu’il paraît que c’est génial (et créé entre autre par Yo Yo Ma). Tous les jeudis et les dimanches, il y a des concerts gratuits là-bas, de juin à septembre.

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Nat m’a invitée à écouter « Heartbeat of Japan » par le Kiyoshi Nagata Ensemble, jeudi dernier, et c’était vraiment super sympa. Les gens sont assis sur des gradins d’herbe et des bancs au début, mais au fil du concert, il y a de plus en plus de monde qui s’agglutine autour des musiciens et un peu partout (les photos sont de plus en plus sombres parce que la nuit tombait et je ne voulais pas utiliser mon flash).

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J’étais assez découragée ce soir-là, sans raison, et j’avais passé ma journée à me battre contre des banques halucinantes de conneries, donc je n’étais pas en très bon état, mais je me suis forcée à sortir…. Et de passer une heure en charmante compagnie à écouter de la musique énergisante en regardant les fleurs du jardin et les bateaux passer sur le lac, ça m’a fait beaucoup de bien.

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Faudra que j’y retrourne!

Mon premier a des plumes
Mon deuxième a des poils
Mon troisième a des plumes
Mon quatrième a des poils

Et mon tout c’est les fleurs qui se trouvent partout sur la route devant chez moi au bord du lac depuis dix jours!

Pour une raison inconnue mais fort sympatique, la route a été fermée sur un kilomètre dans un sens (ouest-est). Cette route est fort large. Il y a deux voies de chaque côté et au milieu, deux voies de streetcars (et les secours, en cas d’urgence, comme ici les pour les pompiers). Ce sont les streetcars que je prends quand je vais au boulot.

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La voie fermée a été décorée d’un côté par des fleurs (alors? lesquelles?) et de l’autre côté par d’interminables rouleaux de gazon tout prêt. Ensuite, ce qui restait de place a été divisé en deux petites voies pour les piétons, les patineurs à roulettes, et les cyclistes. Et je peux vous dire qu’il y en a, des cyclistes et des piétons et des rollerbladers, à Granbled!! Sympa, non?

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Au bout de la voie pour les piétons et vélos, il y a une sorte d’arche (de la défense des piétons et des cyclistes?) faite de vieux vélos. Ce qui est marrant c’est que tous les jours, des gens déposent des nouveaux vieux vélos aux pieds de l’arche qui est devenue un véritable cimetierre pour vélos.

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Ca fait depuis que je vis ici que je dis que la seule solution pour rendre cette ville vivable c’est de ne plus avoir que des voies à sens unique. C’est moins dangereux pour les cyclistes et les piétons, et beaucoup plus rapide et simple pour les automobilistes, puisque ça permettrait ENFIN de tourner à gauche (chose interdite pratiquement partout pour le moment). M’aurait-on enfin écoutée? En tous les cas, je ne sais pas si cette voie pétons-cyclistes est permanente, mais on dirait que ça restera comme ça jusqu’à la fin de l’été. Je trouve cette idée très chouette, pas vous?

Question à cent balles cinquante: comment ça se passe quand on va chez le dentiste au Canada?!

Question à deux millions septente-trois balles: qu’est-ce qui se passe quand on reçoit son salaire au Canada?!?!

Qu’est-ce que ça fait quand on reçoit son salaire au Canada? Ca fait OUILLE!!! OUCH! OH LA VACHE! PTAINDBORDELDEMERDE!!!! Pourquoi tant de violence, me demanderez-vous? Ben parce qu’un GROS tiers du salaire qu’on attendait est partit en fumée impôts, comme ça, pouf, a pu, byebye, l’est plus là le gros salaire, bonjour le salaire tout riquiqui! UN TIERS! Genre vous attendez impatiemment votre sympatique salaire qui devrait être $3000* d’après vos savants calculs et votre contrat qui ne saurait mentir, surtout que le loyer de votre appartement avec moquette et une superbe vue sur la CN tower est de $1000 par mois alors $2000 c’est pas de trop pour survivre pendant un mois dans la plus grande ville du Canada (en comptant le téléphone, internet, l’essence, l’assurance de la voiture, le passe de métro, la bouffe, le vétérinaire, l’électricité, les fringues pour le boulot, les remboursements urgent de cartes de crédit à 25% d’intérêts, et j’en passe)…

Hélas, trois fois hélas, vous recevez enfin votre feuille de paye chérie et tant attendue (à grand renfort de cartes de crédits) et là, mamamia, enfer et putréfaction, c’est l’hécatombe, le carnage, la boucherie chevaline, le massacre à la tronçonneuse, l’extermination des espèces en voie de disparition (vous): votre feuille de salaire vous explique, à coups de massue acronyms plus longs et incompréhensibles les uns que les autres que non, finalement, comme l’administration doit se mettre du pognon dans les poches il faut bien payer pour tous ces services publiques, on ne vous donne que $2000 au lieu des $3000 attendus! Gloups! Donc après payement du loyer pour un appartement qui est hors de prix pour cette vue vraiment moche et la moquette dégueue et que vous auriez mieux fait d’aller vivre dans un sous-sol glauque dans une vague banlieue à Trifouillilézoua où y’a même pas de métro qui passe paskeu là vous allez bientôt finir sous les ponts vu qu’il ne vous reste plus que $1000 pour vivre pendant le mois (avec le téléphone, internet, l’essence, l’assurance de la voiture, le passe de métro, la bouffe, le vétérinaire, l’électricité, les fringues pour le boulot, les remboursements urgents de cartes de crédit à 25% d’intérêts, et j’en passe) et qu’est-ce qui vous a prit de venir vous installer dans ce pays d’arnaqueurs! Viva Canada!

