Archives de avril 2005


Et oui, ladies and gentlemen, je suis officièlement au chomdu à partir d’aujourd’hui même et ce jusqu’à fin août! Les cours sont terminés, les élèves en plein examens, les derniers papiers en train d’être écrits, et les copies d’examens en train d’être corrigées. Aïe aïe aïe, on va se serrer la ceinture et le reste aussi! Je rappelle à tous ceux qui aimeraient soutenir l’effort de guerre qu’ils peuvent toujours participer à la survie de la race des miss lulu dans leur champ de maïs en cliquant sur la plaque de Floride dans le menu à droite, là où il est écrit « ouichlist. » Et pour ceux qui seraient ultra généreux et voudraient m’offrir le piano, je suis touchée, mais rappelez-vous qu’un piano ne se mange pas et ne me sera donc pas d’une grande utilité cet été… sauf pour la nourriture spirituelle, bien sûr!

L’avantage de ne plus avoir un sou c’est que ça me permettra de perdre un peu de poids avant mon prochain voyage en France… et comme ça je pourrai manger sans restrainte une fois en France, aux frais de … heu… la princessh, entre autre ;) L’inconvéniant de ce système, par contre, c’est qu’avec le cours (court? cour? coure?) du dollar, je ne vais rien pouvoir me rapporter dans mon champ de maïs comme petites provisions de chocolat et autres douceurs françaises! Dommage! Bref, on n’y est pas, et avec un peu de chance, d’ici là, l’économie américaine pourrait avoir le temps de se redresser et le dollar de reprendre du poil de la bête (je pourrais lui filer un peu de poils de mes p’tites bêtes, hein, si ça peut aider!).

Ce que je trouve ironique dans l’histoire, c’est que c’est pas parce que je ne vais pas recevoir de salaire pendant quatre mois que je vais en profiter pour me tourner les pouces, couper mes cheveux en quatre, mettre les points sur les i, faire la grasse matinée, couper la poire en deux, jeter de l’huile sur le feu, avoir les quatre fers en l’air, chercher midi à quatorze heures, pleurer comme une madeleine, monter sur mes grands chevaux, être une poule mouillée, tuer la poule aux oeufs d’or, mettre la charue avant les boeufs, finir en queue de poisson, me jeter dans la gueule du loup, voir rouge, casser du sucre sur votre dos, boire comme un trou, tourner autour du pot, et me dorer la pilule! Non non, ladies and gentlemen, cet été il faut que:

- je bosse à fond sur ma recherche,
- j’écrive deux articles et arrive à les faire publier,
- je prépare deux présentations de conférences,
- j’aille à ces deux conférences (dont une est dans le Wisconsin, chouette, je suis jamais allée dans le Ouiskonnsine!),
- je lise environ 150 bouquins et commence à écrire ma « dissertation » (au moins 80 pages),
- je m’occupe de l’association dont je suis présidente (budget, lettre semi-annuelle, journal, etc.),
- j’écrive et envoie deux « proposals » de conférences pour l’année prochaine,
- je refasse tout mon site internet qui « suck » comme on dit en anglais,
- je prépare deux nouveaux sites internet et tout le materiel pour les deux classes que je vais enseigner l’automne prochain,
- j’aille passer 2 semaines en France, et pendant ces 2 semaines, que je vois le viaduct de Millau, ma famille, et tous mes amis, mange dans au moins la moitié des restaus de Paris, et fasse baptiser mon filleul,
- j’aille dans le Michigan passer quelques jours avec ma soeur pour son anniversaire,
- j’apprenne à faire des ANOVAs, des regressions, des Chi squares, des Crombach alphas, et des factor analyses,
- je trouve des tas de participants (entre 500 et 700) pour ma big study de l’automne,
- je joue avec mes chatounnes chéries,
- je fasse plein de photos de Lafayette et les mette sur mon blog,
- je dorme, parce que c’est pas l’automne prochain que ça pourra se faire, ce genre de chose,
- je bronze… … au moins du dessus de mes mains et des bras, si j’ai de la chance!

Et tout ça pour PAS UN ROND! Un carré quand même peut-être? … de chocolat?

House of 3: miss lulu, Sosso, and Calinette.
Devinette: qui de ces trois-là est celle qui manque de sommeil???

Aujourd’hui, j’ai reçu un récompense, un prix, des lauriers! Mon blog a été élu “blog francophone du Midwest” et c’est pas peu dire! Mon blog n’est pas dans les 10 meilleurs blogs, ni les 10 plus drôles, les 10 plus chiants, les 10 plus beaux, les 10 plus intéressants, les 10 plus appétissants, les 10 plus bizarres, les 10 plus créatifs, les 10 plus intellectuels blogs de l’année. Non, mon blog n’est rien de tout ça mais il est lui, et je l’aime. Les lauriers ne viennent pas du Times Magazine, ni du bouquin “Les 100 blogs qui comptent,” ni du Monde, ni de Fortune 500, ni de l’Exponent. Non, mes lauriers ne viennent que de moi, c’est moi qui me les donne, puisque personne d’autre ne le fait, et ça me plaît!

Je trouve que je les mérite, après tout! Tout d’abord, mes posts sont totallement aléatoirs et imprévisibles, et rien que pour ça, je trouve que ça vaut la peine de s’y arrêter 2 minutes. Ensuite, peu de blogs ont autant de fautes d’ortographe et un language aussi étrangement mélangé de mots français et de tournures anglaises. Et puis j’y écris souvent, je me prends pas trop pour la queue de la poire mais quand même assez, j’y insulte les Américains mais aussi les Français sans vergogne, je sais causer de n’importe quoi et poster les photos de ma soeurs quand je n’ai rien à dire, et je fais des efforts pour ne pas trop y parler de mes chats. Et top de chez top, j’y mets plein de mes photos super moches qui prouvent aux autres amateurs de photographie qu’il y a pire qu’eux et qui leur redonne du courage!

