ven 30 juin 2006
Archives de juin 2006
jeu 29 juin 2006
Je déteste les adieux, d’autant plus que je suis une amie horrible et que j’ai beaucoup de mal à garder le contact avec les gens que je ne vois pas régulièrement. Ma môman me disait toujours, quand j’étais jeune, que les amitiés, c’est comme les fleurs, faut les arroser souvent sinon ça crève. Hummm… Je n’ose même pas essayer d’imaginer à combien d’ami(e)s je n’ai pas écrit depuis longtemps, à combien de personne je n’ai jamais répondu, et combien de gens croient que je les ai oubliés… Alors que pas du tout, je n’oublie personne, je suis juste anti-… anti…. anti-amitiés-à-longues-distances, mais ça ne veut pas dire que je n’aime plus ces gens. Merde, je suis nulle!
Tout ça pour dire que là, je me prépare encore une fois à laisser tomber pas mal de gens que j’aime beaucoup. Bon d’accord, deux des personnes à qui je tenais le plus, Chris et Xiaoye, sont déjà partis donc là on ne peut pas dire que c’est de ma faute. Mais quitter Gigi, ce soir, c’était vraiment difficile, et quitter Margie, dans quelques semaines, ça ne sera pas non plus facile. Hier j’ai dit adieu à Bud (de son vrai nom Irwin Weiser mais tout le monde l’appelle Bud, c’est le grand chef adoré du département d’anglais) et à Laurel aussi. Et puis ce soir, j’ai dit adieu à Krysten, Yufeng, Yuanyuan, Tarez, Margaret, Jennifer, et tant d’autres… A chaque fois on se disait « we’ll keep in touch, OK? » mais on savait bien qu’on ne le ferait pas…
Quand j’ai quitté la Suisse, j’ai organisé une très grande fête avec tous mes amis et ma famille. Je me souviens des grèves des transports en France qui avaient faillit empêcher une bonne partie de ma famille d’y assister, de la mayonnaise qui avait tourné, de la musique jouée par mes frangins, du concours que j’avais organisé, de tous ces gens que j’aimais, réunis sous le même toit…
Quand j’ai quitté l’Utah, j’ai aussi organisé une très grande fête. Je me souviens de mon journal où tout le monde avait écrit des recettes à base de maïs, des heures que j’avais passées à couper des fleurs pour les jolis petits vases que j’avais achetés, des petites voitures de course que j’avais mises sur les tables (à cause des courses automobiles d’Indianapolis), des plats de tous les pays apportés par mes élèves, profs, amis…
Je n’aime pas les fêtes avec plein de monde, sauf quand c’est moi qui les organise
Cette fois, je n’ai rien organisé du tout. Ce soir, une grande fête a été organisée pour le départ de la préférée des élèves du département, Gigi, et ça m’a suffit, sauf qu’il me manquait plein d’amis à moi. Ces prochains jours, je vais essayer de voir tout le monde une dernière fois (et à chaque fois raconter la même histoire: mon boulot, Granbled, mon appartement, mes joies, mes peurs…)… Demain à midi, je mange avec Mark, et vendredi soir avec Shuozhao et Mingyan, et puis j’espère voir Karen et Nancy et peut-être Scott, s’il n’est pas déjà parti, et puis Margie et Tony, bien sûr. Ils vont tous me manquer, ces gens qui m’ont réconfortée, qui m’ont fait rire, qui m’ont encouragée à bosser dur, qui m’ont donné plein d’idées, qui m’ont inspirée, que j’ai admirés, et qui ont enrichi ma vie de manière incroyable!
Je me sens juste un peu vide, ce soir, comme si un bout de moi me manquait déjà. Alors j’essaye de me rappeler que je vais faire plein de nouvelles rencontres de gens très chouettes aussi, bientôt, et je me réjouis.
mar 27 juin 2006
Qu’est-ce que ça veut dire, prendre le temps de respirer et de penser à sa vie? Quand prend-on le temps de faire les bons choix? Comment sait-on qu’on ne fait pas des erreurs à chaque pas? Et pourquoi ne peut-on pas arrêter le temps, juste le temps de se dire « attends, je fais quoi, exactement, là? »?
Je parlais de ça avec mon père l’autre jour. Une chère amie de la famille est en train de passer par des moment très difficiles, le genre de chose qui fait qu’on a soudain le besoin de réfléchir à sa propre vie pour voir un peu « comment ça va par ici? »
Et puis ça fiche les boules, en fait, même si on n’ose pas trop l’avouer, parce qu’on se demande si ça va nous tomber dessus un jour aussi… De regarder sa vie et de se dire « merde, ce truc m’est arrivé il y a 20 ans et je n’ai jamais eu le temps d’y penser, de m’en remettre, de prendre les bonnes décisions, de bien résoudre le problème, et soudain, les vieux démons se réveillent et ça fait mal! »
C’est comme avec les trunamis, les tremblements de terre, les attaques terroristes: on est horrifié, on fait un petit geste, et puis on oublie parce qu’il y a un nouvel accident, tremblement de terre, problème dans notre vie, événement heureux, thèse à écrire, machin urgent…
Alors comment on fait pour s’arrêter et refléchir une minute? Comment on fait pour résoudre les problèmes qui s’offrent à nous quand on n’a tout simplement pas le temps de les résoudre et que la vie nous force à continuer? Comment on fait pour prendre une vraie bonne décision quand il s’agit de son futur mais qu’on n’a qu’une semaine pour se décider et pratiquement aucun élément qui nous dirigerait dans la bonne direction? Où est-ce qu’on trouve le temps de se remettre de sérieux traumatismes qui vont nous ficher le reste de notre vie en l’air parce que la vie va trop vite et que de nouveaux soucis s’accumulent déjà avant qu’on ait même une minute pour y penser tranquillement?
On dit qu’il faut « prendre le temps de vivre » mais il est où le temps? Je pose mon oreille sur le ventre de Calinette qui ronronne à nouveau, je ne fais que de l’écouter et sentir son bien-être. Une demi minute. J’écoute la pluie tomber sur mon toit et le chant des oiseaux le matin. Une demi minute. Après ça, je me rappelle que je dois aller faire ceci, que j’ai oublié de faire cela, que je dois appeler untel d’urgence… Vivre ma vie une demi minute par jour à la fois, c’est quand même un échec, non? Et ce n’est pas le ronronnement de Calinette ni le chant des oiseaux qui m’a permis de penser à moi, de regarder ce que je suis devenue, et de penser vraiment à tous ces choix que je fais tous les jours et qui à chaque instant changent le cours de ma vie…
Oui, ça me fiche les boules de me dire que dans moins d’un mois j’aurai quitté les Etats Unis pour de bon alors que c’est mon pays depuis plus de dix ans, et je ne sais même pas si c’est la bonne décision. Ca m’attriste de retrouver des vieux journaux et des vieilles lettres et photos d’amis et d’amours et de penser que j’ai peut-être dit des choses que je n’aurais pas dû dire, fait des erreurs, pris des mauvaises décisions « à l’époque. » Ca me glace le sang de me dire que ma grand’mère ne va pas bien et qu’il y a plus de dix ans de ça, j’ai pris la décision égoïste d’abandonner ma famille et de ne plus être là pour eux quand ils en auraient besoin. Et ça me petrifie de peur de me dire que dans deux ans, cinq ans, dix ans, si je trouve une demi minute pour regarder en arrière, je me dirai peut-être « mais qu’est-ce que t’as fais de ta vie, pauvre idiote? »
lun 26 juin 2006
… annonce un pas si brillant réveil…
Non, je n’ai même pas bû et je m’en fiche que la Suisse ne soit pas qualifiée pour les huitièmes de final du grand zoo mondial… mais j’ai une migraine d’enfer depuis trois jours et ça commence à me fatiguer, alors je vous raconter une blague qui a quand même réussi à me faire bien rire et que j’ai trouvée ici et puis je vais me soûler, peut-être que ça aidera…
C’est juste avant le match Brésil-France 2006. Ronaldinho arrive dans le vestiaire et trouve tous les brésiliens en train de tirer la gueule.
