Thu 29 Jun 2006
Je déteste les adieux, d’autant plus que je suis une amie horrible et que j’ai beaucoup de mal à garder le contact avec les gens que je ne vois pas régulièrement. Ma môman me disait toujours, quand j’étais jeune, que les amitiés, c’est comme les fleurs, faut les arroser souvent sinon ça crève. Hummm… Je n’ose même pas essayer d’imaginer à combien d’ami(e)s je n’ai pas écrit depuis longtemps, à combien de personne je n’ai jamais répondu, et combien de gens croient que je les ai oubliés… Alors que pas du tout, je n’oublie personne, je suis juste anti-… anti…. anti-amitiés-à-longues-distances, mais ça ne veut pas dire que je n’aime plus ces gens. Merde, je suis nulle!
Tout ça pour dire que là, je me prépare encore une fois à laisser tomber pas mal de gens que j’aime beaucoup. Bon d’accord, deux des personnes à qui je tenais le plus, Chris et Xiaoye, sont déjà partis donc là on ne peut pas dire que c’est de ma faute. Mais quitter Gigi, ce soir, c’était vraiment difficile, et quitter Margie, dans quelques semaines, ça ne sera pas non plus facile. Hier j’ai dit adieu à Bud (de son vrai nom Irwin Weiser mais tout le monde l’appelle Bud, c’est le grand chef adoré du département d’anglais) et à Laurel aussi. Et puis ce soir, j’ai dit adieu à Krysten, Yufeng, Yuanyuan, Tarez, Margaret, Jennifer, et tant d’autres… A chaque fois on se disait “we’ll keep in touch, OK?” mais on savait bien qu’on ne le ferait pas…
Quand j’ai quitté la Suisse, j’ai organisé une très grande fête avec tous mes amis et ma famille. Je me souviens des grèves des transports en France qui avaient faillit empêcher une bonne partie de ma famille d’y assister, de la mayonnaise qui avait tourné, de la musique jouée par mes frangins, du concours que j’avais organisé, de tous ces gens que j’aimais, réunis sous le même toit…
Quand j’ai quitté l’Utah, j’ai aussi organisé une très grande fête. Je me souviens de mon journal où tout le monde avait écrit des recettes à base de maïs, des heures que j’avais passées à couper des fleurs pour les jolis petits vases que j’avais achetés, des petites voitures de course que j’avais mises sur les tables (à cause des courses automobiles d’Indianapolis), des plats de tous les pays apportés par mes élèves, profs, amis…
Je n’aime pas les fêtes avec plein de monde, sauf quand c’est moi qui les organise
Cette fois, je n’ai rien organisé du tout. Ce soir, une grande fête a été organisée pour le départ de la préférée des élèves du département, Gigi, et ça m’a suffit, sauf qu’il me manquait plein d’amis à moi. Ces prochains jours, je vais essayer de voir tout le monde une dernière fois (et à chaque fois raconter la même histoire: mon boulot, Granbled, mon appartement, mes joies, mes peurs…)… Demain à midi, je mange avec Mark, et vendredi soir avec Shuozhao et Mingyan, et puis j’espère voir Karen et Nancy et peut-être Scott, s’il n’est pas déjà parti, et puis Margie et Tony, bien sûr. Ils vont tous me manquer, ces gens qui m’ont réconfortée, qui m’ont fait rire, qui m’ont encouragée à bosser dur, qui m’ont donné plein d’idées, qui m’ont inspirée, que j’ai admirés, et qui ont enrichi ma vie de manière incroyable!
Je me sens juste un peu vide, ce soir, comme si un bout de moi me manquait déjà. Alors j’essaye de me rappeler que je vais faire plein de nouvelles rencontres de gens très chouettes aussi, bientôt, et je me réjouis.
22 commentaires que j'aime à “adieu, farewell, auf wiedersehen, good bye…”
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29 June 2006 à 5:30 am
Moi, ce que j’en dis, c’est que les vraies amitiés, ça supporte des années de silence et d’absence, et quand on se retrouve, on reprend la conversation là où on l’avait laissée…
Donc, les sushis à la maison, c’est quand tu veux, même dans 20 ans.