Je ne suis bien sûr pas une grande des grandes du monde des blogs, je n’ai pas 800 visiteurs et 150 commentaires par jours, je ne change pas la vie des gens qui passent me voir, je ne fais que rarement rire ou pleurer mes visiteurs, et le jour où la miss lulu n’écrira plus en directe de son cornland, peu de gens le remarqueront. Mais quand même. J’ai des visiteurs fidèles et quelques infidèles aussi, et je dois remercier google d’envoyer ceux qui cherchent des jeux sexuels, de la country québécoise, miss Kansas vietnamienne 2005, lulu the cow, un bisou esquimau, des images horrifiantes, le gratin d’aubergine au parmesan, comment couper leur pied et manger leurs bégonias, et les amateurs d’oeufs de couleuvres de de sarrazins albertains chez moi. J’ai aussi des commentaires charmants, intéressants, touchants, et drôles, que je n’échangerais pour rien au monde contre ceux de plus célèbres que moi.

Donc voilà, je me décerne la palme d’or de « blog francophone du Midwest, » et je suis super fière! C’est pas tous les jours qu’on reçoit une récompense! Je suis très heureuse, très touchée, et toute rouge d’émotion. Je voudrais remercier tous ceux qui m’ont permis d’en arriver là et avec qui je voudrais partager mes lauriers: tout d’abord mon papa et ma maman, sans qui je n’aurais pas vu le jour ni le blog, et ensuite tous mes lecteurs assidus et moins assidus, de passage ou de retour, et puis tous ceux qui me laissent des commentaries et valident ainsi cette entité virtuelle que je suis devenue à travers mon blog, et qui me donnent le courage de me lever chaque matin avec un sourire sur les lèvres (à défaut de bisou… quoi que… parfois…)! Sans chacun d’entre vous, je n’aurais jamais reçu cette récompense que tant d’autres convoitent mais si peu méritent!

Sur ce, je vous laisse, chers amis bien-aimés, je dois aller à une cérémonie ce soir-même pour y recevoir non pas des lauriers mais une plaque gravée de mon nom et de mots doux me prononçant meilleure prof du département d’anglais et de l’école de Liberal Arts de 2004. Décidemment, les honneurs me tombent dessus comme les pétals d’arbres fleuris en fin de printemps, ces jours-ci! Je vais finir par avoir la grosse tête! Faudra que j’arrête d’être la plus francophone des profs d’anglais bloggeuses du Midwest, un de ces jours!

C’est extraordinaire. Toute la presse en parle! Les lauriers de miss Lulu sont partout. J’ai même trouvé une photo dans l’édition du matin du Purdue Match.

Une vraie star!

– Fennelin

… piqué chez All over the world parce que c’est trop drole et parce qu’il faut absolument que heidi et mon papa, tous deux excellents profs de français qui en ont vu d’autres, voient ça ;)

- Les égyptiens transformaient les morts en momies pour les garder vivants…

- Les empereurs romains organisaient des combats de radiateurs …

- César poursuivit les Gaulois jusqu’à Alésia, car Vercingétorix avait toujours la gaule …

- Clovis mourut à la fin de sa vie ….

- Charlemagne se fit châtrer en l’an 800 ….

- Quand les paysans avaient payé leurs impôts, ça leur faisait un gros trou aux bourses …

- La mortalité infantile était très élevée, sauf chez les vieillards …

- Les enfants naissaient souvent en bas âge ….

- L’armistice est une guerre qui se finit tous les ans le 11 novembre …

- Les nuages les plus chargés de pluie sont les gros cunnilingus …

- Les américains vont souvent à la messe car les protestants sont très catholiques …

- La Chine est le pays le plus peuplé avec un milliard d’habitants au km carré…

- Pour mieux conserver la glace, il faut la geler ….

- Le passage de l’état solide à l’état liquide est la niquéfaction …

- Un kilo de mercure pèse pratiquement une tonne ….

- La climatisation est un chauffage froid avec du gaz, sauf que c’est le contraire …

- Autrefois les chinois n’avaient pas d’ordinateur car ils comptaient avec leurs boules …

- Les fables de La Fontaine sont si anciennes qu’on ignore le nom de l’auteur …

- Les français sont de bons écrivains car ils gagnent souvent le prix Goncourt …

- Les peintres les plus célèbres sont Mickey l’ange et le homard de Vinci…

- Le chien, en remuant la queue, exprime ses sentiments comme l’homme …

- Les lapins ont tendance à se reproduire à la vitesse du son …

- Pour faire des oeufs, la poule doit être fermentée par un coq …

- Grâce à la structure de son oeil, un aigle est capable de lire un journal à 1400 mètres …

- Les calmars géants saisissent leurs proies entre leurs gigantesques testicules …

- Les escargots sont tous des homosexuels ….

- L’artichaut est constitué de feuilles et de poils touffus plantés dans son derrière …

- Le cerveau des femmes s’appelle la cervelle ….

- Après un accident de voiture, on peut être handicapé du moteur…

En ce moment, j’ai besoin d’air, de nouveaux horizons, de nouveaux visages, de nouvelles odeurs, de nouvelles couleurs. Et puis j’ai besoin de faire quelque chose de différent, aussi, quelque chose qui n’a rien à voir avec la linguistique, ou les statistiques, ou les questionnaires, ou les doctorats. Besoin de rêver, en fait, ça fait longtemps que je n’ai pas accompli de rêve et que mes rêves sont enfermés bien profondément, trop loin de mon coeurs pour me blesser, trop loin de ma tête pour y penser, mais toujours trop près de moi pour les oublier.

Quand j’étais jeune, je voulais devenir architecte. Pas comme on veut devenir pompier, hein, mais une vraie architecte, avec le casque sur la tête pour aller visiter les chantiers, ces longs rouleaux de plans biscornus et délicats à la main, et des visions de ponts fantasmagoriques, d’immeubles rocambolesques, et de villes inconcevables. En fait, je voulais devenir architecte civile, parce que les ponts ont toujours été quelque chose de très spécial pour moi, peut-être comme des ponts entre ma réalité et mes rêves, mon enfance oubliée et mon futur entrevu, ma fragilité cachée et ma force extérieure. Les ponts, pour moi, sont plus extraordinaires que des concordes, des voyages sur la lune, la découverte de l’atom, ou le dernier vaccin.

Je n’ai jamais pu résister devant l’histoire d’un pont ou d’une construction faramineuse ou hasardeuse. J’ai raté des cours, des examens, des présentations de conférences pour pouvoir tout apprendre sur les échecs, les embûches, les calculs, les accidents, les périls, et le travail incroyable non seulement de ces architectes audacieux mais aussi des travailleurs téméraires exécutant les plans d’un autre, ceux dont on parle moins mais dont le labeur est la pierre de voûte de tout rêve d’architecte.