« Qu’est-ce qui se passe ? » Il leur demande.
« Ben, on a de la peine à être motivé pour ce match. On sait que c’est important, mais c’est seulement la France , ils sont vraiment trop nuls et on a pas du tout envie de jouer contre des gens qui jouent avec le col en haut. »
Ronaldinho les regarde et leur dit « OK, je suppose que je peux les battre seul, ne vous inquiétez pas allez boire tranquillement une bibine au pub pendant ce temps. »
Ronaldinho sort donc seul affronter Zizou et ses cocoricos pendant que les brésiliens vont se « désalterer » au pub.
Après quelques bières, ils se demandent quel peut bien être le score du match et ils demandent au patron de leur mettre le TéléText. Un grand cri de joie de tous les joueurs en voyant l’écran:
« Brésil 1 – France 0 (Ronaldinho 10′ minutes) ».
Il bat les gaulois tout seul !
Plusieurs tournées plus tard, le match est oublié jusqu’à ce qu’un joueur le rappele aux autres, « Ca doit être fini maintenant, allons voir ce que fait Roni. »
Ils rallument la télé.
« Resultats final du match ‘Brésil 1 (Ronaldinho 10′ minutes) – France 1 (Henry 89′ minutes). »
Ils n’en croient pas leurs yeux. Il a réussi à faire match nul tout seul.
Quel talent.
Ils retournent au stade féliciter Ronaldinho. Ils le trouvent dans le vestiaire, toujours pas douché, en train de se tenir les mains entre sa tête.
Il refuse de se relever, « je vous ai abandonné…, je vous ai laché . »
« Arrête tes conneries. T’as réussi un match nul tout seul.
Et ils ont marqué seulement à la toute dernière minute! »
« Non, non, je vous ai abondonné …
J’ai été expulsé après 12 minutes. »
Et vous, vous en n’auriez pas aussi quelques unes, de blagues, à me raconter? Mêmes les pas rigolotes sont les bienvenues, hein, parce que là, je suis prête à aller me mettre la tête dans le four…
dim 25 juin 2006
Granbled n’est pas une ville facile à photographier à cause de la circulation. Je peux conduire et prendre des photos en même temps à Chicago ou à Saint Louis sans problème, mais là, c’était plus difficile parce que je ne peux prédire qu’une seule chose en ce qui concerne les conducteurs et les piétons de Granbled: ils font n’importe quoi et quand on s’y attend le moins! Alors bon, je préférais ne pas commencer ma vie au Canada en testant la gentillesse de la police et des assurances. Heureusement, il y avait les embouteillages et les feux rouges qui me permettaient de m’arrêter de temps en temps. Voici donc quelques photos prises au hasard des aléas de la circulation granblédoise (cliquez sur la photo pour voir l’album, et ensuite cliquez sur « start slideshow »).
PS. Tant qu’on y est, j’en profite pour publier quelques photos de mes copains, aussi
PPS. Quelqu’un peut-il m’expliquer pourquoi on a déjà des feux d’artifices jour et nuit depuis vendredi alors qu’on n’est même pas le 4 juillet??? Entre ça, les tornades, et le stress du déménagement, c’est facile de dormir, tiens!
sam 24 juin 2006
Puisque je n’arrive décidemment pas à poster mon album de photos de Granbled (mais je pense que demain ça devrait marcher), je profite de cette minute de répit entre les articles et les cartons pour partager un petit moment de bonheur surprenant mais délicieux: le risotto aux pommes. Ne partez pas en courant, c’est aussi bon et aussi facile à faire que du riz au lait (et c’est pratique pour ceux qui ne mangent pas de produits laitiers) et en plus c’est très joli. Et merci à Llyn pour le superbe livre sur le risotto qui contient cette recette.
Il faut des pommes, du risotto, des amendes effilées, du sucre, et du jus de pomme. La recette dit une demi pomme mais moi je dis deux, pour 4 à 6 personnes. Des bonnes pommes à cuire, et si vous êtes comme moi et que vous mangez la moitié de ce que vous cuisinez pendant que vous faites la cuisine, prévoyez trois pommes
La recette dit aussi que ça se sert avec des figues fraîches, mais il y a peu de fruits auxquels je suis plus allergique donc je n’en ai pas mis.
D’abord, faites revenir rapidement les amendes effilées dans une poêle (sans beurre ni rien) jusqu’à ce qu’elles soient dorées. Réservez.
Epluchez-les et coupez les pommes en petits cubes que vous allez faire revenir doucement avec du beurre dans une poêle pendant 10 minutes. Ohhh que ça sent bon! Pendant ce temps-là, faite chauffer doucement environ 1 litre (ou plus, ça dépend de comment vous aimez votre riz) de jus de pomme (avec du sucre s’il n’est pas très sucré ou coupé avec de l’eau s’il l’est trop).

Retirez les pommes de la poêle en y laissant le beurre et versez-y le risotto (1 cup pour 4-6 personnes, moi j’en mets 1/2 cup (un demi verre) et ça me suffit largement), que vous allez faire revenir dans le beurre pendant quelques minutes jusqu’à ce qu’il soit transparent. Ensuite, versez petit-à-petit le jus de pomme sur le riz, une louche à la fois, et faites cuire en rajoutant du jus de pomme à chaque fois qu’il est absorbé et en tournant très souvent le riz, jusqu’à ce qu’il soit assez cuit à votre goût (30-40 minutes pour moi). Environ 10 minutes avant la fin de la cuisson, rajoutez les pommes.

Quand tout est bien cuit, mettez le riz dans des petits bols individuels et parsemez avec le parmesan les amendes effilées, (puis décorez avec des figues fraîches coupées en deux) et servez tout de suite! Miam! Attention, c’est un peu bourratif, donc un petit ramequin par personne est plus que suffisant pour un délicieux dessert!

Quand j’étais petite jeune, ma môman nous faisait des gratins de millet aux pommes. J’adorais ça. Et en cuisant ce riz, je me suis soudain souvenue de ce plat de mon enfance et j’ai retrouvé cette odeur divine de pommes, de beurre, et de céréales… Mmmmmmm… exquis!
Guten Appetit a tutti!
PS. Demain c’est l’anniversaire de jojo (et pas n’importe quel anniversaire en plus!), alors tous en coeur: haaaappy birthday jojo et gros bisous
(t’inquiètes pas, ça fait mal sur le moment mais ensuite ça passe, huhuh)…
PPS. Allez aussi féliciter Madame Heidi qui se mariiiiiiiie!!! Tous mes voeux de bonheur Madâme
PPPPPPPPS. Je peux pas résister: allez les suisses, allééééé, allez les suisses, allééééééééééé!!!!! Bon d’accord, j’arrête, sinon je vais perdre tous mes lecteurs
jeu 22 juin 2006
Je sais, ça ne vous arrivera peut-être pas demain, mais on ne sait jamais quand vous pourrez avoir besoin de signer un contrat pour un nouvel appartement dans un pays étranger… Alors je vous fais part ici de mes aventures qui peuvent s’avérer utiles plus tôt qu’on ne le pense
D’abord, il faut le trouver, cet appartement. Je ne sais pas comment nos grands’parents faisaient sans internet, mais je dois avouer qu’ils étaient probablement forcés de refléchir peut-être un peu plus que moi… parce que moi, dès que j’ai trouvé un truc sur internet j’arrête de réfléchir. Un exemple? J’avais trouvé quelques numéros de téléphones d’appartements libres sur internet et on a passé, ma chère tante et moi, une journée interminable à visiter ces appartements (et d’autres rencontrés au passage) sans succès, et puis le lendemain, en discutant avec les serveurs du restau de l’hôtel, on a découvert qu’il existait un « annuaire » (en papier) de tous les appartements libres de Granbled… Mouais, l’intelligence se fait rare chez moi!
Munies de cet annuaire miraculeux qui indiquait quand même mieux à quel genre d’appartements on avait affaire, j’ai passé plusieurs heures au téléphone pour prendre des rendez-vous dans toute la ville et puis nous sommes reparties à l’aventure des visites… Là, je me suis vite rendue compte que j’avais oublié la copie de ma « credit history » américaine que j’avais eu l’intelligence de faire avant de partir… Vive FedEx.
