dim 5 mar 2006
… ou comment visiter SEPT pays en deux mois!
Ecrit par miss lulu dans US of A, boulot boulot, hautes études, oh Canada and voyagesDécembre 2000, le verdict tombe: je suis virée de l’université pour quatre mois, un « semestre. » A cette minute précise, je perds la moitié de ma vie: mes études, mon boulot, mon appartement, mon visa, et mon boyfriend. Je suis donc obligée de tout laisser tomber et de sortir des Etats Unis où je suis devenue illégale en quelques jours pour aller passer quelques mois en Suisse, chez mes parents.
Avril 2001: j’ai enfin le droit de me réinscrire à l’université pour y finir mes études. Mais avant de rentrer aux Etats Unis, mon nouveau visa en poche, je passe quelques jours en France et puis je décide de passer par Montréal où on m’offre un boulot de prof d’anglais dans une école privée. Le boulot bof, pas trop mon truc, mais la semaine à Montréal c’est le top! Dieu que j’aime cette ville! C’est malheureusement à ma sortie de Montréal que l’histoire se corse!
Les citoyens canadiens ayant quelques privilèges en ce qui concerne l’immigration aux Etats Unis, et le 11 septembre 2001 n’étant pas encore arrivé, le douanier qui m’accueille à mon retour aux Etats Unis ne fait pas bien son boulot et ne met pas un gros tampon rouge sur mon I-20! A mon retour à l’université, dans le bureau des étudiants internationaux où je « check in, » on me dit que sans ce beau tampon rouge, je ne peux recommencer ni à travailler ni à étudier! Il me faut urgemment ressortir des Etats Unis pour y re-rentrer et bien faire tamponner mon I-20. Urgemment! Parce que là, j’étudie et je travaille illégalement!
Heureusement, une collègue de travail à qui je fais part de mes soucis m’invite à passer un week-end chez sa tante qui habite à San Diego. Samedi, on pourra aller à Tijuana, au Mexique, et se faire tamponner le I-20 à notre retour, et puis on en profitera pour visiter le Mexique en passant. Génial!
Après une visite à Tijuana où nous avons à peine eu le temps de manger dans un vague restaurant (le dessert, un mélange de kahlùa et de glace à la vanille reste quand même mémorable) et de se faire prendre en photo sur un pauvre petit âne accablé de fatigue, de chaleur, et de touristes crétins, on repasse la frontière pour rentrer aux Etats Unis. Après plus de deux heures d’attente, un douanier nous fait enfin passer et je lui dit bien de tamponner mon I-20 (malgré son regard « je suis pas con, vous savez » noir). Et toute heureuse de ce succès, je rentre chez moi.
C’est là qu’au bureau des étudiants internationaux de mon université, où je montre mon beau tampon, on m’apprend que le douanier a bien tamponné le papier mais … pas le bon! Il a gardé la « student copy » et m’a refilé la copy qu’il aurait dû envoyer à l’immigration. !!!! Et qu’en conclusion, je ne peux toujours ni étudier ni travailler légalement aux Etats Unis! Et je dois ressortir pour pouvoir y re-rentrer encore une fois!
Heureusement, l’ex-copain habite maintenant en Equateur! Et malgré le fait qu’il se soit déjà rabiboché avec une de ses ex à lui, je décide d’aller passer deux semaines en Equateur parce que merdàlafin, j’en ai trop marre de ces conneries et je ne suis jamais allée en Amérique du Sud! Je paye donc quelqu’un pour bosser à ma place et j’utilise mes « sky miles » de Delta pour me prendre un billet pratiquement gratuit pour Quito.
Mais comme tout le monde le sait, Delta ne va pas à Quito, et je dois changer d’avion non seulement à Atlanta mais aussi à Bogota, en Colombie. Et parce que ma vie avait été vraiment trop monotone jusque là, Delta décide de quitter Atlanta avec quatre heures de retard pour cause de toilettes défectueuses!
