Les “bad vibes,” ce sont des mauvais états d’esprit, une mauvaise atmosphère, un sentiment que quelque chose n’est pas comme il devrait l’être. Je sens des bad vibes par ici. Je n’aime pas beaucoup cette ville. En regardant les building immenses de Washington DC, ses avenues sans fin, ses décorations outrageuses de fin d’année, on y sent la corruption, la politique malsaine, l’adoration de l’argent, la magouille, et le besoin sans limite de puissance, d’influence, de domination. Comme si cette ville représentait tout ce que je n’aime pas dans ce pays. Je ne voudrais y vivre pour rien au monde. Il suffit déjà de rouler sur l’autoroute pour voir une concentration de Lexus, de BMW, et autres Ferraris comme on en voit rarement rouler agréssivement et comme si le monde leur appartemenait pour se dire qu’il y a quelque chose de pourri dans le royaume de la politique. Une sortie d’autoroute sur deux est pour les “employees only” de boîtes comme la NSA (National Security Agency) ou le Goddard Space Flight Center de la NASA… Et un building sur deux dans Washington appartient au Homeland Security Agency ou autre boîte du genre qui fout les boules. Je n’ai ressenti de tel sentiment de malaise que dans une seule autre ville: Houston. Mais à Houston, ce n’était que la puenteur de l’argent qui reignait. Ici, il y a l’argent mais en plus la politique et tout ce qui va avec.

C’est drôle, je suis en train de me demander pourquoi je n’ai pas ressenti ce malaise à Las Vegas. Peut-être parce que Las Vegas, contrairement à Washington et Houston, n’est pas une ville “sérieuse” mais pour la rigolade. Oui, il y a l’argent à tous les coins de rues, littéralement, il y a l’excès, le pire et le meilleur (si on cherche bien), la corruption et la drogue et tout ça. Mais il y a aussi les touristes qui se baladent en short avec leur petit appareil photo miteux, les grands buffets à cinq dollars, les attractions mirobolantes et ébouissantes… On va à Las Vegas pour s’amuser. Pas à Houston ou à Washington. Et puis à Las Vegas, l’excès fait presque partie du jeu. On aime rêver qu’on gagnera la BMW, on aime se promener à pieds à côté des voitures de luxe, on aime savoir qu’on est avec les stars et les millionnaires. Comme si, pendant quelques instants, on faisait partie du cercle. Pas à Houston ou à Washington. On n’est rien si on n’est pas une star, un politicien verreux, ou un millionnaire, ici. Il n’y a pas de rêve possible. Pas de buffet à moins de 30 dollars. Houston et Washington ne pardonnent pas.

Il y a quand même des trucs sympas ici, c’est sûr. J’évite les grands magasins, je refuse d’aller dépenser de l’argent pour rien et je n’ai besoin de rien. Mais les restaurants sont… disons… agréables :) Le premier soir avec ma tante, on a mangé japonais, et hier soir, du poisson divin … C’est peut-être bête de dépenser l’argent pour de la bouffe, mais je trouve que de bien manger de temps en temps redonne un peu de pimant à la vie. Les goûts, les couleurs, les odeurs, les textures… tout ça fait tellement de bien aux sens! Et puis on a des choses à fêter: mes 10 ans ici, la Sainte lulu, Noël, la nouvelle année, et mon anniversaire… un peu tout en retard ou en avance mais c’est la fête!! Ce soir on va peut-être aller manger italien, et pour le dernier jour de l’an, on a déjà réservé un grand restaurant de poisson! Miam!

C’est drôle, hier on est allées dans ce super restaurant qui se trouvait dans un coin “étudiant” de la ville: Georgetown. Je pensais y retrouver l’ambience sympa des coins étudiants, un peu grunge, un peu baba-cool, hippy sur les bords, comme ce que j’avais aimé à Madison… mais Georgetown est un coin chic, huppé, culturel mais très snob, avec des magasins et des restaurants ultra chers et célèbres. Agréable, parce que je manque beaucoup de culture et de raffinement dans mon champ de maïs… mais en même temps décevant. J’avais adoré Madison pour sa culture mais son attitude relax et sans prétention. Mais Washington reste Washington: la ville de l’argent et de l’argent et de l’argent. Ca me fait vraiment réflechir à ce que j’aime et ce que je veux dans la vie. Le luxe c’est chouette… mais pas plus que quelques jours par an. Je suis sûre que si je vivais ici, comme ça, je perdrais encore plus la notion de ce qu’est la “vie” réelle, le monde en dehors des quartier huppés, le plaisir des choses simples.

Je profite, je m’amuse, je me délecte, j’admire… mais je serai contente de retrouver mon petit coin de champ de maïs avec mes chatounes et mon milkshake à la banane, la librairie locale où je peux aller bouquiner en buvant un chocolat chaud, mes fringues relax, et ma petite vie qui n’attend pas grand’chose de moi et qui me plaît bien!

Quant à mon entretien d’embauche, ça s’est bien passé… pas sûr… mais j’étais assez relax et à l’aise, les gens étaient super sympas, les questions pas trop trop difficiles… et en fin de compte je ne sais pas si c’était trop facile, si j’ai répondu ce qu’ils voulaient entendre… Bon… on verra. J’aimerais bien ce job. C’est une université sympa, pas loin de Pittsburgh, et où je pourrais facilement travailler quelques années avant d’aller au Canada si je n’ai pas d’offre pour le Canada cette année. C’est stressant de ne pas savoir ce qui m’attend! … mais en attendant, je vais aller faire une réservation pour le diner de ce soir et aller visiter Dupont Circle cet après-midi! A bientôt :)