Les mains dans les poches (vides) et l’âme en peine, vous allez ensuite à votre rendez-vous chez le dentiste (celui choisi parce qu’il se trouve dans la station de metro donc c’est pratique même si c’est pas le meilleur parce que là vous en avez raz-les-basquettes de marcher des kilomètres rien que pour aller au boulot (celui qui vous paye des cacahuettes (et encore, des cacahuettes transgéniques, c’est sûr))) sûre que le coup des services publiques c’est de la rigolade et que de toutes les manières, vous vous faites toujours avoir! La receptioniste avec son sourire mieleux vous asseoit donc dans un fauteuil intergalactique et AVEC TELEVISION intégrée (et réglée sur CNN, ce qui, vous en conviendrez, n’est pas du meilleur goût, y’a déjà assez de tragédies dans les cabinets de dentistes pour qu’on vous montre en plus celles du monde en même temps) dans lequel vous allez vous faire malmener, triturer, tourmenter, et tout ça la gueule grande ouverte mais pour une fois vous auriez mieux fait de la fermer, ça aurait fait moins mal, par un charmant dentiste qui a l’air tellement jeune qu’il pourrait être votre petit-fils et qui vous raconte tout plein de choses qui ont l’air importantes mais vous ne comprenez rien parce qu’il est indien et que vous n’avez pas encore appris à comprendre les indiens qui parlent canadien tout en vous tripotant les dents et en regardant la télévision en même temps!

Bref, vous avez souffert mais vous vous attendez à pire à la sortie du cabinet où la charmante réceptioniste vous attend avec son sourire mieleux et là vous devez vous asseoir pour mieux accuser le choc de la facture qu’on va vous tendre et vous essayez déjà de vous rappeler quelle carte de crédit a encore quelques dollars dessus malgré ses 25% d’intérêts et que maintenant c’est les pâtes à l’huile pour le reste du mois et les dettes jusqu’à la retraite quand la gentille réceptioniste s’approche de vous sournoisement et vous tend une facture longue comme un jour sans cartes de crédit… au bout de laquelle il est écrit « Total: $287.65. Amount due: $0.00. » ZERO. Zirwo, comme disent les américains. Zérwo, comme disent ces braves canadiens qui ont inventé le plus chouette pays du monde et qu’est-ce que vous avez foutu pendant 10 ans aux Etats Unis dans ce pays de malheur qui n’avait même pas d’assurance maladie pour couvrir vos petits bobos et une politique sociale de merde et que ohhhh, que c’est bien de vivre dans un pays civilisé! Viva Canada!

*Ceci est un exemple fictif, hein, mon salaire est quand-même un tout petit plus élevé que ça, pas la peine d’appeler la SPA!

7 heures du matin:

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7 heures du soir:

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9 heures du soir:

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Ca s’est passé dans une église, une très grande église avec des clochers hauts, des escaliers raides, et de recoins sombres. Il y avait moi et puis quatre ou cinq autres personnes en habits noirs. Il faisait sombre et j’avais un peu peur. Une de ces personnes avait des yeux très bizarres, rouges, d’une forme étrange, et rayonnants comme des lasers, alors je faisais tout mon possible pour ne pas les regarder en face parce qu’ils m’aveuglaient, me paralysaient, presque.

Et puis on s’est battus. C’était horrible, d’une violence incroyable, ces personnes étranges contre moi, et moi toute seule. Je montais et descendais les escaliers en courant, je frappais de toutes mes forces, je mordais, je cassais des machoires, j’arrachais les cheveux, je tappais là où ça fait mal, et j’arrachais même les yeux rouges de cette personne étrange. Je ne me croyais pas capable d’une telle force, d’une telle rapidité, ni d’une telle violence!

J’étais en train de gagner, d’anéantir tous ces gens qui me voulaient du mal et c’était intéressant, parce qu’en même temps, je savais que, cachés dans les recoins sombres de l’église, il y avait des amis qui seraient venus à mon secours si nécessaire. Et puis le réveil a sonné.

Je rêve en anglais, en couleur, et en musique, des rêves d’une violence incroyable, ces temps-ci! C’est comme si je regardais un film, avec la musique de fond (dies irea dies illa, la nuit dernière, sur ce sympatique rêve d’église), et je me réveille avec la musique encore dans la tête et une incrédulité incommensurable face à la violence dont je pouvais faire preuve dans ces rêves!

Les rêves sont tous pareils: je me fais attaquer d’une façon où d’une autre par une ou plusieur personnes et je dois me battre férocement. Il y a du sang partout, des membres arrachés, des têtes défoncées, des dents enfoncées, c’est pire que dans les pires films d’horreur! Ce qui est intéressant, c’est que je suis toujours en train de gagner au moment où mon réveil sonne. Et ce qui est surprenant, aussi, c’est que j’arrache toujours les yeux de mes ennemis, et que ces yeux sont toujours vraiment bizarres (jaunes, avant-hier, et à ressorts!). La musique de fond est toujours tragique et dramatique et me tourne dans la tête encore longtemps après mon réveil. Il n’y a pas de dialogues dont je me souvienne, mais je me suis rendue compte que je rêvais en anglais la nuit dernière, quand je me rendais compte (en anglais) que mes amis étaient cachés autour de moi dans l’église.

J’imagine que ces rêves ne font que traduire ce qui se passe au fond de moi en ce moment: la peur d’être attaquée, de ne pas être à la hauteur, d’être jugée, de ne pas être assez forte et rapide… Et pourtant, tous ces rêves ont plutôt l’air de bien finir (bon, dans un bain de sang, d’accord, mais c’est toujours moi qui semble avoir le dessus), ce qui est très étonnant venant de moi et mon pessimisme chronique, et plutôt rassurant. Et dans tous ces rêves, sauf celui de la nuit dernière, j’étais seule. Le rêve de l’église est le premier où je me rendais compte qu’en fait je n’étais pas seule et que si nécessaire, mes amis seraient venus à mon secours (mais n’ont pas eu besoin de le faire, espérons que cette nuit ils n’auront pas besoin de le faire non plus…). C’est intéressant de voir que quelque part au fond de moi, je sais des choses dont je ne me suis pas encore vraiment rendue compte « dans la vraie vie. »

Troublant, cette violence extrême, quand’même!

Voilà enfin quelques photos de mon joli petit chez-moi déjà plein de chenit (c’est le signe qu’on s’y sent confortable, hein).