Mais c’est quand on a trouvé la perle-à-96% que la réalité nous a donné une bonne baffe, d’autant plus que ma chère tante devait repartir pour Paris et que le lendemain était un dimanche! Je déteste les dimanche! Toute la journée, j’ai fait en voiture le tour de la ville dans tous les sens et au moins trois fois pour essayer de trouver une banque 1) qui avait un retireur d’argent à l’extérieur (parce qu’on était dimanche), 2) dont le retireur d’argent permettait d’utiliser la carte visa (ce qui semble rare dans Granbled), et 3), devant laquelle il y avait une place où je pouvais me garer (même illégalement) pendant quelques instants. Finalement, après de longues heures de recherches, j’ai réussi à me garer (illégalement) devant la perle rare et à retirer, en paniquant complètement, $1000.00 canadiens, dont $500 sur le compte de ma tante en France (je te rembourserai, promis) et $500 sur mon compte à Lafayette. Impossible de retirer plus, surtout que les gens qui faisaient la queue derrière moi commençaient à s’énerver (j’avais essayé toutes mes autres cartes sans succès…).
Le truc, c’est que c’est impossible de retirer beaucoup de liquide à la fois et surtout d’un pays étranger. Par sécurité, ma banque bloque mes cartes quand elle voit des gros retraits ou des retraits de l’étranger, et même si les cartes ne sont pas bloquées, il y a toujours un maximum qu’on peut retirer par jour et un maximum que les automates peuvent donner. Et en plus, c’est que je ne savais plus combien je devais apporter pour pouvoir signer mon contrat, mais je pensais que c’était au moins $1800!
Heureusement qu’une soirée sympa avec Nat a mis un peu de baume sur mon coeur parce que là je commençais sérieusement à paniquer!
Lundi matin, l’empereur, sa femme et le p’tit prince je suis repartie à la chasse aux sous. D’abord, j’ai téléphoné à la BNP de Granbled pour voir s’ils pouvaient m’aider mais non. Ensuite, j’ai réalisé que je ne pouvais pas apporter de liquide mais qu’il fallait que je change mon liquide en « certified check » dans une banque ou dans une poste… Et enfin, il me manquait toujours une certaine quantité de sous…
Je suis donc d’abord allée à une banque où j’ai passé une heure pour ouvrir un compte, puisque je voulais en avoir un pour y déposer mon premier salaire fin août et en plus la banque pouvait me faire un « certified check. » Pour ouvrir un compte, il me fallait une preuve d’adresse, mais je ne pouvais avoir la preuve d’adresse qu’une fois le contrat d’appartement signé (et donc payé avec le certified check que je ne pouvais avoir qu’avec un compte ouvert). Finalement, la banque a bien voulu m’ouvrir un compte (mais sans me donner aucune carte de retrait d’argent) et j’y ai mis les $1000 trouvés le jour d’avant (et à ce moment-là, je n’arrivais toujours pas à retirer un sou sur aucune carte banquaire…)… (J’ai mon propre compte en France mais j’avais oublié le code de la carte et ma tante avait promis de me téléphoner pour me le donner mais j’avais dû partir avant qu’elle puisse téléphoner…)
Je suis ensuite partie pour un rendez-vous à l’autre bout de la ville dans un immeuble où j’avais laissé un « déposit » de $40 pour un appartement que j’aimais bien (avec une piscine) pour les récupérer puisque je ne voulais finalement plus de l’appartement… et puis je suis passée dans une autre banque à mon retour et comme ça faisait enfin plus de 24 heures que j’avais pris de l’argent sur mon compte, ma banque m’a laissé prendre $500 de plus! Ouf! Mais c’est tout, plus rien d’autre ne marchait.
Je suis retournée à la banque où j’avais ouvert mon compte le matin et j’y ai déposé les $500 avec $150 de plus que ma chère tante m’avait laissés en partant… et j’ai tout de suite retiré $1600 du compte (il fallait au moins y laisser $50 pour le garder ouvert) pour en faire un certified check (qui me coûtait $6 et heureusement que j’avais été chercher les $40 de « deposit » qui m’ont permis de payer ça et l’essence du retour). Munie de mon certified check de $1600.00, je suis allée voir la madame de mon contrat d’appartement, prête à fondre en larmes ou à payer de mon sang s’il le fallait puisque je pensais ne toujours pas avoir assez d’argent.
Et là, la madame a rigolé. Il me fallait exactement $1599.00!
Après, je n’avais plus un sou pour payer l’autoroute à mon arrivée aux Etats Unis le lendemain mais c’est une autre histoire
PS. Je me sens limite mafieuse d’avoir des comptes en banques dans quatre pays différents, huhuh…
mer 21 juin 2006
Je profite de ce que j’arrive à aller sur mon blog pendant 2 minutes pour essayer de poster une petite note… Ce n’est pas mon blog mais mon serveur qui est mal fichu et je fais tout ce que je peux pour que ça remarche bientôt (et mieux qu’avant).
A part ça, je suis bien rentrée de Granbled et vais enfin avoir un peu de temps pour répondre à vos emails, vous envoyer des cartes postales pour le dernier jeux, répondre à vos gentils commentaires, et … dormir
Merci mille fois pour vos encouragements et conseils, ils m’ont été très précieux même si je n’arrivais pas toujours à y répondre (mauvaise connection à l’hôtel aussi). Je vais enfin avoir quelques jours pour moi en cette fin de semaine et ça me permettra de réfléchir à tête reposée à tout ce que j’ai fait et vu et à tout ce que je dois faire dans les quelques semaines qui arrivent à grand pas… Et si j’arrive à reposter par ici, je mettrai des photos de mes derniers voyages!!
Bises à toutes et à tous et encore merci pour tout
A très très bientôt j’espère!
mar 20 juin 2006
I. Trucs à payer régulièrement:
- impôts
- loyer(s)
- essence
- bouffe
- bouffe pour les chats
- assurance pour la voiture
- assurance pour l’appartement
- téléphone
- internet
- eau
- électricité
- cartes de crédit
- vétérinaire
- etc.
II. Trucs à trouver:
- médecin
- dentiste
- ikéa
- whole foods
- magasins de trucs pour les chatounes
- téléphone/internet provider
- assurance pour la voiture
- garagiste pour les modifications de la voiture
- etc.
III. Trucs à payer cet été:
- frais d’immigration
- nettoyage de l’appartement (moquette, etc.) (US)
- premier et dernier mois de loyer (Canada)
- vaccins et certificats des chats
- deux allés-retours US-Canada
- déménageurs
- taxes d’importation de la voiture
- modifications de la voiture
- clés d’accès à la gym + parking, etc.
- frais professionels
- etc.
IV Trucs à acheter:
- lit
- petit bureau pour la chambre
- armoire à fringues
- file cabinet pour tous les papiers
- grand sofa?
- table basse de salon
- lit gonflable pour les visiteurs
- etc.
Qu’oublie-je?
lun 19 juin 2006
- Miam, il y a de vraies olives ici, pas ces bouts de carton noir comme aux Etats Unis! Et du vrai pain! Et des restaurants de tous les pays possibles… Par contre, les haricots verts sont malheureusement comme aux Etats Unis: servis 98% crus! Beurk!
- Ca veut dire quoi, les feux verts clignotants? Que ce n’est vert que d’un côté et qu’on peut donc tourner tranquillement à gauche?
- Pas facile de conduire dans une ville où il est interdit, la plupart du temps, de tourner à droite et à gauche… En plus, quand on peut tourner à droite il faut attendre que 200 000 piétons aient fini de traverser, et quand on peut tourner à gauche, il faut attendre que les 200 000 voitures venant d’en face aient fini de passer.
- J’aime pouvoir regarder la télé en français et écouter la radio en français dans la voiture, même si les programmes ne sont malheureusement pas toujours intéressants…
- Dans les restaurants, le service est plus relax qu’aux Etats Unis. Il n’y a pas un serveur qui vient vous casser les pieds toutes les deux minutes pour vous virer le plus vite possible. C’est agréable… même si c’est aussi un peu lent parfois…
- Bonjour les taxes!!! 15% minimum (plus 15% de pourboire par dessus) au lieu des 6% en Indiana. Un repas de $20 finit par coûter $26.45 au minimum. C’est l’angoisse!