Et c’est ainsi que moi, miss lulu, minuscule petite fille épuisée et mortellement stressée et angoissée, baraguinant à peine espagnol, n’ayant aucun moyen de prévenir qui que ce soit d’où j’étais, ne sachant pas quand je pourrais attrapper un prochain avion pour Quito, me retrouve toute seule à Bogota pour pratiquement 36 heures. Dans le taxi qui me conduit à travers une ville complètement inconnue jusqu’à l’hôtel gracieusement offert par Delta après une bataille acharnée de plusieurs heures pour leur faire comprendre qu’ils ont intérêt à me payer l’hôtel ou ça leur coûtera très cher, je me dis que si quelque chose m’arrive, personne ne me retrouvera jamais. Dans ma chambre d’hôtel de laquelle je ne peux même pas prévenir mon ex que j’ai raté mon avion mais où je peux enfin laisser couler mes larmes, j’entends la bombe qui explose à deux rues de l’hôtel au milieu de la nuit et je me dis que si je survis à cette aventure, je n’aurai plus jamais peur de rien!
Depuis, je n’ai plus peur de rien! C’est comme ça, passer par sept pays différents en deux mois (Suisse, France, Canada, USA, Mexique, Colombie, et Equateur), travailler et étudier illégalement aux Etats Unis, survivre à des moments homériques dans des endroits insolites, et me débattre pendant des jours et des jours avec ces connards d’agents d’immigration m’a bien appris ma leçon: il ne faut faire confiance à personne, toujours tout vérifier soi-même, et surtout, surtout, économiser des tas de sky miles pour la prochaine fois où un abruti ne fera pas bien son boulot, parce que le prochain voyage c’est en Australie, baby!
20 commentaires que j'aime à “… ou comment visiter SEPT pays en deux mois!”
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5 mars 2006 à 6:28
Fiou… ça y est: je retourne au lit!
Quelle histoire!!!
5 mars 2006 à 6:33
Bjr MissLulu
ma conteuse préfèrée
tes histoires vécues
que tu viens raconter
me tiennent en haleine
j’en suis tout éssoufflé
j’attends déjà la prochaine
que je lirais, bien installé
en cas, sous une tente à oxygéne
bon dimanche et carresse aux félins
5 mars 2006 à 7:11
« il ne faut faire confiance à personne, toujours tout vérifier soi-même »
c’est vrai que c’est incroyable comme il y a tres tres peu de gens qui font leur trqvqil correctement, c’est se qu’on apprend avec le temps
5 mars 2006 à 8:25
Le mystère reste entier sur le pourquoi de toute cette aventure… Pourquoi diable t’a-t-on éjectée pour un semestre? Parce que (à l’époque!) tu ne savais pas cuire le riz?
5 mars 2006 à 10:27
Ciel que c’est compliqué! Je crois que je me serais effondré avant! Où j’aurais piquée une sainte colère! Il y a incompétent et incompétent!
Heureusement tu y as pris ton parti et visité…
5 mars 2006 à 12:58
Oh la la, quelle aventure. Toutes ces difficultés et complications pour un malheureux tampon de m… Quelle patience, quelle persévérance. Remarque ces mésaventures administratives t’ont permis de faire des escapades que tu n’aurais peut-être jamais fait.
Les voyages forment la jeunesse! C’était peut-être fait exprès finalement.
5 mars 2006 à 1:06
Sorry, j’ai cru que mon 1er commentaire n’avait pas été pris en compte. Ben ça t’en fait 3 pour le prix d’un aujourd’hui!!!
Fab, je t’ai effacé ton doublon
5 mars 2006 à 1:34
je crois que j’aurai fais un infarctus a ta place ! lol ! soit a cause des nerfs parceque les employes sont pas capable de bien faire leur boulot (et dieu sait que le boulot a interet a etre bien fait a la douane americaine) ou sinon de me retrouver toute seule dans un pays inconnu ou les bombes explosent ! lol
sinon les vacances en equateur etaient bien ???
5 mars 2006 à 2:15
Pour avoir testé ce genre d’em… en plus light, je confirme: c’est surtout avant et après les embrouilles qu’on se dit « houlàlà! ». Sur le moment, on se pose pas la question, on a pas le temps, on agit, on se débrouille, on s’adapte et on survit!