D’abord, l’entrée, avec un petit banc pour y poser mes sacs, deux jolis crochets accrochés par mon pôpa pour y mettre mes clés (ça faisait longtemps que j’en rêvais) et deux crochets au mur pour y suspendre mes manteaux, et le couloir qui tourne à droite vers la chambre et la salle-de-bain.

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Quand on suit le couloir sus-mentionné, on arrive à cette intersection (et il y a trois bibliothèques dans le couloir).

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Là, on entre dans ma chambre. C’était difficile de prendre certaines photos parce qu’il faisait sombre à l’intérieur et très lumineux dehors! On ne voit pas bien mon joli et surtout confortable nouveau lit, avec un petit tiroir roulant dessous. A droite, mes collections de CDs et de DVDs. A gauche, mes jolies commodes à fringues dont je rêvais depuis sept ans! Les chatounes dorment entre autre sur les commodes.

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Haha, plein de chenit :) A gauche des commodes, donc, il y a un petit bureau pour mon ordinateur (et mes fringues, hum…), et un grand placard. Le fauteuil sert aussi de lit à Calinette, et Sosso préfère dormir à gauche au pied du bureau ou cachée dans le placard.

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On sort de la chambre. J’aime beaucoup cette chambre je dois dire. Elle est lumineuse et assez grande. Il me manque juste un truc pour mettre les CDs qui débordent…

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En sortant de la chambre, tout de suite à droite, il y a la salle-de-bain.

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Très petite, beaucoup plus petite que celle que j’avais avant, alors là c’est un peu dur. Par exemple je ne peux mettre qu’une caisse pour les deux chatounes et c’est pas pratique du tout. J’ai aussi pas mal de chenit de salle-de-bain dans le placard de ma chambre…

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On reprend le couloir, on repasse l’entrée, et on arrive dans la cuisine. Entièrement agencée, cette cuisine est pas mal (mieux que ce que j’ai vu dans d’autres appartements) mais relativement petite. Le plus grand problème est la hauteur des placads: je ne peux rien attrapper dans ceux d’en haut donc je perds beaucoup de place!

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Il n’y a aussi qu’un bac dans l’évier, et surtout, surtout, il n’y a pas de broyeur, misère! En plus, il n’y a qu’UNE prise électrique pour toute la cuisine donc j’ai des ralonges et des prises multiples un peu partout et c’est pas génial. Et puis je n’ai qu’un seul tiroir pour y mettre tous mes ustensils de cuisine, je vous dis pas la bagare que c’est pour le refermer à chaque fois! Heureusement, mon pôpa m’a installé les superbes petites étagères pour les épices dont je rêvais depuis longtemps (mais j’ai trop d’épices et il faut que j’achète plus d’étagères).

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Mon p’tit frère m’a aussi installé une petite étagère de plus sur le comptoir de la cuisine pour y mettre mes livres de cuisine et mon p’tit chenit, comme on dit ;) Et ma tata m’a offert des jolis petits bols colorés pour y présenter des sauces… miam!

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Un truc que j’aime bien dans ma cuisine c’est qu’elle est ouverte sur le salon (avec vue sur l’autoroute, huhuh) et le comptoir (bar) est assez large, ce qui est pratique pour y faire la cuisine. Voilà la vue de la cuisine depuis le salon.

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Si on se retourne (donc on regarde par l’ouverture de la cuisine), on voit le salon. Le canapé devrait être bleu mais est recouvert de la couverture pour les chatounes (elles aiment s’y cacher et y faire leurs griffes!). J’aime beaucoup ces grandes fenêtres avec vue sur les voisins, l’autoroute, et le lac. La vue sur le couché de soleil y est souvent très belle le soir!

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Sur le côté du salon, il y a la « catroom » (qui est en fait appelée « sunroom » mais on va pas chipoter).

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La catroom, donc, est une toute petite pièce que je réserve (presqu’uniquement) aux chatounes: des tapis pour qu’elles s’y fassent les griffes, des couvertures (sur la boîte de l’air conditionné) pour qu’elles s’y installent confortablement pour regarder passer les voitures et les bâteaux, des petits lits, des jeux, l’herbe à chat, assez de place pour se tapper dessus sans casser la baraque, et un petit tabouret pour que je les regarde jouer en rigolant. C’est la pièce que je préfère de la maison :)

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Juste derrière la catroom, il y a mon bureau (qui est donc entre le salon et la chambre).

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Ce chouette bureau a été monté à la sueur de mon p’tit frère! La catroom se trouve sur la gauche, là où il y a la lumière.

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Quand je suis assise à mon bureau, j’ai dans le dos ces trois bibliothèques. Et on ne le voit pas, mais comme dans la chambre, il y a un grand placard (dans le mur, entre le bureau et les bibliothèques, donc, juste à gauche de la porte d’entrée du bureau) où j’ai mis un chenit incroyable de papiers et autres trucs importants mais que je n’utilise qu’une fois par an au maximum grâce aux étagères encore une fois montées par mon pôpa!

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Voili voilà mon petit appartement. Un truc qui est drôle, c’est que la première chose que j’ai remarquée en m’installant, c’est que tout semblait être plus haut dans la salle-de-bain et la cuisine (et pour moi qui suis vraiment petite, ce n’est pas une bonne chose!). Je pensais que je rêvais, mais en parlant avec la « interior designer » qui va me refaire mon bureau au boulot, j’ai mentionné ce fait et elle m’a confirmé qu’effectivement, les régulations de design au Canada (les comptoirs, bars, éviers, lavabos, placards, etc.) sont plus hautes de trois centimètres qu’aux Etats Unis! Zut! Ca n’a l’air de rien, mais ce n’est pas pratique pour se laver les dents ou laver la vaisselle, je peux vous dire!