- Sur l’autoroute, il y a des paneaux qui disent « la fatigue tue » ou « la vitesse tue, » ou encore « conduire trop près tue » et « conduire et boire tue. » J’ai cherché les paneaux qui disaient « conduire tue » ou « vivre tue » mais je ne les ai pas encore trouvés…
- Je commence à mieux comprendre pourquoi j’ai du mal à m’habituer à cette ville. Comme le disait Karibou dans un commentaire, cette ville, bien que plus petite que beaucoup de ville des Etats Unis, est beaucoup plus concentrée et européenne que ce dont j’ai l’habitude. Je pouvais me sentir à l’aise dans n’importe quelle ville inconnue des Etats Unis (Madison, Austin, Washington DC, etc.) mais c’est parce qu’elles sont toutes les mêmes: immense mais très étalées, très aérées, il n’y a pas de vrai centre ville, et surtout, les habitants de ces villes ne sont pas tous en train de marcher dans les rues (ou de conduire comme des malades) les uns sur les autres.
- Est-ce que les canadiens respectent les limites de vitesse? Et si ils ne les respectent pas, est-ce que la police est sévère? Jusqu’où est-ce qu’on peut dépasser la limite sans se payer un PV salé? Et est-ce que les amendes pour excès de vitesse se retrouvent sur l’assurance de la voiture comme aux Etats Unis?
- Pourquoi est-ce que la plupart des machines de distribution d’argent n’acceptent pas les cartes visa? Quand on doit trouver plus de $3000 d’un coup et qu’on n’a que deux cartes visa (dont une qui ne permet de retirer que $500 par jour), une American Express (dont on n’a jamais eu le code), et une MasterCard (dont on a oublié le code), c’est pas très pratique…
- La pub à la télé est tout aussi nulle qu’ailleurs, hehe! Un truc que je commence à remarquer c’est qu’il y a plusieurs produits qui sont les mêmes au Canada et aux Etats Unis mais sous un autre nom. Par exemple aux Etats Unis, il y a la pizza DiGiorno ( »it’s not delivery, it’s DiGiorno ») et au Canada, c’est la pizza Delissioso ( »it’s not delivery, it’s Delissioso »). Marrant.
- C’est difficile d’apprendre tous les nouveaux acronymes. Par exemple, j’entendais parler des LCBO tout le temps et je n’avais aucune idée de ce que ça pouvait être… C’est comme ça qu’on appelle les seuls magasins qui ont le droit de vendre de l’alcool, les liquor stores des Etats Unis.
- C’est bizarre, la ville est une grille typique des villes d’Amérique du Nord, mais les rues ne sont pas des numéros (first street, 100 north, etc.) mais des vrais noms, genre Bay, John, Bloor… Un peu pratique parce que tout est carré, mais pas pratique parce que c’est plus difficile de trouver les rues et les adresses!
Debleu, j’en ai des choses à apprendre
dim 18 juin 2006
J’ai vraiment cru qu’on y arriverait jamais. Les appartements qu’on a visités hier et aujourd’hui étaient parfois bien situés, parfois super moches, parfois avec une cuisine minable, parfois super vieux, parfois super grands, parfois super chers… mais jamais tout ce qu’il fallait à la fois. Hier, on a trouvé un appartement pas super grand mais sympa, loin du centre ville mais sur la ligne de métro, pas trop cher et avec un mall juste à côté et une piscine sur le toit… mais quand même petit et loin.
Aujourd’hui, on a trouvé un appartement super grand et lumineux (important, au Canada!), vraiment bien situé, mais vraiment cher, sans piscine, et dans un immeuble d’étudiants (= bruyant). Avec ces deux-là, j’ai bien cru qu’on ne trouverait pas mieux. En plus on était sur les rotules! J’étais prête à abandonner la partie. Je ne voulais plus sortir de la voiture pour voir un autre appartement moche et cher! Mes jambes étaient enflées et douloureuses, et ma tête était tellement confuse que je n’avais qu’une envie: prendre la prochaine bretelle d’autoroute et partir le plus vite possible retrouver mon petit champ de maïs confortable.
On avait encore trois appartements à visiter… quand on est tombé sur la presque-perle: un appartement au bord du lac, vraiment grand, lumineux, pas de balcon mais une « sunroom, » une vue à moitié sur l’autoroute mais l’autre moitié sur le lac, une grande cuisine ouverte sur le salon, et au vingtième étage donc calme malgré l’autoroute. Bon, il y avait de la moquette au lieu du parquet que j’aurais préféré (because poils de chats partout), et c’était un peu moins central que j’aurais voulu, mais il y avait une gym et un toit où on pouvait faire des BBQ, des gens sympas et seulement moyennement cher… C’était un appartement où je n’aurais pas honte d’inviter les autres membres du Département d’Anglais, où j’aurais la place d’inviter la famille et les amis, où je serais confortable pour les longues journées d’hiver, et surtout, où je retrouverais un peu la lumière jouant sur les vagues de mon bien-aimé Lac Léman.
Je l’ai pris. J’aurais sûrement pu trouver mieux mais en plus cher. Il n’y a pas de balcon mais c’est peut-être mieux pour des chatounes qui n’ont pas l’habitude des balcons, et dans la sunroom, il y un endroit parfait (une sorte de placard contre le mur qui contient la machine de l’air conditionné) devant la grande fenêtre qui s’ouvre en grand et où les chatounes pourront s’installer très confortablement pour y regarder passer les bâteaux et les voitures au soleil. Quant à moi, j’aurai une grande chambre lumineuse et une cuisine où je pourrai passer des heures et…. ce soir, je peux enfin me reposer alors que ma pauvre tata reprend l’avion pour Paris.
Il ne me reste plus qu’a faire du tourisme demain (et à rencontrer Nat), et à me débrouiller lundi pour trouver tous les papiers nécessaires (j’en ai oublié la moitié en Indiana) et l’argent, aussi (c’est quoi ce bled où on n’accepte pas la carte visa??), pour finaliser l’acquisition de ce bel appartement. Ouéééééééééé
Pfiouuuuu…. merci pour vos encouragements, décidemment, avec des amis comme ça dans tous les coins du monde, je ne peux qu’y arriver, vous avez raison, faut que j’arrête de me faire du soucis!
Bisous, et dodo
sam 17 juin 2006
Quand je suis allée en voyage en Scandinavie, la vie était belle: je comprenais environ un tiers des mots en suédois, norvégien, et danois, surtout les mots comme banque, centre ville, gare… Quand je suis arrivée en Finlande, j’ai eu le plus gros choc de ma vie: soudainement, mon anglais, mon allemand, mon français, et mon espagnol ne suffisaient plus à ma survie et j’étais perdue, je n’étais plus rien, je ne comprenais plus rien, je n’avais plus aucune bouée de sauvetage.
Depuis que je suis arrivée à Granbled, c’est la même chose. Mes tactiques de survie d’expatriée aux Etats Unis ne m’aident plus, ma connaissance de l’anglais ne sert plus à grand’chose, toute la culture accumulée pendant les dix dernières années est inutile, je suis perdue, ma compréhension du monde a été débranchée, et je n’arrive plus à retrouver de liens vers ma réalité. Cette ville est trop grande, trop folle, trop bruyante, trop compliquée, trop remplie de gens partout… J’ai l’impression d’être une championne de tir à l’arc en train de faire une descente de slalom géant les yeux bandés. Et avec un seul bâton!
Le mot « peur » n’est pas assez pour décrire ce que j’ai ressenti toute la journée aujourd’hui. On a visité des tas et des tas d’appartement dans lesquels je ne pouvais pas imaginer vivre, on a tourné en rond dans une ville dans laquelle je ne reconnais rien, et on a vu des centaines de gens avec qui je n’ai rien en commun.
