ven 23 déc 2005
Cliquez sur la porte pour… heu… sortir… mais n’oubliez pas de mettre votre manteau d’hiver et vos gants, conseil d’amie
Puisque les Ronsard et autres Hugo ont abandonné la partie avant d’arriver à vingt-trois, il faut bien que les poètes modernes reprennent le flambeau et se chargent de me trouver des jolis poèmes pour mon calendrier. Alors après Brassens, un excellent intermédiaire entre la vieille et la nouvelle école, on retrouve Vincent Delerm, que plein de gens n’aiment pas mais moi si quand même un peu. Cette chanson n’est pas ma préférée, mais ma préférée n’avait pas vingt-trois dedans, alors on fait ce qu’on peut avec ce qu’on a mes braves gens
Ce qui est cool, par contre, c’est qu’on peut l’entendre pour de vrai ici, cette chanson.
L’appartement
Dans cet appartement, 23 rue Saint-Vivien
Tu viens de passer trois ans et tu t’en vas demain
Y a des traces de punaises partout dans le papier peint
Un carton sur une chaise, quatorze piles de bouquins
Tu t’endors les yeux ouverts sur le parquet désert.
Dans cet appartement, 23 rue Saint-Vivien
Trois joyeux anniversaires, une seule Saint-Valentin
Le chauffage qui déconne et la douche explosée
Répondeur, interphone, vous êtes bien chez Daphnée
La cuisine inondée, la voisine désolée.
Et puis aussi un soir d’avril il y a deux ans
Au milieu du couloir toute seule avec Alban
T’as parlé avec lui
Pendant quatorze minuteries.
Dans cet appartement, 23 rue Saint-Vivien
Y a des soirées qui traînent à trois heures du matin
C’est la sauce bolognaise en plein sur la moquette
La fumée des anglaises et la fenêtre ouverte
Une voix qui a demandé : « Est-ce que quelqu’un peut me ramener ? »
C’est Simon qui répare pour la quatrième fois
L’hallogène trouvé un soir dans les poubelles d’habitats
C’est Gwenaëlle qui squatte huit jours le canapé
Un problème d’ouvre-boîte et un double des clés
Des amis inséparables qui se sont séparés.
Et puis aussi un soir avec du martini-gin
T’as avalé pour voir toute la boîte d’aspirines
23, rue Saint-Vivien
Ca n’allait pas si bien.
Toutes les lampes allumées à cinq heures en hiver
L’auto-collant Nestlé en haut du frigidaire
Le mercredi passé sans un projet spécial
Les dessins animés, l’Assemblée Nationale
Descendre un peu plus tard s’il s’arrête de pleuvoir
Devant l’appartement, 23 rue Saint-Vivien
Peut-être que dans trois ans tu passeras avec quelqu’un
Et derrière ton visage tout ce qui ne se dit pas
Les histoires, les images que tu gardes pour toi
Une soirée de juin
23, rue Saint-Vivien.
Dans cet appartement, 23 rue Saint-Vivien
Tu viens de passer trois ans et tu t’en vas demain…
* Vincent Delerme: L’appartement
PS. Merci mille fois à La Miss pour un joli CD de musique que j’adore: les concertos pour piano de Bach. Parfait pour Noël! Y’a pas à dire, j’ai des super copines
PPS. On va opérer Sosso au début de l’année
J’ai vraiment plus envie de partir, là, parce que j’ai peur que quelque chose lui arrive pendant que je suis absente…
PPPS. J’ai commencé à écrire mon quatrième chapitre… Ben mes enfants, je suis pas au bout de mes peines! C’est l’ENFER INTEGRAL! Ma détermination de finir mon doctorat cet été s’en trouve fort ébranlée!
PPPPS. Un blog qui m’était cher est mort… je déteste la mort des blogs que j’aime, ça me fiche le caffard! Comme quand des visiteurs que j’aime ne viennent plus… et on les oublie… ils nous oublient… et c’est comme si notre « rencontre » n’avait jamais existé… Les boules!
Le site d’origine de la porte se trouve ici, chez notre ami Sale bête qui a fait des superbes photos des tempêtes de l’hiver dernier (entre autres!).
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