Enfin, en gros j’aime beaucoup cet appartement à part ce petit détail, la cuisine et la salle-de-bain un peu petites, et le bruit de l’autoroute (qui c’est qui m’a prévenu que le bruit montait et que je n’ai pas cru??). La vue de mon lit, sur le lac, est superbe, et finalement, même la vue sur l’autoroute est intéressante. Je ne suis pas loin des streetcars, et il y a un magasin qui vend un peu de tout (des petits pois surgelés en particulier) ouvert 24 heures sur 24 juste en-dessous. Et puis il y a aussi un parking couvert avec une place réservée pour moi (mais les portes pour y aller sont super lourdes, malheureusement, donc c’est la galère quand je rentre avec plein de sacs de courses…). Ah, un truc pas pratique c’est les assenceurs: il y en a trois, mais il y en a toujours un en panne et l’autre est souvent bloqué pour quelqu’un qui eménage, donc il faut les attendre longtemps et ensuite s’arrêter à chaque étage, ce qui, quand on est au 20ème, est relativement chiant.

Et il manque un balcon, bien sûr. Je me suis dit que la sunroom suffirait mais un balcon ce n’est simplement pas remplaçable et les chatounes en souffrent, parce que je ne peux pas ouvrir les fenêtres (coulissantes) de plus de 10 centimètres de peur qu’elles tombent… Mais si j’aime mon boulot et survis à Granbled, l’année prochaine j’essayerai d’acheter un appartement… aussi bien que celui-ci mais avec balcon cette fois :)

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J’ai décidé (mais je change d’avis comme de chemise donc faut pas rêver non plus) de « découvrir » au moins une chose intéressante, belle, moche, ou surprenante dans Granbled au moins une fois par semaine. Au début je crois que ça sera facile, parce que je découvre où sont les boîtes aux lettres un jour et où sortir les poubelles le lendemain, mais j’essayerai de prendre des jolies photos (pas des poubelles, quoi que…) et de découvrir des choses dignes d’être découvertes pour vous donner envie de venir me rendre visite ;)

Ma découverte précédente on dira que c’était la voiture « verte » et le ROM, le Royal Ontario Museum d’accord? Et ma découverte de cette semaine, oh la la, c’est le plus grand mall de l’univers d’Amérique du Nord du Canada? En tous les cas le plus grand mall de Granbled et de mon champ de maïs, et l’attraction numéro UNE de Granbled! Pour vous donner une idée de grandeur, dans mon champ de maïs y’avait un « grand » mall mais qui ne faisait qu’un étage. Là, je dirais que le Eaton Center (pardon, Centre, j’arriverai jamais à m’habituer à l’ortographe canadienne) est de la même longueur que celui de mon champ de maïs mais sur au moins 4 ou 5 étages (j’ai d’ailleurs pas trop compris comment ça marche, y’a des demi-étages de temps en temps et Sears est sur au moins 4 étages qui ne sont pas montrés sur la carte…). En tous les cas, il y a plus de 250 magasins différents là-dedans, de quoi combler toutes vos envies de folies!

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Bref, pour vous donner une (autre) idée de grandeur, je suis entrée à un bout (Dundas St.) et resortie à l’autre bout (Queen St.) trois heures après SANS AVOIR FAIT d’allés-retours sur différents étages! J’étais entre deux étages, en gros. Tout en bas, il y a entre autres les « food courts » (tous les petits magasins de bouffe rapide du monde entier, macdo inclu) et j’ai découvert Richtree, un magasin de bouffe fraiche de qualité un peu comme Manora (pour ceux qui connaissent la place St. François à Lausanne), et recommendé par mes parents, mais c’était trop tard pour y trouver du pain ou des croissants, tout était partit!

J’étais aussi à l’étage d’au-dessus pour essayer d’y trouver quelques jolies chemises « sérieuses » pour le boulot dans des magasins genre Esprit (recommendé par mes parents, merci, vous n’avez par regardé les prix avant de me dire d’y aller) et Banana Republic (pas exactement le moins cher non plus, mais c’est tout ce que j’ai trouvé). Si je me rappelle bien, le Banana Republic pour femmes était au troisième étage donc j’ai rapidement visité le troisième étage aussi, mais c’est tout ce que j’en ai vu. J’ai vu qu’en face il y avait un Indigo, genre de Borders ou Barnes and Noble ou FNAC, mais mes pieds ont refusé d’y aller! Donc en gros, je n’ai vraiment pas vu grand’chose de ce mall, mais à la fin, j’étais en morceaux et mes pieds en compote, surtout que c’était un vendredi soir et qu’il y avait les soldes et que c’était difficiles d’avancer parfois tellement il y avait de monde! Faut vraiment pas être clostrophobe à Granbled!

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De ce que j’ai vu, il y avait donc beaucoup de magasins de bouffe et aussi de fringues, mais surtout des fringues de jeunes, genre jeans déchirés et t-shirts au-dessus du nombril: plus trop mon genre (je suis plutôt du genre classic et snob, maintenant). Il y avait aussi un truc étonnant: plein de magasins de chaussures mais pratiquement tous les mêmes, Aldo je crois. Bizarre, non? Donc je voulais des chaussures, aussi, mais je n’ai rien trouvé, et en plus c’est encore la mode été donc il faudra que j’y retourne dans quelques semaines, zut de zut! Par contre, j’ai trouvé trois jolis pulls pour la mi-saison, un bleu clair, un brun (manches mi-longues), et un blanc très chic (très simple, quoi), et deux chemises à manches courtes pour la fin de l’été, une verte (couleur pas géniale mais faut prendre des risques) et une rose (ultra classique). Tout ça « for a shitload of money » comme on dit dans mon champ de maïs et sûrement par ici aussi!

Pour les « disabled people » (ceux qui ont du mal à marcher) il y avait seulement des chaises roulantes PAS électriques (et il fallait en plus laisser $5.00 et son permis de conduire en caution!) alors expliquez-moi QUI pourrait avoir le courage de se pousser tout seul en chaise roulante dans cet immense bidule (je reparlerai bientôt de ce problème dont je découvre l’étendue tragique tous les jours)! Il y a aussi des tas d’étages de parking (attention, les étages de parking ne sont pas les mêmes que les étages du mall, c’est confusant!) à $3.00 la demi-heure! Donc $6.00 par heure, vous avez bien lu! J’ai donc fait $15.80 ($18.00 moins les deux tickets de streetcars/métro à $2.10) d’économie en y allant en streetcar! Sont fous ces canadiens!