Mon rêve d’aujourd’hui, juste devant le viaduct de Millau, c’est Kansai, et le Japon. Le Japon pour sa nourriture que chaque cellule de mon corps réclame à grand cris, et Kansai, parce que c’est un miracle architectural qu’il me tarde de voir. Conçu par celui qui a osé imaginer le Centre Pompidou, cet aéroport est particulier parce qu’il a été construit sur une île créée juste pour lui. Je veux voir le terminal le plus long du monde, les attérissages au bord de l’eau, les souterrains mystérieux, les colonnes qu’il faut agrandir régulièrement pour compenser l’île qui s’enfonce trop vite, les fuites qu’il faut colmater, la construction de la deuxième île, les alertes de tremblements de terre, les typhons, les systèmes de navettes, de bus, et de trains comme on n’en voit qu’au Japon, les créations étranges suspendues au plafond, et mon billet d’avion avec « DTW to KIX » écrit dessus.

Je déteste prendre l’avion. J’ai une hantise des aéroport qui surpasse même celle du céleri en branche et de la réglisse, et c’est pas peu dire! Mais peut-être que d’avoir ce billet d’avion dans les mains changerait ma perspective, me ferait courir dans l’avion, et me permettrait enfin d’aimer être dans un aéroport! Et peut-être que d’emprunter le pont qui relie Kansai à Osaka donnerait enfin une explosion de goûts, de sons, et de couleurs à ma vie, de nouveaux horizons à mon coeur, et des ailes à mes rêves…

Il est intéressant de voir que je voulais parler de droit hier, juste avant de tomber sur ce triste article dans le journal. Ca tombe bien, je pourrai peut-être expliquer deux ou trois choses là-dessus aussi. En fait, je voulais parler de droit après une petite discussion intéressante que j’ai eue chez Jerome, à propos de macdo, d’assurance maladie, de syndicats, et de café renversé.

Les Etats Unis sont un pays réputé pour ses poursuites en justice à droite et à gauche. Et jusqu’à il n’y a pas très longtemps, je trouvais que ce système était assez nul et qu’il était trop facile de poursuivre en justice n’importe qui pour n’importe quoi. En réalité, depuis que je prends des cours de droit et d’aministration, je vois la situation sous un tout autre angle, et c’est passionnant. Je voudrais en parler un petit peu ici, pas beaucoup, parce que j’aurai du mal à m’exprimer en français sur des choses apprises en anglais, et en plus, je ne connais pas bien le système français. Il faut aussi se souvenir que chaque état, aux Etats Unis, a ses propres lois et régulations, et donc qu’il est difficile de généraliser. Il y aura toujours des exeptions! Mais je vais essayer de généraliser quand même un peu… et comme on dit en anglais, bear with me!

En fait, il y a plusieurs constitutions: celle du pays entier, qui est la plus puissante, et puis celle de chaque état, qui est parfois bien différente mais qui ne peut en aucun cas contredire la constitution fédérale. Heureusement, cette dernière est quand même assez vague dans certains domaines, comme par exemple l’éducation, et donc chaque état fait sa loi en ce qui concerne la façon de payer pour l’éducation, ce qu’on enseigne, et comment. C’est pourquoi le système d’éducation peut varier tellement d’un état à l’autre. Quand il y a un problème, par exemple quelqu’un se fait virer de son boulot sans raison, comme cela arrive souvent dans l’Indiana (un état où on n’a pas besoin de donner des raisons pour virer quelqu’un du jour au lendemain), on peut poursuivre en justice celui qui a causé le tort (donc là, l’employeur). Tout d’abord, on ira dans les courts locales, et puis d’appel en appel, on montera dans la hiérarchie et on arrivera aux courts de l’état en question. Si un juge prononce un jugement au niveau de la court de l’état, ce jugement influencera tout l’état. Par exemple, si le type s’est fait virer parce qu’il était trop vieux et que l’état trouve que ce n’est pas juste de discriminer contre les vieux, plus personne dans cet état ne pourra discriminer contre les vieux. Si la court suprême des Etats Unis trouve que le cas est important et descide d’accepter un appel (ils ont le choix, et dans le cas de Terri Chiavo ils avaient refusé les appels), alors là, leur jugement influencera le pays entier.

C’est vrai que les Américains ont un peu tendence à poursuivre en justice pour un oui ou pour un non. Le problème, c’est que le système social est entièrement différent de celui de la France. Ici, il y a très peu de sécurité de l’emploi, et il faut se battre pour qu’une assurance paye, pour recevoir des « benefits » (retraite, assurance sociale, etc.). Les patrons ont tous les droits. Mais petit à petit, à coup de poursuites en justice, les employés ont réussi à obtenir de ne pas se faire virer pour certaines raisons: âge, handicappe, et grossesse! Et même encore aujourd’hui, peu d’états donnent plus de trois jours de congé payé aux femmes enceintes! Après maintes poursuites en justice, elles ont maintenant le droit de prendre jusqu’à deux semaines de congés après la naissance, mais ce ne sera pas des congés payés. Pareil pour les accidents de travail! Il a fallu des dixaines et des dixaines de poursuites pour que les employeurs soient enfin obligés de payer pour les maladies et accidents et ne virent pas leurs employés au moindre accident. C’est là que je dis que souvent, ces poursuites en justice sont nécessaires! Et jamais gagnées d’avance, dans ce pays où l’individualisme et le capitalisme sont rois!

