Juste après la catastrophe du 11 septembre 2001, Le Monde écrivait “nous sommes tous Américains.” Je ne sais pas si ce sentiment est toujours vrai trois ans plus tard, et je ne sais pas non plus si il n’aurait pas été plus juste de dire “nous sommes tous habitants de cette planète et partageons la même tristesse” ou plutôt “devrions partager les mêmes sentiments de tristesse quand l’un de nous souffre et nous entr’aider sans faillir et sans oublier avec le temps.”

Depuis quelques jours, des noms et des images me hantent l’esprit et m’empêchent de penser à autre chose. Des noms comme celui de George Braine, un cher ami du Sri Lanka, ou Arjun, Nihit, Rohit, Vivek, Amit et Daniel, enciens élèves d’Inde, et puis aussi Daranee et Opas, de Thaïlande, Jeffrey, Ferry, Kester, Eric, Chun, Huzaifah et Hizal, d’Indonésie et de Malaisie, et tellement d’autres noms d’enciens élèves et d’amis de ces régions… (quelques noms sont ici). Des images que tous ont vues et revues de désolation, de faim, de peur et de mort.

Aujourd’hui, je pleure pour ce monde qui souffre de partout. Donner quelques sous et refuser de continuer à me saoûler d’images plus horrifiantes les unes que les autres ne me paraît pas suffisant et même très hypocrite. Penser que mes amis et mes enciens élèves peuvent eux être cruellement touchés par cette catastrophe et me dire que je ne peux rien faire pour les aider alors que je les aime tellement me brise le coeur.

Je ne peux que penser à eux de tout mon coeur, attendre des nouvelles avec angoisse, adopter peut-être un enfant orphelin à travers une OGN, et me rappeler que cette terre déchirée et anéantie depuis quelques jours est aussi la mienne et que je devrais en prendre meilleur soin ainsi que de ses habitants. J’ai réellement commencé à penser ainsi l’année dernière, lors du tremblement de terre de Bam en Iran, et j’y ai pensé toute l’année…

Ma famille n’arrête pas de me demander quelles seront mes résolutions pour l’année 2005. J’en ai deux: travailler activement à ma “dissertation” dans les limites que je me suis données, et travailler activement aussi à mieux aider les gens qui souffrent sur cette planète.

Que la nouvelle année apporte moins de souffrances et plus de paix à tous et dans le monde entier.