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Bref, c’était très chouette tout ça! C’était un bain de foule unique, odorant, coloré, et compact! C’est sûr que ça vallait le détour et il faudra que j’y retourne pour découvrir les autres étages (je pense que pour tout bien visiter, il faut une dixaine d’heures au moins)! Je me suis finalement acheté une tranche de strudel aux pommes à Richtree avant de reprendre le métro pour rentrer avec mon sac-à-dos bien rempli, et mon porte-monnaie bien vidé! La mise en pratique du capitalisme sauvage n’est point charitable envers les comptes en banque…

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J’écoute ma radio préférée en directe depuis mon champ de maïs à travers la magie d’internet. Le couché de soleil est sublime et les températures enfin vivables. Mon appartement est rangé, propre, en ordre, joli, pratique. Les chatounes dorment tranquillement quelque part. Je regarde le lac onduler tranquillement et je me dis que je suis chez moi, si si, pour de vrai, chez moi. Seule. C’est ma vie. Maintenant. Comme ça. Ici. Chez moi. A Granbled. Au Canada!

Ces quelques jours avec mes parents ont été vraiment chouettes. C’est différent d’être en visite chez mes parents en Suisse et de les avoir chez moi, en visite chez moi, chez moi, chez moi… si si, c’est vraiment chez moi… Bref, c’est chouette et c’était sympa. En plus, je me suis fait gâter pourrir comme c’est pas permis, même que j’arrive toujours pas à croire que tous, tous les détails que je voulais pour fignoler mon petit chez-moi (si si, c’est chez moi, pour de vrai) ont été vissés, cloutés, trouvés, attachés, montés, jetés, démontés, remplacés, achetés, et … fignolés! Depuis les étagères des placards jusqu’aux étagères à épices de la cuisine, depuis la petite table ronde du salon jusqu’au nettoyeur de moquette, depuis le dictionnaire de canadien jusqu’aux jolies assiettes et bols d’Ikea pour remplacer mes vieux trucs dépareillés et cassés, depuis les croissants de la boulangerie française d’à côté (pas trop à côté, heureusement) jusqu’au magnifique sac à dos en cuir pour faire plus « professeure » et sérieuse! Domage qu’ils soient partis parce qu’à ce rythme, demain c’était la télé plasma de 160 centimètres et la Mercedes ;)

Bon, les cadeaux c’était génial, mais c’était aussi particulièrement agréable de parler de ma nouvelle vie, de Granbled, du boulot, du Canada, du petit neveu-petit-fils, de la Suisse, des croissants de la boulangerie française d’à côté (pas trop à côté, heureusement), et de tout et de rien. C’était marrant aussi d’être « celle qui sait comment ça marche à Granbled » alors qu’en fait je ne connais rien du tout et que si mes parents n’avaient pas été se balader à pieds dans tous les sens et contre-sens, je n’aurais jamais découvert la boulangerie française d’à côté (pas trop à côté, heureusement). Et puis quand je vais en visite chez mes parents, ils ont toujours leur vie qui continue en même temps, alors que là, ils étaient vraiment loin de cette vie de tous les jours, des vrais touristes, et rien qu’à moi pour quelques jours! J’ai cru que ça allait vite me tapper sur les nerfs mais même pas, pas une seule fois! C’était bien triste de les laisser partir!

Après leur départ, Sosso, Calinette, et moi nous sommes regardées… On était assises par terre dans la chambre, seules pour de vrai de vrai, chez nous, et on a écouté le silence et les voitures sur l’autoroute et le cabot de la voisine et le vent sur le lac. On s’est dit que c’était bien triste de ne plus avoir le petit frère qui faisait si bien les calins aux chatounes, les bureaux d’Ikea, et la banane avec nous. On s’est dit que c’était bien triste de ne plus avoir un papa et une maman qui racontaient Granbled avec plein d’enthusiasme et nous faisaient des bons petits plats. Et puis on s’est fait un gros bisou sur le nez et on a fait une grosse sieste!

A notre réveil, quelques heures plus tard, on était heureuses, toutes les trois, et on s’est dit que notre vie à Granbled, dans notre joli petit chez nous, allait peut-être être bien agréable, après tout :)

Bienvenue à Alexandre, mon premier petit (mais pas si petit que ça quand même: 56 centimètres et 4,12 kilos!) neveu! Félicitations et bon courage à sa maman (et à son papa aussi!) pour se remettre de toutes ces émotions et de longs moments pas faciles du tout. On vous embrasse tous les trois très très fort et on attend les photos avec impatience!

Félicitations aussi à mon pôpa et ma môman qui sont grands-parents maintenant, et à mon Papi et ma Mamie qui sont arrières-grands-parents!

Un petit poème de Charles Fontaine pour Alexandre qui parlera bientôt couramment le language SMS:

pti enfan, peu-tu le bi1v’nu
etr sur ter, ou tu n’aport ri1,
mê ou tu vi1 kom 1 pti ver nu ?
tu n’a 2 dra, n linje ki soua ti1,
0r ni $, n’okun bi1 teri1 ;
A pér e mér aport seulmen
pein è sousi, & wala tou ton bi1.
pti enfan, tu vi1 bi1 povrman !

de ton honeur ne veuil plu êtr chich,
pti enfan de grd bi1 jwiSant,
tu vi1 @ mond o6 grd, o6 rich
kom le roua, é o6 floriSant.
ton héritaje é le siL splendiSant ;
té serviteur son lé anje san viS ;
ton trézorié, c le 10eu tt-p8Sant
GraS 10vine é ta mér nouriS.

Allez viens, on t’attend!