29 June 2006 à 6:36 am
De toutes façons, tu n’es jamais bien loin. On sait où te trouver.
29 June 2006 à 7:22 am
si ça se trouve, ça n’est pas que tu perds contact : tes amis sont tellement présents dans ta tête que tu ne les sens pas s’éloigner, et tu te dis ah, tiens, comment va-t-elle ? , je l’appellerai demain. et c’est toujours “demain ” …
sinon je suis bien d’accord avec princessH, au sujet des conversations qu’on reprend comme de rien était des années après.
29 June 2006 à 7:47 am
Je pense que tu as raison de faire des projections positives sur ta vie à Granbled.
Pi tout le monde le sait: un déménagment fait partie des chsoes les plus stressantes dans une vie.Là en plus tu changes de pays!Ya de quoi être déboussolée!
Et je vais pas te dire le contraire, que quitter ses amis en sachant que pour une bonne partie le contact ne sera plus le même que quand on vit au même endroit,c’est gai,non;juste je te comprends.
Un point positif que je vois c’ets qu’avec tous les pays où tu as vécu et fait des amis, tu peux partir en vacances dans plein d’endroits et savoir que tu y auras toujours des amis prêts à t’accueillir,comme toi tu les accueillerais sûrement s’il venaient à Grandbled
29 June 2006 à 7:48 am
mon comm vient de se perdre on dirait…
29 June 2006 à 7:48 am
C’est vrai que ça n’est pas facile de garder les liens avec la distance. Mais peut être que maintenant tu auras un peu plus de temps pour “arroser tes plantes d’amitié”.
Tu es assez douée pour succiter notre affection et notre intérêt depuis l’autre côté de l’océan
Donc, dans le même mouvement que PrincessH les crêpes à la maison, c’est quand tu veux, même dans 20 ans.
29 June 2006 à 7:49 am
ah non,juste embouteillage dans les fils du web…bonne journée!:-)
29 June 2006 à 9:10 am
heidi: je sais pas si les crêpes à la maison c’est bon, mais je veux volontier des crêpes au sarasin
quant au temps, je me plaignais hier soir que j’avais beaucoup trop mangé pendant que j’écrivais ma thèse, et une prof m’a dit: oh, t’inquiètes pas, maintenant que tu seras prof t’auras même plus le temps de manger!
lafouine: ah oui, hein, si tu passes par Granbled n’oublies pas de passer par chez moi
kryalia: haha, c’est exactement ça, toujours demain… tu me devines trop bien
PrinessH: mirci m’dame
toi aussi, hein, pis il parait que les sushi de Granbled sont extras, alors je vous attends, toi et le célèbre LJVD!
29 June 2006 à 9:43 am
Tiens, ça marche maintenant. Youppi. C’est comme je te disais: une éclipse de lune c’est rigolo, mais pas un éclipse de lulu.
29 June 2006 à 9:56 am
rjf: bisous
ça fait bien plaisir de te revoir par ici tiens!
29 June 2006 à 10:37 am
ça c’est gentil!toi tout pareil
Par contre faudra que je vois où ça se situe exactement,grandbled sur la carte..:-p
29 June 2006 à 11:14 am
Lulu me permettras-tu une question peut-être incongrue , stupide ou déplacée … et en tout cas certainement bien tardive … Pourquoi est-ce que tu ne continues pas à enseigner à Purdue ? ? … tu n’y es pas autorisée ? … ou alors c’est toi qui a désiré partir alors que l’université de Lafayette aurait bien voulu te garder ? … excuse-moi … j’ai sûrement raté plein d’anciens épisodes où tu devais expliquer la chose …;-)
29 June 2006 à 12:26 pm
Je sors du travail en avance ce soir, et je te dis, va où ton coeur te porte….J’ai une cousine qui me dit avoir perdu 3 ans de sa vie à Rennes, elle n’y a pas trouvé de travail, ni aucun ami, mon père a perdu 3 ans de sa vie comme prisonnier de guerre, et il avait 24 ans, quand on s’installe quelque part, on ne sait pas de quoi l’avenir sera fait. On se sent un peu comme Christophe Colomb, à la recherche d’une terre nouvelle. Peut-être que ce qu’on vient y chercher n’y sera pas mais qu’on trouvera quelque chose d’autre et de très chouette. Perdre sa vie, la gagner ? Moi je dis que le vrai voyage est intérieur, et je m’arrête là, vive le week-end.