Est-ce qu’un jour j’arriverai à apprendre plus que yksi, kaksi, et kolme en finois? Est-ce que j’ai fait une erreur quelque part??
ven 16 juin 2006
Huit heures de voyage pour faire Ann Arbor – Granbled! Bon d’accord, on s’est arrêtées environ une heure pour faire la demande de permis (reçu, huhuh) et une heure pour manger un très bon petit repas, et on a ensuite trainé dans la ville (qui est quand même assez grande) en arrivant pour se rendre compte de ce à quoi il faut que je m’attende. C’EST GRAND! IMMENSE! Y’a plein d’embouteillages, de travaux, de rues à sens uniques, de voitures parquées en double file, de bruit, de quartiers glauques, de noms de rues impossibles à lire, et surtout, c’est plein, plein, plein de gens! Je peux vous dire que la transition champ de maïs – Granbled va être vraiment difficile! Vraiment!
L’immigration s’est facilement passée, finalement. A la frontière, on est allées discuter avec une gentille dame qui a regardé tous mes papiers, lu mon contrat, mon passeport, et la première partie de mon permis avec attention, qui m’a posé plein de questions, qui a écrit tout plein de trucs dans son ordinateur et sur plein de papiers… Et qui m’a demandé de payer $150 (dollars américains, merci tata) avant de me coller un joli permis de travail dans mon passeport! C’est tout, c’est fait, j’ai mon permis! On a eu une petite frousse de dernière minute quand les douaniers m’ont demandé la liste de toutes les affaires que j’importais avec moi au Canada… et comme je n’ai pas commencé à faire les cartons, je n’avais aucune idée de rien… mais finalement ils ont laissé tomber et je dois apporter la liste avec moi quand j’aurai envoyé mes affaires dans le camion de déménagement.
A part ça, les gens conduisent vraiment comme des malades, ici. C’est la toute première chose que j’ai remarquée en arrivant au Canada. La limite de vitesse sur l’autoroute est de 100 kil/heure (il va falloir que je me réhabitue à ça et je ne pourrai plus utiliser mon compteur sur la voiture), ce qui est vraiment lent et pénible, mais peu de gens la respectent (il va falloir que j’apprenent à reconnaître les voitures de flics et les radars), mais ce qui est vraiment le pire c’est la façon de conduire des gens. Vraiment, vraiment dangereuse… un peu comme à Paris mais en pire, parce qu’à Paris je m’y attends mais pas ici.
Les points positifs déjà remarqués sont: la bouffe qui est en général de meilleure qualité qu’aux Etats Unis, la radio et la télé en français, il n’y a aucun petits croisillons autocollants patriotiques sur les voitures (God save America, support our troups, etc.), moins de macdos, moins de drapeaux partout, il y a des bistots avec des terrasses, et plein d’autres choses que je continuerai à noter au fur et à mesure. Je sais qu’il y aura plein de bonnes choses… mais à vrai dire, là, ce soir, je crève de trouille de me dire que je vais devoir habiter dans une si grande ville. J’imagine que je m’y habituerai…
Demain, la chasse à l’appartement commence (enfin, on a déjà commencé un peu ce soir mais on est nazes). Vu la circulation et la taille de la ville, je vais vraiment essayer de trouver un truc tout proche de mon université! Scrogneugneu!
A demain pour la suite des aventures des deux docteurs à Granbled, la plus grande ville du Canada (pour ceux qui n’auraient pas encore deviné
).
jeu 15 juin 2006
Le temps me manque pour tout raconter dans les détails, il faut déjà que je fasse mes valises pour partir quelques jours à Granbled trouver un appartement! La maison est sans dessus-dessous, on n’a pas l’habitude de s’y entasser à 5 et demi (trois filles, 1/2 piti garçon, et deux chatounes)! Mais les souvenirs de ces derniers trois jours seront innoubliables et je pense que peu de thésardes on été autant gâtées et entourées et encouragées par la famille et les amis du monde entier que je l’ai été. Il n’y avait même pas assez de place dans la « salle de conférences » pour que tous mes amis puissent m’écouter radoter sur ma thèse! Heureusement que la place sur mon blog ne manque pas
Je quitte donc mon champ de maïs pour quelques jours… mais j’ai bien l’intention d’emporter mon ordinateur avec moi à Granbled et de continuer à papoter sur ces pages! Et puis j’espère arriver à recevoir mon permi de travail lors de mon passage à la douane vers le Canada! Et à trouver un appartement (avec un balcon pour les chatounes)!
Dès mon retour, je répondrai à tous les gentils messages et emails que j’ai reçus ces derniers jours et j’enverrai des tas de cartes postales pour mon dernier concours. Et si quelqu’un veut une carte de Granbled, qu’il/elle le fasse savoir.
Voili voilà, mes valises m’attendent et la smala est en train de « ranger » la baraque donc il vaut mieux que j’aille y jeter un oeil, sinon je ne retrouverai plus jamais rien! Encore mille fois merci à toutes et à tous pour vos gentils messages et encouragements
Et à tout bientôt à … Granbledronto
mar 13 juin 2006
Merci à tous pour tous les doigts croisés et tous les merdes envoyés
Tout s’est très bien passé et je suis maintenant endoctorisée et complètement archi super crevée! Ce soir c’est la nouba alors faut que je me repose.
A bientôt

PS. Merci à tous ceux qui m’ont envoyé des gentilles cartes postales et lettres.
PPS. J’ai reçu hier le début de mon permi de travail pour le Canada, y’a de l’espoir!
PPPS. Je serai à Granbled le 15 au soir… si quelqu’un veut m’y rencontrer c’est le moment de m’écrire un email.

mar 13 juin 2006
mar 13 juin 2006
has finally arrived!
lun 12 juin 2006
Ce matin, je suis allée dans un restaurant pour y rencontrer quelques amis de passage à Lafayette pour une conférence.
On était trois ou quatre assis dans l’entrée du restaurant en train d’attendre les autres quand soudain Art s’est précipité vers la porte, mais trop tard. Un vieux monsieur avait essayé d’entrer dans le restaurant et avait perdu l’équilibre. Sa femme, pas non plus dans sa première jeunesse, était derrière lui et avait essayé de le retenir de tomber mais tous les deux étaient tombés, et lui sur elle. Il avait les cheveux blancs et une petite barbichette blanche. Elle était habillée de bleu et portait des lunettes. Chics tous les deux. Probablement des professeurs de Purdue à la retraite, levés tôt un dimanche matin pour un petit déjeuner en amoureux dans le seul restaurant du quartier ouvert à cette heure. Probablement des grands’parents adorables.
Lui a visiblement réussi à se relever, mais pas elle. Quelques temps après, une ambulence est arrivée et les ont probablement conduits dans un hôpital. Nous, nous sommes allés nous asseoir avec les derniers arrivants de notre groupe et avons essayé de passer un moment agréable ensemble en oubliant ces images.
Moi, j’avais la gorge serrée. J’imaginais ma mamie avec ses genoux fatigués essayant d’empêcher mon papi et son mauvais équilibre de tomber en montant dans un bus
ou en poussant cette horrible porte si lourde pour rentrer chez eux. J’imaginais les passants s’arrêtant pour regarder ce qui se passait et puis continuant leur vie en oubliant cet « incident. »
Je n’ai pas peur de mourir, en ce qui me concerne. Mais j’ai peur tous les jours, à chaque instant de ma vie, que quelque chose arrive aux gens que j’aime. Que mes parents soient confortablement installés devant la télé dans leur salon ou en vadrouille à l’autre bout du monde, que mes grands’parents soient à Paris ou aux Combes, que mes frangin et frangines soient tranquillement chez eux ou en train de faire les zouaves avec les copains, où que soient tous ceux que j’aime, dès que je les quitte des yeux j’ai du mal à respirer.
Alors je retiens ma respiration jusqu’à ce que je les revois et que je sache que tout va bien. Dans mon coeur, bien caché, je fais toujours une prière pour que les mauvais conducteurs, les cigarettes mal éteintes, les bateaux troués, les avions détournés, les marches de métro trop hautes, et les portes de restaurants trop lourdes restent le plus longtemps possible le plus loin possible de tous ces gens que j’aime et qu’ils soient toujours protégés. Et je retiens ma respiration…
dim 11 juin 2006
y’en a vraiment qui s’fichent de ma p’tite gueule!