Désolée pour le silence radio de blog ces jours-ci. Les parents ont bien débarqué, et c’est intéressant d’avoir, pour la première fois de ma vie, mes parents CHEZ MOI. Ils sont venus me rendre visite quand je vivais aux Etats Unis mais dormaient à l’hôtel. Là c’est vraiment la première fois qu’ils dorment, mangent, et vivent chez moi. Ils m’ont offert un super aspirateur et une petite machine à nettoyer la moquette (parce que la moquette ici est super claire et les chatounes ont bien mal à l’estomac ces temps-ci), et mon pôpa m’a accroché des tableaux au mur et des portes-manteaux et des tas de trucs et monté des étagères et des tas de machins et c’est super cool! Dès qu’ils seront partis (avec leur chenit, huhuh) je prendrai des photos de l’appartement pour les mettre ici!

Le boulot n’est pour le moment pas trop chouette puisque tout ce que je fais c’est des réunions. Je me sens un peu débordée par la quantité d’information à ingurgiter tous les jours et souvent assez découragée et angoissée par le boulot en général… Je sais je sais, dans quelques mois ça ira mieux, mais en attendant… Je suis aussi vraiment fatiguée par les trajets (beaucoup de marche à pieds tous les jours et j’ai même l’impression que mon épaule est en train de se démettre) même si je m’habitue lentement à ce train-train quotidien. En fait, ces jours-ci, j’ai surtout envie de rester dans mon lit à regarder le lac avec les chatounes sur le ventre et oublier ma vie.

Enfin, voilà la raison de mon absence. Je suis trop fatiguée, c’est tout. Mais je continuerai à faire des efforts parce que je l’aime bien mon petit blogounet et mes lecteurs sympas aussi :)

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Photo du joli « mug » que j’ai reçu la semaine dernière. Ben ouais, maintenant vous savez où je travaille, si vous ne l’aviez pas encore deviné grace à google! Mais c’est aussi un mot interdit, justement à cause de google.

Depuis que je suis arrivée à Granbled il y a quelques semaines, j’ai souvent souhaité avoir un enregistreur attaché au cou 24 heures sur 24 pour réussir à me souvenir de tous ces « moments bloggables » et surtout de tous ces moments géniaux, difficiles, hilarants, tristes, et tellement uniques dont j’aurais tant voulu me souvenir.

Les deux semaines avec mon petit frère sont passées trop vite! On a tellement travaillé, acheté, monté, démonté, roulé, sué, mangé, visité, cherché, papoté, argumenté, et rigolé, qu’on ne peut résumer tout ça qu’avec ces mots: tu nous manques, Nils, à moi et aux chatounes et à mon appartement et à Ikéa ;)

Notre retour aux Etats Unis jeudi soir a été plutôt difficile à cause des embouteillages terribles (même sur la Lake Shore Avenue qui ne voulait plus nous laisser rentrer sur l’autoroute) et les averses dignes de Noé. D’accord, on n’avait pas une Calinette qui faisait la gueule, pleurait non-stop, et jouait au tyran avec Sosso, ni une Sosso terrorisée dans mes bras, cette fois-ci, mais quand même, six heures pour arriver à Ann Arbor c’était beaucoup! Heureusement que le douanier ne s’est pas demandé pourquoi deux personnes du même nom de famille et n’habitant pas du tout dans le même pays pouvaient être de deux nationalités différentes.

Bref, tout ça pour dire qu’il était bien décevant de ne pas trouver à notre arrivée un petit nouveau-né… Mais cela nous a sûrement permis de dormir quelques heures, c’est déjà ça de gagné!

Repartis à 7 heures du mat’ d’Ann Arbor, la suite du voyage jusqu’à Lafayette a aussi été longue et pénible, mais sans aucune raison, cette fois, à part notre ennui. A l’arrivée, nous sommes directement allés manger à Khana Khasana, mon restaurant indien favorit, pour nous reposer l’esprit et nous remplir l’estomac avant d’entreprendre de nouvelles aventures! Ah que ce restaurant va me manquer!

Le reste de l’après-midi s’est passé sur le campus à aller à la pharmacie pour profiter une dernière fois de l’assurance de Purdue, visiter le Elliot Hall of Music où allait se passer la cérémonie du lendemain, chercher un permis spécial pour se garer, louer et essayer la robe noire avec la longue cape bleue et jaune et le chapeau carré, acheter des « wipes » et autres trucs qui me manquent déjà tellement au Canada à mon Target préféré (et aussi un joli rideau de douche pour Nat qui s’est occupé des chatounes pendant mon absence), prendre possession de notre petite chambre d’hôtel où le pauvre Nils allait devoir dormir illégalement sur son lit gonflable, et surtout, surtout, retrouver les parents bronzés mais piqués et que je n’avais pas vus depuis plus d’un an! Manger ensemble (un blooming onion et des cheese fries, miam!!) à Outback comme nous l’avions fait lors de ma graduation en Utah six ans plus tôt était un moment très spécial, sauf qu’il manquait Cath et Annie, cette fois, et surtout mon Papy et ma Mamie chéris qui nous font bien du soucis en ce moment et à qui on a beaucoup pensé.

Ecouter ma radio préférée dans la voiture, faire un tour de la ville et du campus avec la famille, leur faire visiter mon petit champ de maïs, revoir la Wabash, pouvoir enfin respirer sans cette humidité horrible de Granbled, et revoir quelques amies a aussi été vraiment agréable… et un peu triste aussi…

Samedi? Je dois avouer que c’était en même temps très spécial et un peu décevant. Déjà, j’avais oublié d’acheter des épingles à cheveux pour faire tenir mon chapeau donc on a dû se lever très tôt pour aller en acheter en vitesse. Ensuite, alors que j’aurai aimé aller faire une photo « officielle, » Nils s’est rendu compte qu’on avait oublié le permis spécial qui me permettait de me garer juste à côté du Elliot Hall of Music, et on a dû retourner à l’hôtel. Bref, on a juste réussi à faire quelques photos (sans la jolie cape, domage) avant que Nils me conduise à l’endroit où je devais me rendre pour rejoindre la procession d’élèves graduants et que la cérémonie ne commence.

