Mon 28 Nov 2005
la muraille de Chine… non, le mur de Berlin!
Ecrit par miss lulu dans boulot boulot et hautes étudesEn janvier 2002, j’attendais la réponse de Purdue pour savoir si j’étais acceptée en doctorat ou pas. 2001 avait été de loin la pire année de ma vie, et j’avais besoin de quelques bonnes nouvelles. Mais j’avais peur. Tellement peur, en fait, que j’avais l’impression d’être au pied d’une montagne gigantesque que je n’arriverais jamais à franchir. Peur de ne pas être acceptée mais en même temps peur de l’être. Peur de ne pas être à la hauteur, de ne pas y arriver, de décevoir ceux qui m’aiment, de me décevoir. J’avais tout simplement envie de disparaître de la surface du monde, de me faire toute petite et me cacher dans un trou de souris, de fermer les yeux et tout oublier, tout simplement.
Aujourd’hui, bientôt quatre ans plus tard, je me trouve non plus devant une montagne gigantesque, cette fois-ci, ni devant une immense muraille qui n’en finit pas, mais devant un mur de Berlin vengeur et violent et impossible à approcher, impossible à dépasser. Ce n’est pas comme une montagne, pour laquelle le premier pas est difficile et qui demande de la force et du courage. Non. Cette fois, le premier pas peut me tuer. Le deuxième aussi! Et même si j’arrivais de l’autre côté vivante, je pourrais encore y laisser ma peau! Il n’y a pas seulement mon égo, en face de moi, il y a l’ennemi.
Je ne veux pas avoir à y faire face. Je veux arrêter les pendules, changer les règles du jeu, inverser le cours des planètes. Je ne veux plus rien voir, plus rien entendre, plus rien savoir, plus rien être. Je ne veux pas me forcer, me pousser, me faire humilier, me sentir bête, ne pas être à la hauteur, décevoir ceux que j’aime, sourire quand je veux pleurer, devoir prouver quoi que ce soit, me dire que je peux y arriver et ne pas y arriver. Je veux m’évaporer dans l’air froid, me fondre dans la neige, dormir avec mes chats jusqu’au printemps, et tout oublier pour toujours.
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