dim 31 oct 2004
Once upon a time, il y avait des tas de gens vivants et des tas de gens morts, plein de crapauds et plein de grenouilles, sans oublier les sepents et les chauve-souris, et des tas d’autres bébêtes du genre baveux et gluant et puant. Nos amis les Americains, pas peureux pour un sou, comme l’histoire l’a souvent prouvé, ont décidé de faire contre mauvaise fortune bon gré et contre petite perte grand profit, et ont inventé Halloween. Je veux bien croire que les Irlandais ou autres européens avaient inventé ça avant, mais ça ne compte pas, leur Halloween c’était du pipi de chat à côté du succès médiatique et économique américain, et dans la vie, c’est à ça qu’on mesure le succès!
Voilà quelques images prises ces dernières semaines autour de mon champs de maïs. Et n’allez pas me dire que les Irlandais (ou les français, god forbid!) font mieux, je ne vous croirais pas!
Mes voisins ont cru bon de sortir tous les squelettes de leurs placards et des les enterrer publiquement dans leur jardin. Visiblement, le jardin n’était pas assez grand et ils cherchent à vendre leur dernier squelette, $40, TTC et cercueil inclu.
Les lapins, les champignons, et les écureuils ne voulant pas rester en rade ni gâcher la fête, ils ont aussi fait leur petit jardin décoré avec beaucoup de goût et de talents. Malheureusement, les leurs ayant été mourrus par des voitures cruelles ou des estomacs goulus, ils n’avaient pas de cadavres à enterrer et ont dû se contenter d’enterrer le souvenir fantômesque de leurs aimés.
Les araignées aussi ont fait du bon boulot. Je les ai vues, ça faisait bien trois semaines qu’elles bossaient sur ces toiles magnifiques où plus d’une mouche s’est laissée prendre, et ce soir elles avaient enfin fini leur chef-d’oeuvre!
Eh oui, quand on a vu la taille des toiles d’araignées qu’on tisse par ici, on ne peut s’étonner de la taille de la bête en question! C’est ça le transgénique mes amis, les pommes-de-terre sont plus grosses et les vaches donnent plus de lait, mais les araignées aussi, faut pas croire!
Non non, ceci n’est pas un paneau décoratif à accrocher à sa fenêtre! C’est un gâteau! Eh oui, pourquoi se priverait-on de l’occasion pour se goinfrer de calories dégueulasses, de sucres artificiels, et de couleurs douteuses?!
Quand je vous parlais d’araignées… Après leur dur labeur, elles ont droit elles aussi à une petite part de saccharose et de E565, enfin, soyez pas égoïstes!

Vous reprendrez bien un petit four?
Je n’ai pu résister à la tentation, un t-shirt qui brille dans le noir et qui exprime si bien mes pensées profondes, il me le fallait! J’ai trop honte pour vous montrer le reste des petites merveilles que je me suis achetées, les robes de princesses, la cape de dracula, le masque de ben laden, le casque de pompier, l’uniforme de docteur, la toge de césar, et la peau de léopard en faux poils de lapin.
Par contre, je n’ai pas honte de vous montrer les adorables petits fantômes qui ornent si délicatement l’entrée de mon immeuble depuis deux mois, avec leur charme sans pareil, leurs sourires accueuillants, et leur finesse pleine de tacte.
Once upon a time, il il avait une fête par mois sauf en août: janvier: le nouvel an et Presidents’ day, février: Valentine’s day, mars: saint Patrick’s day, Avril: Pâques, mai: la fête des mères, juin: la fête des pères et memorial day, juillet: la fête nationale, septembre: labor day, octobre: Halloween, novembre: Thanksgiving, décembre: Noël. Les magasins ont des étagères spéciales, on dit « seasonal, » qui changent tous les mois en prévision de la prochaine fête. Once upon a time, on attendait le lendemain d’une fête pour commencer les préparatifs de la fête suivante et les ventes d’objects, de décorations, et de bouffe pour la fête suivante. Mais les temps changent, braves gens, et depuis quelques temps, on n’attendait déjà plus que Thanksgiving soit passé pour sortir les pubs et le lavage de cerveau sur tout ce qu’il ne faut pas oublier d’acheter pour Noël… et depuis cette année, tenez-vous bien, on a réussi à ne même pas attendre que Halloween soit passé pour commencer les préparatifs de Noël. Non, mes amis, vous n’allez pas me croire, mais cette année si spéciale a vu naître un objet qui combine à la fois la qualité principale de Halloween (le orange) et la qualité principale de Noël (le sapin, bien sûr), avec LE SAPIN DE NOEL ORANGE! Mis dans nos vitrines dès le début du mois d’octobre! Moi, je prédis que dans deux ans, ils inventeront les sapins rouge-blanc-bleu pour les installer dans nos maisons et nos centres commerciaux dès le 4 juillet! Hah! Le monde est fou! 