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La cérémonie elle-même était sympa mais un peu nunuche et de loin pas aussi chouette que ce que ça avait été en Utah. Il n’y avait pas de discours offert par une célebrité (à BYU on avait eu Jehan Sadat (femme de feu Anwar al-Sadat) et Roderick Paige (secretary of Education), quand même), et le président de Purdue n’est pas quelqu’un que j’aime beaucoup (heureusement, je viens d’apprendre qu’il prendra bientôt sa retraite). Mais bon, de monter sur la scène avec tous les doctorants, d’entendre mon nom (bien prononcé, bravo, et je ne savais pas qu’on disait Mahéilia Jackson), de recevoir ma cape et mon (moche) diplôme, c’était quand même un moment spécial et rempli d’émotions.

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Les doctorants, en robes noires et velour étaient appelés par leurs noms et recevaient leur cape (toutes de la même couleur) et leur vrai diplôme avec plein de serrements de mains de gens importants (dont le président de l’université); les « masterants » (MA, MS, MBA), en robe noire avec des longues manches et une petite écharpe aux couleurs de leur « faculty, » étaient aussi appelés par leurs noms et recevaient un « diploma cover » (truc pour mettre leur diplôme mais vide (ils recevraient leur diplôme par courrier quelques semaines plus tard) avec un serrement de main de quelqu’un d’un peu important; et les « bachelorants » (BA, BS), en robe noire toute simple (seule la couleur du petit pompon du chapeau indiquait leur spécialisation) voyaient leurs noms défiler sur un grand écran et défilaient sur la scène pour recevoir leur « diploma cover » en serrant la main de quelqu’un de pas très important.

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Ce qui était sympa, c’est que l’audience n’avait pas le « droit » d’applaudir à l’annonce de chaque nom, mais la famille et les amis de ceux qui étaient appelés criaient quand même souvent un petit quelque chose à chaque fois et j’ai eu droit moi aussi aux applaudissements de quelques personnes, dont mon pôpa, ma môman, et mon petit frangin en costard-pas cravate-baskets! C’était chouette :)

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Après la cérémonie, on a pris quelques photos pas géniales du tout (sorry, j’ai même dû en trafiquer quelques unes) et puis il a fallu rendre la robe, la cape, et le chapeau avant d’aller faire une longue sieste à l’hôtel (dont la clim faisait un boucant d’enfer) avant d’aller dîner à Khana Khasana pour que les parents fassent la connaissance de mon restau préféré.

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Le retour de Nils et moi le lendemain jusqu’à Ann Arbor a de nouveau été pénible, surtout que la radio de ma voiture semblait mal marcher et la cassette qui me permettait d’écouter mon iPod semblait foutue… et en plus, aucun nouveau-né ne nous attendait… Après avoir déposé Nils et bu un double cappuccino, je suis repartie, seule cette fois, pour Granbled, et là, tout c’est bien passé, d’autant plus que j’ai capté une station de radio sympa pendant plus d’une heure, qu’ensuite, la cassette de mon iPod a bien remarché, et qu’il n’y a eu aucun embouteillage ni pluie diluviene! En quatre heures, j’étais dans mon nouveau chez-moi, seule avec mes chatounes (heureuses de me revoir!!) pour la première fois!

Demain, le travail recommence et les parents débarquent… Pfiou, quel été plein d’aventures!

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Il fait une chaleur à crever. Pas juste chaud chaud, mais VRAIMENT étouffant! De très très loin pire que la canicule européenne de 2003 parce qu’il fait non seulement chaud mais en plus horriblement humide. Avec en plus la pollution, les maux de tête et les pieds et mains enflés comme des bibundums… c’est la joie!

Devoir marcher ainsi pour aller au boulot tous les jours me fait réfléchir à ma survie. Pour de vrai. Chaque pas dehors est une épreuve et en hiver ça risque de ne pas s’améliorer, mais en même temps, conduire est aussi un calvaire. Quand je suis dans le streetcar (photo ci-dessous), je suis vraiment vraiment heureuse de ne pas avoir à conduire et à payer des places de parking hors de prix! Je soupèse encore le pour et le contre, mais c’est une décision difficile à prendre.

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Le boulot… Ce matin j’étais en avance de 15 minutes et les blahs blahs ont continué: que faire si un élève triche, que faire si un élève ne vient pas en classe, que faire si on est malade, que faire si on a 160 élèves, que faire … pfff… s’teu galère! Heureusement que j’ai aussi bien rigolé avec mes voisins de table, un yougoslave matheux, une fashion designer anglaise, un biologiste moustachu, un historien bigleux, et un chimiste chauve. A midi, le repas était un peu meilleur que celui d’hier, surtout le petit dessert de coupelle en chocolat avec sa crème au citron! Miam!

A la fin du déjeuner, Sheldon (mon copain le président de l’université, pour ceux qui ne suivent pas) a fait un long discours un peu ennuyeux, et les 80 nouveaux profs que nous étions avons ensuite pu lui poser des questions… quand soudain, l’alarm à incendit a retentit! Sheldon a dû s’arrêter en pleine phrase. En allant vers la sortie de la salle, il est passé devant moi, s’est arrêté, m’a dit bonjour, et m’a gentillement escorté vers la sortie en me racontant que lors de son premier jour comme président, il y avait eu un vrai feu dans l’immeuble, qu’il avait pensé que c’était une fausse alerte et était resté dans son bureau au 11ème étage et qu’il s’était ensuite fait sérieusement engeuler parce que s’il ne sortait pas, l’assurance incendit ne couvrait rien. Maintenant, je peux dire que je suis sortie (de la salle de conférence) avec le président de l’université, trop cool!

Après 15 minutes dehors, nous avons eu le droit de retourner dans la salle de conférences pour continuer à y entendre des tas de trucs ennuyeux. Au bout de quelques heures, je me suis cassée en douce parce que vraiment, je n’en pouvais plus! Dommage, je ne connaîtrai jamais la régulation numéro 124 932B qui explique ce que je dois faire si un de mes élève pète en classe!

