mar 27 déc 2005
Il est assez rare, dans ma petite vie monotone, que je fasse quelque chose que je n’avais jamais fait auparavent! Mais là, quand j’ai raconté mon histoire à la madame qui m’aidait avec mes valises à l’aéroport, d’abord elle a ri… et ensuite elle ne m’a pas cru! Alors ce soir, grace à une magnifique connection à internet sans fil et gratuite, dans une chambre au septième étage qui donne sur le capitole mais où on se les gèle, et avec douze heures de voyage et un petit verre de trop dans le nez, je vais essayer de vous raconter cette chose étrange qui m’est arrivée pour la première fois de ma vie! Sinon demain je risque de ne plus y croire moi-même!
Je suis donc partie ce matin vers sept heures de mon champ de maïs pour aller à l’aéroport prendre un avion, d’abord d’Indianapolis à Cinncinati (Ohio), et ensuite de Cincinnati (Ohio) à Washington (bravo à ceux qui auront deviné juste). Il m’a d’abord fallu plus de vingt minutes pour trouver une place de parking… et ensuite, alors que j’attendais notre avion, j’ai entendu un appel dans la salle d’embarquement qui disait « nous avons overbooké l’avion, alors si quelqu’un est flexible dans ses horaires, qu’il le fasse savoir, merci! » Bon, moi j’ai déjà fait ça deux ou trois fois et c’est pas l’enfer, on attend simplement l’avion suivant et on gagne un « voucher » (bon d’achat) pour des billets d’avion. $200 en général. Et comme personne ne m’attendait à Washington, que je devais de toutes les manières attendre trois heures ma connection à Cincinnati et que l’avion suivant partait une heure après, je me suis dit pourquoi pas, je n’ai rien à y perdre!
J’ai commencé à me dire que quelque chose de bizarre se passait quand la gentille dame m’a dit que le voucher serait pour $400! QUATRE CENTS! C’est beaucoup, ça, c’est presque le prix d’un billet pour l’Europe! Bon… Ensuite, étrangement, elle m’a donné un autre voucher en me disant « et celui-ci c’est pour le taxi! » Le taxi?? Le taxi de quoi? Finalement, elle m’a rendu mon billet d’avion et m’a dit gentillement « ne vous inquietez pas, vous arriverez bien à temps! » ???!!!??? Et elle m’a conduit à un taxi!
Quand les trains de la CFF (Compagnie Féroviaire Fuisse? Chemins de Fer Fribourgeois?) tombent en panne, la CFF offre des bus à la place des trains. C’est normal pour moi. Mais que Delta offre des taxis à la place de ses avions, là, je dois avouer qu’il m’a fallu plus d’une minute pour comprendre l’affaire! Et oui, mesdames et messieurs, j’ai fait, toute seule et avec un charmant chauffeur de taxi d’Erythrée, qui est lui tombé sur le cul quand il m’a demandé si je savais où se trouvait son pays et que je lui ai répondu « à côté du Soudan et de l’Ethiopie, non? », une course de taxi de deux heures pour une distance d’exactement 119.1 miles (192 kilomètres) entre l’aéroport d’Indianapolis et celui de Cincinnati! EN TAXI!
Nous avons parlé de son pays et de leur guerre avec l’Ethiopie, de mariage et d’enfants (pas ensemble, rassurez-vous), des temps modernes et qu’il n’y a plus de jeunesse ma brave dame, du Maryland, de champs de maïs, et d’accidents de la route. Heh, c’est pas tous les jours qu’on a la joie de faire la conversation avec un parfait inconnu pendant deux heures en tête-à-tête! Et tout ça gratuitement! Le seul inconvénient du taxi par rapport à l’avion, c’est qu’on ne peut pas se lever pour se dégourdir les jambes et aller faire pipi. Et le service cabine n’est pas non plus à la hauteur. Mais bon. J’ai quand même été très déçue, parce que je me suis réjouie d’aller pour la première fois en Ohio en espérant y voir autre chose que des champs de maïs… et en fin de compte, je n’ai vu que des champs de maïs à perte de vue et en plus, l’aéroport de Cincinnati (Ohio) se trouve en réalité dans le Kentucky! Je me suis fait eue, là!