Ma copine Brita vient d’Allemagne de l’est. Pas d’Allemagne. D’Allemagne de l’est! Elle raconte comment elle a changé d’argent 3 fois dans sa vie: du mark est-allemand elle est passée au mark allemand-tout-court, puis à l’euro, puis au dollars… et bientôt une quatrième fois, puisqu’elle va aller vivre au Mexique quand elle aura fini son PhD. Elle raconte comment elle a reçu un petit foulard bleu quand elle est devenue une pionnière socialiste, puis comment elle l’a échangé quelques années plus tard contre un foulard rouge qu’elle nous a montré hier soir. Et puis elle raconte les manifestations du lundi à Leipzig, les familles séparées, la Stasi, les voitures pourries qu’il fallait attendre pendant parfois 10 ans, le petit salut qu’il fallait faire au début des cours à l’école, les camps de vacances pour les enfants… On a regardé Good Bye Lenin hier soir, et elle a dit que l’histoire de ce film était une partie d’elle-même, de qui elle était, de son passé qui paraissait à la fois déjà si loin et pourtant encore si proche, l’histoire du monde dans lequel elle avait grandi. Un monde qui a maintenant disparu. Elle ne riait pas aux mêmes endroits que nous, en regardant le film, et je suis sûre qu’elle avait des larmes aux yeux à certains moments, pour des choses qui nous ont totallement échappées et qu’on ne pourrait même pas comprendre. Moi, je l’écoutais raconter toute une partie de sa vie qui n’existe plus que dans les livres d’histoire, les films, et quelques photos, et je pensais à ce que tout ce passé représentait pour moi et pour elle. 














Hier soir, j’ai loué et regardé ce film… qui n’est pas passé à Lafayette, d’ailleurs, il faut bien le dire! Je ne sais pas si en Europe il a fait un tabac, mais ici, pas vraiment. Quant à moi, je n’ai rien appris de nouveau et ça ne m’a pas du tout choqué… j’ai trop l’habitude de voir des gens comme ça, et en plus, je suis tellement cynique en règle générale que si j’avais été un des médecins du mec, je lui aurais dit dès le départ qu’il allait se bousiller complétement la santé. Bref, je me demande si ce film a changé quoi que ce soit ici… à part le fait que MacDo a en effet retiré ses « supersize » du marché. Mais comme le disait la française au début du film, la « small size » ici est toujours plus grande que la « big size » en France, alors…
Si tout ça vous intéresse, il faut lire ce bouquin. C’est absolument extraordinaire à lire. Ca parle de tous les domaines dans lesquels les fastfoods ont une influence, par exemple le « real estate » (c’est quoi en français?), l’éducation, la politique, la pollution, les assurances maladies, l’agriculture, la vie du fermier, la vache folle, le monde du travail, les lois (travail, accident, retraite, les mineurs, les salaires, les hiérarchies, le travail à la chaîne), ce qui se passe avec les « unions » (je sais jamais le mot en français), l’immigration, etc. Bien sûr, MacDo passe en premier (et d’ailleurs Eric Schlosser raconte l’histoire de comment tous ces fastfoods ont vu le jour, c’est assez sympa à lire et très intéressant), mais visiblement, d’autres compagnies ne sont pas beaucoup mieux.
Ce Garfield exprime EXACTEMENT l’attitude des gens ici face à l’obésité!!! (to blot out = cacher, bloquer de la vue; a donut = gâteau très gras, en forme de bouée, avec plein de trucs super sucrés dessus, photo à côté, j’aurais dû envoyer ça à PrincessH aussi, tiens…). Ma voisine de classe me disait l’autre jour qu’elle buvait UN GALLON (=3,something litres) de coca PAR JOUR… mais attention, du coca LIGHT bien sûr, parce qu’elle essaye de perdre du poids! Donc le papa de Garfield lui dit: si tu continues à prendre du poids à la vitesse où tu vas, dans 17 ans on ne pourra plus voir le soleil. Où vas-tu? Et Garfield répond: je vais me chercher un donut et une lampe de poche! 