Ecrit par miss lulu dans hautes études and n'importe quoiAlors qu’il m’a fallu deux ans pour enfin terminer ma thèse, ce crétin de petit questionnaire débile auquel j’ai répondu pour me reposer l’esprit me répond que je devrais faire des études pour recevoir un doctorat en j’sais-pas-trop-comment-on-dit-en-français parce que je suis une grande penseuse (c’est vrai, je pense beaucoup à la glace au caramel) et une vraie philosophe (ma philosophie de la vie: eat, sleep, and spend money), et que je serais une professeure ou écrivaine talentueuse (ah ben ça c’est vrai, pour écrire des bêtises je suis la reine)!
NON MAIS CA VA PAS ZE HEAD?!!!!
Un doctorat ça me suffit, merci!
You Should Get a PhD in Liberal Arts (like political science, literature, or philosophy) |
![]() You’re a great thinker and a true philosopher. You’d make a talented professor or writer. |
PS. Demain, quand j’aurai fait la vaisselle, rangé la baraque, fait la lessive, fait les courses, fait à manger pour la smala qui débarque, et bossé sur ma présentation pour mardi, je posterai les photos de mon voyage
sam 10 juin 2006
Snif, c’est déjà presque fini ces petits jeux à la noix! Allez, un dernier petit effort si vous n’avez pas encore trouvé où je suis, parce que là c’est vraiment pas difficile
Les règles sont les mêmes qu’hier*.
Day 4: la ville dans laquelle je suis est pratiquement exactement à la même distance de mon champ de maïs qu’Ann Arbor, dans le Michigan.
Alors, vous m’avez tout envoyé? Plein de bonnes réponses? J’espère, parce que là je reviens ce soir et j’espère trouver ma boîte aux lettres pleine de bonnes réponses… sinon je boude et je me recasse!
* Seuls ceux qui m’envoient au moins 2 réponses justes sur les 4 devinettes proposées PAR EMAIL (lmoussu at verizon dot net) ET LE JOUR MEME* auront doit à une carte postale du lieu secret où je me rends. Vous avez jusqu’à vingt-trois heures cinquante-neuf Eastern Time de chaque jour pour trouver les bonnes réponses à la devinette de la journée.
PS. Je viens de rentrer (2 heures du mat vendredi soir) et je vous préviens: ça va chauffer dans les chaumières
Surtout que j’ai oublié d’acheter des cartes postales du bled en question
mais je trouverai bien une solution, huhuhuh… les lumières sont allumées mais personne n’est à la maison, comme on dit ici, hein!
PPS. Il parait que le code d’avant-hier était mal fichu? Je vais de ce pas engueuler Sosso pour avoir joué avec mon blog, la coquine, je savais bien que dès que je tournerais la clé du moteur, elle allait démolir la baraque
ven 9 juin 2006
Haha, aujourd’hui ça se corse et il va falloir réfléchir un tout petit peu (mais quand même pas trop), pour une fois. Oui je sais, c’est cruel ce que je vous demande de faire… mais le jeu en vaut la chandelle
Les règles sont toujours les mêmes*.
Day 3: là il faut trouver les noms d’endroits qui se trouvent dans la ville où je suis, et ensuite on peut soit tricher et aller sur google pour trouver la ville, soit on prend les lettres au-dessus des chiffres donnés, et on trouve directement la ville. Ze fingerz in ze noze!
Allez, on ne se décourage pas si vite, c’est presque fini! Et demain ça sera super fastoche!! Huhuhuhuh!
* Seuls ceux qui m’envoient au moins 2 réponses justes sur les 4 devinettes proposées PAR EMAIL (lmoussu at verizon dot net) ET LE JOUR MEME* auront doit à une carte postale du lieu secret où je me rends. Vous avez jusqu’à vingt-trois heures cinquante-neuf Eastern Time de chaque jour pour trouver les bonnes réponses à la devinette de la journée.
jeu 8 juin 2006
Ca va tout le monde? Vous suivez? Bon, même si vous ne suivez pas c’est pas grave, vous pouvez quand même faire le deuxième jeu qui est plus facile que le premier. Les règles sont les mêmes qu’hier*
Day 2: Aujourd’hui, il faut trouver l’état dans lequel je me trouve (question bonus: d’où viennent les noms/mots utilisés dans ce puzzle?). Attention, les mots sont dans tous les sens dans le puzzle.
Fastooooooche celle-là! Amusez-vous bien!
* Seuls ceux qui m’envoient au moins 2 réponses justes sur les 4 devinettes proposées PAR EMAIL (lmoussu at verizon dot net) ET LE JOUR MEME* auront doit à une carte postale du lieu secret où je me rends. Vous avez jusqu’à vingt-trois heures cinquante-neuf Eastern Time de chaque jour pour trouver les bonnes réponses à la devinette de la journée.
mer 7 juin 2006
Adios amigos, je quitte mon champ de maïs pour un nombre X de jours parkeu y’en a ras-le-bol de mon champ de maïs! Je vais en voir un autre
Heureusement, je laisse des traces là où mon cheval tracteur passe, et je sais que mes lecteurs seront aussi doués pour résoudre les énigmes et retrouver ces traces que Tom Hanks et Audrey Tautou.
Les devinettes seront de plus en plus faciles (presque) chaque jour donc pas de panique si vous ne trouvez pas du premier coup! Mais seuls ceux qui m’envoient au moins 2 réponses justes sur les 4 devinettes proposées PAR EMAIL (lmoussu at verizon dot net) ET LE JOUR MEME* auront doit à une carte postale du lieu secret où je me rends, haha! Et toute personne qui ne joue pas au moins une fois sera obligée de m’envoyer une carte postale (et attention, moi aussi je saurai retrouver vos traces, hehehe)
Day 1: message de départ en mots découpés. Cliquez sur le lien pour voir et imprimer la devinette. Un des mots contenus dans ce message est « zouaves. »
Un, deux, trois, partez, FEU!
*Vous avez jusqu’à vingt-trois heures cinquante-neuf Eastern Time de chaque jour pour trouver les bonnes réponses à la devinette de la journée.
mar 6 juin 2006
A peine la petite Tèzalacon née et envoyée, je me suis souvenue de ma promesse faite à Cloclo. J’ai donc annulé tous mes rendez-vous de l’après-midi, débranché mon téléphone pour ne pas être dérangée, allumé l’air conditionné à fond, installé les chatounes confortablement pour le spectacle, et je me suis mise au boulot!

La première chose à faire a été de retrouver la recette dans mes commentaires, quelque part, entre des dixaines d’autres commentaires et sous je ne savais plus lequel post! Ensuite, il a fallu copier tous les commentaires les uns sous les autres et imprimer tout ça. Finalement, il a fallu annoter, souligner, encercler, et déchiffrer la recette elle-même au milieu de commentaires plus rigolots les uns que les autres mais qui ne faisaient pas avancer la recette! Et enfin, munie de trois feuilles rougies de scribouillis parmis d’autres scribouillis, je me suis installée dans ma cuisine avec un pot de feuilles de vigne, deux tomates, un gros oignon, beaucoup d’ail, de la menthe, et quelques épices et… en avant la jeunesse!

Voici donc la recette (simplifiée et oh combien déméliorée) de Cloclo:
1. Sortir les feuilles de vigne du bocal en leur faisant faire des mouvement de rotation (très important, parce que même comme ça c’est pas facile!)

2. Déplier délicatement les feuilles et les déposer dans un faitout. Recouvrir d’eau et faire bouillir environ 5 minutes (en s’assurant que les feuilles sont bien immergées, dit Cloclo, mais avec moi, elles n’ont pas arrêté de remonter à la surface donc ça a été la bagarre… surtout que l’eau de cuisson était un peu dègue, au bout d’un moment, ce qui a joliment coloré ma cuillère en noir…).
3. Egoutter les feuilles et les détacher délicatement les unes des autres. Couper (si nécessaire) les queues (ce que j’ai dû faire). Déposer les feuilles sur une assiette et les recouvrir de film alimentaire ou d’un torchon pour les garder bien humides.