Nan quand même, ça m’est jamais arrivé un truc pareil! Et une fois arrivé à Cincinnati (Ohio… heu… Kentucky), comme si de rien n’était, paf, je suis montée dans l’avion suivant (après avoir quand même attendu trois heures comme prévu) pour Washington. Les miracles de la technologie, quand même! Et j’ai MEME retrouvé ma valise à l’arrivée (qui elle avait pris deux avions et pas de taxi, la pauvre). Je dois avouer que ça m’a étonné un brin! … Oui bon il faut que j’avoue que je n’étais pas à l’aéroport de Washington… mais à celui de Baltimore… …
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nan mais ça c’était prévu au programme, c’était juste pour vous faire peur
En effet, il n’y avait pas d’avion qui volait à un prix décent pour Washington International (Dulles, IAD) aujourd’hui, et donc j’ai dû me résoudre à attérir à Baltimore Washington International (BWI) qui n’est pas si loin que ça de Washington, de toutes les manières. Une fois attérie, j’ai attendu une « shuttle » pendant 30 minutes, et puis j’ai eu droit à une petite visite de Washington DC, puisque la shuttle est un taxi communautaire, c’est-à-dire qu’il y a plusieurs personnes qui vont à peu près au même endroit qui se partagent un petit bus qui nous conduit chacun notre tour là où on veut aller. Notre conducteur, que je qualifierais de « reckless » (dangereux?), a réussi à conduire une bonne cinquantaine de kilomètres sur l’autoroute et dans tout Washington (magnifique!) en parlant au téléphone en Congolais ou Sénégalais en jouant en même temps non-stop avec son petit guide satellite (GPS?) ET en vérifiant en même temps ses information sur ses multiples cartes en papier! Sont forts, les chauffeurs de taxis de la côte Est! Pour nous donner des arrêts cardiaques.
Bref… je suis arrivée vivante mais un tantinet sur les rotules à mon hôtel, dans une chambre froide frigorifiée (je suis allée vérifier qu’ils n’y gardaient pas les cadavres des anciens clients dans les placards)… et j’ai décidé de me bouger un peu le popotin avant de m’affaler devant la télé. Je suis donc descendue au bar… tadam tadam… (ah, on comprend maintenant mieux le titre de ce post
)… et là, je me suis retrouvée absolument et entièrement SEULE face à un charmant barman qui s’ennuyait ferme dans son bar vide et avec qui j’ai fait la causette pendant deux heures (en tête-à-tête, encore un!), devant un délicieux sandwich au crabe cake descendu sans problème grâce à une excellente bouteille de porto. Miss lulu se dévergonde! Le chauffeur de taxi avait raison, y’a plus d’jeunesse! On a parlé d’études, de choses à visiter, de boulot, d’Atlanta et de son nouvel acquarium (il vient de Marietta) (allez voir sur le blot de Sébastien si vous voulez savoir de quoi je cause), de sécurité sociale, de Wal-Mart, et de tas d’autres choses fort sympatiques… et nous avons fini…
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… mais non, pas au lit quand même!!!! Skeu vous avez une mauvaise opinion de moi, c’est fou ça!! Non, nous avons fini par nous dire bonne nuit parce que je tombais de sommeil en nous promettant quand même de nous revoir samedi prochain pour le nouvel an, puisqu’il travaillera au bar ce soir-là et que ce sera mon dernier soir ici.
Deubleu debleu skeu j’suis crevée! Si c’est tous les jours comme ça la vie à Washington, c’est pas pour moi, j’aurais des cheveux blancs après deux semaines seulement d’une vie aussi trépiente que ça! Vive mes chatounes et mon p’tit champ de maïs ennuyeux comme tout, finalement
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