Dans tout ça, il y a un niveau très intéressant un peu à part et qui me plait bien: « academia, » comme on dit en anglais, ou le système universitaire. Là, les choses ne se passent pas de la même façon qu’ailleurs. Les poursuites en justice ne sont pas rares mais beaucoup plus récentes que celles dans les autres domaines, et elles sont traitées par les courts de justice un peu différemment. Il y a ce qu’on appelle la « academic deference, » qui veut que les juges avouent ne pas tout connaître dans le domaine de l’éducation et donc respecter les décisions des profs. Par exemple, si un élève en génie civil poursuit en justice son prof parce qu’il a eu une mauvaise note, le judge admettra souvent qu’il n’est pas en mesure de juger si la note était méritée ou injuste parce qu’il ne s’y connaît pas en génie civil et donc l’élève perdra son procès. Si un élève n’est pas accepté dans tel ou tel programme, le juge vérifiera que les profs n’ont pas été racistes, sexistes, ou anti-handicappés, mais c’est tout, pour le reste, il fera confience aux profs qui n’ont pas accepté cet élève pour X raison. Cela marche rarement, par contre, pour tout ce qui conerne le sexisme (les sports, par exemple), le racisme (les bourses d’étude pour les athlètes noirs qui ne ne sont pas obligés d’apprendre quoi que ce soit mais qui rapportent des millions aux universités) et tout ce qui concerne les handicappés (obligation de mettre des assenceurs et rampes dans les nouveaux buildings, interprètes, aides spéciales dans les dortoirs et les classes, etc.). Ce qui est intéressant, c’est de voir que les élèves poussent maintenant la chose à un autre niveau, puisque celui-ci ne marche pas bien, et commencent à parler de « contrat » et là, c’est une autre affaire! Par exemple l’université disait, dans ses guides et publications, que les élèves de tel programme devaient prendre tel et tel cours pour recevoir leur diplôme. Or, soudain l’université change d’avis et demande aux élèves de ce programme de prendre des autres cours. Si, au départ, il n’était pas clair que les cours requis pouvaient changer au milieu du programme, les élèves ont le droit de dire que le contrat n’a pas été tenu. Mêmes combine avec la sécurité sur les campus (prévention, crime, etc.), les salaires des employés, le sexisme et le racisme contre les employés, etc. Malgré tout, en général, l’université va gagner pour tout ce qui concerne l’enseignement, la connaissance, et la « academic freedom, » qui laisse les élèves et les profs dire à peu près tout ce qu’ils veulent (c’est pour ça que Jennifer, hier, a pu dire ce qu’elle a dit et que personne ne pourrait gagner un procès contre elle).

Allez, une dernière chose et puis je me tais. C’est les étrangers. Je viens de faire une présentation dans ma classe de droit sur les étrangers… eh ben c’est pas joyeux! En fait, depuis le 11 septembre, le Patriot Act fait la loi (ce fameux act que personne n’a eu le temps de lire avant de l’approuver, 3 jours après le 11 septembre, comme l’a si bien montré Michael Moore), et je l’ai lu, et ce qui est très intéressant et que peu de gens savent c’est qu’il fait que tous les droits que les citoyens américains ont (liberté d’expression, privacy, etc.) ne sont plus valables pour les étrangers. Par exemple, dans les écoles, il est absolument interdit de dire à qui que ce soit les notes des élèves (à part à l’élève en question) ou des informations sur les élèves (adresse, numéro de tel, combien il a reçu pour sa bourse d’étude, etc.). L’information est extrêmement privée. Et puis si quelqu’un veut tout savoir sur vous, il doit vous prévenir qu’il fait des recherches (warrant). Mais plus pour les étudiants étrangers! Grace au Patriot Act, maintenant, il est possible d’envoyer des Trojan viruses dans les ordinateurs de n’importe qui et ce Trojan va enregistrer chaque page internet regardée, chaque documment ouvert, et chaque touche tappée sur le clavier, donc aussi tous les mots de passe. Des agences comme le FBI ou la CIA ou la Homeland Security peuvent aussi aller dans les bibliothèques, par exemple, et demander ce que j’ai pris comme bouquins, et il sera strictement interdit à la bibliothèque de me dire que quelqu’un a regardé ce que j’avais emprûnté et lu! De même la Constitution fédérale donne droit à tout citoyen de savoir pourquoi on l’arrête, d’avoir un avocat, et de se défendre, mais les étrangers (pas seulement les illégaux, hein, je parle de gens comme moi!) n’ont plus aucun de ces droits! Les embassades, les juges, et n’importe quelle agence fédérale ont le droit d’annuler les visas de n’importe qui, n’importe quand, et pour n’importe quelle raison sans avoir besoin de se justifier. Et de dire que n’importe quel étranger est un « suspect terroriste » sans explication ni preuve aucune.

Enfin, tout ceci est tellement complexe que je pourrais écrire 25 bouquins là-dessus! J’aime me sentir protégée par la academic deference, mais j’aime pas trop ce fichu Patriot Act!

Student offers modest proposal

Homosexuality is a contagious malady which adversely affects our economy and endangers Americans souls.

The homosexual population in the United States drains our economy. The government requires companies to provide insurance for domestic partners and their children which forces prices to rise, which harms every American consumer.

Homosexuality also affects the souls of the ten percent of Americans who have fallen victim to the plague. The Bible clearly states that any man who lays with another man should be put to death and end up in Hell.

I have objectively examined the homosexual plague and have created a modest proposal to eradicate the epidemic. Extraordinary members of the police agencies will be employed to gather homosexuals for redistribution in « degayification » camps. These camps will provide the homosexuals with the proper tools to alleviate their symptoms.

All infected will attend rigorous religious therapy which programs their minds away from the « gay temptation. » The program will also treat the physical arousal from the disease by wearing out the body in fields, performing hard labor.

I am not unrealistic with my goals and realize this treatment may not be enough for some. The remaining contaminated will be subjected to therapy where the infected males will be forced to perform involuntary intercourse on the infected females.

The camp is not a permanent settlement and those who still do not respond to treatment will be castrated.

My solution is not without reward. First, the homosexuals will save their souls from eternal damnation. Second, land owners will receive compensation for land used by the degayification camps. This means the materials are produced cheaper and prices will be cheaper.

It does not benefit me. I offer it as a way to solve the homosexual problem and invite others to provide better plans.

Jennifer R. Gordon, Sophomore, School of Agriculture, Purdue University, West Lafayette, Indiana, The Exponent, April 22, 2005, p. 6.

l’abantage d’une delle bague de jaleur z’est gu’il y a blus de deige, gue les jadounnes dorbent doude la jourdée et dong on beut vaire la zeisde dout l’abrès-bidi barze gue de doudes les banières il vait drop jaud bour vair guoi gue ze zoit, gue j’ai boins vaim dong je bange boins et za vera de la blaze bour be goinvrer en Franze, gu’elles vont la biesda le zoir et gue za b’embêje de dorbir et be borze à bozzer, gu’on beut envin bettre zes jolies chebises à banjes gourtes et zes zandalles d’édé et gu’on a boins de gros bulls à laber, gu’on beut esbérer gue l’hiber rebiendra bide, gue les arbres (diens, un bot dorbal!) ont zordi leurs veuilles drès rabidement et z’est bajement joli, gu’on a droubé guelgue joze de doubeau dont ze blaindre, gue les allérgies (bien dûr, ze bot beut ze dire zans broblèbes bêbe abeg le dez boujé!) z’en doddent à goeur joie, gu’on vait bachebent d’égonobies zur le jauvage, et gue le boral rebonte!

