Ca y est, le début de la fin a commencé. Les “c’est mon dernier…” et “c’est la dernière fois que…” arrivent doucement mais sûrement. Impression de fin alors qu’il n’y a pas encore de nouveau début. Impression de m’approcher déjà un peu trop près du bord de la falaise et de devoir bientôt en sauter sans encore être sûre qu’il y a un trampolin qui m’attend en bas.

Aujourd’hui, c’était mon dernier jour de travail à Purdue. Dernier jours avec mes élèves, dernières copies à corriger, dernières notes à donner, derniers papiers à signer, mon contrat de travail avec Purdue s’est innexorablement terminé comme on termine un carton de glace à la pistache: quand c’est fini c’est fini. Sauf que là, je peux pas aller en acheter un nouveau à Target.

Quatre ans de labeur pour un salaire de misère mais des instants mémorables. Première année cauchemardesque, deuxième année extraordinaire, troisième année pénible, quatrième année sympa, et environ 180 étudiants traumatisés à vie par ma faute :lol:

Je suis rentrée de mon dernier cours, cet après-midi, entièrement lessivée, vidée, épuisée, non pas seulement comme tous les vendredis mais comme si c’était mon premier vendredi après une semaine de quatre ans. Impossible de penser, impossible de bouger, impossible de réaliser l’importance du moment, impossible de jouer avec les chatounes qui m’auront pour elles toutes seules pour les quelques mois à venir.

Au revoir et bonne chance à tous, mes chers élèves. Moi, je prends le train pour d’autres contrées.