Demain, après encore une journée intense au boulot, Nils et moi on part pour les Etats Unis, pour mon petit champ de maïs et ma cérémonie de graduation! Retour dimanche soir :) En attendant (mon retour et plein de photos), bises à tous et bonne fin de semaine!

Déjà, je suis arrivée en retard de 10 minutes. Le premier jour. Mais c’est parce que j’ai pris le streetcar et ces ânes sont soit très rapides soit très lents… En plus, il faisait, à exactement 6 heures du matin, 28 degrés celcius, ce qui n’est pas une sinécure!

Etant donc arrivée 10 minutes en retard, je me suis assise au fond de la salle, toute seule à une table vide, après avoir dit bonjour à ma copine des Resources Humaines. La réunion n’avait pas commencé alors j’ai pris un petit pain au chocolat… et j’avais à peine mordu à pleines dents dedans qu’un monsieur d’un certain âge s’est assis à côté de moi. La conversation suivante a ensuite eu lieu:

Le Monsieur: Bonjour, je m’appelle Sheldon. Je vois que vous êtes nouvelle ici?

miss lulu: Bonjour, oui, très nouvelle même (miss lulu essaye de mâcher très très vite et espère ne pas avoir de miette de pain au chocolat dans les dents). Je suis miss lulu du département d’anglais, et vous, vous êtes de quel departement? (miss lulu essaye d’être sociale et pas trop timide…)

Le Monsieur: Je suis le Président de l’université.

miss lulu: Ohhhh (toute rouge et très embarassée)… Ahhhh, OK, je vois.

Le Président: (continue la conversation comme si de rien n’était…) Et vous venez d’où, miss lulu?

miss lulu: Heu… (p’tain, la question qui tue!)… Je viens de graduer de Purdue mais je suis originaire de France et de Suisse.

Le Président: Votre langue maternelle est le français? Je ne l’aurai pas deviné.

miss lulu: (toute rouge de nouveau) Heu… merci…

Le Président: C’est marrant, vous êtes francophone et vous enseignez l’anglais, et ma fille est anglophone et enseigne le français.

Et puis nous avons parlé de la canicule et des blizards, d’Utah et de Lille, de Granbled et de l’université… Et puis la réunion a commencé et il a dû aller faire un petit discours à tout le monde.

Le reste de la matinée s’est passé en blah blah. J’ai entr’autre appris que mon université était publique et non privée, contrairement à ce que je croyais, et j’ai fait la connaissance de deux chinois, un indien, et un japonais qui s’étaient assis à ma table (ouf, je n’étais pas la plus en retard), profs de génie méchanique, de géographie, et de business, et avec qui j’ai parlé de sushis, de circulation, de politique, de salaires, de tenure, et d’élèves internationaux. Les sandwiches de midi n’étaient pas géniaux, mais j’ai reçu une superbe « mug » (grande tasse à café), et j’ai eu une conversation très sympa avec ma copine des Resources Humaines à propos du parking.

J’ai finalement décidé à 98% (c’est-à-dire que je peux encore changer d’avis demain matin) de ne pas prendre le parking de l’université, qui coûte $140 par mois et pour lequel il faut signer un contrat d’un an et en plus le parking est loin de mon bureau… Je crois que je vais plutôt prendre le metro et les streetcars ($90 par mois) et marcher dans la neige et la canicule. Et si j’en ai trop marre, je payerai le parking public en face de mon bureau et qui ne coûte que $115 par mois (et il ne faut signer que pour deux mois minimum). Bref…

Finalement, Sheldon était très sympa. J’ai rencontré des gens intéressants, même s’ils ne sont pas de mon département, et j’ai osé sortir dehors pour aller reprendre le metro alors qu’il faisait 46 degrés celcius (j’avais exactement l’impression d’avoir la tête dans un pot d’échappement tellement il faisait chaud). Mais les discours étaient assez chiants. Dire qu’il va falloir se retaper ça demain et après-demain toute la journée…

Bref, ma première journée s’est bien passée et ce soir on a mangé un délicieux sushi après avoir appris que mon air conditionné fuyait et que l’appartement d’en-dessous était innondé, hum… Je vais me coucher tôt pour essayer de ne pas être en retard demain ça ferait quand même plus sérieux, non? Sinon mon copain Sheldon ne sera pas content…

Dans Granbled, parfois souvent, on voit des drôles de trucs. Faudrait avoir un appareil photo intégré à l’oeil pour pouvoir tout mettre sur ce blog, parce que malheureusement, je ne suis pas encore assez à l’aise pour conduire dans cette ville de dingues et prendre des photos en même temps. Heureusement, y’a le p’tit frère qui ose parfois sortir de notre nid haut perché et agréablement climatisé pour braver les éléments (36 degrés celcius cet après-midi, 46 avec l’humidex) et prendre quelques photos.

On commence avec trois trucs marrants: d’abord une voiture très écologique, très « verte, » comme on dit :lol:

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Et puis si on regarde bien derrière la voiture, on voit quelque chose d’autre: un rickshaw! On en a vu quelques uns, tirés par des mecs qui courent vachement vite, et c’est super impressionant!

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Et enfin un… heu… nouveau musée? Gaudi? Ah non, pardon, Michael Lee-Chin Crystal!

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La première bonne nouvelle c’est que finalement, j’aurai un bureau avec fenêtre! Je vais même pouvoir choisir la couleur de la peinture et les meubles qui iront dedans, ouah, la classe! La deuxième bonne nouvelle, c’est que je pourrai finalement avoir une place (chère!) de parking sur le campus donc en hiver, je n’aurai pas besoin de marcher des heures dans la neige.

La dernière nouvelle, et qui n’est pas si bonne que ça finalement, c’est que je commence à bosser demain (jour de fête nationale suisse)… à plein temps… vrai job… responsabilités… faire semblant d’être intelligente… sourire… rencontrer des tas de gens dont je ne me souviendrai jamais des noms… travailler pour de vrai…

Le début du reste de ma vie commence!

Ouiiiinnnnnnnnnnn!!!!!! Je veux paaaaaaaaaaaaaaaaas!!!!