4. Faire la farce avec du riz collant cru (une demi « cup » (un peut plus que la moitié d’un verre à eau)), précédemment rincé et mis à tremper dans de l’eau pendant 15 minutes, 1/2 oignon finement haché, de l’ail, une tomate coupée finement, des feuilles de menthe hachées elles aussi (je n’en avais pas, ce qui tombait bien puisque je n’aime pas la menthe), et des épices (sel, poivre, curry, etc. mais pas de cannelle, de cumin, de gingembre, de clou de girofle, précise Cloclo), de l’huile d’olive, et du jus de citron. Mélanger le tout et laisser reposer 30 minutes au frigo.

5. Ensuite, prendre une feuille de vigne et la déposer sur une planche à découper avec les grosses reinures face à soi (pour que l’extérieur soit tout beau tout lisse) et le bout de la feuille au nord (comme sur le drapeau canadien, en gros). Mettre deux cuillères de farce vers le bas de la feuille mais pas trop quand’même, et rouler la feuille autour de la farce une première fois en serrant un peu mais pas trop (sinon ça déborde par les côtés). Ensuite, rabattre les côtés de la feuilles puis continuer à rouler le tout jusqu’à la fin de la feuille. Moi je savais exactement comme faire parce que les sandwiches de Subway sont enroulés comme ça donc j’ai fait ça comme une pro! Cloclo aurait été fière de me voir! Petit conseils de miss lulu: jeter les feuilles trop petites et faire le début de l’étape numéro 6 AVANT de passer à l’étape 5!

6. Prendre un grand faitout (le même qu’avant mais vraiment bien rincé!!) et couvrir le fond de rondelles de pommes de terres, du 1/2 oignon restant, et la deuxième tomate, puis rajouter du sel, de l’huile, et un jus de citron (donc il fallait faire ça AVANT de rouler les feuilles, ça évite des déplacements inutiles). Mettre ensuite délicatement les feuilles de vigne farcies dans la cocotte en les espaçant un peu et sur trois étages (enfin, ça dépend de combien on en a), puis les recouvrir d’une assiette en verre ou en grès pour éviter qu’elles bougent pendant la cuisson (pas un truc blanc si possible parce que l’eau de cuisson tâche encore pas mal). Reconvrir tout ça de flotte et faire bouillir à petits bouillons pendant une heure. Mon assiette a bougé, ma casserole était trop petite parce que je riz a effectivement pas mal gonflé… mais en fin de compte ça allait.
7. A la fin de la cuisson, retirer l’assiette puis les feuilles de vigne et le mélange patates-oignons-tomates et déposer le tout sur une grande assiette et servir

Je dois avouer quelque chose de terrible: j’ai été incapable de manger les feuilles elles-mêmes, on aurait dit du cuire tellement elles étaient coriaces! Par contre, c’était absolument génial de les dérouler une à une (elles avaient vraiment bien tenu, j’étais fière de moi!) et d’en manger la délicieuse farce avec le mélange patates-etc. parce que la feuille avait quand même donné beaucoup de goût à la farce et la gardait longtemps au chaud. C’était exquis!! J’avais une vingtaine de rouleaux et je les ai tous mangés en une soirée! Dommage pour les feuilles, c’était sûrement pas de la meilleure qualité mais c’est tout ce que j’avais trouvé! Et je ne le regrette pas, cet essai était malgré tout un grand succès, merci Cloclo
lun 5 juin 2006
Voilà la petite carte de mon voyage autour du monde
create your own visited country map.
64 pays (28% du globe)
J’ai eu quelques problèmes, en fait, d’abord parce que je suis nulle en géographie, et ensuite parce que certains noms de pays sont très différents en anglais et en français. Je ne sais pas comment on dit en anglais, la Guinée Bissau, par exemple. Donc… si quelqu’un sait, je le rajouterai
S’il manque des pays (pourtant je me suis relue plusieurs fois!) dites-le moi et je les rajouterai. Je suis déçue que personne d’Australie, d’Inde, et du Portugual ne soit passé par ici, surtout que j’ai quelques liens qui vont vers ces pays (ou des gens qui ont visité ces pays) dans ma blogroll… mais on ne va pas tricher. Je n’ai pas mis non plus les endroits où je suis allée (Equateur et Colombie, entre autres) ni les endroits où vous voulez aller. Et c’est dommage de ne pas pouvoir faire une carte avec toutes les régions et villes d’Europe mentionnées, ça serait aussi très joli. Quelqu’un devrait créer le programme, tiens
Grace à ce petit jeu, j’ai enfin découvert qui me lisait de Belgique et de Seattle (toujours rien d’Ottawa, va falloir que je fasse une petite investigation paskeu là je suis trop curieuse)!
Je dois vous remercier tous mille fois de vos visites et de vos commentaires. Mon week-end a été un voyage fabuleux et je me sens beaucoup moins isolée au milieu de mon champ de maïs, maintenant
Et j’ai plein d’envies de voyages partout!!! J’espère qu’avec mon nouveau boulot je pourrai me le permettre.
Alors, en anglais, nous avons:
I North America:
Canada
USA
Mexico
II Central America and the Caribbean:
Bahamas
British Virgin Island
Virgin Island
Martinique
III South America:
French Guinana
Venezuela
Brazil
IV Africa:
Cameroon
Morocco
Burundi
Egypt
Ghana
Ivory Coast
Reunion
Senegal
Tunisia
V Europe:
Austria
Belgium
Croatia
Czech republic
Denmark
Faroe Islands
Finland
France
Germany
Greece
Hungary
Iceland
Ireland
Italy
Latvia
Liechtenstein
Luxembourg
Malta
Monaco
Netherlands
Norway
Poland
Romania
Russia
Slovakia
Slovenia
Spain
Sweden
Switzerland
United Kingdom
VI the Middle East:
Kuwait
Palestine
Syria
Lebanon
Jordan
Saudi Arabia
Bahrain
VII Asia:
Afghanistan
Japan
Taiwan
China
Thailand
Vietnam
VIII Australia and Pacific (là c’est un peu n’importe quoi, hèèèèèlp!!):
French Polynesia
New Caledonia (heu… je sais pas la différence entre les deux, oui j’ai honte)
Mesdames, mesdemoiselles, messieurs, c’était le tour du monde en 48 heures de miss lulu. Il est minuit 28 heure locale et la température est de 21 degrés celcius. Nous espérons que vous avez passé un bon voyage en notre compagnie et que nous aurons très bientôt le plaisir de vous revoir par ici. Le pilote, miss lulu, ainsi que ses deux hôtesse de l’air, Sosso et Calinette, vous souhaitent une excellente journée
dim 4 juin 2006
Je sais c’est bête comme ça, mais je suis aux anges de voir tous ces noms de pays, de régions, de villes… J’aime les connus et les inconnus, j’aime les trous perdus et les mégalopoles, j’aime les sonorités que je reconnais et les sons étrangers. J’aime me souvenir de mes voyages à travers les votre. J’aime découvrir des endroits dont je n’avais jamais entendu parler (vous connaissiez le Tatarstan, vous?). J’aime me dire à chaque nouveau commentaire « ah, il va falloir que j’y aille un jour, tiens! » J’aime vous imaginer dans ces lieux parfois si loins de moi, physiquement, mais si proches en même temps, virtuellement. Alors ne vous arrêtez pas en si bon chemin, je veux faire le tour du monde ce week-end
Voici une première ébauche de carte. Je n’y ai mis ni les pays où moi je suis allée (Autriche, Grèce, etc.) ni ceux des bloggeurs de ma blogroll qui ne sont pas encore passés par ici ou n’ont pas dévoilé où ils sont (Suède, Norvège, Japon, Portugual, Australie, entre autres) (et s’il-vous-plaît, chers visiteurs d’Ottawa et de Seattle, faites un petit coucou
). Je referai une carte toute neuve ce soir avec les commentaires accumulés aujourd’hui, mais cette première carte vous donne une idée des expériences extraordinaires vécues par mes visiteurs ainsi que des pays qui manquent encore à ma collection. Et amusez-vous vous aussi avec ces cartes, il y en a plusieurs différentes, et c’est sympa d’essayer de se souvenir de tous les coins où on est allé.
