Je sais, ça ne vous arrivera peut-être pas demain, mais on ne sait jamais quand vous pourrez avoir besoin de signer un contrat pour un nouvel appartement dans un pays étranger… Alors je vous fais part ici de mes aventures qui peuvent s’avérer utiles plus tôt qu’on ne le pense ;)

D’abord, il faut le trouver, cet appartement. Je ne sais pas comment nos grands’parents faisaient sans internet, mais je dois avouer qu’ils étaient probablement forcés de refléchir peut-être un peu plus que moi… parce que moi, dès que j’ai trouvé un truc sur internet j’arrête de réfléchir. Un exemple? J’avais trouvé quelques numéros de téléphones d’appartements libres sur internet et on a passé, ma chère tante et moi, une journée interminable à visiter ces appartements (et d’autres rencontrés au passage) sans succès, et puis le lendemain, en discutant avec les serveurs du restau de l’hôtel, on a découvert qu’il existait un « annuaire » (en papier) de tous les appartements libres de Granbled… Mouais, l’intelligence se fait rare chez moi!

Munies de cet annuaire miraculeux qui indiquait quand même mieux à quel genre d’appartements on avait affaire, j’ai passé plusieurs heures au téléphone pour prendre des rendez-vous dans toute la ville et puis nous sommes reparties à l’aventure des visites… Là, je me suis vite rendue compte que j’avais oublié la copie de ma « credit history » américaine que j’avais eu l’intelligence de faire avant de partir… Vive FedEx.

Mais c’est quand on a trouvé la perle-à-96% que la réalité nous a donné une bonne baffe, d’autant plus que ma chère tante devait repartir pour Paris et que le lendemain était un dimanche! Je déteste les dimanche! Toute la journée, j’ai fait en voiture le tour de la ville dans tous les sens et au moins trois fois pour essayer de trouver une banque 1) qui avait un retireur d’argent à l’extérieur (parce qu’on était dimanche), 2) dont le retireur d’argent permettait d’utiliser la carte visa (ce qui semble rare dans Granbled), et 3), devant laquelle il y avait une place où je pouvais me garer (même illégalement) pendant quelques instants. Finalement, après de longues heures de recherches, j’ai réussi à me garer (illégalement) devant la perle rare et à retirer, en paniquant complètement, $1000.00 canadiens, dont $500 sur le compte de ma tante en France (je te rembourserai, promis) et $500 sur mon compte à Lafayette. Impossible de retirer plus, surtout que les gens qui faisaient la queue derrière moi commençaient à s’énerver (j’avais essayé toutes mes autres cartes sans succès…).

Le truc, c’est que c’est impossible de retirer beaucoup de liquide à la fois et surtout d’un pays étranger. Par sécurité, ma banque bloque mes cartes quand elle voit des gros retraits ou des retraits de l’étranger, et même si les cartes ne sont pas bloquées, il y a toujours un maximum qu’on peut retirer par jour et un maximum que les automates peuvent donner. Et en plus, c’est que je ne savais plus combien je devais apporter pour pouvoir signer mon contrat, mais je pensais que c’était au moins $1800!

Heureusement qu’une soirée sympa avec Nat a mis un peu de baume sur mon coeur parce que là je commençais sérieusement à paniquer!

Lundi matin, l’empereur, sa femme et le p’tit prince je suis repartie à la chasse aux sous. D’abord, j’ai téléphoné à la BNP de Granbled pour voir s’ils pouvaient m’aider mais non. Ensuite, j’ai réalisé que je ne pouvais pas apporter de liquide mais qu’il fallait que je change mon liquide en « certified check » dans une banque ou dans une poste… Et enfin, il me manquait toujours une certaine quantité de sous…

Je suis donc d’abord allée à une banque où j’ai passé une heure pour ouvrir un compte, puisque je voulais en avoir un pour y déposer mon premier salaire fin août et en plus la banque pouvait me faire un « certified check. » Pour ouvrir un compte, il me fallait une preuve d’adresse, mais je ne pouvais avoir la preuve d’adresse qu’une fois le contrat d’appartement signé (et donc payé avec le certified check que je ne pouvais avoir qu’avec un compte ouvert). Finalement, la banque a bien voulu m’ouvrir un compte (mais sans me donner aucune carte de retrait d’argent) et j’y ai mis les $1000 trouvés le jour d’avant (et à ce moment-là, je n’arrivais toujours pas à retirer un sou sur aucune carte banquaire…)… (J’ai mon propre compte en France mais j’avais oublié le code de la carte et ma tante avait promis de me téléphoner pour me le donner mais j’avais dû partir avant qu’elle puisse téléphoner…)

Je suis ensuite partie pour un rendez-vous à l’autre bout de la ville dans un immeuble où j’avais laissé un « déposit » de $40 pour un appartement que j’aimais bien (avec une piscine) pour les récupérer puisque je ne voulais finalement plus de l’appartement… et puis je suis passée dans une autre banque à mon retour et comme ça faisait enfin plus de 24 heures que j’avais pris de l’argent sur mon compte, ma banque m’a laissé prendre $500 de plus! Ouf! Mais c’est tout, plus rien d’autre ne marchait.

Je suis retournée à la banque où j’avais ouvert mon compte le matin et j’y ai déposé les $500 avec $150 de plus que ma chère tante m’avait laissés en partant… et j’ai tout de suite retiré $1600 du compte (il fallait au moins y laisser $50 pour le garder ouvert) pour en faire un certified check (qui me coûtait $6 et heureusement que j’avais été chercher les $40 de « deposit » qui m’ont permis de payer ça et l’essence du retour). Munie de mon certified check de $1600.00, je suis allée voir la madame de mon contrat d’appartement, prête à fondre en larmes ou à payer de mon sang s’il le fallait puisque je pensais ne toujours pas avoir assez d’argent.

Et là, la madame a rigolé. Il me fallait exactement $1599.00!

Après, je n’avais plus un sou pour payer l’autoroute à mon arrivée aux Etats Unis le lendemain mais c’est une autre histoire ;)

PS. Je me sens limite mafieuse d’avoir des comptes en banques dans quatre pays différents, huhuh…