Ebidebbent, z’est bas drès bradigue bour barler et ze vair gombrendre…

Ze printemps est reviendu!!! (l’été plutôt, il a fait 27 degrés celcius aujourd’hui déjà!!) (ça me fait trop rire de penser qu’ici, on met déjà l’air conditionné à fond alors qu’il vient de neiger en Suisse et en France… huhuh…) (ouais je sais que ça vous fait pas rire… mais moi si… huhuh…)… (non en fait ca me fait pas rire qu’il fasse déjà 27 degrés ici alors qu’on est qu’en avril!)

Comment ça s’appelle ces machins entortillés? Ca a commencé le 11 septembre, quand les gens portaient des petits rubans rouges, blancs, et bleus, pour montrer leur patriotisme, et puis on en a vu partout, en autocollants sur les voitures surtout, mais aussi en pins sur les vestes des équipages d’avion, des profs, des vendeurs dans les magasins, avec des slogans qui disaient d’abord « God bless America » et puis maintenant seulement « God bless the USA, » ou « Support our troups, » « Let Freedom Ring, » « Home of the brave, » ou « United We Stand. » (Lire un article très marrant là-dessus). Bref, ces petits machins sur les voitures étaient un bon début… mais on ne s’arrête pas à ça!

Bon, un drapeau à la fenêtre c’est tellement courant ici que ça ne se remarque même plus. Alors on en met partout ailleurs, et surtout sur les voitures! J’adorerais voir un drapeau français de cette taille sur une voiture en France!!! Ou même un drapeau de n’importe quelle taille sur une voiture française, d’ailleurs! Mais passons, disons que le drapeau est un signe que les Etazuniens aiment leur pays, leur président, la pauvreté, le manque d’éducation, les crimes, les mensonges, la corruption, la bigotterie, etc. A côté du drapeau, le petit machin entortillé dit « Freedom isn’t free » et il m’a fallu une minute pour réaliser que ça ne veut pas dire « la liberté n’est pas libre » (ce qui fairait trop de sens pour la situation, c’était suspect) mais plutôt « la liberté n’est pas gratuite » (ce qui veut BEAUCOUP dire, compte tenu de la situation de ce pauvre monde. D’ailleurs c’est intéressant comme on peut le comprendre de deux façons différentes: « la liberté demande des sacrifices, » ou « on va vous faire payer votre liberté! »)


Mais ça, là, c’est le comble du mauvais goût, je trouve!!! Imaginez une immense Marianne, qui fait la gueule, coiffée d’un drapeau français et sur fond de drapeau français flottant au vent, collée sur le par-brise arrière de votre voiture!! Ahaha, j’adorerais voir ça! C’est le genre de truc que je vois tous les jours, dans mon champ de maïs bien-aimé… ça, et des t-shirts qui disent des trucs du genre « passe-temps favorits: chasse à l’ours et au musulman. »

Rassurez-moi, je vous en prie, je suis la seule ici à penser que ces amerloques ont pété un plomb???

miss lulu a la joie de vous annoncer la naissance de… heu… l’achat de son billet d’avion pour aller passer deux semaines en FRANCE très bientôt! Elle sera donc plus ou moins à Paris entre le 24 mai et le 7 juin et espère bien voir ses amis bloggeurs et talentueux, ainsi que ses lecteurs bien-aimés. Elle a pensé que de faire une grande réunion comme la dernière fois était trop fou, et qu’il était aussi un peu tard pour organiser ça, et donc elle … merde, pourquoi je cause à la troisième personne, ça me rend folle!!! Bon bref, qui m’aime m’écrive, hein :) Et si quelqu’un veut organiser quelque chose, faut pas hésiter. Je ne sais pas exactement quand je serai où, parce que la priorité numéro une, avec PrincessH, LuLu, et Candy Froggie, c’est de voir mon nouveau filleul et de le baptiser, mais il y a plein plein plein d’autres personnes que je voudrais voir vachement beaucoup, comme La Miss, Heidi, lavomatic, kiara, LeNours, Bé@, lithium, Borgo, Angel, Fennelin, AutchoZ, kek, alt+G, Parisian Smile, Cali, !Béo!, Samantdi, Alinet, etc. etc.. Alors tous ceux qui pourraient passer par Paris dans ces eaux-là, même ceux que j’ai pas nommés ici parce que je suis trop lazy pour tout écrire, faites-moi signe! Comme on dit ici, first come first serve, donc les premiers qui me contactent auront la priorité! Et je suis même d’accord de me réveiller super tôt pour aller prendre le p’tit déj’ avec les « early birds. »

J’ai décidé cette fois de ne pas parler de cigarettes, de metro, ou de caca de chien sur mon blog (mon Dieu, faites que les français arrêtent de fumer, inventent les escalators, et apprennent à ramasser les besoins de leurs chiens d’ici le 24 mai!) et de faire de ce voyage un séjour pas du tout reposant, plein d’amis, plein de moments précieux, et gastronome! Je veux des pains aux raisins, des millefeuilles, du bon pain, des bons petits plats bien français, du couscous, des repas dans des bons restaus de Paris, du fromage à gogo, des barquettes à l’abricot, du fromage blanc avec un peu de crème fraîche, de la bonne charcuterie, des cornichons croquants, du chocolat, du café ‘achement fort, et encore des tas d’autres délices! En bref, je veux que chacun de mes repas pris pendant ces deux semaines soit un festin! Alors, avez-vous des bonnes adresses à me conseiller? Vos restaurants préférés? Vos pâtisseries favorites? Le meilleurs cassoulet de Paris? (Pas la peine de m’envoyer à la Tour d’Argent, hein, je suis pas Bill Gates quand même! Sauf si vous m’invitez, bien sûr…)

Voili voilà, préparez Paris, miss lulu arrive :)


Photo prise par jojo en Italie

Quand jétais moi, je me levais une heure plus tôt tous les matins pour écrire sur mon blog et lire celui des autres.