(Créez votre propre carte de pays (ou états ou provinces) visités ici).
Alors, à qui le tour de nous faire rêver?
sam 3 juin 2006
Aujourd’hui, on collectionne les noms des pays et des villes des visiteurs de ce blog (même si vous n’avez jamais laissé de commentaires avant, même si vous me lisez qu’une fois tous les 2 ans, même si vous êtes un grand timide)! Les seuls commentaires que je veuzégéxige sont les noms des endroits où vous vivez (villages, arrondissements, villes, états, provinces, départements, régions, pays, continents, comme ça vous chante), parce que j’aime voyager avec vous et je veux le plus grand nombre possible de noms d’endroits exotiques et de petits bleds inconnus partout sur la terre. Si vous préférez, vous pouvez me dire oùskeu vous avez habité dans le passé ou bien un endroit que vous avez visité, of course.
A la fin de la fin de semaine (sont fous ces québecois
) je mettrai une carte avec tous les pays notés dans mes commentaires, une « carte de mes visiteurs »! Une carte un peu comme ça (là c’est tous les états que j’ai visités):
Je commence: Volos, Grèce, été 1996.
A vous, et en voiture tout le monde
ven 2 juin 2006
Il est passé 20 heures et je dois impérativement envoyer un « conference proposal » avant minuit… le stress ne s’arrête jamais.
Le truc marrant dans ma vie, c’est que je dois tout le temps expliquer aux gens ce que je fais, ici. Non, je ne suis pas la plus vieille dans mon programme, on a même fêté les 55 ans d’une copine il y a une semaine. Non, je ne lis pas du Chomsky jour et nuit. Oui, j’ai 10 ans d’expérience après 10 ans à l’université et trois diplômes. Oui, le doctorat est une saleté d’invention. Non, finir un doctorat et trouver du boulot n’est pas une partie de plaisir.
Le truc que je dois expliquer, maintenant, c’est la suite, la « vie » après le doctorat, la vie d’une « faculty member on tenure track. » Kéké? Accrochez-vous, ça va secouer!
Il y a cinq façons différentes d’être prof à l’université:
- lecturer: prof embauché pour un contrat d’un an, renouvelable une ou deux fois. Mal payé, sans « benefits » (assurence maladie, cotisation à la retraite, etc.).
- visiting professor: souvent un prof d’une autre université qui va passer un ou deux ans ailleurs, ou bien un contrat de courte durée mais un peu mieux payé qu’un lecturer et avec les « benefits. »
Ces deux premières « positions » ne sont pas permanentes, ou, comme on dit en anglais, ce ne sont pas des « tenure track positions. »
- assistant professor: (c’est ce que je vais être) position conditionellement permanente, bien payée et avec tous les « benefits » (surtout au Canada, haha). On est normalement un assistant professor pendant trois-quatre ans.
- associate professor: après avoir été assistant professor et si on passe la « tenure review, » on devient aussi associate professor. Le job est maintenant permanent à vie et on se fait beaucoup mieux payer et c’est le début de la belle vie.
- full professor: ben c’est le top, Paname, plein de sous et plus besoin de se faire chier à publier et tout ça
Voili voilà. Sauf que vous ne savez pas ce que ça veut dire, « tenured. » J’vous esqueuplique: si j’ai une « tenure track position » ça veut dire que j’ai un contrat potentiellement permanent, et si je suis « tenured » ça veut dire que je l’ai, le contrat permanent. Le truc, c’est que pour passer de tenure track a tenured, il faut bosser à mort, dans trois domaines bien distinctifs: la recherche + publications + conférences, l’enseignement, et le « service. »
- la recherche: continuer à bosser sur des projets de recherche et en publier les résultats dans des journaux professionels importants et à des tas de conférences. L’importance des journaux et des conférences, ainsi que la longueur et le nombre d’articles publiés et présentés sont comptabilisés très scientifiquement.
- le service: cela correspond à tout le reste, les trucs comme être patron d’une association professionelle, faire partie de plein de comités de thèse ou d’embauche, organiser des trucs au niveau départemental ou de l’université, aller à toutes les réunions, créer des nouveaux programmes, mettre des nouveaux cours sur pied, organiser une conférence, etc. Tout ça est aussi très scientifiquement évalué et comptabilisé.
- l’enseignement: ça, ce sont les évaluations des élèves à la fin de chaque semestre. Si les élèves ne sont pas contents, ça fait très mal.
Quand on est assistant professor, on se fait donc évaluer à la fin de chaque année (au niveau départemental) pour vérifier qu’on a bien bossé dans ces trois domaines. Normalement, on ne peut pas se faire virer, sauf pour faute grave, mais la pression monte avec les années. Pendant la sixième année, on est non seulement évalué par tous les chefs du département où on travaille mais aussi par ses collègues, et plein d’autres chefs de l’université (deans, chairs, directors, etc.). Tous ces braves gens écrivent des tas de lettres de recommendation (ou pas), tout le boulot des cinq dernières années est réévalué, on a plein de meetings avec plein de gens qui fichent la trouille parce qu’ils ont le droit de nous virer alors qu’ils ne nous connaissent même pas, les autres profs qu’on croyait être des amis vous poignardent dans le dos, etc. Et tout ça pendant un an!
Si tout va bien, on devient « tenured. » Si ça se passe mal, on a un an pour trouver un nouveau boulot et byebye! C’est un procédé long, attroce, et humiliant pour tous. J’ai vu plusieurs de mes profs passer par là. Certains ont craqué et sont partis avant même d’avoir les résultats. Et puis il y a par exemple des injustices: publier c’est plus important que d’être un bon prof; être un bon prof c’est normal donc on n’est pas récompensé pour ces bonnes évaluations, mais être un moyen prof ça compte tout de suite contre vous; les hommes ont 24% de plus de chance de recevoir leur tenure s’ils ont des enfants, alors les femmes ont 70% de moins de chance (en fait, je me rends compte que je ne connais qu’une seule prof qui ait reçu sa tenure alors qu’elle avait un enfant); on se base parfois moins sur les résultats concrets que sur les les inamitiés et brouilles entre collègues; et j’en passe!
Voilà ce qui m’attend! Mon boulot est donc « tenure tracked » et l’avantage de l’université où je serai, c’est qu’ils donnent une première chance de tenure après seulement trois ans, pour les gens exceptionnels (c’est-à-dire qui n’ont pas de vie)! Si ça ne passe pas après trois ans, on a une deuxième chance la sixième année.
J’ai trois amis qui sont devenus assistant professors l’année dernière. Ils me racontent que 60% de leur temps est passé en réunions, 30% est passé à faire de la recherche et bosser sur leurs publications, et les 10% restants sont passés à préparer les cours, à corriger les copies, et à essayer de ne pas s’endormir devant les élèves.
Bien sûr, je vais essayer de viser les trois ans seulement… et je suis donc déjà en train de bosser sur quatre articles (dont un qui doit être fini fin juin) et une idée de livre (que je dois présenter fin juillet)! Alors que je commence seulement à bosser me faire payer en août!
J’ai juré ne jamais écrire de thèse de maîtrise et je l’ai fait. J’ai juré ne jamais essayer d’avoir un doctorat et je l’ai eu. Je ne sais pas si c’est une bonne idée de me donner des buts, en fait. Les non-buts ont plutôt l’air de bien marcher…
Ahhhhh c’teu trouille que je me tappe déjà, à l’idée de devoir passer par tout ça!!!!
Et ailleurs, c’est comment?
jeu 1 juin 2006
You fuck wit me, you fuckin’ wit da best!
Ecrit par miss lulu dans chatounes, n'importe quoi and ze miss luluLa mafia du champ de maïs, vous connaissez pas? Je vous présente Scarface II, aka miss lulu, reine du crime organisé (attaques de bisoutage de chatounes), du trafique de drogue (glace à la pistache et cheese fries), de la contrebande (de fromages puants), et de la corruption (de pompiers).

Qui s’y frotte s’y pique griffe!