29 June 2006 à 2:08 pm
C’est vrai que les vrais amis: on les retrouvent des années plus tard et la conversation reprends son cours! Sinon: c’est pas possible de tenir nos amis à bouts de bras, à portée de mains et de bisoux
Mais comme le dit si bien François: on sait où te trouver! T’inquiètes!
29 June 2006 à 2:13 pm
Vis le jour d’aujourd’hui, Dieu te le donne,
Il est à toi, vis-le en lui.
Le jour de demain est à Dieu, il ne t’appartient pas.
Ne reporte pas sur demain le souci d’aujourd’hui.
Demain est à Dieu, remets-le lui.
Le moment présent est une frêle passerelle.
Si tu la charges des regrets d’hier et de l’inquiétude de demain,
La passerelle cède et tu perds pied.
Le passé, Dieu le pardonne, l’avenir, Dieu le donne. Vis le jour d’aujourd’hui en communiant avec lui.
Pour t’accompagner sur ton chemin, avec la tendre affection de ta zia
29 June 2006 à 4:52 pm
loin des yeux pres du coeur non mais !!!!l’amitie ne se compte pas en minutes mais en intensité du partage alors ben …je suis ému…si si…et c’est sans doute de la “vantardise”..mais j’espere que meme loin …ben tu es une AMIE !!! ziboux et les chatounes ben vous avez de la chance…et nous aussi
29 June 2006 à 4:54 pm
he pis le maroille t’attend aussi ici…je sais c’est un fromage qui…sent son jus…valala
29 June 2006 à 9:06 pm
marsup: miam, avec plaisir
zia: j’essaye, j’essaye
!Béo! et moi aussi je sais où te trouver
pragmata: miss lulu en Christophe Colomb, j’aime bien cette idée
Cloclo: non non, je ne pense pas en avoir parlé avant. en fait, aux etats unis, on n’embauche pas “les siens” en général. il y avait un post de prof de linguistique à purdue cette année mais on a bien dit à tous ceux qui allaient recevoir leur doctorat à purdue (et qui donc cherchaient du boulot) que ce n’était même pas la peine d’essayer d’obtenir ce post. ils font ça parce qu’ils aiment le “sang nouveau.” c’est parce qu’en europe, le système est le contraire (on éduque ses propres élèves pour qu’ils soient les futurs profs) que je ne pourrais jamais trouver de boulot comme prof d’université en espagne ou en suède, par exemple (et c’est tant mieux, je trouve le système européen assez malsain).
30 June 2006 à 1:50 am
au fait ta môman, elle a visiblement lu le ptit prince, mais comme jme prends pas pour une rose, c’est pas la peine de me déverser ton arrosoir sur mon crâne orné d’une calvitie à faire palir de jalousie Kojack.
Sinon pour le recrutement, je trouve un peu triste le système de recrutement en circuit fermé. J’ai une collègue dont j’ai suivi la carrière du statut d’étudiante jusqu’à sa nomination comme prof. C’était nul, écoeurant de la voir intriguer, lécher les bottes, s’écraser sous les oukazes de la patronne.
Pis une fois nommée, la dite patronne s’est rendue compte qu’elle avait réchauffé un serpent sur son sein.
Et la baraque est pleine de cas du même genre: lycée-fac comme étudiant-fac comme enseignant ou “chercheur”.
Ca donne des petites cliques qui sentent le renfermé, particulièrement en lettres et sciences-humaines. Les ingénieurs, les médecins ne peuvent se permettre de vivre en autarcie.
30 June 2006 à 1:16 pm
Trop craquant le chat!
Tu l’emmènes, lui, au moins?
30 June 2006 à 1:46 pm
Ah toi aussi tu connais bien ça les déménagements! Bah, un autre déménagement, d’autres aventures…
Bon courage à toi! Je suis sûre que tout se passera bien.
4 July 2006 à 12:53 pm
Ouais c’est pas marrant les adieux. Je ne suis pas tres douée pour ça en plus.