Quand j’étais moi, je recevais 10 emails de spam et 5 emails du boulot et des amis par jour.

Quand j’étais moi, je me faisais du soucis à propos de ma famille, de mes amis, de mes chats, de mes cours, de mes élèves, et de ma recherche.

Quand j’étais moi, j’aimais prendre mon bouquin de droit ou de statistiques et le lire au soleil, dehors, pour profiter du printemps qui montrait son nez.

Quand j’étais moi, je mangeais des céréales au petit déjeuner, un bon déjeuner fait maison, et une petite salade avec un milkshake à la banane le soir.

Quand j’étais moi, je stressais un peu mais ça allait.

Mais depuis que je suis devenue directeuse de machin-bidule-et-truc et que j’ai plein d’idées et que j’ai 1000 personnes sous mon aile, je ne suis plus moi!

Je me lève deux heures plus tôt pour répondre aux 200 emails de tas de gens pas contents et qui croient m’aider.

Je me fais du soucis à propos de machin qui ne comprend rien, untel qui n’est pas d’accord, et truc-muche qui pense autrement.

Je passe mes journées à travailler sur le site de l’organisation, les présentations qu’il faut organiser, les lettres qu’il faut envoyer, et les idées qu’il faut essayer.

Je mange un carré de chocolat le matin, un macdo dans la voiture à midi, et une tartine le soir.

Je dors 5 heures par nuit, j’oublie que j’ai des devoirs et des élèves, ma famille, mes amis, et mes blogs deviennent un vague souvenir de jeunesse, et ma recherche commence à battre de l’aile.

Depuis que je ne suis plus moi, ça chie dans les ventilos et je perds la tête.

google maps

Pour qui veut venir me rendre visite, voilà la carte avec les directions ;)

Et oui, Lafayette et West Lafayette sont deux villes à part entière et très différentes: à Lafayette, il y a les pauvres, les immigrés qui travaillent au noir, dont les enfants, qui parlent à peine anglais, vont dans des écoles sans moyens, et les « blue collars » (ceux qui travaillent dans l’usine Subaru, par exemple). A West Lafayette, il y a les riches, les immigrés qui travaillent pour l’université, dont les enfants, des futurs ingénieurs, vont dans des écoles privées excellentes, et les « white collars » (ceux qui travaillent à l’université, pour des grandes compagnies, et dans les affaires.

A Lafayette, un nouveau restaurant ou magasin ne survit pas plus d’un an et la moitié du tout petit centre ville est à l’abandon. A l’extérieur de Lafayette (les grandes zones blanches à l’est de la ville), il y a toutes les usines, comme Subaru, et puis les « malls » immenses où la jeunesse va passer ses soirées et ses week-ends. A West Lafayette, on trouve les restaurants et les magasins exotiques qui vendent des tas de choses importées et qui coûtent la peau des fesses. A West Lafayette il y a neuf terrains de golf et les magnifiques bâtiments de l’université qui s’agrandit tous les jours et qui essaye d’impressioner le reste du monde scientifique.

Mais c’est malgré tout le Midwest, et c’est un Midwest typiquement pauvre culturellement et économiquement. C’est mon champ de maïs :)

Mahomed est un vieil Arabe qui vit seul dans la banlieue de New York. Sa femme est morte il y a longtemps, et son fils unique fait des études à Paris. Avec ses maigres économies Mahomed s’est acheté un petit carré de terre où il aime bien cultiver quelques patates quand le temps est clément. Mais Mahomed devient vieux, et son dos le fait trop souffrir pour jardiner ainsi tout seul. Et un jour où il se sent bien vieux, il écrit un email à Ahmed, son fils, et lui dit « Mon cher Ahmed, si tu savais comme tu me manques! Je voudrais planter des patates dans mon petit jardin mais je ne peux plus le faire, je suis trop vieux. Ah, si tu étais là, je suis sûr que tu retournerais et piocherais la terre pour moi! Prends soin de toi. Je t’aime, ton vieux père. »

Le lendemain matin, Mahomed reçoit un email de son fils qui dit « Cher père, non non, s’il-te-plaît, ne touche pas au jardin, c’est là que j’y ai caché LA CHOSE!! Prends soin de toi. Je t’aime, Ahmed. » L’après-midi même, le FBI, la police, la garde nationale, la CIA, et le departement de Homeland Security débarquent chez Mahomed et fouillent tout son jardin de fond en comble, examinent chaque centimètre carré à la loupe, et creusent partout à la recherche de LA CHOSE, mais ne trouvent rien. Dépités, ils repartent les mains vides.

Le lendemain matin, Mahomed reçoit un email de son fils qui dit « Cher père, j’espère que le FBI, la police, la garde nationale, la CIA, et les gens de Homeland Security ont bien retourné ton jardin et que tu peux maintenant planter tes patates. C’est tout ce que je pouvais faire pour t’aider depuis Paris! Prends soin de toi. Je t’aime, Ahmed. »

Merci Rosie :)

Il y a environ cinq ans de ça, j’étais prof d’anglais (tiens, ça n’a pas beaucoup changé depuis…) pour des élèves étrangers internationaux du monde entier pas américains et pas anglophones à la base. Cette classe-là, ce semestre-là, cette année-là, était super chouette, et on s’entendait tous très bien et on rigolait beaucoup et on travaillait vachement beaucoup aussi, mais il y avait deux élèves qui n’étaient jamais contents! Et le pas rigolo de l’affaire est qu’ils venaient tous les deux de Corée, un pays étrange et lointain et que je connaissais pas bien mais que ma meilleure copine elle venait de là aussi. Donc ce jeune homme et cette jeune fille de Corée ne m’aimaient pas beaucoup mais bon ça allait quand même, mes autres élèves m’adoraient.

Or, il se trouva qu’un jour, je demandais à mes charmants et bien-aimés élèves, qui étaient assis en cercle comme d’habitude, de bouger leur chaise, un sur deux, et de rentrer un peu plus vers le centre du cercle, parce que j’allais leur donner un examen, méchante que j’étais, et que je ne voulais pas qu’ils puissent regarder les réponses de leurs voisins! L’un après l’autre, mes élèves chéris m’obéirent sans broncher, mais soudain, le jeune homme coréen refusa d’obtempérer! Et c’est là que, après trois demandes gentillement répétées, le jeune homme coréen refusa de bouger et je fus fière de moi pour la première fois de ma vie! Je n’ai pas crié, je n’ai pas imploré, je n’ai pas supplié, et je ne me suis pas énervée… Je lui ai simplement dit qu’il ne pouvait pas passer l’examen, et il a dit « fine » et il n’a rien fait pendant toute l’heure pendant laquelle ses camarades de classe travaillaient sur leur examen!

