lun 26 déc 2005
Cliquez sur la fenêtre! Ben oui, en l’honneur de mon départ de ce matin, et comme j’aime les surprises, voilà un calendrier de… l’Après? Disons en tous les cas un petit souvenir de Noël, très spécial, et que je suis sûre que vous aimerez. C’est peut-être pour ça qu’il n’y a plus de porte vers Noël mais une fenêtre vers le futur…
Noël
Noël… Neige sur la province.
Dans les foyers pleins de tendresse,
Un sentiment conserve
Les sentiments passés.
Coeur qui s’oppose au monde entier,
Quelle vérité, la famille !
Profonde est ma pensée,
C’est pourquoi j’ai de la saudade.
Et comme elle est blanche de charme
La vue du paysage que j’ignore,
Telle qu’elle se montre dans la vitre
De ce foyer que je n’aurai jamais.
Fernando PESSOA, Traduction de Patrick Quillier
Je quitte donc aujourd’hui mon champ de maïs… jusqu’au premier de l’an (mon avion de retour part à 8 heures du matin le premier, aïe aïe aïe!). Pour deviner où je vais, je crois qu’il suffira d’un seul mot: buisson! J’y achèterai cinq cartes postales que j’enverrai aux cinq premiers qui m’enverront, par email, la bonne réponses
J’y vais pour une conférence, un entretien d’embauche, et y retrouver ma tante et fêter avec elle un anniversaire très important: mes dix ans, le 26 décembre, jour pour jour, de ma vie aux Etats Unis. Eh oui, il y a dix ans de ça exactement, j’arrivais avec ma tante à Los Angeles… et nous avons passé le Nouvel An à San Diego… avant d’aller m’installer dans ma petite chambre de dortoire en Utah. Dix ans! Je ne m’en souviens presque plus. C’est comme si j’avais toujours habité ici. Quand on me demande « are you going HOME for the holidays? » j’ai envie de répondre « mais je SUIS ici chez moi! » Je peux aller en visite en France ou en Suisse, mais chez moi c’est ici, dans mon champ de maïs, avec mes chatounes. Je peux rêver de bouffe française, de paysages suisses, de culture, de musées, de la langue de Molière… mais je finis toujours par penser et rêver en anglais, par aimer ma petite vie ici, mes habitudes, ma joie de tourner à droite quand le feu est rouge, les parkings handicapés partout, le respect qu’on donne à ma recherche, ma facilité à enseigner de la façon « américaine » à mes élèves, les restaurants et magasins toujours ouverts… Je suis ici chez moi. Dix ans, presqu’un tier de ma vie!
J’emporte mon ordinateur avec moi, mon appareil photo, et le BON cordon pour les photos! Et aussi mon adaptateur! Alors je pourrai continuer de blogger, addicte que je suis… mais comme je l’ai dit lors du premier jour de mon calendrier, ce blog va respirer un peu. Pas s’arrêter, mais respirer. Parce que de finir ma recherche et ma thèse pour août, c’est beaucoup, beaucoup, beaucoup trop de travail si en plus on raconte ses histoires de champ de maïs à plein temps! Mais pas d’inquiétudes, ce blog n’est pas prêt de fermer!
Je vous laisse mes chatounes à garder. Prennez-en bien soin s’il-vous-plaît! Ne faites pas courir Sosso, qui doit reposer sa guibole, et si vous voyez qu’elle boite, donnez-lui une petite tappe sur la hanche arrière-gauche pour rentrer l’articulation… et faites bien attention que Calinette mange sa part de croquette. Quand je ne suis pas là, elle ne mange presque pas et Sosso mange sa part… Et puis faites-leur des gros calins très souvent, elles en manqueront. Changez l’eau de leur bol tous les jours et nettoyez les litières tous les deux jours. Je suis trop triste de les quitter, mes chatounes, mes crapules adorées, ma p’tite poupée (Sosso) et ma grande princesse (Calinette).
La fenêtre a été offerte par Elvira.
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