PS: je me joint à la question de « aca »: Pourquoi t’avait-on éjectée? Et pourquoi juste pour un semestre (et pas une année entière par exemple)?
5 mars 2006 à 3:11
mais mais mais, vous êtes bien curieux jeunes gens
anneau nyme: j’étais quand même un peu naze sur le moment, hein! mais c’est vrai que si je m’étais trop posé de questions, je n’aurais pas survécu (il y avait encore pas mal d’autres em… dont je n’ai pas parlé).
Maddie: huhuh, je dois avouer que j’ai poussé quelques gueulées… mais je n’avais pas le choix, c’était une urgence, je ne pouvais pas continuer à bosser illégalement!
Fab: c’est sûr que je ne regretterai jamais d’être allée en equateur même si ça n’a pas été une expérience facile, même une fois sur place. la jungle equatorienne est l’un de mes meilleurs souvenirs au monde!
Patata: oui, dommage que je ne soit pas allée au « vrai mexique » parce que tijuana c’est pas « le mexique » du tout et c’est pas sympa du tout comme coin! mais j’ai aimé passer la douane à cet endroit parce que j’aime beaucoup un film qui s’appelle « traffic » et qui se passe justement là.
aca: si tu sais dans quelle université j’étais à ce moment-là et que tu connais mon esprit de rebelle, tu peux sûrement deviner pourquoi j’ai été vidée comme ça
genorb: c’est fou, hein? et depuis c’est pareil, pas seulement avec les douanier mais avec des tas de gens partout, qui font tout simplement n’importe quoi… incroyable!
Djinn mon poète préféré: peut-être qu’un masque à oxygène comme ceux des avions serait plus pratique et moins encombrant, non?
!Béo!
c’est exactement ce que je me suis dit après avoir écrit tout ça! les grands esprits se rencontrent, hehe!
5 mars 2006 à 3:16
Moi qui a mon âge ne dors encore pas de la nuit si je dois prendre le train……alors l’avion !!!!!!!!Lulu des comme toi (s) il n’y en a pas deux, tu as droit à toute mon admiration sincère. Je ne sais pas ce qui peut te donner une telle niak, si tu as une potion magique, envoie-m’en, merci.
5 mars 2006 à 5:09
Voyager gratuit jusqu’a l’Australie? J’ose meme pas imaginer combien ca fait de sky miles!
5 mars 2006 à 5:24
L’enquête est lancée!
5 mars 2006 à 6:58
aca:
bonne chasse!
Galinette: huhuh, oui, il en faut 100 000… et pour le moment j’en ai à peine 50 000… c’est un bon début quand même, non?
time after time: bof, c’est pas de la potion magique, c’est plutôt de la rage
je fais des trucs très chouettes, moi, quand je suis enragée!
5 mars 2006 à 11:40
Félicitations pour la bonne nouvele, Miss Lulu ! Tu m’en as donné la primeur avant même de la publier ici ;o) J’en suis très zzzému. Je suis vraiment heureux pour toi. Et Granbled ce n’est pas si loin de Montréal ; tu pourras y revenir quelques fois durant l’année. C’est pour quand ? pour l’été qui vient ?
Bravo encore !
5 mars 2006 à 11:44
huhuhu Alcib, chut
rien n’est sûr, encore, et les détails arriveront demain
patience!!
5 mars 2006 à 11:57
Oh, désolé : je suppose que tu vas faire comme moi et les faire languir une senaine pour la réponse même si on m’offrait le double du salaire que j’avais dans mon emploi précédent : mais ça, ils ne le savaient pas ;o)
6 mars 2006 à 2:35
Tu devrais écrire un bouquin, ça marche super les histoires de barroudeuses comme ça
6 mars 2006 à 5:53
Depuis que je travaile (parfois) au contact des Américains je me dis que nous sommes injustement traités de paperassiers. Nous ne sommes pas les seuls !
6 mars 2006 à 5:49
Et dire que si tu savais parler parfaitement l’espagnol tout ça ne serait pas arrivé (fallait que je trouve une raison qui m’arrange…) donc première leçon… mi sastre es rico, muy rico !!!