A la fin du cours, il est parti sans rien dire, et moi, j’ai dû aller enseigner une autre classe. Quand je suis allée voir la secrétaire et le directeur de l’école, à la fin de la journée, pour leur raconter mes aventures coréennes, ils ont dit que tous mes autres élèves, même la jeune fille coréenne qui ne m’aimait pas beaucoup, étaient tout de suite allés parler au directeur après le cours et avaient dit que je n’avais rien fait de mal et que personne ne comprenait pourquoi le jeune homme coréen avait fait ça! Supers élèves!!! Quand le jeune homme en question est allé se plaindre, il a expliqué que je lui avait donné « l’ordre » de bouger sa chaise et qu’aucune femme ne donnait d’ordres aux homme coréen, et qu’en plus j’étais plus jeune que lui, et que jamais personne ne donnait d’ordres aux coréens plus âgés qu’eux! Mon cher directeur lui a simplement dit qu’on était aux Etats Unis et qu’ici, femme ou pas femme, jeune ou pas jeune, les profs avaient le droit de donner des ordres à leurs élèves, et que si ça ne lui plaisait pas, il pouvait retourner en Corée!

Mais ce n’était que le début de mes aventures coréennes. Je ne sais pas si c’est de ma faute, mais j’ai toujours eu (à part une fois, avec un élève absolument adorable) des problèmes avec les élèves coréens, en Utah comme en Indiana, dans les écoles privées comme dans les univesités publiques, avec les jeunes et les moins jeunes… et que je suis malheureusement devenue méfiante. C’est pourquoi ce que je viens de faire m’étonne grandement!

Pour ma recherche, je dois interviewer plein d’élèves internationaux de l’université où je suis, des « graduate students » et des « undergraduate students, » des hommes et des femmes, des jeunes et des vieux, et des gens qui viennent de n’importe quel département de l’université. Donc, en fin de compte, j’interview des gens d’un peu partout et c’est super chouette et intéressant! Et vendredi matin, j’ai interviewé un jeune homme coréen, doctorant en génie chimique, et très, très charmant! On a beaucoup parlé, pas mal rigolé, et un peu travaillé… et le soir même, je lui écrivais un petit email en lui disant « ceci n’est PAS pour ma recherche et va te paraître un peu fou, mais j’aimerais beaucoup te revoir! On pourrait peut-être déjeuner ensemble un de ces jours? » Huhuhuh, je suis folle! Déjà que c’est complètement fou de faire ça avec n’importe qui (on a vu mes derniers déboirs dans ce domaine il n’y a pas longtemps), mais en plus c’est un coréen!!!

Le charmant jeune homme en question a répondu le soir même avec un gentil message qui disait « chère miss lulu, oui c’est un peu fou comme message, mais moi aussi j’aimerais bien te revoir, pas cette semaine parce que j’ai trop d’examens, mais peut-être le weekend prochain? » … …

Bon, ben la suite au prochain épisode, hein :)

PS. La jeune fille coréenne qui ne m’aimait pas beaucoup non plus m’a écrit un message, trois ans plus tard, en me racontant qu’elle faisait des études pour devenir prof d’anglais et que c’était grâce à moi, parce que j’avais été une inspiration pour elle et la meilleure prof qu’elle ait jamais eue! Comme quoi…

Les hirondelles ne faisant pas le printemps, de drôles d’oiseaux prennent le relais en haut des immeubles…

par heidi

Fatiguée. Attristée que Calinette me refasse la gueule, débordée par trop de responsabilités, touchée par plein de gentils messages auxquels je n’ai pas le temps de répondre, déprimée par toutes ces choses qui ne marchent pas comme elles devraient, gelée par un hiver qui ne veut pas partir, alarmée d’être si seule, fauchée et sans boulot pour l’été, lassée d’avoir à surmonter trop de montagnes, découragée de ne jamais me sentir à la hauteur, froissée par des critiques injustifiées, stessée par mes devoirs et mes corrections en retard, atterrée par les nouvelles de ce pauvres monde, exténuée par des nuits sans sommeil, dépitée par le travail qui n’avance pas. Fatiguée.

Je ne sais pas ce que c’est que d’avoir des enfants… mais quand je vois les soucis que me causent mes chats, j’imagine que les enfants ça ne doit pas être facile tous les jours! La différence est peut-être que les enfants grandissent et donc les soucis changent… et mes chatounnes ne me feront pas de crise d’adolescence. Mais c’est fou ce qu’on s’attache à ces petites choses! Et même sans la crise d’adolescence, il y a des moments difficiles par lesquels il faut passer… et garder le sourire même quand on a envie de pleurer.

Ma Sosso n’a pas la vie facile. Quand elle est arrivée chez nous, elle était toute petite et bien malade. Elle a d’abord dû faire face à une Calinette extrêmement jalouse et violente pendant des semaines, alors que tout ce dont elle avait besoin c’était de protection et d’amour. En même temps, moi qui n’ai pas l’instinct maternel, j’étais souvent énervée quand elle était malade ou triste, et pendant longtemps, j’étais du côté de Calinette, même si je savais bien que je devais protéger et aimer Sosso. Montrer à Calinette que je l’aimais toujours sans relèguer Sosso au rang de « petite bestiole chiante à laquelle il faut s’habituer et qui nous coûte des cents et des milles en médicaments » a été très difficile pour moi. C’était pareil avec Calinette, il m’a bien fallu deux mois pour « tomber amoureuse » d’elle. Mais elle était grande, et Sosso était un bébé.

