ven 2 sept 2005
La dure journée d’un Suisse très crocheur
Déçu en bien par l’absence de chenit sur la place de jeu, si poutzée qu’une piorne n’y aurait pas trouvé de minons à saisir avec des brucelles, Jean pensa que c’était mal fait pour les bordiers qui avaient dû régater pour réduire tout ce commerce: par cette fricasse, ils auraient eu meilleur temps de profiter du passage du trax. La cramine, ça donnait plutôt envie de se royaumer, de faire gentiment un clopet sous sa fourre de duvet… Avant de prendre de la benzine pour son boguet qui péclotait la moindre (mais ce n’était pas son genre de chinder un teuf, ça aurait eu mauvaise façon), Jean décida de s’arrêter au bar à café pour agender la verrée de leur volée avec ce bracaillon de Paul, un vrai pétouillon dont on ne savait jamais ce qu’il foutimassait. Quand la sommelière, une jolie Toto pas barjaque, lui dirait: «Service!» en empochant la bonne-main de son renversé, aprés un bon souper – pourquoi pas une longeole, des röstis et trois décis? -, il oublierait enfin la bourrée de ce bouclement de comptes. Charrette! Il avait les pieds tout enfles à force d’avoir tracé toute la journée, sans savoir au monde quand il pourrait manger une morce.
Par Isabelle Martin, trouvé ici avec plein d’autre mots et des explications très intéressantes!
Je ne peux pas m’empêcher de rire aux larmes en lisant ce texte, parce que j’entends mon frangin parler exactement comme ça, et ça me rappelle mes copains d’écoles, mes profs, ma meilleure amie Michèle, le Fond de la Corbeille à la télé… comme si chacun de ces mots était rattaché à un endroit, une personne, un moment de ma vie… Le boguet de Léo, monsieur Bott qui nous disait de fourrer nos cahier et de faire nos tâches, le cheval de Michèle qui péclote, les cornets de la Migros, aller à l’uni tous les jours, mon frangin qui a meilleur temps de passer son permi en automne, les enfants à qui on fait un bec, le rampon du printemps, le ballon du petit déjeuner, les biscômes de Noël, le caquelon à fondue, les examens de maturité à Neuchâtel, le rendez-vous avec le syndic de Morges … et surtout cette tournure grammaticale si particulière et que j’adore, le passé surcomposé ou un truc comme ça: après qu’il a eu fini ses études, quand j’ai eu terminé d’expliquer mon problème…
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C’est pas tout ça les enfants, mais moi j’me tire de ce bled! Je vous enverrai des photos de mon voyage depuis chez ma ‘tite frangine… j’aurai tout le temps d’en prendre en conduisant, vu que je vais rouler à 30 kil/heure (les 500 kilomètres qu’il y a jusqu’à chez elle vont pas défiler rapidement!!) vu le prix de l’essence: $3,20/gallon ce matin!!! Je rale pas, j’ai encore ma maison en un morceau, moi…