Je suis enfin « tombée amoureuse » de ma p’tite Sosso après mon retour de vacances, après Noël. Calinette, par contre, vient tout juste de me pardonner de l’avoir trahie, et j’ai entendu un ronronnement pour la première fois depuis des mois il y a quelques jours, juste avant mon départ pour le Texas. Et aujourd’hui, je n’arrive presque plus à l’arrêter de ronronner et de vouloir me faire des calins… … mais c’est parce que notre petite chérie de Sosso est à l’hôpital! Et demain, quand Sosso rentrera de l’hôpital, Calinette va de nouveau me faire la gueule et va tapper rageusement sur Sosso qui sera pourtant toute patraque. Sosso aura besoin de toute mon attention, demain, mais c’est encore Calinette qui en aura beaucoup parce que je devrai de nouveau lui montrer que je l’aime encore et toujours.

Je suis une mauvaise mère. D’abord, il me faut des semaines avant d’aimer enfin les chats que j’adopte, et elles le sentent. J’ai appelé Calinette comme ça parce qu’au début elle était très caline, mais ça n’a pas duré. Pareil avec Sosso. Elle aussi, je l’entends rarement ronronner maintenant, et elle n’est plus du tout caline, alors que quand elle était petite, elle dormait sur mon ventre et passait ses journées entières dans mes bras. Et puis un jour j’ai aussi dû faire opérer Calinette, après ses premières chaleurs, et même si elle s’en est vite remise physiquement, je crois qu’il lui a fallu longtemps pour me pardonner de l’avoir tant fait souffrir. Et ce matin, aux aurores, c’est notre p’tite Sosso que j’ai emportée à l’hôpital pour la faire « fixer » comme on dit en anglais, et ses peurs et sa douleur m’ont brisé le coeur!

Je sais que les chats oublient vite. Je sais que dans une semaine ma Sosso courra de nouveau partout et sera de nouveau une petite chatounne toute heureuse. Je sais que Calinette se réhabituera à Sosso. Mais je crois que même si elles oublient les faits, elles n’oublient pas les émotions. Elles savent ne pas m’embêter quand je suis de mauvaise humeur, elle reconnaissent l’odeur du panier dans lequel on va chez le docteur, elles savent quand je vais partir en voyage bien avant que je ne commence à faire mes bagages, elles se souviennent que je peux les trahir et les faire souffrir, et elles savent que je les adore mais que je suis parfois incapable de le leur montrer.

C’est pas demain que j’aurai des enfants!

Il y a des jours comme ça où heureusement que le réveil de la chambre voisine sonne à 5 heures du matin, parce qu’on ne sait jamais, notre réveil aurait pu ne pas sonner à 6 heures et on aurait pu rater l’avion!

Il y a des jours comme ça où on est super content de ne pas avoir d’aide à l’aéroport et de devoir porter toute seule un sac super lourd, comme ça on a le temps de s’arrêter dans un petit bar miteux pour se reposer et boire un café avant de partir!

Il y a des jours comme ça où les Etats Unis ont bien fait les choses et ont mis Little Rock, Arkansas entre San Antonio et Cincinnati, pour qu’on puisse s’y arrêter pour urgence médicale au lieu de devoir atterrir à un aéroport qui ne serait pas sur notre trajectoire!

Il y a des jours comme ça où on a de la chance qu’un arrêt d’urgence au milieu de notre voyage en avion ne dure que trois heures et qu’on ne rate qu’une seule correspondance, parce qu’après tout ça aurait pu durer plus longtemps et on aurait pu devoir passer la nuit à Cincinnati comme la dernière fois qu’on a raté l’avion!

Il y a des jours comme ça où on a de la chance de ne pas avoir eu le temps de manger quoi que ce soit depuis le super déjeuner avec Pasfolle & Co. sur le Riverwalk le jour d’avant, comme ça on n’a rien à vomir dans le petit coucou qui fait Cincinnati-Indianapolis en se secouant sans vergogne!

Il y a des jours comme ça où une soeur dans le Michigan c’est bien pratique à utiliser comme secrétaire privée quand on a oublié le numéro de téléphone de la fille qui devait venir nous chercher et à qui on doit dire qu’on aura 7 heures de retard et que ce n’est pas la peine d’attendre et merci d’avoir fait deux heures de route pour rien!

Il y a des jours comme ça où heureusement qu’on rate la navette entre Indianapolis et Lafayette de 30 minutes, parce que sinon ça aurait été trop râlant de l’avoir ratée de cinq minutes seulement! Et comme ça en plus on ne doit attendre la prochaine navette qu’une heure et demi au lieu de deux!

Il y a des jours comme ça où on est super contente que la navette de rechange ne mette que 40 minutes à arriver quand la première navette tombe en panne sérieuse (fumée et tout) entre Indianapolis et Lafayette. Après tout, on aurait pu devoir attendre deux heures jusqu’à la navette suivante!

Il y a des jours comme ça où on a de la chance que le deuxième conducteur de navette se perde dans les champs de maïs pendant plus d’une demi heure en essayant de gagner du temps, parce que comme ça, on évite les embouteillages du centre ville et on a l’occasion d’admirer un couché de soleil sur champ de maïs magnifique bien qu’on ait encore du mal à garder les yeux ouverts!

Il y a des jours comme ça où on a vachement de chance d’avoir enfin quitté un San Antonio fondant sous un soleil de plomb et de se retrouver bien au frais dans un champ de maïs qui ne s’est pas encore rendu compte que le printemps aurait dû être arrivé!

Il y a des jours comme ça où on se dit qu’on a vraiment eu de la chance de ne pas avoir trouvé de billet de retour pour samedi et d’avoir dû rentrer lundi, comme ça on a pu passer une journée sympa avec les Pasfous et puis se retrouver avec 43 email de gens qui nous aiment et qui veulent enlargir notre penis et nous vendre du viagra ou nous rappeler qu’on a oublié de payer l’assurence de la voiture et que ça va nous coûter $200 de plus, et aussi vivre toutes ces aventures et même rater un jours de cours avec une bonne excuse!

Il y a des jours comme ça où il faut souhaiter un JOYEUX ANNIVERSAIRE A MAMAN et a TATA!!!!!!

Je n’y croyais pas ce matin, lorsque je me suis levé… J’ai regardé mes pieds qui avaient triplé de volume ! Et puis j’ai rendu mon chocolat au lait….

Mon médecin m’a appelé: « Je ne sais par quel miracle mais vous êtes enceint de sextuplés… !! »

J’ai regardé mon ventre et je suis tombé dans les pommes.

je suis enceinte. j’en avais peur, c’est confirmé.

Turbulence is life force. It is opportunity. Let’s love turbulence and use it for change.
Ramsay Clark.